KMGT ou les gardiens de Kankara
05 févr. 2026La boutique était petite mais bien fournie.
Des étagères chargées de marchandises, une ampoule jaunâtre au plafond, et une jeune vendeuse derrière le comptoir.
Les quatre jeunes étaient regroupés devant elle.
Kilo, calme, regardant les produits, dit d’un ton posé :
— Mademoiselle, si vous rabaissez le prix, nous prendrons quinze.
La vendeuse hésita, calcula rapidement, puis esquissa un léger sourire.
— Je peux faire un effort, mais pas trop…
La discussion avançait tranquillement quand, soudain, l’atmosphère changea.
À l’extérieur, dix hommes surgirent de nulle part.
Ils encerclèrent brutalement une femme élégante, tenant une mallette noire serrée contre elle. Les passants s’écartèrent, pris de panique.
Méga jeta un regard rapide vers la scène. Son visage se durcit.
— Les gars, quelque chose veut mal tourner. On doit vite agir.
Giga, déjà attentif, observa les bandits.
— On ne peut pas les laisser faire du mal à cette dame.
Terra hocha la tête, prêt à bouger.
— Kilo, laisse l’affaire d’achat et passons à l’action.
Kilo se tourna vers la vendeuse.
— Mademoiselle, on revient. On doit donner une bonne leçon à ces brigands.
Sans attendre de réponse, le groupe sortit de la boutique.
L’un des bandits s’approcha de la femme et la saisit par le bras.
— Tu nous donnes la mallette ou on te déconnecte du monde.
La femme tremblait, incapable de parler.
Une voix ferme coupa la scène.
— Elle ne vous donnera rien. Et si vous la touchez encore, nous, on va désactiver vos moteurs.
Les bandits se retournèrent.
Leur chef plissa les yeux.
— KMGT… Vous voulez remplacer la vieille ?
Méga avança d’un pas, les poings serrés.
— La remplacer pour vous donner une bonne leçon.
La bagarre éclata immédiatement.
Méga neutralisa deux hommes d’un seul mouvement.
Terra se glissa derrière les bandits, frappant vite et disparaissant aussitôt.
Giga utilisa l’environnement, faisant chuter plusieurs assaillants.
Kilo dirigeait les actions, précis et efficace.
En quelques minutes, les dix bandits étaient à terre, gémissant, incapables de se relever.
Kilo les observa, impassible.
— Vous voici maintenant temporairement désactivés.
La police approchait déjà au loin.
La femme, encore sous le choc, s’avança vers eux.
— Merci, mes enfants.
Les quatre membres de KMGT échangèrent un regard silencieux.
Une nouvelle mission venait de commencer.
Kankara n’était plus seule.
Les sirènes retentissaient déjà dans les rues de Kankara.
Les passants, encore choqués par la scène, murmuraient entre eux. Dix bandits à terre. Une femme saine et sauve. Et quatre jeunes debout, calmes, comme si tout cela était normal.
Méga regarda autour de lui.
— La police arrive. On ne doit pas traîner.
Terra observa les bandits gémissant au sol.
— Ils ne bougeront pas avant un moment.
Quelques secondes plus tard, deux véhicules de police freinèrent brusquement devant la boutique. Des policiers descendirent, armes en main.
— Police de Kankara ! Personne ne bouge !
Un officier s’approcha de la femme.
— Madame, vous allez bien ?
— Oui… grâce à eux, répondit-elle en désignant KMGT.
Le commandant s’avança. C’était un homme d’une quarantaine d’années, regard dur, mais lucide.
— Encore vous…
Kilo soutint son regard.
— Nous avons juste empêché un crime.
Le commandant soupira.
— Vous savez que ce que vous faites est dangereux. La ville est devenue un champ de mines.
Giga prit la parole.
— Justement. Si on ne fait rien, Kankara va tomber.
Le commandant fit signe à ses hommes d’embarquer les bandits.
— Ces types ne sont que des exécutants. Derrière eux, il y a quelque chose de plus gros.
Kilo fronça les sourcils.
— Vous avez un nom ?
Le commandant hésita, puis répondit à voix basse :
— Le Réseau Noir. Ils contrôlent plusieurs quartiers. Et ils savent qui vous êtes.
Un silence pesa.
Méga serra les poings.
— Alors ils ont fait une erreur.
Terra esquissa un sourire discret.
— Parce qu’on ne recule pas.
Le commandant les fixa un instant, puis déclara :
— Officiellement, je ne vous ai jamais vus.
Mais si vous continuez… faites attention. Cette fois, ils riposteront.
KMGT se détourna, disparaissant dans la foule.
Au loin, dans un bâtiment sombre, un homme observait la scène sur un écran.
— KMGT… murmura-t-il.
— Le jeu commence.
Kankara venait d’entrer dans une nouvelle guerre.
L’entrepôt était plongé dans la pénombre.
De vieilles caisses empilées, des armes posées sur une table, une seule ampoule qui clignotait faiblement.
Au centre, Zabra était assis sur une chaise métallique.
Silencieux. Froid.
À ses côtés, deux de ses hommes montaient la garde.
Zabra rompit le silence.
— Le groupe KMGT veut tout gâcher.
Il se leva lentement et fit quelques pas.
— Ils perturbent nos affaires. Ils humilient nos hommes.
L’un des bandits hésita.
— Chef… ils sont rapides. Et la police…
Zabra se retourna brusquement.
— La police ne m’intéresse pas.
Il s’approcha de la table et posa la main dessus.
— Ce groupe commence à déranger. On doit tout le temps les attaquer.
Ses yeux brillaient d’une colère contenue.
— Demain, on les prend.
Les deux hommes acquiescèrent sans discuter.
Zabra esquissa un sourire froid.
— Kankara va comprendre une chose : personne ne défie le Réseau Noir sans en payer le prix.
L’ampoule grésilla encore.
La chasse venait de commencer.
Le jardin public était calme en apparence.
Des arbres bien taillés, quelques bancs, des familles au loin. Rien d’anormal.
Kilo et Méga étaient assis côte à côte, chacun avec une crème glacée à la main.
