KMGT ou les gardiens de Kankara tome 2
11 févr. 2026Le soleil commençait à descendre sur Kankara.
Sur le grand terrain de sport du quartier, des rires fusaient, la poussière montait sous les pas rapides, et le ballon roulait sans répit.
Kilo, Méga, Giga et Terra jouaient au football avec d’autres jeunes comme eux.
Ici, ils n’étaient pas les KMGT.
Ils étaient juste des gars du quartier, transpirant, plaisantant, se chamaillant pour un but refusé.
— Passe ! cria Giga.
— Trop tard ! répondit Méga en frappant le ballon.
Le match se termina dans les rires. Certains jeunes s’assirent sur la pelouse, d’autres burent de l’eau, essuyant la sueur de leurs visages. L’ambiance était calme. Trop calme.
Soudain…
Des coups de feu.
Pan ! Pan ! Pan !
La joie se transforma en panique.
— À terre ! hurla quelqu’un.
Des hommes armés venaient d’entrer sur le terrain. Ils tiraient sans viser, juste pour semer la peur. Des jeunes innocents couraient dans tous les sens. Certains tombèrent, d’autres se cachèrent derrière les gradins.
Kilo réagit immédiatement.
— Par ici ! Tous avec nous !
Il guida les jeunes vers un coin du terrain, derrière un mur fissuré. Méga et Giga couvraient le mouvement, tandis que Terra observait les assaillants, le regard dur.
Un homme masqué s’avança au centre du terrain et cria :
— KMGT, sortez !
— Sinon, on tue tout le monde !
Un silence lourd s’installa.
Kilo baissa la tête, puis discrètement, il appuya sur un petit bouton caché à son poignet.
Alerte sécurité.
Les secondes semblaient des minutes.
Au loin, des sirènes.
Les assaillants comprirent.
— Retraite ! cria l’un d’eux.
Ils fuirent rapidement, laissant derrière eux la peur… et un morceau de papier tombé près de la ligne de touche.
Terra s’avança prudemment, le ramassa et lut à voix haute :
« KMGT, surveillez vos arrières.
Je peux vous prendre à tout moment.
Si l’un d’entre vous fait l’erreur de rentrer tard
ou de sortir seul, il est mort.
— Gr. »
Les policiers arrivèrent, sécurisant la zone, aidant les blessés.
Mais pour les quatre hommes, le vrai choc venait de commencer.
Terra serra le papier dans sa main.
— Maintenant, Griz nous attaque, dit-il d’une voix grave.
— Je vais l’appeler demain.
— Et lui demander pourquoi il a décidé de nous déclarer la guerre.
Le vent souffla sur le terrain vide.
Le jeu était terminé.
La chasse venait de commencer.
Le soir était tombé sur Kankara.
Dans le local discret où les KMGT s’étaient regroupés, l’air était lourd. Personne ne parlait. Le papier laissé par les assaillants reposait encore sur la table.
Terra sortit lentement son téléphone.
— Je vais l’appeler maintenant, dit-il.
— Devant vous tous.
Kilo hocha la tête.
Méga croisa les bras.
Giga fixa l’écran du téléphone sans cligner des yeux.
Terra composa le numéro.
Bip… Bip…
Puis une voix répondit, calme, presque moqueuse.
— Allô… mon petit rat.
— Tu m’appelles pour me demander pardon…
— ou tu veux juste chercher à m’affronter avec tes petits ?
Un silence tendu envahit la pièce.
Terra serra les dents.
— Primo, je ne suis pas ton petit.
— Secondo, je t’ai appelé pour savoir pourquoi tu nous attaques.
— Tercio, aucun de mes amis n’est ton petit.
On entendit un léger rire à l’autre bout du fil.
— Ah bon ?
— C’est la révolte maintenant ?
La voix de Griz devint plus dure.
— Ok.
— C’est maintenant que tout Kankara saura qui est qui.
Clac.
La ligne coupa.
Terra baissa lentement le téléphone.
Dans la pièce, personne ne bougea pendant quelques secondes.
— Il vient de nous déclarer la guerre, dit Méga.
Kilo inspira profondément.
— Non.
— Il vient de lancer un message à toute la ville.
Giga frappa doucement la table.
— Alors il faut se préparer.
— Parce que Griz ne bluffe pas.
Terra releva la tête, le regard déterminé.
— S’il veut jouer avec Kankara…
— alors on va lui montrer pourquoi KMGT existe.
Dehors, les lumières de la ville brillaient.
Mais dans l’ombre, Griz avançait déjà ses pions.
Le bar était presque plein.
Musique basse, odeur de bière, rires forcés. Un de ces lieux où chacun fait semblant d’être tranquille, alors que tout le monde observe tout le monde.
Kilo, Méga, Giga et Terra étaient assis autour d’une table, chacun avec une bière devant lui. Ils parlaient bas, mais leurs regards balayaient sans cesse la salle.
Terra fut le premier à briser le silence.
— Les gars… Griz a dit qu’il va nous attaquer à tout moment si on quitte nos piaules.
(Il jeta un regard discret vers le fond du bar.)
— Les types là-bas… ce sont sûrement ses hommes.
Méga se redressa légèrement.
— Alors restons sur nos gardes.
Kilo tapota calmement sa veste.
— Moi, j’ai mes couteaux sur moi.
Giga hocha la tête.
— Ainsi que moi.
— S’ils tentent quoi que ce soit, ils seront tous à terre.
Terra termina son plat, essuya sa bouche et posa l’assiette.
— J’ai fini.
— Je vous attends.
Kilo leva la main vers le serveur.
— Je vais encore commander d’autres plats.
— Histoire de gagner du temps…
— et voir à quoi ces bandits veulent jouer.
À cet instant précis, le bar changea de visage.
La porte s’ouvrit brutalement.
Dix hommes entrèrent presque en même temps. Leur démarche était calme, trop calme. Ils se dispersèrent dans la salle comme s’ils connaissaient déjà leurs positions.
Puis, d’un seul geste,
ils sortirent leurs pistolets.
Le silence tomba.
Un des hommes s’avança, l’arme pointée vers la table des KMGT.
— Que personne ne bouge.
Les clients levèrent lentement les mains. Une femme laissa tomber son verre, qui se brisa au sol.
L’homme continua, la voix froide :
— Débarrassez-vous de tout ce que vous avez comme armes.
(Il sourit.)
— D’ailleurs… débarrassez-vous de tout ce que vous avez.
Il marqua une pause, puis ajouta :
— Vos vêtements, si possible.
Les regards se croisèrent à la table des KMGT.
Calmes à l’extérieur.
Prêts à exploser à l’intérieur.
Terra murmura :
— Voilà…
— Griz a commencé.
Et dans le bar verrouillé,
la première vraie confrontation était sur le point d’éclater.
Tout se passa en une fraction de seconde.
Avant même que le premier bandit n’appuie sur la détente,
Kilo bougea.
Fshh ! Fshh ! Fshh ! Fshh !
Quatre couteaux quittèrent ses mains avec une précision chirurgicale.
Ils se plantèrent dans le ventre de quatre bandits.
— Aaah !
Les hommes s’effondrèrent presque en même temps, hurlant de douleur, leurs armes glissant sur le sol.
Les six autres tentèrent de tirer.
Mais ils n’eurent pas le temps.
Terra fonça.
Rapide. Habile. Implacable.
Il frappa le premier à la gorge, le second au genou, le troisième au visage. Les coups étaient courts, précis, efficaces. Les armes tombèrent une à une.
— Sortez ! cria Méga aux clients.
La panique éclata.
Les clients, les serveurs, même le patron du bar se précipitèrent vers la sortie. En quelques secondes, le bar se vida complètement.
Il ne restait plus que KMGT et les hommes de Griz.
Giga attrapa l’un des bandits par le col.
— Mauvais endroit… mauvais jour.
Il le souleva et le jeta violemment sur une table.
CRAAASH !
La table vola en éclats.
Méga entra à son tour dans l’action. Coups de poing, coups de pied. Les six bandits encore debout furent rapidement dominés. Certains tentaient de se relever, mais retombaient aussitôt.
En moins de deux minutes,
les hommes de Griz étaient tous à terre.
Kilo récupéra ses couteaux.
— On se replie.
Personne ne discuta.
Les quatre sortirent par l’arrière du bar, disparaissant dans la nuit, juste avant que les sirènes de police ne se fassent entendre au loin.
Quelques minutes plus tard, les policiers entrèrent dans un bar détruit, rempli de bandits blessés…
Mais aucune trace de KMGT.
Sur le sol, parmi le verre brisé et le sang,
Griz venait de comprendre une chose :
KMGT ne fuirait pas.
La guerre était officiellement lancée.
Le lendemain matin, les rues de Kankara étaient encore marquées par les rumeurs de la veille.
Le bar attaqué, les hommes blessés, les coups de feu… tout le monde en parlait.
Kilo, Méga, Giga et Terra furent officiellement interpellés.
Sans menottes.
Mais sans sourire non plus.
Au commissariat central, ils furent conduits dans le bureau du commissaire. Un homme d’âge mûr, regard dur, voix calme, qui en avait vu d’autres.
Il les fixa tour à tour.
— Qu’est-ce que vous avez encore manigancé ?
Terra prit la parole sans hésiter.
— Dix hommes d’un criminel nommé Griz nous ont attaqués hier dans un bar.
— Griz lui-même nous a dit qu’il nous attaquerait à tout moment.
— On a discuté au téléphone avec lui, et c’est exactement ce qu’il a dit.
Il sortit son téléphone.
— J’ai enregistré l’appel.
Le commissaire fit un signe de la main.
— Faites écouter.
La voix de Griz résonna dans le bureau.
Calme. Provocante. Menaçante.
« C’est maintenant que tout Kankara saura qui est qui. »
Le commissaire coupa l’enregistrement.
Il resta silencieux quelques secondes, puis soupira.
— D’accord.
— Je vais l’appeler.
— Et je vais en parler avec lui.
Méga se pencha légèrement en avant.
— Commissaire…
— s’il envoie encore ses hommes nous attaquer,
— on sera toujours prêts à tuer.
Le commissaire leva lentement les yeux vers lui.
— Faites attention à ce que vous dites.
— La loi est encore là.
Kilo répondit calmement :
— La loi, oui.
— Mais Griz a déjà commencé la guerre.
Un silence pesant suivit.
Finalement, le commissaire se leva.
— Vous pouvez partir.
— Mais restez disponibles.
— Cette affaire ne fait que commencer.
Les KMGT quittèrent le commissariat, traversant la cour sous le regard des policiers.
Dehors, Terra murmura :
— Maintenant, tout le monde sait.
