KMGT ou les gardiens de Kankara tome 4
28 avr. 2026Le supermarché était animé en cette fin d’après-midi.
Les allées étaient remplies de clients, certains pressés, d’autres prenant leur temps pour comparer les prix ou discuter au téléphone. Les néons éclairaient les rayons bien rangés, et le léger bourdonnement des conversations formait un fond sonore constant.
Près du rayon des biscuits, Kilo et Méga avançaient tranquillement, chacun tenant quelques articles à la main.
Kilo attrapa un paquet, l’ouvrit sans attendre et croqua directement dedans, comme s’il était chez lui.
— Mec… dit-il en mâchant calmement, tu seras au terrain de foot ce soir ?
Méga, les mains dans les poches, jeta un regard autour de lui avant de répondre.
— Je ne suis pas sûr… répondit-il posément. Au cas où je ne serai pas là, je vais te laisser un message.
Kilo hocha la tête, toujours occupé avec ses biscuits.
— T’abuses souvent avec tes messages, hein…
Méga esquissa un léger sourire.
— Au moins, moi je préviens.
Le moment était simple. Calme. Normal.
Trop normal.
À l’autre bout du magasin, la gérante discutait avec une caissière, vérifiant quelques reçus. Rien ne laissait présager ce qui allait suivre.
Soudain—
La porte du supermarché s’ouvrit brusquement.
Quatre hommes entrèrent.
Leur démarche était lourde. Assurée. Leurs visages fermés.
En quelques secondes, l’atmosphère changea.
Les conversations diminuèrent.
Certains clients tournèrent légèrement la tête, sans comprendre immédiatement.
Les quatre individus se dirigèrent directement vers la gérante.
Sans hésitation.
Sans détour.
L’un d’eux attrapa violemment le bras de la femme.
— Coupe la caméra… dit-il d’une voix froide. Et laisse-nous prendre ce qu’on veut.
La gérante resta figée, surprise, son regard oscillant entre peur et incompréhension.
— Je… je…
Elle n’eut pas le temps de finir.
Kilo, qui observait la scène depuis le rayon, avala lentement son biscuit.
Puis il s’avança.
Calmement.
— Eh ! lança-t-il d’une voix claire. Les putains là !
Le silence tomba encore plus lourdement dans le magasin.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
— Même si vous avez faim… continua-t-il en haussant légèrement les épaules, ce n’est pas la bonne manière de quémander. Okay ?
Méga, juste derrière lui, croisa les bras.
— Vous n’avez pas honte de faire ce genre de choses pour manger ??
Les bandits se tournèrent lentement vers eux.
Leurs regards changèrent.
Plus d’hésitation.
Plus de discrétion.
Juste de la menace.
L’un d’eux fit un pas en avant.
— Si vous voulez garder votre sang dans vos peaux… dit-il d’une voix basse et dangereuse, veuillez rester à l’écart de cette affaire.
Il marqua une pause.
— Sinon… vous allez mourir à sa place.
Un silence pesant s’installa.
Les clients commençaient à reculer doucement.
Certains se dirigeaient vers la sortie.
La tension montait.
Mais Kilo, lui, ne bougea pas.
Son regard se durcit.
— Lâchez-la… dit-il froidement. Bande de crétins.
Et sans prévenir—
Il s’avança.
Rapide.
Explosif.
Il attrapa le premier bandit par le poignet, le tordit violemment et le projeta au sol avant même qu’il ne comprenne ce qui lui arrivait.
Le second tenta de réagir.
Trop tard.
Kilo pivota, esquiva son coup et lui envoya un direct au visage.
Un choc sec.
Le bandit recula, étourdi.
Mais Kilo enchaîna immédiatement.
Un coup au ventre.
Puis un balayage.
Le corps s’écrasa au sol.
De l’autre côté—
Méga s’était déjà engagé.
Un troisième bandit fonça vers lui.
Méga encaissa le mouvement, bloqua son bras et le repoussa avec une force brute impressionnante.
Le quatrième tenta d’intervenir.
Méga le saisit par le col et l’envoya violemment contre une étagère.
Les produits tombèrent dans un fracas.
Le chaos était total.
Mais le combat… ne dura pas longtemps.
Kilo termina avec les deux premiers, les laissant incapables de se relever.
Méga fit de même avec les deux autres.
Quelques secondes de plus.
Et tout était fini.
Le silence retomba.
Les quatre bandits gisaient au sol.
Kilo s’essuya les mains, comme si de rien n’était.
— Sérieusement… souffla-t-il, vous auriez pu demander gentiment.
Méga jeta un regard autour de lui.
— On les sort.
Sans attendre, ils attrapèrent les quatre hommes un à un et les traînèrent vers la sortie du supermarché.
Les clients, encore sous le choc, les regardaient passer.
Dehors, l’air était plus frais.
Quelques minutes plus tard—
Les sirènes de police retentirent.
Deux véhicules s’arrêtèrent devant le supermarché.
Des agents descendirent rapidement.
Un inspecteur s’avança vers Kilo et Méga, observant la scène.
Les bandits étaient au sol, maîtrisés.
— Qu’est-ce qui s’est passé ici ? demanda-t-il.
Kilo répondit simplement :
— Ces délinquants sont venus créer des dégâts.
L’inspecteur observa les deux jeunes, puis les hommes au sol.
Un léger sourire apparut sur son visage.
— Bravo KM… dit-il. Force à vous.
Il se tourna vers ses agents.
— Eh ! Embarquez-les !
Les policiers s’exécutèrent immédiatement.
Les bandits furent relevés, menottés, puis emmenés dans les véhicules.
Le calme revenait peu à peu.
Mais dans le regard de Méga…
quelque chose restait.
Une impression.
Un doute.
Il observa une dernière fois les bandits avant qu’ils ne disparaissent dans le véhicule.
Puis il murmura, presque pour lui-même :
— Ça… c’était trop facile…
Kilo tourna légèrement la tête vers lui.
Le regard sérieux.
Sans sourire.
— Oui…
Un court silence.
— Trop facile.
Au loin, les sirènes s’éloignaient.
Mais quelque chose venait de commencer.
Le soleil commençait doucement à descendre sur Kankara.
Dans un jardin public situé au cœur de la ville, l’ambiance était paisible. Des enfants jouaient près des balançoires, des couples discutaient sur des bancs, et quelques personnes âgées profitaient de l’air frais sous les arbres.
Assis sur un banc en bois légèrement usé, Terra observait les alentours avec calme.
À côté de lui, Giga croquait dans une pomme, les jambes étendues devant lui.
— Franchement… dit Giga en mâchant, après tout ce qu’on a vécu… ça fait du bien de respirer un peu.
Terra hocha légèrement la tête.
— Oui… mais ça ne dure jamais longtemps.
Giga esquissa un sourire.
— Toujours pessimiste.
— Toujours réaliste, corrigea Terra.
Un silence s’installa.
Un silence calme.
Mais pas pour longtemps.
À l’entrée du jardin…
dix hommes venaient d’apparaître.
Leur allure tranchait avec l’ambiance paisible du lieu. Démarche rapide. Regards froids. Objectif clair.
Terra les remarqua immédiatement.
Son regard se durcit légèrement.
— Giga…
— Oui, je les ai vus, répondit Giga sans tourner la tête.
Les dix hommes traversèrent le jardin sans prêter attention aux autres personnes. Ils allaient droit vers un banc isolé.
Là… était assis un vieil homme.
Dos légèrement courbé.
Regard fatigué.
Mais attentif.
Il comprit rapidement que ces hommes venaient pour lui.
L’un des bandits s’arrêta devant lui.
— Vieux… dit-il sèchement, tu penses que tu pourras nous échapper comme ça ?
Le vieil homme ne répondit pas.
— Lève-toi vite… et suis-nous rapidement.
Quelques passants ralentirent.
L’atmosphère changea.
Giga se leva.
Calmement.
Il marcha vers eux.
— Bonjour, dit-il d’un ton posé.
Les bandits tournèrent la tête vers lui.
— Nous ne voulons pas de bagarre dans ce jardin, continua Giga. Si ce vieux vous doit quelque chose, vous pouvez sortir d’ici pour régler ça ailleurs.
Terra arriva à son tour, se positionnant légèrement en retrait mais prêt à intervenir.
— Oui, ajouta-t-il calmement. Sinon vous allez créer des dégâts… et ça pourrait coûter des vies à des innocents ici.
Le chef des bandits plissa les yeux.
— De quoi vous vous mêlez ?
Giga croisa les bras.
— Nous, on ne veut pas de bagarre ici.
Le chef ignora complètement Giga et fixa le vieil homme.
— Vieux… suis-nous immédiatement !
Le vieil homme leva lentement la tête.
Ses yeux étaient fatigués… mais déterminés.
— Pas question.
Un silence tendu s’installa.
Puis—
L’un des bandits perdit patience.
Il leva brusquement le bras pour frapper le vieil homme.
Mais avant que le coup ne parte—
Giga intercepta son poignet en plein mouvement.
Son regard changea.
Froid.
— Mauvaise idée.
Et tout explosa.
Le bandit tenta de se dégager.
Giga le projeta violemment au sol.
Au même moment, Terra entra dans le combat.
Un second bandit attaqua.
Terra esquiva, pivota et lui envoya un coup direct au torse.
Le souffle coupé, l’homme recula.
Mais les autres ne tardèrent pas.
En quelques secondes, les dix bandits se lancèrent dans l’affrontement.
Le jardin, autrefois calme, devint un chaos.
Des cris.
Des gens qui fuient.
Des enfants appelés par leurs parents.
Giga encaissait les attaques avec puissance.
Un coup.
Un blocage.
Un contre.
Il attrapa un adversaire et le projeta contre un arbre.
Terra, lui, était précis.
Chaque mouvement était calculé.
Un coup au menton.
Un balayage.
Un autre à terre.
Mais malgré leur efficacité…
le nombre restait un problème.
— Ils sont trop nombreux, murmura Terra.
— On gère, répondit Giga en frappant un autre adversaire.
Mais soudain—
Un bruit.
Des pas rapides.
Terra tourna la tête.
D’autres hommes arrivaient.
Encore des bandits.
— Merde… souffla Giga.
Le chef des bandits esquissa un sourire.
— Vous pensiez vraiment que c’était fini ?
La situation venait de changer.
Terra regarda autour de lui.
Les civils étaient encore présents.
Le vieil homme était toujours là.
— On ne peut pas continuer ici, dit Terra.
Giga acquiesça immédiatement.
Sans perdre une seconde, il attrapa le vieil homme par le bras.
— On bouge !
Terra ouvrit la voie.
Ils commencèrent à courir à travers le jardin, évitant les obstacles, les bancs, les passants paniqués.
Derrière eux—
les bandits se lancèrent à leur poursuite.
Le souffle du vieil homme devenait lourd.
— Je… je ne peux pas courir longtemps… murmura-t-il.
— Tenez bon, répondit Terra.
Ils quittèrent le jardin par une sortie secondaire et débouchèrent dans une ruelle plus étroite.
Terra ralentit légèrement.
— On doit trouver un endroit sûr.
Giga regarda derrière lui.
— Ils ne vont pas lâcher.
Le vieil homme, haletant, leva les yeux vers eux.
— Vous… vous ne comprenez pas… dit-il difficilement.
Terra fronça les sourcils.
— Comprendre quoi ?
Le vieil homme avala difficilement.
Puis il murmura :
— Ces hommes… ne sont que le début…
Un silence.
Même en courant, Terra sentit quelque chose changer.
— De quoi vous parlez ?
Le vieil homme regarda derrière eux, terrifié.
Puis il lâcha :
— Ils travaillent pour quelqu’un…
Un bruit de pas résonna à l’entrée de la ruelle.
Les bandits approchaient déjà.
Terra serra les poings.
— On parlera plus tard.
Son regard devint froid.
— Pour l’instant… on survit.
La traque venait de commencer.
La ruelle était sombre.
Trop étroite pour laisser passer une voiture, trop silencieuse pour être rassurante.
Terra ouvrait la marche, le regard en alerte.
Giga soutenait le vieil homme, dont la respiration était devenue irrégulière.
— Encore un effort… dit Giga d’une voix ferme. On y est presque.
Ils tournèrent brusquement à gauche, puis à droite, avant d’arriver devant un vieux bâtiment abandonné.
Une ancienne maison.
Les murs étaient fissurés, les fenêtres brisées, mais la porte tenait encore.
Terra vérifia rapidement les alentours.
Personne.
— On entre.
Ils pénétrèrent à l’intérieur.
L’air était lourd, chargé de poussière. Le sol grinçait sous leurs pas. Quelques rayons de lumière filtraient à travers les trous du toit.
Giga installa doucement le vieil homme sur une chaise encore stable.
— Respirez… doucement.
Le vieil homme posa une main tremblante sur sa poitrine, essayant de reprendre son souffle.
Terra se posta près de la fenêtre, surveillant l’extérieur.
Silence.
Quelques secondes passèrent.
Puis—
— Ils ne vous lâcheront pas, murmura le vieil homme.
Terra tourna légèrement la tête.
— Qui ?
Le vieil homme releva les yeux.
Son regard n’était plus celui d’un homme faible.
Mais celui de quelqu’un qui savait.
— Ces hommes… dit-il lentement, ce ne sont pas de simples bandits.
Giga fronça les sourcils.
— On s’en doutait un peu…
— Non, reprit le vieil homme. Vous ne comprenez pas encore.
Un silence s’installa.
Terra s’approcha.
— Alors expliquez.
Le vieil homme inspira profondément.
— Ils travaillent pour un homme…
Il marqua une pause.
Comme si prononcer ce nom avait du poids.
— Orix.
Le nom resta suspendu dans l’air.
Giga échangea un regard avec Terra.
— Orix… répéta-t-il.
Terra croisa les bras.
— Jamais entendu.
Le vieil homme secoua lentement la tête.
— C’est normal… Il préfère rester dans l’ombre.
Giga s’appuya contre un mur.
— Et il vous veut pourquoi ?
Le vieil homme hésita.
Ses mains tremblaient légèrement.
— Parce que… j’ai quelque chose qu’il veut.
Terra plissa les yeux.
— Quoi ?
Le vieil homme regarda autour de lui, comme s’il avait peur que les murs eux-mêmes écoutent.
Puis il murmura :
— Des informations.
Silence.
— Quel genre d’informations ? demanda Terra.
Le vieil homme leva les yeux vers lui.
— Sur la mairie de Kankara.
Cette fois, Terra réagit immédiatement.
— Soyez clair.
Le vieil homme avala difficilement.
— Orix ne veut pas juste semer le chaos…
— Il veut prendre le contrôle de la ville.
Giga se redressa.
— Contrôler… comment ?
— En renversant le maire, répondit le vieil homme.
Le silence devint lourd.
Très lourd.
Terra fixa le vieil homme.
— Et vous, dans tout ça ?
Le vieil homme ferma les yeux un instant.
Puis il répondit :
— J’ai travaillé… il y a longtemps… dans les systèmes administratifs de la ville.
Giga haussa légèrement les sourcils.
— Un ancien employé ?
— Oui… mais pas n’importe lequel.
Il rouvrit les yeux.
— J’ai eu accès à des dossiers sensibles…
— Des accès…
— Des failles…
Terra comprit immédiatement.