Kilo rompit le silence :
— Bro, est-ce que tu as une information sur le Réseau Noir ?
Méga secoua la tête.
— Pas encore. Je vais demander à Giga.
— Il faut lui écrire, répondit Kilo.
Méga esquissa un sourire et regarda devant lui.
— Plus besoin de lui écrire. Le voilà en train de venir. On parle du loup et on voit sa queue.
Giga s’approcha tranquillement.
— Les gars, quoi de nouveau ?
Méga alla droit au but.
— Est-ce que tu as quelques informations sur le Réseau Noir ?
Giga réfléchit un instant.
— Non, non. Rien de concret. Terra doit sûrement avoir des informations sur eux.
Kilo fronça les sourcils.
— Il est où ce gars ?
— Peut-être à la bibliothèque, répondit Giga.
À cet instant, le téléphone de Méga sonna.
— C’est Terra.
Il décrocha et activa le haut-parleur.
— Mec, où es-tu ?
La voix de Terra était basse, tendue.
— Je suis à la bibliothèque de la ville. Je viens d’apprendre que le Réseau Noir prépare une attaque contre nous.
Le calme du jardin sembla disparaître.
— Le chef de ce réseau s’appelle Zabra. Très dangereux. Je l’ai plusieurs fois vu tuer des gens sans pitié.
Méga se redressa.
— Actuellement, quinze hommes sont à la sortie de la bibliothèque. Sûrement qu’ils m’attendent au dehors.
Puis, après une courte pause :
— Il y a aussi douze hommes dans le jardin où vous êtes actuellement. Ils vous surveillent.
Kilo balaya le jardin du regard.
— Je viens de les repérer.
Méga serra les dents.
— On va passer à l’action.
Giga répondit avec assurance :
— Ne t’en fais pas, Terra. On va finir avec eux dans un instant.
Terra souffla légèrement.
— Moi, j’irai aux toilettes. Je vais me déguiser. Je vais changer de démarche à la sortie pour qu’ils ne puissent pas me reconnaître.
Kilo se leva lentement.
— Reste prudent.
La crème glacée fondait encore dans leurs mains,
mais la guerre venait de commencer.
Dans le jardin, l’atmosphère venait de changer.
Les douze hommes se rapprochaient lentement de Kilo, Méga et Giga.
Leurs regards étaient fixes. Trop insistants.
Kilo murmura :
— On passe par ici.
Sans attendre, les trois se levèrent et s’élancèrent en courant.
— Ils fuient ! cria l’un des hommes.
Les douze bandits se lancèrent à leur poursuite.
Tout en courant, Méga glissa la main dans sa poche.
Il sortit une grenade, la dégoupilla et la lança derrière lui.
BOUM !
Une explosion sourde secoua le sol.
Six hommes tombèrent à terre, blessés, incapables de continuer.
Kilo, Méga et Giga arrivèrent devant un bâtiment inachevé et s’y engouffrèrent.
— Méga, cache-toi de ce côté. Giga, de l’autre, ordonna Kilo.
Les six bandits restants entrèrent prudemment.
— Ils sont où ? lança l’un d’eux, la voix tremblante.
Le silence était total.
Puis soudain…
un cri.
un coup.
un autre.
Les tirs et les attaques venaient de partout.
Les bandits ne comprenaient rien.
Ils étaient terrorisés, frappés sans savoir d’où venait le danger.
En quelques instants, les six hommes furent neutralisés.
Pendant ce temps, à la bibliothèque…
Terra s’était changé.
Vêtements différents.
Démarche modifiée.
Visage calme.
Il sortit de la bibliothèque.
À l’extérieur, quinze hommes l’observaient sans certitude.
— C’est sûrement lui en train de s’en aller, dit l’un d’eux.
Terra se mit à courir.
— Attrapez-le !
Ils le poursuivirent.
Arrivé à un coin de rue, Terra ralentit.
Il posa discrètement des pièges, se plaça dans l’ombre.
— Terra, montre-toi et viens nous affronter ! cria le chef des bandits.
Réponse immédiate.
Un couteau fusa dans l’air.
Il se planta dans le ventre d’un bandit.
— Argh !
Puis un autre.
Puis un autre.
Quatre hommes tombèrent, un couteau dans le cou, sans avoir vu d’où cela venait.
Le chef paniqua.
— Mais d’où viennent ces couteaux ?!
Terra sortit de l’ombre.
— Donc vous voulez ma peau depuis un certain temps.
— Vous ne savez pas que ce serait trop facile de m’attraper à la sortie et finir avec moi ?
— Vous êtes des moutons.
La bagarre éclata.
Terra était rapide, précis, impitoyable.
Les couteaux volaient.
Les corps tombaient.
Neuf hommes moururent.
Il ne resta que le chef.
Terra le fixa.
— Si tu n’as pas envie de mourir, fiche le camp d’ici.
Le chef sortit soudainement son pistolet.
Trop lent.
Terra lança un couteau.
Le métal trancha l’air et se ficha dans son cou.
Le sang jaillit.
Le chef s’écroula.
Terra prit son téléphone.
— Les gars, je viens de finir avec ces chiots. Et de votre côté ?
Giga répondit calmement :
— Nous aussi, on a fini avec ces lombrics.
Terra sourit légèrement.
— On se retrouve chez Diallo.
Kankara venait de perdre plusieurs prédateurs.
Mais la guerre, elle, ne faisait que commencer.
Chez Diallo, l’ambiance était tout autre.
Une petite gargote éclairée par des néons fatigués, l’odeur du spaghetti chaud, des frites et de la sauce qui remplissait l’air.
KMGT était assis autour d’une table en plastique, mangeant calmement, comme si la journée n’avait pas été sanglante.
Kilo posa sa fourchette.
— Les gars, on vient de finir avec une partie du Réseau Noir.
— Mais il en reste d’autres.
Terra hocha lentement la tête.
— Cette guerre entre eux et nous ne finira pas du jour au lendemain.
— Tant que Zabra est encore debout, il ne nous laissera pas en paix.
Méga essuya ses mains.
— Nous aussi, on ne va pas rester les bras croisés pour les laisser nous attaquer.
— On va toujours se défendre face à eux.
