Double K tome 3
Chapitre 1 : Retour vers Kandji

Le soleil de l’après-midi éclairait calmement le village de Nangbèdjè.
Le vent faisait doucement bouger les feuilles du grand jardin derrière la maison familiale de Krys. L’endroit était calme. Très calme. On entendait seulement les oiseaux et le bruit léger des branches.

Assis sur un vieux banc en bois, Krys et Karl mangeaient des carottes fraîchement récoltées dans le jardin. Devant eux, quelques paniers remplis de légumes étaient posés sur le sol.

Un silence régnait entre les deux amis.

Puis Karl finit par le briser.

— Krys… on reprend les cours la semaine prochaine.

Krys croqua lentement dans sa carotte avant de répondre :

— Oui… mais laisse-moi te dire que moi, j’ai anticipé certains cours en ligne.

Karl tourna doucement la tête vers lui.

— Ainsi que moi.

Krys ouvrit légèrement les yeux.

— Waouh !! Tu as commencé par avoir le goût d’étude ?

Karl esquissa un petit sourire.

— Oui. Il le faut. Mais les vacances ne m’ont pas suffi. Donc la semaine prochaine, on retourne à Kandji pour les cours.

Krys hocha lentement la tête.

— On finit avec cette troisième année… et on finit avec la fac.

— Oui. Ayo a hâte de nous revoir.

Un sourire apparut sur le visage de Krys.

— Oui… elle ne cesse jamais de m’écrire.

Karl éclata légèrement de rire.

— Elle m’écrit tous les jours aussi.

Krys plissa soudainement les yeux en regardant Karl rapprocher discrètement sa main du dernier morceau de carotte posé dans le panier.

— Karl… ne touche pas à la dernière carotte. Ce n’est pas en me faisant parler que tu pourras détourner mon regard sur ça.

Karl attrapa rapidement la carotte.

— Il y en a encore. Laisse-moi croquer cette dernière.

— Hé !!

Karl éclata de rire pendant qu’il croquait dedans sous le regard frustré de Krys.

Mais quelques secondes plus tard…

Le téléphone de Karl vibra brutalement.

Les deux amis cessèrent immédiatement de rire.

Karl regarda l’écran.

Son visage changea légèrement.

Krys remarqua immédiatement ce changement.

— Qui t’écrit ?

Karl fixa encore l’écran pendant deux secondes avant de répondre calmement :

— Ayo.

— Et pourquoi tu prends ce visage-là ?

Karl releva lentement la tête.

— Parce qu’elle dit qu’il y a un problème à Kandji…

Le sourire de Krys disparut aussitôt.

Le vent souffla plus fortement dans le jardin.

Karl serra légèrement le téléphone dans sa main.

— Elle dit que certains étudiants ont disparu depuis trois jours… et que la police commence à tourner autour du campus.

Krys se redressa lentement sur le banc.

— Disparu… ? Des étudiants ?

Karl hocha la tête.

Puis il ajouta d’une voix basse :

— Et selon Ayo… quelqu’un poserait des questions sur nous trois.


 

Chapitre 2 : Préparatifs

La chambre de Krys était en désordre.

Des sacs ouverts étaient posés sur le lit pendant que plusieurs vêtements étaient éparpillés un peu partout dans la pièce. Le soleil commençait déjà à descendre sur Nangbèdjè, annonçant lentement la fin de la journée.

Krys rangeait quelques cahiers dans son sac pendant que Karl vérifiait ses affaires près de la fenêtre.

L’ambiance n’était plus aussi détendue qu’au jardin.

Le message d’Ayo avait complètement changé leur humeur.

Karl referma lentement son sac avant de parler :

— Qui ça peut être ?

Krys continua de ranger sans lever la tête.

— Je n’ai pas la moindre idée… sûrement un autre criminel caché qui nous observait depuis longtemps.

Karl croisa les bras.

— S’il sait que la police est toujours autour du campus, il ne reviendra pas.

Il soupira légèrement avant d’ajouter :

— Voilà que les cours reprennent la semaine prochaine. Les étudiants qui sont dans les dortoirs seront malades d’inquiétude.

Krys hocha lentement la tête.

— Oui… quand on sera à Kandji, on saura quoi faire pour démasquer ce criminel.

Un court silence suivit.

Karl regarda dehors à travers la fenêtre.
Le village était calme… beaucoup trop calme.

Puis il reprit :

— Tu crois que cette disparition a un lien avec ce qu’on a vécu auparavant ?

Krys s’arrêta de ranger pendant quelques secondes.

Son regard devint plus sérieux.

— J’espère que non.

Karl fronça légèrement les sourcils.

— Pourquoi tu dis ça comme ça ?

Krys referma brutalement son sac.

— Parce que chaque fois qu’on pense que tout est terminé… quelque chose de pire apparaît à Kandji.

Le silence revint dans la chambre.

Puis soudain…

Le téléphone de Krys vibra à son tour.

Krys regarda l’écran.

Numéro inconnu.

Karl remarqua immédiatement son expression.

— Qui c’est ?

Krys décrocha lentement.

— Allô ?

Mais au bout du fil…

Aucune réponse.

Seulement un bruit étrange.

Comme un souffle.

Puis une voix grave finit par murmurer :

— Revenez vite à Kandji… avant qu’il ne soit trop tard.

L’appel se coupa immédiatement.

Karl se leva brusquement.

— Qui était-ce ?!

Krys fixa lentement son téléphone avant de répondre d’une voix basse :

— Je crois que quelqu’un nous attend déjà là-bas…


 

Chapitre 3 : Entrée discrète

Très tôt le matin, un vieux taxi roulait rapidement sur la route menant vers Kandji.

Le ciel était encore légèrement sombre. Quelques motos passaient déjà sur les routes pendant que certains commerçants ouvraient lentement leurs boutiques.

À l’intérieur du taxi, Krys regardait attentivement dehors depuis plusieurs minutes sans presque parler.

Karl, assis à côté de lui, remarqua immédiatement son comportement.

Le chauffeur continuait de conduire calmement.

Puis soudain, Krys parla d’une voix basse :

— Karl… je pense qu’on doit descendre ici.

Karl tourna la tête vers lui.

— Ici ?

Krys continua de fixer la route.

— Quelque chose me dit que si on va directement au centre universitaire… quelque chose va se passer.

Karl comprit immédiatement.

Il se pencha légèrement vers l’avant.

— Chauffeur… fais-nous descendre au marché.

Le chauffeur hocha la tête.

— D’accord !

Quelques minutes plus tard, le taxi s’arrêta près d’un grand marché déjà animé malgré l’heure matinale.

Des femmes installaient leurs marchandises pendant que plusieurs jeunes transportaient des sacs entre les boutiques.

Krys et Karl descendirent discrètement avec leurs sacs.

Le taxi repartit aussitôt.

Krys observa rapidement les alentours.

— Je ne veux pas de bagarre au marché. Donc on doit passer dans certains coins où aucun club de bandits ne pourra nous repérer.

Karl ajusta légèrement son sac sur son épaule.

— Oui… ils sont nombreux à nous chercher dans cette ville.

Les deux amis commencèrent alors à marcher entre les ruelles étroites derrière le marché.

Ils évitaient soigneusement les grands axes de Kandji.

L’ambiance de la ville avait changé.

Même tôt le matin, on sentait déjà une tension étrange dans l’air.

Puis, alors qu’ils passaient près d’un petit kiosque fermé…

Krys ralentit brusquement.

Son regard se fixa sur un mur.

Karl remarqua immédiatement.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

Krys désigna discrètement le mur.

Une marque rouge y était dessinée.

Un symbole étrange.

Karl écarquilla légèrement les yeux.

— Je connais ce signe…

Krys tourna lentement la tête vers lui.

— Où tu l’as déjà vu ?

Karl répondit d’une voix basse :

— Dans le quartier nord de Kandji… le territoire d’un ancien groupe criminel qu’on croyait disparu depuis longtemps.

Le regard de Krys devint plus froid.

— Tu veux dire que ce groupe est de retour ?

Karl fixa encore le symbole.

Puis il murmura :

— Non… pire que ça.

— Quelqu’un essaie de les reconstruire.


 

Chapitre 4 : Roberto

Le centre universitaire de Kandji avait retrouvé une partie de son agitation habituelle.

Des étudiants circulaient dans les couloirs avec des regards inquiets. Certains parlaient des disparitions à voix basse pendant que d’autres évitaient simplement le sujet.

Dans une salle presque vide du bâtiment administratif, Krys, Karl et Ayo étaient réunis autour d’une table.

Ayo venait de poser plusieurs feuilles et photos devant eux.

Son visage était sérieux.

Très sérieux.

Elle prit une légère inspiration avant de parler :

— J’ai fini par trouver celui qui est derrière tout ça.

Karl leva immédiatement la tête.

— Qui ???

Ayo fixa directement Karl.

— Roberto.

Un lourd silence tomba dans la pièce.

Karl baissa lentement les yeux pendant que son visage devenait plus sombre.

Puis il murmura :

— Krys… je savais que ce serait lui.

Krys fronça les sourcils.

— Tu le connais ?

Karl resta silencieux quelques secondes avant de répondre :

— Oui…

Il se leva lentement de sa chaise.

— Cette affaire… je dois la régler seul.

Ayo ouvrit immédiatement les yeux.

— Seul ?? Tu ne t’en sortiras pas vivant !

Krys se leva à son tour.

— Oui. Si tu vas dire que tu vas régler cette affaire seul, tu ne t’en sortiras pas vivant.

Karl détourna légèrement le regard.

— Cette affaire est un peu familiale.

Krys croisa les bras.

— Et pourquoi il attaque ceux qui ne sont pas de sa famille et non directement toi ?

Ayo hocha lentement la tête.

— Je me pose la même question.

Karl resta silencieux.

On voyait clairement qu’il réfléchissait à quelque chose qu’il n’avait jamais raconté aux deux autres.

