Double K
Chapitre 1 — Un calme fragile

L’après-midi s’étirait lentement à Nangbèdjè.
Sous un grand arbre aux feuilles épaisses, l’ombre était fraîche et rassurante. Sur le sol, une natte était soigneusement étalée. Dessus, des fruits bien coupés : bananes, oranges, ananas, goyaves. L’odeur sucrée se mêlait à celle de la terre chaude.

Krys et Karl étaient assis là, pieds nus, détendus.
Ils mangeaient en silence, chacun perdu dans ses pensées. Pour la première fois depuis longtemps, aucun bruit de sirène, aucun appel d’urgence, aucune tension dans l’air.

Nangbèdjè respirait la paix.

Krys croqua lentement dans une tranche d’ananas. Son regard était fixé loin devant, comme s’il voyait encore les rues sombres de Kandji. Karl, lui, jouait distraitement avec une orange, la faisant rouler entre ses doigts.

Le silence devint lourd.

Karl finit par le briser.

— Bro, je ne savais pas qu’Ayo allait vraiment nous accepter de quitter l’unité pour venir se reposer ici, à Nangbèdjè.

Krys esquissa un léger sourire, sans joie excessive.

— Elle a compris, répondit-il calmement. Elle a vu que la paix règne ici… et que nous avions le droit de nous reposer. Kandji nous avait trop pris.

Karl hocha la tête.
Il mordit dans une banane, mastiqua lentement, puis soupira.

— Tout là-bas, c’était toujours la pression. Les morts. Les ordres flous. Les ennemis invisibles.

Un court silence suivit. Le vent fit frémir les feuilles au-dessus d’eux.

Karl releva la tête.

— Mais… on ira quand même faire un tour à Kandji.
— Pourquoi ? demanda Krys sans le regarder.

Karl haussa les épaules.

— Ça me manque.

Krys s’arrêta de manger.
Il posa le fruit sur la natte et fixa son frère d’armes.

— Kandji ne manque jamais sans raison, dit-il d’une voix basse. Et quand elle appelle… ce n’est jamais pour de bonnes nouvelles.

Karl ne répondit pas.
Il regardait le ciel entre les branches, partagé entre la nostalgie et l’instinct.

Sous l’arbre, à Nangbèdjè, la paix était réelle.
Mais tous deux le savaient déjà : elle ne durerait pas.

Chapitre 2 — Le jeu et l’appel

À Nangbèdjè, le terrain de football était plein de vie.
La poussière montait à chaque course, les cris des joueurs fusaient, et le ballon circulait vite d’un camp à l’autre. Krys et Karl jouaient dans la même équipe, concentrés, soudés, comme toujours.

Le match était intense mais propre.
Ici, on jouait pour le plaisir, pas pour la gloire.

Quand l’arbitre improvisé siffla la fin, les joueurs quittèrent le terrain en riant, transpirants, épuisés. Krys et Karl s’assirent à l’écart, près de la ligne de touche, reprenant leur souffle.

— Nangbèdjè nous fait du bien, dit Karl en s’essuyant le visage.
— Oui, répondit Krys. Ici, personne ne te regarde comme une cible.

Karl hocha la tête.

— Pas de sirènes. Pas d’ordres. Pas de morts.

Ils restèrent un instant silencieux, observant les enfants qui continuaient à jouer avec le ballon, comme si le match n’avait jamais vraiment pris fin.

Soudain, le téléphone de Karl vibra dans sa poche.

Il jeta un œil à l’écran, puis sourit légèrement.

— C’est Ayo.

Il décrocha et activa le haut-parleur.

— Les gars, comment ça va à Nangbèdjè ? demanda la voix d’Ayo.

— Oui, ça va, répondit Karl. J’espère surtout qu’il n’y a plus rien à Kandji.

— Pour le moment, rien de grave, répondit-elle.

Krys intervint calmement :

— C’est notre souhait à tous. Que tout se passe bien.

Karl esquissa un sourire en coin.

— Même si… j’avoue que j’ai encore envie de me battre.

Un léger rire se fit entendre à l’autre bout du fil.

— Ce n’est pas difficile, lança Ayo. Qu’il commence par provoquer les mecs de Nangbèdjè pour chauffer son sang.

Karl se redressa aussitôt.

— Vous vous foutez de qui comme ça ?

Krys tourna la tête vers lui, amusé.

— Fais attention, Karl, dit-il en souriant.

Karl éclata de rire.

— Krys, si tu fais l’erreur, je vais commencer par toi.

Ils rirent tous les deux.

Puis Karl reprit, plus sérieux :

— La semaine prochaine, on viendra à Kandji pour passer quelques jours. Pas pour venir se battre… juste pour revisiter.

Un court silence suivit.

— D’accord, répondit Ayo. La voie est toujours libre.

La ligne se coupa.

Karl rangea son téléphone.
Krys regarda le terrain, puis son partenaire.

— Revisiter Kandji, murmura-t-il.
— Oui, répondit Karl. Juste regarder.

Mais au fond d’eux, ils savaient que Kandji ne se regarde jamais sans conséquences.
 

Chapitre 3 — Le retour à Kandji

Le marché de Kandji était en pleine effervescence.
Des voix s’entrecroisaient, des marchandises changeaient de mains, et la poussière s’élevait sous les pas pressés. L’endroit n’avait presque pas changé. Pourtant, pour Krys et Karl, chaque coin de rue réveillait un souvenir.

Ils avançaient lentement entre les étals.

Karl jeta un regard autour de lui, un sourire discret au coin des lèvres.

— Tu te rappelles de la première fois qu’on s’est rencontrés ici ?

Krys acquiesça.

— Oui. J’espère que ces mêmes rebelles sont encore dans le marché.

Karl serra les poings.

— C’est ce qu’on verra.

Ils n’avaient pas fait dix pas de plus qu’un mouvement attira leur attention.
Un groupe d’hommes surgit de plusieurs directions. En quelques secondes, quatorze silhouettes les encerclèrent. Les marchands reculèrent, les passants s’éloignèrent. Le marché retint son souffle.

L’un des bandits s’avança, un sourire mauvais au visage.

— Fameux Double K… Vous êtes revenus à Kandji pour jouer les héros à nouveau ?

Il cracha au sol.

— Cette fois-ci, on va vous montrer que les héros ne tiennent plus longtemps ici.

Krys le fixa calmement.

— Ah bon, mon frère ? C’est ce qu’on verra.