Giga, déjà concentré sur son assiette, répondit tranquillement :
— Dans tous les cas, mangeons d’abord.
Il leva la main.
— Diallo ! Encore deux plats de spaghetti avec frites et saucisse par ici.
Kilo le regarda, surpris.
— Giga, tout ça encore pour toi seul ?
Giga sourit sans lever la tête.
— Reste là et ne mange pas.
— Tu penses que la vie est à rediffusion ?
Méga éclata de rire.
— Diallo, deux laits caillés par ici !
Kilo ajouta :
— Diallo, en venant, apporte deux Heineken.
Diallo leva le pouce depuis la cuisine.
Les plats arrivèrent.
Ils mangèrent en silence pendant un moment.
Pas de cris. Pas de sirènes. Juste le bruit des fourchettes.
Après le repas, chacun se leva à son tour.
— On se capte demain, dit Méga.
— Restez sur vos gardes, ajouta Terra.
KMGT se sépara dans la nuit.
La ville semblait calme…
mais Kankara n’avait pas encore dit son dernier mot.
L’entrepôt du Réseau Noir était plongé dans un silence lourd.
Les caisses éventrées, les hommes absents, les traces laissées par la débâcle récente.
Zabra marchait lentement, les mains derrière le dos.
Son visage était fermé. Ses yeux brûlaient de colère.
Il s’arrêta net.
— KMGT a encore frappé.
— Cette fois-ci, ça devient fort.
Il serra les dents.
— Ils détruisent mes plans. Ils humilient mes hommes. Et pourtant, ils continuent.
Zabra sortit son téléphone.
— Puisqu’ils veulent jouer, on va élargir le jeu.
Il tapa un message et l’envoya à deux destinataires :
le commissaire et le commandant de la ville.
📩 Message reçu
L’équipe KMGT est en train de gâcher mes affaires.
Malgré les attaques, ils ne veulent pas lâcher l’affaire de sauver les gens de mes mains.
S’ils ne reculent pas derrière moi, ils n’auront pas la paix.
Je vais encore attaquer certains trafiquants et leur arracher un marché.
Si KMGT intervient encore, c’est là qu’ils sauront avec qui ils ont affaire.
Dans un bureau éclairé par une lampe tardive, le commissaire lut le message, le visage tendu.
— Ça devient sérieux… murmura-t-il.
Un peu plus loin, le commandant reçut le même message.
Il posa lentement son téléphone.
— Zabra sort de l’ombre, dit-il.
— Et KMGT est maintenant au centre du jeu.
De retour à l’entrepôt, Zabra leva la tête et sourit froidement.
— Vous vouliez sauver la ville ?
— Alors regardez-la brûler.
La guerre venait de changer de niveau.
Kankara retenait son souffle.
Le bureau du commissaire était silencieux.
Rideaux tirés. Climatisation faible. Deux hommes assis derrière un large bureau : le commissaire et le commandant de la ville.
En face d’eux, KMGT.
Le commissaire croisa les mains.
— Zabra nourrit sa famille avec ce qu’il fait.
— Vous êtes en train de le faire reculer dans ses affaires.
Un court silence suivit.
Terra se pencha légèrement en avant.
— Monsieur le commissaire, ce qu’il fait depuis un certain temps n’est pas du tout légal.
— Il tue, il menace, il détruit des vies.
Le commandant intervint, d’un ton plus posé.
— Oui, nous le savons.
— Mais ce que nous voulons avant tout, c’est la paix.
— Voir la ville en fumée ne nous plaît pas du tout.
Giga leva calmement la tête.
— Nous non plus.
— Mais on ne le laissera pas faire.
— Si on constate qu’il prépare une autre attaque, on va l’interrompre très tôt.
Le commissaire échangea un regard avec le commandant.
Ils comprenaient… sans l’approuver totalement.
Après quelques secondes, le commandant déclara :
— Comme vous voulez.
Le commissaire hocha la tête.
— Mais souvenez-vous : à partir de maintenant, chaque pas que vous ferez comptera.
KMGT se leva sans un mot de plus.
En sortant du bâtiment, Kilo murmura :
— Ils veulent la paix…
— Mais Zabra, lui, veut la guerre.
Au loin, Kankara semblait calme.
Trop calme.
Et quand une ville devient trop silencieuse…
c’est souvent que le pire arrive.
La nuit était tombée sur Kankara.
Dans un endroit isolé, Zabra tenait son téléphone à l’oreille.
Son visage était dur. Aucun remords dans le regard.
À l’autre bout du fil, le commissaire parlait d’une voix ferme :
— Zabra, ce que tu manigances dans la ville n’est pas bien.
— Parfois, tu brises des vies sans raison.
— Normalement, on devrait finir avec toi.
Un silence suivit.
Puis Zabra éclata d’un rire froid.
— Vous êtes maintenant du côté du KMGT ?
— D’accord.
Sa voix devint plus grave.
— Mais sachez une chose : je vais frapper fort.
Le commandant intervint aussitôt :
— On ne te laissera pas faire.
Zabra serra le téléphone.
— Alors regardez bien votre ville.
— Parce que ce qui arrive, personne ne pourra l’arrêter.
Il raccrocha.
Dans les bureaux de la police, le commissaire posa lentement le téléphone.
— Il est prêt à tout…
Le commandant regarda par la fenêtre.
— Et KMGT sera au cœur de la tempête.
Au même moment, quelque part dans l’ombre,
Zabra préparait son prochain coup.
Kankara était officiellement en danger.
Le matin venait à peine de se lever sur Kankara.
Chez Diallo, l’ambiance était calme. Trop calme.
KMGT était assis autour d’une table, chacun avec une tasse de thé chaud.
La radio grésillait faiblement. Le jour commençait comme un autre.
Soudain, une alerte vibra sur les téléphones.
Terra consulta rapidement l’écran.
— Les gars, ce matin Zabra prépare une attaque au Marché Vert.
Kilo posa lentement sa tasse.
— On anticipe son attaque.
Méga se leva aussitôt.
— Le Marché Vert, c’est notre marché.
— On ne le laissera pas tomber.