Puis finalement, il releva lentement la tête.

— D’accord… je sais où le trouver.

Krys s’approcha immédiatement.

— Allons alors !

Ayo regarda Karl avec inquiétude.

— Karl… qui est vraiment Roberto ?

Karl fixa quelques secondes la fenêtre derrière eux avant de répondre :

— Quelqu’un qui aurait dû disparaître depuis longtemps.

Puis il prit son sac et commença à marcher vers la sortie.

Krys et Ayo échangèrent un regard.

Ils comprenaient tous les deux une chose :

Karl leur cachait encore une partie importante de cette histoire.

Et cette partie risquait de tout changer.


 

Chapitre 5 : Les trois millions

Le centre unitaire de Kandji était placé sous haute surveillance.

Des agents circulaient dans les couloirs pendant que plusieurs écrans de contrôle affichaient différentes zones de la ville. L’affaire des étudiants disparus commençait déjà à provoquer la peur dans plusieurs quartiers.

Dans une salle sécurisée du bâtiment, Krys, Karl et Ayo discutaient autour d’une grande table métallique.

L’atmosphère était lourde.

Krys regardait plusieurs documents étalés devant lui avant de déclarer :

— On doit finir avec lui avant de reprendre les cours.

Karl, appuyé contre la table, resta calme.

— Pas d’inquiétude.

Il sortit lentement son téléphone.

— Roberto m’a écrit.

Ayo leva immédiatement les yeux.

— Qu’est-ce qu’il a dit ?

Karl fixa l’écran quelques secondes avant de répondre :

— Il a dit qu’il a enlevé trois étudiants… mais il ne les a pas tués.

Krys fronça les sourcils.

— Et pourquoi il ferait ça ?

Karl continua :

— Il a dit qu’il va les libérer demain… mais à une seule condition.

Krys croisa les bras.

— Laquelle ?

Karl releva lentement la tête.

— Il demande trois millions.

Un silence tomba immédiatement dans la salle.

Puis Karl ajouta :

— Il a donné le numéro de son compte bancaire sur lequel on lui fera le virement.

Le regard de Krys devint froid.

— Mais il n’aura rien.

Ayo regarda directement Karl.

— Ce n’est pas parce que vous êtes des frères qu’il aura pitié de toi.

Krys tourna brusquement la tête vers Karl.

— Frères ?

Ayo continua calmement :

— En matière de business, il n’y a pas de frère. Il peut toutefois t’éliminer.

Karl resta silencieux quelques secondes.

Puis il répondit d’une voix calme mais sérieuse :

— Tant que vous êtes avec moi… il ne pourra rien faire.

Krys le fixa intensément.

Puis un léger sourire apparut sur son visage.

— Tu finis par compter sur nous ??

Karl regarda successivement Krys puis Ayo.

— Oui.

Un petit silence suivit.

Ayo croisa lentement les bras.

— Alors cette fois… on agit ensemble jusqu’au bout.

Soudain, un agent entra rapidement dans la salle.

— On a localisé un mouvement suspect sur un ancien site industriel au nord de Kandji !

Karl releva immédiatement la tête.

— Le nord…

Son regard changea brutalement.

— Roberto utilise toujours cet endroit…

Krys attrapa aussitôt son sac.

— Alors qu’est-ce qu’on attend ?

Mais avant qu’ils ne quittent la salle…

L’électricité du bâtiment coupa brusquement.

Toute la pièce plongea dans l’obscurité.

Puis une alarme rouge commença à retentir dans tout le centre unitaire.

Ayo ouvrit immédiatement les yeux.

— Qu’est-ce qui se passe encore ?!

Une voix résonna alors dans les haut-parleurs du bâtiment :

— Bienvenue dans mon jeu…


 

Chapitre 6 : Le combat des frères

L’alarme continuait de retentir dans tout le centre unitaire.

Les couloirs étaient plongés dans une semi-obscurité, seulement éclairés par les lampes torches des agents. Les ordres fusaient dans tous les sens pendant que les écrans de surveillance s’éteignaient les uns après les autres.

La situation venait clairement de basculer.

Krys, Karl et les agents sortirent rapidement leurs lampes torches, éclairant les escaliers et les couloirs.

— Restez groupés ! cria un agent.

Krys et Karl échangèrent un regard rapide.

Sans dire un mot, ils montèrent les escaliers en direction du toit du bâtiment.

L’air devenait plus froid au fur et à mesure qu’ils approchaient du sommet.

Enfin, ils arrivèrent.

Le toit était vaste, balayé par le vent nocturne de Kandji.

Et là… au centre du toit…

Une silhouette les attendait.

Roberto.

Il était calme. Trop calme.

Les mains dans les poches, comme s’il les attendait depuis longtemps.

Karl serra les dents.

Roberto parla le premier, avec un ton froid :

— Comme le virement prend du temps… j’ai décidé de vous attaquer directement.

Krys se positionna légèrement sur le côté, observant la scène.

Karl fit un pas en avant.

— Roberto… cette affaire ne concerne que toi et moi. Pourquoi tu attaques toute mon équipe et non moi seul ?

Roberto inclina légèrement la tête.

— Je sais que les autres seront là pour te couvrir.

Un silence lourd s’installa.

Puis Karl explosa.

Il fonça sur Roberto.

— ASSEZ !!

Le choc fut brutal.

Les deux hommes s’échangèrent des coups rapides, puissants, précis.

Un véritable combat entre frères.

Krys observait, prêt à intervenir mais laissant Karl agir.

Karl réussit à placer un coup violent au niveau du torse de Roberto.

— HAA !!

Roberto fut projeté au sol.

Mais il sourit.

Il se releva lentement, essuyant le sang au coin de sa bouche.

— Tu n’as pas perdu ton niveau…

Sans prévenir, Roberto recula de quelques mètres puis prit appui.

Et d’un seul bond…

Il sauta vers un autre bâtiment dans l’obscurité.

Il disparut dans la nuit.

Krys s’approcha rapidement du bord du toit.

— Il s’est enfui…

Karl respirait fortement, encore sous l’effet du combat.

— Il reviendra.

Ayo arriva juste derrière eux, accompagnée de deux agents.

Elle observa la direction où Roberto avait disparu.

— On ne peut pas le laisser comme ça.

Karl serra son poing.

— Je vais le poursuivre cette nuit.

Ayo tourna immédiatement la tête vers lui.

— On vient avec toi.

Krys hocha lentement la tête.

— Cette fois… on termine ça ensemble.

Dans le silence de la nuit de Kandji, les trois silhouettes se préparèrent à plonger dans une traque qui allait devenir bien plus dangereuse que prévu.

Et quelque part dans l’ombre…

Roberto souriait déjà.

Chapitre 7 : La vérité éclate

Le restaurant était situé dans une zone assez calme de Kandji, loin du tumulte du centre-ville. À l’intérieur, quelques clients mangeaient tranquillement, sans imaginer ce qui allait se produire dans les minutes suivantes.

Krys, Karl et Ayo étaient installés dans un coin discret, près d’une sortie secondaire. Karl ne quittait pas l’entrée des yeux.

Son regard était fixe.

Froid.

— On l’attend, dit-il à voix basse. Quand il sortira, on le prend.

Krys et Ayo restèrent silencieux, concentrés.

Le temps passa lentement.

Puis…

La porte du restaurant s’ouvrit.

Roberto apparut.

Karl ne réfléchit pas une seconde.

Il se leva immédiatement et fonça.

— ROBERTO !!

Avant même que celui-ci ne comprenne ce qui se passait, Karl l’attrapa violemment par le col et le tira à l’extérieur.

Dans la ruelle à côté du restaurant, Karl lui enchaîna plusieurs coups de poing rapides au niveau du visage.

— Dis-moi la vérité !!

Roberto tenta de se protéger.

— Karl… ça suffit !

Mais Karl continua.

— Ce n’est pas moi qui suis derrière tout ça ! cria Roberto.

Karl s’arrêta net.

Krys et Ayo arrivèrent rapidement derrière eux.

Le silence tomba.

Karl serra encore le col de Roberto.

— C’est qui alors ?!

Roberto, essoufflé, le regard encore dur malgré les coups, répondit enfin :

— Antoine.

Un court silence glacé s’installa.

Krys fronça les sourcils.

— Antoine… ?

Roberto hocha légèrement la tête.

— Un ancien militaire.

Il reprit son souffle.

— Et comme je fais toujours le travail pour lequel on me paye… je suis passé à l’action.

Karl serra les dents.

Roberto continua, plus calmement :

— C’est parce que tu es mon frère que je n’ai pas envie de te toucher.

Ayo croisa les bras.

— Et où est cet Antoine ?

Roberto répondit sans hésiter :

— Au nord de la ville.

Krys échangea un regard rapide avec Karl.

Le danger venait clairement de monter d’un niveau.

Ayo prit une décision immédiate :

— Ok. Pour le moment, tu restes avec nous.

Roberto esquissa un léger sourire malgré les blessures.

— Je ne peux pas refuser… j’attendais ce moment.

Karl le relâcha légèrement, encore sous tension.

Krys regarda vers le nord de Kandji.

Un nouveau nom venait d’entrer dans l’histoire.

Et il sonnait plus dangereux que tout ce qu’ils avaient affronté jusqu’ici.

Chapitre 8 : L’ancien militaire

Au nord de Kandji, loin des quartiers animés et des zones commerciales, se trouvait une ancienne base désaffectée.

Les murs étaient fissurés, le métal rouillé, et les couloirs à moitié effondrés. Pourtant, à l’intérieur, la vie continuait.

Dans une grande salle transformée en centre de contrôle, plusieurs écrans étaient allumés. On y voyait différentes zones de la ville, y compris le centre universitaire et certaines routes principales.

Au milieu de la pièce, un homme était assis.

Silencieux.

Immobile.

C’était Antoine.

Ancien militaire.