À peine avait-il fini sa phrase qu’un des bandits se jeta sur eux.
Karl réagit instantanément. Il attrapa l’assaillant par le bras, le pivota et le projeta violemment contre une planche posée contre un étal. Le bois se brisa sous le choc.

La bagarre éclata.

Les coups partirent de tous les côtés. Krys esquivait, frappait avec précision. Karl avançait comme une tempête, repoussant les bandits un à un. Les cris se mêlaient aux bruits des corps qui tombaient sur le sol poussiéreux.

Un à un, les hommes reculèrent, blessés, sonnés.
Certains prirent la fuite. D’autres restèrent à terre, incapables de se relever.

Le marché retrouva peu à peu son souffle.

Krys regarda autour de lui, puis esquissa un sourire.

— Eh oui… ça me rappelle notre première rencontre ici, au marché de Kandji.

Karl hocha la tête, essuyant une goutte de sueur sur son front.

— Maintenant, on officialise Double K. On va régler les tensions qui surviendront.

Krys acquiesça.

— Oui. Allons au centre unitaire. Ayo nous attend là-bas.

Ils quittèrent le marché sans se retourner.
Derrière eux, Kandji venait de comprendre une chose :
Double K était de retour.

 

Chapitre 4 — Repas et récits

La chaleur du jour commençait à s’adoucir lorsque Krys et Karl franchirent la porte de la maison d’Ayo.
Dans la cuisine, l’odeur de pâte de maïs au gombo et aux crevettes flottait dans l’air. La table était déjà dressée, et tout semblait prêt pour un repas simple mais réconfortant.

Ils s’installèrent autour de la table, les assiettes garnies, les sourires aux lèvres.

Krys observa son frère d’armes, qui prenait déjà une grande portion.

— Karl, dit-il en souriant, ce n’est pas parce qu’il y en a assez sur la table que tu vas t’empiffrer.

Karl haussa les épaules et haussa le ton, joueur.

— Dans tout les cas, c’est moi seul qui sais ce qui va avec mon ventre. Je ne suis pas un enfant placé ici. Laisse-moi manger comme je veux.

Ayo intervint, le ton mi-amusé, mi-sérieux.

— Alors… vas doucement, Karl.

Karl ne se laissa pas intimider.

— Doucement ou pas… la nourriture elle-même sait qu’elle ira se faire écraser par mon estomac. Donc, épargnez moi de vos commentaires.

Un rire franc éclata autour de la table. Krys secoua la tête en riant, tandis qu’Ayo souriait, amusée par l’énergie de Karl.

Une heure plus tard, les assiettes étaient vides, les mains essuyées, et le calme revenait dans la pièce.

Krys prit une profonde inspiration, posant son coude sur la table.

— Bon, commença-t-il, il est temps de raconter ce qui s’est passé au marché avant notre arrivée.

Karl acquiesça, le regard brillant.

— Les gars, vous auriez dû voir ça… commença-t-il avec enthousiasme.

Alors, ils narrèrent à Ayo chaque détail : la tension dans le marché, le groupe de quatorze bandits, l’insolence de leur chef, et la manière dont ils avaient défendu leur honneur.

Ayo écoutait attentivement, hochant la tête par moments, notant mentalement chaque information.

— Bien, dit-elle enfin, c’est exactement ce que je devais savoir. Vous avez géré la situation avec efficacité. Mais il faudra rester prudents : Kandji n’oublie jamais.

Krys et Karl échangèrent un regard.
Le sourire amusé sur les lèvres de Karl laissait transparaître une vérité claire : ils étaient faits pour ce monde, malgré tout.

Chapitre 5 — L’alerte

Le portail de la maison d’Ayo était calme, presque trop calme pour elle.
Soudain, un mouvement attira son attention. Quatre voitures blindées descendaient la rue principale de Kandji, toutes dirigées vers la mairie. La cadence de leur déplacement était précise, presque militaire.

Ayo frissonna légèrement. Elle sortit rapidement ses lunettes détecteurs, les ajusta sur son visage et scruta l’intérieur des véhicules.

Son souffle se fit plus court.
À l’intérieur, elle vit des hommes armés, certains tenant déjà des fusils, d’autres des armes de poing. Ce n’était pas une visite de courtoisie.

Sans perdre une seconde, elle prit son téléphone et composa un numéro.

Pendant ce temps, Krys et Karl étaient dans un bar de Kandji, assis au comptoir, sirotant leurs boissons.
Ils profitaient d’un moment de détente après le marché et la visite à Ayo, riant de tout et de rien, laissant le tumulte de la ville derrière eux.

Le téléphone de Karl vibra sur la table.
Il jeta un œil à l’écran, sourit, et décrocha.

— Eh la go, dit-il avec un ton taquin. C’est parce que tu te sens seule que tu m’appelles ?

Ayo ne sourit pas.

— Même pas. J’ai vu quatre voitures blindées qui se dirigent vers la mairie. J’ai détecté qui s’y trouvent à l’intérieur. Ce n’était pas quelque chose de bon… Des hommes armés, Karl.

Karl fronça les sourcils.

— Là… quelque chose se prépare, dit-il sérieusement.

Krys, assis à côté, posa sa main sur l’épaule de Karl.

— On ira là-bas, déclara-t-il, calme mais déterminé.

Le rire et la légèreté du bar s’évaporèrent en un instant.
Pour Double K, c’était le moment de passer de la détente à l’action.
Kandji venait de leur rappeler, une fois encore, que la paix n’existait jamais vraiment ici.

 

Chapitre 6 — Intervention à la mairie

Krys et Karl étaient déjà sur place, à proximité de la mairie de Kandji, bien avant l’arrivée des assaillants.
Karl regarda autour de lui, un sourire ironique aux lèvres.

— Personne n’est encore là pour le moment, dit-il. Il semble qu’on soit arrivés avant eux.

Krys hocha la tête, concentré.

— Sûrement.

Ils s’installèrent discrètement derrière un muret, observant les alentours. Au loin, le bruit caractéristique de quatre voitures blindées se fit entendre. Les véhicules approchaient, et les deux hommes savaient exactement ce qui allait se passer.

Soudain, les hommes sortirent des voitures. Armés jusqu’aux dents, ils ouvrirent le feu sur les gardes de la mairie. Les détonations éclatèrent dans l’air chaud, semant la panique.

