Les veines de le ville 4
20 avr. 2026La plage de Fidjrossè était calme ce soir-là, presque trompeuse.
Le bruit des vagues venait frapper doucement le sable, comme si la mer elle-même essayait d’apaiser quelque chose que la ville, elle, n’arrivait jamais à calmer.
Un petit groupe était assis non loin de l’eau, autour de quelques bouteilles et de plats partagés.
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle.
Ils riaient, parlaient, comme des jeunes qui tentaient d’oublier le poids de tout ce qu’ils avaient traversé.
Mais même dans ces moments, quelque chose restait.
Une tension invisible.
Djanou fixait l’horizon, silencieux plus longtemps que les autres.
Gorlo le remarqua et brisa le silence en premier.
— Demain j’ai un rendez-vous. J’ai une affaire à régler, dit Djanou calmement.
Naïma tourna légèrement la tête vers lui.
— Et tu ne peux pas entrer dans les détails pour qu’on sache de quoi il s’agit vraiment ?
Djanou secoua la tête sans détourner les yeux de la mer.
— C’est personnel.
Un court silence s’installa. Le genre de silence qui n’a rien de paisible.
Gorlo soupira légèrement, mais n’insista pas.
Naïma haussa les épaules.
— D’accord… bon, ça reste à toi.
Christelle, qui jusque-là observait sans trop parler, se redressa doucement.
— Bon… moi je dois vous quitter.
Les trois se tournèrent vers elle.
Elle ajusta son sac et regarda l’heure sur son téléphone.
— Je dois être au boulot avant 17h.
Djanou fronça légèrement les sourcils.
— Tu bosses encore les week-ends ?
Christelle esquissa un petit sourire fatigué.
— Oui… mais je vais raccrocher bientôt.
Elle resta une seconde de plus à les regarder, comme si elle hésitait à dire autre chose.
Puis elle se ravisa.
— On se voit plus tard.
Elle se leva et marcha sur le sable, s’éloignant doucement vers la route.
Le vent se leva légèrement derrière elle.
Et sans que personne ne le remarque vraiment…
Un homme, un peu plus loin, semblait les observer depuis les hauteurs des rochers.
Immobile.
Silencieux.
Comme s’il les connaissait déjà.
Le restaurant de Gbégamey était animé, comme la plupart des soirs dans ce quartier de Cotonou.
Les lumières jaunes donnaient une ambiance presque chaleureuse, contrastant avec les discussions basses des clients et le bruit des couverts.
Djanou était installé à une table proche du mur.
Calme en apparence, mais son regard bougeait sans arrêt.
Il attendait.
Personne ne savait pourquoi il était là. Même pas ses proches.
Quelques minutes passèrent.
Puis une ombre s’approcha.
Un homme immense.
Sa carrure était telle qu’il bloqua presque la lumière en arrivant près de la table.
Il resta debout une seconde, observant Djanou sans expression.
— Vous cherchez quelqu’un ? demanda-t-il d’une voix grave.
Djanou leva lentement les yeux vers lui.
— Oui.
L’homme hocha légèrement la tête, comme s’il validait une information invisible.
Un silence court, lourd.
Puis il répondit :
— Vous verrez celui ou celle que vous cherchez dans quelques secondes.
Djanou fronça légèrement les sourcils.
Avant qu’il ne puisse répondre…
Le bruit de la porte d’entrée changea.
Des pas.
Multiples.
Synchronisés.
Tout le restaurant sembla ralentir.
Et soudain…
Des hommes masqués entrèrent.
Noirs.
Rapides.
Organisés.
Le premier leva la main.
— QUE PERSONNE NE BOUGE !
Le cri claqua dans la salle comme une détonation.
Le silence devint total.
Les clients figés.
Les serveurs immobiles.
Les regards paniqués.
Djanou, lui, ne bougea pas.
Ses yeux passèrent lentement de l’homme géant…
aux hommes masqués…
puis vers les sorties.
Il comprit immédiatement une chose.
Ce n’était pas un simple braquage.
Ce n’était pas un hasard.
C’était pour lui.
L’homme géant, toujours debout près de sa table, murmura presque pour lui-même :
— On vous a trouvé plus vite que prévu…
Les hommes masqués commencèrent à avancer entre les tables.
Calmes.
Précis.
Comme s’ils savaient exactement qui chercher.
Djanou serra légèrement la mâchoire.
Et pour la première fois depuis longtemps…
Il réalisa que son “rendez-vous personnel” n’était pas un simple rendez-vous.
C’était un piège.
La tension dans le restaurant bascula brutalement.
Les hommes masqués cessèrent toute négociation.
Sans avertissement, ils commencèrent à frapper les clients et les employés.
Des cris éclatèrent dans la salle, des chaises furent renversées, des assiettes cassées au sol.
La panique envahit tout l’espace.
Djanou comprit immédiatement : rester ici, c’était mourir inutilement.
Il se leva d’un mouvement rapide et discret, profitant du chaos général, et se glissa vers le fond du restaurant.
Les toilettes.
Il poussa la porte sans bruit et entra.
À l’intérieur, l’espace était étroit, mal éclairé.
L’odeur d’humidité et de savon mélangé flottait dans l’air.
Djanou se plaqua contre un coin, hors du champ direct de l’entrée.
Il contrôlait sa respiration.
Dehors, les voix continuaient.
Puis la voix du chef des hommes masqués retentit, froide et autoritaire :
— Mais où est l’homme que je cherche ?
Un silence rapide suivit.
Puis une autre voix répondit :
— Il est sûrement dans les toilettes.
Le chef ne tarda pas.
— Allez le chercher.
Six hommes masqués se détachèrent du groupe principal.
Leurs pas résonnaient dans le couloir qui menait aux toilettes.
Lentement. Méthodiquement.
Ils avançaient comme une meute.
À l’intérieur, Djanou entendait tout.
Chaque pas.
Chaque respiration.
Les six hommes entrèrent dans le couloir des toilettes, se répartissant légèrement pour couvrir l’espace.
— Vérifiez chaque coin, murmura l’un d’eux.
Silence.
Puis…
Un bruit sec.
BAM !
Un des hommes s’effondra instantanément.
Les autres se figèrent.
Aucune direction identifiable.
Aucune trace visible.
— D’où ça vient ?! lança l’un d’eux.
Mais avant qu’ils ne puissent réagir…
Djanou sortit lentement de son coin.
Calme.
Face à eux.
Les cinq hommes restants se retournèrent d’un coup.
Il les regarda sans émotion.
— C’est moi que vous cherchez. N’est-ce pas ?
Un silence lourd.
Personne ne répondit.
Il continua, légèrement incliné vers l’avant :
— Je suis là.
Puis il tira.
BAM ! BAM ! BAM ! BAM ! BAM !
Les cinq hommes tombèrent presque simultanément, s’effondrant dans le couloir étroit.
Le silence revint brutalement.
Djanou resta immobile une seconde.
Puis il souffla doucement, sans émotion particulière :
— Moins cinq.
Le couloir des toilettes retomba dans un silence lourd après les tirs.
Les corps étaient au sol.
Immobilisés.
Djanou ne bougeait pas encore.
Son regard restait fixé sur les silhouettes masquées.
Mais quelque chose clochait.
Ce n’était pas normal.
Trop propre.
Trop coordonné.
Trop silencieux dans la mort.
Il s’accroupit près de l’un des hommes tombés et retira rapidement son masque.
Son expression changea légèrement.
Ce n’était pas un visage de voyou de rue.
Ni de simple criminel improvisé.
C’était un homme entraîné.
Peau marquée par une discipline stricte, regard figé même dans l’inconscience.
Djanou fronça les sourcils.
Il fouilla rapidement sa veste.
Aucune arme classique de bandit de quartier.
Mais un équipement léger, organisé, presque militaire.
Un second détail le fit s’arrêter net.
Sur la manche intérieure, une petite inscription discrète, presque invisible :
un symbole géométrique noir, circulaire, stylisé.
Djanou fixa le symbole.
Il ne l’avait jamais vu…
et pourtant, quelque chose en lui réagissait.
Un mauvais pressentiment.
Au même moment, dans le couloir, une voix retentit depuis la salle principale.
Le chef des hommes masqués n’était pas resté en retrait.
Il s’était rapproché.
— Intéressant…
Sa voix était calme. Trop calme.
Il apparut à l’entrée du couloir, sans précipitation.
Les derniers clients encore présents dans le restaurant restaient terrés au sol, terrorisés.
Le chef observa les corps de ses hommes.
Puis il parla, sans colère. Sans surprise.
— Tu as tué des unités de reconnaissance… plus vite que prévu.
Djanou se redressa lentement.
Ses yeux se durcirent.
— Des unités de quoi ?
Un léger silence.
Puis le chef répondit :
— Tu crois encore que ce sont des bandits ?
Il avança d’un pas.
— Ce sont des observateurs. Des testeurs. Des capteurs.
Djanou ne répondit pas, mais son regard devint plus froid.
Le chef continua :
— Nous ne sommes pas venus te voler.
Nous ne sommes pas venus pour semer le chaos.
Il inclina légèrement la tête.
— Nous sommes venus confirmer quelque chose.
Un autre pas.
— Et tu viens de le confirmer.
Le symbole sur les vêtements des hommes au sol sembla soudain plus lourd, plus inquiétant.
Djanou comprit alors une chose simple.
Ce combat n’était pas un hasard.
Ce n’était même pas une attaque.
C’était une évaluation.
Le chef des hommes masqués le fixa droit dans les yeux.
— Tu réagis exactement comme prévu, Djanou.
Le silence s’épaissit.
Et pour la première fois depuis le début de ce volume…
Le nom de Djanou venait d’être prononcé avec précision.
Comme s’il était déjà fiché.
Analysé.
Classé.
Le couloir des toilettes était devenu un point mort.
Les corps des unités de reconnaissance étaient encore au sol, immobiles.
Djanou restait face au chef des hommes masqués, sans baisser sa garde.
Mais quelque chose changea dans l’air.
Une tension différente.
Plus froide.
Plus contrôlée.
Dans la salle principale du restaurant, les derniers cris s’étaient éteints.
Les clients encore présents n’osaient plus bouger, certains cachés sous les tables, d’autres figés dans une peur totale.
Puis, sans explication, un ordre invisible sembla être donné.
Le chef des hommes masqués ne bougea pas immédiatement.
Il observa encore une fois Djanou.
Longuement.
Comme s’il enregistrait chaque détail de son visage.
Puis il parla, calmement :
— Le test est terminé.
Djanou ne répondit pas.
Le chef tourna légèrement la tête vers la salle principale.
Un geste discret.
Et immédiatement, les autres hommes masqués cessèrent toute action violente.
Les coups s’arrêtèrent.
Les déplacements s’arrêtèrent.
Tout s’arrêta.
Un silence étrange prit possession du restaurant.
Un silence… organisé.
Comme si la violence n’avait jamais été désordonnée, mais strictement contrôlée.
Puis, un par un, les hommes masqués commencèrent à se retirer.
Sans courir.
Sans panique.
Sans hésitation.
Ils récupéraient leurs positions, couvraient leurs angles, et sortaient par les différentes issues du restaurant avec une précision presque militaire.
Aucun regard vers les victimes.
Aucune parole inutile.
Juste un retrait propre.
Méthodique.
Djanou observait tout.
Il comprenait que ce qu’il venait de voir n’avait rien de normal.
Ce n’était pas une fuite.
C’était une extraction planifiée.
Le chef des hommes masqués resta encore quelques secondes face à lui.
Puis il dit simplement :
— Tu as survécu à la première lecture.
Djanou fronça légèrement les sourcils.
— La première lecture ?
Le chef ne répondit pas directement.
Il recula d’un pas.
— D’autres viendront.
Un léger silence.
Puis, avant de disparaître complètement dans la sortie arrière, il ajouta :
— Et la prochaine fois… tu comprendras que ce n’était même pas un combat.
Il disparut.
Les derniers hommes masqués quittèrent le restaurant.
Le silence retomba brutalement.
Un silence lourd.
Un silence vide.
Djanou resta seul dans le couloir.
Et pour la première fois depuis le début de cette nuit…
Il comprit qu’il venait de faire face à quelque chose qui n’avait rien à voir avec les gangs de Cotonou.
Le silence du restaurant pesait encore sur les murs.
L’odeur de peur, de poussière et de métal flottait dans l’air.
Les tables renversées, les verres brisés, les traces de violence silencieuse racontaient encore ce qui venait de se passer.
Djanou était toujours debout dans le couloir des toilettes quand des pas rapides se firent entendre à l’extérieur.
Deux silhouettes entrèrent brusquement dans la salle principale.
Naïma et Gorlo.
Ils s’arrêtèrent net en découvrant le décor.
Naïma porta une main à sa bouche, choquée.
Gorlo, lui, serra les poings immédiatement.
— Qu’est-ce qui s’est passé ici ?!
Djanou sortit lentement du couloir et les rejoignit sans se presser.
Son regard était froid, mais contrôlé.
Il inspira légèrement.
— Un homme est venu me tester.
Naïma échangea un regard rapide avec Gorlo.
Puis elle répondit, d’une voix plus basse :
— Je le connais.
Djanou la fixa immédiatement.
— Tu le connais ?
Naïma hocha la tête, sans enthousiasme.
— C’est mon oncle.
Un silence lourd tomba entre eux.
Elle continua :
— C’est ce qu’il fait… il teste les “héros” de la ville. Il observe, il provoque… et il évalue.
Gorlo éclata presque immédiatement :
— Qu’il vienne me tester aussi. Je vais tuer tous ses hommes et en plus lui.
Naïma le regarda, inquiète.
— Tu ne comprends pas… ce n’est pas ce genre d’ennemi.
Djanou, lui, restait silencieux.
Son regard était ailleurs.
Il réfléchissait.
Puis il parla calmement :
— Sûrement qu’il prépare quelque chose.
Un nouveau bruit interrompit leur échange.
Des pas précipités.
Christelle entra dans le restaurant en courant, essoufflée, son regard balayant immédiatement la scène.
— Qu’est-ce qui s’est passé ici ?!
Son ton était paniqué.
Elle s’approcha, voyant les dégâts, les traces de violence, et le visage sérieux des trois autres.
Djanou se tourna vers elle.
Et pour la deuxième fois en peu de temps…
Il recommença à raconter.
Mais cette fois, plus calmement.
Plus précisément.
Chaque détail.
Chaque mouvement.
Chaque mot du chef masqué.
Christelle écoutait sans interrompre, le visage de plus en plus fermé.
Quand il termina, un silence s’installa.
Un vrai silence.
Pas celui du restaurant.
Celui de la compréhension.
Puis Gorlo brisa l’instant :
— On quitte cet endroit.
Sans discuter, les quatre commencèrent à se diriger vers la sortie.
Ils traversèrent la salle détruite, les traces encore fraîches de la confrontation, et quittèrent le restaurant ensemble.
Dehors, l’air de Cotonou semblait normal.
Trop normal.
Comme si la ville n’avait rien vu.
Mais eux, désormais, savaient une chose :
quelqu’un observait la ville depuis longtemps
t ce test n’était que le début.
Les rues de Gbégamey étaient animées comme toujours, mais une tension inhabituelle flottait dans l’air ce soir-là.
Djanou et son équipe marchaient ensemble, sans vraiment parler.
Chacun était encore marqué par les événements récents.
Le regard de Djanou restait attentif à tout mouvement autour d’eux.
Soudain, des cris éclatèrent non loin.
Des gens sortaient en courant d’une grande boutique, certains poussant les autres, d’autres criant de panique.
Naïma s’arrêta net.
— Là-bas… qu’est-ce qui se passe ?
Djanou observa la scène quelques secondes.
Puis il dit calmement :
— Et si on s’approchait pour voir ce qui se passe ?
Gorlo eut un léger sourire, déjà en train de craquer ses doigts.
— Je ne me suis pas encore battu depuis un bout de temps…
Sans attendre plus longtemps, ils avancèrent vers la boutique.
À l’intérieur, le chaos était total.
Des bandits étaient en train de tout casser : vitrines brisées, rayons renversés, marchandises jetées au sol.
Les clients encore présents tentaient de fuir en courant.
Gorlo entra le premier et lança d’une voix forte :
— Eh ! Bande de crétins ! Pouvez-vous arrêter ce comportement de clochards ?
Un silence court s’installa.
Puis un des bandits tourna lentement la tête.
Il sourit.
— Pendant que tout le monde fuit pour sauver sa tête, vous vous êtes debout comme des renards affamés…
Vous voulez mourir à la place des autres, n’est-ce pas ?
Djanou le fixa, froidement.
— Donc vous avez été éduqués pour tout casser ?
Quelle vie misérable…
À peine eut-il fini sa phrase qu’un des bandits se jeta sur lui.
Mais Djanou réagit instantanément.
Il esquiva, attrapa le bras de l’homme et, dans un mouvement sec et contrôlé, le projeta violemment contre un mur.
BOUM !
L’homme s’écroula au sol.
La tension explosa.
Gorlo entra dans la mêlée.
Rapide. Brutal.
Il enchaîna les coups, frappant plusieurs hommes sans relâche, neutralisant six d’entre eux en quelques instants, leur brisant le bras droit avec une précision violente.
Dans un autre coin du magasin, Naïma et Christelle se coordonnaient sans un mot.
Elles avancèrent ensemble, frappant avec maîtrise.
Six femmes tombèrent à leur tour, leurs jambes touchées, incapables de continuer à se battre.
Le chaos était terminé.
Quelques minutes plus tard, les sirènes de police retentirent.
Les agents entrèrent rapidement dans la boutique, armes en main, choqués par la scène.
Djanou leva légèrement les mains et dit calmement :
— Ces bandits sont venus tout casser et tout prendre.
Les policiers ne posèrent pas trop de questions.
Ils commencèrent à embarquer les assaillants encore conscients.
La boutique retomba dans un silence lourd, rempli de débris et de chaos récent.
Djanou et son équipe se regardèrent un instant.
Puis sans un mot de plus, ils quittèrent les lieux.
La boutique était désormais sous contrôle de la police.
Les bandits étaient menottés, alignés, certains encore grognant de douleur, d’autres incapables de se relever.
Djanou et son équipe étaient déjà à distance, marchant dans une rue adjacente de Gbégamey.
Le silence était revenu entre eux, mais ce n’était pas un silence normal.
C’était celui des gens qui réfléchissent après une action trop rapide.
Naïma, elle, était légèrement troublée.
Elle regardait devant elle sans vraiment voir la route.
Puis elle s’arrêta.
— Attendez…
Les trois autres se tournèrent vers elle.
Elle sortit son téléphone.
Une notification venait d’apparaître.
Elle fronça les sourcils, ouvrit le message… puis son expression changea immédiatement.
Gorlo s’approcha.
— Quoi encore ?
Naïma ne répondit pas tout de suite.
Elle lut une deuxième fois.
Puis elle dit doucement :
— C’était un test.
Djanou la fixa.
— De quoi tu parles ?
Elle tourna l’écran vers eux.
Un message bref, sans signature claire, mais avec un symbole qu’ils reconnaissaient déjà : le cercle géométrique noir.
Le message disait simplement :
“Deuxième observation validée. Réaction conforme.”
Un silence lourd s’installa.
Christelle plissa les yeux.
— Deuxième observation ?
Naïma hocha la tête lentement.
— C’est lui.
Gorlo serra les dents.
— Ton oncle…
Naïma continua, plus bas :
— Ce que vous venez de faire dans la boutique… ce n’était pas un hasard.
Elle rangea son téléphone.
— Il a organisé ça.
Djanou resta immobile.
Son regard s’assombrit légèrement.
— Donc les bandits…
Naïma répondit sans hésiter :
— Oui. Ils ont été poussés, encouragés… ou payés pour agir.
Christelle croisa les bras, choquée.
— Donc il vous regarde en permanence…
Naïma ne répondit pas, mais son silence était une réponse.
Gorlo fit un pas en avant, énervé.