— La police…
— et Griz.
Kankara entrait dans une zone grise.
Et personne ne savait qui tomberait le premier.
Le bureau du commissaire était silencieux.
Rideaux tirés. Téléphone posé devant lui.
Il inspira profondément, puis composa le numéro.
Bip… Bip…
La ligne décrocha presque aussitôt.
— Monsieur le commissaire, dit une voix calme.
— Je sais que l’équipe KMGT vous a déjà tout dit.
— Alors pourquoi vous m’appelez encore ?
Le commissaire serra la mâchoire.
— Je t’appelle parce que je ne comprends pas pourquoi tu attaques des jeunes qui n’y sont pour rien.
— Deux fois déjà, tu as envoyé tes hommes pour les battre.
Un léger rire se fit entendre.
— Monsieur le commissaire…
— écartez-vous de cette affaire.
La voix du commissaire se durcit.
— Je suis policier.
— Et je dois faire mon travail.
— Je ne peux pas laisser un criminel comme toi détruire la vie de jeunes qui ne t’ont rien fait de mal.
Un court silence.
Puis Griz répondit, plus lentement.
— Monsieur le commissaire…
— ne sortez plus de chez vous.
Le commissaire se redressa sur sa chaise.
— Sinon quoi ?
— Tu feras quoi ?
— M’attaquer aussi ?
La réponse tomba, froide.
— Je vais envoyer mes hommes vous prendre.
Le commissaire esquissa un sourire nerveux.
— Comme si j’étais un colis léger à prendre…
— On verra.
Clac.
Il coupa l’appel.
Le commissaire resta immobile quelques secondes, puis se leva.
Il regarda par la fenêtre, vers la ville.
— Griz…
— Tu viens de franchir une ligne.
Dehors, Kankara continuait de vivre, inconsciente que désormais,
même la police était dans le viseur.
La guerre ne concernait plus seulement KMGT.
Elle touchait désormais l’État lui-même.
La salle de jeux était bruyante.
Bips des machines, cris de victoire, rires nerveux. Un endroit fait pour oublier la pression de la rue.
Kilo, Méga, Giga et Terra jouaient, chacun concentré sur sa partie. Pour un instant, ils faisaient semblant d’être de simples jeunes, comme les autres.
Le téléphone de Terra vibra.
Il jeta un œil à l’écran.
Son visage changea immédiatement.
— C’est le commissaire, dit-il.
Il s’éloigna légèrement et décrocha.
— Allô.
La voix du commissaire était grave.
— Les gars… Griz veut aussi m’attaquer.
— Il m’a menacé directement.
— Donc on va se mobiliser pour lutter contre lui.
Terra ne réfléchit pas longtemps.
— D’accord.
L’appel se termina.
Terra revint vers les autres.
Kilo posa la manette.
— C’était le commissaire, n’est-ce pas ?
— Oui, répondit Terra.
— Griz prépare une attaque contre lui aussi.
Un silence s’installa autour de la table. Même le bruit de la salle semblait s’éloigner.
Méga se leva lentement.
— Donc maintenant…
— il ne s’attaque plus seulement à nous.
Giga serra les poings.
— Il s’attaque à Kankara.
Terra les regarda un à un, le regard ferme.
— Maintenant, il nous revient de défendre…
— et de sauver Kankara des mains de ce criminel.
Kilo se leva à son tour.
— Alors on ne joue plus.
— On entre en mission.
Les quatre quittèrent la salle de jeux, laissant derrière eux les lumières artificielles et les faux sourires.
Dehors, la nuit les attendait.
Et quelque part dans l’ombre, Griz avançait, persuadé d’avoir l’avantage.
Mais il venait d’unir ses ennemis.
La nuit était lourde autour du commissariat.
Griz avait lancé sa première vraie attaque.
Au loin, une voiture noire avançait lentement. À l’intérieur, Griz était assis à l’arrière, entouré de ses hommes armés.
— Le commissariat est juste devant, dit l’un d’eux.
Mais Griz fronça les sourcils.
— Trop calme…
Soudain, une voiture rouge surgit et se plaça à leur hauteur.
La vitre côté conducteur s’abaissa.
— Griz, salut.
C’était Terra.
Les yeux de Griz s’écarquillèrent, puis il sourit froidement.
— Tirez sur lui.
Les coups de feu éclatèrent immédiatement.
Pan ! Pan ! Pan !
La voiture de Terra fut touchée. Il tenta de garder le contrôle, mais le volant vibra violemment. La voiture quitta la route, fit plusieurs tonneaux et finit sa course dans une brousse épaisse.
La voiture noire s’arrêta.
Griz sortit lentement, regardant la scène.
— Je suis sûr qu’il est maintenant en état d’inconscience.
— Sortez…
— et ramenez-le-moi.
Les bandits s’enfoncèrent dans la brousse, armes en main. Ils fouillèrent, regardèrent autour de la voiture retournée.
— Il n’est pas là ! cria l’un d’eux.
Soudain, une voix résonna derrière eux.
— Coucou… je suis par ici.
Terra surgit plus loin entre les arbres.
— Attrapez-le ! hurla un bandit.
Ils se lancèrent à sa poursuite, mais Terra connaissait le terrain. Il courait, disparaissait, changeait de direction. Les branches fouettaient les visages. La nuit jouait en sa faveur.
Après plusieurs minutes, essoufflés, les bandits abandonnèrent.
Ils revinrent vers Griz, frustrés.
— Il s’est échappé.
Griz resta silencieux quelques secondes, puis esquissa un sourire dangereux.
— Moins un.
— Il reste les autres.
Il remonta dans la voiture noire.
— Et la partie ne fait que commencer.
Dans l’ombre de la brousse, Terra observait de loin.
Il avait anticipé Griz.
Mais il savait une chose :
La prochaine attaque serait encore plus violente.
La nuit était silencieuse dans l’immeuble de Kilo.
Trop silencieuse.
Dans son appartement plongé dans la pénombre, Kilo s’arrêta net.
Son instinct venait de parler.
— Quelqu’un est entré…
Il observa autour de lui. Rien de déplacé à première vue. Mais il le sentait.
Une présence étrangère.
Calmement, il activa un petit dispositif dissimulé près de la porte.
Pièges armés.
Il se retira discrètement vers sa chambre secrète, une pièce cachée derrière une armoire. De là, il pouvait voir tout son salon à travers des écrans.
Quelques secondes plus tard, la porte du salon s’ouvrit lentement.
Griz entra le premier, suivi de plusieurs hommes armés.
— Fouillez tout, dit-il à voix basse.
— Il est ici.
Les hommes avancèrent prudemment.
Soudain—
Tac !
Des tirs éclatèrent dans la pièce.
— Aaaah !
Les balles venaient de nulle part. Les hommes paniquèrent, tirant dans le vide.
— D’où ça vient ?!
Un deuxième tir.
Puis un troisième.
Cinq hommes tombèrent au sol, touchés, incapables de se relever.
Dans sa chambre secrète, Kilo observait, concentré.
— Vous êtes entrés chez moi…
— mauvaise idée.
Griz serra les dents.
— Continuez ! Il est quelque part !
Kilo posa sa main sur un panneau de contrôle.
— Phase deux.
Il appuya.
Les murs vibrèrent. Des mécanismes cachés s’activèrent brutalement.
Des bras métalliques surgirent, frappant les hommes de Griz avec une force écrasante.
— Aaaah !
Ils furent projetés les uns après les autres hors de l’appartement, à travers la porte et les fenêtres ouvertes.
Griz recula, évitant de justesse un choc.
Il regarda ses hommes à terre, puis l’immeuble.
— Il nous a tendu un piège.
— Replions-nous avant que la police n’arrive.
Ils battirent en retraite, disparaissant dans la nuit.
Quelques instants plus tard, Kilo sortit de sa chambre secrète.
Son appartement était en désordre, mais intact.
Il prit son téléphone.
— Griz…
— tu viens de comprendre une chose.
Il regarda par la fenêtre.
— On n’attaque pas KMGT chez eux.
Au loin, des sirènes commençaient à se faire entendre.
La guerre continuait.
Mais Griz venait encore de perdre un coup.
La rue était presque déserte.
Les lampadaires projetaient une lumière jaune sur l’asphalte humide.
Méga marchait seul, capuche baissée, regard attentif.
Il sentait la tension dans l’air.
Puis soudain—
— Maintenant !
Des hommes surgirent de toutes parts.
Les hommes de Griz.
Ils attaquèrent en groupe.
Méga ne recula pas.
Il frappa le premier à la poitrine.
Le second vola contre un mur.
Le troisième tenta de le saisir par derrière, mais Méga le souleva et le jeta au sol violemment.
— Aaaah !
Les coups pleuvaient.
Poings. Coudes. Genoux.
Un à un, les hommes de Griz tombèrent, incapables de continuer.
Un lent applaudissement retentit.
Griz sortit de l’ombre.
— Impressionnant, Méga…
— Tu es trop fort.
— Même seul, tu arrives à t’en sortir face à un bon nombre de personnes.
Méga le fixa, respirant fort.
— Tu aurais dû arrêter pendant qu’il était encore temps.
Griz sourit… puis sortit brusquement un pistolet.
— Le temps est terminé.
Il visa.
Mais soudain—
Fwoosh !
Un bâton traversa l’air et frappa la main de Griz.
— Aaah !
Le pistolet tomba au sol.
— Mauvais calcul, dit une voix.
Giga apparut derrière lui.
Griz recula immédiatement, surpris, puis se mit à courir.
— Ce n’est pas fini ! cria-t-il en fuyant.
Méga ramassa le bâton et le rendit à Giga.
— Tu es arrivé au bon moment.
Giga esquissa un sourire.
— KMGT ne laisse jamais un des siens tomber.
Au loin, des sirènes se rapprochaient.
Les deux hommes disparurent dans la nuit, pendant que Griz comprenait une vérité de plus :
Même séparés, les KMGT restent dangereux.
La maison de Diallo était discrète, cachée derrière de grands arbres. Un lieu sûr.
À l’intérieur, Kilo, Méga et Giga étaient assis autour d’une table basse. Personne ne parlait vraiment.
Giga finit par rompre le silence.
— Mais où est Terra ?
Kilo soupira.
— Il s’est mis aux abonnés absents depuis trois jours.
— Plus de nouvelles. Plus d’appels.
À cet instant précis, le téléphone de Méga vibra.
Il regarda l’écran.
— Numéro inconnu…
Il décrocha.
— Allô ?
La voix qui répondit leur glaça le sang… puis les soulagea.
— Les gars… c’est moi. Terra.
Les trois se redressèrent d’un coup.