Krys et Karl échangèrent un regard rapide.
Sans hésiter, ils sortirent incognito, utilisant les ombres et la distance à leur avantage. Chaque tir était précis, chaque mouvement calculé. Les assaillants tombèrent un à un, surpris par cette force invisible qui les neutralisait avant qu’ils ne puissent riposter correctement.

En quelques minutes, un calme relatif s’installa. Les gardes de la mairie, encore sous le choc, reprenaient lentement leurs esprits.

Le maire sortit de l’édifice, inquiet.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il, la voix tremblante.

Un des gardes répondit :

— Des assaillants sont venus ici et ont commencé à tirer sur nous. Nous… nous n’avons même pas encore fait un geste. On ne sait pas qui a tiré sur eux.

Krys et Karl sortirent alors de leur cachette, leurs regards sérieux mais calmes.

— Monsieur le maire, dit Krys, nous avions déjà repéré ces assaillants qui se dirigeaient vers vous. Nous avons été obligés d’anticiper.

Karl ajouta :

— On savait que quelque chose de mauvais allait se passer ici.

Le maire, soulagé, hocha la tête et les regarda avec reconnaissance.

— Merci à vous, Double K. Vous nous avez sauvés.

Pour officialiser leur intervention, le maire sortit un chèque et le tendit à Krys et Karl : 15 millions de FCFA. Les deux hommes échangèrent un regard discret, habitués mais satisfaits de cette récompense.

Sur le chemin du retour, Karl, enthousiaste, lâcha :

— Ce soir, ce sera la fête !

Krys fronça légèrement les sourcils.

— Quelque chose d’autre se prépare, murmura-t-il. Il semble que quelqu’un d’autre planifie une attaque contre le maire. Son plan a été déjoué grâce à nous. On ira au centre unitaire pour en parler plus en détail.

Karl acquiesça, la tension revenant déjà à mesure qu’ils approchaient de leur base.
Pour Double K, Kandji ne dormait jamais vraiment, et chaque victoire n’était qu’une étape dans la lutte qui continuait.

Chapitre 7 — Au centre unitaire

Le centre unitaire de Kandji était calme mais vibrant d’activité.
Des écrans affichaient les flux de la ville, les caméras de surveillance et les alertes récentes. Les agents allaient et venaient, chacun concentré sur sa tâche. C’était le cœur nerveux de la sécurité de la ville, mais pour Krys et Karl, c’était aussi un lieu stratégique où chaque décision pouvait changer le cours des événements.

Ayo les attendait à une table ronde, les bras croisés, regard sérieux.
Lorsqu’ils entrèrent, elle leur fit un signe de la main.

— Bien, commença-t-elle, expliquez-moi exactement ce qui s’est passé à la mairie et ce que vous avez observé.

Krys prit la parole, détaillant calmement chaque mouvement des assaillants, la tactique employée, et comment ils avaient neutralisé les menaces sans perte civile. Karl ajouta les observations sur les véhicules, le nombre d’hommes et le type d’armes utilisées.

Ayo nota tout, fronçant parfois les sourcils.

— Très bien, dit-elle enfin. D’après vos observations, il y a probablement un réseau derrière cette attaque. Quelqu’un planifie quelque chose de plus grand, et nous devons découvrir qui.

Krys échangea un regard avec Karl.

— On a des indices, murmura-t-il. Quelques plaques des véhicules, certains comportements des assaillants… mais ce n’est pas suffisant pour remonter jusqu’au chef.

Karl haussa les épaules, sourire en coin :

— On sait juste qu’ils ne sont pas là pour rigoler.

Ayo se leva, déterminée :

— Alors on va mettre en place un plan. Nous allons surveiller toutes les entrées et sorties de Kandji, identifier les hommes-clés et préparer une intervention ciblée. Mais pour ça, j’ai besoin de vous deux sur le terrain.

Krys et Karl hochèrent la tête.
Pour eux, cela ne faisait aucun doute : ils étaient faits pour ce rôle, et aucune menace ne pouvait les détourner de leur objectif.

Ayo sortit un écran tactile, affichant une carte de Kandji.

— Voici la mairie, ici les routes principales… Tout va être sous surveillance maximale. Nous devons empêcher toute nouvelle attaque avant qu’elle ne commence.

Karl tapota l’écran, amusé mais sérieux :

— Ça va chauffer, j’aime ça.

Krys, plus réfléchi, intervint :

— Restons concentrés. Chaque détail compte. Un faux mouvement et ce ne sont plus eux, mais nous qui serons pris au piège.

Ayo sourit légèrement :

— Exactement. Et c’est pour ça que je vous ai appelés. Avec Double K, nous avons une longueur d’avance.

La réunion se poursuivit, chacun partageant idées et stratégies.
Pour Krys et Karl, c’était un rappel que la paix n’était jamais acquise. Mais pour la première fois depuis longtemps, ils avaient tous les outils pour protéger la ville et garder Kandji sous contrôle.

 

Chapitre 8 — Poursuite dans le jardin

Le jardin était animé, rempli de personnes qui riaient, discutaient et profitaient de la fin d’après-midi. Krys et Karl se mêlaient discrètement à la foule, restant attentifs à chaque mouvement suspect.

Soudain, un véhicule noir se gara brusquement devant eux. Les passants reculèrent, surpris par l’arrivée soudaine.

Une silhouette sortit rapidement du véhicule : un homme masqué, arme à la main, visant directement Krys.

Le réflexe fut immédiat. Krys esquiva la balle d’un mouvement rapide et fluide, comme si son corps connaissait déjà la trajectoire.

— Cours ! cria-t-il à Karl.

Les deux hommes se mirent à courir sans réfléchir, zigzaguant entre les arbres et les allées du jardin, cherchant un abri. Derrière eux, les assaillants les poursuivaient, mais cette fois-ci, sans le soutien du véhicule.

Krys sentit une présence derrière eux, la tension montait. D’un geste rapide, il sortit une grenade de sa ceinture et la lança par-dessus son épaule.

L’explosion retentit avec fracas.
Une fumée aveuglante et un nuage de débris surgirent. Certains assaillants tombèrent à terre, mortellement touchés, tandis que les autres reculèrent, désorientés et incapables de continuer la poursuite.

Karl, haletant, s’arrêta quelques secondes et regarda Krys avec étonnement :

— Bro… tu avais une grenade sur toi ? Tu étais vraiment plus attentif que moi !

Krys esquissa un sourire fatigué mais confiant.