— Ce type commence à m’énerver. On va le retrouver.
Et Djanou l’interrompit calmement.
— Non.
Gorlo se tut.
Djanou continua, son ton posé mais lourd :
— S’il nous observe… c’est qu’il attend quelque chose de précis.
Il leva les yeux vers la rue.
— Et si on agit trop vite… on perd.
Un silence.
Christelle regarda Naïma.
— Et il veut quoi exactement ?
Naïma hésita une seconde.
Puis elle répondit :
— Il veut voir jusqu’où on peut aller… avant de casser.
Un vent léger traversa la rue.
Quelque part, loin d’eux…
un système était déjà en train d’analyser leurs gestes, leurs réactions, leurs décisions.
Et eux, sans le savoir…
étaient devenus des sujets.
La nuit était bien installée sur Gbégamey.
Les rues s’étaient vidées peu à peu, laissant place à une ambiance plus lourde, presque étouffante.
Djanou et son équipe marchaient encore, chacun plongé dans ses pensées après les événements récents.
Soudain, le téléphone de Naïma vibra.
Elle s’arrêta.
Regarda l’écran.
Son visage changea immédiatement.
— C’est lui…
Les autres se figèrent.
Djanou la fixa.
— Décroche.
Naïma prit une légère inspiration… puis décrocha.
— Allô.
Une voix calme, posée, presque froide répondit à l’autre bout du fil.
— Je suis en train de vous tester.
Naïma serra légèrement le téléphone.
— On a compris ça.
Un léger silence.
Puis la voix continua :
— Puisqu’il y a un groupe de terroristes qui veut entrer dans la ville.
Les quatre échangèrent un regard immédiat.
L’ambiance changea brusquement.
— Ce que vous préparez… ce n’est pas ce que je veux voir, continua l’oncle.
Djanou s’approcha légèrement de Naïma pour entendre.
La voix reprit :
— Le chef s’appelle Salarex.
Un silence lourd.
— Un ancien militaire.
— Très discipliné.
— Très dangereux.
Naïma écoutait sans interrompre.
— Il veut, coûte que coûte, prendre le pouvoir.
— Il s’apprête à renverser le gouvernement actuel.
Un vent froid passa dans la rue.
— Un coup d’État se prépare.
Cette fois, personne ne parla.
Même Gorlo resta silencieux.
Naïma finit par répondre, avec détermination :
— Je tiens les autres au courant. On va s’unir pour déjouer ce coup d’État.
Un léger rire étouffé se fit entendre au téléphone.
Pas moqueur.
Juste… supérieur.
— Déjà que j’ai cette information… c’est déjoué.
Naïma fronça les sourcils.
— Quoi ?
— Appelle les autres.
La ligne se coupa.
Un silence total.
Naïma baissa lentement le téléphone.
Les trois autres la fixaient.
— Qu’est-ce qu’il a dit ? demanda Christelle.
Naïma releva les yeux.
— Il nous teste… mais cette fois, c’est réel.
Elle marqua une pause.
— Un groupe de terroristes arrive en ville. Leur chef s’appelle Salarex… un ancien militaire.
Gorlo serra les poings.
— Enfin quelque chose de sérieux…
Djanou, lui, ne réagit pas comme les autres.
Son regard devint plus sombre.
Plus calculateur.
— Non…
Ils se tournèrent vers lui.
— Ce n’est pas juste “quelque chose de sérieux”.
Un silence.
— C’est une guerre qui commence.
Le vent souffla à nouveau.
Et quelque part, dans l’ombre…
un autre joueur venait d’entrer dans la partie.
La ville semblait normale.
Les motos passaient, les vendeurs criaient encore dans certaines rues, et les lumières des boutiques éclairaient la nuit comme si rien n’avait changé.
Mais en réalité… tout avait déjà changé.
Dans un bâtiment discret, à l’écart des regards, une pièce était faiblement éclairée.
Une table.
Deux chaises.
Et un homme assis, calme, les doigts croisés.
En face de lui, un autre homme, plus tendu, regardait autour de lui comme s’il craignait d’être vu.
— Tout est en place ? demanda la voix calme.
L’homme en face hocha rapidement la tête.
— Oui… ils sont déjà en mouvement.
Un silence.
La voix reprit, toujours aussi posée :
— Et la ville ?
— Rien à signaler… pour eux, c’est une nuit normale.
Un léger sourire apparut sur le visage de l’homme assis.
— Parfait.
Il se pencha légèrement en avant.
— Et nos accès ?
L’autre homme hésita une seconde.
Puis répondit :
— Sécurisés.
— Ports… ?
— Sous contrôle.
— Communications… ?
— Interceptées en partie.
Le silence s’installa.
Puis la voix demanda, plus basse :
— Et les autorités ?
Cette fois, l’homme en face hésita davantage.
— On a… quelqu’un.
Un silence lourd tomba dans la pièce.
Le regard de l’homme assis changea légèrement.
— Quelqu’un ?
— Oui… à l’intérieur.
Le sourire revint.
Plus froid.
Plus dangereux.
— Très bien…
Il se redressa.
— Alors la ville est déjà ouverte.
Pendant ce temps, ailleurs dans Cotonou…
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle étaient réunis dans un endroit discret.
L’ambiance était tendue.
Djanou faisait les cent pas.
— Un ancien militaire… ça veut dire stratégie, discipline et précision.
Gorlo croisa les bras.
— Et ça veut dire combat.
Naïma, elle, était pensive.
— Mon oncle n’aurait pas parlé de coup d’État sans preuves solides…
Christelle intervint :
— Donc ils sont déjà proches.
Un silence.
Djanou s’arrêta net.
— Non.
Ils le regardèrent.
— S’ils veulent renverser le gouvernement… ils ne sont pas “proches”.
Un court instant.
Puis il lâcha :
— Ils sont déjà là.
Retour dans la pièce sombre.
L’homme assis se leva lentement.
Il s’approcha d’une fenêtre, regardant les lumières de la ville au loin.
— Djanou… murmura-t-il.
Un léger sourire.
— Voyons jusqu’où tu peux aller…
Il tourna légèrement la tête.
— Prévenez Salarex.
Un silence.
Puis :
— La phase suivante peut commencer.
Dans la nuit de Cotonou…
la guerre venait officiellement de franchir une nouvelle étape.
Et cette fois…
l’ennemi n’était pas seulement à l’extérieur.
Il était déjà à l’intérieur.
La nuit avançait.
Dans une ruelle sombre de Cotonou, à l’écart des regards, un homme parlait au téléphone, nerveux.
Il jetait des coups d’œil autour de lui, comme s’il sentait déjà le danger.
— Oui… ils commencent à comprendre…
— Non, ils ne savent pas encore tout…
— Djanou est plus dangereux que prévu…
Un bruit léger derrière lui.
Trop tard.
Une main surgit de l’ombre et l’attrapa violemment par le col.
BAM !
L’homme fut plaqué contre le mur sans aucune douceur.
Le téléphone faillit tomber, mais Djanou le récupéra rapidement.
Son regard était glacial.
— Continue.
L’homme tremblait.
— J-Je…
Djanou prit le téléphone et le porta à son oreille.
— Salarex.
Un silence.
Puis une voix calme, maîtrisée :
— Djanou… Ah bon ?
Un léger souffle.
— C’est ce qu’on verra.
BIP.
L’appel fut coupé.
Djanou resta immobile une seconde, le téléphone toujours en main.
Puis il regarda l’homme infiltré.
Sans hésitation…
BAM !
Un coup direct.
L’homme s’écroula à moitié, incapable de résister.
Quelques minutes plus tard.
Djanou arriva avec l’homme infiltré devant Naïma, Gorlo et Christelle.
Il le jeta presque au sol.
— Cet homme fournit des informations à Salarex.
Gorlo fit un pas en avant, les yeux remplis de colère.
— On le tue.
Naïma leva immédiatement la main.
— Non.
Tous se tournèrent vers elle.
— On va le garder. Il peut encore nous servir.
Un court silence.
L’homme infiltré respirait difficilement, regardant chacun d’eux avec peur.
Puis…
BANG !
Un coup de feu sec déchira l’air.
L’homme s’effondra immédiatement au sol.
Inerte.
Le silence explosa.
Djanou tourna brusquement la tête.
— CHRISTELLE !
Elle était un peu en retrait.
Calme.
Arme encore légèrement levée.
— Tu as perdu la tête ou quoi ?! lança Djanou.
Christelle ne tremblait pas.
Son regard était dur.
— Les traîtres seront exécutés.
Un silence lourd tomba sur le groupe.
Naïma fixa le corps au sol, choquée.
Gorlo, lui… esquissa un léger sourire froid.
— Moins un.
Mais Djanou ne souriait pas.
Pas du tout.
Son regard était fixé sur Christelle.
Longuement.
Comme s’il venait de découvrir quelque chose.
Quelque chose qui n’était pas là avant.
Le vent passa dans la ruelle.
Et pour la première fois…
le danger ne venait peut-être plus seulement de l’extérieur.
La nuit n’était plus normale.
Quelque chose avait changé dans l’air de Cotonou.
Un mouvement invisible… mais réel.
Aux entrées de la ville, plusieurs véhicules avançaient en silence.
Vitres teintées.
Moteurs maîtrisés.
Aucun bruit inutile.
À l’intérieur, des hommes armés.
Disciplinés.
Organisés.
Au centre du convoi, un véhicule plus imposant.
À l’arrière, un homme était assis, droit, immobile.
Salarex.
Son regard était fixé devant lui.
Calme.
Froid.
Un homme qui ne doutait pas.
— Nous entrons dans la phase active, dit-il simplement.
Personne ne répondit.
Ils savaient déjà.
Quelques minutes plus tard.
Le convoi se dispersa stratégiquement dans plusieurs axes de la ville.
Objectif unique :
La présidence.
Aux abords du bâtiment présidentiel, la sécurité était en place.
Gardes armés.
Contrôles stricts.
Rien d’anormal… en apparence.
Puis…
Un véhicule s’approcha.
Rien d’alarmant.
Un second.
Puis un troisième.