— Vous êtes une clé.
Le vieil homme hocha lentement la tête.
— Orix veut ces accès… pour pénétrer dans le système…
— manipuler des informations…
— et affaiblir le maire.
Giga lâcha un souffle.
— Donc il veut contrôler la ville… de l’intérieur.
— Exactement.
Un bruit soudain.
Des pas.
À l’extérieur.
Les trois hommes se figèrent.
Terra leva la main.
Silence total.
Les pas s’arrêtèrent devant le bâtiment.
Puis une voix :
— Ils sont passés par ici…
Giga serra les poings.
— Ils nous ont retrouvés.
Le vieil homme pâlit.
— Je vous avais dit… ils ne lâchent jamais…
Terra s’approcha lentement de la porte.
Son regard était froid.
Calculateur.
— Combien ?
Giga se rapprocha de la fenêtre brisée et jeta un coup d’œil discret.
— Au moins… huit.
Terra réfléchit rapidement.
— On ne peut pas rester ici.
Giga acquiesça.
— On sort par derrière ?
Terra secoua la tête.
— Non… trop risqué.
Un silence.
Puis il dit :
— On va les attirer.
Giga sourit légèrement.
— Là je te reconnais.
Le vieil homme les regarda, inquiet.
— Qu’est-ce que vous allez faire ?
Terra posa son regard sur lui.
— Gagner du temps.
Un coup violent retentit sur la porte.
— OUVREZ !!
Le bois trembla.
Un second coup.
Encore plus fort.
Giga se mit en position.
— Ça commence.
Terra inspira profondément.
Puis murmura :
— Cette fois… on ne fuit plus.
La porte explosa.
Et les bandits entrèrent.
Le bruit de la porte explosant résonna dans toute la maison abandonnée.
Des morceaux de bois volèrent en éclats.
Les bandits entrèrent en force.
Terra réagit immédiatement.
— Giga, cache-le !
Sans perdre une seconde, Giga attrapa le vieil homme et l’emmena vers l’arrière du bâtiment, derrière un vieux mur partiellement effondré.
— Restez là. Ne bougez pas, quoi qu’il arrive.
Le vieil homme acquiesça, tremblant.
Giga revint en courant.
Pendant ce temps Terra avait déjà engagé le combat.
Un bandit se jeta sur lui.
Terra esquiva, pivota et lui envoya un coup sec au visage.
Un autre arriva sur le côté.
Terra bloqua, contre-attaqua et le projeta au sol.
Giga entra dans la danse.
Un coup de poing.
Un coup d’épaule.
Un adversaire écrasé contre un mur.
Le combat était brutal.
Rapide.
Efficace.
En quelques instants, les hommes présents dans la pièce furent neutralisés.
Le silence retomba.
Court.
Très court.
Parce que—
Des pas.
Encore.
Plus nombreux.
Terra leva légèrement la tête.
— Ça continue…
Une dizaine de nouveaux bandits entrèrent.
Mais cette fois…
ils n’étaient pas venus à mains nues.
Ils tenaient des pistolets.
L’un d’eux s’avança, un sourire froid aux lèvres.
— Voici comment les héros finissent.
Un doigt pressa la détente.
PAN !
Mais—
Giga avait déjà bougé.
D’un geste rapide et instinctif, il esquiva sur le côté.
La balle frappa le mur derrière lui.
— Mauvaise cible, lança-t-il froidement.
Terra sortit son arme.
Giga fit de même.
Et sans hésiter—
Ils ouvrirent le feu.
Les tirs résonnèrent dans toute la maison.
Précis.
Rapides.
Chaque balle trouvait sa cible.
Les dix bandits tombèrent les uns après les autres.
Le silence retomba une nouvelle fois.
Mais Terra ne relâcha pas son attention.
— Ce n’est pas fini.
Et comme pour confirmer—
Des bruits de pas encore plus lourds.
Encore plus nombreux.
Vingt autres hommes apparurent à l’entrée.
Giga serra les dents.
— Ils sont trop nombreux…
— Avec ce qu’on a sur nous… on ne s’en sortira pas.
Terra réfléchit une fraction de seconde.
Puis—
— On prend du recul.
— On monte jusqu’au troisième étage.
Giga hocha la tête.
— On bouge !
Ils commencèrent à reculer tout en tirant.
Chaque mouvement était calculé.
Un tir.
Un pas.
Un autre tir.
Les balles frappaient les murs, les escaliers, les débris.
Les bandits avançaient malgré tout.
Déterminés.
Dangereux.
Giga sortit son téléphone en courant.
Il composa rapidement.
Pendant ce temps—
À plusieurs rues de là…
Kilo et Méga marchaient tranquillement.
Le calme était revenu après l’incident du supermarché.
— Franchement… dit Méga, aujourd’hui était bizarre.
Kilo haussa les épaules.
— Trop facile, comme t’as dit.
Soudain—
Le téléphone de Kilo vibra.
Il regarda l’écran.
— Giga.
Il décrocha avec un léger sourire.
— Allô bro… ça t’a plu de m’appeler aujourd’hui ?
De l’autre côté, la voix de Giga était tendue.
Pressée.
— Kilo, ce que je tiens à te dire est urgent.
Le ton changea immédiatement.
Le sourire de Kilo disparut.
— Terra et moi, nous sommes poursuivis par des bandits… continua Giga.
— Ils veulent un vieux qui est avec nous.
— Ce vieux a des informations sur la mairie.
Un coup de feu retentit au téléphone.
Méga se rapprocha immédiatement.
— Ces hommes sont trop nombreux… poursuivit Giga.
— On ne tiendra pas longtemps.
Kilo s’arrêta net.
Son regard devint froid.
Méga prit la parole :
— On arrive tout de suite !
— Je vous ai tracés. Je sais où vous êtes.
Giga souffla brièvement.
— Dépêchez-vous.
La ligne se coupa.
Un silence.
Très court.
Kilo leva les yeux vers Méga.
— On bouge.
Sans attendre—
ils se mirent à courir.
Retour à la maison abandonnée—
Terra et Giga atteignaient les escaliers.
Ils montaient rapidement.
Toujours en tirant.
Les bandits continuaient d’avancer.
Inlassablement.
Arrivés au deuxième étage—
Terra rechargea rapidement.
— Continue !
Ils montèrent encore.
Troisième étage.
Une pièce vide.
Des fenêtres brisées.
Une vue sur toute la zone.
Terra se positionna.
Giga à ses côtés.
Le souffle lourd.
— On tient ici, dit Terra.
Giga regarda en bas.
Les bandits arrivaient déjà dans les escaliers.
— Ils ne vont pas lâcher…
Terra arma son arme.
Son regard devint glacé.
— Parfait.
Un silence.
Puis—
— On va les ralentir.
Les premiers bandits apparurent à l’entrée de l’étage.
Et les tirs reprirent.
La pression montait.
Le temps jouait contre eux.
Mais une chose était sûre—
les renforts étaient en route.
Et quand Kilo et Méga arriveraient…
la situation allait changer.
Les tirs résonnaient encore dans tout le troisième étage.
Les murs vibraient sous les impacts.
Les éclats de béton tombaient au sol.
Giga était accroupi près d’une fenêtre brisée, son arme stable malgré le chaos.
Terra, lui, se déplaçait rapidement d’un coin à l’autre de la pièce.
— Ils montent toujours ! cria Terra.
Giga répondit sans détourner le regard :
— Je vois.
En bas, les bandits progressaient par les escaliers, lentement mais sûrement.
Ils n’avaient pas peur.
Ils n’hésitaient pas.
Ils avançaient comme une seule masse.
Terra rechargea son arme d’un geste rapide.
— On ne peut pas tenir longtemps ici…
Giga serra les dents.
— On tient jusqu’à l’arrivée de Kilo et Méga.
Un silence bref.
Puis Terra lança :
— Et s’ils arrivent trop tard ?
Giga ne répondit pas immédiatement.
Il tira une rafale vers l’escalier.
Deux bandits reculèrent.
Mais d’autres prenaient leur place.
— Alors on improvise, dit-il simplement.
Un bruit lourd retentit.
Les bandits avaient atteint le deuxième étage.
Ils étaient proches.
Trop proches.
EN BAS DU BÂTIMENT
Les escaliers vibraient sous les pas.
Un bandit leva la main.
— Ils sont coincés en haut ! cria-t-il.
Un autre sourit.
— Cette fois, ils n’ont aucune sortie.
TROISIÈME ÉTAGE
Terra s’approcha de Giga.
— On recule vers la fenêtre du fond ?
Giga jeta un regard rapide.
— Mauvaise idée… hauteur trop dangereuse.
Terra fronça les sourcils.
— Donc on attend ici et on se fait encercler ?
Giga arma lentement son arme.
— Non.
Il désigna la structure de la pièce.
— Le mur de droite est fissuré depuis tout à l’heure.
Terra comprit immédiatement.
— Tu veux faire tomber une partie du bâtiment ?
Giga hocha la tête.
— Juste assez pour bloquer l’escalier.
Un nouveau groupe de bandits entra au troisième étage.
Cette fois, ils étaient visibles.
Armés.
Prêts.
L’un d’eux parla fort :
— C’est fini !
ACTION
Giga tira immédiatement.
Un bandit tomba.
Terra enchaîna.
Deux autres furent neutralisés.
Mais les suivants continuaient d’avancer.
— MAINTENANT ! cria Giga.
Terra recula rapidement.
Giga plaça deux tirs précis sur la structure fissurée.
CRACK !
Le mur trembla.
CRRRRASH !
Une partie du plafond et du mur s’effondra brutalement sur l’escalier.
Un nuage de poussière envahit tout le bâtiment.
Des cris retentirent en bas.
Les bandits étaient bloqués.
Temporairement.
Terra toussa légèrement.
— Ça va les ralentir… mais pas longtemps.
Giga regarda le chaos en bas.
— Oui.
Un court silence.
Puis Giga ajouta :
— Et ils vont trouver un autre passage.
DEHORS – ROUTE PRINCIPALE
Une voiture arrive à grande vitesse.
Puis une deuxième.
Kilo est au volant.
Méga est à côté.
Ils roulent à pleine vitesse.
— C’est ici, dit Méga.
Kilo serre le volant.
— Giga n’exagère jamais ce genre de situation…
Il accélère encore.
RETOUR AU BÂTIMENT
Terra recharge.
— J’entends des mouvements ailleurs…
Giga observe les murs.
— Ils cherchent un autre accès.
Soudain—
un bruit de verre cassé.
Terra se retourne immédiatement.
— Derrière !
Une petite équipe de bandits venait d’entrer par une fenêtre latérale.
Combat rapproché.
Ultra rapide.
Terra frappe le premier.
Giga tire à bout portant sur un autre.
Mais ils sont trop proches.
Terra recule.
— GIGA ! ils sont dans la pièce !
Giga pivote immédiatement.
Deux bandits foncent sur lui.
Il esquive.
Coup de coude.
Un tir.
Un corps tombe.
Mais un autre arrive déjà.
EXTÉRIEUR
Les voitures de Kilo et Méga arrivent enfin devant le bâtiment.
Ils s’arrêtent brusquement.
Kilo sort immédiatement.
Il regarde le bâtiment.
— Trop de mouvements…
Méga sort son arme.
— Ils sont en haut.
Kilo hoche la tête.
— On monte.
TROISIÈME ÉTAGE
Terra est essoufflé.
— Ils sont de partout maintenant…
Giga recharge lentement.
— Ils veulent nous encercler complètement.
Un silence.
Puis Giga ajoute :
— Mais ils ne savent pas qu’on n’est plus seuls.
Un bruit de pas monte dans les escaliers.
Mais cette fois ce ne sont pas les bandits.
Une voix résonne :
— GIGA ! TERRA !
Kilo et Méga arrivent enfin sur l’étage.
Terra souffle de soulagement.
— Enfin…
Giga ne baisse pas son arme.
— Parfait timing.
Kilo observe la situation.
— Vous avez tenu ça seuls…?
Méga regarde les corps au sol.
— Ok… on est clairement dans un vrai combat.
Au même moment—
les bandits continuent de monter.
Encore.
Toujours.
Kilo recharge.
— Bon.
Il sourit légèrement.
— Maintenant on est quatre.
Giga regarde vers les escaliers.
Les ennemis approchent.
Terra se met en position.
Méga aussi.
Le silence revient une seconde.
Puis—
Giga murmure :
— Cette fois… ils vont comprendre.
Les bandits montaient toujours les escaliers, persuadés d’avoir enfin encerclé leurs cibles.
Giga et Terra tenaient leurs positions, prêts à riposter.
Mais soudain—
Une voix retentit derrière les ennemis, au rez-de-chaussée.
— Coucou les petits rats… prêts pour la fête ?
C’était Kilo.
Méga était juste à côté de lui.
Avant même que les bandits ne comprennent ce qui se passe—
BAM ! BAM ! BAM !
Les tirs éclatèrent depuis l’arrière.
Les bandits du bas tombèrent immédiatement dans la panique.
Certains se retournèrent trop tard.
D’autres essayèrent de fuir.
Mais Méga avançait déjà, arme levée.
Kilo tirait avec précision, neutralisant les ennemis un par un.
TROISIÈME ÉTAGE
Giga observa la scène depuis le haut.
Les mouvements ennemis diminuaient rapidement.
Terra fronça les sourcils.
— Ils tombent vite…
Giga comprit immédiatement.
Un léger soulagement passa dans son regard.
— Kilo et Méga assurent de l’autre côté. Maintenant nous on peut foncer.
Terra hocha la tête.
— Enfin.
Les deux groupes avancèrent en coordination.
Kilo et Méga nettoyaient le rez-de-chaussée et les escaliers du bas
Giga et Terra descendaient progressivement en sécurisant les étages
Les bandits restants étaient désorganisés.
Plus de stratégie.
Plus de cohésion.
Juste la panique.
Un dernier groupe tenta une résistance dans un couloir.
Terra les repoussa violemment.
Giga termina le travail d’un tir rapide.
Silence.
FIN DU COMBAT
Le bâtiment redevint calme.
Cette fois définitivement.
Les quatre se retrouvèrent au centre du rez-de-chaussée, respirant fortement.
Les armes encore chaudes.
Les regards sérieux.
Terra brisa le silence :
— Il faut qu’on quitte ici avant que cet imbécile de Orix envoie d’autres hommes.
Giga acquiesça lentement.
Le vieux, toujours tremblant, était à côté d’eux.
Terra se tourna vers lui.
— Monsieur… quel est votre nom ?
Le vieux leva les yeux.
— Chris.
Un court silence.
Méga rangea son arme.
— Pas de temps à perdre.
Il regarda les autres.
— Fichons le camp d’ici !
Sans attendre davantage, le groupe sortit rapidement du bâtiment, disparaissant dans la nuit avant que d’autres forces ennemies ne puissent arriver.
CHAPITRE 7 : LA VÉRITÉ DE CHRIS
La nuit était calme.
Trop calme.
Les quatre s’étaient arrêtés dans une vieille maison abandonnée, loin de celle qu’ils venaient de quitter. Un endroit discret, presque invisible depuis la rue.
Giga vérifia les fenêtres.
Terra surveillait la porte.
Kilo et Méga restaient en alerte.
Au centre de la pièce, Chris était assis.