Son regard était froid, calculateur, entraîné.

Autour de lui, quelques hommes s’activaient sans bruit. Ils exécutaient ses ordres sans discuter.

Antoine observait un écran où l’on voyait Krys, Karl et Ayo en déplacement.

Un léger sourire apparut sur son visage.

— Ils avancent… exactement comme prévu.

Un de ses hommes s’approcha.

— Chef… Roberto a été capturé. Ils l’ont avec eux.

Antoine ne réagit pas immédiatement.

Puis il répondit calmement :

— Il a joué son rôle.

L’homme hésita.

— On intervient maintenant ?

Antoine se leva lentement.

Il s’approcha d’une table où étaient posées plusieurs cartes de Kandji et de Nangbèdjè.

Il posa son doigt sur la zone nord.

— Non.

Il marqua une pause.

— Laissez-les venir.

Il tourna légèrement la tête vers un autre écran montrant une route isolée.

— S’ils arrivent jusqu’ici… alors ils comprendront enfin ce que signifie entrer dans une zone militaire.

Un silence lourd s’installa.

Puis il ajouta, presque pour lui-même :

— Krys… Karl… Ayo… vous pensez que vous chassez un homme.

Son regard devint encore plus dur.

— Mais en réalité… vous entrez dans une opération.

Il se retourna.

— Et une opération… se contrôle du début à la fin.

Au même moment, dans la ville de Kandji, les trois amis continuaient leur progression vers le nord.

Sans savoir que chaque mouvement… était déjà surveillé.

Et surtout… déjà anticipé.

Antoine serra lentement le poing.

— Laissez-les venir.

Chapitre 9 : Le chemin caché

La route vers le nord de Kandji devenait de plus en plus silencieuse.

Les bâtiments modernes laissaient peu à peu place à des zones abandonnées, des terrains vagues et des ruelles peu fréquentées. Le groupe avançait prudemment, chaque pas étant surveillé, même sans qu’ils ne le sachent encore.

Krys, Karl, Ayo et Roberto marchaient ensemble, mais la tension était visible.

Roberto s’arrêta brusquement près d’un carrefour désert.

Il observa les alentours, puis parla à voix basse :

— On descend ici. On passe de ce côté.

Karl fronça les sourcils.

— Pourquoi ?

Roberto répondit immédiatement :

— Si on va tout droit, il peut rapidement nous repérer. On descend ici. On doit passer par derrière.

Ayo observa Roberto avec méfiance, mais resta silencieuse.

Le groupe changea donc de direction, s’enfonçant dans une ruelle étroite entre deux vieux bâtiments.

Le silence était pesant.

Après quelques minutes de marche, Karl s’approcha brutalement de Roberto.

— Roberto… où tu as mis les étudiants que tu as enlevés ??

Roberto ne ralentit pas ses pas.

Il répondit simplement :

— Chez Antoine.

Un court silence s’installa.

Krys échangea un regard rapide avec Ayo.

Karl serra les dents.

— Donc ils sont encore vivants…

Roberto hocha légèrement la tête.

— Pour l’instant.

Ayo s’arrêta un instant.

— Et Antoine les garde pourquoi exactement ?

Roberto hésita une seconde avant de répondre :

— Je ne sais pas tout… mais je sais qu’il prépare quelque chose avec eux.

Le vent souffla entre les murs étroits de la ruelle.

Une sensation étrange s’installa.

Comme si la ville elle-même les observait.

Krys resserra la lanière de son sac.

— D’accord.

Il releva la tête.

— On avance !

Karl et Ayo acquiescèrent immédiatement.

Le groupe reprit la marche.

Mais au fond de la ruelle, quelque part dans l’ombre…

Une silhouette les suivait déjà à distance.

Et chaque pas qu’ils faisaient… les rapprochait un peu plus du piège d’Antoine.


 

Chapitre 10 : Zone rouge

Le nord de Kandji était plongé dans une ambiance inquiétante.

Plus le groupe avançait, plus les rues devenaient désertes. Certaines maisons semblaient abandonnées depuis des années. Les lampadaires clignotaient faiblement malgré la tombée de la nuit.

Même le vent semblait étrange dans cette partie de la ville.

Krys marchait en tête avec Karl pendant qu’Ayo surveillait l’arrière du groupe. Roberto, lui, connaissait clairement les lieux.

Il ralentit soudainement.

— À partir d’ici… on entre dans sa zone.

Karl regarda autour de lui.

— Sa zone ?

Roberto hocha lentement la tête.

— Antoine contrôle presque tout le nord. Ses hommes sont sûrement déjà en train de nous observer.

À peine avait-il terminé sa phrase…

Un bruit métallique résonna quelque part au-dessus d’eux.

CLANG !

Krys leva immédiatement la tête.

Des silhouettes venaient d’apparaître sur plusieurs toits.

Ayo recula légèrement.

— On est repérés…

Une voix grave résonna soudain dans la rue vide :

— Bienvenue au nord de Kandji.

Le groupe se retourna brusquement.

Au bout de la rue…

Antoine venait d’apparaître.

Grand. Calme. Droit comme un soldat.

Deux hommes armés se tenaient derrière lui.

Son regard était glacial.

Karl fit un pas en avant.

— Antoine.

L’ancien militaire fixa successivement Krys, Ayo… puis Roberto.

— Je vois que même toi, tu as fini par changer de camp.

Roberto resta silencieux.

Antoine esquissa un léger sourire froid.

— Intéressant.

Krys observa rapidement les alentours.

Les toits.

Les fenêtres.

Les ruelles.

Ils étaient encerclés.

Ayo murmura discrètement :

— Krys… ça sent le piège.

Antoine commença lentement à avancer vers eux.

— Vous êtes courageux… mais vous avez fait une énorme erreur.

Karl serra les poings.

— Libère les étudiants.

Antoine s’arrêta net.

Puis il éclata légèrement de rire.

Un rire calme… mais inquiétant.

— Vous pensez vraiment que cette histoire concerne seulement trois étudiants ?

Le silence tomba brutalement.

Le regard de Krys changea immédiatement.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

Antoine leva lentement les yeux vers les bâtiments autour d’eux.

— Kandji est malade.

Il fixa ensuite Karl droit dans les yeux.

— Et je vais nettoyer cette ville à ma manière.

À cet instant précis…

Toutes les lumières de la rue s’éteignirent brutalement.

L’obscurité envahit totalement la zone.

Puis des dizaines de lampes rouges s’allumèrent autour d’eux sur les toits.

Krys comprit immédiatement.

— On est complètement encerclés…

Et la voix d’Antoine résonna une dernière fois dans le noir :

— Bienvenue en zone rouge.

Chapitre 11 : Encerclement

Les lampes rouges illuminaient les toits du nord de Kandji.

Krys, Karl, Ayo et Roberto étaient immobiles au milieu de la rue sombre pendant que plusieurs silhouettes armées les encerclaient depuis les hauteurs.

L’atmosphère était devenue étouffante.

Antoine observait calmement le groupe.

Comme un commandant devant une opération déjà gagnée.

Karl fit un pas en avant.

— Tu crois vraiment qu’on va rester ici sans réagir ?

Antoine répondit froidement :

— Non. Je veux justement voir jusqu’où vous pouvez aller.

À cet instant…

Un bruit métallique retentit derrière Krys.

CLAC !

Des grilles venaient brutalement de tomber aux deux extrémités de la rue.

Ayo ouvrit immédiatement les yeux.

— Il vient de fermer la zone !

Krys regarda rapidement autour de lui.

— Il nous piège complètement…

Antoine leva lentement la main.

Et soudain…

Les hommes sur les toits commencèrent à descendre.

Karl serra les poings.

— Ça commence.

Le premier homme fonça vers Krys avec une barre métallique.

Krys esquiva immédiatement puis lui donna un violent coup au ventre avant de le projeter contre un mur.

Au même moment, deux autres hommes attaquèrent Ayo.

Elle recula rapidement puis frappa l’un au visage avec son coude avant de balayer les jambes du second.

Karl, lui, avançait directement vers Antoine.

Mais plusieurs hommes se placèrent devant lui.

— Écartez-vous ! cria Karl.

Un combat éclata dans toute la rue.

Les coups résonnaient contre les murs pendant que les lampes rouges continuaient de clignoter dans l’obscurité.

Roberto rejoignit finalement Karl dans le combat.

Karl tourna brusquement la tête vers lui.

— Tu combats avec nous maintenant ?

Roberto frappa violemment un homme avant de répondre :

— Antoine est devenu fou. Même moi je ne le reconnais plus.

Pendant ce temps…

Antoine restait immobile.

Il observait chaque mouvement.

Chaque attaque.

Chaque réaction.

Comme s’il analysait le trio.

Puis soudain…

Il parla calmement :

— Intéressant…

Krys repoussa un autre adversaire.

— Tu attends quoi ?!

Antoine fixa directement Krys.

— Je voulais simplement confirmer quelque chose.

Ayo fronça les sourcils.

— Quoi encore ?

Un léger sourire apparut sur le visage d’Antoine.

— Vous êtes réellement capables de devenir un problème pour moi.

Puis son regard devint froid.

Très froid.

— Alors il est temps de passer à l’étape suivante.

Il sortit lentement une télécommande de sa poche.

Krys remarqua immédiatement l’objet.

— Antoine… qu’est-ce que tu fais ?

Antoine appuya sur le bouton.

BOUM !!

Une explosion retentit soudainement dans un bâtiment voisin.

Le sol trembla brutalement.

Ayo perdit presque l’équilibre.

Karl leva immédiatement les yeux vers le bâtiment en feu.

Et Antoine déclara calmement :

— Ceci… n’était qu’un avertissement.


 

Chapitre 12 : Contre-attaque

Le bâtiment voisin continuait de brûler.

Des flammes éclairaient désormais toute la zone nord de Kandji pendant que la fumée montait lentement dans le ciel nocturne.