Giga attrapa sa veste.
— On se dépêche avant qu’il n’atteigne sa cible.
Kilo lança un regard vers le comptoir.
— Diallo, on revient pour quarker.
Diallo hocha la tête sans poser de question.
KMGT sortit rapidement.
Dans les rues encore calmes, la tension montait déjà.
Quelque part, Zabra avançait.
Et cette fois, c’est toute la ville qui risquait de payer le prix.
Le Marché Vert était déjà animé.
Marchands, porteurs, clients… personne ne se doutait de ce qui allait arriver.
Mélangés à la foule, KMGT portaient des habits simples, identiques à ceux des travailleurs du marché.
Discrets. Invisibles.
Kilo observait les entrées.
— Les gars, Zabra et ses hommes sont proches.
Terra répondit calmement :
— On reste calmes.
— On observe ce qu’ils vont faire.
— S’ils osent toucher à un employé, on passe à l’action.
Quelques minutes plus tard, Zabra entra, entouré de ses hommes, armes visibles.
— Que personne ne bouge ! cria-t-il.
Le marché se figea.
Le chef du marché s’avança, nerveux.
— Zabra, que veux-tu ?
Zabra sourit froidement.
— Tu me laisses prendre la moitié de tes revenus…
— ou je t’élimine pour te prendre le marché.
Sans attendre, il leva son arme et tira sur le pied d’un employé.
Un cri déchira l’air.
Giga serra les dents.
— Faut qu’on agisse vite !
KMGT sortit immédiatement de la foule.
Le combat éclata.
Marchands et employés résistèrent aux côtés de KMGT.
Coups, chutes, cris.
Le Marché Vert devint un champ de bataille.
Au milieu de la mêlée, Terra aperçut Zabra.
— Zabra, maintenant je te tiens !
Zabra le vit, pâlit… et prit la fuite, abandonnant ses hommes.
— Il s’échappe ! cria quelqu’un.
Mais le combat continua.
Un à un, les hommes de Zabra furent mis à terre.
Le Réseau Noir venait de perdre une bataille importante.
Méga arriva, essoufflé.
— Et où est cet imbécile de Zabra ?
Kilo secoua la tête.
— Il a filé.
Giga regarda les bandits au sol.
— La vie est un cercle.
— On se reverra.
Le Marché Vert était sauvé.
Mais Zabra était toujours libre.
Et tant qu’il respirait, la guerre n’était pas terminée.
Le bureau du commissariat était plein.
Autour de la table : le commissaire, le commandant, l’inspecteur, et KMGT.
L’atmosphère était lourde.
Terra prit la parole :
— Nous l’avons empêché de faire ce qu’il voulait au Marché Vert.
— Il a tiré sur l’un des travailleurs.
— Pendant la bagarre, il a fui, laissant ses hommes derrière lui.
Il sortit son téléphone et montra des photos, des vidéos, des preuves claires.
L’inspecteur hocha la tête.
— C’est suffisant pour l’inculper.
Le commissaire soupira profondément.
— Zabra va préparer une autre attaque.
— Et cette fois-ci, ce sera contre vous.
Kilo se leva légèrement de sa chaise.
— Monsieur le commissaire, vous devez nous aider.
— Cette affaire nous concerne tous.
— On ne peut pas laisser un seul homme ruiner la ville.
Il marqua une pause, puis ajouta calmement :
— Vous faites partie des forces de l’ordre.
— C’est votre travail. Pas le nôtre.
Le commandant échangea un regard avec le commissaire.
Puis il déclara :
— D’accord. On sera avec vous.
À cet instant précis, le téléphone du commissaire sonna.
Numéro inconnu.
Le commissaire fronça les sourcils.
— C’est Zabra.
Il décrocha et mit le téléphone sur haut-parleur.
— Zabra, que veux-tu nous dire encore ?
La voix de Zabra résonna, froide et sûre d’elle :
— KMGT vient d’interrompre mon business.
— Maintenant, je vous attaque tous.
Le commissaire répondit sèchement :
— Ah bon ?
— Zabra, là tu menaces toute une ville.
— Je vais tout réduire en cendres, répliqua Zabra.
Terra s’avança vers le téléphone.
— Zabra, ici c’est Terra.
Un silence.
— Si tu ne veux pas que tes enfants grandissent sans leur père, laisse tomber.
— Sinon, tes enfants deviendront des orphelins.
Zabra rit légèrement.
— C’est ce qu’on verra.
L’appel se coupa.
Un silence pesant envahit la pièce.
Kilo secoua la tête.
— Il ne pense même pas à sa famille avant de faire quoi que ce soit.
Méga croisa les bras.
— Il prépare une guerre.
— En tant qu’ancien militaire, il peut appeler ses anciens collègues pour l’aider.
— Mais je sais qu’on peut l’empêcher.
Terra se tourna vers le commissaire.
— Monsieur le commissaire, nous, on rentre.
Le commissaire acquiesça lentement.
— Faites attention.
KMGT sortit du commissariat.
Dehors, la ville semblait normale.
Mais tous savaient une chose :
La dernière phase venait de commencer.
La nuit enveloppait Kankara.
Dans un vaste entrepôt abandonné, Zabra se tenait debout devant une vingtaine d’hommes.
Parmi eux, ses anciens collègues, aguerris, disciplinés, et ses fidèles du Réseau Noir.
L’ambiance était lourde, presque militaire.
Zabra parla d’une voix ferme :
— KMGT vient de déclencher une guerre.
Il fit quelques pas, regardant chacun dans les yeux.
— Ils ont saboté nos affaires.
— Ils nous ont humiliés.
Il serra le poing.
— Nous allons nous mobiliser et finir avec eux.
Un murmure parcourut la salle.
Zabra leva la main.
— Déparpillez-vous dans tous les coins de la ville.
— Surveillez les rues, les marchés, les quartiers.
Son regard devint glacial.
— Si vous voyez un seul membre de l’équipe KMGT…
— attrapez-le et ramenez-le-moi vivant.
Un homme hésita :
— Chef… et s’ils résistent ?
Zabra sourit.
— Ils résisteront.
— Mais à la fin, ils seront à genoux.
Les hommes acquiescèrent, un à un.
Ils sortirent de l’entrepôt, se dispersant dans la nuit.
Zabra resta seul un instant.
Il murmura :
— Cette ville va se souvenir de mon nom.
Au loin, Kankara s’embrasait déjà dans l’ombre.
La chasse venait de commencer.
Kilo était assis seul dans un petit restaurant de quartier.
Il mangeait calmement, sans se douter de ce qui l’attendait.
Il paya, se leva et sortit.
À peine dehors, il s’arrêta net.
Dix hommes se tenaient devant lui.
Leurs regards étaient froids.
Kilo comprit immédiatement.
— Zabra… murmura-t-il.
Sans attendre, les hommes se jetèrent sur lui.
Kilo frappa le premier.
Un coup.
Deux coups.
Il enchaîna sans réfléchir.
Les poings volaient.
Les corps tombaient.
Six hommes s’écroulèrent au sol, incapables de continuer.
Kilo savait qu’il ne pouvait pas rester.
Il se retourna et prit la fuite.
— Attrapez-le ! cria l’un d’eux.
Quatre hommes se lancèrent à sa poursuite.
Kilo courait à travers les ruelles, sautant des obstacles, respirant difficilement.
Il aperçut un vieux bâtiment abandonné, entra rapidement et se cacha dans l’obscurité.
Quelques secondes plus tard, les quatre hommes arrivèrent.
— Il était là !
— Cherchez partout !
Ils fouillèrent, montèrent, redescendirent… rien.
— Il a disparu.
— On se replie.
Ils repartirent.
Le silence revint.
Kilo sortit lentement de sa cachette, sortit son téléphone et appela Terra.
— Terra, dix hommes de Zabra viennent de m’attaquer.
— J’ai réussi à mettre six d’entre eux à terre et j’ai fui pour venir me cacher.
Un court silence.
Terra répondit calmement :
— Moi je suis chez moi à la maison.
— Avant de sortir de chez toi, il fallait nous prévenir. OK ?
— D’accord, répondit Kilo.
— Je suis dans un bâtiment ici. Je vais passer toute la journée ici.
— Ok.
— Demain matin, on se coince chez Diallo.
— Je préviens les autres.
Kilo raccrocha.
Il s’assit dans l’ombre, le souffle encore court.
La guerre avait vraiment commencé.
La maison de Diallo était calme, mais l’ambiance à l’intérieur était lourde.
Les membres de KMGT étaient tous réunis, assis en cercle, discutant à voix basse.
Kilo prit la parole.
— J’ai été attaqué par dix hommes hier.
— Il faut qu’on reste ensemble.
— Si on est regroupés, on pourra s’en sortir.
Un silence suivit.
Terra répondit :
— Les policiers sont actuellement dans certains coins de Kankara.
— On est en sécurité.
Kilo secoua la tête.
— Et pourtant, j’ai été attaqué par surprise.
Giga le regarda fixement.
— Tu sors trop.
Kilo ne répondit pas.
Méga, plus posé, conclut :
— Ce soir, on dort chez Terra.
Tous acquiescèrent.
Ils savaient désormais une chose :
Zabra ne les lâcherait plus.
La seule option était claire.
Rester unis… ou tomber un par un.
La nuit venait à peine de tomber quand le chaos s’abattit sur la ville.
Les hommes de Zabra surgirent dans plusieurs quartiers à la fois.
Des coups de feu éclatèrent sans avertissement.
Des cris.
Des gens qui couraient dans tous les sens.
Ils tiraient sans distinction.
Des innocents tombèrent, un par un.
La ville plongea dans la peur.
Au commissariat, le commissaire reçut les premières informations.
Son visage se ferma immédiatement.
Il saisit son téléphone et composa un numéro.
Chez Terra, le téléphone vibra.
— Oui, Monsieur le commissaire. Que puis-je pour vous ?
La voix du commissaire était grave.
— Zabra vient de frapper.
— Il a envoyé ses hommes massacrer des innocents.
— Ses hommes sèment la mort dans la ville.
Terra serra le poing.
— D’accord.
— On va sortir et se battre contre ces hommes.
Kilo, qui se tenait près de lui, intervint aussitôt :
— On reste ensemble.
Terra hocha la tête.
Cette fois, ce n’était plus une simple affaire de territoire.
Ce n’était plus une histoire de marché.
C’était une guerre.
Et la ville entière en payait déjà le prix.
La ville de Kankara était devenue un champ de bataille.
Dans plusieurs rues, les hommes de Zabra semaient encore la terreur.
Mais cette fois, KMGT était sur le terrain.
Dans une rue étroite, éclairée par quelques lampadaires vacillants, le groupe entra en action.
Des coups de feu résonnaient au loin.
Des passants s’étaient réfugiés dans leurs maisons.
Kilo se retrouva isolé à un carrefour.
Cinq hommes armés surgirent devant lui.
— Attrapez-le ! cria l’un d’eux.
Kilo n’hésita pas.
Il frappa le premier d’un coup violent au visage.
Le deuxième tenta de tirer, mais Kilo le désarma d’un geste rapide et l’envoya au sol.
Le troisième reçut un coup de genou en pleine poitrine.
Les deux derniers reculèrent, surpris.
Kilo en profita.
Il enchaîna les coups avec précision.
En quelques secondes, les cinq assaillants étaient à terre.
Plus loin dans la même rue, Terra, Méga et Giga affrontaient eux aussi plusieurs hommes du réseau noir.
Les coups pleuvaient.
Les cris résonnaient entre les murs.
Un à un, les hommes de Zabra tombaient.
La rue reprenait peu à peu son silence.
Mais tous le savaient.
Ce combat n’était qu’un début.
Zabra n’avait pas encore montré son vrai visage.
Le bar était presque vide.
KMGT était assis autour d’une table, chacun gardant le silence.
L’atmosphère était lourde.
Soudain, une trentaine d’hommes entrèrent et encerclèrent le groupe.
L’un d’eux s’avança.
— KMGT…
Si vous ne voulez pas mourir ici, avancez calmement. On va régler ce problème à l’amiable.
Il marqua une pause, puis ajouta d’un ton froid :
— On ne veut pas vous toucher.
Mais si vous ripostez, on sera prêts à vous blesser… et à vous tuer sur-le-champ.
Un silence tendu s’installa.
Terra regarda les autres.
— Les gars… on avance.
Ils se levèrent lentement et commencèrent à sortir du bar.
À peine avaient-ils franchi la porte que tout bascula.
Kilo se retourna brusquement et lança six couteaux d’un seul geste.
Les lames atteignirent six hommes, qui s’écroulèrent aussitôt.
La bagarre éclata.
Méga entra en furie.
À mains nues, il frappa quatre hommes, les neutralisant mortellement sans utiliser la moindre arme.
Terra, rapide et précis, mit cinq hommes à terre en quelques secondes.
Le chaos était total.
KMGT profita de l’ouverture pour prendre la fuite.
Mais les hommes restants se lancèrent à leur poursuite.
Ils couraient dans la rue quand deux policiers apparurent au bout de l’avenue.
Voyant une quinzaine d’hommes armés poursuivre KMGT, ils ouvrirent le feu.
Les balles frappèrent leurs cibles.
Les hommes tombèrent les uns après les autres.
KMGT ralentit.
Terra se retourna.
— Ils tombent…
Giga sourit brièvement.
— La police nous couvre.
Kilo ajouta :
— C’est un plan du commissaire et du commandant.
Méga regarda autour de lui, inquiet.
— Bon. On fiche le camp avant que d’autres n’arrivent.
N’oubliez pas… ils sont beaucoup plus nombreux que ça.
KMGT disparut dans la nuit.
La guerre contre Zabra venait d’entrer dans une nouvelle phase.
La nuit avançait.
Les rues de Kankara étaient presque désertes.
Kilo, Méga, Giga et Terra marchaient ensemble, encore marqués par les affrontements récents.
Méga brisa le silence.
— J’ai envie de rentrer chez moi ce soir.
Terra hocha la tête.
— Moi aussi.
Ils ralentirent le pas.
Terra ajouta :
— Que chacun rentre chez lui. On a tous besoin de repos.
Un court silence suivit.
Kilo regarda les autres.
— Faites attention à vous. Zabra n’a pas dit son dernier mot.
Giga répondit calmement :
— On reste en alerte. Si quelque chose se passe, on s’appelle.
Ils se serrèrent la main.
Puis, chacun prit une direction différente, disparaissant dans l’obscurité de la ville.
Aucun d’eux ne savait encore que cette séparation
allait donner à Zabra l’occasion qu’il attendait depuis longtemps.
La nuit était profonde.
Silencieuse.
Presque étouffante.
Chez lui, Kilo sentit la faim le gagner.
Il hésita un instant, puis sortit de sa maison.
À peine avait-il quitté sa zone
que dix hommes surgirent de l’obscurité et lui barrèrent la route.
Kilo comprit immédiatement.
— Merde…
Il tenta de se défendre.
Ses poings frappèrent.
Deux hommes reculèrent.
Mais ils étaient trop nombreux.
Les coups pleuvaient de partout.
Kilo tomba lourdement au sol.
L’un des hommes lui écrasa la poitrine avec son pied.
Un autre sortit un foulard.
Ils lui couvrirent la tête,
lui coupant totalement la vue.
— Attachez-le ! Dépêchez-vous !
Kilo tenta de résister une dernière fois,
mais un coup violent l’assomma.
Dans la nuit noire de Kankara,
Kilo venait de tomber aux mains du réseau noir.
Kilo était assis sur une chaise,
les mains ligotées derrière le dos.
Ses pieds étaient attachés.
La pièce était froide, mal éclairée.
Sa tête lui faisait mal.
Le silence pesait.
Soudain, la porte s’ouvrit.
Un homme entra, suivi de plusieurs autres.
Kilo reconnut aussitôt ce visage.
Zabra.
Il s’approcha lentement.
— Kilo… te voilà enfin dans mes mains.
Il sourit, un sourire cruel.
— Maintenant, ce n’est plus KMGT…
— c’est MGT.
Il marqua une pause, puis ajouta :
— Demain, je capturerai les trois autres.
Kilo releva la tête malgré la douleur.
— Si tu veux me tuer, tue-moi.
— Arrête de me faire souffrir.
Zabra éclata d’un rire froid.
— Mourir ? Non.
— Tu vas souffrir, Kilo… avant de mourir.
Sans prévenir,
il lui asséna un violent coup de poing sur le nez.
Le sang coula.
Zabra se tourna vers ses hommes.
— Laissez-le réfléchir.
Puis il quitta la pièce,
laissant Kilo seul, ligoté,
mais toujours vivant.
Et quelque part dans la ville,
KMGT ignorait encore que l’un des leurs était captif.
La nuit enveloppait la ville.
Devant une boutique fermée, Méga et Giga se tenaient côte à côte, surveillant les alentours.
Méga sortit son téléphone.
— J’ai appelé Kilo…
— …mais son numéro ne passe pas.
Giga soupira.
— Ainsi que moi.
— On dirait qu’il est injoignable.
Méga fronça les sourcils.
— Attends, je vais appeler Terra.
Il sortit son téléphone de sa poche.
À cet instant précis, vingt hommes surgirent de l’ombre, encerclant les deux amis.
— Pas question que vous partiez ! cria l’un d’eux.
Méga et Giga se jetèrent immédiatement dans la bagarre.
Poings, coups de pied, tentatives de désarmement…
Mais ils étaient trop nombreux.
Les assaillants frappèrent avec précision, neutralisant chaque mouvement.
En quelques minutes, Méga et Giga furent maîtrisés.
Les hommes de Zabra les lièrent et les embarquèrent dans un véhicule noir.
Les deux amis résistèrent encore, mais en vain.
La rue redevint silencieuse.
Seul le bruit du moteur s’éloignant résonnait dans la nuit.
Kilo était déjà captif.
Maintenant, Méga et Giga rejoignaient le piège de Zabra.
Et quelque part, Terra, toujours seul, ignorait l’ampleur du désastre.
Chez lui, Terra était assis devant son ordinateur,
un film tournait, mais son esprit était ailleurs.
Soudain, son téléphone vibra.
Un appel vidéo anonyme.
Il hésita une seconde, puis décrocha.
L’écran s’alluma.
Zabra apparut.
— Zabra… pourquoi tu m’appelles ? dit Terra, calme mais tendu.
Zabra sourit.
— Si vous ne quittez pas derrière moi,
— je serai toujours prêt à tout.
Il tourna lentement le téléphone.
À l’écran apparurent Kilo, Méga et Giga,
ligotés, assis, épuisés, blessés.
— Tu vois ? ajouta Zabra.
— Il ne reste que toi maintenant.
Les poings de Terra se serrèrent.
— Si tu oses leur faire du mal,
— tu vas le regretter toute ta vie.
Zabra éclata d’un rire froid.
— Je t’attends.
— Il suffit juste de sortir de ta maison
— et j’envoie mes hommes te capturer,
— comme ils l’ont fait à tes potes.
Terra répondit sans trembler :
— C’est ce qu’on verra.
Zabra coupa l’appel.
L’écran devint noir.
Terra resta immobile quelques secondes,
puis se leva lentement.
La chasse venait de commencer.
Et cette fois, il était seul contre Zabra.
Le commissariat était calme en apparence.
Terra entra d’un pas rapide, le visage fermé.
Dans le bureau, le commissaire et le commandant levèrent les yeux.
Terra alla droit au but.
— Zabra a mis mes trois amis en otage.
— Kilo, Méga et Giga.
Le silence tomba.
Le commandant serra les dents.
— On s’y attendait…
Le commissaire se leva lentement.
— Ne t’en fais pas, Terra.
— On ira les sauver.
Terra fixa les deux hommes.
— Zabra est dangereux.
— Il est prêt à tout.
— Si on tarde, il peut les tuer.
Le commissaire hocha la tête.
— Cette fois, ce n’est plus seulement ton combat.
— C’est celui de toute la ville de Kankara.
Le commandant ajouta :
— Prépare-toi.
— On va monter une opération.
Terra respira profondément.
La guerre contre Zabra entrait dans sa phase finale.
La pièce était sombre.
Kilo, Méga et Giga étaient assis, ligotés, surveillés.
La porte s’ouvrit brusquement.
Six hommes entrèrent.
L’un d’eux ricana.
— On les détache.
— On les frappe bien comme il faut.
— Après, on les attache de nouveau.
Ils s’approchèrent.
Les cordes furent retirées.
À peine libéré, Kilo passa à l’action.
Un coup rapide.
Un deuxième encore plus violent.
Deux hommes tombèrent, sans se relever.
Méga et Giga ne laissèrent aucun répit aux autres.
Coups précis.
Mouvements coordonnés.
En quelques secondes, les six hommes étaient à terre.
Le silence revint.
Méga essuya le sang sur sa main.
— Ils ont fait la grave erreur de nous détacher.
Giga regarda la porte.
— Il faut qu’on fiche le camp d’ici, maintenant.
Kilo hocha la tête.
— Zabra ne doit pas savoir qu’on est libres.
Les trois se mirent en mouvement.
KMGT venait de reprendre sa liberté.
Et la guerre contre Zabra prenait un nouveau tournant.
Terra avançait seul dans une rue sombre.
Le silence était lourd.
Soudain, trente‑cinq hommes surgirent et l’encerclèrent.
— Attrapez‑le ! cria l’un d’eux.
La bagarre éclata.
Terra frappa sans hésiter.
Coups rapides.
Précis.
Violents.
Vingt hommes tombèrent l’un après l’autre.
Les dix autres, terrifiés, reculèrent.
— Fuyons ! cria l’un d’eux.
Ils tentèrent de s’échapper.
Terra sortit calmement ses couteaux.
Un lancer.
Puis un autre.
Encore un.
Dix couteaux. Dix hommes.
Ils tombèrent un à un, sans avoir le temps de crier.
Le silence revint.
Terra sortit son téléphone et écrivit un message à Zabra :
J’ai reçu une formation très rude.
30 hommes pour venir me capturer ?
Non… c’est comme si tu ne sais pas avec qui tu veux jouer.
Quelques secondes plus tard, une réponse arriva.
Zabra :
Si tu sais que tu es intouchable, viens dans mon entrepôt.
C’est là que je vais t’avoir.
Tu viendras rejoindre tes potes.
Terra lut le message.
Il ne répondit pas.
Il rangea son téléphone,
regarda autour de lui une dernière fois,
puis se replia dans l’ombre.
La confrontation finale approchait.
Et Zabra venait de lancer le dernier défi.
Chapitre 27 : La colère de Zabra
Zabra entra dans la pièce, entouré de ses hommes.
Son regard parcourut l’endroit.
Les chaises étaient vides.
Kilo, Méga et Giga n’étaient plus là.
Au sol,
six corps sans vie.
Le visage de Zabra se crispa.
— Regardez‑moi ces cons !
— Ils les ont sûrement détachés.
Il donna un coup de pied à l’un des corps.
— C’est ça qui a donné l’occasion aux autres de les tuer !
Il se tourna vers ses hommes, furieux.
— Allez chercher les autres !
— Fouillez tout l’entrepôt, chaque pièce, chaque sortie !
Ses hommes se dispersèrent en courant.
Zabra serra les poings.
— KMGT…
— Cette fois, vous n’irez pas loin.
Dans l’ombre,
la chasse venait de changer de camp.
Zabra parcourait l’entrepôt avec une rage froide.
Ses yeux balayaient chaque recoin, chaque ombre.
— Terra vient de me dire qu’il est proche, grogna-t-il.
— Mais je ne vois aucun de ses signes.
— Où peut-il se cacher ?
Soudain, un bruit métallique et un sifflement sec retentirent.
Terra était arrivé.
En silence, il se glissa dans l’entrepôt.
Rapidement, il lança plusieurs grenades dans un rassemblement de plus de dix-huit hommes.
L’explosion retentit.
La fumée, le feu et le chaos emplirent la pièce.
Beaucoup d’hommes furent projetés au sol, grognant et blessés.
Zabra fronça les sourcils, les oreilles à l’affût.
— Terra est ici ! hurla-t-il.
— On le retrouve et on l’attaque !
Ses hommes se redressèrent, armés et enragés.
Mais Terra avait déjà disparu dans l’ombre, prêt à frapper encore.
L’entrepôt était plongé dans le chaos.
Fumée. Cris. Coups de feu.
Terra avançait seul au milieu des débris.
Des hommes l’encerclaient,
certains pointant leurs pistolets,
d’autres brandissant des couteaux.
Il n’hésita pas.
Terra frappa le premier.
Un tir précis.
Un lancer de couteau.
Un coup sec.
Les hommes tombaient un à un.
Soudain, des silhouettes surgirent derrière lui.
— Terra, tu n’es plus seul ! lança Kilo.
Méga et Giga apparurent à ses côtés.
Au même moment, au loin,
des sirènes de police commencèrent à retentir.
Giga serra les poings.
— On va finir avec eux.
— C’est maintenant ou jamais.
Le combat reprit de plus belle.
Kilo, habile et rapide,
frappa sans relâche,
neutralisant et tuant plusieurs hommes qui tentaient de l’encercler.
Méga, méthodique,
brisait les articulations de ses adversaires,
les mettant hors d’état de nuire les uns après les autres.
Giga, puissant,
attrapait des hommes et les projetait violemment,
comme s’ils n’étaient que de simples pierres légères.
Terra, au centre,
continuait de frapper,
enchaînant coups, tirs et mouvements précis,
faisant tomber bon nombre d’assaillants.
KMGT était de nouveau réuni.
Et dans cet entrepôt,
le réseau noir commençait à s’effondrer.
Au fond de l’entrepôt,
Terra faisait face à Zabra.
À ses côtés, deux hommes, grands et puissants, prêts à tuer.
Zabra sourit froidement.
— Attaquez-le !
Ils se ruèrent sur Terra.
En un geste rapide et parfaitement maîtrisé,
Terra esquiva le premier,
frappa le second,
enchaîna sans hésiter.
Les deux hommes tombèrent, neutralisés avant même de comprendre ce qui leur arrivait.
Plus loin, Kilo, Méga et Giga, épaulés par les policiers, affrontaient les derniers assaillants.
Coups, tirs, cris.
Le réseau noir s’effondrait.
De son côté, Terra se retrouva seul face à Zabra.
Les deux hommes se fixèrent.
Le combat commença.
Les coups étaient violents.
Précis.
Sans retenue.
Zabra montra qu’il n’était pas un chef ordinaire.
Il frappait fort.
Très fort.
Terra lança un violent coup de poing qui atteignit Zabra au visage.
Zabra répondit aussitôt par un coup de pied dans le ventre.
Les deux hommes furent projetés au sol.
Un silence lourd.
Ils se relevèrent au même rythme, se faisant face, haletants.
Zabra cracha du sang et déclara :
— C’est un combat à mort.
— L’un d’entre nous doit mourir.
Terra ne répondit pas.
Il attaqua de nouveau.
Zabra le saisit soudain,
le souleva
et le jeta violemment contre un mur.
Le choc résonna dans tout l’entrepôt.
Le duel final venait de franchir un nouveau seuil.
Terra se releva lentement malgré la douleur.
En face, Zabra attaqua de nouveau, animé par la rage.
Le choc fut brutal.
Mais cette fois, Terra prit l’avantage.
Il le maîtrisa,
le frappa avec précision,
brisant une à une ses articulations.
Zabra cria de douleur.
Terra le saisit ensuite
et le jeta violemment contre un mur.
Zabra s’effondra au sol.
Il tenta de bouger,
mais son corps ne répondait plus.
Terra s’approcha, calme.
— Moi, je ne veux pas te tuer.
Il se tourna, prêt à partir.
Soudain…
Zabra, dans un dernier geste désespéré,
sortit un pistolet et tenta de viser Terra.
Un coup de feu retentit.
Kilo venait d’apparaître.
Il tira sur Zabra.
Encore.
Et encore.
Il vida tout son chargeur.
Le corps de Zabra resta immobile.
Kilo respirait fort, tremblant de colère.
— Il voulait tirer sur toi.
Terra se retourna, choqué mais lucide.
— Malgré que je lui ai brisé quelques articulations,
— il a quand même sorti un pistolet pour me tuer.
— Merci, Kilo.
À ce moment, Méga et Giga arrivèrent.
Giga regarda autour de lui, puis déclara :
— Maintenant, Kankara peut respirer à nouveau.
Les sirènes de police résonnaient au loin.
Le réseau noir était tombé.
KMGT était debout.
Et la ville venait d’être sauvée.
Le matin était calme à Kankara.
Chez Diallo, Kilo, Méga, Giga et Terra étaient assis autour d’une table, détendus pour la première fois depuis longtemps.
Le silence s’installa quelques secondes.
Puis Kilo le brisa, un sourire aux lèvres :
— Les gars… je suis là pour m’empiffrer.
Méga éclata de rire.
— Glouton !
Giga leva la main.
— Laisse-le, bro !
— Il a le droit.
— Tu n’es ni son estomac ni son tube digestif.
Tout le monde ria.
Terra appela Diallo :
— Diallo !
— Dix plats de spaghetti par ici.
— Tu verses les dix plats dans un grand plat.
— On mange ensemble.
— Et tu ajoutes quatorze saucisses.
Kilo ajouta aussitôt :
— Apporte aussi huit bouteilles de Heineken.
Méga sourit largement.
— Aujourd’hui, c’est la fête chez Diallo.
À ce moment, un autre client s’approcha.
— Diallo, permets-nous de mettre un peu de musique.
— Moi, je paye la facture de KMGT.
— Vous méritez ça.
Il regarda la salle.
— Mieux encore…
— Je gère la facture de tout le monde ici.
— Que la fête soit belle !
La musique démarra.
Les rires remplirent le lieu.
Après la peur, le sang et la guerre,
KMGT partageait enfin un moment simple.
Dans cette ville qu’ils avaient sauvée,
la vie reprenait son cours.
Fin.
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