— Depuis trois jours, continua Terra,
— Griz et ses hommes m’ont attaqué en chemin.
— J’ai dû fuir pour trouver refuge dans une brousse.
— Mais vous me verrez dans un instant.
Giga sourit malgré lui.
— Griz nous a aussi attaqués.
— Je sais, répondit Terra.
— Je vous rejoins maintenant.
L’appel se coupa.
Quelques secondes plus tard,
une voiture se gara devant la maison de Diallo.
La portière s’ouvrit.
Terra descendit du véhicule, poussiéreux, fatigué… mais debout.
Méga sortit immédiatement.
— Bro ! Ravi de te revoir.
Ils se serrèrent la main, puis les épaules. Kilo et Giga les rejoignirent.
Les quatre étaient enfin réunis.
À l’intérieur, Méga posa la question que tous attendaient.
— Dis-nous maintenant…
— comment on fait pour contre-attaquer Griz pour une dernière fois ?
Terra les regarda un à un. Son regard était ferme, décidé.
— Cette fois, il n’y a qu’une règle.
Ils se penchèrent.
— On reste ensemble.
— On ne se sépare plus.
Un silence lourd suivit.
Puis Kilo hocha la tête.
— Alors Griz a déjà perdu.
Dehors, la nuit avançait lentement sur Kankara.
Et quelque part, Griz préparait encore ses coups, sans savoir que KMGT venait de se reformer… pour le combat final.
La rue était calme.
Trop calme.
L’inspecteur marchait tranquillement aux côtés d’une jeune femme. Ils discutaient à voix basse, sans se douter que l’ombre les suivait déjà.
— Vous savez, dit-elle en souriant, Kankara n’est plus aussi sûre qu’avant…
L’inspecteur allait répondre quand il sentit quelque chose changer dans l’air.
Des pas.
Beaucoup de pas.
Ils s’arrêtèrent net.
Vingt hommes surgirent presque en même temps, sortant des ruelles, des voitures garées, des coins sombres. Ils les encerclèrent complètement.
— Restez calme, dit l’inspecteur en avançant légèrement.
— Vous n’avez pas besoin de faire ça.
Un des hommes éclata de rire.
— Ce n’est pas à toi de décider.
Deux bandits saisirent brutalement la jeune femme.
— Lâchez-la ! cria l’inspecteur en frappant le plus proche.
Il réussit à en toucher un, puis un second. Mais ils étaient trop nombreux.
La jeune femme fut violemment frappée et jetée plus loin, hors du cercle.
— Occupez-vous de lui, ordonna une voix.
L’inspecteur se battit.
Coups de poing. Coups de pied.
Il résista avec tout ce qu’il avait.
Mais face à vingt hommes, la fatigue prit le dessus.
Un coup derrière la tête.
Puis un autre.
Il tomba à genoux.
Les bandits se jetèrent sur lui, le frappant jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se relever.
— Ça suffit, dit l’un d’eux.
Ils le relevèrent de force.
— Griz veut te voir.
Ils le traînèrent jusqu’à un véhicule noir, l’y jetèrent sans ménagement et refermèrent la portière.
La voiture démarra en trombe.
Dans la rue redevenue silencieuse, la jeune femme blessée tenta de se relever, tremblante.
Au même moment, quelque part dans la ville,
Griz venait de réussir un coup majeur.
Il n’avait pas seulement attaqué la police.
Il venait de prendre un symbole de la loi.
Et très bientôt, KMGT apprendrait la nouvelle.
La dernière phase de la guerre venait de commencer.
La maison de Diallo était plongée dans le silence.
Les quatre hommes étaient réunis quand le téléphone de Terra vibra soudainement.
— Appel vidéo… murmura-t-il.
Le nom affiché fit monter la tension.
Griz.
Terra décrocha immédiatement.
— Griz !
Le visage de Griz apparut à l’écran. Il souriait, calme, sûr de lui.
— Oui… c’est bien moi.
— J’ai une nouvelle pour toi.
Terra serra les dents.
— Laquelle ?
Griz déplaça lentement son téléphone.
L’image montra l’inspecteur, ligoté, affaibli, assis contre un mur sombre.
— Tu vois ?
— Préparez-vous à voir son cadavre.
Kilo s’avança brusquement.
— Ah bon ??
— Tu sais que tu ne vaux même pas la mie d’un pain !
Griz éclata d’un rire froid.
— Mes hommes sont très nombreux.
— Vous ne pouvez pas finir avec eux en une seule journée.
— Même un an ne vous suffira pas.
Méga fixa l’écran.
— C’est ce qu’on verra.
Giga prit la parole, la voix ferme.
— Cette fois-ci, tu ne peux plus nous attaquer et nous prendre un par un.
— Nous sommes tous ensemble maintenant.
— Et quand on reste ensemble, on devient intouchable.
Le sourire de Griz disparut.
— Votre inspecteur va mourir de faim.
Kilo répliqua aussitôt :
— Donne-lui au moins quelque chose à manger.
Griz réfléchit une seconde, puis répondit :
— D’accord.
— Mais préparez-vous bien.
— Cette guerre sera votre dernière bataille.
— Vous allez tous mourir dans cette bataille.
Clac.
L’appel se coupa.
Un silence lourd s’installa.
Terra baissa lentement le téléphone.
— Il prend l’inspecteur en otage…
— et il déclare une autre guerre.
Giga secoua la tête.
— Ce n’est pas une autre guerre.
— C’est toujours celle qu’il avait déjà déclarée.
— Elle continue.
Kilo inspira profondément.
— Le commissaire et le commandant viennent d’apprendre que l’inspecteur a été pris en otage.
— Ils auront besoin de nous.
Méga serra les poings.
— Alors cette fois…
— on met fin à Griz.
Les quatre se regardèrent.
Ils savaient tous que le temps était compté.
La guerre touchait à son point culminant.
Et Kankara retenait son souffle.
Le grand bâtiment vitré dominait la ville.
À l’intérieur, Kilo, Méga, Giga et Terra étaient assis dans un bureau luxueux, face au PDG, discutant chiffres d’affaires et contrats.
Kilo se leva discrètement et s’approcha du balcon.
En bas, il vit quelque chose qui le fit froncer les sourcils.
— Les gars…
— on aura de la compagnie dans quelques minutes.
Terra hocha la tête, comme s’il s’y attendait.
— Je sais.
(Il se tourna vers le PDG.)
— Monsieur le PDG, veuillez vous cacher derrière votre coffret.
— On arrive tout de suite.
Les quatre quittèrent le bureau et commencèrent à descendre par les escaliers.
En bas, les assaillants arrivaient déjà.
Kilo tira le premier.
Pan ! Pan ! Pan ! Pan !
Quatre hommes tombèrent.
Giga lança aussitôt ses couteaux.
Fshh ! Fshh ! Fshh ! Fshh !
Quatre autres s’effondrèrent.
Méga visa calmement.
Pan ! Pan ! Pan ! Pan !
Quatre autres furent neutralisés.
Terra, sans s’arrêter, lança quatre couteaux à son tour.
Fshh !
Quatre hommes de plus tombèrent.
Les quatorze autres prirent peur et se replièrent vers le bas du bâtiment.
— On les attend ici ! cria l’un d’eux.
Pendant ce temps, les employés et les clients évacuaient en panique, guidés par la sécurité.
Un silence tendu s’installa.
Soudain—
Un des bandits reçut un couteau dans la gorge et s’effondra.
— Quoi ?! D’où ça vient ?!
Ils regardaient partout… sans rien voir.
Puis KMGT apparut.
Les tirs éclatèrent de tous les côtés.
Les bandits tombèrent les uns après les autres.
Quand le calme revint,
il ne restait que deux hommes, tremblants.
Kilo s’avança.
— Faites le choix.
— Vous continuez de vous battre et vous mourez…
— ou on vous laisse partir sans vous toucher.
L’un des deux tenta soudain de tirer sur Terra.
Il rata.
En une seconde, Giga le saisit et le projeta violemment contre un mur.
CRACK.
Il mourut sur le champ.
Le dernier tenta de fuir.
Méga le rattrapa, le plaqua au sol.
Il sortit un couteau.
Avant qu’il n’agisse, Terra sortit son téléphone et filma.
Méga trancha la gorge de l’homme.
Terra regarda la caméra.
— Griz…
— ton sang va aussi bientôt couler comme celui-ci.
Il envoya la vidéo.
Le bâtiment retomba dans le silence.
KMGT se regarda.
La guerre touchait à son point de non-retour.
Et désormais, Griz savait qu’il était traqué jusqu’au bout.
L’entrepôt était sombre et humide.
Seule une ampoule accrochée au plafond éclairait la scène.
L’inspecteur était attaché à une chaise, le visage couvert de sang.
Griz tournait autour de lui, le regard plein de haine.
Il le frappa violemment au visage.
— KMGT et tes agents ne viendront pas te sauver, dit Griz en lui donnant un autre coup.
— Tu vas mourir ici, seul, comme un chien.
L’inspecteur cracha du sang mais ne répondit pas.
Soudain, une voix retentit derrière eux.
— Griz… nous sommes là.
Griz se retourna brusquement.
Kilo, Méga, Giga et Terra se tenaient debout à l’entrée de l’entrepôt, calmes, déterminés.
Terra fit quelques pas en avant et dit :
— On est venus remplacer l’inspecteur.
— Laisse-le partir et prends-nous à sa place.
Griz éclata de rire.
— C’est bizarre…
— KMGT se livre à moi comme ça ?
Il regarda chacun d’eux, surpris mais méfiant.
Avant qu’il n’ait le temps d’agir, des voix fortes retentirent de l’extérieur.
— POLICE ! QUE PERSONNE NE BOUGE !
Des sirènes se firent entendre.
Les projecteurs éclairèrent l’entrepôt.
Griz comprit immédiatement.
Il recula lentement, puis profita d’un moment d’inattention, poussa un de ses hommes et se mit à courir vers une porte arrière.
— Griz ! cria Méga.
Mais il était déjà trop tard.
Griz disparut dans la nuit, laissant derrière lui l’inspecteur blessé et une nouvelle guerre ouverte.
Terra regarda ses frères d’armes et dit calmement :
— Il a fui… mais il reviendra.
Kilo serra les poings.
— Et cette fois-là, il ne s’échappera plus.
La bataille finale approchait.
L’inspecteur fut rapidement conduit à l’hôpital sous escorte policière.
Son état était grave, mais stable.
Dans un bureau du commissariat, Kilo, Méga, Giga et Terra se tenaient debout face au commissaire.
L’ambiance était lourde.
Terra prit la parole.
— Griz devient de plus en plus rusé.
— Actuellement, personne ne sait où il se cache.
Il marqua une pause, puis continua :
— À partir d’aujourd’hui, nous allons veiller sur Kankara jour pour jour, nuit sur nuit.
— Personne ne dormira tranquille tant que Griz sera en liberté.
Le commissaire hocha la tête, inquiet.
Kilo croisa les bras.
— D’accord.
— Moi, je vais juste au dehors prendre quelques chips.
Giga se tourna vers lui, surpris.
— Tu oublies qu’on doit rester ensemble ?
Méga intervint calmement.
— Laisse-le partir.
— Il ne va pas loin.
Kilo esquissa un sourire.
— Je reviens tout de suite.
Il se leva et sortit du bureau.
Terra regarda la porte se refermer lentement.
Un silence étrange s’installa.
Quelque chose n’allait pas.
Kilo entra dans un supermarché éclairé par de fortes lumières blanches.
Il parcourut les rayons, regarda autour de lui, puis fronça les sourcils.
— Ce n’est pas ça que je voulais…
Il ressortit du supermarché et continua son chemin, s’éloignant du quartier.
Soudain, un mauvais pressentiment le traversa.
Il s’arrêta… puis regarda derrière lui.
Des pas.
Plusieurs.
Kilo comprit immédiatement.
Il se mit à courir.
— Attrapons-le ! cria l’un des hommes.
Les hommes de Griz se lancèrent à sa poursuite.
Kilo courut à toute vitesse, tourna dans une ruelle… et s’arrêta net.
Devant lui se tenait Griz, entouré d’autres hommes armés.
Kilo serra les poings.
— Griz !
Griz esquissa un sourire froid.
— Maintenant, montre-nous de quoi tu es capable.
Un premier homme se jeta sur Kilo.
Kilo le frappa violemment et l’envoya au sol.
Puis deux autres.
Puis cinq autres.
Kilo se battait comme un fauve, frappant, esquivant, résistant.
Mais ils étaient trop nombreux.
Peu à peu, ses forces diminuèrent.
Griz s’avança et le saisit brutalement.
Il le frappa encore et encore, jusqu’à ce que Kilo tombe à genoux.
Griz se pencha vers lui.
— Je ne vais pas te tuer tout de suite.
— Tu viens de remplacer l’inspecteur.
Kilo leva les yeux, en colère mais impuissant.
Les hommes de Griz l’attrapèrent et l’embarquèrent de force dans un véhicule.
La nuit venait d’engloutir l’un des membres de KMGT.
Kilo était ligoté sur une chaise, les mains attachées derrière le dos.
Du sang coulait légèrement de sa lèvre.
Griz tournait lentement autour de lui, un sourire moqueur aux lèvres.
— Kilo… mon petit.
Kilo releva la tête et cracha du sang.
— Je ne suis pas ton petit.
Griz éclata de rire.
— Le grand est ligoté, et le petit lui parle !
— Tu me fais trop rire.
Il s’arrêta brusquement devant lui et lui donna un violent coup de poing dans la bouche.
— Tu dis que tu n’es pas petit et tu te permets de me parler comme ça ?
Kilo serra les dents, sans crier.
Griz continua, d’une voix faussement calme :
— Je vais te détacher.
— Toi et moi, on va se battre corps à corps.
Kilo leva lentement les yeux vers lui, le regard brûlant.
— Si tu fais cette erreur…
— tu vas vite mourir.
Un silence lourd s’installa dans la pièce.
Griz fixa Kilo, intrigué… et excité par le défi.
La guerre venait de passer à un niveau encore plus dangereux.
Griz fit signe à ses hommes.
Ils s’approchèrent de Kilo et détachèrent ses liens.
Kilo se releva lentement, essuya le sang sur sa bouche et fixa Griz droit dans les yeux.
— Tu voulais te battre ?
— Je suis prêt.
Griz sourit et se jeta sur lui.
Il envoya une série de coups rapides, violents, cherchant à écraser Kilo.
Mais Kilo esquiva.
Un coup… esquivé.
Un deuxième… esquivé.
Un troisième… encore esquivé.
Griz commençait à perdre patience.
Kilo profita d’une ouverture.
BAM !
Un violent coup de poing atteignit l’œil gauche de Griz.
Griz recula en hurlant de rage.
— Espèce de… !
Il se projeta aussitôt vers Kilo et lui envoya un puissant coup de genou dans le ventre.
Kilo plia, le souffle coupé.
Les deux hommes s’effondrèrent presque en même temps sur le sol.
Ils restèrent quelques secondes à terre, haletants, se regardant avec haine.
Le combat ne faisait que commencer.
Griz attaqua de nouveau.
Il fonça sur Kilo avec rage, cherchant à l’écraser par la force.
Mais cette fois, Kilo était prêt.
Il bloqua son coup, le saisit brutalement et enchaîna plusieurs frappes rapides.
Griz chancela.
Kilo le souleva et le projeta violemment au sol.
— Waouh… Super ! cria Griz en se relevant difficilement.
— Tous contre lui !
Les hommes de Griz s’apprêtaient à foncer quand une voix retentit.
— Il est tellement fort que toi seul tu n’arrives pas à le battre, lança Terra en arrivant.
— Tu comptes sur tes hommes pour faire le travail à ta place.
Méga, Giga et Terra entrèrent aussitôt en action.
Le combat éclata de partout.
Poings, coups de pied, projections…
Les hommes de Griz tombaient les uns après les autres sous la puissance de KMGT.
Soudain, des sirènes retentirent.
— Police ! Forces de l’ordre !
Griz jeta un regard autour de lui.
— Repli !
Profitant du chaos, il s’échappa.
— Il fuit ! cria Kilo.
Terra et Giga se lancèrent à sa poursuite, laissant Méga et Kilo face aux derniers hommes.
Griz courait, accompagné de son bras droit, disparaissant dans les couloirs sombres.
La chasse venait de commencer.
Kilo et Méga faisaient face aux derniers hommes de Griz.
Kilo bougeait avec une rapidité impressionnante.
Il frappait, esquivait, revenait frapper encore.
Un homme tomba.
Puis un autre.
Puis encore un.
Méga, de son côté, était implacable.
Chaque coup portait.
Chaque adversaire tombait lourdement au sol.
Autour d’eux, les policiers et les militaires entraient aussi dans le combat.
Les hommes de Griz étaient encerclés, dépassés, écrasés par le nombre et la force.
Bientôt, il n’en resta plus aucun debout.
Méga reprit son souffle et regarda autour de lui.
— Terra et Giga ont poursuivi Griz et son bras droit.
Kilo ferma les yeux un instant, concentré, puis sortit son dispositif de traçage.
— Je les ai tracés.
— Ils se dirigent vers une forêt.
Méga releva la tête, déterminé.
— Allons-y.
Sans perdre une seconde, ils quittèrent les lieux pour rejoindre leurs frères d’armes.
La bataille finale approchait.
La forêt était sombre, dense, et silencieuse, à part le craquement des branches sous les pieds.
Terra et Giga avançaient prudemment, leurs sens en alerte maximale.
Soudain, Griz surgit des ombres.
Avant qu’ils ne puissent réagir, il asséna un violent coup de poing à Giga qui chancela.
— GIGA ! cria Terra en se jetant sur lui.
Terra attrapa Griz et le maintint, esquivant ses coups rageurs.
Les deux hommes commencèrent un corps à corps brutal, frappes, esquives, projections, chaque geste chargé de force et de haine.
Pendant ce temps, Bobi, le bras droit de Griz, surgit derrière Giga.
Il l’attrapa et tenta de l’écraser.
Giga, rapide et puissant, se retourna, maîtrisa Bobi et lui asséna plusieurs coups jusqu’à le neutraliser.
La forêt résonnait des bruits de combat.
— Chacun avec son rival ! se murmura Terra à lui-même.
Griz et Terra continuaient leur duel acharné.
Giga et Bobi échangeaient des coups sans relâche, aucun ne voulant céder.
La tension était palpable.
Un faux mouvement, un seul, et tout pouvait basculer.
Chaque combattant connaissait les forces et faiblesses de son adversaire, mais l’issue restait incertaine.
La forêt résonnait encore des coups échangés entre Terra, Giga, Griz et Bobi.
Soudain, au loin, on entendit des sirènes et des voix autoritaires.
— POLICE ! QUE PERSONNE NE BOUGE ! retentit dans les arbres.
Kilo et Méga surgirent avec les forces de l’ordre, reprenant le contrôle de la situation.
Griz, furieux, sortit un pistolet et visa un policier.
Mais avant qu’il ne puisse tirer, Terra, rapide et précis, fit un geste parfait.
Il désarma Griz en une fraction de seconde, saisit son adversaire et le projeta avec toute sa force contre une branche pointue d’un arbre.
Un craquement sinistre résonna.
Griz ne bougea plus.
La branche l’avait traversé, le tuant sur le coup.
Bobi, son bras droit, tenta de résister, mais Kilo, Méga et Giga étaient déjà sur lui.
Il fut maîtrisé et embarqué par la police.
La forêt retomba dans un silence lourd.
KMGT se regarda, haletant mais victorieux.
— C’est fini… souffla Terra.
— Kankara est enfin en sécurité.
Kilo hocha la tête, le visage marqué par la fatigue mais rempli de satisfaction.
— Tous ensemble, on a tenu.
— Personne ne peut plus nous arrêter.
Les policiers reprirent Bobi et les derniers hommes de Griz.
La ville allait enfin respirer… grâce à KMGT.
Le soleil commençait à descendre sur Kankara, colorant le ciel de nuances orange et pourpre.
Au bord du lac de la ville, Kilo, Méga, Giga et Terra étaient assis sur l’herbe, profitant de l’air frais et du calme retrouvé.
Les rires des enfants et le clapotis de l’eau rendaient l’atmosphère presque irréelle après toutes ces batailles.
Kilo inspira profondément et dit, un sourire aux lèvres :
— Kankara va encore respirer à nouveau.
Méga hocha la tête et regarda ses amis.
— On l’a fait… ensemble.
Giga éclata de rire :
— Je n’ai jamais cru qu’on survivrait à autant de coups !
Terra, allongé sur l’herbe, fixa le ciel :
— On a vécu des choses folles… mais au moins, on est là.
Ils continuèrent à parler de tout et de rien, échangeant des souvenirs des combats, des moments drôles et des plans pour l’avenir.
La tension de la guerre semblait s’évanouir avec le vent.
Pour la première fois depuis longtemps, KMGT pouvait simplement respirer et profiter de Kankara.
La ville était à nouveau en sécurité, et eux… unis comme jamais.
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