Après l’explosion, un court silence avait envahi la rue.

Puis les hommes d’Antoine attaquèrent de nouveau.

— Finissez-en avec eux ! cria l’un des assaillants.

Krys serra immédiatement les poings.

— Cette fois… on les arrête tous !

Un nouvel affrontement éclata brutalement.

Un homme fonça sur Krys avec une chaîne métallique. Krys esquiva rapidement puis lui donna un coup direct au visage avant de le projeter violemment contre une voiture abandonnée.

De son côté, Ayo combattait avec une précision impressionnante.

Elle évita plusieurs attaques successives avant de frapper deux hommes presque simultanément.

— Vous avez choisi le mauvais camp ! lança-t-elle.

Karl avançait comme une tempête au milieu des assaillants.

Sa colère contre Antoine semblait lui donner encore plus de force.

Un homme tenta de le retenir par derrière.

Karl le saisit immédiatement et le projeta brutalement au sol.

Roberto rejoignit ensuite Karl pour repousser plusieurs hommes qui arrivaient sur les côtés.

— À gauche ! cria Roberto.

Karl se retourna aussitôt et frappa un autre adversaire avant qu’il ne puisse attaquer.

Le combat devenait de plus en plus intense.

Mais peu à peu…

Les hommes d’Antoine commencèrent à tomber un à un.

Krys repoussa le dernier assaillant d’un violent coup d’épaule.

Le silence revint finalement dans la rue.

Tous les hommes d’Antoine étaient désormais au sol.

Essoufflés, Krys, Karl, Ayo et Roberto regardèrent rapidement autour d’eux.

Puis Karl comprit immédiatement quelque chose.

Son regard changea brusquement.

— Antoine…

Krys tourna rapidement la tête.

L’ancien militaire n’était plus là.

Ayo serra les dents.

— Il a fui.

Karl donna un coup de pied contre une caisse métallique sous la colère.

— Il était juste là !

Roberto observa les toits autour d’eux.

— Antoine prépare toujours une sortie avant chaque opération.

Krys regarda les flammes au loin.

— Donc il savait déjà qu’il pouvait perdre ce combat…

Ayo croisa lentement les bras.

— Ou alors ce combat n’était qu’une distraction.

Le silence tomba.

Cette phrase inquiéta immédiatement tout le groupe.

Karl releva lentement la tête.

— Les étudiants.

Krys ouvrit immédiatement les yeux.

— Antoine nous a occupés ici pendant qu’il faisait autre chose.

Roberto regarda vers une rue sombre menant plus profondément au nord.

Puis il parla d’une voix basse :

— Je crois savoir où il est parti…

Chapitre 13 : L’entrepôt

Le silence pesait lourd sur le nord de Kandji après le combat.

Les flammes de l’explosion continuaient d’éclairer faiblement les rues abandonnées, dessinant des ombres longues et inquiétantes sur les murs fissurés.

Krys, Karl, Ayo et Roberto avançaient prudemment, encore sur leurs gardes.

Karl s’arrêta soudainement.

Il plissa les yeux en regardant au loin.

Une vieille structure se dessinait à travers l’obscurité.

Un petit entrepôt isolé, entouré de grillages rouillés.

— Allons voir ce qu’il y a là-bas, dit Karl.

Krys suivit son regard.

Son expression changea immédiatement.

— Je pense que ce sont les étudiants pris en otage qui sont là-bas.

Ayo serra légèrement les poings.

— Allons alors.

Roberto observa l’endroit pendant quelques secondes, silencieux.

Puis il déclara calmement :

— Sortons nos armes en même temps.

Les quatre se regardèrent.

Un court instant de tension passa entre eux.

Puis lentement, ils sortirent chacun leurs armes et outils de combat.

Karl prit les devants.

— On y va ensemble. Pas de séparation.

Ils commencèrent à avancer vers l’entrepôt.

Plus ils s’approchaient, plus l’air devenait étrange.

Un calme trop parfait.

Pas un bruit.

Pas un mouvement.

Ayo ralentit légèrement.

— C’est trop silencieux…

Krys hocha la tête.

— Oui… c’est exactement ce qui me dérange.

Roberto fixa la porte métallique de l’entrepôt.

— Antoine aime toujours le silence avant une action.

Karl serra les dents.

— Alors il est sûrement à l’intérieur.

Ils s’arrêtèrent devant la grande porte rouillée.

Un vent froid passa entre eux.

Krys leva légèrement la tête.

— On entre ?

Karl hocha lentement la tête.

— On entre.

Roberto posa sa main sur la porte.

Puis, dans un dernier regard vers les autres…

— Après cette porte… soit on sort avec les étudiants… soit on ne sort pas du tout.

Silence.

Ayo inspira profondément.

— On n’a plus le choix.

Et Karl poussa la porte.


 

Chapitre 14 : Piège mécanique

La porte métallique grinça lourdement lorsque Karl la poussa.

Un bruit sec résonna dans tout l’entrepôt.

À l’intérieur, l’air était froid et chargé de poussière. Des néons faibles clignotaient au plafond, révélant une grande salle vide… sauf au centre.

Trois étudiants étaient ligotés sur des chaises.

Leur état était faible, mais ils étaient vivants.

Karl s’immobilisa immédiatement.

— Ils sont là…

Krys entra juste derrière lui, observant la scène avec attention.

Son regard devint immédiatement sérieux.

— Attention… Antoine ne va pas nous faciliter la tâche.

Il se tourna vers Karl.

— Karl, donne-moi cette pierre.

Karl le regarda rapidement, sans poser de questions, puis ramassa une petite pierre près de l’entrée et la tendit à Krys.

Krys lança la pierre à l’intérieur de la salle.

CLAC !

À peine la pierre toucha le sol…

Des tirs éclatèrent instantanément depuis le plafond.

TAK TAK TAK !

Les balles percèrent le sol et les murs autour d’eux.

Ayo recula rapidement.

— C’était un piège !

Karl leva les yeux immédiatement vers le haut de l’entrepôt.

— Regardez ! C’est de là que viennent les tirs !

Une forme métallique était fixée sur une structure au plafond.

Un robot sniper.

Automatisé.

Programmé pour tirer sur tout mouvement.

Roberto réagit immédiatement.

Sans hésiter, il sortit son arme et visa.

— Je m’en occupe.

BANG !

Un tir précis partit.

Le robot sniper explosa en morceaux métalliques.

Les tirs cessèrent instantanément.

Un silence lourd retomba dans l’entrepôt.

Krys expira légèrement.

— On n’a pas beaucoup de temps…

Karl fonça vers les étudiants.

Ayo et Roberto couvrirent les angles pendant qu’il coupait rapidement les cordes.

Un par un, les étudiants furent libérés.

Ils étaient choqués, fatigués, mais en vie.

Ayo les aida à se relever.

— Vous êtes en sécurité maintenant.

Krys observa rapidement les sorties de l’entrepôt.

— Antoine a prévu quelque chose de plus grand… je le sens.

Roberto rangea son arme.

— Oui… ce robot n’était qu’un avertissement.

Karl serra les dents.

— Alors où est-il ?

Un silence s’installa.

Puis…

Un petit bruit mécanique se fit entendre quelque part dans les murs.

CLINK…

Krys leva immédiatement la tête.

— On n’est pas seuls.

Et dans l’ombre de l’entrepôt quelque chose venait de se réactiver.

Chapitre 15 : Fuite du nord

Le petit bruit mécanique venait à peine de retentir dans les murs de l’entrepôt que Krys comprit immédiatement la situation.

— Il a encore activé quelque chose… vite !

Karl regarda les étudiants libérés.

— On ne reste pas ici !

Ayo aida le dernier étudiant à se relever pendant que Roberto surveillait les angles sombres de la salle.

— Bougez ! cria Roberto. Il va fermer l’entrepôt !

Dans un mouvement rapide, le groupe se dirigea vers la sortie.

Mais derrière eux, des systèmes mécaniques commencèrent à s’activer.

CLACK… CLACK…

Des verrous automatiques se déclenchaient sur certaines portes internes.

Krys fronça les sourcils.

— Il veut nous bloquer ici !

Karl serra les dents.

— Il sous-estime notre vitesse.

Sans hésiter, Roberto prit les devants.

— Par ici !

Il guida le groupe vers une sortie secondaire cachée derrière des caisses métalliques.

Ayo suivait les étudiants en les poussant doucement.

— Ne vous arrêtez pas !

Un des murs de l’entrepôt se referma brusquement derrière eux.

BOUM !

La poussière se souleva.

Mais ils étaient déjà passés.

Krys regarda derrière une dernière fois.

— Antoine…

Karl ne ralentit pas.

— On n’a pas fini avec lui.

Ils sortirent enfin de l’entrepôt par une petite porte arrière qui donnait sur une ruelle sombre du nord de Kandji.

Dehors, l’air était plus frais, mais la tension restait énorme.

Les étudiants furent rapidement regroupés et soutenus.

Ayo prit un instant pour vérifier leur état.

— Ils sont vivants… mais choqués.

Roberto observa le ciel sombre.

— Il va comprendre qu’on lui a échappé.

Krys resserra la lanière de son sac.

— Tant mieux. Qu’il sache qu’on ne fuit pas.

Karl regarda vers le nord, là où l’entrepôt se cachait dans l’obscurité.

— On revient au centre-ville. On sécurise les étudiants.

Le groupe commença à avancer rapidement dans les ruelles.

Ils s’éloignaient du nord.

Mais quelque part, derrière eux…

Les systèmes d’Antoine continuaient de s’activer.

Et dans une salle invisible au cœur de son réseau, une voix grave résonnait calmement :

— Ils ont réussi à sortir…

Un silence.

Puis Antoine ajouta :

— Très bien… phase suivante.


 

Chapitre 16 : Retour au calme

Le centre unitaire avait retrouvé une certaine activité après la mission au nord de Kandji. Les étudiants libérés étaient pris en charge, et les agents renforçaient la sécurité autour du bâtiment.