— Je t’avais dit quelque chose, répondit-il simplement.

Sans perdre une seconde, ils se retournèrent et prirent la direction du centre unitaire, sachant que là-bas, ils pourraient analyser la situation et préparer la prochaine étape.

La ville de Kandji venait encore de leur rappeler que la paix n’était jamais complète.
Mais pour Double K, chaque attaque déjouée n’était qu’un pas de plus vers le contrôle de la situation.

 

Chapitre 9 — Plan de contre-offensive

Le centre unitaire était plongé dans une atmosphère de concentration totale. Les écrans affichaient les images des dernières attaques, les cartes de Kandji et les itinéraires des assaillants. Krys, Karl et Ayo étaient autour de la table centrale, analysant chaque détail de la confrontation dans le jardin.

— Ils ne se cachent pas trop, murmura Krys en pointant une série de caméras. Ils ont des repères fixes et des véhicules identifiables.

Karl tapota l’écran tactile, enthousiaste mais sérieux :

— On peut remonter jusqu’au chef. Ses hommes laissent trop d’indices. Avec un peu de patience, on saura qui tire les ficelles.

Ayo croisa les bras, concentrée :

— Notre priorité, c’est d’empêcher toute nouvelle attaque contre le maire ou tout autre point stratégique de la ville. Ensuite, on remonte jusqu’au réseau.

Krys hocha la tête.

— Exactement. On va mettre en place des postes de surveillance, des équipes de filature et des patrouilles discrètes. Et nous, on sera les éclaireurs sur le terrain.

Karl sourit, déjà prêt pour l’action :

— Ça va chauffer, bro. J’aime ça. On va leur montrer ce que signifie Double K.

Ayo acquiesça, sérieuse :

— Chaque mouvement compte. Les assaillants sont organisés, mais ils ne sont pas invisibles. Si nous combinons nos observations avec vos interventions sur le terrain, nous pouvons les surprendre avant qu’ils ne frappent à nouveau.

Krys prit un stylo et nota les points essentiels sur la carte :

postes de surveillance à installer,

routes de fuite possibles des assaillants,

zones où la population risque d’être prise entre deux feux.

— Karl, dit-il, tu prendras le secteur nord et garderas le contact avec moi. On doit être synchronisés pour chaque mouvement.

Karl sourit et hocha la tête :

— Nord, compris. Et toi, bro ?

— Je prends le centre et le sud. Nous devons couvrir tous les angles. Ayo, toi et ton équipe, surveillez la mairie et le maire.

Ayo fit un signe de tête :

— C’est noté. Tout est sous contrôle. Mais souvenez-vous : chaque erreur peut être fatale.

Krys et Karl échangèrent un regard, déterminés.
Pour eux, Double K n’était pas seulement un nom. C’était une promesse : protéger la ville, déjouer les plans des bandits et s’assurer que Kandji reste sous leur vigilance.

La ville était loin d’être tranquille, mais Double K venait de prendre une longueur d’avance.
 

Chapitre 10 — Les imposteurs

Le restaurant était spacieux et animé.
Des clients mangeaient tranquillement, des serveurs circulaient entre les tables. Krys et Karl étaient assis côte à côte, chacun devant une assiette de riz bien chaud. L’ambiance semblait normale, presque trop calme.

Krys posa lentement sa cuillère.

— Je sens que quelque chose va se passer, dit-il à voix basse. Je sens l’arrivée de certains imposteurs.

Karl leva les yeux, méfiant.
Il glissa discrètement sa main sous la table, sortit son arme et murmura :

— Dans ce cas, je suis prêt.

Ils échangèrent un regard.
À peine la discussion engagée que la porte du restaurant s’ouvrit brutalement.

Quinze hommes armés entrèrent d’un pas décidé. Le bruit des conversations s’arrêta net. La peur envahit la salle. Les hommes avancèrent droit vers le manager du restaurant. L’un d’eux pointa son arme sur sa tête.

— Nous savons qu’il y a deux héros dans ce restaurant, dit-il froidement.
— Si tu me les fais sortir, tu restes vivant.
— Dans le cas contraire… il y aura deux cas.

Un silence pesant s’installa.

Krys se leva calmement.

— Lesquels ? demanda-t-il.

Le chef du groupe le regarda, surpris, puis sourit.

— Double K… Enfin, vous vous êtes dénoncés.

Karl se leva à son tour.

— Si vous êtes là pour semer le désordre, dit-il, nous sommes là pour remettre les choses en ordre.

Il n’avait pas fini sa phrase que Krys lança un couteau.
La lame fendit l’air et se planta droit sur le chef du groupe, qui s’effondra aussitôt.

La bagarre éclata.

Les tables furent renversées, les chaises projetées. Karl frappa sans hésiter, neutralisant les hommes qui tentaient de s’approcher des civils. Krys enchaînait les mouvements précis, désarmant, frappant, avançant sans reculer.

Les coups pleuvaient.
Certains assaillants tombèrent, mortellement touchés. D’autres, pris de panique, lâchèrent leurs armes et prirent la fuite.

Le restaurant retrouva peu à peu le silence, brisé seulement par les respirations lourdes.

Krys regarda autour de lui.

— Les imposteurs commencent à se montrer, dit-il calmement.

Karl rangea son arme.

— Oui… et ça veut dire qu’on est vraiment devenus leur problème.

Au sol, les corps des assaillants témoignaient d’une chose claire :
Double K avait encore frappé.

 

Chapitre 11 — Devant les autorités

Les sirènes de police retentirent à l’extérieur du restaurant.
En quelques minutes, les lieux furent encerclés. Des agents armés entrèrent prudemment, découvrant les tables renversées, les corps au sol et les clients encore sous le choc.

Un inspecteur s’avança, observant la scène avec attention.

— Qu’est-ce qui se passe ici ? demanda-t-il d’une voix ferme.

Krys s’approcha calmement.

— Certains assaillants sont venus nous chercher, dit-il. Ils sont venus semer le désordre.
— Nous avons réussi à en neutraliser certains.
— Certains sont morts. D’autres ont fui.

L’inspecteur fixa Krys quelques secondes, puis regarda Karl.
Il comprit immédiatement à qui il avait affaire.

— Double K, dit-il enfin.
— Venez avec moi. Allons chez le maire pour en parler plus en détail.

Karl échangea un regard avec Krys.

— On dirait que ça devient sérieux, murmura-t-il.

— Ça l’a toujours été, répondit Krys.

Ils suivirent l’inspecteur hors du restaurant.
La foule regardait en silence, consciente que quelque chose de plus grand était en train de se jouer.

À cet instant précis, Double K cessait d’être seulement une rumeur de rue.
Ils entraient désormais au cœur des décisions de Kandji.

Chapitre 12 — Les vérités du maire

Le bureau du maire de Kandji était silencieux.
Krys et Karl se tenaient debout, face à lui.

Krys prit la parole.

— Monsieur le maire, quelqu’un a décidé de vous attaquer.
— Non seulement vous, mais nous aussi.
— Avez-vous une idée de ce qui se cache derrière tout ça ?

Le maire inspira profondément avant de répondre.

— Avec ce que je vois, dit-il lentement, c’est l’œuvre d’un ancien ami.
— Nous avions monté un business ensemble.
— L’affaire a très bien marché, mais il voulait prendre une plus grande part du gain.

Il marqua une pause.

— Moi, j’ai refusé. J’ai insisté pour un partage équitable, sans supériorité.
— Il a accepté avec ses lèvres… mais pas avec son cœur.

Le maire serra les poings.

— Il s’est retiré après ça.
— Aujourd’hui, il revient pour me faire tomber de cette manière.

Il fixa Krys et Karl droit dans les yeux.

— Double K, le reste est entre vos mains.
— Je ne vous dirai pas son nom.
— Mais soyez toujours sur vos gardes.

La discussion prit fin sur ces mots.
Krys et Karl quittèrent la mairie sans ajouter un mot.

Dans la voiture, Krys tenait le volant, le regard fixé sur la route.

— Karl, dit-il, retour aux actions.
— On va encore passer des secondes, des minutes, des heures, des jours, des semaines et des mois à défendre cette ville.

Karl soupira.

— Parfois je me demande si c’est notre destin.
— Et si on avait décidé de ne plus jamais mettre les pieds à Kandji…
— On ne serait pas en train de vivre tout ça.

Krys hocha la tête.

— Tout reviendra à l’ordre.
— Chaque chose a son temps.

La voiture s’éloigna, pendant que Kandji entrait dans une nouvelle phase de tension.
La guerre de l’ombre ne faisait que commencer.

 

Chapitre 13 — Barrage sur la route

La route était presque déserte.
Krys conduisait, concentré, pendant que Karl scrutait les environs.

Soudain, une voiture surgit devant eux et barra complètement la voie.
Les phares restèrent allumés. Le moteur tournait.

Krys freina net.

Les secondes passèrent.
Puis une minute.
Le silence devenait lourd.

Karl rompit le calme.

— Krys, fonce sur eux.
— Tu peux les dégager d’un seul coup.

Krys serra le volant.

— D’accord.

Il appuya brutalement sur l’accélérateur.
La voiture prit de la vitesse et, en quelques secondes, percuta violemment le véhicule des bandits.

Le choc fut brutal.
La voiture adverse fut projetée de côté et alla s’écraser plus loin, hors de la route.

Karl regarda derrière eux.

— Ils ont les yeux sur nous maintenant.

Krys ne ralentit pas.

— Oui.
— On part au centre unitaire, sans escale.

La voiture de Double K disparut dans la nuit, pendant que l’ombre de leurs ennemis se rapprochait encore plus.
 

Chapitre 14 — Le centre n’est plus sûr

Le centre unitaire était calme.
Trop calme.

Krys et Karl venaient à peine d’arriver quand des coups de feu éclatèrent à l’extérieur, puis à l’intérieur du bâtiment.

— Ça vient d’ici, lança Krys.

Des assaillants armés forcèrent l’entrée.
Leurs intentions étaient claires : tuer.

Krys et Karl se mirent immédiatement en position.
Sans hésiter, ils engagèrent le combat.

Les balles sifflaient.
Les coups pleuvaient.

Krys neutralisait avec précision.
Karl frappait avec violence et efficacité.

Un à un, les assaillants tombèrent.
Le silence revint, lourd, après la tempête.

Les corps gisaient au sol.

Krys balaya la pièce du regard, troublé.

— Jusqu’ici… ?
— Dans notre camp… ?

Ayo s’approcha, le visage tendu.

— L’affaire devient sérieuse.
— Le centre unitaire n’est plus en sécurité.

Karl rechargea son arme.

— Le maire nous a tout raconté.
— Quelqu’un tire les ficelles depuis l’ombre.

Il marqua une pause, puis ajouta :

— Mais très bientôt, on va découvrir toute la vérité.

Le regard de Double K se croisa.
La guerre venait de franchir un nouveau niveau.

 

Chapitre 15 — Le message de l’ombre

Le centre unitaire retrouvait peu à peu son calme.
Mais la tension, elle, restait intacte.

Le téléphone de Krys vibra.
Un message inconnu.

Il lut à voix haute pour Karl et Ayo.

Double K, quittez cette affaire de défense du maire.
Ce qui se passe ne concerne que lui et moi.
Si vous ne voulez pas de problèmes, restez loin de cette affaire.

Un silence s’installa.

Karl esquissa un sourire froid.

— Voilà enfin quelqu’un qui parle.

Krys tapa rapidement une réponse.

Qui êtes-vous ?
Et qu’avez-vous contre le maire ?
On doit savoir.

Quelques secondes passèrent.
Puis le téléphone vibra à nouveau.

Si vous voulez savoir, continuez la lutte.

La conversation s’arrêta là.

Krys verrouilla l’écran.

— Il nous provoque.

Ayo hocha la tête.

— Et il nous observe.

Karl conclut, déterminé :

— Dans ce cas, on va continuer.
— Jusqu’au bout.

La guerre venait désormais d’entrer dans sa phase la plus dangereuse :
celle de l’ennemi invisible.

 

Chapitre 16 — Le piège

La place publique était animée.
Des vendeurs criaient, des enfants couraient, la musique résonnait au loin.

Krys et Karl avançaient tranquillement, mais leurs regards restaient attentifs.

— Trop calme… murmura Karl.

Il n’eut pas le temps d’en dire plus.

Des hommes surgirent de partout.
Un, deux… dix… puis plus de vingt.

— Piège ! cria Krys.

Les assaillants encerclèrent la place.
Aucune issue.

Le combat éclata violemment.
Krys frappa sans retenue, Karl enchaîna les coups.
Des corps tombaient, d’autres reculaient, mais les assaillants continuaient d’arriver.

Le sol se couvrait de poussière et de cris.

— Ils sont nombreux ! lança Karl.

Malgré leur résistance, la fatigue commençait à se faire sentir.

Deux hommes profitèrent d’un instant d’inattention.
Ils passèrent par derrière.

Un coup sec à la nuque de Krys.
Puis un autre sur Karl.

Le monde devint flou.

Le silence.

Quand ils reprirent conscience quelques secondes plus tard, leurs yeux étaient à demi ouverts.
Ils sentirent qu’on les traînait, qu’on les jetait à l’arrière d’un véhicule.

Une portière claqua.
Le moteur démarra.

La voiture s’éloigna rapidement.

Double K venait de tomber dans les mains de l’ennemi.

Chapitre 17 — Le camp de Craig

Krys et Karl reprirent lentement conscience.
Leurs corps étaient lourds.
Leurs mains ligotées.

Ils se trouvaient dans un lieu inconnu, sombre, ressemblant à un entrepôt abandonné.

Krys remua légèrement.

— Mais bro… on est où ici ?

Karl tenta de bouger à son tour.

— Je me pose la même question.

Des pas résonnèrent.
Une silhouette sortit de l’ombre.

— Double K… bienvenue dans mon camp.

L’homme s’avança.

— Je vous avais dit de laisser cette affaire de défense du maire.

Il retira sa capuche.

— Je m’appelle Craig.
— Ancien ami du maire.

Krys le fixa.

— On n’a pas fini de régler une affaire, reprit Craig.
— Il me doit des comptes.

Krys répondit calmement :

— Et pourquoi chercher à l’éliminer au lieu de régler ça à l’amiable ?

Craig sourit, froidement.

— L’éliminer est mieux.
— Voilà pourquoi je veux commencer par vous.

Karl intervint, malgré les liens.

— Si tu commences par nous, tu auras très mal.

Craig éclata de rire.

— Tu es immobile et tu oses parler comme si tu pouvais te défendre ?

Krys leva les yeux vers lui.

— Tu verras dans quelques minutes.

À peine eut-il fini sa phrase qu’une explosion retentit derrière Craig.
Le mur vola en éclats.

De la fumée, des cris, puis des silhouettes armées.

— Unité ! cria une voix.

C’était Ayo, accompagnée des agents du centre unitaire.

Un combat violent éclata dans l’entrepôt.
Des coups de feu, des corps à terre, des échanges rapprochés.

Profitant du chaos, Craig recula.

Il s’enfuit avec quelques hommes, disparaissant dans la fumée.

Ayo se précipita vers Krys et Karl.

— Ça va ?

Elle coupa leurs liens.

Libérés, Krys et Karl se jetèrent dans le combat.
Ils neutralisèrent les derniers assaillants restés sur place.

Le silence revint peu à peu.

Un agent s’approcha.

— Craig a réussi à fuir.

Krys serra les poings.

— Il reviendra.

Karl ajouta, déterminé :

— Et cette fois-ci…
— c’est à nous de l’avoir.

La chasse venait de commencer.
 

Chapitre 18 — Le feu de Yassin

La jungle était dense, silencieuse, loin de la ville.
Au milieu des arbres, des hommes armés campaient autour de véhicules camouflés.

Craig marchait lentement devant eux.
Son visage était fermé, marqué par la colère.

— Maintenant… ce sont eux qui nous attaquent.

Les hommes l’écoutaient sans un mot.

— Double K, l’unité, le maire… ils ont choisi leur camp.

Il s’arrêta, se retourna vers ses hommes.

— Nous allons repartir.

Un murmure parcourut le groupe.

— Direction le quartier Yassin.

Craig serra les poings.

— On y va pour frapper fort.
— Pour tout réduire en cendre.

Les hommes chargèrent leurs armes.
Les moteurs démarrèrent.

Dans l’ombre de la jungle, la décision était prise.
Yassin allait devenir le prochain champ de bataille.

Chapitre 19 — Alerte à Yassin

Au centre unitaire, Krys, Karl et Ayo étaient assis autour d’une table, mangeant calmement des pommes.
L’ambiance semblait presque paisible.

La porte s’ouvrit brusquement.

Un agent entra, essoufflé.

— Chef Ayo… Craig a frappé au quartier Yassin.

Krys releva la tête.

— Encore une autre aventure à Yassin.
— Cette fois-ci, je vais terroriser bon nombre de personnes.

Karl se leva aussitôt.

— Cette fois-ci, je n’irai pas là-bas pour revenir blessé.
— Je n’ai pas oublié le coup de flèche que j’avais reçu.

Il se tourna vers les agents.

— Deux agents surveilleront mes arrières.

Ayo prit la parole, ferme.

— On y va pour lutter.
— Nous allons tout faire pour qu’il n’y ait ni mort ni blessé parmi les civils.

Krys hocha la tête.

— On appelle les autres forces de l’ordre en appui.
— Craig a recruté beaucoup d’hommes.
— Ils sont nombreux et déterminés.

Il se leva à son tour.

— Préparons-nous.

Krys regarda Karl.

— On y va.

Les agents s’activèrent.
Les armes furent vérifiées, les véhicules prêts.

Yassin était en danger.
Et Double K repartait au front.

 

Chapitre 20 — Yassin en feu

Le quartier Yassin était en état de choc.
Des civils, pris en otage, étaient regroupés sous la menace des armes.
Les cris, la panique, la peur dominaient les lieux.

Soudain, des véhicules surgirent.
Krys, Karl et toute l’unité apparurent sur la zone.

— Unité, intervention ! cria Ayo.

La guerre éclata immédiatement.

Krys se lança dans le combat.
Rapide, précis, il frappait les assaillants et les projetait violemment au sol.
Chaque mouvement était maîtrisé.

Karl fit de même.
Ses coups étaient lourds, puissants.
Il neutralisait ses adversaires un à un.

Ayo, de son côté, couvrait le terrain en tirant sur plusieurs assaillants, forçant les autres à reculer.

Soudain, une femme surgit et la surprit.
Le combat devint rude, rapproché, sans retenue.

Les deux femmes s’affrontèrent violemment.
Finalement, Ayo prit l’avantage et projeta son adversaire contre le mur d’une école.

— Mieux vaut pour toi de rester au foyer, lança-t-elle froidement.

Non loin de là, Krys continuait de se battre, frappant avec vitesse et habileté, semant la confusion dans les rangs ennemis.

Karl affronta un géant.
Après un échange brutal, il le frappa violemment et le projeta contre un mur.

Des militaires arrivèrent en renfort.
Ils ouvrirent le feu sur de nombreux assaillants.

La situation tourna rapidement.

Craig observa la scène à distance.
Il serra les dents.

— Repliez-vous ! ordonna-t-il à ses hommes.

Les assaillants commencèrent à battre en retraite.

Yassin était sauvé.
Mais la guerre, elle, n’était pas encore terminée.

Chapitre 21 — Fracture

Les sirènes retentirent à Yassin.
La police arriva, suivie de près par des journalistes et leurs caméras.

Des micros se tendaient, des questions fusaient.
Les images des dégâts, des civils libérés et des assaillants neutralisés faisaient déjà le tour de la zone.

Un peu à l’écart, Krys et Karl discutaient avec le commissaire.

Karl, agacé, lâcha sans détour :

— Sans vouloir vous offenser… vous intervenez toujours en dernière position.
— Vous ne faites pas votre travail.

Le visage du commissaire se durcit immédiatement.

— Qu’est-ce que tu viens de dire ?

— La vérité, répondit Karl.
— À chaque fois, c’est pareil.

La colère monta d’un cran.

— Karl, tu vas faire vingt minutes en prison pour insolence !

Krys intervint aussitôt.

— Monsieur le commissaire, il a raison.
— Vous voulez enfermer quelqu’un parce qu’il a été franc avec vous ?

Le commissaire explosa.

— Embarquez-moi ces deux-là !

Un policier s’approcha de Karl par derrière.
Mais il n’eut pas le temps d’agir.

Krys se retourna brusquement, bloqua l’agent et le projeta violemment au sol.

— On se casse ! cria Karl.

Les deux hommes s’élancèrent et disparurent rapidement, profitant de la confusion, direction le centre unitaire.

Le commissaire, furieux, hurla derrière eux :

— Bande d’enfoirés !
— Je vous aurai un jour !

Les caméras continuaient de tourner.
La rupture était désormais publique.

Double K venait de se faire un nouvel ennemi.
Et cette fois… il portait un uniforme.

 

Chapitre 22 — Les excuses imposées

Ayo arriva au centre unitaire avec les agents.
Tout le monde était en place.

Mais un détail frappa immédiatement.

— Où sont Krys et Karl ? demanda-t-elle.

Personne ne répondit.

Ayo sortit son téléphone et appela.

Le téléphone de Karl sonna.
Il décrocha calmement.

— Eh la go, on vient.
— Pas de panique, nous sommes en sécurité.

La voix d’Ayo devint sérieuse.

— Je n’ai pas aimé ce que vous avez dit au commissaire.
— Avant de revenir au centre unitaire, vous devez aller au commissariat et lui présenter des excuses.

Krys prit la parole.

— D’accord.
— Mais il doit admettre ce qu’on lui a dit sans se mettre en colère.
— Il doit accepter la vérité.

— Non ! trancha Ayo.
— Vous devez m’écouter.
— Ce n’est pas une négociation.

Un court silence.

Karl soupira.

— D’accord, grande sœur.

Ayo conclut :

— Allez le voir.
— Discutez calmement.
— Après seulement, vous revenez.

L’appel se termina.

Krys regarda Karl.

— On y va.

— Oui, répondit Karl.
— Mais cette discussion ne sera pas simple.

Ils montèrent dans le véhicule et prirent la direction du commissariat.

Pendant ce temps, quelque part dans l’ombre,
Craig observait la division grandissante entre Double K et les forces officielles.

Et il souriait.

Chapitre 23 — La route coupée

Krys et Karl roulaient en direction du commissariat.
La circulation était fluide, mais leur vigilance restait maximale.

Soudain, deux véhicules surgirent et leur barrèrent la voie.

— Pas bon ça, lâcha Karl.

Sans hésiter, il sortit son pistolet.
D’un geste précis, il tira sur les pneus des deux voitures.

Les véhicules s’immobilisèrent aussitôt.

Krys appuya sur l’accélérateur.
Il fonça droit devant et percuta les voitures, les projetant violemment sur le côté de la route.

La voie se libéra.

Karl rangea son arme.

— Craig ne veut vraiment pas lâcher l’affaire.

Krys serra le volant.

— Sûrement qu’il a attaqué le commissariat.

Il accéléra.

— On y va vite.

Le moteur rugit.
Le temps jouait contre eux.

Et quelque chose leur disait qu’ils arrivaient peut-être déjà trop tard.
 

Chapitre 24 — L’attaque du commissariat

Le commissariat était encerclé.

Craig faisait face au commissaire, entouré de nombreux hommes armés.

Craig prit la parole, froidement :

— Vous lâchez cette affaire de protection du maire…
— ou j’ouvre le feu sur toute la ville.

Le commissaire le fixa sans reculer.

— Tu le fais déjà.

À cet instant, une violente collision retentit.

Quinze hommes de Craig furent projetés au sol.

Krys et Karl venaient d’entrer en force.

Craig se retourna, furieux.

— Double K…
— Vous ne voulez vraiment pas lâcher l’affaire.

Krys s’avança.

— Craig, tu en es arrivé à attaquer la police municipale maintenant ?

La réponse fut immédiate.

Le combat éclata dans tout le commissariat.

Krys et Karl frappaient sans relâche, neutralisant homme après homme.
Les coups pleuvaient, les assaillants tombaient.

Le commissaire, arme à la main, se joignit lui aussi au combat contre les hommes de Craig.

Profitant du chaos, Craig recula lentement.
Il trouva une issue et s’enfuit avec quelques hommes.

Le silence revint peu à peu.

Craig avait encore échappé à Double K.

Mais cette fois, il venait de franchir une ligne.

La guerre était désormais totale.
 

Chapitre 26 — La nuit sans sommeil

Au commissariat, l’ambiance était lourde.
Krys, Karl, le commissaire et l’inspecteur étaient réunis autour d’une table couverte de cartes et de rapports.

Krys prit la parole.

— Les policiers et les militaires seront déployés partout dans la ville.
— Ils surveilleront tous les alentours.
— Et c’est ainsi qu’on saura d’où Craig sortira pour frapper de nouveau.

Le commissaire acquiesça.

— Très bonne idée.
— Cette fois, il n’aura plus de voie libre.

Karl intervint à son tour.

— Je ne veux pas qu’on perde de munitions en plein échange de tirs.
— Je veux tirer sans manque.
— J’aurai besoin d’une mitraillette.

Krys répondit calmement.

— Craig peut aussi préparer des grenades.
— Pour le moment, on ne sait pas encore par où il va frapper.

Karl soupira.

— On ne va pas dormir cette nuit.

Krys hocha la tête.

— Moi, je ne prends que dix minutes de sommeil.
— Craig peut frapper à tout moment maintenant.

Le commissaire conclut :

— Restez sur vos gardes.
— La prochaine attaque sera la dernière.

Dans le silence du commissariat, chacun comprit une chose :
la nuit serait longue…
et l’aube déciderait du sort de Craig.

Chapitre 27 — L’étape supérieure

Dans un entrepôt isolé, loin de la ville, Craig faisait face à ses hommes.
L’air était lourd, chargé de tension.

Craig prit la parole, d’un ton ferme.

— Les gars…
— On passe à l’étape supérieure.

Les hommes se redressèrent, attentifs.

— On divise le groupe en quatre.

Il pointa du doigt la carte étalée devant lui.

— Moi, je pars à Yassin avec trente personnes.

Puis il leva la tête vers les autres groupes.

— Vous autres, vous vous départagez dans les autres coins de la ville.
— Faites du bruit.
— Faites croire qu’on est partout.

Il chargea son arme.

— Ce soir, Kandji ne dormira pas.

Craig se tourna vers la sortie.

— On y va.

Les hommes se dispersèrent rapidement.
Les véhicules démarrèrent dans la nuit.

La ville allait être attaquée sur plusieurs fronts.
Mais sans le savoir, Craig venait peut-être d’entrer exactement dans le piège préparé contre lui.

 

Chapitre 28 — La cible révélée

Au commissariat, Krys et Karl étaient avec l’inspecteur et le commissaire.
La tension était palpable.

Le téléphone de Karl vibra.

Il décrocha immédiatement.

— Oui mec, Craig a préparé quel plan ?

La voix de l’agent était pressée.

— Craig veut attaquer en divisant son équipe en quatre.
— Lui-même part avec trente hommes à Yassin.
— Les autres groupes sont envoyés dans différents coins de la ville.

Karl regarda Krys.

— Reçu.

Il répondit fermement :

— Rassemblez les autres unités.
— Allez sécuriser les autres coins de la ville.

Puis il ajouta :

— Nous, on va rencontrer Craig à Yassin.

Karl raccrocha.

Krys serra les poings.

— Cette fois, on va finir ce qu’on a commencé.

Le commissaire hocha la tête.

— Tout le monde en position.
— Que personne ne bouge sans ordre.

Les véhicules se mirent en mouvement.
Les sirènes restèrent éteintes.

La nuit était silencieuse…
mais à Yassin, la rencontre finale approchait.

 

Chapitre 29 — Le dernier affrontement

Craig arriva à Yassin avec ses hommes.
Sans hésiter, ils commencèrent à frapper les civils.
La panique envahit le quartier.

Des policiers et des militaires tentèrent d’intervenir, mais plusieurs furent tués par Craig et ses hommes.

Soudain, des coups de feu retentirent à l’autre extrémité du terrain.

Krys et Karl venaient d’arriver.

La riposte fut immédiate.

Craig se retourna et les aperçut.

— Double K…
— On s’affronte finalement.
— J’attendais ce moment.

Krys et Karl ouvrirent le feu, neutralisant de nombreux assaillants.
Le commissaire, lui aussi sur le terrain, frappait fort avec ses hommes.

Peu à peu, l’espace se vida.

Craig s’avança vers Krys et Karl.

— On lâche les armes.
— Combat corps à corps.

Karl attaqua le premier.
Craig le maîtrisa et le projeta violemment contre un mur.

Krys entra aussitôt dans le combat.
Les coups s’enchaînèrent.
Craig était rapide, habile.

Il réussit à prendre le dessus et frappa Krys d’un puissant coup de poing sur la poitrine.

Karl reprit conscience.
Il attaqua Craig par derrière et lui donna un violent coup de genou dans le dos.

Krys profita de l’ouverture et projeta Craig contre un mur.

Craig se releva et se jeta sur Karl, le jetant au sol.

Krys revint à la charge, frappant Craig à plusieurs reprises au niveau des côtes.

Karl se releva à son tour et donna un coup de poing brutal sur la gorge de Craig.

Craig s’effondra.
Il ne se releva plus.

Craig était mort.

Non loin de là, Ayo faisait face à une femme extrêmement forte.
Un combat rude opposa les deux amazones.

La femme réussit à frapper Ayo et la projeta au sol.
Mais Ayo se releva, déterminée.

Elle prit le dessus, frappa violemment son adversaire, la jeta au sol, puis porta un coup fatal au niveau du cou.

La femme mourut sur place.

Le silence retomba peu à peu.

Krys et Karl, assis au sol, étaient épuisés.
Les agents et les forces de l’ordre vinrent les entourer.

Ayo arriva, suivie du commissaire et de l’inspecteur.

Krys souffla :

— Enfin… l’imposteur est mort.

À ce moment, le maire arriva sur le terrain.

— Double K, vous avez fait du bon travail.
— Demain, nous allons réparer les coins détruits de la ville.
— Que les blessés soient amenés immédiatement dans les hôpitaux.

La ville de Kandji venait de survivre à l’une de ses plus grandes menaces.

Double K avait tenu sa promesse.
 

Chapitre 30 — Un moment de paix

Le jardin public était calme.
Les arbres offraient de l’ombre, le vent soufflait doucement.

Krys, Karl et Ayo étaient assis, détendus, parlant de tout et de rien, loin des armes et du chaos.

Krys sourit et prit la parole.

— Karl… moi, je vais retourner à Nangbèdjè pour me reposer.

Karl éclata de rire.

— Cette fois-ci, tu iras seul.
— Je vais te trouver une copine, et tu iras avec elle.

Il ajouta, taquin :

— Depuis un certain temps, on n’a même plus envie de s’approcher des meufs dans la ville.
— Je ne veux pas qu’Ayo nous traite de misogynes.

Krys hocha la tête.

— Tu as raison.
— Si on continue les études, on trouvera sûrement quelques étudiantes.

Karl fit la moue.

— Moi, je n’ai plus envie d’aller à la fac.

Krys le regarda.

— