Krys & Karl

CHAPITRE 1 – LE MARCHÉ DE KANDJI

Krys n’avait jamais vu une ville aussi grande.

En descendant du vieux taxi poussiéreux, il resta quelques secondes immobile, son sac serré contre la poitrine. Derrière lui s’effaçait Nangbèdjè, son village calme, ses chemins de terre, ses nuits sans peur. Devant lui s’étendait Kandji, une fourmilière bruyante, pleine de klaxons, de moteurs, de voix qui s’entrecroisaient sans repos.

Il prit une profonde inspiration et s’engagea dans la direction du marché central.

Des étals couverts de fruits mûrs, de poissons étincelants et de tissus colorés bordaient les rues. Des vendeurs criaient leurs prix. Des motos slalomaient entre les passants. Krys avançait prudemment, observant, découvrant cette nouvelle vie.

Il acheta du riz, des tomates, un peu de viande séchée. Son reste d’argent était rangé dans la poche intérieure de sa chemise. Il faisait attention à chaque geste — ici, tout semblait plus rapide, plus dangereux.

À peine avait-il quitté une boutique qu’une silhouette barra soudain son chemin.

Puis une autre.

Puis deux de plus.

Quatre hommes. Regards durs. Sourires sans joie.

Le plus grand d’entre eux avança d’un pas.

Il semble que tu sois nouveau dans la ville, lança-t-il d’un ton calme, mais lourd de menace.
Tu remets tout ce que tu as comme fric et on te laisse en paix.
Il pencha la tête sur le côté.
Tu refuses… on passe à l’étape supérieure. Et cette étape peut te coûter la vie, bro.

Autour, le marché continuait à vivre comme si rien ne se passait. Les passants détournaient les yeux. Personne ne voulait voir.

Krys sentit son cœur battre dans ses tempes.

Il pensa à Nangbèdjè.
À sa mère.
À cette promesse silencieuse de ne plus être un homme qui baisse la tête.

Il redressa les épaules.

Comme je ne suis pas un poltron, dit-il calmement,
je préfère l’étape supérieure.

Un silence bref tomba.

Le chef sourit lentement.

Ok… on verra de quoi tu es capable.

L’un des bandits fonça.

Il visa la poitrine de Krys.

Mais Krys réagit d’instinct : il esquiva, saisit le bras tendu, tourna le poignet et frappa sec sous la mâchoire. Le bandit s’effondra lourdement sur le sol, sonné.

Les trois autres jurèrent et se ruèrent vers lui.

Krys résista, frappant, reculant, recevant un coup dans l’épaule. Le sang coula de sa lèvre fendue. Il tenait toujours debout… mais la supériorité numérique devenait écrasante.

Soudain, une voix claqua derrière eux :

Les gars… qu’est-ce qui se passe ici ?

Un homme venait d’entrer dans le cercle.

Grand, regard tranchant, posture calme malgré la tension.

Laissez-le en paix, ajouta-t-il.

Le chef ricana.

— Dégage, si tu veux pas passer à ton tour.

L’homme ne répondit pas.

Il attaqua.

La bagarre s’embrasa comme une étincelle sur de l’essence. Les coups pleuvaient. Les étals se renversèrent. Le pavé se tacha de sang.

Krys et l’inconnu se battirent côte à côte sans même se parler.

En moins d’une minute, les bandits étaient tous au sol — certains inconscients, d’autres fuyant comme des chiens blessés.

Le marché reprit son souffle.

Le calme revint peu à peu.

Les deux hommes se regardèrent.

Tu te défends bien, dit l’inconnu en essuyant une goutte de sang sur son front.
— Il semble que tu sois une nouvelle tête dans la ville.
Je suis Karl. Et toi ?

Krys reprit son souffle.

Krys.

Karl esquissa un sourire.

Waouh…
— Ce serait cool si on faisait équipe.
Double “K”. Ça te dit ?

Krys observait encore les passants qui s’éloignaient, tremblants.

Il hocha lentement la tête.

Ils se mirent alors à marcher ensemble dans la même direction, parlant à voix basse.

Sans le savoir, le duo venait de naître.

Dans l’ombre de Kandji, le Mora Gang de Korgo venait de trouver deux ennemis inattendus.

CHAPITRE 2 – KARL RÉVÈLE LA VÉRITÉ

Ils marchèrent pendant plusieurs minutes dans les ruelles qui longeaient le marché. Le soleil tapait fort, mais l’air restait lourd, rempli d’odeurs de friture, de poussière et de sueur. Krys avançait en silence, son sac sur l’épaule, encore essoufflé par le combat.

Karl, lui, gardait un rythme régulier. Il regardait parfois derrière eux, comme quelqu’un habitué à surveiller ses arrières.

Tu te bats bien pour quelqu’un qui débarque de nulle part, lança Karl finalement.

— Dans mon village, j’avais mes raisons d’apprendre à me défendre, répondit Krys en haussant légèrement les épaules.

Karl sourit.

— Kandji va t’obliger à en apprendre encore plus.

Ils tournèrent dans une petite rue plus calme, loin du marché. Un groupe d’enfants jouait avec une balle trouée. Des femmes transportaient des bassines d’eau. Quelques motos passaient lentement. L’ambiance était moins agressive.

Karl s’arrêta près d’un kiosque abandonné, recouvert de graffitis.

— Krys, écoute.
— Ce qui t’est arrivé tout à l’heure… ce n’était pas un hasard.
— Ces types font partie d’une organisation. Tu dois savoir dans quelle ville tu viens de mettre les pieds.

Krys fronça les sourcils.

— Je t’écoute.

Karl inspira profondément, comme s’il s’apprêtait à ouvrir une porte qu’on ne peut plus refermer après.

Kandji est sous le contrôle d’un seul groupe : le Mora Gang.
— Leur chef s’appelle Korgo. Et crois-moi… il ne plaisante jamais.

Il marqua une pause.

— Le Mora Gang est partout : marchés, stations de taxi, rues, quartiers. Tout le monde paye. Tout le monde se tait. Même la police n’ose pas intervenir.

Krys ouvrit légèrement les yeux.

— Et toi… tu les affrontes seul comme ça ?

Karl ricana.

— Seul ? Non.
Il tapota du doigt sa poitrine.
— Je travaille pour une unité gouvernementale spéciale. Notre mission : limiter les dégâts, infiltrer, détruire leurs réseaux. Officiellement, on n’existe pas. Officieusement, on essaie de maintenir ce qui reste de justice dans cette ville.

Il fixa Krys.

— Le combat de tout à l’heure… tu as montré quelque chose.
— Du courage. De la hargne. Et surtout… tu n’as pas peur de te salir les mains.

Krys resta silencieux quelques secondes.

— Je n’aime pas les injustices, dit-il simplement.
— Je suis venu ici pour travailler, pour vivre, pas pour fuir.

Karl hocha la tête, satisfait.

— Alors peut-être que tu as ta place avec nous.
Il ajouta à voix plus basse :
— Et crois-moi, Korgo n’oubliera pas ce qui s’est passé au marché. Tu l’as humilié, même sans le connaître. Il te fera payer ça.

Krys serra les dents.

— Je n’ai pas peur de lui.

— C’est ce que je voulais entendre.

Karl regarda autour de lui, vérifia que personne n’écoutait, puis fit signe :

— Suis-moi.
— Si tu veux devenir quelque chose de plus qu’un simple nouveau venu… je vais te montrer un endroit.

Ils reprirent la marche, plus rapides cette fois.

— Où on va ? demanda Krys.

— À notre base.
— Là où commencent vraiment les problèmes… et les solutions.

Au même moment, très loin derrière, une moto s’arrêta à l’endroit où ils s’étaient battus.
Un homme descendit.

Il observa les traces de sang au sol.

Il ramassa la casquette du bandit que Krys avait mis à terre.

Il serra les dents.

Korgo va vouloir voir ça, murmura-t-il.

CHAPITRE 3 – LE PREMIER TEST

La nuit était déjà tombée quand Karl et Krys atteignirent l’extrémité est de Kandji.

Ils quittèrent les rues animées pour s’enfoncer dans une zone industrielle presque abandonnée. Hangars rouillés, entrepôts silencieux, lampadaires clignotants… L’endroit semblait désert.

— Tu es sûr qu’on va quelque part ? demanda Krys en ralentissant.

Karl ne répondit pas tout de suite. Il traversa un terrain vague, contourna un vieux dépôt de carburant, puis s’arrêta devant une petite bâtisse sans enseigne.

Il tapa deux fois, fit une pause, puis encore une fois.

Un déclic métallique se fit entendre. La porte s’entrouvrit.

À l’intérieur, une salle faiblement éclairée. Trois hommes et une femme étaient là, armés, sérieux. Tous portaient une petite insigne discrète cousue à la poitrine.

Karl entra le premier.

— Équipe Alpha, annonça-t-il.
— Je vous présente Krys.

La femme, aux yeux perçants, observa le nouveau venu de la tête aux pieds.

— C’est lui, le gars du marché ? demanda-t-elle.

— Oui, répondit Karl. Il a tenu face aux hommes de Korgo sans formation.

Un murmure passa dans la pièce.

Un homme à la carrure massive s’approcha.

— Tu sais où tu mets les pieds, gamin ? Ici on ne joue pas aux héros.
— Ceux qui entrent dans cette unité ne savent pas s’ils verront le jour suivant.

Krys ne baissa pas le regard.

— Je veux aider les innocents.
— Et arrêter ceux qui font régner la peur.

Le colosse le fixa longuement, puis eut un léger sourire.

— Bon motif. Maintenant… voyons si tu as le niveau.

La femme fit un signe. Une porte coulissa au fond de la salle, révélant un espace sombre. Un ancien gymnase aménagé en salle d’entraînement.

Premier test, annonça-t-elle.
— Combat réel.
— Pas de règles sauf une : tenir debout jusqu’au bout.

Deux recrues sortirent de l’ombre.

Leurs regards montraient l’expérience.

Karl croisa les bras.

— Tu peux encore te retirer, souffla-t-il à Krys.

Krys secoua la tête.

— J’ai déjà choisi.


Le combat d’épreuve

Le premier attaquant fonça sans avertir. Crochet au visage.

Krys encaissa, tituba, mais riposta aussitôt avec un coup de genou brutal dans l’abdomen. L’homme recula en grognant.

Le deuxième arriva sur le côté. Krys esquiva de justesse, plia sous un coup à l’épaule, puis roula au sol.

Il se releva couvert de poussière, la respiration lourde.

Il ne cherchait plus à se protéger seulement. Maintenant, il frappait pour faire tomber.

Les coups s’échangèrent violemment. Le sang jaillit d’un sourcil ouvert. Des côtes craquèrent. Personne ne retenait ses gestes.

Finalement, un adversaire tomba, inconscient.

Le deuxième tenta une projection.

Krys anticipa : il saisit le col, bascula son poids en avant… et projeta l’homme contre le mur.

Silence.

Krys resta debout, haletant, couvert de sueur et de sang.

Karl s’approcha lentement.

— Test réussi.

La femme hocha la tête.

On le garde, déclara-t-elle.


La vérité tombe

Karl posa une main sur l’épaule de Krys.

— À partir d’aujourd’hui, tu es recrue officielle de l’unité.

Il ajouta doucement :

— Mais maintenant que tu es dedans…
— Korgo ne te laissera plus jamais tranquille.

Krys essuya le sang au coin de sa bouche.

— Tant mieux.
— Je ne suis pas venu à Kandji pour me cacher.


Dans l’ombre

Au même moment, à l’autre bout de la ville, dans un club privé aux murs rouges, Korgo recevait un rapport.

— Deux types ont mis nos gars à terre au marché… dont un nouveau.

Korgo serra son verre jusqu’à le fissurer.

— Trouvez-les.
— Kandji doit comprendre une chose…

Ses yeux brillèrent comme des lames.

Personne ne défie le Mora Gang et survit longtemps.

CHAPITRE 4 — LA PREMIÈRE MISSION

La salle tactique était plongée dans une lumière froide. Une carte de Kandji occupait tout un mur, marquée de repères rouges.

La femme aux yeux perçants — que tous appelaient Commandante Ayo — se tenait face à Krys et Karl.

Mission solo, annonça‑t‑elle.
— Pas d’équipe d’appui cette fois. Vous deux seulement.

Krys sentit une pointe de tension lui monter dans la poitrine mais garda le silence.

Ayo pointa un secteur au centre de la carte.

— Rue Bantora.
— Des hommes du Mora Gang y rackettent les commerçants toutes les nuits.
— Coups, menaces, passages à tabac.
— La police se défile. Les civils sont à bout.

Elle fixa tour à tour les deux agents.

— Votre rôle :

  1. Intervenir.

  2. Neutraliser sans faire de victimes civiles.

  3. Faire passer le message : Kandji n’a plus peur.

Karl hocha la tête.

— Compris.

Krys serra les poings.

— On part quand ?

Maintenant.


Rue Bantora

La rue était étroite, mal éclairée, encadrée par de vieilles bâtisses aux murs fissurés. Des boutiques fermées, des rideaux métalliques baissés. L’atmosphère sentait la tension.

De l’autre bout de la rue, quatre hommes armés de battes et de couteaux encerclaient un commerçant agenouillé.

— L’argent ! hurlait l’un d’eux.
— Ou on t’enterre ici !

Le commerçant tremblait, vide les poches.

Krys observa la scène, la mâchoire crispée.

— On y va.

Karl sorti doucement de l’ombre.

Synchronisé. À mon signal.

Il compta sous sa respiration :

— Trois… deux… un…

Ils surgirent.

Karl frappa le premier homme avec un coup tournoyant qui l’envoya contre un mur dans un bruit sourd.

Krys s’élança sur le second, bloqua sa batte, plaça un coup de coude dans la gorge et acheva par une projection sèche.

Le troisième sortit son couteau et fonça.

Krys esquiva d’un pas, mais ressentit une brûlure : la lame l’avait effleuré au bras. Du sang coula aussitôt.

La douleur le rendit plus rapide.

Il saisit le poignet armé, tordit à fond. Un craquement sec. Le couteau tomba. Le coup de genou suivant coucha l’homme net.

Au même moment, Karl recevait un coup de batte dans le dos. Il grogna, se retourna violemment et fracassa son adversaire d’un uppercut brutal.

En moins de trente secondes, les quatre racketteurs jonchaient le sol.

La rue retomba dans le silence.

Le commerçant resta figé, le regard incrédule.

— Vous… vous êtes qui ?

Karl s’approcha, posa une main rassurante sur son épaule.

— Des gens qui ne veulent plus voir Kandji souffrir.

Krys se pencha pour rassembler l’argent tombé au sol et le rendit à l’homme.

— Personne ne te menacera ici ce soir.

L’homme fondit en larmes de soulagement.


Le message

Karl attrapa l’un des racketteurs, le souleva par le col.

Retourne voir Korgo.
— Dis‑lui que Kandji n’est plus sa chasse gardée.

Il le relâcha violemment contre le mur.

Le bandit détala sans se retourner.


Après l’action

Les deux agents reprirent le chemin de la base, les pas lourds.

— Première mission réussie, murmura Karl.

Krys pressait son bras ensanglanté.

— Ce n’est que le début.

Karl regarda la ville au loin.

— Oui… et Korgo va maintenant nous répondre.


Dans l’antre du Mora Gang

Dans son repaire faiblement éclairé, Korgo écoutait le récit du racketteur tremblant.

— Deux types… l’un est jeune… l’autre combat comme une bête…

Korgo sourit lentement.

Alors voilà donc les fameux “Double K”.

Il se leva.

— Préparez le terrain.
— Je veux leur faire comprendre ce que veut dire… défier Mora Gang.

CHAPITRE 5 — LE PIÈGE DE KORGO

Les jours suivants, Krys et Karl retournèrent à leur routine d’entraînement et de surveillance. La ville semblait reprendre un souffle, mais un danger invisible flottait dans l’air : Korgo n’avait jamais oublié l’humiliation du marché et l’attaque de la rue Bantora.

Karl observait la ville depuis un toit surplombant le quartier central. Krys, encore marqué par la première mission, suivait ses gestes attentivement.

Il prépare quelque chose, murmura Karl.
— Tu le sens, n’est-ce pas ? La tension ?

Krys hocha la tête, son regard fixé sur les rues.

— On a fait tomber ses hommes, il ne va pas rester les bras croisés.

Karl ne répondit pas immédiatement. Il avait un plan.


Leur nouveau renseignement

La base reçut une alerte d’un informateur civil :

  • Une livraison suspecte devait passer par la rue Mabouka.

  • Le transport concernait des armes destinées au Mora Gang.

  • Les civils du quartier avaient peur de sortir, la rue était presque vide.

Karl regarda Krys.

— Mission : intercepter la livraison, neutraliser le transport, et récupérer ce qu’ils préparaient.
— Mais attention… ça sent le piège.

Krys respira profondément.

— On est prêts. On a déjà affronté ses hommes.

Karl sourit.

— Oui… mais cette fois, c’est différent. Korgo sait que nous sommes là. Il a prévu chaque mouvement.


Le piège se referme

Dans la rue Mabouka, l’équipe repéra le véhicule. Trois hommes à l’extérieur manipulaient des caisses. Les deux agents avancèrent en silence.

— Position parfaite, murmura Karl.
— Quand je donne le signal, tu frappes.

Soudain, un quatrième homme surgit de l’ombre, tirant une arme. Les autres se retournèrent aussitôt, révélant que Korgo avait préparé une embuscade complète.

Krys sentit son cœur s’accélérer. Karl lui lança un regard :

Reste concentré. Reste vivant.

Le combat s’engagea. Les tirs claquaient, les caisses volaient en éclats. Krys esquiva un coup de barre métallique et riposta avec un crochet dans la mâchoire de son adversaire. Karl, à quelques mètres, neutralisait un autre homme d’un coup précis.

Mais plus ils avançaient, plus le piège se révélait : un véhicule bloquait leur retraite. Les rues autour étaient occupées par une dizaine de bandits supplémentaires.

Krys se redressa, haletant.

On est coincés, murmura-t-il.

Karl hocha la tête, ses yeux d’acier fixant chaque mouvement.

— On improvise. On frappe vite, on frappe fort, et on sort vivants.


Le début de l’escalade

Le duo se battit comme jamais. Les coups pleuvaient, les armes tombaient, le sang coula. Krys sentit la douleur d’un coup de crosse sur son épaule, mais chaque impact renforçait sa détermination. Karl, stratège, les guidait à chaque mouvement, anticipant les attaques.

Au cœur du chaos, Krys comprit une chose : il ne s’agissait pas seulement de se battre… il s’agissait de survivre dans une ville où le Mora Gang ne tolère aucune erreur.

Alors que les bandits étaient repoussés vers les coins sombres de la rue, Karl lança :

On doit récupérer les caisses et se tirer d’ici avant que ça devienne un bain de sang.

Krys acquiesça. La première véritable mission en conditions extrêmes venait de commencer, et il savait que la prochaine étape serait encore plus dangereuse.

CHAPITRE 6 — FACE À KORGO

La rue Mabouka était jonchée de débris et de caisses renversées. L’odeur de poudre et de métal brûlé flottait dans l’air. Krys et Karl avançaient prudemment, chaque pas calculé.

Reste sur tes gardes, murmura Karl.
— Il est là… je le sens.

Soudain, un rire sec résonna dans la ruelle. Une silhouette imposante apparut au bout de la rue, entourée de ses hommes. C’était Korgo, calme, charismatique, une aura de menace qui faisait frissonner même les plus courageux.

Alors ce sont vous… lança Korgo.
— Les fameux “Double K”. J’attendais ce moment.

Ses hommes encerclaient le duo, armes levées. Krys sentit l’adrénaline parcourir son corps.

— On y va, murmura Karl.

Le combat

Krys fonça sur le premier homme à sa gauche, le neutralisant d’un crochet suivi d’un balayage rapide. Karl, de son côté, affronta deux assaillants à la fois, utilisant la rue étroite à son avantage.

Les coups pleuvaient. Les caisses volaient, les armes s’entrechoquaient. Certains hommes de Korgo furent mis à terre en quelques secondes, incapables de rivaliser avec la coordination et la force du duo.

Encore un pas et il sera à terre ! cria Karl en esquivant un coup de couteau.

Krys, concentré, plaqua son adversaire contre un mur, laissant l’homme inconscient à terre. Mais malgré tous leurs efforts, Korgo restait hors de portée. À chaque fois qu’ils pensaient pouvoir l’atteindre, il disparaissait derrière une fumée, une ruelle adjacente, ou même un simple reflet de lumière.

Il s’échappe encore… grogna Krys, haletant.

Karl hocha la tête, les yeux fixés sur la dernière silhouette sombre de Korgo.

C’est lui le maître de Kandji. On ne l’a pas encore touché… mais ce n’est que le début.

Korgo lança un dernier regard, un sourire cruel aux lèvres, puis disparaît dans l’ombre, laissant derrière lui un chaos total et ses hommes battus au sol.

Le silence retomba sur la rue. Seuls Krys et Karl restaient debout, épuisés mais déterminés.

— On va le trouver, murmura Krys.
— Oui… et cette fois, il ne s’échappera pas, répondit Karl avec conviction.

Le Mora Gang venait de comprendre une chose : les Double K n’étaient pas des novices.

CHAPITRE 7 — L’AVERTISSEMENT DE KORGO

La ville de Kandji s’éveillait sous un ciel gris et lourd. Les marchés commençaient à s’animer, les rues à bourdonner. Mais une tension inhabituelle flottait dans l’air. Les habitants, pressentant un danger, murmuraient entre eux et fermaient les boutiques plus tôt que d’habitude.

Krys et Karl étaient sur le toit d’un immeuble surplombant la place centrale, observant les allées et venues.

Il bouge, dit Karl, le regard rivé sur les rues en contrebas.
— Les hommes de Korgo ont compris qu’on les affaiblit.

Soudain, un bruit métallique retentit. Des sirènes, des cris, des explosions étouffées. Une fumée noire monta de plusieurs rues adjacentes.

Korgo attaque la ville ! s’exclama Karl.
— C’est son message. Il veut nous avertir… et semer la peur.

Le chaos en ville

Des hommes du Mora Gang surgirent de toutes parts. Ils bloquaient les intersections, frappaient les civils, mettaient le feu aux étals, et détruisaient les véhicules. La population fuyait dans la panique.

Krys sentit son sang bouillir. Il n’avait jamais vu Kandji sous une telle violence.

On ne peut pas rester là à regarder, murmura-t-il.

Karl hocha la tête.

— On y va, double K. On reprend le contrôle de la situation.

Ils descendirent dans les rues, esquivant les tirs et les projectiles. Chaque coin de rue était un piège, chaque fenêtre un danger. Mais ils avançaient avec précision, frappant rapidement, neutralisant les hommes de Korgo qui se dressaient sur leur chemin.

Confrontation directe

Krys attrapa un racketteur armé d’une barre de fer et le projeta contre un mur. Karl, quant à lui, fit tomber un homme équipé d’un pistolet à répétition grâce à un enchaînement rapide de coups et de projections.

Malgré leur efficacité, Korgo restait invisible, tirant les ficelles depuis l’ombre, observant chaque mouvement.

Il nous teste…, murmura Karl.
— Oui… et il veut nous montrer qu’il peut détruire Kandji, pensa Krys en voyant un marché en flammes.

Les civils commencèrent à se réfugier dans les bâtiments sécurisés. Krys et Karl frappaient les assaillants au sol, protégeant ceux qui pouvaient l’être, mais l’ampleur du chaos était écrasante.

À un moment, Karl se tourna vers Krys :

C’est clair maintenant…
— Korgo ne reculera devant rien. Il nous enverra autant de messages qu’il faudra.
— Mais nous, on ne reculera jamais non plus.

Le duo progressait dans les rues en flammes, frappant, esquivant, sauvant, et envoyant un message à Korgo : “Nous sommes là, et nous n’avons pas peur.”

Alors que le soleil commençait à se coucher, la fumée et les cris continuaient de couvrir la ville. Korgo, quelque part, les regardait à distance, souriant à la destruction qu’il avait semée, mais conscient que Double K ne se laisserait pas intimider.

CHAPITRE 8 — LA RIPOSTE QUI ÉCHOUE

La ville respirait encore la fumée et la peur. Krys et Karl avaient passé la nuit à aider les civils et à neutraliser les hommes de Korgo dans les rues, mais ils savaient qu’une attaque directe contre le repaire du Mora Gang serait la vraie épreuve.

Dans la salle tactique, la Commandante Ayo exposa le plan.

— Le repaire de Korgo est bien gardé.
— Des dizaines d’hommes armés, des pièges, et des sorties multiples.
— Si vous échouez… la ville pourrait tomber complètement entre ses mains.

Karl regarda Krys, sérieux.

— On est prêts. On ne peut pas reculer.

Krys serra les poings.

— On n’échouera pas.


L’infiltration

Ils approchèrent du repaire sous le couvert de la nuit, se glissant dans les ruelles arrière. L’endroit ressemblait à un labyrinthe : hangars, passages étroits, containers empilés.

Ils avancèrent lentement, neutralisant quelques sentinelles avec précision. Le silence pesait lourd. Chaque pas semblait résonner dans l’obscurité.

Encore un peu, murmura Karl.
— On doit atteindre l’entrée principale et frapper fort.

Soudain, un bruit métallique. Krys se retourna. Trop tard. Un piège venait de se refermer. Une cage métallique tomba devant eux, les bloquant. Des hommes surgirent de tous les côtés, armes en main.

Mer… c’est un piège ! cria Krys.


Le combat perdu

Ils se battirent avec rage, mais cette fois le nombre était écrasant. Des projectiles, des barres de fer, des armes blanches… tout s’abattait sur eux. Krys reçut un coup à l’épaule qui le fit tomber, Karl fut frappé à la jambe et chancela.

On doit… sortir ! haleta Karl.
— Trop d’hommes ! trop de pièges !

Les deux agents réussirent à se dégager avec peine, blessés et essoufflés, laissant derrière eux le repaire intact et Korgo invisible. Le Mora Gang les avait piégés et forcés à reculer.


Le retour à la base

De retour à la base, Krys s’assit lourdement, la sueur et le sang collant ses cheveux à son front.

— On a échoué, murmura-t-il.
— Oui… et Korgo sait maintenant qu’on ose venir jusque chez lui.

Karl posa une main sur son épaule.

— Ce n’est pas la fin. C’est juste… un avertissement.
— Il teste nos limites. Et crois-moi, il va les repousser encore et encore.

Krys regarda la ville à travers la fenêtre de la base. Kandji dormait mal, incertaine, sous la menace du Mora Gang.

— Alors… on doit être prêts pour la prochaine fois, murmura Krys.
— Oui, répondit Karl, et la prochaine fois, on ne reculera pas.

Le silence retomba, lourd, mais dans ce silence, une certitude s’imposa : Double K n’avait pas dit son dernier mot.

CHAPITRE 9 — L’ENTRAÎNEMENT DU RETOUR

La base gouvernementale était silencieuse à l’aube. Seules résonnaient, au fond du complexe, des détonations régulières. Dans le stand de tir, Krys et Karl se tenaient côte à côte, bras tendus, concentrés sur les silhouettes métalliques qui glissaient sur les rails.

Karl tirait avec une précision calculée, chaque balle frappant la zone vitale. Krys, encore marqué par leur récente défaite, ajustait sa respiration, resserrait sa prise, puis tirait plusieurs fois d’affilée.

Après une série de tirs, Karl baissa son arme pour recharger. Le silence s’installa entre eux, lourd, rempli de frustration et de détermination.

C’est alors que Krys brisa le calme :

Karl… même si on n’aura pas Korgo pour le moment, ses hommes vont souffrir dans nos mains.

Karl tourna légèrement la tête, observant Krys avec un demi-sourire approbateur.

— Voilà l’état d’esprit, répondit-il.
— On apprend de chaque échec. On devient plus forts. Et eux… ils ne réaliseront même pas ce qui les frappe.

Krys tira encore une fois, la balle frappant la cible en plein cœur.

— Je déteste perdre du terrain, dit-il.
— On doit reprendre l’avantage. Montrer à cette ville que Double K ne recule pas.

Karl rechargea un second chargeur, puis pointa la cible suivante.

— Tu sais, Krys… Korgo croit qu’on va être intimidés.
— Il pense qu’en brûlant la ville, en nous piégeant, il peut nous briser.
— Mais il n’a rien compris : il vient juste de réveiller quelque chose.

Krys hocha la tête.

— De la rage.

— Non, rectifia Karl.
— De la conviction.

Ils levèrent leurs armes simultanément. Une série de tirs précis retentit dans la salle, déchirant les silhouettes métalliques. Les deux hommes tiraient plus vite, plus fort, comme s’ils déchargeaient leur colère sur chaque cible.

Le commandant Ayo, qui les observait à distance, prit note : le duo entrait dans une nouvelle phase, plus dangereuse, plus déterminée.

Lorsque leurs chargeurs furent vides, Karl baissa son arme et dit :

On va s’entraîner jusqu’à ce qu’aucun homme du Mora Gang ne puisse nous tenir tête.
Et quand le moment viendra… Korgo payera le prix.

Krys rangea son pistolet dans l’étui.

— Oui. La revanche commence aujourd’hui.

CHAPITRE 10 — LA PREMIÈRE REPRÉSAILLE

La nuit était tombée sur Kandji, lourde et pressante. Dans la rue Konga Nord, un petit groupe du Mora Gang contrôlait le passage, rançonnant les commerçants tardifs et terrorisant les habitants. Ils riaient, insouciants, certains assis sur des motos, d’autres armés de barres de fer et de machettes.

Ce qu’ils ne savaient pas… c’est que Double K les observait depuis les toits.

Karl, accroupi, ajusta son viseur.

— C’est notre terrain d’essai, murmura-t-il.
— On frappe vite, propre, et on disparaît avant que les renforts arrivent.

Krys, concentré, hocha la tête.

— Ce soir, on leur envoie un message clair.

Ils descendirent en silence, se glissant entre les ruelles, jusqu’à se retrouver à vingt mètres du groupe de bandits. Un vent froid souffla. La tension devint électrique.

Un membre du gang entendit un bruit et se tourna.

— Hé, qui est là ?

Trop tard.

Le duel commence

Karl sortit le premier de l’ombre. Krys surgit à sa droite. Les bandits furent pris de court.

Double K… murmura l’un d’eux, terrifié.

— Oui, répondit Karl. Et on vous a prévenus.

La première salve de coups de feu éclata dans la rue.

Les tirs étaient nets, rapides, précis. Karl abattit les deux hommes les plus armés en quelques secondes. Krys se déplaçait avec fluidité, esquivant une machette, roulant sur le côté et tirant deux balles qui envoyèrent ses adversaires au sol.

Le gang paniqua. Les motos tombèrent. Les civils se cachèrent dans les maisons, verrouillant les portes. Des bandits tentèrent une contre-attaque, mais les réflexes de Double K étaient trop rapides.

Krys tira en avançant, forçant trois hommes à reculer. L’un d’eux s’écroula contre un mur, touché au torse. Karl engagea un duel rapproché et tira en pleine tête d’un chef de groupe.

En moins d’une minute, la moitié du groupe était à terre, inerte ou mort.

La fuite et le message

Les survivants, paniqués, commencèrent à courir vers la sortie sud de la rue.

— Ils fuient ! lança Krys.

— Laisse-les partir, répondit Karl.
— Ils doivent porter le message.

Krys rangea son arme, essoufflé mais déterminé.

— Lequel ? demanda-t-il.

Karl regarda les corps étalés dans la rue, les pneus crevés, les armes au sol.

Que Double K reprend Kandji. Et que Korgo doit se préparer.

Les bandits restants couraient déjà, haletant, prêts à rapporter la catastrophe à leur chef. La nouvelle se répandrait comme une traînée de poudre.

Oui… Korgo allait savoir.

CHAPITRE 11 — LA FUREUR DE KORGO

La nouvelle du carnage de la rue Konga Nord arriva au repaire du Mora Gang en quelques minutes. Les survivants, tremblants et couverts de sang, racontèrent l’horreur :
Double K avait frappé.
Et ils avaient laissé des morts derrière eux.

Korgo écouta en silence. Ses yeux sombres fixaient le vide tandis que ses hommes parlaient. Puis il se leva lentement, ramenant le silence dans la pièce.

Ils ont osé… murmura-t-il d’une voix glaciale.
— Ils pensent pouvoir m’humilier ? Prendre ma ville ?

Il attrapa un marteau métallique posé sur sa table, le fit tourner entre ses doigts, puis le claqua violemment au sol.

On part. Maintenant.
— On va leur montrer ce que c’est que la vraie douleur.


L’attaque

Cette nuit-là, Korgo et une cinquantaine d’hommes descendirent dans le quartier Yassin, un quartier pauvre mais animé, connu pour ses bars et ses petites boutiques.

Des motos arrivaient en rugissant, des pick-up remplis d’hommes armés. Les habitants, pris de panique, commencèrent à fermer les portes, mais il était déjà trop tard.

Korgo marcha au milieu de la rue, son manteau battant dans le vent.

Brûlez tout. Frappez tout. Ne laissez personne se mettre en travers de notre chemin.

Les membres du Mora Gang se dispersèrent immédiatement.

Des vitres explosèrent.
Des cris retentirent.
Des coups de feu éclatèrent en rafale.

Un homme tenta de s’enfuir par une ruelle.

Korgo le saisit par le col et le projeta contre un mur.

— Où tu vas, hein ? Tu fuis ma loi ?
— Je… je…

Korgo ne lui laissa pas finir. Le marteau s’abattit, sec, brutal. Le sang éclaboussa les briques.

Double K croit qu’il peut me défier… murmura-t-il en reprenant sa marche.
— Alors je détruis tout ce qui se dresse devant moi.


Un message sanglant

En moins de dix minutes, le quartier Yassin devint un champ de ruines. Des motos brûlaient, des magasins étaient éventrés, et les habitants restaient cachés derrière des barrages improvisés.

Korgo monta sur le capot d’un pick-up renversé.

Écoutez-moi, Kandji ! hurla-t-il, sa voix résonnant dans la nuit.
— Aucune rue n’est à l’abri.
— Tant que Double K respire… vous souffrirez tous.
— Dites-leur qu’ils ont déclenché une guerre qu’ils ne peuvent pas gagner.

Il frappa le capot avec son marteau, une, deux, trois fois.
Chaque coup résonna comme un tremblement.


La ville tremble

Dans la base gouvernementale, Karl reçut l’alerte sur son oreillette.

— Karl… Karl ! C’est Ayo.
— Yassin est attaqué. Korgo est là en personne.

Karl blêmit légèrement.

— On arrive, répondit-il.

Il se tourna vers Krys.

C’est lui.
— Il est sorti de l’ombre.
— Et il frappe fort.

Krys arma son pistolet.

— Alors c’est à nous de descendre dans la rue.

Chapitre 13 – L’attaque de Korgo dans le quartier de Yassin

Le quartier Yassin est plongé dans une agitation violente. Les ruelles habituellement bondées sont déformées par les cris, les bruits de vitres brisées et les pas précipités des habitants qui fuient. Les hommes de Korgo ont envahi la zone, armés de machettes, de battes cloutées, et de quelques fusils artisanaux. La panique se répand comme un incendie.

Krys et Karl arrivent en urgence. Pas de renforts immédiats. Pas de temps pour analyser.
Dès qu’ils tournent dans la grande allée, une dizaine d’hommes du Mora Gang déboulent pour leur barrer la route.

Krys frappe le premier. Un crochet puissant, un coup de genou, puis un direct qui met un adversaire au sol.
Karl bloque un coup de lame avec son avant-bras, désarme l’homme et enchaîne avec un coup de pied circulaire qui en étourdit un autre.
Mais la vague ennemie ne cesse pas. Dès qu’ils mettent un assaillant à terre, deux nouveaux surgissent.

La fatigue les rattrape.
Krys essuie une entaille à l’épaule.
Karl reçoit un coup à la mâchoire.
Ils reculent lentement, coincés, respirant difficilement.

Puis… un sifflement sec.

Une flèche fend l’air et se plante dans le flanc de Karl.
Il pousse un cri étranglé, ses jambes cèdent. Krys bondit pour le rattraper et le tire derrière une voiture renversée.

— Karl ! Tiens bon !
— Je… je suis encore là… ne me laisse pas…

Les hommes de Korgo approchent encore, déterminés à finir le travail.

Mais un grondement lourd se fait entendre.
Un véhicule blindé surgit à l’angle de la rue. Des phares puissants inondent Yassin d’une lumière blanche.
Et une voix retentit, nette et autoritaire :

Équipe Alpha, en formation ! On sécurise Yassin maintenant !

C’est Ayo, accompagné d’une escouade d’agents armés et disciplinés.

L’unité ouvre un feu précis, net, chirurgical. Plusieurs hommes de Korgo tombent en quelques secondes. Les survivants, pris de panique, battent en retraite dans l’ombre, jurant de revenir.

Ayo rejoint Krys et Karl.

— Le secteur est sécurisé, dit-il.
— Pas tout à fait… murmure Krys. Korgo n’était pas là. Il se cache encore.
Ayo hoche la tête, grave.
— Alors on va le traquer. Mais ce soir, vous avez survécu. Et ce n’est que le début.

La nuit retombe sur Yassin, lourde, menaçante.

Chapitre 14 – L’entrepôt sécurisé :

L’entrepôt clandestin de l’unité, éclairé par de longues lampes industrielles, résonne d’un silence lourd. L’air sent le métal, l’huile et la tension contenue. Krys, Karl et Ayo viennent tout juste de revenir de Yassin. Karl est installé sur une caisse, pâle, une bande compressive serrée autour de son flanc.

Ayo vérifie encore une fois la plaie, sans un mot.
Krys, debout, observe son partenaire avec une inquiétude qu’il tente de dissimuler.

Soudain, Karl brise le silence :

— Krys… j’ai reçu un coup de flèche au flanc. Tu as vu comment elle est arrivée.
Il respire difficilement.
— Il semble que… c’est Korgo qui a dû tirer sur moi. Ce genre de tir… c’est lui. Pas un de ses sbires.

Krys serre les dents. Une colère froide lui traverse le regard.
Avant qu’il ne puisse répondre, Karl ajoute, d’une voix plus faible :

— Le reste… est à toi. Tu iras défendre seul. Je ne pourrai pas reprendre le terrain dans cet état.

Ayo secoue immédiatement la tête.

— Non. Krys n’ira pas seul. Il y aura une équipe complète pour l’accompagner. Et moi le premier.
Puis il regarde Karl, ferme :
— Toi, tu restes ici. Sécurisé. À l’abri de tout danger. C’est un ordre.

Karl tente de protester, mais Krys s’approche et pose une main ferme sur son épaule.

— Ayo viendra avec moi, dit-il d’un ton calme. Et d’autres agents aussi.
Il marque une pause.
— Repose-toi, Karl. Ta part, tu l’as déjà faite. Le Mora Gang a senti notre présence, et ils vont payer pour chaque vie menacée dans cette ville.

Karl ferme les yeux, frustré mais résigné.

Ayo prend la parole, stratégique :

— Nous partirons à l’aube. Il faut repérer les zones où Korgo a encore ses hommes. Et cette fois, on frappera vite et fort.
Il jette un regard vers Krys.
— Prépare-toi. La prochaine mission sera dangereuse.

Le silence revient, mais ce n’est plus un silence de peur.
C’est celui de la préparation avant la tempête.

Chapitre 15 – Le serment de Korgo

Dans une maison abandonnée de Kandji, éclairée seulement par quelques ampoules cassées et des bougies disposées à la hâte, le Mora Gang s’est réuni. L’ambiance est lourde. Les visages sont tendus. Beaucoup portent encore des bandages ou des traces des combats contre Krys et Karl.

Korgo, assis sur une chaise métallique, tourne entre ses doigts une flèche identique à celle qui a transpercé Karl. Son regard est glacial.

Il se lève lentement, et tous ses hommes se taisent immédiatement.

— Je viens de mettre pause à l’un d’eux, dit-il d’une voix calme mais terrifiante.
Il fait tourner la flèche, comme un trophée.
— Karl… Je voulais l’éliminer. J’ai eu une ouverture parfaite. Mais il a eu de la chance. Bien trop de chance.

Quelques hommes échangent des regards nerveux. Korgo sourit d’un air sombre.

— Cette fois-ci, Krys sera seul. Et quand vous serez de nouveau sur le terrain…
Il pointe la flèche vers eux.
— … vous allez faire tout votre possible pour me ramener cet enfoiré de Krys vivant. Compris ?

Un silence pesant, puis une voix s’élève :

— À vos ordres, chef !

Les hommes quittent la pièce un à un, certains en courant, d’autres en vérifiant leurs armes. La porte se referme bruyamment derrière eux.

Korgo reste seul. Il rapproche une bougie, observe la flamme danser.

Ses yeux se durcissent encore.

— Je vais tout réduire en cendre… murmure-t-il. Kandji, Krys, l’unité… tous.
Il écrase la bougie de sa main gantée, plongeant la pièce dans une obscurité menaçante.

Chapitre 16 – Le restaurant assiégé

Le petit restaurant de Kandji est calme. Une ambiance douce, un parfum de riz sauté, des conversations discrètes. Krys et Ayo mangent en silence, chacun concentré sur la mission à venir. C’est l’un des rares moments où l’unité peut respirer quelques minutes.

Mais ce répit ne dure pas.

La porte du restaurant s’ouvre d’un coup sec.
Dix hommes entrent d’un pas lourd, armés de couteaux, de chaînes et de barres métalliques. Les clients se figent. La serveuse laisse tomber un plateau. Le silence devient glacial.

Les hommes se placent en demi-cercle autour de la table de Krys et Ayo.
L’un d’eux, un grand type à casquette, ricane et pointe du doigt Ayo.

— Bro… tu nous prêtes ta copine, dit-il avec un sourire répugnant. On s’amuse avec elle un peu. Juste cinq minutes de plaisir pour chacun. Tu acceptes… et vous restez en vie. Tous les clients aussi.

Les gens dans la salle tremblent. Certains se cachent sous les tables.
Ayo serre les poings, prêt à exploser.

Krys lève la tête, calmement, sans montrer la moindre peur.

— Vous êtes trop bêtes, dit-il d’une voix froide.
Il se lève lentement.
— Vous venez menacer pour cinq minutes de plaisir sexuel… Cinq minutes qui vont vous coûter la vie.
Il pointe le sol du doigt.
— Rentrez chez vous… si vous voulez garder votre sang dans votre peau.