Dans une grande salle d’entraînement, Krys, Karl et Ayo étaient déjà en mouvement.

Le sol était recouvert de tapis de protection. Des mannequins d’entraînement étaient placés à différents points de la salle.

Krys enchaînait des mouvements rapides, précis, travaillant ses réflexes.

Karl, lui, frappait les cibles avec une intensité plus brute, comme s’il essayait de canaliser toute la tension accumulée contre Antoine.

Ayo observait parfois, corrigeant leurs positions quand nécessaire.

— Plus de contrôle dans tes attaques, Krys… tu vas trop vite sur certains enchaînements, dit-elle calmement.

Krys hocha la tête sans s’arrêter.

— Reçu.

Karl s’essuya le front.

— Moi, j’ai juste envie de retourner là-bas.

Ayo le regarda.

— Et mourir inutilement ?

Karl serra les dents mais ne répondit pas.

Dans un coin de la salle, Roberto était assis sur un banc métallique.

Silencieux.

Les bras croisés.

Il observait les trois avec attention, sans intervenir.

Son regard était difficile à lire.

Ni totalement allié… ni totalement détaché.

Krys s’arrêta un instant et le remarqua.

— Roberto, tu ne t’entraînes pas ?

Roberto leva légèrement les yeux.

— Je vous observe.

Karl tourna la tête.

— Tu n’as pas besoin de nous analyser comme ça.

Roberto esquissa un léger sourire.

— Vous n’avez pas encore compris contre qui vous vous battez vraiment.

Un silence s’installa.

Ayo s’approcha lentement.

— Explique-toi.

Roberto resta silencieux quelques secondes.

Puis il répondit calmement :

— Antoine n’a pas encore montré sa vraie méthode.

Krys fronça les sourcils.

— Sa vraie méthode ?

Roberto hocha légèrement la tête.

— Ce que vous avez vu jusqu’ici… c’est juste la surface.

Karl serra les poings.

— Alors qu’est-ce qu’il prépare encore ?

Roberto regarda un instant le sol avant de relever la tête.

— Quelque chose qui ne se combat pas seulement avec la force.

Un silence lourd s’installa dans la salle.

Même les coups sur les mannequins semblaient s’être arrêtés.

Ayo croisa les bras.

— Donc tu penses qu’il va changer de stratégie ?

Roberto répondit simplement :

— Il est déjà en train de le faire.

Krys échangea un regard avec Karl.

Et pour la première fois depuis le début de cette affaire…

Ils eurent tous le même sentiment.

La vraie guerre contre Antoine n’avait pas encore commencé.


 

Chapitre 17 : Retour au campus

Le matin s’installait doucement sur Kandji.

Au centre unitaire, l’ambiance était plus calme que les jours précédents, mais la tension n’avait pas totalement disparu. L’affaire Antoine restait dans tous les esprits.

Dans une petite chambre du centre, Krys était déjà prêt. Sac sur le dos, regard concentré.

Karl, lui, était encore en train de finir de se préparer, visiblement fatigué par les entraînements des derniers jours.

Krys le fixa quelques secondes avant de parler :

— Karl, réveille-toi ! On y va !

Karl soupira, puis attrapa son sac.

— Ok… encore une autre aventure…

Il marqua une pause en ajustant ses affaires.

— N’oublions pas que cet Antoine peut venir vers nous.

Ayo, déjà prête près de la porte, hocha la tête.

— C’est justement pour ça qu’on ne baisse pas la garde.

Karl regarda un instant le couloir.

— Même si on sera sur le campus, on doit toujours veiller sur le centre unitaire de loin.

Krys acquiesça.

— Et surtout surveiller les mouvements du nord.

Un silence bref passa entre eux.

Puis Ayo ouvrit la marche.

— On reprend une vie normale… mais pas une vie tranquille.

Les trois sortirent du centre unitaire.

Dehors, Kandji reprenait son rythme habituel : étudiants, motos, vendeurs, bruit de la ville.

Mais pour eux…

Rien n’était vraiment normal.

Krys ajusta la sangle de son sac.

— Allons au campus.

Karl regarda la route devant eux.

— Et restons prêts.

Ayo conclut simplement :

— Antoine ne va pas rester silencieux longtemps.

Ils avancèrent ensemble vers le campus.

Et derrière eux, le centre unitaire semblait calme…

Mais quelque part, dans les systèmes de surveillance encore actifs…

Une activité inconnue venait de réapparaître.

Chapitre 18 : Un moment de pause

Le campus de Kandji reprenait doucement son rythme habituel.

Entre les allées bordées d’arbres et les bancs dispersés, quelques étudiants discutaient, riaient ou révisaient. Malgré l’histoire récente des disparitions, la vie semblait vouloir continuer.

Dans un jardin calme du campus, Krys et Karl étaient installés à l’ombre d’un grand arbre.

Deux verres de jus de fruit posés sur la table en bois devant eux.

Pour une fois… l’ambiance était plus légère.

Krys observa un moment le mouvement des étudiants autour d’eux avant de parler :

— Karl… cette année, on se concentre sur les études malgré tout.

Karl hocha lentement la tête.

— On va faire de notre mieux. Dieu va nous aider.

Krys prit une gorgée de son jus, puis répondit calmement :

— Oui… Dieu est au contrôle.

Un court silence passa entre eux.

On entendait le vent léger traverser les feuilles au-dessus d’eux.

Krys se redressa légèrement.

— On entre au dortoir pour s’apprêter pour demain.

Karl posa son verre sur la table.

Il avait déjà l’air fatigué.

— Moi je vais encore dormir.

Krys le regarda avec un léger sourire.

— Tu ne changes jamais.

Karl se leva en étirant ses bras.

— Le sommeil, c’est aussi une stratégie.

Ils récupérèrent leurs affaires.

Autour d’eux, le campus continuait de vivre normalement.

Mais au loin…

Un étudiant passa en parlant doucement au téléphone.

— Oui… encore des rumeurs sur le nord de Kandji…

Krys entendit vaguement ces mots mais ne réagit pas immédiatement.

Karl, lui, s’arrêta une seconde.

Son regard changea légèrement.

Mais il finit par reprendre sa marche.

— On va au dortoir.

Krys acquiesça.

— Oui.

Et ils quittèrent le jardin.

Pendant que le campus semblait calme…

Quelque part, dans l’ombre des réseaux de Kandji, une nouvelle information venait de circuler.

Et cette information… portait encore le nom d’Antoine.


 

Chapitre 19 : Le message

La salle de cours était silencieuse, seulement rythmée par la voix du professeur et le grattement des stylos sur les cahiers.

Krys et Karl étaient assis côte à côte, concentrés malgré leurs pensées ailleurs. Le cours durait depuis plusieurs heures, dense et fatigant.

Le professeur termina enfin son explication et rangea ses notes.

— Et c’est terminé pour la séance d’aujourd’hui. Faites l’exercice.

Un léger mouvement de soulagement parcourut la salle.

Les étudiants commencèrent à ranger leurs affaires.

Krys et Karl firent de même, sans se presser.

À la sortie de la salle, le couloir du campus était animé. Les étudiants discutaient en groupes, certains riaient, d’autres parlaient déjà des prochains cours.

Krys et Karl marchaient ensemble, légèrement en retrait.

Un silence s’installa entre eux.

Puis Karl le brisa.

— Roberto vient de m’envoyer un message.

Krys tourna immédiatement la tête.

Karl continua, plus sérieux :

— Il a dit que Antoine s’apprête à nous attaquer.

Le visage de Krys se durcit.

Avant même qu’il ne réponde, son téléphone vibra.

Il le sortit rapidement, lut le message, puis hocha la tête.

— Ayo vient de m’envoyer un message en disant la même chose.

Karl serra légèrement les dents.

Le bruit du campus sembla soudain plus lointain.

— On prévient le commissaire, dit Karl.

Krys acquiesça immédiatement.

— Oui. On ne reste pas seuls dans ça.

Ils accélérèrent légèrement le pas, quittant le couloir pour rejoindre une zone plus calme du campus.

Karl regarda autour de lui.

— Si Antoine attaque maintenant… c’est qu’il a déjà préparé quelque chose de gros.

Krys répondit sans hésiter :

— Alors on doit être encore plus prêts que lui.

Ils continuèrent à marcher.

Mais dans leur esprit, une chose était claire :

La paix du campus venait de se terminer.

Chapitre 20 : Dernière épreuve

Deux mois plus tard…

Le campus de Kandji était en pleine période de composition.

Depuis plusieurs semaines, les étudiants vivaient presque uniquement entre les salles de cours, les bibliothèques et les dortoirs. Même Krys, Karl et Ayo avaient été obligés de ralentir leurs activités autour d’Antoine pour se concentrer sur les examens.

Ce matin-là marquait le dernier jour des compositions du premier semestre.

Les étudiants sortaient progressivement des salles, certains soulagés, d’autres déjà stressés pour les résultats.

Krys et Karl quittèrent eux aussi leur salle de composition avec leurs sacs sur les épaules.

Karl avait l’air particulièrement inquiet.

Il passa sa main derrière sa tête avant de souffler :

— Je crains cette dernière matière qu’on vient de composer.

Krys éclata légèrement de rire.

Karl continua :

— Pourvu que ce Docteur me donne dix. Là je vais valider tout le premier semestre.

Il soupira longuement.

— Je n’aime pas les rattrapages.

Krys secoua doucement la tête avec un sourire moqueur.

— Il fallait bien réviser tes cours… gros flemmard.

Karl s’arrêta immédiatement de marcher.

Il tourna lentement la tête vers Krys.

— Il semble que tu as envie de perdre une de tes dents.

Krys éclata de rire.

— Tu menaces maintenant ?

Karl leva légèrement le poing avec un faux regard sérieux.

— Fais attention à toi.

Les deux amis continuèrent à marcher dans les couloirs du campus au milieu des autres étudiants.

Pour la première fois depuis longtemps…

Ils avaient presque l’air de deux étudiants normaux.

Sans guerre.

Sans poursuite.

Sans explosions.

Mais cette tranquillité ne dura pas longtemps.

Le téléphone de Karl vibra soudainement.

Son sourire disparut immédiatement.

Krys remarqua aussitôt le changement.

— Encore Roberto ?

Karl regarda lentement l’écran.

Puis son visage se durcit complètement.

— Non…

Krys fronça les sourcils.

— Alors qui ?

Karl releva lentement les yeux.

— Antoine.

Chapitre 21 : Retour du chaos

Le couloir du campus était encore animé après les compositions.

Des étudiants riaient, d’autres parlaient déjà des vacances qui approchaient. L’ambiance semblait normale.

Mais pour Krys et Karl…

Tout venait de changer.

Karl regardait toujours son téléphone, le visage fermé.

Krys s’approcha légèrement.

— Qu’est-ce qu’il veut ?

Karl releva lentement les yeux.

— Krys… nous devons rester ici pour voir ce qui va se passer.

Krys fronça les sourcils.

Karl continua d’une voix sérieuse :

— Antoine a sûrement envoyé ses hommes pour enlever d’autres étudiants.

À peine avait-il terminé sa phrase…

Des cris éclatèrent dans le jardin principal du campus.

— Hé !! Qui êtes-vous ?!

Krys et Karl tournèrent immédiatement la tête.

Plusieurs hommes masqués venaient de surgir dans le jardin.

Ils se dirigeaient violemment vers un groupe d’étudiants assis près des arbres.

La panique éclata instantanément.

Les étudiants commencèrent à courir dans tous les sens.

Karl serra les poings.

— Je le savais.

Sans hésiter, Krys et Karl foncèrent vers le jardin.

Un des hommes masqués attrapa brutalement un étudiant par le bras.

Mais avant qu’il ne puisse aller plus loin…

Krys lui donna un violent coup qui le projeta au sol.

— Touchez encore un étudiant pour voir !

Au même moment, Karl attaqua deux autres hommes.

Les coups s’enchaînèrent rapidement dans le jardin du campus.

Les étudiants observaient la scène avec peur.

Ayo, qui venait justement d’arriver dans la zone, comprit immédiatement la situation.

— Encore les hommes d’Antoine…

Elle rejoignit directement le combat.

Les hommes masqués tentèrent de résister, mais Krys, Karl et Ayo étaient largement plus organisés.

Un à un, les assaillants tombèrent au sol.

Karl immobilisa le dernier homme contre un banc.

— Qui vous a envoyés ?!

Mais l’homme resta silencieux.

Quelques secondes plus tard…

Des sirènes de police résonnèrent dans le campus.

Plusieurs véhicules arrivèrent rapidement près du jardin.

Les policiers descendirent immédiatement.

— Écartez-vous !

Les hommes masqués furent arrêtés puis embarqués sous les regards choqués des étudiants.

Le jardin retrouva peu à peu son calme.

Mais Karl fixait encore le dernier homme arrêté.

Son regard était froid.

Très froid.

Krys s’approcha de lui.

— Antoine teste encore nos réactions.

Karl hocha lentement la tête.

— Oui… et ça veut dire qu’il prépare quelque chose de plus grand.

Au loin, les policiers quittaient déjà le campus avec les assaillants.

Mais quelque part dans Kandji…

Antoine venait sûrement d’observer toute la scène.


 

Chapitre 22 : L’enlèvement

Le campus était désormais en congé.

Les compositions du premier semestre étaient terminées, et les étudiants attendaient maintenant les résultats avec impatience ou inquiétude.

Ce jour-là, Krys et Karl avaient quitté le campus pour marcher un peu dans Kandji afin de se changer les idées.

Les rues étaient animées comme d’habitude. Les motos traversaient les avenues, les vendeurs criaient leurs prix, et plusieurs jeunes profitaient déjà de leurs vacances.

Mais plus ils avançaient…

Plus les rues devenaient calmes.

Ils finirent par arriver dans un coin reculé de la ville.

Un endroit presque abandonné.

Krys ralentit légèrement.

— Ce coin est bizarre…

Karl observait déjà les alentours avec méfiance.

Puis soudain…

Une silhouette apparut devant eux.

Antoine.

Et derrière lui…

Vingt hommes armés.

Le regard de Karl changea immédiatement.

Antoine esquissa un léger sourire froid.

— Cette fois-ci… je finis avec vous.

Il leva légèrement la main.

— Attaquez-les !

Sans attendre une seconde, les vingt hommes foncèrent.

— COURS ! cria Karl.

Krys et Karl partirent immédiatement en courant dans les ruelles du quartier abandonné pendant que les hommes les poursuivaient.

Les bruits de pas résonnaient derrière eux.

Krys regarda rapidement autour de lui.

Puis il aperçut un vieux garage abandonné.

— Là-bas !

Les deux amis entrèrent rapidement dans le bâtiment poussiéreux et sombre.

Ils se cachèrent derrière plusieurs carcasses de voitures rouillées.

Quelques secondes plus tard…

Les hommes d’Antoine pénétrèrent dans le garage.

— Fouillez partout !

Le silence tomba.

Puis…

SHHHK !

Krys lança soudain cinq couteaux.

Les lames traversèrent l’obscurité et atteignirent directement le ventre de cinq hommes.

— AAAAH !!

Ils tombèrent immédiatement au sol.

Karl surgit à son tour.

SHHHK !

Cinq autres couteaux partirent presque simultanément.

Cette fois, les lames atteignirent le cou de cinq assaillants.

Le chaos éclata dans le garage.

Il ne restait plus que dix hommes.

Krys et Karl sortirent brusquement de leur cachette.

— Maintenant ! cria Karl.

Le combat commença immédiatement.

Les coups résonnaient entre les voitures abandonnées.

Karl affrontait cinq hommes à lui seul.

Malgré leur nombre, il réussit à les repousser avec une violence impressionnante.

Un à un, ses adversaires tombèrent au sol.

De son côté, Krys frappait rapidement trois hommes successivement.

Mais les deux derniers réussirent à le surprendre.

BAM !

Un coup violent atteignit son visage.

Puis un autre le projeta contre une voiture rouillée.

— Krys ! cria Karl.

Il voulut courir vers lui.

Mais à cet instant précis…

Une autre voiture surgit brutalement devant le garage.

Les portières s’ouvrirent immédiatement.

Plusieurs hommes sortirent et attrapèrent Karl de force.

— LÂCHEZ-MOI !!

Karl se débattait violemment.

Krys tenta de se relever malgré la douleur.

— KARL !!

Mais les hommes poussèrent Karl dans le véhicule.

La voiture démarra brutalement et disparut dans la rue.

Le silence retomba dans le garage détruit.

Krys, encore à terre, serra les poings de rage.

Puis il hurla :

— ENFOIRÉS !!

Chapitre 23 : Seul face au vide

La poussière du vieux garage n’était pas encore totalement retombée.

Krys était toujours à terre, le souffle court, le regard figé vers la rue par laquelle la voiture avait disparu.

Le bruit du moteur s’était éloigné…

Puis plus rien.

Juste le silence.

Un silence lourd.

Presque écrasant.

Krys serra lentement les poings.

Ses bras tremblaient légèrement.

— Karl…

Il se releva difficilement, encore marqué par les coups reçus pendant le combat.

Ses yeux balayaient la rue vide.

Aucune trace.

Aucun signe.

Comme si Karl n’avait jamais été là.

Krys frappa violemment le sol.

— NON !!

Un bruit sec résonna dans le garage abandonné.

Il respira fortement, essayant de se calmer, mais la colère montait.

Puis son téléphone vibra.

Ayo.

Krys décrocha immédiatement.

— Ayo…

De l’autre côté, la voix d’Ayo était rapide, inquiète.

— Krys ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Karl ne répond plus !

Krys ferma les yeux un instant.

Puis il répondit d’une voix basse :

— Ils l’ont pris.

Un silence tomba à l’autre bout du fil.

Ayo reprit doucement :

— Antoine ?

Krys serra les dents.

— Oui.

Le silence dura encore quelques secondes.

Puis Ayo parla avec fermeté :

— Reste où tu es. J’arrive.

Krys regarda la rue une dernière fois.

Son regard avait changé.

Plus calme.

Mais beaucoup plus dangereux.

— Non…

Ayo hésita.

— Quoi ?

Krys se redressa complètement.

— Cette fois… c’est moi qui viens.

Il raccrocha.

Le vent souffla dans le garage vide.

Krys ramassa lentement ses affaires.

Ses yeux fixaient toujours la direction où Karl avait été emporté.

Et dans sa tête, une seule pensée tournait en boucle :

Antoine… tu as fait une erreur.

Il sortit du garage.

Seul.

Mais plus déterminé que jamais.

Chapitre 24 : La traque de Krys

Le ciel de Kandji s’assombrissait doucement.

Krys marchait seul dans les rues, le regard dur, le pas rapide. Son sac était serré contre son épaule, mais son esprit était ailleurs.

Karl.

Chaque seconde comptait désormais.

Il s’arrêta un instant au croisement de deux rues désertes.

Son téléphone à la main.

Aucun message.

Aucune localisation.

Rien.

— Ils ont dû l’emmener loin… murmura-t-il.

Il reprit sa marche.

Plus il avançait, plus il quittait les zones connues pour entrer dans des quartiers abandonnés, presque oubliés de la ville.

Des murs fissurés.

Des bâtiments silencieux.

Des rues sans vie.

Krys s’arrêta devant une ancienne route industrielle.

Il observa les traces au sol.

Des pneus récents.

Des empreintes.

— Ils sont passés par ici…

Il s’accroupit et toucha légèrement la poussière.

Puis il se releva lentement.

— Antoine…

Sa voix était basse, contrôlée.