Et soudain—
BANG !
Un tir éclata.
Puis un autre.
Et encore un autre.
En quelques secondes, la zone plongea dans le chaos.
— À COUVERT ! cria un garde.
Les hommes de Salarex sortirent des véhicules avec une précision militaire.
Ils ne criaient pas.
Ils ne paniquaient pas.
Ils exécutaient.
Les tirs se multiplièrent.
BANG ! BANG ! BANG !
Les forces de sécurité tentaient de riposter, mais la surprise était totale.
Certains tombaient.
D’autres tentaient de se repositionner.
Mais l’attaque était trop rapide.
Trop coordonnée.
Salarex descendit de son véhicule.
Marcha lentement vers l’avant.
Comme s’il se promenait dans un endroit déjà conquis.
Les balles sifflaient autour de lui, mais il ne courait pas.
Il observait.
Calculait.
— Avancez, dit-il calmement.
Ses hommes progressaient.
Méthodiquement.
Ils ne visaient pas le chaos.
Ils visaient le contrôle.
Pendant ce temps, ailleurs dans la ville…
Djanou reçut un appel.
Il décrocha immédiatement.
— Oui ?
La voix à l’autre bout était paniquée :
— Ils attaquent la présidence ! Des hommes armés partout !
Le regard de Djanou changea immédiatement.
— Salarex…
Naïma s’approcha.
— C’est maintenant ?
Djanou hocha la tête.
— Oui.
Gorlo serra les poings, prêt.
— Enfin…
Mais cette fois, ce n’était pas une simple bagarre.
Ce n’était pas un test.
C’était une guerre ouverte.
Christelle, silencieuse, observait les autres.
Sans rien dire.
Retour à la présidence.
Les tirs continuaient.
Les cris.
Les ordres.
Le chaos.
Et au milieu de tout ça…
Salarex avançait.
Comme un homme qui venait récupérer ce qu’il considérait déjà comme sien.
La zone de la présidence était devenue un champ de guerre.
Les tirs résonnaient sans arrêt.
Les ordres fusaient dans tous les sens.
La confusion était totale.
Mais au milieu de ce chaos…
Un nouveau groupe venait d’entrer dans la bataille.
Djanou.
Naïma.
Gorlo.
Christelle.
Accompagnés de plusieurs militaires.
— On ne les laisse pas avancer ! lança Djanou.
Ils se déployèrent rapidement.
Pas de panique.
Pas d’hésitation.
Juste de l’action.
Gorlo fonça le premier.
Brutal.
Direct.
Il entra dans la ligne ennemie comme une tempête, frappant sans retenue, brisant l’élan de plusieurs hommes de Salarex.
Naïma et Christelle se coordonnaient parfaitement.
Précises.
Rapides.
Elles neutralisaient chaque cible avec efficacité, réduisant progressivement le nombre d’assaillants.
Djanou, lui, avançait avec les militaires.
Stratégique.
Il lisait les mouvements ennemis, anticipait, frappait au bon moment.
Les hommes de Salarex commencèrent à tomber.
Un par un.
Puis en groupe.
L’avantage changeait de camp.
Un peu plus loin, en retrait…
Salarex observait.
Immobile.
À ses côtés, son bras droit suivait la scène avec tension.
— Ils résistent mieux que prévu, dit-il.
Salarex ne répondit pas immédiatement.
Ses yeux suivaient un point précis.
Djanou.
Toujours lui.
Encore lui.
Les corps de ses hommes s’accumulaient au sol.
Le rapport de force changeait clairement.
Un silence.
Puis Salarex parla calmement :
— Replions-nous.
Son bras droit tourna brusquement la tête.
— Maintenant ?
— Oui.
Pas de colère.
Pas de frustration.
Juste une décision froide.
Un signal fut donné.
Et immédiatement, les hommes restants commencèrent à se retirer.
Organisés.
Rapides.
Comme ils étaient venus.
Ils ne fuyaient pas.
Ils se repositionnaient.
Sur le terrain, Djanou remarqua le mouvement.
— Ils se replient ! cria un militaire.
Gorlo s’arrêta, essoufflé, regardant les ennemis battre en retraite.
— Quoi ?! Ils fuient déjà ?!
Naïma plissa les yeux.
— Non… ce n’est pas une fuite.
Djanou confirma, le regard fixé sur les lignes ennemies qui disparaissaient.
— C’est stratégique.
Un silence.
— Il a vu ce qu’il voulait voir.
Christelle, en retrait, observait la scène sans expression.
Quelques minutes plus tard, le calme revenait peu à peu sur la zone.
Les blessés.
Les dégâts.
Les traces du combat.
Mais une chose était claire :
L’attaque avait échoué… pour l’instant.
Djanou regarda au loin, là où Salarex avait disparu.
Son regard était dur.
— Il reviendra.
Naïma répondit doucement :
— Oui… mais mieux préparé.
Gorlo craqua son cou.
— Tant mieux.
Mais Djanou ne partageait pas cet enthousiasme.
Parce qu’il avait compris quelque chose de plus profond.
Ce n’était qu’un premier mouvement.
La nuit avait laissé des traces.
Même loin de la présidence, la tension restait palpable dans toute la ville.
Les sirènes continuaient par moments.
Les rumeurs circulaient déjà.
Mais cette fois…
L’affaire était montée trop haut.
Quelques heures après l’attaque…
Un véhicule officiel s’arrêta devant une grande résidence sécurisée.
Pas la présidence.
La maison du président.
Djanou et son équipe descendirent du véhicule, escortés par des agents.
Le lieu était fortement gardé.
Des hommes armés partout.
Des contrôles renforcés.
Ils furent rapidement conduits à l’intérieur.
Dans un salon vaste, sobre mais imposant…
Le président était déjà là.
Debout.
Pensif.
Il se retourna en les voyant entrer.
— Vous êtes arrivés.
Sa voix était calme, mais marquée par la fatigue.
Djanou s’avança légèrement.
— Monsieur le Président.
Les autres inclinèrent légèrement la tête.
Le président les observa un instant.
Un regard qui pesait.
— Ce que vous avez fait ce soir… a évité le pire.
Un silence.
Puis il ajouta :
— Mais ce n’est pas terminé.
Naïma prit la parole :
— Non. Ce n’était qu’une première attaque.
Le président hocha la tête.
— Exactement.
Il fit quelques pas dans la pièce.
— Salarex ne s’est pas retiré par faiblesse.
Il s’arrêta.
— Il teste nos réactions.
Djanou croisa les bras.
— Comme quelqu’un d’autre que nous connaissons déjà…
Naïma jeta un regard discret.
Le président remarqua l’échange.
— Il y a autre chose, n’est-ce pas ?
Un silence.
Puis Djanou répondit :
— Il y a quelqu’un derrière tout ça… quelqu’un qui observe et qui organise.
Le président fronça légèrement les sourcils.
— Vous parlez d’une organisation ?
— Oui.
Christelle, jusque-là silencieuse, ajouta :
— Et ils ne sont pas nouveaux.
Un silence lourd s’installa.
Le président se redressa.
— Alors nous avons un problème plus grave que prévu.
Il se rapprocha d’eux.
— La sécurité de la ville doit être totalement réorganisée.
Il regarda chacun d’eux.
— Et vous… vous êtes au centre de cette guerre maintenant.
Gorlo esquissa un léger sourire.
— Ça tombe bien.
Mais Djanou restait sérieux.
— Il nous faut plus que de la force.
Le président hocha la tête.
— Vous aurez accès à certaines informations sensibles.
Un court silence.
— Et à certains moyens.
Naïma demanda :
— Quel genre de moyens ?
Le président répondit sans détour :
— Des équipes.
— Des ressources.
— Et surtout…
Il marqua une pause.
— L’autorisation d’agir sans attendre.
Un silence.
Cette phrase changeait tout.
Djanou fixa le président.
— Donc vous nous donnez carte blanche ?
Le président soutint son regard.
— Je vous donne la responsabilité de protéger cette ville.
Un vent léger fit bouger les rideaux.
La tension monta d’un cran.
Djanou regarda les autres.
Naïma.
Gorlo.
Christelle.
Puis il répondit :
— Alors on va finir ce qu’ils ont commencé.
Mais quelque part…
Dans l’ombre…
quelqu’un observait déjà cette décision.
Et souriait.
La réunion avec le président venait de se terminer.
Mais pour Djanou et son équipe, le vrai travail ne faisait que commencer.
Ils étaient désormais dans une salle sécurisée, mise à leur disposition.
Une grande table.
Des écrans.
Des cartes de Cotonou affichées sur les murs.
L’ambiance avait changé.
Plus de discussions légères.
Plus d’improvisation.
C’était devenu stratégique.
Djanou se tenait debout devant la carte principale.
— On ne peut pas attendre leur prochaine attaque, dit-il.
Il pointa plusieurs zones de la ville.
— Ils sont déjà installés quelque part.
Naïma s’approcha.
— Ports… axes principaux… zones militaires…
Elle réfléchissait rapidement.
— S’ils veulent un coup d’État, ils doivent contrôler les points clés.
Gorlo, assis, frappa légèrement la table.
— Donc on les trouve… et on les écrase.
Djanou secoua la tête.
— Non.
Silence.
— C’est exactement ce qu’ils attendent.
Christelle, appuyée contre le mur, intervint calmement :
— Ils veulent nous voir réagir… pour nous analyser.
Un regard passa entre elle et Djanou.
Bref. Mais chargé.
Djanou reprit :
— On change de méthode.
Il traça une ligne imaginaire sur la carte.
— On ne va pas les attaquer directement.
Naïma comprit rapidement.
— On coupe leurs ressources.
Djanou hocha la tête.
— Exact.
LE PLAN
1. Identification
Localiser leurs points d’entrée
Identifier leurs relais dans la ville
Trouver leurs canaux de communication
Objectif : les rendre visibles
2. Isolement
Couper leurs approvisionnements
Bloquer leurs déplacements
Neutraliser leurs contacts locaux
Objectif : les affaiblir sans confrontation directe
3. Pression
Créer des fausses pistes
Les forcer à réagir
Les obliger à sortir de leur cachette
Objectif : les faire commettre une erreur
4. Frappe finale
Attaque ciblée
Rapide
Définitive
Objectif : éliminer Salarex
Un silence s’installa après l’explication.
Gorlo sourit légèrement.
— Là… ça devient intéressant.
Naïma ajouta :
— Mais il y a un problème.
Djanou la regarda.
— Lequel ?
Elle hésita une seconde.
— S’il a déjà des informateurs dans la ville… il saura ce qu’on fait.
Le regard de Djanou se durcit.
— Alors on part du principe que tout est compromis.
Un silence.
Christelle croisa les bras.
— Donc on joue avec ça.
Djanou hocha lentement la tête.
— On leur donne de fausses informations.
Un moment passa.
Puis Djanou regarda chacun d’eux.
— À partir de maintenant… on ne fait plus confiance à personne en dehors de ce groupe.
Un silence lourd.
Cette phrase avait du poids.
Mais quelque chose était différent.
Subtil.
Invisible.
Christelle détourna légèrement le regard.
Une fraction de seconde.
Presque rien.
Mais suffisant pour laisser une question dans l’air.
Djanou conclut :
— On commence dès maintenant.
Dans l’ombre…
quelqu’un venait peut-être déjà d’apprendre qu’un plan était en place.
Et cette fois…
la guerre allait se jouer dans l’intelligence.
La nuit suivante.
Tout était en place.
Les équipes étaient déployées dans plusieurs zones stratégiques de la ville.
Les communications sécurisées.
Les positions verrouillées.
Djanou et son groupe étaient prêts.
C’était le moment de la frappe finale.
Dans un entrepôt abandonné à la sortie de la ville…
La cible avait été confirmée.
— Il est là, dit Naïma en regardant les informations.
Gorlo craqua ses doigts.
— Enfin.
Djanou leva la main.
— On suit le plan. Pas d’erreur.
Ils avancèrent.
Silencieux.
Précis.
À l’intérieur de l’entrepôt…
Des silhouettes.
Des hommes armés.
Et au centre…
Salarex.
Debout.
Calme.
Comme s’il attendait.
Djanou s’arrêta net.
Quelque chose n’allait pas.
— Trop facile… murmura-t-il.
Mais il était déjà trop tard.
Les lumières s’éteignirent brusquement.
CLAC.
Noir total.
Puis—
BANG ! BANG ! BANG !
Des tirs éclatèrent dans tous les sens.
— À COUVERT ! cria Djanou.
Le chaos s’installa immédiatement.
Gorlo fonça dans l’obscurité, frappant tout ce qui bougeait.
Naïma tenta de couvrir les angles.
Christelle tirait avec précision.
Mais…
Les ennemis savaient exactement où ils étaient.
Djanou comprit instantanément.
— On est piégés !
Les positions qu’ils avaient prévues…
étaient déjà connues.
Les hommes de Salarex ne fuyaient pas.
Ils contrôlaient.
Ils encerclaient.
Dans un coin éclairé brièvement par une lampe d’urgence…
Djanou aperçut Salarex.
Leurs regards se croisèrent.
Un instant.
Un vrai.
Salarex esquissa un léger sourire.
— Mauvaise stratégie.
Puis il fit un signe discret.
Une explosion retentit à l’arrière de l’entrepôt.
BOOM !
Un mur céda partiellement, créant un passage.
Les hommes de Salarex commencèrent immédiatement à se replier.
Organisés.
Rapides.
— Il s’échappe ! cria Gorlo.
Djanou tenta d’avancer, mais une nouvelle rafale de tirs les força à reculer.
Naïma cria :
— On ne peut pas avancer ! C’est trop exposé !
En quelques secondes…
Ils avaient perdu l’avantage.
Djanou serra les dents.
— Repli !
Le groupe se retira à son tour, couvrant leurs mouvements pour éviter plus de pertes.
Quelques minutes plus tard…
Le silence revint dans l’entrepôt.
Vide.
Détruit.
Et surtout…
Sans Salarex.
Gorlo frappa violemment un mur.
— On l’avait !
Naïma secoua la tête.
— Non… il nous avait.
Djanou resta immobile.
Pensif.
Son regard était sombre.
Très sombre.
— Il connaissait le plan.
Un silence lourd.
Christelle ne parla pas.
Djanou continua :
— Chaque position… chaque mouvement…
Il leva lentement les yeux vers les autres.
— Il y a une fuite.
Le vent traversa l’entrepôt détruit.
Et cette fois…
le danger n’était plus seulement Salarex.
Il était parmi eux.
Le silence dans leur base n’avait plus rien de normal.
Après l’échec de l’entrepôt, une seule certitude restait :
quelqu’un avait parlé.
La tension était montée d’un cran.
Personne ne faisait confiance à personne.
Même les regards avaient changé.
Gorlo marchait de long en large, nerveux.
Ses yeux observaient chaque détail.
Chaque mouvement.
Chaque respiration.
Puis soudain…
Il s’arrêta net.
Son regard se fixa sur un homme, un agent en retrait, qui tentait d’éviter le contact visuel.
Gorlo s’approcha lentement.
— Toi…
L’homme releva légèrement la tête, mal à l’aise.
— Quoi… ?
Gorlo ne répondit pas.
Il le saisit violemment par le col.
— C’est toi.
— Tu racontes quoi ?! lâcha l’homme, paniqué.
BAM !
Un coup direct.
L’homme s’écroula à moitié.
— Tu nous as vendus ! cria Gorlo.
— Non ! Je jure que—
BAM !
Un deuxième coup.
Plus violent.
L’homme tomba au sol, incapable de se défendre correctement.
Les autres se rapprochèrent.
La tension monta immédiatement.
Naïma observa la scène… puis sans hésiter, elle sortit son arme.
— Naïma… commença Djanou.
BANG !
Le coup de feu claqua.
L’homme s’immobilisa instantanément.
Silence total.
Naïma abaissa lentement son arme.
Son regard était dur.
— Les traîtres seront éliminés sur-le-champ.
Un silence lourd écrasa la pièce.
Djanou fixa le corps au sol.
Puis releva les yeux vers Naïma.
— Il ne fallait pas le tuer.
Naïma ne répondit pas.
Avant même qu’elle ne parle, Christelle intervint calmement :
— Si on ne le tue pas… il va adopter une autre stratégie pour nous vendre.
Un silence.
Djanou resta immobile quelques secondes.
Réfléchissant.
Puis il souffla légèrement.
— Il y a ça aussi.
Mais son regard restait préoccupé.
Quelque chose ne collait pas.
Gorlo recula légèrement, encore sous tension.
— Au moins, celui-là ne parlera plus.
Mais Djanou ne partageait pas totalement cet avis.
Il fixa le sol, pensif.
— Ou peut-être… qu’il n’était pas le seul.
Un silence glacé tomba.
Les regards commencèrent à se croiser.
Différemment.
Plus lourdement.
Christelle resta calme.
Trop calme.
Naïma ne bougeait pas.
Gorlo observait les deux.
Et Djanou…
commençait à comprendre que cette guerre devenait plus dangereuse à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Un hangar isolé, quelque part en périphérie de Cotonou.
L’endroit était sombre, mais parfaitement organisé.
Des caisses d’équipement, des cartes accrochées aux murs, des écrans diffusant des images de la ville.
Au centre…
Salarex.
Debout.
Ses hommes étaient réunis autour de lui, attentifs, silencieux.
Il prit la parole, d’un ton calme mais tranchant :
— Mon objectif est clair.
Un silence.
— Finir avec la garde républicaine… et renverser le gouvernement actuel.
Ses hommes restaient immobiles.
— Mais certains m’en empêchent depuis que j’ai commencé à agir.
Son regard se durcit légèrement.
— Djanou… et son groupe.
Un court silence.
Puis il reprit :
— Alors nous allons changer de stratégie.
Il se tourna vers une carte de la ville.
— Nous allons frapper là où ça fait le plus mal.
Un de ses hommes demanda :
— Où ?
Salarex répondit sans hésiter :
— La fille du président.
Un murmure discret parcourut le groupe.
— Nous allons tout faire pour l’enlever.
Il marqua une pause.
— Elle deviendra une pression. Une menace directe.
Son ton restait froid.
Calculé.
— Je dois prendre ce pouvoir… et régner sur cette ville.
Ses doigts glissèrent lentement sur la carte.
— Mais avant ça…
Il s’arrêta sur un point précis.
— Je commence par le maire.
Un silence lourd.
— Puis les chefs d’arrondissement.
Il se redressa.
— On affaiblit la base… avant de toucher le sommet.
Un de ses hommes hocha la tête.
— Et l’attaque ?
Salarex répondit simplement :
— J’attaque le maire d’abord.
Au même moment, dans l’ombre de la pièce…
un homme observait en silence.
Sans parler.
Sans intervenir.
Mais avec un léger sourire.
La guerre venait de changer de dimension.
Ce n’était plus seulement militaire.
C’était politique.
Et dans cette nouvelle phase…
chaque erreur allait coûter beaucoup plus cher.
La pièce était plongée dans une lumière faible.
Djanou et son équipe étaient regroupés autour de la table stratégique quand un appel sécurisé arriva.
Djanou décrocha immédiatement.
— Oui.
À l’autre bout, une voix basse, contrôlée.
— Djanou… j’espère que tu as tout entendu.
Un léger silence.
Djanou jeta un regard à Naïma, Gorlo et Christelle.
— Oui.
Son ton devint plus ferme.
— On va déjouer son plan.
La voix reprit :
— Il ne bluffe pas. Il va frapper vite.
Djanou hocha légèrement la tête, comme si l’homme pouvait le voir.
— On sait.
Un court silence.
Puis il continua :
— On va aller voir Tania… la fille du président.
Naïma releva immédiatement les yeux.
— On doit la prévenir avant qu’il ne passe à l’action.
Djanou reprit au téléphone :
— On va renforcer la garde chez elle.
Un souffle à l’autre bout.
— Bien.
Puis Djanou ajouta :
— Tu peux revenir.
Un court silence.
— Compris.
L’appel se coupa.
Djanou posa lentement le téléphone.
— On n’a pas de temps à perdre.
Gorlo se leva directement.
— On y va maintenant.
Christelle vérifia calmement son arme.
— Plus on attend… plus ils se rapprochent.
Naïma regarda Djanou.
— Tu lui fais confiance ?
Un silence.
Djanou répondit simplement :
— Pour l’instant… oui.
Mais son regard disait autre chose.
Dans cette guerre, la confiance était une arme fragile.
Quelques minutes plus tard…
Le groupe monta dans un véhicule.
Direction :
la résidence de Tania.
Dans la nuit de Cotonou…
deux mouvements opposés étaient en marche.
D’un côté : Djanou et son équipe, prêts à protéger
De l’autre : Salarex, prêt à frapper
Et au milieu…
une cible.
La résidence était vaste, élégante, mais surtout fortement sécurisée.
Des gardes armés à chaque point stratégique.
Des caméras.
Des accès contrôlés.
À l’intérieur, dans un salon lumineux…
Tania était assise face à Djanou et son équipe.
Elle semblait calme, mais son regard trahissait une certaine inquiétude.
Djanou prit la parole, direct :
— Mademoiselle Tania… vous êtes en danger.
Un silence.
— Un criminel du nom de Salarex veut vous enlever pour servir de menace à votre père.
Tania fronça légèrement les sourcils.
— M’enlever… ?
Naïma intervint doucement :
— Oui. Et il est sérieux.
Djanou continua :
— Nous sommes ici pour déjouer son plan.
À peine eut-il fini—
Des bruits éclatèrent à l’extérieur.
Des mouvements rapides.
Puis une voix forte depuis le portail :
— OUVREZ !
Les gardes se mirent immédiatement en position.
— Intrusion ! cria l’un d’eux.
Djanou se leva d’un bond.
— Ils sont déjà là !
À l’extérieur, les hommes de Salarex tentaient de forcer l’entrée.
Mais cette fois…
ils n’étaient pas attendus.
Le portail céda partiellement sous la pression.
Les premiers assaillants entrèrent.
Armes en main.
Rapides.
Mais dès leur entrée—
BANG !
Les gardes ripostèrent immédiatement.
Le combat éclata.
Djanou sortit à son tour, suivi de Gorlo.
— On les bloque ici ! lança-t-il.
Gorlo n’attendit pas.
Il fonça dans la ligne ennemie, frappant violemment les premiers assaillants.
Naïma et Christelle se positionnèrent en couverture, neutralisant les mouvements adverses avec précision.
Les gardes du corps renforçaient les lignes.
Les hommes de Salarex tentaient d’avancer…
Mais cette fois, ils étaient dominés.
Un par un, ils tombèrent.
Certains furent abattus.
D’autres neutralisés violemment.
Le combat fut rapide.
Brutal.
Efficace.
Quelques minutes plus tard…
Le silence revint.
Le sol était jonché de corps.
Mais deux hommes étaient encore en vie.
Maintenus au sol par les gardes.
Djanou s’approcha lentement.
Son regard était froid.
— Ceux-là… on les garde.
Gorlo cracha au sol.
— Ils vont parler.
Naïma ajouta :
— Et cette fois… on ne fait pas d’erreur.
Christelle observa les deux prisonniers.
Sans émotion.
À l’intérieur, Tania regardait la scène de loin.
Elle comprenait maintenant.
Ce n’était pas une menace vide.
C’était réel.
Djanou se tourna vers son équipe.
— On va savoir où il se cache.
Un silence.
— Et cette fois…
Son regard se durcit.
— Il ne s’échappera pas.
Les deux prisonniers étaient à genoux, attachés, surveillés de près.
La tension dans la résidence avait encore monté d’un cran.
Personne ne parlait inutilement.
Djanou s’avança lentement vers eux.
Son regard était froid. Calculateur.
— Vous allez parler.
Un silence.
L’un des deux détourna légèrement les yeux.
— On n’a rien à dire…
Djanou s’accroupit face à lui.
— Mauvaise réponse.
À peine eut-il commencé à poser une autre question—
Un bruit.
Subtil.
Mais réel.
Djanou releva instantanément la tête.
— À couvert !
Cinq silhouettes surgirent de l’extérieur, rapides, armées.
Des assaillants.
Précis.
Silencieux.
Mais ils étaient déjà en retard.
D’un geste rapide, Djanou sortit ses couteaux.
FSSHH ! FSSHH ! FSSHH !
Trois lames partirent en une fraction de seconde.
Directes.
Précises.
Elles se plantèrent dans le ventre de trois assaillants.
Ils tombèrent immédiatement.
Les deux autres tentèrent de riposter—
BANG ! BANG !
Gorlo venait d’intervenir.
Deux tirs nets.
Les deux derniers s’effondrèrent.
Le calme revint aussi vite qu’il avait été brisé.
Djanou se tourna lentement vers les deux prisonniers.
— Ils vous ont tracés… n’est-ce pas ?
Un silence.
Puis l’un des deux lâcha, résigné :
— Oui…
Il avala difficilement sa salive.
— On a… une petite boule GPS dans nos poches.
Naïma fronça les sourcils.
— Depuis le début…
Le prisonnier continua :
— Salarex sait actuellement où nous sommes.
Gorlo s’approcha immédiatement.
Il fouilla leurs poches.
Et sortit deux petites sphères noires.
— Trouvé.
Sans hésiter—
CRACK !
Il les écrasa sous son pied.
Puis une deuxième.
CRACK !
Silence.
Ailleurs…
Dans un lieu sombre.
Salarex observait un écran.
Deux points lumineux clignotaient encore…
Puis—
Ils disparurent.
Net.
Son regard changea.
Un instant.
Puis il serra légèrement la mâchoire.
— Merde.
Un silence.
Son bras droit s’approcha.
— Ils ont compris.
Salarex se redressa lentement.
— Oui…
Son regard devint plus froid.
— Et ça devient intéressant.
Retour à la résidence.
Djanou fixa les deux prisonniers.
— Maintenant…
Il se pencha légèrement vers eux.
— Vous allez vraiment parler.
La guerre venait de franchir un nouveau cap.
Plus de cachettes
Plus de jeu facile
La nuit n’offrait aucun répit.
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle s’étaient déplacés dans un lieu plus discret avec les deux prisonniers.
Un endroit sécurisé, isolé, parfait pour obtenir des réponses.
Les deux hommes étaient assis, toujours attachés.
L’interrogatoire allait commencer.
Soudain, un téléphone vibra.
Naïma décrocha rapidement.
Son visage changea.
— Quoi ?!
Un silence.
— D’accord… on arrive.
Elle raccrocha.
Tous les regards se tournèrent vers elle.
— La mairie de la ville a été attaquée.
Un silence lourd tomba.
Djanou réagit immédiatement.
— Gorlo, avec moi.
Gorlo se leva d’un bond.
— Enfin.
Naïma fit un pas en avant.
— On vient aussi.
Djanou secoua la tête.
— Non. Restez avec les prisonniers. On doit les garder en vie cette fois.
Un regard rapide vers Christelle.
Bref.
Mais lourd.
Quelques minutes plus tard…
Djanou et Gorlo arrivèrent devant la mairie.
Le lieu était en désordre.
Des vitres brisées.
Des portes forcées.
Des traces de combat récentes.
Mais les assaillants étaient encore là.
Sans hésitation—
Djanou entra en premier.
Rapide.
Silencieux.
Il neutralisa un premier homme avant même qu’il ne comprenne ce qui se passait.
Gorlo suivit immédiatement.
Brutal.
Direct.
Les coups pleuvaient.
Les assaillants tentaient de résister, mais ils étaient dépassés.
Un par un…
Ils tombèrent.
Quelques minutes plus tard…
Le silence revint dans la mairie.
Les corps jonchaient le sol.
Gorlo essuya légèrement ses mains.
— Trop facile…
Djanou, lui, observait les lieux.
Quelque chose n’allait pas.
Il entra dans le bureau principal.
Vide.
Pas de trace du maire.
Il ressortit.
— Le maire n’est pas là.
Gorlo fronça les sourcils.
— Comment ça ?
Un silence.
Puis Gorlo répondit lui-même :
— Il serait à la maison.
Djanou resta immobile une seconde.
Pensif.
Puis son regard changea.
— Non…
Gorlo le regarda.
— Quoi ?
Djanou serra légèrement la mâchoire.
— S’ils ont attaqué ici sans lui…
Un court silence.
— C’est qu’ils savaient déjà qu’il n’était pas là.
Le piège devenait évident.
Djanou releva les yeux.
— On va chez lui.
Gorlo sourit légèrement.
— Là, ça devient intéressant.
Pendant ce temps…
quelque part dans la ville…
une autre opération était peut-être déjà en cours.
La maison du maire était censée être un lieu sécurisé.
Gardes à l’entrée.
Surveillance renforcée.
Accès filtré.
Mais dans cette guerre plus rien n’était vraiment sûr.
Djanou et Gorlo étaient déjà à l’intérieur avec le maire.
La pièce était tendue.
Le maire, debout, écoutait attentivement les explications.
— Donc la mairie a été attaquée pendant que j’étais absent… murmura-t-il.
Djanou hocha la tête.
— Oui. Et ce n’était pas un hasard.
Gorlo ajouta :
— Ils cherchaient à vous forcer à sortir.
Le maire fronça les sourcils.
— Alors ils savent déjà où je suis.
Un silence lourd.
Soudain—
BANG !
Un tir retentit.
Puis un autre.
Et encore un.
— COUVERT ! cria Djanou.
Les vitres explosèrent.
Les hommes de Salarex étaient déjà en position autour de la maison.
Attaque coordonnée.
Rapide.
Violente.
Les gardes du maire ripostèrent immédiatement.
Mais plusieurs tombèrent sous les tirs ennemis.
Djanou réagit sans attendre.
Il se positionna et ouvrit le feu avec précision.
Gorlo, à ses côtés, fit de même.
Les assaillants commençaient à reculer sous la pression.
Mais soudain—
BANG !
Gorlo s’arrêta net.
Un impact violent dans son bras droit.
— AHH !! JE SUIS TOUCHÉ !!
Il recula en serrant son bras.
Djanou tourna instantanément la tête.
Ses yeux changèrent.
Plus froids.
Plus dangereux.
Il repéra immédiatement le tireur.
BANG !
Un tir précis.
L’assaillant s’effondra.
Puis Djanou enchaîna.
Méthodique.
Un par un.
Les derniers hommes de Salarex furent neutralisés.
Le silence revint brutalement.
Le maire s’approcha rapidement.
— Il faut l’emmener à l’hôpital !
Gorlo respirait fortement, tenant son bras.
— Ça va… j’ai connu pire…
Mais la douleur était visible.
Djanou prit une décision immédiate.
— On y va.
Les gardes survivants les aidèrent à sortir.
Direction l’hôpital.
Dans le véhicule…
Gorlo grimaçait mais gardait un sourire.
— Ils m’ont eu… mais ils vont payer.
Djanou le regarda brièvement.
— Reste en vie. C’est tout ce qui compte.
Et dans l’ombre de la ville…
Salarex observait encore.
Sans expression.
Mais avec une certitude grandissante.
Le jeu venait de lui coûter quelque chose.
L’hôpital était calme en apparence, mais l’atmosphère restait lourde.
Les couloirs blancs, les néons froids, les pas rapides des infirmiers… tout contrastait avec la violence qui venait d’éclater quelques heures plus tôt.
Gorlo était installé sur un lit, le bras droit bandé, encore marqué par la douleur.
Djanou était debout près de lui, silencieux un instant.
Il finit par parler doucement :
— Frère… tu as besoin de repos.
Gorlo tourna légèrement la tête vers lui, avec un sourire fatigué.
— Un vrai soldat ne recule jamais.
Djanou le fixa sans changer d’expression.
— Tu dois te reposer.
Un court silence.
Gorlo soupira, puis hocha lentement la tête.
— D’accord.
Un moment de calme s’installa entre eux.
Pas un silence de tension.
Plutôt un silence de compréhension.
Djanou ajusta légèrement sa posture.
— Ne t’en fais pas.
Il regarda Gorlo droit dans les yeux.
— On finira avec cet imbécile de Salarex.
Gorlo esquissa un léger sourire malgré la douleur.
— J’espère bien.
Djanou resta encore une seconde.
Puis il se détourna lentement.
— Je reviens.
Il sortit de la chambre.
Dans le couloir de l’hôpital, le bruit des machines médicales se mêlait aux pas rapides du personnel.
Mais Djanou, lui, n’écoutait rien.
Son regard était ailleurs.
Plus loin.
Plus profond.
La guerre continuait.
Même ici.
Même dans le silence.
Et quelque part dans la ville…
Salarex préparait déjà la suite.
L’hôpital était censé être un lieu sécurisé.
Mais dans cette guerre, même les murs blancs ne garantissaient plus rien.
Dans une chambre surveillée, Gorlo était seul.
Son bras bandé, la douleur encore vive, mais son esprit restait en alerte.
Quelque chose clochait.
Des pas.
Dans le couloir.
Trop réguliers.
Trop contrôlés.
Gorlo leva lentement les yeux.
Il n’attendait personne.
La porte s’ouvrit.
Trois hommes entrèrent.
Habillés comme du personnel ou des visiteurs ordinaires.
L’un d’eux souriait légèrement.
— On vient voir Gorlo.
Un autre ajouta :
— On est des collègues.
Mais Gorlo ne bougea pas.
Son regard se durcit immédiatement.
Il les observa.
Un silence.
Puis il murmura :
— Vous n’êtes pas des collègues.
Les hommes échangèrent un bref regard.
Gorlo comprit.
Trop tard pour discuter.
Il se glissa rapidement derrière le lit.
Les hommes avancèrent dans la pièce.
— Gorlo ? Où es-tu ?
Leur ton changea légèrement.
Moins neutre.
Plus menaçant.
— Il est où ?
CLAC.
Un bruit sec.
Gorlo sortit brutalement de sa cachette.
— ICI !
BANG ! BANG ! BANG !
Les tirs éclatèrent instantanément.
Précis.
Rapides.
Un des hommes tomba immédiatement.
Les autres tentèrent de riposter, mais Gorlo ne leur laissa aucun espace.
En quelques secondes…
tous les hommes de Salarex au sol.
Silence.
Gorlo respira fortement.
Il regarda autour de lui.
Personne d’autre.
Sans attendre, il arracha la perfusion et sortit rapidement de la chambre.
Il devait quitter l’hôpital.
Tout de suite.
Dans le couloir, quelques infirmiers paniquèrent en entendant les tirs.
Mais Gorlo ne s’arrêta pas.
Il avançait vite, malgré la douleur.
Quelques minutes plus tard…
Il quittait le bâtiment.
Blessé.
Mais vivant.
Et dans un endroit inconnu…
Salarex reçut le rapport.
Son regard changea légèrement.
— Il a survécu…
Un silence.
Puis il ajouta calmement :
— Très bien.
La chasse continuait.
Mais désormais…
Gorlo était une cible en mouvement.
Djanou venait à peine de quitter un couloir administratif de la ville lorsqu’il reçut un appel urgent.
Sa main se crispa sur le téléphone.
— Gorlo ?
Une respiration rapide à l’autre bout.
— Je suis dehors.
Silence.
Djanou comprit immédiatement.
— Quoi ?!
Quelques minutes plus tard…
Devant l’hôpital, Gorlo apparut, encore essoufflé, le bras bandé, le visage fermé.
Djanou s’approcha vite.
— Tu étais censé rester au repos !
Gorlo le fixa directement.
— Et toi tu crois que je vais rester couché pendant qu’ils essaient de m’éliminer dans un lit ?
Un silence tendu.
Djanou serra les dents.
— Tu as failli mourir.
Gorlo répondit froidement :
— Et eux aussi.
Les deux se regardèrent.
Tension lourde.
Aucune blague. Aucun sourire.
Juste la réalité brute de leur guerre.
Dans un lieu sombre, Salarex était debout face à une grande carte de Cotonou.
Autour de lui, ses hommes attendaient.
Il parlait calmement :
— Ils commencent à comprendre nos mouvements.
Un silence.
— Donc on change d’échelle.
Il posa son doigt sur plusieurs points stratégiques.
— Hôpital.
— Axes gouvernementaux.
— Réseaux de communication.
Un de ses lieutenants demanda :
— Une attaque coordonnée ?
Salarex hocha la tête.
— Massive.
Il se tourna légèrement.
— On ne teste plus.
Un silence.
— On prend.
Retour à la ville.
Dans un couloir discret de l’hôpital, une infirmière marchait calmement.
Mais en réalité…
elle s’arrêta dans une zone isolée.
Regarda autour.
Puis sortit discrètement un petit dispositif.
Un signal.
Dans un autre endroit…
un écran s’alluma.
Des plans de l’hôpital apparaissaient.
Des positions.
Des accès.
Une voix froide retentit :
— Ils ont déplacé Gorlo.
Une pause.
— Noté.
Retour à Djanou et Gorlo.
Djanou observait Gorlo, encore en colère mais debout.
— Ils t’ont suivi jusque dans un hôpital…
Gorlo répondit :
— Alors on ne peut plus être nulle part en sécurité.
Un silence.
Djanou comprit quelque chose.
Ce n’était plus seulement une guerre de terrain.
C’était une guerre de présence.
Et quelque part dans la ville…
Salarex souriait légèrement.
— Ils ne voient encore rien…
La nuit venait à peine de tomber que Cotonou bascula dans une nouvelle zone de turbulence.
Dans un véhicule sombre, Salarex avançait avec ses hommes restants.
Le silence était lourd à l’intérieur.
Son regard était fixé droit devant.
— On passe à l’action.
Un de ses lieutenants demanda :
— Quelle zone ?
Salarex répondit sans hésitation :
— Cadjéhoun.
Un court silence.
Puis il ajouta :
— On frappe fort. On frappe vite.
Quelques minutes plus tard…
Le quartier Cadjéhoun explosa dans le chaos.
Des hommes armés surgissaient de plusieurs points simultanément.
Des tirs.
Des cris.
Des habitants en fuite.
Les rues devinrent un champ de bataille.
Mais cette fois…
ils n’étaient pas seuls en face.
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle arrivèrent rapidement sur les lieux avec des unités de soutien.
Djanou observa la situation en une fraction de seconde.
— Ils veulent saturer le quartier…
Gorlo serra les dents.
— Alors on les étouffe.
Sans attendre, la contre-attaque commença.
Les forces de Djanou se dispersèrent intelligemment.
Couverture.
Blocage.
Neutralisation.
Gorlo entra en première ligne.
Malgré sa blessure, il frappait avec une rage contrôlée.
Naïma coordonnait les mouvements avec précision.
Christelle éliminait les menaces avec calme et efficacité.
Djanou, lui, dirigeait le cœur du combat.
Un par un…
Les hommes de Salarex commençaient à tomber.
L’avantage changeait.
Rapidement.
Trop rapidement pour eux.
Salarex observait la scène depuis une position élevée.
Son expression était neutre.
Mais ses yeux analysaient tout.
— Ils sont plus organisés que prévu… murmura-t-il.
Un silence.
Puis il donna un ordre simple :
— Retrait.
Les hommes de Salarex commencèrent à reculer.
Méthodiques.
Coordonnés.
Mais cette fois…
ils laissaient des pertes derrière eux.
Quelques minutes plus tard, le calme revint progressivement sur Cadjéhoun.
Les tirs cessèrent.
Les rues restèrent détruites, marquées par les impacts et les véhicules abandonnés.
Djanou observa le quartier.
Respiration lente.
— On a tenu.
Gorlo, essoufflé, ajouta :
— Mais il reviendra.
Naïma acquiesça.
— Et la prochaine fois… ce sera pire.
Christelle resta silencieuse.
Et au loin…
Salarex disparaissait dans l’ombre de la ville.
Calme.
Mais pas vaincu.
La nuit n’avait pas encore livré tous ses combats.
Dans les rues de Gbégamey…
Salarex était de retour.
Avec ce qu’il lui restait d’hommes.
Son objectif était clair :
frapper le chef du quartier.
Créer la peur.
Déstabiliser encore plus la ville.
L’attaque démarra rapidement.
Des cris.
Des coups.
Des mouvements violents autour de la maison du chef quartier.
Mais à quelques rues de là…
Djanou et son équipe marchaient encore.
Puis—
Djanou s’arrêta net.
— Vous sentez ça ?
Gorlo fronça les sourcils.
— Oui… ça bouge là-bas.
Naïma regarda dans la direction.
— Maison du chef quartier.
Djanou n’hésita pas.
— On y va.
Ils arrivèrent sur place.
Le chaos était déjà installé.
Sans attendre—
ils entrèrent dans le combat.
Djanou s’engagea directement au corps à corps.
Sans arme.
Juste ses mains.
Ses coups étaient rapides.
Précis.
Dévastateurs.
Un assaillant tenta de le surprendre.
Un couteau à la main.
Il fonça.
Mais Djanou réagit en une fraction de seconde.
Blocage.
Désarmement d’un geste sec.
CLIC.
Le couteau changea de main.
Puis—
BAM !
Un coup violent.
L’homme fut projeté contre un poteau électrique.
KO immédiat.
Gorlo, malgré sa blessure, était une machine.
Il enchaînait.
Un.
Deux.
Trois.
Dix hommes au total.
Tous envoyés au sol.
Un par un.
Sans pitié.
Naïma se retrouva face à une femme redoutable.
Solide.
Rapide.
Le combat était intense.
Chaque coup comptait.
Mais Naïma prit progressivement l’avantage.
Elle bloqua.
Contre-attaqua.
Puis—
elle brisa ses articulations.
La femme tomba, incapable de continuer.
Naïma s’approcha.
— Et si je te tue…
BANG !
Un tir.
La femme s’effondra.
Morte.
Naïma tourna brusquement la tête.
— GORLO ! Pourquoi tu as fait ça ?!
Gorlo baissa légèrement son arme.
— C’est mon ex.
Un silence.
— Elle mérite la mort.
D'un autre côté, Christelle affrontait une femme musclée.
Le combat était violent.
Direct.
Sans retenue.
La femme frappa fort.
Christelle fut projetée au sol.
Mais elle se releva immédiatement.
Son regard changea.
Froid.
Elle attaqua.
Encore.
Encore.
Jusqu’à prendre le dessus.
Puis—
BAM !
Un coup de poing direct à l’œil droit.
La femme tomba.
Désorientée.
Christelle ne s’arrêta pas.
Elle la saisit—
Et la projeta violemment contre un long clou fixé au mur.
Impact fatal.
Silence.
Quelques instants plus tard…
Le calme revint.
Les corps au sol.
Le combat terminé.
L’équipe se regroupa.
Djanou regarda autour.
Analyse rapide.
— Salarex est dans le quartier.
Un silence.
Puis il prit une décision :
— On se sépare.
Il pointa Gorlo.
— Toi, tu viens avec moi.
Puis Naïma.
— Toi, avec Christelle.
Il marqua une pause.
— On quadrille la zone.
Gorlo demanda :
— On commence où ?
Djanou répondit :
— La zone de “21 Avril”.
Le groupe se divisa.
La chasse était lancée.
Et quelque part dans l’ombre de Gbégamey…
Salarex observait peut-être déjà.
La zone de “21 Avril” était plongée dans une tension lourde.
Pas de bruit.
Pas de mouvement visible.
Mais le danger était là.
Djanou et Gorlo avançaient prudemment.
Chaque pas comptait.
Chaque regard analysait.
Puis—
Une voix.
— Vous êtes enfin là…
Ils se retournèrent immédiatement.
Salarex.
Accompagné de quatre hommes.
Calme.
Comme s’il les attendait depuis le début.
Un silence.
Puis Gorlo craqua son cou.
— Ceux-là… ils sont pour moi.
Sans attendre il fonça sur les quatre hommes.
Le combat fut rapide.
Violent.
Brutal.
Un premier homme tenta de frapper.
BAM !
Gorlo le mit au sol.
Un deuxième arriva mais fut projeté.
Un troisième prit un coup direct.
Le quatrième tenta de prendre l’avantage..... erreur...
Gorlo l’écrasa contre le sol.
Quelques secondes.
Les quatre étaient morts.
De l’autre côté…
Le vrai combat commençait.
Djanou et Salarex se faisaient face.
Silence total.
Puis un choc.
Les coups s’enchaînèrent.
Rapides.
Précis.
Violents.
Salarex était puissant.
Expérimenté.
Il prit le dessus.
Un coup.
Deux coups.
Puis—
BAM !
Djanou fut projeté violemment contre un mur.
Un silence.
Salarex s’approcha lentement.
— Tu es fort… mais pas assez.
Djanou releva la tête.
Respira.
Puis il se releva.
Salarex attrapa une hache.
Sans hésiter il la lança.
Mais Djanou ne paniqua pas.
Au dernier moment il intercepta la trajectoire.
Un geste précis.
Un contrôle parfait.
La hache changea de direction.
Retour.
Direct.
FSSHH !
Elle trancha la gorge de Salarex.
Un silence.
Salarex resta immobile une seconde.
Ses yeux fixèrent Djanou.
Puis il tomba.
Mort.
Le calme s’installa.
Lourd.
Définitif.
Gorlo arriva à ce moment-là.
Regarda le corps.
Puis il leva son arme.
BANG ! BANG ! BANG !
Il tira.
Encore.
Encore.
Jusqu’à ne plus rien laisser.
Silence.
Djanou observa la scène.
Fatigué.
Mais debout.
— C’est fini…
Gorlo respira profondément.
— Enfin.
Mais au fond…
quelque chose restait.
Une guerre comme celle-là ne se termine jamais aussi simplement.
La nuit semblait enfin retomber.
Le corps de Salarex était encore au sol.
Le silence… presque irréel après tout ce chaos.
Djanou et Gorlo reprenaient leur souffle.
Mais quelque chose clochait.
Un bruit.
Des pas.
Lents.
Calmes.
Un homme sortit de l’ombre.
Bien habillé.
Regard froid.
Aucune peur.
Il s’arrêta face à eux.
— Djanou… félicitations.
Un silence.
Djanou le fixa.
— Qui es-tu ?
Un léger sourire.
— Mais ce n’est pas fini.
Il fit un pas en avant.
— Salarex n’était pas le vrai chef.
Un silence lourd.
Puis—
— C’est moi.
Le regard de Djanou changea immédiatement.
— Ton nom.
— Gankpin.
Un souffle.
Puis il ajouta, froidement :
— Si vous êtes prêts à m’affronter… venez.
Un sourire sombre.
— Je vais vous découper en morceaux… et donner ça à mes chiens.
Le combat commença
Gorlo ne réfléchit pas.
— Je prends les devants !
Il attaqua en premier.
Rapide. Brutal.
Mais Gankpin était prêt.
Blocage.
Contre.
BAM !
Un coup violent.
Puis un second.
Gorlo fut projeté au sol.
Il tenta de se relever…
Mais cette fois il ne pouvait plus.
Djanou observa.
Silencieux.
Puis il attaqua.
Le choc fut immédiat.
Puissant.
Les coups s’enchaînaient.
Plus rapides.
Plus dangereux.
Gankpin frappa.
BAM !
Djanou encaissa.
Recule légèrement.
Mais cette fois il ne céda pas.
Il reprit le contrôle.
Contre-attaque.
Un coup.
Deux coups.
Puis une projection.
Gankpin fut jeté au sol.
Un silence d’une seconde.
Mais Gankpin n’était pas fini.
Il sortit un pistolet.
Pointé directement sur Djanou.
— Fin du jeu.
Mais.....
Un mouvement.
Rapide.
Imprévisible.
Gorlo.
Toujours au sol.
Mais pas hors combat.
Il lança un couteau.
FSSHH !
Direct dans le cou de Gankpin.
Le sang jaillit immédiatement.
Le pistolet tomba de sa main.
Gankpin porta la main à sa gorge.
Trop tard.
Il s’effondra.
Silence.
Djanou s’approcha lentement.
Regarda le sang couler.
Puis lâcha, froidement :
— C’est ce qu’on appelle… se faire baigner dans un lac de sang.
Gorlo, au sol, respira difficilement.
Mais un léger sourire apparut.
— On a fini…
Djanou regarda autour.
Longuement.
Cette fois…
ça ressemblait vraiment à la fin.
Chapitre 32 : Après la tempête
Le soleil s’était levé sur une ville marquée… mais vivante.
Cotonou respirait encore.
Sur le balcon d’un bâtiment au troisième étage,
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle observaient la ville.
En bas…
Les habitants nettoyaient.
Réparaient.
Reprenaient vie.
Des motos circulaient à nouveau.
Des commerçants rouvraient leurs boutiques.
Des voix revenaient.
La ville se reconstruisait.
Un silence paisible régnait entre eux.
Pour la première fois depuis longtemps…
pas de tirs.
pas de cris.
pas de menace immédiate.
Djanou, appuyé contre la rambarde, prit la parole :
— Les gars…
Les autres tournèrent légèrement la tête vers lui.
— Le président nous invite chez lui.
Un petit silence.
Puis il ajouta :
— Pour partager le déjeuner.
Gorlo esquissa un sourire.
— Ah… enfin une bonne nouvelle.
Il regarda les autres.
— Ce sera une fête.
Naïma croisa les bras, plus calme.
— Après tout ça… on l’a mérité.
Christelle, elle, resta un instant silencieuse.
Puis répondit simplement :
— Ok. Je viendrai.
Le vent passa doucement.
La ville brillait sous la lumière du matin.
Djanou observa encore une fois l’horizon.
— On a tenu.
Un silence.
Mais au fond de lui…
il savait une chose.
Une ville comme Cotonou… ne dort jamais vraiment.
La caméra imaginaire s’éloigne.
Le groupe reste là.
Debout.
Ensemble.
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