Un silence lourd.

Puis un cri.

— Attrapez-les !

La bagarre éclate brutalement.

Un homme se jette sur Ayo avec un couteau. Ayo le bloque, saisit son poignet, le retourne et le projette contre la table.
Deux autres attaquent Krys simultanément. Krys esquive un coup de lame, frappe le premier à la gorge, puis brise le nez du second avec un coup de coude.

Les tables volent, les chaises se renversent.
La salle devient un champ de bataille fermé.

Ayo assomme un adversaire avec un plateau métallique.
Krys attrape la tête d’un homme et la cogne contre le comptoir jusqu’à ce qu’il s’effondre.
Un dernier agresseur tente de s’enfuir. Ayo le rattrape, le tire par le col et l’enchaîne au sol.

En moins de deux minutes, les dix hommes sont par terre, gémissant, certains inconscients.

Un silence… puis des applaudissements éclatent dans tout le restaurant.

Les clients se lèvent, soulagés, émerveillés.
Un vieux monsieur lance :

— Ces gars-là… ce sont nos héros !

Krys et Ayo échangent un regard bref. Leur travail ne fait que commencer.

Chapitre 17 – Deux semaines plus tard

Deux semaines se sont écoulées depuis l’attaque de Yassin.
L’entrepôt de l’unité est plus calme, mieux organisé, mais la tension reste suspendue comme une brume lourde.

Karl, désormais complètement guéri, entre dans la salle d’entraînement où Krys et Ayo l’attendaient déjà. Il porte encore une bande fine sur le flanc, mais ses mouvements sont fermes, assurés. Son regard déterminé annonce que la pause est terminée.

Il s’avance vers eux.

— Vous avez mené la lutte jusque-là, dit Karl en les observant tour à tour. Je vous ai suivis depuis ma planque… et malgré tout, Korgo ne s’affiche toujours pas.

Krys hoche la tête, sérieux.

Ayo croise les bras, prêt à agir à nouveau.

Karl continue, d’un ton plus dur :

— Cette fois-ci, on ouvre un autre chapitre de l’histoire. Les règles changent. Korgo se cache, mais il ne pourra pas se cacher longtemps. Et avant de le retrouver…

Il marque une pause, puis sourit légèrement.

— … allons nous entraîner pour revoir nos performances.

Ayo approuve d’un signe de tête.

— On va reprendre tout depuis la base : tir, combat au corps à corps, déplacements urbains. On doit devenir plus rapides… plus efficaces… et plus dangereux que tout son gang.

Krys resserre ses poings, prêt pour la suite.

Karl ajoute :

— On ne chasse plus ses hommes. On se prépare pour lui. Korgo sera à portée bientôt. Et cette fois, il ne disparaîtra pas.

Les trois hommes se dirigent vers la zone d’entraînement.

Les poids s’entrechoquent.
Les armes sont alignées.
Les sacs de frappe les attendent.

L’unité “Double K”…
… entre dans une nouvelle phase.

Chapitre 18 – Le retour à Yassin

Le quartier de Yassin retentit à nouveau de cris, de verre brisé et de tirs perdus.
Korgo a relancé une offensive surprise au cœur de l’après-midi, et le chaos s’est installé en quelques minutes. Les habitants courent dans tous les sens, cherchant un abri.
Mais cette fois, Krys, Karl et Ayo sont déjà sur le terrain.

Les trois agents avancent au milieu de la fumée et des débris.

Puis les premiers membres du Mora Gang surgissent.

La bataille commence.

Krys fonce en tête.
Il est rapide, précis, presque insaisissable.
Un assaillant tente de l’attraper ; Krys pivote, lui brise le bras, et enchaîne avec un coup de pied qui l’envoie contre un mur.
Un autre arrive avec une machette : Krys esquive, attrape son poignet, et lui enfonce la lame dans le ventre.
Un troisième bondit : Krys lui brise la trachée du revers de la main.

Trois morts en moins de dix secondes.

Karl, plus puissant, ouvre un chemin par la force brute. Il fait voler un homme avec un coup de coude qui ressemble à un bélier, en saisit un autre par le crâne et le fracasse contre une voiture. Il tire sur un quatrième qui tentait de s’enfuir.

Ayo neutralise méthodiquement, tir après tir, jamais dans la précipitation, mais toujours létal.

Le Mora Gang commence à reculer, paniqué.

C’est alors que tous entendent une voix profonde résonner depuis une ruelle.

Korgo.

Il apparaît enfin, accompagné de deux gardes massifs, tous trois cagoulés.
Korgo tient encore un arc à la main, un sourire cruel dessiné sur son visage.

— Double K… Vous êtes rapides… mais pas assez.

Krys n’hésite pas.
— Là ! C’est lui !

Korgo se met à courir. Ses deux gardes tirent en couverture.
Krys et Karl bondissent pour le poursuivre.

Ils courent à travers Yassin, franchissant des barrières, bousculant des portes, sautant au-dessus des étals renversés.
Korgo leur échappe dans un dédale de ruelles, utilisant parfaitement la ville comme un terrain de disparition.

Krys et Karl accélèrent, mais au dernier virage…
Korgo et ses deux gardes ont disparu, avalés par la ville.

Karl frappe le mur du poing, furieux.

— On l’avait… on l’avait presque !

Krys respire fort, serrant les dents.

— Il ne s’échappera pas toujours. La prochaine fois… c’est la fin.

Ayo arrive quelques secondes plus tard, essoufflé.

— Ils ont laissé des traces. On continue à suivre la piste.

La chasse à Korgo… vient seulement de commencer.

Chapitre 19 – Le plan d’infiltration

La nuit est tombée sur Kandji.
L’entrepôt abandonné qui sert de quartier général temporaire à Krys et Karl est plongé dans une pénombre étudiée. Une seule lampe éclaire la table où ils ont posé une carte détaillée du territoire du Mora Gang.

Ayo examine les lieux silencieusement, pendant que Krys et Karl finalisent la stratégie.

Krys pointe du doigt un grand bâtiment au centre du plan, entouré d’allées étroites.

— C’est ici. L’entrepôt principal de Korgo. On a retrouvé trop de traces venant de là. Je veux voir quelque chose à l’intérieur. Il y a forcément un indice… une faille… peut‑être même un piège.

Il relève la tête, déterminé.

— Moi, j’irai droit dans l’entrepôt. J’entrerai en silence. Je vais me camoufler, rester dans l’ombre, écouter, observer. Je veux comprendre comment Korgo anticipe nos mouvements.

Karl croise les bras, un demi‑sourire dur apparaissant sur son visage.

— Et moi ?

— Tu resteras un peu loin de moi, répond Krys. Pas trop, mais assez pour garder un œil sur les alentours. Tu inspectes la zone. Tu observes les sorties, les patrouilles, les mouvements suspects.
Krys insiste :
— Au cas où ça tourne de mal en pire… tu peux venir. Pas avant. Seulement si tout dégénère.

Karl hoche la tête, puis son expression se durcit.

— Ok… mais si je suis repéré, tu sais comment ça va se passer. Je ne vais pas jouer à cache-cache.
Il montre ses poings fermés.
— Je vais trop percuter les gens. Si je dois entrer, je frappe là où ça fait très mal. Je te couvre… et personne ne ressortira indemne.

Ayo les observe un moment, puis intervient :

— Faites attention. Les hommes de Korgo ne se déplacent plus en petits groupes. Ils sont nombreux, nerveux. Ce plan est risqué… mais c’est notre meilleure option.

Krys enfile sa tenue sombre, accroche un couteau court et silencieux à sa ceinture.
Karl charge son arme, la glisse dans son holster, puis craque sa nuque prêt à en découdre.

— Alors c’est parti, dit Krys.

Les deux hommes se regardent une seconde.

Double K.
En route pour leur infiltration la plus dangereuse.

Chapitre 20 – L’infiltration brisée

Krys avance dans l’ombre de l’entrepôt abandonné, habillé entièrement de noir.
Il se déplace comme un souffle, glissant entre les piles de caisses, évitant les lampes suspendues et les couloirs où deux ou trois hommes du Mora Gang discutent.

À l’extérieur, à plus de cinquante mètres, Karl observe avec des jumelles nocturnes.
Il est immobile, silencieux, prêt à bondir au moindre signal.

Krys s’accroupit derrière une caisse et active son oreillette.

— Karl… j’espère que tu me reçois.
Il marque un temps.
— Korgo prépare une attaque à la mairie. J’ai entendu deux de ses hommes en discuter.

Karl serre les dents.

— Ok. Au cas où tu seras repéré, fais-moi signe. Je suis prêt.

— Compris.

Krys continue d’avancer, mais un bruit derrière lui le fait se retourner d’un coup.

Un homme du Mora Gang se tient là, un sourire mauvais accroché au visage, un couteau à la main.

— Eh oui… tu es repéré, dit-il en approchant.
Il pointe l’oreillette.
— Maintenant tu peux appeler ton second… celui avec qui tu parlais. Qu’il vienne mourir avec toi.

Krys ne répond pas. Il bondit.

La bagarre éclate violemment, les coups résonnant contre les murs métalliques de l’entrepôt. Krys brise le nez du premier assaillant, mais d’autres arrivent, alertés par le bruit.

À l’extérieur, Karl entend le chaos.

— Krys ? Je t’entends plus…
Un cri étouffé retentit dans l’oreillette.
Karl se lève immédiatement.
— J’arrive !

Il fonce vers l’entrepôt sans hésiter, arme à la main.

Les portes explosent presque sous son entrée. Il frappe le premier homme sans même viser, le propulsant contre un mur. Krys finit d’assommer un deuxième pendant que Karl en neutralise trois à coups de poings et de coudes.

Le combat devient un véritable carnage.
Les hommes de Korgo tombent les uns après les autres, incapables de résister à la puissance de Karl et à la rapidité chirurgicale de Krys.

C’est alors qu’une voix forte retentit depuis une plateforme métallique.

— STOP !

Tous lèvent la tête.

Korgo.
Seul, mais sûr de lui.
Il descend lentement les marches, son arc à la main, son sourire provocateur.

— Double K… vous venez dans mon ancien entrepôt pour frapper mes hommes ?
Il secoue la tête, faussement déçu.
— Avant de m’avoir, vous allez vous battre contre mes hommes jusqu’à vieillir. C’est moi qui contrôle la durée de votre vie, pas vous.

Karl s’avance, prêt à le charger.

— Approche, Karl… si tu veux un autre trou dans ton flanc.

Korgo sourit, sort deux petites boîtes métalliques de sa veste.

— On se reverra très vite.

Il jette les boîtes au sol.

Un épais gaz gris s’échappe immédiatement, couvrant toute la pièce.
La visibilité devient nulle.

— Krys ! Bouge ! crie Karl.

Mais lorsque le gaz se dissipe légèrement…
Korgo a disparu.

Encore.

Seuls les corps au sol témoignent de son passage.

Chapitre 21 – Le Message Anonyme

L’ambiance dans l’entrepôt est lourde.
Krys, Karl et Ayo sont assis autour d’une table métallique, encore marquée par les impacts de balles des semaines passées. Le silence plane depuis plusieurs minutes, seulement rythmé par le bourdonnement des néons.

Krys finit par le briser.

— Korgo ne veut pas nous affronter de si tôt.

Karl croise les bras, les yeux fixés sur le sol.

— Il a voulu m’éliminer l’autre fois, mais ça n’a pas marché.
Il pose la main sur son flanc, là où la flèche l’avait transpercé.
— Maintenant, il veut nous finir sans même nous approcher en personne. Un lâche.

Ayo, qui observait son téléphone, fronce soudain les sourcils.

— J’ai reçu un message… d’un numéro anonyme.

Krys et Karl tournent immédiatement la tête vers elle.

— Lis, dit Karl.

Ayo inspire et lit à voix haute, d’une voix lente et claire :

— “Si vous voulez vraiment que la ville de Kandji soit en paix, annoncez une démission.
Dites que vous ne pouvez plus mener cette lutte.
Ainsi, on laissera la ville tranquille… surtout le quartier Yassin.”
Elle repose son téléphone.
— Fin du message.

Un silence glacé s’abat.

Krys serre les poings.

— C’est Korgo. Il ne fait même plus d’efforts pour se cacher.
Il secoue la tête.
— Il veut qu’on lâche l’affaire maintenant, alors qu’on commence à lui mettre la pression.

Karl se redresse, les yeux durs.

— S’il pense qu’un message va nous faire reculer, c’est qu’il ne nous connaît pas encore.

Ayo hoche la tête, déterminée.

— Et Yassin… jamais on laissera ce quartier tomber sous sa coupe.

Krys se lève.

— Alors on continue. Mais on doit passer à un autre niveau.

Chapitre 22 – La bataille de la mairie

L’alerte tombe brutalement : Korgo a lancé une attaque directe contre la mairie de Kandji.
Les policiers et les militaires, pris par surprise, tombent sous les tirs, laissant place à le chaos. Les civils hurlent et se dispersent dans tous les sens.

Krys et Karl sont immédiatement prévenus. Ils foncent vers la mairie, armes prêtes. À leur arrivée, le carnage est total. Les couloirs sont jonchés de corps, et le maire est vulnérable.

Krys et Karl se positionnent rapidement pour le protéger. Les deux hommes attaquent avec précision et force, neutralisant des assaillants à la chaîne. Chaque mouvement est calculé, rapide, brutal. Le nombre des hommes de Korgo diminue à vue d’œil.

Puis, au milieu du tumulte, Korgo apparaît enfin, marchant au centre de la salle avec ses hommes en soutien. Son regard croise celui de Krys.

Krys… enfin, dit-il avec arrogance.

Korgo… ton jeu s’arrête aujourd’hui, répond Krys, se mettant en garde.

Le duel commence.
Krys est rapide et habile, ses coups précis et meurtriers, mais Korgo est fort, résistant, chaque attaque repoussant l’autre avec une puissance brutale. Le combat est intense, sanglant, et aucun des deux ne cède immédiatement.

Puis, dans un mouvement violent, Korgo frappe Krys à l’œil gauche. Krys tombe lourdement au sol, le souffle coupé et la vision troublée. Korgo s’avance, confiant, levant son arme imaginaire pour porter le coup final.

Bon… c’est fini pour toi. Cette fois-ci tu es foutu, murmure-t-il.

Mais avant que Korgo ne puisse achever Krys, Karl surgit de côté et assène un violent coup de genou sur la hanche de Korgo. Le chef de gang vacille en grognant de douleur. Ses hommes réagissent immédiatement pour le protéger, ouvrant le feu sur Karl et Krys.

Profitant de la diversion, Korgo lance des boîtes de gaz qui explosent en fumée épaisse et disparaît dans le chaos, s’échappant encore une fois.

Krys, essoufflé mais déterminé, se relève lentement. Karl neutralise les derniers hommes présents, frappant avec force et précision. Les couloirs de la mairie retombent dans le silence, seulement troublé par les respirations lourdes et les gémissements des assaillants à terre.

Une fois le maire sécurisé, Krys et Karl quittent la mairie et retournent dans leur entrepôt. La victoire est partielle : Korgo a encore échappé, mais cette bataille a renforcé leur détermination.

Il ne s’échappera pas toujours, murmure Krys en reprenant son souffle.
La prochaine fois… il n’aura nulle part où se cacher, ajoute Karl.

Chapitre 23 – Le plan de contre‑attaque

De retour dans leur propre entrepôt, l’atmosphère est lourde. Les trois héros — Krys, Karl et Ayo — pansent leurs blessures en silence. Puis Krys finit par briser la tension.

Il pense qu’on est fatigué de se battre pour la ville, dit-il d’une voix calme mais ferme. Korgo croit qu’on va abandonner. Il se trompe lourdement.

Karl, encore marqué par la violence du combat à la mairie, observe l’œil gauche de Krys, légèrement enflé et rougi.

Comment il a pu frapper ton œil gauche comme ça ? demande Karl. Tu es pourtant plus rapide que lui.

Krys secoue la tête, conscient de la difficulté du duel.

Korgo sait bien se battre. Il est aussi rapide et habile. Il connaît mes mouvements. La prochaine fois, je doit être encore plus vigilant… et plus stratégique.

Ayo, debout à leurs côtés, écoute attentivement. Elle sait que chaque décision compte désormais.

Krys reprend :

Cette nuit, on ira à Yassin. On doit inspecter les coins et les recoins. Chaque ruelle, chaque toit, chaque entrée. On doit trouver où Korgo se cache, où il stocke ses armes, où il prépare ses attaques.

Karl acquiesce immédiatement.

D’accord. Mais cette fois, on ne laissera rien au hasard. On ratisse tout le quartier.

Krys se lève, déterminé.

On rassemble tous les agents. On se prépare, on se divise en équipes, et on couvre tout Yassin. À partir de ce soir… Korgo n’aura plus un seul endroit pour respirer.

Ayo ajoute d’une voix sérieuse :

Alors préparons-nous. Kandji ne tombera jamais tant que nous sommes là.

Les trois se regardent, unis par la même volonté : mettre fin au règne de Korgo. Ce soir, la chasse commence.

Chapitre 24 – Le chaos à Yassin

La nuit est sombre et lourde à Yassin.
Soudain, des coups de feu éclatent dans les ruelles. Les habitants se terrent derrière les murs, terrorisés par le tumulte.

Krys et Karl avancent, silencieux mais rapides, armes prêtes. Dès qu’un assaillant surgit, ils tirent avec précision, neutralisant bon nombre d’hommes armés sur leur passage. Les bruits de coups résonnent dans la rue, et la tension monte à chaque instant.

Plus loin, Ayo se retrouve face à une femme. Cette dernière, armée et agile, semble être une combattante expérimentée. Un duel féroce s’engage : coups, esquives, parades, chaque mouvement est rapide et précis. Mais peu à peu, la supériorité d’Ayo se fait sentir. D’un enchaînement fluide, elle immobilise son adversaire et la met au sol.

On ne t’a pas dit que la rue n’est pas faite pour tout le monde ? dit Ayo froidement, tandis que la femme se relève difficilement, vaincue mais consciente de la leçon.

Pendant ce temps, Krys et Karl avancent dans une ruelle adjacente.
Ils tombent sur un homme très robuste, un mastodonte qui bloque l’accès à leur chemin. Krys attaque le premier, lançant une série de coups rapides. L’homme riposte et frappe Krys de plein fouet, le projetant contre un mur.

Krys ! hurle Karl, en se jetant sur l’homme pour le neutraliser.

En combinant force et technique, ils réussissent à mettre ce colosse à terre, haletant mais vaincu.

Soudain, d’autres hommes surgissent, armés de haches tranchantes, venant compléter le groupe de Korgo. L’un d’eux lance sa hache en direction de Krys.

Avec un geste rapide et habile, Krys esquive le projectile, la lame fendant l’air juste au-dessus de sa tête.

Avant qu’ils ne puissent réagir davantage, Ayo surgit derrière les nouveaux assaillants, arme prête. Elle tire avec précision, chaque coup neutralisant ou terrifiant ses ennemis. En quelques secondes, les hommes sont soit à terre, soit désorientés, impuissants face à sa maîtrise.

Krys et Karl se regroupent avec elle.
Le quartier de Yassin est encore en feu, mais le trio impose déjà sa domination, transformant le chaos en avantage.

Ce n’est que le début… murmure Krys, essoufflé mais déterminé.
Il faudra encore plus de stratégie pour trouver Korgo, ajoute Karl, regardant les ruelles vides où leur ennemi pourrait se cacher.
Alors on continue, conclut Ayo, en remettant son arme en position.

Chapitre 25 – Le passage de Korgo

Pendant que Krys, Karl et Ayo sécurisent encore quelques ruelles de Yassin, une autre partie des agents gouvernementaux patrouille plus loin, pensant que le calme revient. Ils ne se doutent pas que l’ombre la plus dangereuse de Kandji plane au-dessus d’eux.

Sans un bruit, Korgo apparaît au milieu de la rue, suivi de deux hommes terrifiants. Son regard est froid, son pas silencieux. Les agents n’ont pas le temps de réagir.

En quelques secondes, Korgo frappe.
Ses mouvements sont rapides, puissants. Il écrase un premier agent contre un mur. Un second tente de tirer, mais Korgo lui brise le bras avant de l’achever.

Les autres agents tentent de se coordonner, mais ils sont dépassés.
Korgo avance tel un prédateur, ne laissant que destruction sur son passage. Plusieurs agents sont grièvement blessés.
D’autres tombent, incapables de continuer la lutte.

Dans un dernier élan de résistance, un agent parvient à tirer une balle qui frôle Korgo.
Le chef de Mora Gang se contente de sourire.
— Pitoyable. Vous ne valez même pas le temps que je vous accorde.

Il s’empare alors du téléphone d’un agent agonisant, active la caméra et enregistre un message destiné à la Double K :

Krys. Karl.
Je n’ai pas envie de vous affronter si tôt.
Mais le moment est proche. Très proche.

Il laisse tomber le téléphone au sol, qui continue d’enregistrer les cris et les coups qui suivent encore quelques secondes. Puis il disparaît dans la nuit, silencieux, laissant derrière lui un carnage froid et brutal.

Chapitre 26 – La riposte de la Double K

L’entrepôt est silencieux. La fatigue des combats de Yassin pèse sur Krys, Karl et Ayo. Mais ce calme est rapidement brisé par l’arrivée d’un messager tremblant.

— Agents… il y a eu… un massacre à l’extérieur, balbutie-t-il. Beaucoup d’agents ont été tués. Korgo… il est passé…

Krys et Karl échangent un regard sombre. Ayo serre les poings, ses dents grinçant sous la colère.

— Montre-moi le téléphone, dit Krys.

Karl prend le téléphone et lance la lecture du message enregistré. La voix glaciale de Korgo résonne dans l’entrepôt :

Je n’ai pas envie de vous affronter si tôt. Mais le moment est proche.

Krys serre les dents, le sang bouillant de rage.

— Il pense qu’on va reculer… mais c’est le contraire, murmure-t-il.
— Cette fois, on ne laisse rien au hasard, ajoute Karl. Il a tué nos alliés. Il a franchi une ligne rouge.

Ayo hoche la tête.

— On doit riposter, mais intelligemment. On rassemble tous les agents restants, on couvre chaque sortie, chaque coin de Yassin et des quartiers voisins. Korgo ne doit plus avoir l’avantage de la surprise.

Krys se tourne vers Karl et Ayo.

— On prépare une opération complète. On va inspecter tous les repaires connus, chaque cachette, chaque toit. Et cette fois, nous irons chercher Korgo là où il se cache vraiment.

Karl croise les bras, déterminé :

— Plus de fuite. Plus d’ombres. On finit ce combat.

Le trio se met immédiatement en action, préparant cartes, armes et stratégies. L’heure de la riposte de la Double K vient de sonner.

Chapitre 27 – Le message de la Double K

La nuit tombe encore une fois sur Kandji, mais cette fois, Yassin n’est pas attaqué… il est récupéré.

Krys, Karl et Ayo mènent une équipe d’agents déterminés. Pas un mot de trop, seulement le bruit des bottes sur le sol, des armes prêtes, et des respirations maîtrisées. Ils avancent méthodiquement de rue en rue.

Très vite, la résistance apparaît.

Des hommes de Korgo surgissent des ruelles, armés de machettes, de barres de fer, de pistolets artisanaux. La Double K n’hésite pas.

Krys frappe le premier. Rapide, précis, il neutralise deux assaillants d’un enchaînement net. Karl, puissant et agile, projette un adversaire contre un mur avant d’en assommer un autre.
Ayo couvre tout le flanc droit, tirant avec discipline et calme.

Les assaillants tombent les uns après les autres. Le quartier devient un champ de bataille éclairé par les lampadaires tremblants.

Mais malgré la violence, Korgo n’apparaît pas.

Ils fouillent les toits, les ruelles, les dépôts abandonnés, les garages. Rien.
Korgo n’est nulle part, comme s’il avait anticipé leur mouvement.

Après avoir mis hors d’état de nuire un dernier groupe d’ennemis, Krys se tourne vers Karl.

— Il s’est caché loin, murmure-t-il. Il se moque de nous.

Karl crache au sol.

— On ne court pas après les fantômes trop longtemps.

Ayo les rejoint.

— On doit laisser un message. Qu’il comprenne que c’est lui qui fuit, pas nous.

Krys hoche la tête. Il récupère une lame sur l’un des assaillants, s’approche d’un mur encore intact, et grave une phrase large et claire :

“Au cas où tu seras prêt à nous affronter, fais-nous signe.
Double K est un duo qui ne recule devant rien.”

Karl ajoute sous la phrase :

“Nous t’attendons.”

Ils reculent pour observer les mots gravés.
C’est un message simple, direct, mais lourd de défi.

Ayo murmure :

— Maintenant, il sait. Et il devra répondre.

La Double K quitte Yassin sous les yeux des habitants effrayés mais soulagés.
La guerre n’est pas finie. Mais désormais… le prochain mouvement devra venir de Korgo.

Chapitre 28 – L’avertissement de Korgo

De l’autre côté de Kandji, dans un ancien entrepôt abandonné, Korgo est assis sur une caisse métallique. Deux torches éclairent la pièce d’une lueur rouge et instable. Autour de lui, une vingtaine d’hommes forment un cercle silencieux.

Un de ses lieutenants revient en courant.

— Chef… ils ont laissé un message. Sur un mur de Yassin.

Korgo se lève lentement.
Son visage reste impassible, mais ses yeux brûlent d’une colère froide.

On lui montre une photo du mur, où on peut lire :

“Au cas où tu seras prêt à nous affronter, fais-nous signe.
Double K est un duo qui ne recule devant rien.”

Korgo sourit. Un sourire lent, déformé, inquiétant.

— Ils osent… murmure-t-il.
— Chef, que faisons-nous ? demande un de ses hommes.
— Ce qu’ils méritent.

Il attrape le téléphone d’un de ses gardes, active la caméra et enregistre son message directement, sans hésitation, sans trembler :

Bien reçu.
Vous voulez un signe ? Très bien.
Cette fois-ci, je vais vous éliminer tous les deux… et je vais reprendre le contrôle de Kandji.
Préparez-vous. Vous avez ouvert une porte que vous ne pouvez plus refermer.

Il coupe l’enregistrement, envoie la vidéo directement à l’unité gouvernementale… et range le téléphone dans la poche de son manteau.

Puis il tourne la tête vers ses hommes.

— Préparez-vous.
Cette fois, ce ne sera pas une attaque comme les autres.
Nous allons frapper là où ils ne s'y attendent pas…
… et Kandji se souviendra de mon nom.

Ses hommes hurlent d’une seule voix :

— MORA GANG !

Korgo lève une main pour réclamer le silence.

— Demain nuit. On commence.

Il sourit encore.

— Et personne… je dis bien personne… ne survivra.

Chapitre 29 – Le signal de guerre

Il est 22h dans l’entrepôt de l’unité.
Krys est assis, les bras croisés, l’œil gauche encore légèrement gonflé suite au coup de Korgo. Karl révise son arme en silence. Ayo classe des dossiers de mission.

Le téléphone de l’unité vibre.
Un message vidéo.
Expéditeur : Inconnu.

Krys ne réfléchit pas :
— C’est lui.

Karl s’approche. Ayo baisse tout ce qu’elle fait.

Krys appuie sur “lecture”.

L’image s’affiche.
Korgo, debout dans une pièce sombre, prononce lentement :

Bien reçu.
Vous voulez un signe ? Très bien.
Cette fois-ci, je vais vous éliminer tous les deux… et reprendre le contrôle de Kandji.
Préparez-vous. Vous avez ouvert une porte que vous ne pouvez plus refermer.

La vidéo se coupe abruptement.

Personne ne parle pendant cinq longues secondes.

Karl serre les dents.
— Il a vu le message. Et il compte répondre plus fort.

Ayo fronce les sourcils.
— Ce ton… ce décor… ce n’est pas une menace habituelle. Il prépare quelque chose de massif.

Krys se lève.
Calme, mais déterminé.

— Korgo nous a déclaré une guerre totale.
Il va attaquer dans les prochains jours. Peut-être même dans les prochaines heures.

Karl ajoute :
— Il veut éliminer la Double K, et il veut Kandji.

Ayo reprend :
— Alors on doit faire ce qu’il n’attend pas. Anticiper chaque ruelle, chaque entrée. Prévoir ses plans avant qu’il n’agisse.

Krys met les mains dans ses poches et regarde ses deux partenaires.

— Ayo, rassemble les agents restants.
— C’est fait, dit-elle déjà prête.

— Karl… on entre en mode opération.
— Depuis longtemps, répond Karl.

Krys conclut, la voix plus grave que jamais :

— Korgo croit qu’il nous chasse.
Mais il ne sait pas que c’est lui qui est dans notre viseur.

La nuit de Kandji est lourde.
Quelque part, dans l’ombre, la prochaine attaque de Korgo se prépare.
Et cette fois… tout peut basculer.

Chapitre 30 – La fin des faits

La nuit tombe brutalement sur Kandji.
Une odeur de fumée flotte dans l’air.
Des cris éclatent au loin.
Korgo a lancé son assaut final.

Krys, Karl, Ayo et une vingtaine d’agents surgissent dans le quartier déjà en flammes.
Les premiers coups de feu retentissent immédiatement.

— On y va ! ordonne Krys.

Les agents se déploient.
Ayo mène une colonne armée, tirant avec précision sur chaque assaillant qui tente de percer leurs lignes.
Les balles ricochent sur les murs, les vitres explosent, le chaos règne.

Au centre du carnage, la Double K avance comme un mur de colère.

Krys élimine deux hommes à mains nues.
Karl projette un troisième contre un kiosque métallique.
En quelques minutes, l’avant-garde du Mora Gang est réduite au silence.

Puis, entre deux bâtiments… Korgo apparaît.

Il marche lentement, entouré de deux gardes qui s’écartent une fois arrivés à proximité.

Enfin, dit-il d’une voix cassée.
— Le moment est venu. Vous êtes prêts à rejoindre les autres ?

Krys avance d’un pas, le regard glacé.

Cette fois-ci, c’est toi qui vas rejoindre les vies que tu as brisées.

Karl ajoute, les poings serrés :

Et oui, Korgo… c’est la fin de tes désastres.

Le chef du Mora Gang sourit.

— Approchez. Venez mourir.

Le combat commence.

Krys attaque le premier, rapide comme toujours.
Mais Korgo esquive d’un mouvement sec et lui écrase le poing sur l’épaule.
Krys chancelle, et Korgo en profite pour l’immobiliser, un bras autour du cou.

— Pathétique…

Karl surgit avec une explosion de puissance.
Il enchaîne trois coups de poing dans le ventre de Korgo.
Le chef recule mais tient bon.
Il riposte, attrape Karl et le projette violemment contre un mur.

C’est difficile de m’affronter à deux, grogne-t-il.

Mais au moment où il parle, Krys se libère dans un sursaut de rage.
Il frappe Korgo dans le dos, encore et encore.
Le géant recule, surpris.

Karl revient à la charge, le souffle court mais déterminé.
Il plante son poing dans la poitrine de Korgo avec une brutalité rare.

Korgo titube.
Pour la première fois… il cède.

Il s’écroule à genoux.

Krys et Karl s’approchent lentement, comme deux ombres décidées à mettre fin à la nuit.

Krys murmure d’une voix glaciale :

Maintenant, ta gueule va souffrir.

Et les deux hommes frappent.
Sans retenue.
Sans pitié.
Sans interruption.

Le visage de Korgo disparaît sous les coups.
Ses cris s’étouffent.
Puis plus rien.
Le silence s’étend… lourd, irréversible.

Korgo est mort.

Fin de la guerre.
Fin de son empire de sang.

Krys essuie son front, haletant.
Karl pose une main sur son épaule blessée.
Ayo et les agents les rejoignent.

Personne ne parle.
Il n’y a rien à dire.

La Double K a gagné. Kandji est libre.

Chapitre 31 – Le Jardin

Le calme venait enfin de revenir après plusieurs heures de tension. Le jardin derrière la résidence était l’un des rares endroits où Karl et Krys pouvaient respirer un peu. Le vent léger faisait bouger les feuilles, et les deux hommes s’étaient assis sur un banc en pierre, encore épuisés par les affrontements récents.

Krys regardait l’horizon, silencieux un moment, puis lâcha d’une voix posée :

— Maintenant, je pense faire un tour à Nangbèdjè.

Karl tourna aussitôt la tête vers lui.

— En me laissant seul ?

Krys esquissa un sourire.
— Tu peux venir avec moi. Mais on n’ira pas sans avertir Ayo.

Karl hocha la tête.
— C’est mieux comme ça. Avec tout ce qui s'est passé, on ne peut plus bouger sans coordination.

Krys se leva, étira ses épaules encore douloureuses.
— Nangbèdjè… Je dois y retourner. Il y a encore des zones qu’on n’a pas inspectées. Et je veux m’assurer qu’il n’y a pas de nouvelles menaces là-bas.

Karl se leva à son tour.
— Alors on ira ensemble. Dès qu’on parle à Ayo, on prépare le déplacement.

Les deux hommes sortirent du jardin, déjà prêts pour ce nouveau déplacement… sans savoir que Nangbèdjè les attendait avec des dangers encore plus redoutables.

Chapitre 32 – L’annonce à Ayo

Karl et Krys quittèrent le jardin et traversèrent le couloir principal. Ayo était dans la salle de contrôle, debout devant une table couverte de plans, d’images satellites et de rapports. Deux agents prenaient des notes pendant qu’il donnait des instructions rapides.

Quand Ayo aperçut Karl et Krys, il congédia les agents d’un geste.

— Vous avez l’air décidés, lança-t-il en les observant.

Krys s’avança.
— On vient t’informer de quelque chose. On compte se rendre à Nangbèdjè.

Ayo fronça les sourcils.
— Maintenant ?

Karl confirma d’un signe de tête.
— Oui. On veut vérifier certaines zones et s’assurer qu’aucune menace ne se réorganise là-bas.

Ayo croisa les bras, pensif.
— Vous savez que Nangbèdjè reste instable. Les derniers signaux étaient inquiétants.

Krys répondit fermement :
— Justement. On préfère agir avant qu’un autre groupe ne ressurgisse.

Ayo les regarda un moment, pesant les risques. Puis il dit :

— D’accord. Mais vous n’irez pas seuls. Je vais mettre deux agents avec vous pour la couverture. Et vous me tenez informé à chaque étape.

Karl répondit :
— Ça marche. On part dans une heure.

Ayo s’approcha d’eux et ajouta d’un ton plus grave :
— Faites attention. Nangbèdjè n’a jamais été un terrain simple.

Krys esquissa un sourire.
— On gère.

Les trois hommes échangèrent un signe de tête. La mission était lancée.

Chapitre 33 – En route vers Nangbèdjè

Le moteur du véhicule ronronnait tandis que la route défilait sous leurs roues. Karl était au volant, concentré mais détendu. Krys, assis côté passager, observait le paysage qui changeait peu à peu à mesure qu’ils s’éloignaient du centre. Les deux agents envoyés par Ayo suivaient dans un second véhicule, quelques mètres derrière.

Pendant un moment, aucun mot ne fut échangé. Puis Karl brisa le silence :

— Tu réalises qu’on n’a même pas eu deux jours de paix après Kandji ? À ce rythme, notre retraite ne viendra jamais.

Krys pouffa légèrement.
— Toi, retraite ? Tu vas t’ennuyer au bout de deux heures. Tu vas chercher un punching-ball, une mission, une baston… quelque chose pour t’occuper.

Karl haussa les épaules.
— Peut-être. Mais un jour, faudra qu’on souffle un peu. On a quand même esquivé la mort plus de dix fois.

Krys répondit en regardant la route :
— Je sais… Mais tu veux la vérité ? Je crois qu’on est faits pour ça. L’action, la pression, les plans, les combats… C’est devenu notre quotidien.

Karl sourit.
— Pas faux. Et toi, Nangbèdjè… Pourquoi tu veux y aller exactement ?

Krys soupira, pensif.
— Intuition. Et une impression que quelque chose bouge dans l’ombre. Je préfère vérifier avant que ça explose.

Ils avancèrent encore quelques kilomètres. Des vendeurs bordaient la route, des motos passaient en trombe, et la ville se faisait remplacer peu à peu par des zones plus calmes.

Karl reprit :
— Et si là-bas on retombe encore sur un fou comme Korgo ?

Krys répondit en ajustant son siège :
— Alors on fera ce qu’on sait faire. Et cette fois, on rentrera plus vite.

Karl hocha la tête, satisfait.
— Ça me va.

Le deuxième véhicule se rapprocha un instant. L’un des agents fit un signe pour demander si tout allait bien. Karl leva le pouce.

Le trajet continua ainsi, entre discussions légères, regards sur les environs et une vigilance constante. Nangbèdjè les attendait. Et dans l’air, quelque chose semblait annoncer que ce voyage ne serait pas juste une promenade.

Chapitre 34 – Nangbèdjè, enfin la paix

Les véhicules ralentirent à l’entrée de Nangbèdjè. L’atmosphère y était calme, presque apaisante, comme si la ville était détachée de toute tension extérieure. Les rues étaient propres, les habitants vaquaient tranquillement à leurs occupations, et aucune agitation ne semblait perturber l’ordre établi.

Karl observa autour de lui, étonné.
— On dirait un autre monde ici.

Krys sourit légèrement, soulagé.
— Nangbèdjè est en paix, bro. Pas de bruits de tirs, pas de guetteurs, pas d’embuscades. On est ici pour se reposer… et repartir à Kandji après.

Karl gara finalement le véhicule près d’une petite auberge locale. Les agents descendirent également du second véhicule, inspectant les alentours par habitude, mais très vite, ils constatèrent qu’il n’y avait aucune menace.

— Même pas un regard suspect, dit Karl en sortant ses affaires. Ça fait bizarre.

— C’est justement ce qu’il nous fallait, répondit Krys. Une petite pause.

Ils s’installèrent dans l’auberge, simple mais confortable. Les deux semaines suivantes se déroulèrent dans une tranquillité presque irréelle pour eux. Pas de courses poursuites. Pas de coups de feu. Pas de messages d’ennemis. Juste le calme.

Krys passait ses matinées à marcher à travers la ville, observant les lieux, parlant parfois avec les habitants, confirmant chaque jour que rien ne menaçait Nangbèdjè.
Karl, de son côté, en profitait pour dormir, s’entraîner légèrement, manger sans se presser, et retrouver un semblant de vie normale.

Le soir, tous les trois — Krys, Karl et Ayo qui les rejoignait parfois par message — discutaient des prochaines étapes pour Kandji. Mais sans pression. Sans urgence.

Deux semaines de silence. Deux semaines où le monde semblait leur permettre de respirer. Deux semaines pour reprendre des forces.

Mais quelque chose leur disait que, dès leur retour à Kandji, la tranquillité laisserait place à un nouveau défi.

Chapitre 35 – Retour brutal à Kandji

Après deux semaines de repos à Nangbèdjè, le trio reprit enfin la route vers Kandji. Le trajet se déroula dans un calme relatif, mais une tension restait perceptible : ils savaient qu’un problème les attendait, même s’ils ignoraient lequel.

À peine arrivés dans la ville, ils constatèrent une agitation inhabituelle près de leur entrepôt. Des cris étouffés se faisaient entendre. Karl accéléra le pas.
— On dirait que quelque chose ne tourne pas rond ici.

En avançant encore, ils virent trois hommes armés encerclant Ayo. L’un d’eux tenait un couteau, un autre la menaçait verbalement. Ayo restait calme mais prête à agir.

Krys n’attendit même pas une seconde.
— Lâchez-la immédiatement.

Les hommes se retournèrent, surpris. Trop tard.

Krys fonça, rapide et précis. Son premier coup envoya le porteur du couteau s’écraser contre un mur. Le second reçut un coup de pied dans les côtes qui le plia en deux.

Karl suivit juste derrière, furieux.
— Vous avez choisi le mauvais jour.

Il attrapa le troisième homme par le col et le projeta violemment au sol avant d’enchaîner avec un coup de poing. Les bandits furent neutralisés en quelques secondes.

Krys se retourna vers Ayo.
— Tu leur dois quelque chose ?

Ayo secoua la tête, essoufflée mais indemne.
— Rien du tout. Je ne les connais même pas.

Karl leva les mains comme quelqu’un qui comprend tout.
— Ou bien ce sont les mecs que tu as bouffés après t’avoir draguée.

Un éclat de rire général retentit, même Ayo ne put s’empêcher de sourire.

Mais lorsque le rire se calma, Krys reprit son sérieux.
— Quelque chose se prépare à Kandji. Et cette fois-ci, on doit régler ça définitivement.

Chapitre 36 – Au bord du lac

Le soleil se couchait doucement sur Kandji, peignant le lac de reflets dorés et orangés. L’atmosphère était calme, presque irréelle après toutes les semaines de combat, de tension et de survie.

Krys et Karl s’étaient assis au bord de l’eau, les pieds presque touchant la surface. Aucun bruit d’armes, aucune menace. Juste le murmure du vent.

Karl fut le premier à briser le silence.
— Bro… maintenant on peut respirer.

Krys hocha la tête avec un léger sourire.
— Ouais bro. Tiens, prends.
Il sortit deux bières fraîches qu’il avait gardées dans un petit sac.
— Une pour toi, une pour moi.

Karl prit la bouteille.
— Merci.
Il l’ouvrit d’un geste rapide, leva son bras.
— À Kandji en paix.

Krys leva la sienne.
— À Double K qui ne recule jamais.

Ils trinquèrent, puis burent une longue gorgée chacun. La fraîcheur leur fit du bien.

La conversation s’installa naturellement, légère, sans pression. Ils parlèrent de tout et de rien : de leurs conneries passées, des moments les plus fous de leur lutte, de la tête que faisait Ayo quand elle était en colère… et de leurs projets futurs.

Par moments, ils éclataient de rire. Par moments, ils restaient silencieux à observer la surface paisible du lac, appréciant simplement le fait d’être encore vivants.

Karl lança une pierre dans l’eau, dessinant des cercles parfaits.
— Tu sais, bro… malgré tout ce qu’on a vécu… je crois qu’on a écrit notre propre légende dans cette ville.

Krys sourit.
— Ce n’est que le début. Mais pour ce soir, on profite.

Ils restèrent encore un moment à discuter, à plaisanter, à laisser leurs esprits souffler enfin.
La nuit tomba entièrement, mais le lac restait lumineux sous les étoiles.

Et Kandji, pour une fois, dormait en paix.

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