Mais pleine de tension.

Il continua d’avancer.

Quelques minutes plus tard, il arriva près d’une zone plus isolée encore.

Un ancien complexe industriel.

Clôtures cassées.

Portes métalliques rouillées.

Aucune lumière.

Mais Krys s’arrêta immédiatement.

Quelque chose clochait.

Un silence trop parfait.

Il posa la main sur son sac.

Puis murmura :

— Je suis proche…

Soudain…

Un bruit métallique retentit derrière lui.

CLANG.

Krys se retourna immédiatement.

Rien.

Mais il savait.

Il n’était plus seul.

Une voix résonna doucement dans l’obscurité :

— Tu es venu seul… comme prévu.

Krys serra les poings.

— Antoine…

Des pas se firent entendre autour de lui.

Lentement.

Méthodiquement.

Il était encerclé.

Et pour la première fois depuis longtemps…

Krys comprit qu’il venait d’entrer exactement là où Antoine voulait.


 

Chapitre 25 : Le retour du duo

Le complexe industriel était devenu un champ de bataille.

Krys était encerclé par une trentaine d’hommes. Le silence avait disparu, remplacé par le bruit des pas, des cris et des attaques coordonnées.

Ils foncèrent tous en même temps.

Krys serra les dents.

— Trop nombreux…

Le premier coup arriva rapidement. Il esquiva, puis contre-attaqua avec violence. Un homme tomba.

Puis deux.

Puis trois.

Krys bougeait vite, enchaînant les mouvements malgré la fatigue. Les coups pleuvaient aussi sur lui, mais il continuait d’avancer.

— Je ne peux pas tomber ici…

Il frappa un groupe entier, utilisant les murs et les objets autour de lui pour les projeter au sol.

Un à un… les trente hommes furent tous mis à terre.

Krys respirait fortement, debout au milieu du chaos.

Mais soudain…

Une voix calme résonna derrière lui.

— Impressionnant !

Krys se retourna lentement.

Antoine.

Il avançait tranquillement, comme s’il avait attendu ce moment.

— Maintenant c’est à mon tour.

Krys se redressa légèrement.

— Antoine…

Ce dernier sourit froidement.

— Tu n’as plus assez d’énergie.

Il fonça soudain.

BAM !

Un coup violent atteignit le visage de Krys.

Krys recula puis tomba lourdement au sol.

— Krys !

Karl venait d’arriver.

Il fonça immédiatement sur Antoine.

— TOI !!

Karl frappa Antoine avec une rage explosive.

Coup après coup.

Directement au visage.

BAM ! BAM !

Antoine recula sous la puissance des attaques.

Karl ne s’arrêtait pas.

Puis un dernier coup plus violent encore.

CRACK !

Antoine perdit plusieurs dents sous l’impact.

Son sourire disparut immédiatement.

Karl enchaîna en le saisissant par le cou.

Il l’étrangla avec force jusqu’à ce qu’Antoine commence à perdre l’équilibre.

Puis…

THUD.

Antoine s’effondra au sol.

Silence.

Karl respira fortement puis se tourna vers Krys.

— Krys… c’est fini. Quittons ici.

Krys se releva lentement, encore choqué.

— Comment tu as fait pour venir me trouver ici ?

Karl répondit simplement :

— J’ai fini avec les cinq hommes qui m’avaient embarqué.

Il jeta un regard rapide autour de lui.

— C’est fini… allons au centre unitaire.

Krys hocha la tête.

— On ira panser nos plaies d’abord.

Les deux amis se soutinrent légèrement et commencèrent à quitter le complexe.

Derrière eux, Antoine était au sol.

Immobilisé.

Mais encore vivant.

Et dans le silence du bâtiment…

Personne ne savait encore si la guerre était réellement terminée.


 

Chapitre 26 : La chute d’Antoine

Le silence retomba dans le complexe industriel.

Krys et Karl avaient déjà fait quelques pas vers la sortie, encore essoufflés par le combat. La poussière flottait dans l’air, et les corps des hommes d’Antoine jonchaient le sol.

Derrière eux, Antoine était immobile.

Karl ralentit légèrement.

— On devrait partir vite…

Mais soudain…

Un bruit sec.

CLACK.

Antoine bougea.

Krys se retourna immédiatement.

— Attention !

Antoine s’était relevé, difficilement, le regard rempli de rage. Son visage était marqué par les coups, mais sa détermination était intacte.

Sans perdre une seconde, il sortit un pistolet.

— Vous avez cru que c’était fini…

BANG !

Le tir partit directement vers Karl.

Krys réagit instantanément.

Il poussa Karl de toutes ses forces.

— KARL !!

Le tir passa à quelques centimètres.

Karl tomba au sol, choqué.

— Krys !!

Antoine arma immédiatement un second tir.

Mais Krys avait déjà agi.

En un mouvement rapide, il sortit un couteau.

Puis il le lança.

SHHHK !

Le couteau traversa l’air.

Et atteignit directement le cou d’Antoine.

Le temps sembla se figer.

Antoine ouvrit grand les yeux.

Le sang commença à couler rapidement, de plus en plus abondamment.

Il lâcha son arme.

Puis tomba à genoux.

Krys resta immobile, le regard fixe.

Karl se releva lentement.

Antoine essaya de parler, mais aucun son clair ne sortit.

Puis…

THUD.

Il s’effondra définitivement au sol.

Le silence envahit le complexe.

Karl regarda la scène, encore sous le choc.

— C’est terminé…

Krys ne répondit pas immédiatement.

Il observait Antoine, immobile.

Puis il murmura simplement :

— Oui… c’est terminé.

Un vent froid traversa le bâtiment.

Et pour la première fois depuis longtemps…

Kandji n’entendait plus le nom d’Antoine.


 

Chapitre 27 : Après la tempête

Le centre unitaire de Kandji retrouvait enfin une atmosphère plus calme.

Après les événements avec Antoine, les mesures de sécurité avaient été renforcées, mais l’ambiance était redevenue presque normale. Les agents circulaient sans urgence, et les salles de repos étaient de nouveau accessibles.

Dans une salle commune, Krys, Karl, Ayo et Roberto étaient réunis.

Pour la première fois depuis longtemps, ils respiraient un peu.

Ayo regarda Krys puis Karl avec un léger sourire.

— Vous avez montré que vous restez un duo imbattable.

Krys hocha la tête.

— Ce n’est pas un jeu d’enfant.

Karl, assis nonchalamment sur une chaise, étira ses bras.

— Et si on part prendre de la bière à côté…

Roberto le coupa immédiatement, avec un petit sourire.

— Et c’est toi qui vas gérer la facture.

Karl se redressa aussitôt.

— Ayo va gérer. Elle est la plus riche ici.

Ayo ouvrit grand les yeux.

— Tu racontes quoi ??

Krys éclata légèrement de rire.

— C’est bon ! Les résultats sont déjà disponibles.

Karl se tourna vers lui.

— Donc j’ai tout validé ?

Krys hocha la tête.

— Oui.

Un silence de satisfaction passa entre eux.

Karl soupira.

— Enfin… terminé avec le semestre 5.

Krys reprit calmement :

— On pense déjà au semestre 6.

Karl sourit légèrement.

— On vient de finir et tu veux déjà m’angoisser.

Roberto, appuyé contre le mur, observa le groupe puis prit la parole :

— Les gars… demain je vous invite à venir suivre un match de football au stade.

Ayo acquiesça.

— Ça nous fera du bien.

Karl sourit.

— Enfin un truc normal.

Krys regarda un instant autour de lui.

Pour une fois…

Il n’y avait ni course, ni combat, ni alarme.

Juste des amis.

Mais au fond…

Ils savaient tous que dans leur monde…

Le calme ne durait jamais longtemps.


 

Chapitre 28 : L’attaque du stade

Le stade de Kandji vibrait encore sous les cris des supporters.

Le match venait d’être intense, rythmé, avec une ambiance électrique du début à la fin. Dans les tribunes, Krys, Karl, Ayo et Roberto avaient profité du moment comme de simples spectateurs.

Pour une fois, ils n’étaient ni poursuivis, ni en mission.

Juste… présents.

Karl regardait encore le terrain avec un sourire.

— Quel joli but !

Ayo hocha la tête.

— Le match était vraiment bon.

Roberto rangea calmement ses affaires.

— Ça fait du bien de voir autre chose que des problèmes.

Krys resta silencieux un instant, observant les joueurs quitter le terrain.

Puis l’arbitre siffla la fin du match.

PIIIII !

Les spectateurs commencèrent à quitter progressivement les gradins.

Le groupe descendit à son tour et sortit du stade.

Dehors, la foule était dense, les routes animées, les véhicules nombreux.

Ils marchaient tranquillement sur le trottoir.

Karl était encore détendu.

— Franchement, ça devrait être comme ça tous les jours.

Mais soudain…

Une voiture noire arriva à grande vitesse.

Elle se plaça brutalement en travers de leur chemin.

SKRRRT !

Le groupe s’arrêta net.

La portière s’ouvrit.

Dix hommes armés sortirent rapidement.

Ils pointèrent immédiatement leurs armes vers eux.

— LES MAINS EN L’AIR !

Le silence tomba dans la rue.

Les passants commencèrent à reculer.

Ayo fronça les sourcils.

— Encore eux…

Mais Karl n’attendit pas.

En un mouvement rapide et précis, il sortit ses couteaux.

SHHHK !

Cinq couteaux furent lancés instantanément.

Ils atteignirent les bras droits de cinq hommes, les forçant à lâcher leurs armes.

— AAAH !!

Krys réagit immédiatement.

Il enchaîna lui aussi avec une série de mouvements rapides.

SHHHK ! SHHHK !

Plusieurs adversaires furent désarmés avant même de comprendre ce qui se passait.

Ayo et Roberto entrèrent ensuite dans l’action, couvrant les côtés et empêchant toute contre-attaque.