Toujours marqué par ce qu’il venait de vivre.
Un silence s’installa.
Puis Giga parla :
— Maintenant… vous allez tout nous dire.
Chris leva lentement la tête.
Ses yeux n’étaient plus seulement remplis de peur.
Mais aussi de gravité.
— Ce que je vais vous dire… peut vous coûter la vie.
Kilo croisa les bras.
— Elle est déjà en jeu. Parle.
Chris inspira profondément.
— Je travaille à la mairie…
Les regards changèrent immédiatement.
Terra se rapprocha.
— Continue.
— Je ne suis pas un simple employé… dit Chris.
— J’ai accès à certains dossiers… confidentiels.
Méga fronça les sourcils.
— Quel genre de dossiers ?
Chris hésita une seconde.
— Des dossiers sur des transferts d’argent… illégaux.
Un silence lourd tomba.
Giga fixa Chris.
— Explique clairement.
Chris avala sa salive.
— De grosses sommes disparaissent des comptes publics…
— Et sont redirigées vers des organisations criminelles.
Kilo serra légèrement les mâchoires.
— Et Orix est dedans.
Chris hocha lentement la tête.
— Oui.
— Orix ne dirige pas juste des bandits…
— Il contrôle un réseau.
Chris regarda chacun d’eux.
— Des hommes dans les rues…
— Mais aussi… des complices à l’intérieur même de la mairie.
Terra resta figé.
— Donc… quelqu’un là-bas travaille avec lui.
— Pas “quelqu’un”… répondit Chris.
— Plusieurs personnes.
Méga passa une main sur sa tête.
— Ça devient sale, là…
Chris continua :
— J’ai découvert des preuves.
— Des fichiers.
— Des noms.
Giga se pencha légèrement.
— Et tu les as pris.
Chris hocha la tête.
— Oui… et ils l’ont su.
Un silence.
— C’est pour ça qu’ils me traquent.
Kilo regarda autour de lui.
— Et ces preuves… elles sont où ?
Chris posa une main sur sa poche.
— En sécurité.
Terra le fixa.
— J’espère pour toi.
Un bruit au loin.
Tout le monde se fige.
Giga fait signe de rester silencieux.
Quelques secondes passent.
Puis plus rien.
Mais la tension reste.
Terra reprend :
— Donc si on résume…
— Orix détourne l’argent de la mairie,
— avec des complices à l’intérieur,
— et toi tu détiens les preuves.
Chris acquiesça.
— Exactement.
Un silence.
Puis Terra prend une décision.
— Monsieur Chris…
Tous les regards se tournent vers lui.
— On ira chez le maire.
Kilo réagit immédiatement.
— On peut pas bouger d’ici.
Terra le regarde.
Kilo continue, sérieux :
— Les hommes d’Orix sont presque dans toutes les ruelles de la ville.
Un silence tendu.
Puis Kilo conclut :
— On écrit d’abord au maire.
La pièce était plongée dans un calme tendu.
Personne ne parlait.
Chacun restait attentif au moindre bruit venant de l’extérieur.
Chris, assis au centre, regardait le sol, encore sous pression.
Terra s’approcha de lui, déterminé.
Il sortit son téléphone et le lui tendit.
— Tenez. Écrivez au maire.
Chris releva lentement la tête.
— Quoi… ?
Terra insista, ferme :
— Dites que c’est vous.
— Et que vous voulez le voir.
Un silence.
Puis Terra ajouta, sans hésitation :
— S’il ne vous croit pas… moi-même je vais l’appeler.
Kilo observa la scène sans intervenir.
Méga croisa les bras.
Giga, lui, surveillait toujours les alentours.
Chris prit lentement le téléphone.
Ses mains tremblaient légèrement.
Il déverrouilla l’appareil… puis commença à écrire.
Chaque mot semblait peser lourd.
MESSAGE
Monsieur le Maire,
C’est Chris.
Je dois vous voir immédiatement.
C’est urgent.
Chris hésita une seconde.
Puis—
Il envoya le message.
Le silence retomba immédiatement.
Tous attendaient.
Quelques secondes.
Longues.
Très longues.
Puis—
Le téléphone vibra.
Chris fixa l’écran, surpris.
— Il… il a répondu…
Terra fit un pas en avant.
— Lis.
Chris avala sa salive et lut à voix basse :
Chris ?
Où êtes-vous ?
Je pensais que vous aviez disparu…
Les regards changèrent.
Le maire était donc déjà au courant.
Chris répondit rapidement :
Je suis en sécurité pour le moment.
Mais pas pour longtemps.
Je dois vous voir.
Quelques secondes passèrent.
Puis—
Nouvelle vibration.
Chris lut cette fois avec plus de tension :
Venez chez moi.
Immédiatement.
Un silence lourd s’installa dans la pièce.
Méga souffla doucement.
— Donc il est vraiment impliqué dans l’histoire…
Kilo secoua la tête.
— Ou juste inquiet.
Giga croisa les bras.
— Dans tous les cas… c’est un risque.
Terra regarda Chris.
— Il t’a reconnu. C’est déjà bon signe.
Chris baissa légèrement le téléphone.
— On fait quoi maintenant… ?
Tous les regards se tournèrent vers Terra.
Un court silence.
Puis il répondit, calme mais ferme :
— On se prépare.
Il regarda chacun d’eux.
— Parce que si c’est un piège…
Giga termina la phrase :
— …on sera prêts.
Le bus avançait lentement dans les rues de la ville.
Le bruit du moteur couvrait à peine les conversations des passagers.
À l’intérieur, l’ambiance semblait normale.
Mais au fond du bus—
ce n’était pas le cas.
Kilo, Méga, Giga et Terra étaient assis ensemble, avec Chris au milieu.
Discrets.
Mais attentifs.
Chaque regard comptait.
Chaque mouvement était analysé.
Terra parla à voix basse :
— On ne descend pas tous au même arrêt.
Kilo hocha la tête.
— Oui. Trop risqué.
Méga regarda par la fenêtre.
— Les rues sont calmes… mais ça ne veut rien dire.
Giga, lui, observait les passagers.
— Orix peut avoir des hommes partout.
Un silence.
Puis Chris prit la parole, hésitant :
— Vous pensez vraiment qu’on peut atteindre le maire sans problème… ?
Kilo répondit immédiatement :
— Non.
Chris avala sa salive.
— …
Méga ajouta calmement :
— Mais on va quand même y arriver.
Terra se pencha légèrement.
— On reste simples.
— Pas de mouvements brusques.
— Pas d’attention sur nous.
Giga compléta :
— Si on est suivis… on change de plan immédiatement.
Kilo regarda chacun d’eux.
— Une fois descendus, on se sépare en deux groupes.
Chris fronça les sourcils.
— Se séparer… ?
— Oui, répondit Méga.
— C’est plus difficile à suivre.
Terra pointa légèrement vers l’avant.
— Giga et moi, on ouvre la voie.
Kilo continua :
— Méga et Chris restent un peu derrière.
Chris semblait nerveux.
— Et si on se perd… ?
Giga répondit froidement :
— On ne se perd pas.
Le bus ralentit.
Un arrêt.
Des passagers montent.
D’autres descendent.
Un homme jeta un regard un peu trop long vers leur groupe.
Giga le remarqua immédiatement.
Il ne bougea pas.
Mais il le suivit du regard.
L’homme s’assit plus loin.
Méga murmura :
— Tu l’as vu ?
Giga répondit sans tourner la tête :
— Oui.
Kilo serra légèrement les poings.
— On reste calmes.
Terra ajouta :
— Tant qu’il ne bouge pas… on ne bouge pas.
Le bus redémarra.
Le trajet continuait.
Mais la tension montait lentement.
Chris essuya la sueur sur son front.
— Je n’aime pas ça…
Méga posa une main sur son épaule.
— C’est normal.
Kilo fixa l’avant du bus.
— On approche.
Terra regarda tout le monde.
— Prochain arrêt.
Un silence.
Puis Giga conclut :
— On descend.
Le bus ralentit à nouveau.
Les portes s’ouvrent.
Un souffle.
Un regard entre eux.
Coordination parfaite.
Ils se lèvent.
Sans précipitation.
Sans bruit.
Mais prêts.
Très prêts.
Les portes du bus s’ouvrirent.
Kilo descendit en premier.
Puis Terra.
Giga suivit, balayant rapidement la zone du regard.
Méga aida Chris à descendre sans attirer l’attention.
Le bus repartit aussitôt.
Un silence.
La rue était calme.
Propre.
Éclairée.
Rien à voir avec les zones qu’ils venaient de traverser.
Kilo observa autour de lui.
— On est dans une zone sécurisée.
Méga hocha la tête.
— Ça se voit.
Pas de mouvements suspects.
Pas de silhouettes cachées.
Pas de pression.
Mais malgré ça—
Giga ne relâcha pas son attention.
— Restons prudents.
Terra regarda droit devant.
— La maison du maire est à quelques rues d’ici.
Chris prit une inspiration.
— On y est presque…
TRAJET FINAL
Ils avancèrent à pied.
Calmes.
Synchronisés.
Leurs pas résonnaient légèrement sur le sol.
Quelques véhicules passaient.
Des habitants circulaient normalement.
Aucune trace des hommes d’Orix.
Kilo lâcha, à voix basse :
— Ici… ils n’osent pas agir.
Giga répondit :
— Trop exposé.
Méga regarda les caméras de surveillance fixées aux poteaux.
— Et trop surveillé.
Terra conclut :
— Parfait pour nous.
DEVANT LA MAISON DU MAIRE
Ils arrivèrent devant une grande propriété.
Clôturée.
Bien gardée.
Un portail imposant.
Deux agents de sécurité étaient postés à l’entrée.
Ils observèrent immédiatement le groupe.
Terra s’avança légèrement.
— Nous avons rendez-vous.
Un des agents plissa les yeux.
— Nom ?
Chris fit un pas en avant.
— Chris.
Un silence.
L’agent porta une main à son oreillette.
Quelques secondes.
Puis—
Le portail commença à s’ouvrir lentement.
CLIC.
Kilo échangea un regard avec Giga.
— Il les attendait vraiment…
Ils entrèrent.
La cour était vaste.
Silencieuse.
Trop propre.
Trop calme.
Méga murmura :
— Ici… c’est un autre monde.
Terra ne répondit pas.
Son regard était fixé vers l’entrée principale.
La porte s’ouvrit.
Un homme apparut.
Le maire.
Il descendit lentement les marches.
Son regard était sérieux.
Fixé sur Chris.
— Chris…
Un silence lourd s’installa.
Chris fit un pas en avant.
— Monsieur le Maire…
Leurs regards se croisèrent.
Tout allait enfin commencer.
Le maire s’avança vers eux avec calme.
Son regard passait de Chris à chacun des membres du groupe.
— Entrez.
Ils ne discutèrent pas.
Ils le suivirent à l’intérieur.
La pièce était vaste.
Bien éclairée.
Silencieuse.
Un contraste total avec le chaos qu’ils venaient de quitter.
Le maire s’assit.
Les autres restèrent debout quelques secondes, puis prirent place.
Le silence s’installa.
Puis Terra prit la parole.
Son ton était direct.
— Monsieur le maire… il faut qu’on fasse tout pour finir avec cette affaire.
Le maire le fixa.
— Continue.
Terra enchaîna :
— Vous connaissez très bien Orix.
— Monsieur Chris aussi.
Il désigna Chris d’un geste.
— Orix cherche coûte que coûte Monsieur Chris… pour pouvoir vous atteindre.
Un silence lourd tomba.
Le maire ne nia pas.
Il savait.
Chris prit la parole à son tour.
Sa voix était plus posée, mais sérieuse.
— Il y a quelque chose que j’ai oublié de mentionner…
Tous les regards se tournèrent vers lui.
— Orix vient de transférer une grosse somme à une de mes servantes… pour pouvoir m’avoir.
Méga fronça les sourcils.
— Sérieusement…
Chris continua :
— Heureusement… ma servante m’aime vraiment.
— Elle m’a tout raconté.
Kilo hocha lentement la tête.
— Donc il infiltre même ton entourage proche…
Chris acquiesça.
— Oui.
Puis il ajouta :
— J’ai dû quitter ma maison pour éviter des problèmes dans mon quartier.
— Je suis parti me réfugier dans un jardin public…
Un silence.
— Mais Orix m’a tracé.
— Il a envoyé ses hommes pour me prendre.
Il regarda les quatre.
— Ce sont ces jeunes… qui m’ont sauvé.
Le maire posa lentement ses mains sur la table.
— D’accord.
Son regard devint plus dur.
— Je vais faire appel à toutes les forces de l’ordre de la ville.
Kilo intervint immédiatement.
— Monsieur Chris restera chez vous en attendant.
Le maire tourna la tête vers lui.
Kilo continua, calme mais ferme :
— Votre zone est sécurisée.
— Orix n’a pas eu l’audace de frapper ici.
Un court silence.
Puis—
— Mais il peut le faire.
Giga prit le relais.
Son ton était froid.
Précis.
— Orix nous connaît.
Le maire fronça légèrement les sourcils.
— Comment ça ?
— Il a des infos sur notre équipe… KMGT.
Un silence.
— Un de nos agents infiltrés a été compromis.
Méga serra les mâchoires.
Giga continua :
— Il a récupéré toutes les informations.
— Il a déjà envoyé trente de ses hommes nous chercher.
Terra regarda le maire droit dans les yeux.
— Ils nous ont tracés.
Giga conclut :
— Et ils savent qu’on est chez vous.
Un silence lourd tomba dans la pièce.
Le maire réfléchit quelques secondes.
Puis il prit une décision.
— Vous dormez tous ici.
Personne ne contesta.
Méga laissa échapper un léger souffle.
— Merci…
Le maire se leva.
Son ton redevint calme.
— Allons manger.
Ils le regardèrent, surpris.
Il ajouta :
— Quoi qu’en soit la situation…
— il ne faut pas oublier de manger.
Un léger silence.
Puis Kilo esquissa un petit sourire.
— Là-dessus… vous avez raison.
Ils se levèrent.
Mais une chose était claire—
À l’extérieur…
Orix attendait.
Le calme régnait dans la maison du maire.
Mais pour Kilo ce calme sonnait faux.
Il se leva lentement.
— Monsieur le maire… Méga et moi, nous irons faire un tour au dehors.
Le maire le regarda, surpris.
— Maintenant ?
Terra intervint immédiatement :
— Les gars… soyez vigilants.
— Orix nous cherche aussi.
Méga esquissa un léger sourire.
— Ne t’en fais pas pour ça.
Giga observa sans parler.
Mais son regard disait tout.
Faites attention.
Kilo et Méga quittèrent la propriété.
Ils traversèrent calmement la zone sécurisée.
Puis ils la dépassèrent.
Là où la sécurité s’arrêtait.
Et où le danger commençait.
Les rues étaient presque vides.
L’éclairage faible.
L’atmosphère lourde.
Kilo ralentit légèrement.
— Méga…
Méga tourna la tête vers lui.
— Je sens que certains ont les yeux sur nous ici.
Un silence.
— Quelque chose veut se passer.
Méga hocha lentement la tête.
— Moi aussi je viens de sentir ça.
Il regarda autour de lui.
— Frère… j’espère que tu as toutes tes armes en main.
Kilo esquissa un sourire discret.
— J’ai mes couteaux… et trois pistolets bien chargés.
Méga répondit :
— Ainsi que moi.
Un silence.
— Au cas où ça va péter… on passe à l’action.
Ils venaient à peine de finir leur phrase que des silhouettes apparurent.
Devant eux.
Dix hommes.
Armés.
Bloquant la route.
L’un d’eux s’avança.
— Vous faites un pas… et c’est fini pour vous.
Un silence.
Très court.
Kilo ne répondit pas.
Il bougea.
D’un geste ultra rapide—
Il sortit ses couteaux.
Et les lança dans le cou de cinqs hommes
FSSSH ! FSSSH ! FSSSH !
Précision parfaite.
Cinq lames.
Cinq impacts.
Dans le cou.
Les cinq hommes tombèrent instantanément.
Méga enchaîna sans attendre.
Il sortit son pistolet.
BAM ! BAM ! BAM !
Cinq tirs.
Cinq cibles.
Les cinq autres s’effondrèrent.
Silence.
Brutal.
Total.
Les dix hommes étaient au sol.
Sans vie.
Mais—
Des pas.
Encore.
Dix autres hommes apparurent au bout de la rue.
Plus nombreux.
Plus rapides.
— Ils continuent… murmura Méga.
Kilo ne réfléchit pas.
— On bouge !
Ils se mirent à courir.
Rapides.
Synchronisés.
Les bandits les poursuivaient sans relâche.
Les pas résonnaient dans toute la rue.
La distance diminuait.
Kilo sortit rapidement deux grenades.
— Continue de courir !
Méga accéléra.
Sans regarder derrière.
Kilo tira les goupilles—
Et lança les grenades derrière eux.
Une explosion retentit derrière eux.
BOOOOM !!!
Une première explosion.
Puis—
BOOOOM !!!
La seconde.
Un souffle puissant envahit la rue.
Des cris.
Puis plus rien.
Kilo et Méga ralentirent légèrement.
Puis s’arrêtèrent.
Ils se retournèrent.
Silence.
Fumée.
Débris.
Plus aucun mouvement.
Méga souffla.
— Là… ils vont réfléchir avant de nous suivre.
Kilo regarda la rue détruite.
— Orix a lancé la chasse.
Un silence.
Puis il ajouta :
— Et maintenant… il sait qu’on n’est pas faibles.
Méga esquissa un sourire.
— Tant mieux.
Mais au fond—
ils savaient une chose.
Ce n’était que le début.
Le marché de Kankara vibrait de bruit et de mouvement.
Des vendeuses criaient.
Des clients se pressaient.
Des motos passaient entre les étals.
Tout semblait normal.
Mais Kilo s’arrêta net.
Son regard venait de se figer au loin.
— Méga… regarde ces gars.
Méga suivit son regard.
Dix hommes avançaient vers eux.
Même rythme.
Même regard.
Même intention.
Aucun doute.
Ils étaient venus pour eux.
Méga souffla, presque amusé.
— Waouh… les gens risquent vraiment leurs vies à Kankara.
Kilo ne détourna pas les yeux.
— On s’casse d’ici.
Ils quittèrent immédiatement le marché.
Sans courir.
Sans paniquer.
Mais assez vite pour éviter d’attirer l’attention.
Derrière eux les dix hommes suivirent.
À la même allure.
Silencieux.
Collés à leurs traces.
Kilo et Méga atteignirent le bord d’une grande voie.
Les voitures passaient rapidement.
Le bruit des moteurs couvrait presque tout.
Kilo s’arrêta.
Méga aussi.
Ils se retournèrent.
Et attendirent.
Les dix hommes arrivèrent enfin devant eux.
L’un d’eux craqua son cou.
Puis sourit.
— Vous êtes fatigués de marcher.
Un autre s’avança.
— Les gars… finissons avec eux.
Ils chargèrent.
Mais Kilo bougea avant eux.
Trop vite.
Un homme prit un coup violent au torse et fut projeté contre une voiture à l’arrêt.
Un autre fut frappé à la mâchoire et s’écrasa contre une portière.
Kilo attrapa un homme par le bras, pivota et le projeta brutalement au sol.
Un autre tenta d’attaquer par derrière mais Kilo se baissa, le frappa au ventre, puis le repoussa violemment contre un capot.
Le cinquième reçut un coup de genou au sternum et s’effondra.
Le sixième tenta de sortir une arme—
Kilo lui brisa l’élan d’un coup sec, puis l’envoya rouler sur le bitume.
En quelques secondes six hommes étaient déjà hors combat.
De son côté, Méga était entré dans sa propre tempête.
Plus lourd.
Plus brutal.
Plus direct.
Le premier homme qui l’attaqua prit un coup au bras.
Craquement sec.
Il hurla et tomba.
Le second voulut frapper mais il bloqua, tordit son articulation et le jeta au sol.
Le troisième reçut un coup au genou et s’effondra aussitôt.
Le quatrième tenta de reculer mais Méga le rattrapa, le frappa au torse et l’envoya s’écraser au sol.
Les quatre restants étaient neutralisés au sol incapables de continuer.
Le bruit de la circulation continua comme si la ville refusait de s’arrêter pour eux.
Kilo regarda autour de lui.
Les passants s’étaient éloignés.
Les véhicules ralentissaient.
Mais personne n’osait s’approcher.
Du sang coulait sur le bitume.
Le silence s’installa autour d’eux.
Lourd.
Brutal.
Méga essuya sa main.
— Dix de plus.
Kilo regarda les corps étalés sur la voie.
— Orix devient prévisible.
Méga tourna la tête vers lui.
— Et maintenant ?
Kilo fixa la route devant eux.
— Maintenant… on rentre.
Un silence.
Puis il ajouta :
— Et on lui fait comprendre qu’on n’est pas ses proies.
L’entrepôt était plongé dans un silence lourd.
Les hommes d’Orix revenaient un à un.
Fatigués.
Sales.
Et surtout—
les mains vides.
Orix était debout au centre de la pièce, immobile, le regard froid.
Il n’avait pas bougé.
Il attendait.
Un de ses hommes s’avança finalement.
Hésitant.
— Chef…
Orix leva lentement les yeux.
— Parle.
L’homme avala sa salive.
— Kilo et Méga…
Un silence.
— Ils ont battu dix de nos hommes.
L’atmosphère changea immédiatement.
Plus personne ne bougea.
Le regard d’Orix se durcit.
— Dix ?
L’homme hocha lentement la tête.
— Oui, chef.
Un autre s’avança à son tour.
— Ils sont devenus plus forts qu’avant.
Le silence retomba.
Lourd.
Orix ne répondit pas tout de suite.
Son regard se perdit un instant dans le vide.
— On dirait que Giga et Terra les ont formés.
Sa voix était calme.
Trop calme.
Ce qui le rendait encore plus dangereux.
Il se mit à marcher lentement.
— Je les avais mal jugés…
Un silence.
— C’était une erreur.
Il s’arrêta.
Puis tourna lentement la tête vers ses hommes.
— Prochainement…
Sa voix se fit plus froide.
— j’envoie trente personnes.
Personne ne parlait.
Personne ne respirait presque.
Orix fixa le groupe devant lui.
— Et cette fois…
Il marqua une pause.
— vous me les amenez.
Son regard devint glacial.
— Vivants.
Un silence.
Puis plusieurs hommes se redressèrent d’un même mouvement.
— Oui, chef.
Orix croisa lentement les bras.
— Kilo et Méga ont grandi.
Son ton se fit plus dur.
— Très bien.
Un léger sourire apparut sur son visage.
Froid.
Calculateur.
— Alors on va voir jusqu’où ils peuvent tenir.
Au fond de l’entrepôt les hommes se préparaient déjà.
La prochaine chasse serait plus grande.
Plus violente.
Et cette fois Orix comptait frapper plus fort.
La nuit s’était installée depuis un moment lorsque Kilo et Méga franchirent de nouveau le portail de la résidence du maire.
Les agents de sécurité les laissèrent entrer sans poser de question.
À l’intérieur, rien n’avait bougé.
Le calme régnait toujours dans la grande maison.
Un calme presque trompeur.
Dans le salon, Terra, Giga, Chris et le maire étaient encore éveillés.
Ils attendaient.
Terra releva immédiatement la tête en les voyant revenir.
— Alors ?
Kilo entra le premier.
Son visage était fermé.
— Orix a encore lancé ses hommes sur nous.
Le silence tomba aussitôt dans la pièce.
Méga prit la suite.
— Dix dans le marché.
— Dix autres un peu plus loin.
Chris releva brusquement la tête.
Le maire fronça les sourcils.
— Il a osé envoyer autant d’hommes en pleine ville ?
— Oui, répondit Kilo.
— Et ils ne se cachent même plus.
Méga s’adossa légèrement au dossier d’un fauteuil.
— Ils nous ont suivis jusqu’au bord d’une grande voie.
— Ils pensaient nous coincer.
Giga observait déjà leurs visages.
Il lisait la suite avant même qu’ils ne la disent.
— Et ? demanda Terra.
Kilo le regarda.
— Ils ont échoué.
Un bref silence suivit.
Puis Méga ajouta calmement :
— Ils sont tombés.
— Tous.
Le maire garda le silence.
Chris, lui, baissa lentement les yeux.
La situation venait de franchir un seuil.
Orix ne cherchait plus à intimider.
Il cherchait à user.
À épuiser.
À forcer l’erreur.
Terra croisa les bras.
— Il ne sonde plus.
— Il pousse.
Giga acquiesça lentement.
— Et il continuera tant qu’il aura l’avantage du rythme.
Le maire tourna la tête vers lui.
— Expliquez.
Giga se redressa légèrement.
— Orix choisit où frapper.
— Quand frapper.
— Et combien d’hommes envoyer.
Il marqua une pause.
— Tant que nous restons là à attendre ses attaques, nous jouons selon ses règles.
Kilo hocha la tête.
— Et à ce jeu-là, il finira par nous user.
La phrase pesa dans le silence.
Personne ne chercha à la contredire.
Parce qu’elle disait exactement ce que tous comprenaient déjà.
Terra se redressa lentement.
Son regard se posa sur chacun d’eux.
— Alors on change de plan.
Le silence revint.
Net.
Attentif.
Méga leva légèrement les yeux.
Terra poursuivit :
— Jusqu’ici, on a répondu à ses mouvements.
— À partir de maintenant, c’est lui qui répondra aux nôtres.
Chris releva la tête.
— Vous voulez prendre l’initiative…
— Oui, répondit Terra.
— Et le forcer à sortir de son schéma.
Le maire demeura silencieux.
Giga reprit :
— Orix fonctionne toujours de la même manière.
— Il envoie.
— Il observe.
— Il corrige.
— Puis il frappe plus fort.
Kilo comprit immédiatement où Giga voulait en venir.
— Donc on lui donne quelque chose à observer.
Méga tourna la tête vers lui.
— Une fausse piste.
Giga acquiesça.
— Une information crédible.
— Suffisamment solide pour qu’il y croie.
— Suffisamment urgente pour qu’il réagisse vite.
Chris fronça les sourcils.
— Et il enverra ses hommes.
— Exactement, répondit Terra.
— Sauf que cette fois, ils n’iront pas nous chercher.
Un silence.
Puis il conclut :
— Cette fois, c’est nous qui les attendrons.
Le maire observa longuement les quatre hommes.
Le ton avait changé.
Leur posture aussi.
Ils ne cherchaient plus à tenir.
Ils se préparaient à reprendre le contrôle.
Chris prit une lente inspiration.
— Et s’il comprend que c’est un piège ?
Kilo répondit sans hésiter :
— Alors il viendra lui-même vérifier.
Méga laissa échapper un léger sourire.
— Et ce sera sa première vraie erreur.
Terra leva les yeux.
Le calme dans la pièce n’avait pas changé.
Mais quelque chose, cette fois, venait de basculer.
— Jusqu’ici, on survivait.
Le silence se fit total.
Puis Terra conclut, d’une voix froide :
— Maintenant, on change de plan.
Le lendemain, peu avant midi, la résidence du maire s’anima plus tôt que d’habitude.
Dans la cour, seize agents discrets attendaient déjà.
Des hommes choisis par le maire lui-même.
Silencieux.
Formés.
Armés.
Kilo, Méga, Giga et Terra les rejoignirent quelques minutes plus tard.
Cette fois, personne ne sortirait à visage découvert.
Le plan exigeait autre chose.
Des vêtements simples.
Des allures banales.
Rien qui puisse rappeler KMGT.
Ni leur posture.
Ni leur style.
Ni leur manière habituelle d’occuper l’espace.
Ils devaient disparaître dans la foule.
Terra ajusta sa veste.
— Aujourd’hui, personne ne doit nous reconnaître.
Giga vérifia une dernière fois l’ensemble.
— Orix connaît nos visages.
— Ses hommes aussi.
Méga termina de fixer sa casquette.
— Alors aujourd’hui, ils verront tout… sauf nous.
Kilo jeta un dernier regard au groupe.
— On se fond.
— On observe.
— Et personne ne bouge sans signal.
Les seize agents acquiescèrent.
Le groupe quitta la résidence en plusieurs vagues.
Séparés.
Dispersés.
Comme de simples passants.
Les rues étaient plus animées que la veille.
Le secteur choisi était vivant.
Dense.
Idéal pour observer sans être vu.
À quelques rues de là, un grand rassemblement se préparait.
Une présentation publique.
Un entrepreneur influent devait prendre la parole devant plusieurs investisseurs, commerçants et représentants locaux.
Une scène avait été installée.
Des chaises alignées.
Des agents de sécurité en périphérie.
Une foule déjà compacte.
Le décor parfait pour une attaque propre.
Et un terrain idéal pour disparaître après.
Terra observa les environs.
— Trop de monde.
— Trop d’angles morts.
Giga balaya les accès du regard.
— Donc parfait pour Orix.
Quelques minutes plus tard—
une voiture noire ralentit à l’angle de la rue.
Puis s’arrêta.
Kilo la repéra immédiatement.
— Contact.
Tous restèrent calmes.
La portière s’ouvrit.
Orix descendit.
Costume sombre.
Regard froid.
Maîtrisé.
Derrière lui, plusieurs hommes sortirent à leur tour.
Discrets.
Mais trop synchronisés pour être de simples accompagnateurs.
Terra baissa légèrement la tête.
— C’est lui.
Méga observa sans détourner le regard.
— Et il n’est pas venu seul.
Orix jeta un bref regard autour de lui.
Puis commença à avancer vers la zone de présentation.
Ses hommes l’entouraient sans en avoir l’air.
Un cercle mobile.
Propre.
Calculé.
Giga suivait chacun de leurs mouvements.
— Ils sont déjà en position.
Orix ralentit légèrement.
Puis parla sans se retourner.
Mais assez fort pour être entendu par les siens.
— Vous faites tout votre possible pour éliminer le PDG.
Ses hommes restèrent silencieux.
À l’écoute.
Orix poursuivit d’un ton froid :
— On le fera dès qu’il finira sa présentation.
Un bref silence.
Puis :
— Non.
Il corrigea lui-même.
— Presque à la fin de la séance.
Kilo échangea un regard avec Terra.
Le message était clair.
Orix n’était pas venu pour observer.
Il était venu exécuter.
Terra baissa légèrement la tête, la voix calme.
— On le tient.
Giga répondit sans détourner les yeux :
— Et cette fois… on le regarde jouer avant de refermer le piège.
La salle était pleine.
Le public suivait la présentation avec attention.
Sur scène, le PDG poursuivait son intervention avec calme, sans imaginer un seul instant que plusieurs regards, dans la salle, attendaient le moment de le faire tomber.
Dispersés dans l’assistance, Kilo, Méga, Giga et Terra observaient.
Silencieux.
Attentifs.
Les seize agents du maire étaient déjà répartis dans la salle, noyés dans la foule, parfaitement fondus dans le décor.
Orix, lui, se tenait plus loin.
Calme.
Presque détendu.
Ses hommes occupaient déjà leurs positions.
Trop bien placés pour être de simples spectateurs.
Giga suivait leurs mouvements sans détourner le regard.
— Ils sont déjà en place.
Terra, de l’autre côté de la salle, observait un homme au fond, trop immobile pour être innocent.
Sa main glissa discrètement dans sa veste.
— Le tireur est prêt.
Sur scène, le PDG continuait.
Sa voix était stable.
Le ton assuré.
Puis—
l’un des hommes d’Orix bougea à peine.
Un geste bref.
Précis.
Presque invisible.
Dix petites flèches partirent en direction du PDG.
Rapides.
Silencieuses.
Mortelles.
Mais Terra avait déjà anticipé.
D’un geste vif, il activa un petit drone de poche.
Le minuscule appareil jaillit de sa main et fendit l’air à toute vitesse.
En une fraction de seconde, il se plaça dans l’axe.
Les flèches le frappèrent de plein fouet.
Le drone fut dévié, mais les projectiles furent stoppés.
Personne dans le public ne comprit ce qui venait de se passer.
Seulement un bruit sec.
Un choc discret.
Et un léger mouvement au-dessus de la scène.
Orix, lui, le vit.
Son regard changea aussitôt.
Surpris.
Puis plus froid encore.
Il tourna légèrement la tête vers le tireur.
— Ne tente pas une seconde fois.
L’homme se figea.
Orix poursuivit, sans quitter la scène des yeux :
— Il n’a pas encore fini.
Un silence.
Puis, plus bas :
— Dès qu’il dira : “c’est la fin”… tu recommences.
De l’autre côté de la salle, Terra avait lu sur ses lèvres.
Il se pencha légèrement vers les autres.
— Ils vont tenter une seconde fois.
Kilo garda les yeux sur Orix.
— Alors cette fois, on les cueille.
Sur scène, le PDG poursuivait son discours, inconscient du piège qui se refermait autour de lui.
Quelques secondes plus tard, il leva les yeux vers l’assemblée.
— Mesdames et messieurs…
Il marqua une pause.
— Nous sommes à la fin de cette séance.
À peine les mots prononcés—
le tireur lança une seconde salve.
Les flèches repartirent.
Même angle.
Même vitesse.
Même cible.
Mais Terra réagit encore plus vite.
Un second drone jaillit de sa manche et fila droit dans leur trajectoire.
Impact.
Les flèches furent stoppées une nouvelle fois.
Cette fois, Orix comprit.
Quelqu’un, dans cette salle, anticipait chacun de ses mouvements.
Son visage se durcit.
Sans hésiter, il sortit son pistolet.
Sa voix claqua dans la salle :
— Que personne ne bouge.
Le public se figea.
Le silence tomba d’un coup.
Puis les gardes du bâtiment réagirent.
Ils se ruèrent vers lui.
Mais les hommes d’Orix les interceptèrent aussitôt.
Le choc fut brutal.
Rapide.
Les premiers gardes tombèrent sous les coups.
La salle sombra dans le chaos.
Cris.
Mouvement.
Paniques.
Terra porta aussitôt la main à son oreillette.
— Protégez le PDG.
— Les hommes qui montent vers la scène sont pour vous.
— Nous, on prend les autres.
Les seize agents du maire se mirent en mouvement immédiatement.
Discrets une seconde plus tôt.
Offensifs l’instant suivant.
Ils convergèrent vers la scène et verrouillèrent l’accès au PDG.
Pendant ce temps—
KMGT entra dans la mêlée.
Kilo frappa le premier.
Sec.
Précis.
Un homme d’Orix s’effondra.
Méga enchaîna aussitôt, plus lourd, plus brutal, brisant l’élan de deux autres.
Giga avançait déjà, méthodique, neutralisant chaque ouverture.
Terra, lui, coupait les angles, cassait les trajectoires, empêchait toute percée vers la scène.
Le combat fut rapide.
Violent.
Contrôlé.
Les hommes d’Orix tombèrent les uns après les autres.
Le PDG était déjà extrait derrière les agents du maire.
Hors de portée.
En sécurité.
Quelques secondes plus tard—
le chaos se calma.
Les derniers hommes d’Orix étaient au sol.
Neutralisés.
Le public avait fui.
La salle s’était vidée.
Et il ne restait plus qu’un homme debout.
Orix.
Seul.
Face à KMGT.
Un silence tendu s’installa.
Kilo, Méga, Giga et Terra lui faisaient face.
Alignés.
Immobiles.
Orix les observa quelques secondes.
Puis un léger sourire passa sur son visage.
Froid.
Calculateur.
Sa main glissa lentement à sa ceinture.
— Intéressant…
Puis, sans prévenir, il lança une petite bouteille métallique au sol.
Un sifflement sec retentit.
Du gaz se répandit immédiatement dans la salle.
La vision se brouilla.
Le temps d’un instant.
Puis Orix disparut.
Quand le gaz se dissipa—
il n’était plus là.
Le gaz se dissipa lentement dans la salle de conférence.
Le silence revint, lourd, presque irréel après le chaos.
Les agents du maire sécurisaient déjà le PDG, encore sous choc, tandis que la salle était vidée en urgence.
Kilo, Méga, Giga et Terra restaient immobiles une seconde.
Puis Giga parla le premier.
— Il a utilisé un écran de fuite.
Terra serra les dents.
— Il était préparé.
Méga regarda autour de lui.
— Et trop calme pour quelqu’un qui vient de perdre ses hommes.
Kilo s’approcha de la sortie principale.
— Il n’est plus ici.
Giga le suivit du regard.
— Non.
Un silence.
Puis il ajouta :
— Mais il n’est pas loin.
Ils sortirent rapidement du bâtiment.
L’extérieur était encore en désordre.
Des passants paniqués.
Des véhicules arrêtés.
Des agents qui tentaient de reprendre le contrôle.
Terra observa les alentours.
— Il a utilisé le chaos pour disparaître.
Kilo inspecta une ruelle latérale.
— Direction probable ?
Giga analysa rapidement la scène.
Empreintes de mouvement.
Angles de sortie.
Temps de réaction.
— Il a quitté par l’arrière.
Méga hocha la tête.
— Donc il connaissait déjà les lieux.
Un court silence.
Puis Giga conclut :
— Il ne fuit pas à l’aveugle.
— Il se déplace avec des informations.
Terra comprit immédiatement.
— Donc quelqu’un lui fournit tout ça.
Quelques minutes plus tard, ils étaient de retour dans la résidence du maire.
Le maire les attendait déjà dans le salon.
Chris était debout à côté de lui, inquiet.
Le PDG venait d’être mis en sécurité ailleurs.
Le maire les fixa dès leur entrée.
— Il a réussi à s’échapper.
Ce n’était pas une question.
Giga hocha simplement la tête.
— Oui.
Un silence lourd s’installa.
Kilo prit la parole :
— Il connaissait la configuration du lieu.
— Trop bien.
Méga ajouta :
— Et il savait exactement quand intervenir.
Chris releva la tête, inquiet.
— Ça veut dire quoi… ?
Giga répondit sans détour :
— Ça veut dire qu’il ne travaille pas seul.
Le maire fronça les sourcils.
— Expliquez.
Terra s’avança légèrement.
— Orix n’agit pas uniquement avec ses hommes.
— Il est informé à l’avance.
— Toujours.
Un silence.
Puis Giga ajouta :
— Et quelqu’un dans votre système lui transmet ces informations.
L’atmosphère changea immédiatement.
Plus lourde.
Plus méfiante.
Le maire resta silencieux quelques secondes.
Puis il demanda :
— Vous êtes en train de dire qu’il y a une fuite… ici ?
Méga répondit calmement :
— Ou dans vos réseaux.
Chris serra les poings.
— C’est impossible…
Kilo le regarda.
— Rien n’est impossible dans ce genre de guerre.
Le maire s’assit lentement.
Pour la première fois, il semblait perdre un peu de contrôle sur la situation.
Giga reprit :
— Orix ne se contente pas d’attaquer.
— Il anticipe.
Terra croisa les bras.
— Et tant qu’il anticipe, il garde toujours un coup d’avance.
Un silence.
Puis Kilo lâcha :
— Donc on ne le chasse pas juste dans la rue.
Méga comprit immédiatement.
— On le chasse dans son réseau.
Giga hocha lentement la tête.
— Exact.
Le maire releva les yeux.
— Vous voulez dire que cette guerre vient de changer de nature…
Terra répondit simplement :
— Elle a toujours été plus grande que ça.
Un silence profond s’installa.
Puis Terra conclut :
— Jusqu’ici, on poursuivait un homme.
Il marqua une pause.
— Maintenant, on poursuit une organisation.
La nuit était retombée sur la résidence du maire, mais personne ne dormait réellement.
Dans le grand salon, les lumières restaient allumées.
Les rideaux tirés.
Les portes verrouillées.
Et pour la première fois depuis le début du conflit, le silence n’avait rien de rassurant.
Il pesait.
Comme une présence invisible.
Kilo était adossé contre un mur, les bras croisés, le regard perdu dans la pièce.
Méga faisait lentement les cent pas.
Terra était assis, penché en avant, les mains jointes.
Giga, lui, observait le plan de la ville étalé sur la table.
Chris était assis un peu à l’écart.
Le maire restait debout.
Tous attendaient la même chose sans vraiment vouloir la dire.
Qui, ici, parlait trop ?
Qui, ici, savait trop ?
Giga brisa le silence.
— Orix ne nous a pas trouvés par hasard.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
Il ne leva pas la tête.
— Chaque attaque était précise.
— Trop précise.
Méga s’arrêta de marcher.
— Tu veux dire qu’il avait les infos avant nous ?
Giga hocha lentement la tête.
— Oui.
Un silence.
Terra se redressa légèrement.
— Donc il y a une fuite.
Chris réagit immédiatement.
— Impossible…
Kilo le regarda calmement.
— Rien n’est impossible depuis le début de cette affaire.
Le maire serra les mâchoires.
— Dans mon système… ?
Giga répondit sans détour :
— Dans votre système, oui.
— Ou dans un accès indirect.
Le silence devint plus lourd.
Méga croisa les bras.
— Donc il ne nous traque pas juste avec des hommes.
— Il nous traque avec des informations.
Giga répondit :
— Exactement.
Il posa son doigt sur la carte.
— Les attaques ne sont pas aléatoires.
— Elles suivent un schéma.
Terra s’approcha.
— Montre.
Giga traça plusieurs points sur la ville.
— Ici.
— Ici.
— Et ici.
Il releva enfin la tête.
— À chaque fois, il arrive juste après nos déplacements.
Un silence.
Chris fronça les sourcils.
— Ça veut dire quoi concrètement ?
Kilo répondit avant Giga :
— Quelqu’un lui dit où on est.
Le maire passa lentement une main sur son front.
— Donc… quelqu’un dans mon entourage…
Méga termina la phrase :
— Ou dans vos communications.
Le silence tomba.
Plus net.
Plus froid.
Terra se leva lentement.
— À partir de maintenant, plus rien ne sort sans validation.
Le maire le regarda.
— Vous voulez contrôler mes services ?
Terra ne détourna pas le regard.
— Oui.
Silence.
Puis il ajouta :
— Parce que si on ne le fait pas, Orix continuera à jouer avec nous comme il veut.
Le maire finit par acquiescer lentement.
— Faites.
Giga reprit :
— On doit aussi changer notre manière de fonctionner.
Kilo se redressa.
— Comment ?
Giga désigna la carte.
— On arrête les déplacements prévisibles.
— On arrête les réunions fixes.
— On arrête les schémas répétitifs.
Méga comprit immédiatement.
— On devient invisibles.
Giga hocha la tête.
— Et surtout… imprévisibles.
Chris prit la parole pour la première fois depuis longtemps.
— Et Orix ?
Un silence.
Terra répondit calmement :
— Il va continuer à frapper.
Kilo compléta :
— Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il perd le contrôle.
Méga esquissa un léger sourire.
— Et quand il comprendra… il va accélérer.
Giga ajouta :
— Et c’est là qu’il commettra une erreur.
Un silence profond s’installa.
Puis Terra s’approcha de la table.
Il posa une main sur la carte.
— On ne peut plus seulement subir ses attaques.
Il regarda chacun d’eux.
— Il faut le forcer à sortir.
Kilo comprit immédiatement.
— Un piège.
Terra hocha la tête.
— Oui.
Méga se rapprocha.
— Un faux objectif.
Giga compléta :
— Suffisamment important pour qu’il réagisse.
Chris leva les yeux.
— Et s’il refuse ?
Terra répondit simplement :
— Il ne refusera pas.
Un silence.
— Orix n’ignore jamais une opportunité.
Le maire croisa les bras.
— Et vous comptez lui donner quoi ?
Giga fixa la carte.
Puis répondit :
— Une position.
Un silence.
Méga fronça les sourcils.
— Une fausse ?
— Oui.
Kilo comprit.
— Une position crédible.
Giga hocha la tête.
— Trop précise pour être ignorée.
— Trop dangereuse pour être laissée.
Terra recula légèrement.
— Cette fois, il ne nous chassera pas.
Un silence.
Puis il ajouta :
— Il viendra.
Méga souffla légèrement.
— Et on l’attendra.
Le maire observa longuement les quatre hommes.
Il comprenait enfin quelque chose de fondamental.
Ce n’était plus une simple confrontation.
C’était une guerre de perception.
Une guerre de contrôle.
Une guerre d’avance.
Chris murmura :
— Et si quelqu’un le prévient encore ?
Giga répondit immédiatement :
— Alors on saura qu’il est dans cette pièce.
Silence total.
Kilo se redressa.
— On commence quand ?
Terra répondit sans hésiter :
— Maintenant.
Le lendemain matin, la résidence du maire avait changé de visage.
Plus personne ne circulait librement.
Les entrées étaient filtrées.
Les communications réduites.
Chaque déplacement était observé.
Chaque échange était noté.
Depuis la veille, Giga avait verrouillé tout ce qui pouvait l’être.
Appels.
Messages.
Ordres de sortie.
Demandes internes.
Plus rien ne circulait sans passer sous son regard.
Et très vite—
une anomalie apparut.
Un message.
Court.
Discret.
Presque banal.
Envoyé quelques minutes après la réunion de la veille.
Destination inconnue.
Contenu simple.
Trop simple.
“Ils changent de plan.”
Giga fixa l’écran quelques secondes.
Puis releva lentement les yeux.
— On l’a trouvé.
Quelques minutes plus tard, Terra, Giga, Kilo et Méga traversaient déjà un couloir latéral du bâtiment administratif rattaché à la résidence.
Le maire marchait derrière eux, silencieux.
Au fond du couloir, un homme attendait.
L’un des agents de liaison du maire.
Un homme discret.
Toujours présent.
Jamais remarqué.
Le genre d’homme qu’on oubliait facilement.
Et c’était précisément ce qui le rendait dangereux.
Lorsqu’il les vit approcher, il comprit immédiatement.
Son visage changea.
À peine.
Mais assez.
Terra s’arrêta devant lui.
— Depuis combien de temps ?
L’homme garda le silence.
Kilo referma la porte derrière eux.
Méga resta près de l’entrée.
Le maire observait la scène, le regard dur.
Terra fit un pas de plus.
— Depuis combien de temps tu transmets nos mouvements à Orix ?
L’homme tenta de garder son calme.
— Je ne sais pas de quoi vous parlez.
Giga leva son téléphone.
L’écran affichait le message.
— Tu veux qu’on commence par ça ?
Le silence tomba.
Le visage de l’homme se ferma.
Terra ne haussa pas le ton.
— Qui te paie ?
Aucune réponse.
— Depuis quand ?
Toujours rien.
Terra s’approcha encore.
— Combien d’informations tu lui as données ?
Le silence s’épaissit.
Puis l’homme souffla enfin :
— Vous ne comprenez pas…
Terra le fixa.
— Alors explique.
L’homme releva lentement la tête.
— Orix n’est pas un homme qu’on refuse.
Silence.
— Il ne demande pas.
— Il prend.
Chris, resté en retrait, serra les mâchoires.
L’homme poursuivit :
— J’ai refusé une fois.
— Une seule.
Sa voix se brisa légèrement.
— Le lendemain, mon frère a disparu.
Un silence.
Même Méga cessa de bouger.
— J’ai reçu une vidéo le soir même.
Il baissa les yeux.
— Je n’ai plus refusé après ça.
Le silence devint lourd.
Giga observa l’homme quelques secondes.
Puis demanda :
— Combien êtes-vous ?
L’homme hésita.
Terra répéta, plus froidement :
— Combien ?
L’homme avala difficilement sa salive.
— Je… je ne sais pas tout.
Kilo le regardait sans ciller.
— Réponds.
— Je connais trois noms.
— Peut-être quatre.
Giga se redressa légèrement.
Enfin.
Une ouverture.
— Donne-les.
L’homme ouvrit la bouche.
Puis un coup de feu claqua.
Sec.
Brutal.
Le silence éclata.
L’homme s’effondra immédiatement.
Une balle en pleine tête.
Mort avant de toucher le sol.
Un silence glacé tomba dans la pièce.
Terra tourna brusquement la tête.
Giga aussi.
Kilo tenait encore son arme levée.
Immobile.
Froid.
Méga le fixa.
Le maire resta figé.
Giga fut le premier à parler.
Sa voix claqua.
— Pourquoi tu as fait ça ?
Kilo baissa lentement son arme.
Son regard resta posé sur le corps.
— On élimine les traîtres.
Le silence devint brutal.
Terra fixa Kilo plusieurs secondes.
Dur.
Froid.
— Il parlait.
Kilo tourna enfin les yeux vers lui.
— Il avait déjà trop parlé.
Giga fit un pas en avant.
— Il allait nous donner des noms.
Kilo répondit sans hausser la voix :
— Et s’il mentait ?
— S’il gagnait du temps ?
— S’il envoyait Orix ailleurs pendant qu’on l’écoutait parler ?
Personne ne répondit immédiatement.
Parce qu’une partie de ce qu’il disait était vraie.
Mais le problème n’était pas là.
Terra le savait.
Giga aussi.
Kilo venait de prendre une décision seul.
Et dans une guerre comme celle-ci—
ce genre de geste coûtait plus qu’une balle.
Le silence resta suspendu plusieurs longues secondes.
Puis Terra parla enfin.
Sa voix était basse.
Tranchante.
— Ne refais plus jamais ça sans mon ordre.
Kilo soutint son regard.
Sans reculer.
Sans s’excuser.
— Alors la prochaine fois, pose moins de questions.
Silence.
Méga ferma les yeux une seconde.
Le maire détourna lentement le regard vers le corps.
Et Giga comprit une chose immédiatement.
Ils venaient peut-être de perdre une piste.
Mais ils venaient surtout de découvrir autre chose.
Le vrai problème n’était plus seulement Orix.
Le vrai problème c’était ce que cette guerre commençait à faire d’eux.
Le silence qui suivit le coup de feu resta suspendu dans la pièce comme une menace.
Personne ne bougea immédiatement.
Le corps du traître gisait encore au sol.
Le sang s’étendait lentement sous sa tête.
Le maire détourna les yeux le premier.
Sans un mot, il quitta la pièce.
Chris resta figé.
Méga observait Kilo en silence.
Giga, lui, ne le quittait pas des yeux.
Terra s’avança lentement.
— Tu viens de détruire notre seule piste.
Kilo rangea son arme sans se presser.
Son visage n’avait pas changé.
— J’ai supprimé un risque.
Giga répliqua aussitôt :
— Non.
— Tu as supprimé une source.
Kilo tourna les yeux vers lui.
— Une source contaminée.
Le ton de Giga se durcit.
— Une source exploitable.
Terra coupa court.
— Ce n’est pas le problème principal.
Le silence revint.
Terra s’arrêta à quelques pas de Kilo.
Son regard était fixe.
Dur.
— Tu as pris une décision seul.
Kilo soutint son regard.
— J’ai pris la bonne.
Méga ferma brièvement les yeux.
Terra, lui, ne cilla pas.
— Ce n’est pas à toi d’en décider seul.
Kilo répondit sans détour :
— Alors décide plus vite.
Le silence se durcit encore.
Chris comprit immédiatement que quelque chose venait de se fissurer.
Pas dans le plan.
Dans l’équipe.
Giga reprit, plus froid encore :
— Tu n’as pas seulement abattu un traître.
— Tu as brisé une procédure.
Kilo haussa légèrement les épaules.
— Et pourtant il est mort.
— Ce n’était pas le but, lâcha Terra.
Kilo le fixa.
— Dans ce genre de guerre, si.
Un silence brutal tomba.
Méga s’avança enfin.
— Ça suffit.
Sa voix n’était pas forte.
Mais assez ferme pour couper la tension.
Il regarda Terra.
Puis Giga.
Puis Kilo.
— On vient de perdre assez de temps.
Terra détourna lentement les yeux.
La colère était encore là.
Mais Méga avait raison sur un point.
Continuer maintenant ne réglerait rien.
Pas ici.
Pas comme ça.
Giga recula d’un pas.
— Très bien.
Puis il fixa Kilo une dernière fois.
— Mais à partir de maintenant, tu ne bouges plus seul.
Kilo ne répondit pas.
Ce silence-là suffisait déjà.
Terra se détourna.
— On reprend dans une heure.
Il sortit.
Giga suivit.
Méga resta une seconde.
Le regard posé sur Kilo.
— Tu vas finir par te couper du groupe.
Kilo répondit sans émotion :
— Alors qu’il en soit ainsi.
Méga le fixa encore quelques secondes.
Puis il sortit à son tour.
Kilo resta seul.
Quelques secondes.
Puis il quitta la pièce sans un mot.
L’air de la nuit était plus froid qu’il ne l’aurait cru.
Kilo marcha seul.
Sans prévenir personne.
Sans destination précise.
Il avait besoin de silence.
De distance.
De vide.
Les rues étaient moins animées à cette heure.
Quelques lumières encore allumées.
Des silhouettes rares.
Un vent sec passait entre les façades.
Kilo continua d’avancer.
Seul.
Puis il ralentit.
Quelque chose n’allait pas.
Le silence venait de changer.
Un bruit.
Un déplacement.
Puis un autre.
Kilo leva légèrement les yeux.
Trop tard.
Des silhouettes sortirent de plusieurs angles.
Une.
Quatre.
Dix.
Puis davantage.
Vingt hommes.
Dispersés.
Déjà en place.
Ils l’attendaient.
Kilo s’immobilisa.
Son regard balaya la rue.
Angles fermés.
Sorties coupées.
Piège propre.
L’un des hommes s’avança légèrement.
— Tu marches souvent seul.
Kilo ne répondit pas.
Sa main glissa lentement vers son arme.
— Mauvaise idée, lança un autre.
Ils chargèrent.
Kilo bougea immédiatement.
Premier coup.
Un homme tomba.
Deuxième mouvement.
Un autre recula.
Troisième.
Impact.
Brutal.
Rapide.
Kilo frappa avec précision.
Sec.
Efficace.
Trois hommes tombèrent.
Puis quatre.
Mais ils étaient trop nombreux.
Et cette fois—
ils étaient préparés.
Un choc violent le frappa sur le côté.
Puis un autre dans le dos.
Kilo pivota, frappa encore.
Deux hommes reculèrent.
Mais un troisième lui bloqua le bras.
Un quatrième le percuta de plein fouet.
Il se dégagea.
Refrappa.
Encore.
Mais l’étau se refermait.
Trop vite.
Trop serré.
Un coup brutal à la nuque le déséquilibra.
Puis un autre au ventre.
Un genou dans les côtes.
Un choc au visage.
Kilo vacilla.
Un instant.
Un seul.
Et cela suffit.
Ils se jetèrent sur lui ensemble.
Trop de poids.
Trop de prises.
Trop de mains.
Kilo frappa encore, mais ses mouvements perdaient en amplitude.
Un coup violent à la tempe brouilla sa vision.
Puis un autre.
Ses genoux cédèrent.
Les coups tombèrent encore.
Réguliers.
Brutaux.
Méthodiques.
Jusqu’à ce qu’il cesse de répondre.
Le silence retomba.
L’un des hommes s’accroupit près de lui.
— Il respire encore.
Un autre sortit un foulard noir.
Ils lui couvrirent la tête.
Le relevèrent brutalement.
Puis l’entraînèrent vers un véhicule arrêté plus loin.
La portière coulissa.
Kilo fut jeté à l’intérieur.
Le véhicule démarra aussitôt.
Et disparut dans la nuit.
Le temps passa plus vite qu’ils ne l’avaient cru.
Après la mort du traître, chacun s’était replié dans un silence plus lourd que la fatigue.
La tension n’était pas retombée.
Elle s’était simplement déplacée.
Terra et Giga avaient repris la discussion avec le maire pour verrouiller les derniers accès encore sensibles.
Méga, lui, restait en retrait.
Plus silencieux que d’habitude.
Plus attentif aussi.
Une heure passa.
Puis presque deux.
Et quelque chose commença à lui déranger.
Il releva lentement la tête.
— Kilo n’est pas revenu.
Le silence tomba.
Giga tourna immédiatement les yeux vers lui.
Terra se redressa.
— Depuis combien de temps ?
Méga regarda l’heure.
— Trop longtemps.
Giga sortit aussitôt son téléphone.
Appel.
Aucune réponse.
Un second.
Toujours rien.
Son regard changea.
Terra comprit immédiatement.
— Dernière position.
Giga lança le suivi.
Quelques secondes.
Puis son visage se durcit.
— Il est sorti seul.
Méga se redressa d’un coup.
— Où ?
Giga fixa l’écran.
— À trois rues d’ici.
Terra n’attendit pas davantage.
— On bouge.
LA RUE
Ils arrivèrent quelques minutes plus tard.
Et comprirent immédiatement.
Le silence de la rue disait déjà tout.
Des traces de lutte.
Des marques sur le bitume.
Du sang.
Un impact contre un mur.
Une douille écrasée plus loin.
Et les traces nettes d’un véhicule arrêté en urgence.
Méga s’immobilisa.
Son regard balaya la scène sans un mot.
Giga s’accroupit.
Toucha le sol.
Puis se releva lentement.
— Il s’est défendu.
Terra observait déjà les angles.
Les sorties.
Les points d’approche.
— Ils étaient nombreux.
Méga serra les mâchoires.
— Combien ?
Terra répondit froidement :
— Suffisamment pour le prendre vivant.
Le silence retomba.
Plus lourd encore.
Giga releva lentement les yeux.
— Il n’est pas mort.
Méga tourna brusquement la tête vers lui.
— Tu en es sûr ?
Giga désigna les traces.
— Trop propre pour une exécution.
— Ils l’ont neutralisé.
— Puis embarqué.
Terra comprit immédiatement.
Et cette conclusion était pire.
— Orix l’a pris.
Le silence qui suivit fut glacial.
Méga détourna les yeux.
Cette fois, c’était personnel.
L’ENTREPÔT
L’obscurité revint d’abord.
Puis la douleur.
Lente.
Brutale.
Diffuse.
Kilo reprit conscience difficilement.
Le goût du sang dans la bouche.
Les poignets attachés.
Le torse maintenu contre une chaise métallique.
Ses jambes ligotées.
Une lumière crue tombait au-dessus de lui.
Il releva lentement la tête.
Un entrepôt.
Grand.
Vide.
Froid.
Puis des pas.
Lents.
Mesurés.
Orix apparut dans la lumière.
Calme.
Les mains dans le dos.
Il s’arrêta devant lui.
L’observa quelques secondes.
Puis sourit légèrement.
— Kilo…
Un silence.
— Tu me fais actuellement pitié.
Il inclina légèrement la tête.
— Regarde-toi.
Kilo releva le visage malgré le sang au coin des lèvres.
Son regard était encore dur.
— Détache-moi…
Sa voix était rauque.
— …pour voir si tu peux me faire quelque chose.
Le sourire d’Orix disparut.
Il frappa sans prévenir.
Un coup sec.
Violent.
En pleine bouche.
La tête de Kilo bascula sur le côté.
Le goût du sang revint plus fort.
Orix se pencha légèrement.
— Tu vas rester comme ça d’abord.
Il se redressa.
— Normalement, je devrais te tuer.
Un silence.
Puis son regard se durcit.
— Mais je vais te faire souffrir d’abord.
CHEZ DIALLO
Pendant ce temps, Terra, Méga et Giga avaient quitté la résidence du maire.
Ils s’étaient repliés chez Diallo.
Un lieu plus discret.
Plus sûr.
Personne n’avait vraiment faim.
Mais ils mangeaient quand même.
Par automatisme.
Par nécessité.
Le silence autour de la table était lourd.
Personne ne parlait vraiment.
Puis le téléphone de Terra vibra.
Numéro masqué.
Terra fixa l’écran une seconde.
Puis décrocha.
— Orix… ça te plaît de nous appeler ?
Un silence.
Puis la voix d’Orix s’éleva, calme.
— Comment tu as su que c’était moi ?
Terra s’adossa légèrement à sa chaise.
— Tu es le criminel actuel qui fait la une.
Un léger silence passa.
Puis Orix reprit :
— Je viens de prendre l’un d’entre vous.
Le regard de Terra changea.
Autour de la table, plus personne ne bougeait.
Orix poursuivit calmement :
— Ou bien vous n’avez pas encore constaté qu’il manque quelqu’un parmi vous ?
Giga se redressa immédiatement.
Son regard se durcit.
— Il a attrapé Kilo.
Méga serra la mâchoire si fort qu’aucun mot ne sortit.
Terra reprit, froid :
— Orix…
Un silence.
— S’il arrive quoi que ce soit à Kilo…
Sa voix se durcit encore.
— Tu vas payer très cher.
Un bref silence suivit.
Puis Orix répondit calmement :
— On verra bien.
La ligne se coupa.
Le silence retomba dans la pièce.
Lourd.
Brutal.
Méga posa lentement sa main sur la table.
Son regard était devenu glacial.
Giga fixait encore le téléphone.
Terra, lui, ne bougeait plus.
Puis il releva lentement les yeux.
Et cette fois, il n’y avait plus de doute.
La guerre venait de devenir personnelle.
L’entrepôt avait retrouvé son calme.
Un calme froid.
Métallique.
Lourd.
Kilo était toujours attaché à sa chaise.
Poignets liés derrière le dossier.
Jambes maintenues aux pieds de métal.
Le visage marqué.
La lèvre fendue.
Du sang séché au coin de la bouche.
La lumière suspendue au-dessus de lui projetait une clarté crue sur son visage.
Tout autour, l’espace restait presque vide.
Quelques caisses.
Des ombres.
Des piliers.
Et trois hommes.
Trois gardes laissés là par Orix.
Postés à quelques mètres.
Chargés d’une seule mission :
surveiller Kilo.
Et s’assurer qu’il ne s’échappe pas.
Même ligoté.
Même affaibli.
Même à moitié brisé.
Ils n’avaient pas reçu l’ordre de lui parler.
Encore moins de s’approcher.
Seulement de le garder en vie.
Mais l’ennui est une chose dangereuse chez les hommes stupides.
L’un des trois, adossé à une caisse, observait Kilo depuis plusieurs minutes avec un sourire mauvais.
Puis il souffla :
— On le détache un peu ?
Les deux autres tournèrent la tête vers lui.
Il haussa les épaules.
— Juste pour s’amuser un peu avec lui.
Un silence.
Puis il désigna Kilo du menton.
— Regardez-le.
— Il n’a plus de force pour faire quoi que ce soit.
Le deuxième laissa échapper un léger rire.
— Tu veux voir s’il tient encore debout ?
Le premier sourit.
— Exactement.
Le troisième, resté jusque-là silencieux, hésita.
— Orix a dit de le garder vivant.
— Et vivant, il le restera, répondit le premier.
— On ne va pas le tuer.
— Juste lui rappeler où il est.
Le second acquiesça.
— Je suis d’accord.
Le troisième observa Kilo quelques secondes.
Puis finit par céder.
— Faites vite.
Le premier s’approcha alors lentement.
Sortit un couteau.
Et coupa les liens des poignets.
Puis ceux des jambes.
Les cordes tombèrent au sol.
Kilo resta assis.
Immobile.
Le regard baissé.
Les poignets encore marqués par les liens.
Le premier garde eut un sourire satisfait.
— Tu vois ? Il est fini.
Le second s’approcha à son tour.
— Debout.
Kilo releva lentement la tête.
Son regard passa sur les trois hommes.
Calme.
Trop calme.
Puis il parla enfin.
La voix basse.
Rauque.
— Ne faites pas cette erreur.
Le premier garde ricana.
— Tu menaces encore ?
Kilo se redressa lentement sur la chaise.
Ses poignets libres.
Ses jambes libres.
Son souffle encore lourd.
Mais son regard avait changé.
— Beaucoup sont morts en commettant cette erreur.
Le second éclata de rire.
— Écoutez-le.
Kilo se leva enfin.
Lentement.
Très lentement.
Le troisième garde cessa de sourire.
Kilo fixa les trois hommes l’un après l’autre.
Puis sa voix tomba, calme et froide :
— C’est parce que je veux que vos enfants grandissent avec leurs pères.
Le silence tomba.
Court.
Incompris.
Puis le premier garde éclata de rire.
Et fit un pas en avant.
La seconde suivante
Kilo bougea.
Trop vite.
Son poing partit sans élan.
Sec.
Brutal.
Le premier garde s’effondra avant même d’avoir compris.
Le second recula d’un pas—
trop tard.
Kilo pivota, lui arracha son arme, frappa à la gorge, puis au ventre.
L’homme tomba à genoux, incapable de respirer.
Le troisième voulut dégainer.
Kilo attrapa son bras, le tordit violemment, lui arracha l’arme et l’envoya s’écraser contre un pilier.
Le choc fut sec.
Lourd.
L’homme glissa au sol.
Le silence retomba dans l’entrepôt.
Les trois gardes étaient à terre.
Neutralisés.
Kilo récupéra son souffle.
Lentement.
Essuya le sang au coin de sa bouche.
Puis releva les yeux vers l’immensité sombre de l’entrepôt.
Son regard redevint froid.
Très froid.
Il était libre.
Et maintenant c’était à eux de faire l’erreur suivante.
La nuit s’était épaissie sur les abords de l’entrepôt.
Méga, Giga et Terra étaient arrivés sans bruit.
Le véhicule avait été abandonné plus loin.
Le reste s’était fait à pied.
Silencieux.
Rapide.
Précis.
De loin, l’entrepôt paraissait mort.
Aucune agitation visible.
Aucune lumière excessive.
Seulement quelques projecteurs mal placés.
Et deux silhouettes à l’entrée.
Des gardes.
Immobiles.
Armes basses.
Giga s’arrêta.
Son regard se fixa sur eux.
Puis sa main glissa sous sa veste.
Il sortit deux fines fléchettes métalliques.
Terra tourna légèrement la tête.
— Distance ?
Giga évalua d’un regard.
— Suffisante.
Sans un mot de plus, il arma le geste.
Puis lança.
Deux mouvements secs.
Deux trajectoires nettes.
Les flèches traversèrent l’air sans bruit.
Impact.
Les deux gardes s’effondrèrent avant même d’avoir compris.
Aucun cri.
Aucune alerte.
Le silence resta intact.
Méga souffla légèrement.
— Entrée propre.
Terra fit un signe bref.
— On avance.
Ils franchirent l’entrée.
L’intérieur de l’entrepôt était vaste.
Trop vaste.
Des piliers.
Des caisses.
Des ombres épaisses.
L’endroit sentait le métal, l’huile et la poussière.
Chaque pas résonnait à peine.
Ils progressaient lentement.
Méthodiquement.
Méga balayait les angles.
Terra surveillait les hauteurs.
Giga lisait l’espace.
Puis des bruits de pas montèrent au fond.
Méga releva légèrement le menton.
— On les laisse venir.
Terra ne répondit pas.
Il attendit.
Quelques secondes plus tard, six hommes apparurent entre les rangées de caisses.
Armes en main.
Visages fermés.
L’un d’eux s’arrêta en les voyant.
Son regard passa sur les trois silhouettes.
— Qui êtes-vous ?
Terra leva légèrement les yeux.
Son arme était déjà en main.
— Vous le saurez tout de suite.
Il tira.
Trois coups.
Trois impacts.
Trois hommes tombèrent avant d’avoir levé leurs armes.
Giga enchaîna aussitôt.
Deux tirs secs.
Deux autres s’effondrèrent.
Le dernier tenta de pivoter—
Méga le percuta de plein fouet.
Le choc le projeta au sol.
Un coup.
Net.
L’homme cessa de bouger.
Le silence revint brutalement.
Six hommes.
À terre.
En quelques secondes.
Terra abaissa légèrement son arme.
— On continue.
Ils reprirent leur avancée.
Plus profondément dans l’entrepôt.
Vers le cœur.
Vers Kilo.
Et vers Orix.
Le silence retomba après les derniers coups de feu.
Méga, Giga et Terra continuaient d’avancer dans les profondeurs de l’entrepôt.
Leurs pas étaient lents.
Prudents.
Mesurés.
Chaque rangée de caisses ouvrait un nouvel angle mort.
Chaque ombre pouvait dissimuler une arme.
Ou un homme.
Terra avançait en tête.
Giga à sa droite.
Méga légèrement en retrait.
Leur progression était propre.
Silencieuse.
Méthodique.
Ils s’enfonçaient toujours plus loin vers le cœur de l’entrepôt.
Vers Orix.
Puis—
une voix s’éleva derrière eux.
Calme.
Rauque.
Presque ironique.
— Les gars… vous êtes venus me chercher ou vous êtes venus finir avec Orix ?
Les trois se retournèrent immédiatement.
Armes levées.
Puis s’immobilisèrent.
Kilo se tenait là.
Debout.
Le visage marqué.
La lèvre ouverte.
Des traces de coups encore visibles sur sa mâchoire.
Ses poignets portaient encore les marques des liens.
Mais il était debout.
Libre.
Méga souffla aussitôt.
— T’es vivant.
Kilo haussa légèrement une épaule.
— J’ai connu mieux.
Giga baissa lentement son arme.
Terra, lui, fixa Kilo quelques secondes.
Puis demanda, sans détour :
— Ils t’ont laissé libre comme ça ?
Kilo essuya du pouce le sang séché au coin de sa bouche.
— Deux de ses gardes ont fait l’erreur de me détacher.
Un bref silence.
Puis il ajouta, froidement :
— Je les ai remis à leur place.
Méga laissa échapper un léger souffle, entre tension et soulagement.
Giga observa Kilo quelques secondes de plus.
Puis hocha simplement la tête.
Terra soutint encore son regard un instant.
Puis un léger rictus passa sur son visage.
— Okayyyy.
Un silence bref.
Puis il se retourna.
Son arme revint dans l’axe.
— On avance.
Kilo ramassa l’arme d’un garde au sol.
Vérifia le chargeur.
Puis rejoignit la ligne.
Méga à gauche.
Giga à droite.
Terra devant.
Kilo reprit sa place sans un mot.
Et cette fois—
ils étaient de nouveau quatre.
Ils reprirent leur marche dans l’ombre de l’entrepôt.
Vers le fond.
Vers Orix.
Vers la fin.
Ils n’avaient pas parcouru vingt mètres de plus que le mouvement changea devant eux.
Des silhouettes surgirent entre les rangées de caisses.
D’abord quatre.
Puis huit.
Puis davantage encore.
Une masse compacte.
Des hommes armés.
Beaucoup.
Trop pour une approche silencieuse.
L’un d’eux reconnut immédiatement le groupe.
Son visage se crispa.
Puis il hurla :
— C’est KMGT !
Un bref silence.
Puis :
— Attaquez-les !
Le choc éclata aussitôt.
Les premiers tirs partirent.
Kilo, Méga, Giga et Terra réagirent dans le même mouvement.
Ils ouvrirent le feu.
Sec.
Précis.
Brutal.
Les premiers hommes tombèrent avant même d’avoir trouvé un angle.
Kilo tira deux fois.
Deux impacts.
Deux corps.
Méga pivota sur la gauche, verrouilla une ligne de tir et coupa net l’avancée de trois autres.
Giga, plus froid, plus méthodique, choisissait chaque cible avec une précision clinique.
Un tir.
Un homme.
Un second.
Un autre.
Terra avançait d’un pas.
Tirait.
Reculait d’un demi.
Reprenait l’axe.
Le couloir entier s’embrasa sous les détonations.
Les hommes d’Orix tentaient d’avancer.
Mais chaque mètre leur coûtait des vies.
Un premier groupe tomba.
Puis un second.
Mais d’autres continuaient d’arriver.
Encore.
Toujours plus.
Méga rechargea à couvert.
— Ils sont trop nombreux !
Terra jeta un regard rapide devant lui.
Les rangs se densifiaient.
Trop serrés.
Trop proches.
Parfait.
Sa main glissa à sa ceinture.
Il sortit une grenade.
Les quatre avancèrent encore dans les profondeurs de l’entrepôt.
Puis, sans prévenir, l’espace s’ouvrit.
Une immense zone de stockage.
Des piles de caisses jusqu’aux structures métalliques.
Des allées larges.
Des tables de tri.
Et surtout…
plus de quarante hommes en activité.
Certains déchargeaient des colis.
D’autres les réorganisaient méthodiquement.
Un véritable réseau logistique.
Ici, Orix ne stockait pas seulement des armes ou des hommes.
Il faisait circuler quelque chose de plus large.
De plus organisé.
Méga s’arrêta légèrement.
— Donc voilà son vrai niveau…
Giga analysait déjà les déplacements.
Les angles.
Les regroupements.
Terra, lui, avait déjà identifié une zone critique : six hommes regroupés près d’une table centrale.
Il sortit une grenade.
Puis la tendit à Giga.
— Tiens.
Giga la prit sans discuter.
Terra désigna calmement la zone.
— Lance entre ces six-là.
Giga arma le geste.
Calcula la trajectoire.
Puis lança.
La grenade traversa l’air.
Silencieuse.
Inévitable.
Un des hommes leva à peine la tête.
Trop tard.
L’explosion frappa le centre du groupe.
Une onde de choc violente.
Les six furent balayés immédiatement.
Mais ce n’était que le début.
Les débris et les éclats frappèrent autour.
D’autres hommes tombèrent.
Les caisses éclatèrent.
Le métal vibra sous la puissance du souffle.
Et en une fraction de seconde—
la zone entière bascula dans le chaos.
— Attaque ! cria quelqu’un.
Mais personne ne contrôlait déjà plus rien.
Kilo réagit le premier.
Deux grenades sortirent de ses mains.
Goupilles retirées.
Sans hésitation.
— Comme ils sont trop nombreux…
Il lança la première.
Puis la seconde.
— …on va finir avec eux tous.
Deux explosions successives déchirèrent la zone.
Des corps projetés.
Des structures renversées.
Des cris étouffés par le bruit.
Le sol vibrait encore.
Le chaos était total.
Terra leva son arme.
— Maintenant.
KMGT entra dans la zone.
Le combat devint immédiat.
Méga contrôlait la gauche.
Giga verrouillait les lignes centrales.
Kilo frappait la droite.
Terra avançait en ligne.
Les tirs étaient précis.
Courts.
Contrôlés.
Chaque mouvement était calculé.
Chaque balle trouvait sa cible.
Les hommes d’Orix tombaient les uns après les autres.
La zone logistique s’effondrait dans un bruit de guerre totale.
PLUS LOIN, DANS LE CŒUR DE L’ENTREPÔT
Le sol avait vibré jusqu’ici.
Orix releva lentement la tête.
Son regard changea immédiatement.
Froid.
Concentré.
Ses deux gardes restants se redressèrent.
Il écouta.
Encore une explosion.
Puis une autre.
Orix parla enfin.
Calmement.
— Il semble que Méga, Giga et Terra soient là.
Un silence.
Il tourna légèrement la tête vers ses hommes.
— Allez voir ce qui se passe.
Les deux gardes acquiescèrent immédiatement.
— Oui, chef.
Ils quittèrent la pièce rapidement.
Orix resta seul.
Immobile.
Puis un léger sourire apparut sur son visage.
— Enfin…
La fumée des explosions n’avait pas encore totalement disparu.
L’entrepôt vibrait encore des derniers impacts.
Des caisses renversées.
Des structures métalliques tordues.
Et au milieu de ce chaos, Kilo, Méga, Giga et Terra avançaient toujours.
Plus profondément.
Plus près du cœur.
Mais cette fois, quelque chose avait changé.
Le silence.
Un silence différent.
Plus maîtrisé.
Plus lourd.
Terra s’arrêta net.
Kilo fit de même.
Giga leva légèrement la main.
— Stop.
Méga plissa les yeux.
— Ils arrivent.
Les pas résonnèrent avant même qu’on les voie.
D’abord deux silhouettes.
Puis cinq.
Puis dix.
Dix hommes.
Mais pas comme les autres.
Ils ne couraient pas.
Ils ne parlaient pas.
Ils ne réagissaient pas au chaos autour d’eux.
Ils avançaient simplement.
Alignés.
Calmes.
Structurés.
Des combattants entraînés.
Des hommes d’élite.
L’un d’eux parla enfin, sans émotion :
— Vous êtes trop loin.
Un autre ajouta :
— Demi-tour.
Terra serra légèrement sa prise sur son arme.
— Non.
Le mot était simple.
Mais définitif.
Les dix hommes se dispersèrent immédiatement.
Le choc fut brutal.
Pas de tir d’ouverture prolongé.
Pas de désordre.
Un assaut propre.
Coordonné.
Le premier impact arriva sur Kilo.
Il esquiva de justesse.
Mais reçut un second coup au flanc.
Méga tenta d’intervenir, mais deux hommes le forcèrent à reculer.
Giga tira.
Un homme tomba.
Mais un autre le frappa immédiatement au bras, déviant son tir.
Terra engagea le combat direct.
Poing.
Coude.
Blocage.
Contre-attaque.
Mais chaque mouvement était répondu.
Chaque ouverture exploitée.
Ils étaient rapides.
Très rapides.
Trop disciplinés pour des hommes de rue.
Kilo recula d’un pas.
Puis d’un autre.
— Ils sont entraînés…
Méga serra les dents.
— Et ils se coordonnent.
Giga pivota, esquiva un coup de près, puis répondit d’un tir à bout portant.
Un homme s’effondra.
Mais immédiatement deux autres prirent sa place.
Terra encaissa un coup au visage.
Son regard se durcit.
Puis il riposta violemment, projetant son adversaire contre une caisse métallique.
Le bruit résonna.
Mais il restait encore huit hommes debout.
Le combat devint plus dur.
Plus physique.
Plus serré.
Kilo tenta une percée, mais fut bloqué et projeté en arrière.
Méga fut forcé de changer de position, submergé par deux assaillants en simultané.
Giga tirait dès qu’il pouvait respirer, mais les ouvertures étaient rares.
Terra encaissait, frappait, avançait, reculait.
Chaque seconde coûtait de l’énergie.
Chaque erreur était immédiatement punie.
Un des hommes d’élite parla calmement :
— Vous tenez bien.
Un autre ajouta :
— Mais pas assez.
Ils resserrèrent leur formation.
Encore.
Les attaques devinrent plus précises.
Plus agressives.
Kilo bloqua un coup mais glissa légèrement sous la pression.
Méga fut touché à l’épaule.
Giga recula pour éviter une prise.
Terra commençait à ralentir légèrement.
Le combat devenait une guerre d’usure.
Kilo reprit son souffle, essuyant le sang sur sa lèvre.
— Ils ne sont pas comme les autres…
Méga répondit à peine :
— Non… eux, ils viennent pour gagner.
Giga analysa en continu.
— Formation en anneau.
— Ils nous isolent.
Terra comprit immédiatement.
— Ils veulent nous séparer.
Un silence bref.
Puis il ajouta :
— Alors on reste ensemble.
Ils se regroupèrent instinctivement.
Dos à dos.
Quatre contre dix.
Le combat reprit immédiatement.
Plus violent.
Plus serré.
Plus dangereux.
Mais cette fois KMGT résistait.
Le combat avait duré plus longtemps que prévu.
Trop longtemps.
Chaque seconde avait coûté en énergie, en précision, en souffle.
Les dix hommes d’élite avaient tenu leur position jusqu’au bout, comme une unité formée pour ne pas céder.
Mais KMGT aussi avait changé.
Ce n’était plus un simple groupe.
C’était une coordination en mouvement.
Une seule logique répartie en quatre corps.
Kilo attaquait les angles faibles.
Méga absorbait les assauts frontaux.
Giga lisait le rythme et cassait les ouvertures adverses.
Terra imposait la pression et le tempo.
Peu à peu, l’équilibre avait basculé.
Un premier homme tomba.
Puis un second.
Un troisième suivit, frappé violemment contre une structure métallique.
Leur formation commença à se fissurer.
Ils tentaient de rester coordonnés, mais le rythme leur échappait.
Kilo profita d’une ouverture nette.
Un enchaînement rapide.
Deux adversaires au sol.
Méga, de son côté, brisa une tentative de regroupement en projetant un homme au centre de la zone, désorganisant leur ligne.
Giga attendit une fraction de seconde.
Puis tira.
Précis.
Sans hésitation.
Un autre tomba.
Terra, lui, força la dernière rupture.
Il avança malgré les coups.
En encaissant.
En répondant.
Jusqu’à briser complètement leur structure.
Le dernier enchaînement fut décisif.
Un homme tenta de reculer pour reformer le groupe.
Trop tard.
Kilo le stoppa net.
Méga acheva l’ouverture.
Giga couvrit immédiatement.
Terra conclut le mouvement.
Et le silence retomba.
Les dix hommes d’élite étaient à terre.
Incapables de continuer.
L’entrepôt, quelques minutes plus tôt encore structuré par un ordre précis, était maintenant un champ de ruines et de corps dispersés.
KMGT resta immobile une seconde.
Le souffle lourd.
Les vêtements marqués.
Les visages tendus.
Méga essuya son front.
— Ça… c’était autre chose.
Giga observa les corps sans émotion.
— Ce n’étaient pas des hommes de rue.
Kilo rechargea calmement son arme.
— Mais ils sont tombés quand même.
Terra ne répondit pas immédiatement.
Il regardait vers le fond de l’entrepôt.
Là où tout menait.
Puis il parla enfin.
— On continue.
Un silence.
Giga hocha légèrement la tête.
— Plus on avance, plus il prépare.
Méga resserra sa prise.
— Alors on va jusqu’au bout.
Kilo se remit en mouvement.
Sans hésiter.
Les autres suivirent.
Ils traversèrent la zone sans se retourner.
Derrière eux, le chaos du combat restait figé.
Devant eux, l’entrepôt devenait plus sombre.
Plus silencieux.
Plus fermé.
Comme si quelque chose les attendait déjà.
Terra ralentit légèrement.
— On s’approche du centre.
Giga confirma d’un regard rapide sur la structure.
— Oui.
Méga souffla doucement.
— Donc Orix est proche.
Kilo répondit simplement :
— Tant mieux.
Et ils avancèrent encore.
Le cœur de l’entrepôt était enfin visible.
Plus sombre.
Plus froid.
Plus silencieux.
KMGT avança lentement dans l’ouverture centrale, là où tout semblait converger.
Et ils le virent.
Orix.
Debout.
Calme.
Entouré de plusieurs hommes encore en position.
Il les attendait.
Comme s’il avait toujours su qu’ils arriveraient jusqu’ici.
Un léger sourire passa sur son visage.
Puis il parla.
— KMGT…
Sa voix résonna dans l’espace vide.
— C’est ici qu’on verra si vous êtes vraiment les gardiens de Kankara… ou pas.
Le silence tomba immédiatement.
Méga resserra sa prise sur son arme.
Giga analysa déjà les angles.
Terra resta immobile, fixant Orix.
Kilo, lui, ne cligna même pas des yeux.
Orix bougea soudain.
Un geste rapide.
Précis.
Un couteau fendit l’air.
Direction Kilo.
Mais Kilo avait déjà lu le mouvement.
Il pivota légèrement.
Attrapa la trajectoire.
Et dans un geste fluide, presque irréel il redirigea le couteau.
Comme un projectile contrôlé.
L’arme changea de direction en plein vol.
Et alla se planter violemment dans la gorge d’un des gardes derrière Orix.
L’homme s’effondra instantanément.
Un silence sec tomba.
Méga et Giga réagirent aussitôt.
Leurs armes apparurent.
Deux tirs.
Puis encore.
Les coups résonnèrent dans toute la structure.
Les gardes d’Orix tombèrent les uns après les autres.
Sept hommes.
Abattus en quelques secondes.
Le chaos éclata autour d’Orix.
Mais lui ne bougea pas immédiatement.
Il regarda ses hommes tomber.
Puis releva lentement les yeux vers KMGT.
Son sourire avait disparu.
Ses traits s’étaient durcis.
Il ouvrit la bouche.
— Ce n'est pas fini.
Il s’interrompit.
Le silence devint plus lourd.
Plus tendu.
Plus dangereux.
L’entrepôt semblait avoir atteint son point de rupture.
Les tirs s’étaient arrêtés.
Le silence revenait par vagues, brisé seulement par les respirations lourdes et les pas hésitants sur le sol métallique.
Orix recula légèrement.
Ses deux derniers gardes s’interposèrent aussitôt.
Mais Kilo et Méga n’attendirent pas.
Le premier garde chargea.
Kilo l’accueillit sans reculer.
Un mouvement court.
Précis.
Un choc sec.
Le garde vacilla.
Méga intervint immédiatement.
Un enchaînement rapide.
Deux coups nets.
L’homme s’effondra lourdement.
Le second garde tenta de réagir plus intelligemment, changeant d’angle.
Mais il était déjà trop tard.
Kilo bloqua son attaque.
Méga le prit de flanc.
Une combinaison propre.
Implacable.
Le garde tomba à son tour.
Cette fois, il ne se releva pas.
Le silence s’épaissit.
Il ne restait plus qu’Orix.
Giga et Terra s’avancèrent lentement.
Orix les attendait déjà.
Son regard était plus dur maintenant.
Plus froid.
Il ne souriait plus.
Il attaqua le premier.
Rapide.
Violent.
Le combat éclata immédiatement.
Terra encaissa un premier choc, recula d’un demi-pas, puis répondit avec une frappe directe.
Giga tenta une ouverture, mais Orix était déjà en mouvement.
Trop rapide.
Trop précis.
Un deuxième échange.
Puis un troisième.
L’espace autour d’eux semblait rétrécir.
Chaque mouvement devenait plus dangereux.
Plus serré.
Orix pivota brusquement.
Un coup violent partit.
Giga n’eut pas le temps de totalement esquiver.
L’impact atteignit son œil droit.
Un choc sec.
Giga fut projeté en arrière.
Il tomba au sol.
Immobilisé.
Sa main se porta immédiatement à son visage.
Mais il ne se releva pas.
Il ne pouvait plus.
Terra changea instantanément de posture.
Son regard se durcit.
Le combat monta d’un niveau.
Orix attaquait sans pause.
Terra encaissait.
Bloquait.
Reculait.
Puis reprenait.
Encore.
Encore.
Jusqu’à trouver une ouverture.
Un échange décisif.
Orix tenta un enchaînement rapide.
Mais Terra lut le mouvement.
Et répondit.
Un coup net.
Direct.
Orix fut projeté violemment contre un mur métallique.
Le choc résonna dans toute la structure.
Un silence lourd s’installa.
Orix tenta de se relever.
Mais cette fois, quelque chose avait changé.
Des sirènes.
Lointaines.
De plus en plus proches.
Des lumières rouges et bleues commencèrent à se refléter sur les parois de l’entrepôt.
L’ARRIVÉE DE LA POLICE
Les portes de l’entrepôt explosèrent sous l’intervention des forces de l’ordre.
Des agents entrèrent en formation.
Armes levées.
Coordination rapide.
— Personne ne bouge !
Le chaos était terminé.
Orix, à moitié relevé, fut immédiatement encerclé.
Terra recula lentement.
Kilo et Méga aidèrent Giga à rester stable.
Les policiers avancèrent.
Orix tenta de résister un instant de plus.
Mais il était trop tard.
Il fut maîtrisé.
Menotté.
Embarqué.
Alors qu’on l’emmenait vers la sortie, Orix tourna légèrement la tête.
Son regard croisa celui de KMGT une dernière fois.
Pas de sourire.
Pas de mots.
Juste un regard froid.
Chargé de promesses non terminées.
Le bâtiment administratif était sous haute sécurité.
Des agents armés encadraient chaque couloir.
Les portes étaient verrouillées.
Les accès filtrés.
Et au centre de tout cela, Orix avançait, menotté, encadré par la police.
Son visage était marqué.
Son regard encore dur.
Mais cette fois, il n’avait plus le contrôle.
KMGT suivait à distance.
Giga, encore diminué par sa blessure, avançait lentement.
Terra restait silencieux.
Méga observait chaque mouvement.
Kilo ne quittait pas Orix des yeux.
Le trajet dura quelques minutes.
Puis ils arrivèrent dans la grande salle de réception du maire.
Le maire était déjà là.
Debout.
Immobilisé par une tension froide.
Chris se tenait derrière lui.
Et plusieurs agents complétaient le dispositif.
Quand Orix fut amené au centre de la pièce, le silence devint total.
Le maire le fixa longuement.
Un regard chargé de colère retenue.
Puis il s’avança.
Sans prévenir.
Et frappa Orix en plein visage.
Un coup sec.
Violent.
Directement sur l’œil droit.
Orix vacilla légèrement sous l’impact.
Un filet de sang apparut immédiatement.
Le maire resta face à lui.
Sa voix était glaciale.
— Tu resteras enfermé à perpétuité.
Un silence.
Orix releva lentement la tête.
Son œil blessé le faisait souffrir.
Mais son regard restait provocateur.
Il cracha au sol.
Puis répondit :
— Fils de pute.
Un léger frémissement parcourut la salle.
Orix fixa le maire.
— Tu vas me le payer.
Le maire resta immobile une seconde.
Puis sa main se déplaça lentement.
Sous les regards de tous.
Il sortit un pistolet.
Un silence brutal tomba immédiatement.
Les agents se figèrent.
KMGT aussi.
Orix, lui, ne bougea pas.
Le maire leva l’arme.
Visant directement Orix.
Sa voix tomba, nette.
— C’est fini.
Un instant suspendu.
Puis le coup partit.
Chez Diallo, l’atmosphère n’avait rien à voir avec les jours précédents.
Plus de sirènes.
Plus de course.
Plus de tirs.
Juste une maison calme, légèrement éclairée, avec une table simple et quelques plats partagés.
Kilo était assis, les bras posés sur la table, encore marqué par les derniers événements.
Méga mangeait lentement, sans se presser.
Giga, l’œil encore blessé mais stable, restait silencieux la plupart du temps.
Terra, lui, observait les autres.
Le silence n’était plus lourd.
Il était apaisé.
Presque étrange, après tout ce qu’ils avaient traversé.
Ils parlaient par moments.
De choses simples.
De détails sans importance.
Des rues.
Des gens.
Du temps qui semblait avoir changé de rythme.
Comme si la ville elle-même avait décidé de respirer différemment.
Méga lâcha un léger souffle.
— Ça fait bizarre… de ne plus entendre d’explosion.
Kilo hocha la tête.
— Trop bizarre.
Giga, sans lever les yeux, ajouta simplement :
— On s’habitue vite au chaos.
Un court silence suivit.
Puis Terra posa sa fourchette.
Il regarda les trois autres.
Longuement.
Calmement.
Et il dit :
— Kankara a encore repris son souffle.
Un silence s’installa.
Mais cette fois, il n’était pas vide.
Il était plein de compréhension.
De fatigue aussi.
Et de fin.
Terra s’adossa légèrement.
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