Le combat devint brutal et rapide.

En quelques instants…

Les dix hommes furent mis à terre.

Silence.

Seuls les bruits de la circulation au loin restaient audibles.

Mais avant que le groupe ne puisse réagir davantage…

Le chauffeur, resté dans la voiture noire, démarra en trombe.

VROOOOM !

Et la voiture disparut dans la circulation.

Les hommes au sol se relevèrent difficilement.

Puis, sans attendre, ils prirent la fuite en courant.

Krys observa la scène, méfiant.

— Ce n’était pas une attaque normale…

Karl rangea lentement ses armes.

— Non… ils testaient quelque chose.

Ayo regarda la route où la voiture avait disparu.

— Ou quelqu’un les contrôle à distance.

Un silence lourd s’installa.

Et dans la ville de Kandji…

Quelqu’un venait clairement de les observer encore une fois.


 

Chapitre 29 : Gabriel

La soirée était tombée sur Kandji.

Krys et Karl marchaient seuls dans une rue un peu isolée, loin du bruit du centre-ville. Ils étaient sortis simplement pour aller manger quelque chose après une journée plutôt calme.

Mais depuis quelques minutes…

Krys n’était pas tranquille.

Il ralentit légèrement.

— Je sens que quelque chose veut se passer ici. Arrêtons-nous d’abord.

Karl le regarda.

— Tu es sûr ?

Krys observa rapidement les alentours.

— Oui. Prenons par ici et cachons-nous ici.

Ils se glissèrent discrètement derrière un ancien mur en béton, partiellement détruit, et restèrent silencieux.

À peine quelques secondes plus tard…

Deux voitures noires aux vitres fumées arrivèrent dans la rue.

Elles s’arrêtèrent net.

CLAC.

Les portières s’ouvrirent.

Des hommes entièrement vêtus de noir sortirent rapidement.

Le chef avança de quelques pas.

Sa voix résonna dans la rue vide.

— Les gars, sortez !

Il regarda autour de lui.

— Vous pensez que c’est fini ??

Son regard devint plus dur.

— Moi Gabriel, je ne peux pas me taire sur la mort d’Antoine. Je dois vous le faire payer !

Il leva légèrement la main.

— Sortez d’ici !

Krys et Karl restèrent silencieux derrière leur cachette.

Karl sortit lentement une grenade de son sac.

Krys le regarda immédiatement.

Karl chuchota :

— On ne discute pas avec eux.

Il dégoupilla la grenade.

CLINK.

Puis la lança directement vers les hommes.

La grenade tomba au sol.

Gabriel la vit immédiatement.

— ATTENTION !!

Il recula en courant.

BOOM !!

L’explosion éclata dans la rue, soulevant poussière et débris.

Les hommes furent dispersés dans toutes les directions.

Quand la fumée se dissipa…

Gabriel n’était plus là.

Karl regarda autour de lui.

— Il s’est échappé…

Krys serra légèrement les dents.

— Donc Antoine n’était pas le dernier problème…

Le silence retomba dans la rue.

Et quelque part dans la nuit de Kandji…

Gabriel venait de disparaître… emportant avec lui une nouvelle menace.

Chapitre 30 : Assaut sur le centre unitaire

La nuit venait à peine de tomber sur le centre unitaire de Kandji lorsque l’alerte retentit.

Des mouvements suspects avaient été signalés aux abords du bâtiment… mais personne n’avait encore anticipé une attaque aussi massive.

Soudain…

Des tirs éclatèrent.

TAK TAK TAK !!

Les vitres tremblèrent.

Les agents du centre se mirent immédiatement en position.

Krys, Karl et Ayo, déjà présents sur place, réagirent instantanément.

— Ils sont là ! cria un agent.

Krys dégaina rapidement.

— Ne cédez pas !

Karl se plaça derrière une colonne de protection.

— On répond au feu !

Les échanges de tirs commencèrent à s’intensifier autour du centre unitaire.

Les hommes de Gabriel avançaient en formation, cherchant à pénétrer le périmètre.

Mais la riposte était immédiate.

TAK ! TAK !

Les assaillants commençaient à tomber.

Ayo, positionnée sur le côté du bâtiment, assurait une couverture précise.

Mais soudain…

— Je suis touchée ! cria-t-elle. Je répète : je suis touchée !

Karl se retourna immédiatement.

— AYO !!

Il courut vers elle sans hésiter et la releva rapidement.

— Attache le bras ! dit-il fermement. Ça va arrêter l’hémorragie !

Ayo grimaça mais resta consciente.

— Ça va… je tiens…

Krys continuait de tirer avec les agents, repoussant les assaillants.

Les hommes de Gabriel commençaient à reculer sous la pression.

Un à un, plusieurs tombèrent.

Mais le combat était loin d’être terminé.

— Ils arrivent encore ! cria un agent.

De nouveaux groupes d’assaillants apparaissaient.

Karl serra les dents.

— Krys ! On passe par derrière pour vider les lieux. Sinon on ne s’en sortira pas avec ce nombre !

Krys hocha immédiatement la tête.

— On y va !

Le duo se repositionna rapidement pendant que les agents continuaient de maintenir la ligne.

Mais au moment critique…

Des sirènes retentirent.

WIIIIIUUUU !

Des véhicules de police et des unités militaires arrivèrent en renfort.

Roberto était à leur tête.

Les forces armées se déployèrent immédiatement et prirent le contrôle de la zone.

Les hommes de Gabriel furent rapidement submergés.

— Posez vos armes ! cria un officier.

Les derniers assaillants furent maîtrisés.

Le calme revint peu à peu autour du centre unitaire.

Gabriel, lui, fut arrêté et menotté.

Roberto s’approcha lentement de lui.

Gabriel le regarda avec haine.

Roberto parla calmement :

— La vengeance est un plat qui se mange froid.

Il fit un léger sourire.

— Toi, tu es venu trop chaud pour nous attaquer.

Gabriel serra les dents.

Roberto continua :

— Ce que tu ne sais pas… c’est que je ne suis plus du côté d’Antoine.

Silence.

Gabriel comprit trop tard.

Roberto ajouta :

— Tu m’as appelé en renfort sans bien te renseigner.

Il se pencha légèrement.

— Gabriel… bonne perpétuité en prison.

Petit sourire.

— Je viendrai te visiter parfois… en t’apportant de la bière fraîche.

Les policiers embarquèrent Gabriel.

Les véhicules quittèrent progressivement la zone.

Krys regarda Ayo, toujours blessée mais stable.

Karl souffla lentement.

— C’était trop proche…

Le centre unitaire retrouvait enfin le calme.

Mais tous le savaient désormais…

Cette guerre n’était pas encore totalement terminée.


 

Chapitre 31 : Le calme après la tempête

Le jardin était paisible.

Les arbres bougeaient doucement sous le vent, et les bruits de la ville semblaient loin, presque irréels après tout ce qui venait de se passer au centre unitaire.

Krys et Karl étaient assis sur un banc, pour la première fois depuis longtemps sans urgence immédiate.

Karl fixa l’horizon un moment avant de parler.

— Nous devons toujours garder ceci en tête : il y aura toujours des gens qui vont tenter de faire trembler la ville. Donc restons sur nos gardes.

Krys resta silencieux quelques secondes, puis répondit calmement :

— Ne t’inquiète pas pour ça. La semaine prochaine on reprend les cours. On commence le semestre six.

Karl hocha lentement la tête.

— Oui.

Il se redressa légèrement.

— Bon… allons au centre unitaire pour aider nos agents à réparer les choses.

Krys tourna légèrement la tête vers lui.

— Des agents d’entretien ont été recrutés pour ça. On se repose ici un peu.

Karl le regarda, puis soupira avec un léger sourire.

— Toi aussi tu sais profiter du calme maintenant ?

Krys haussa les épaules.

— On en a besoin.

Un silence confortable s’installa entre eux.

Pour une fois, il n’y avait ni course, ni combat, ni menace immédiate.

Juste un moment simple.

Karl regarda le jardin une dernière fois.

— Kandji n’est jamais vraiment calme… mais là, ça fait du bien.

Krys acquiesça.

— Oui… pour l’instant.

Le vent continua de souffler doucement entre les arbres.

Et dans ce calme fragile…

Ils savaient tous les deux que la prochaine tempête n’était jamais très loin.


 

Chapitre 32 : Nouveau départ

Quelques jours, puis quelques mois plus tard…

La vie à Kandji avait repris son rythme normal. Les traces des derniers affrontements s’étaient progressivement effacées, laissant place aux études, aux examens et aux projets d’avenir.

Ce jour-là, Krys et Karl venaient de terminer leur dernière composition.

Dans l’après-midi, ils récupérèrent leurs résultats officiels au sein de l’administration universitaire.

Attestation de licence obtenue.

Le moment était simple… mais lourd de sens.

Ils échangèrent un regard.

Krys respira profondément.

— Karl… maintenant on se lance dans la vie active.

Karl hocha la tête, un léger sourire aux lèvres.

— Oui.

Il rangea calmement ses documents.

— On ira à Nangbèdjè pour aller se reposer un peu.

Ayo, qui les avait rejoints, les regarda aussitôt.

— Je viens avec vous.

Krys acquiesça sans hésiter.

— Pas de problème.

Puis il ajouta, avec un léger sourire :

— Mais sache que tu vas beaucoup préparer.

Ayo leva les yeux au ciel.

— Toujours des ordres…

Karl éclata doucement de rire.

Le trio resta un moment silencieux.

Cette fois, ce n’était plus une course.

Plus une fuite.

Plus une guerre.

C’était un nouveau départ.

Ils quittèrent le bâtiment universitaire ensemble, avançant vers la sortie du campus.

Derrière eux, Kandji continuait de vivre.

Mais eux… allaient désormais vers autre chose.

Vers une nouvelle étape.

Et une nouvelle vie qui les attendait à Nangbèdjè.

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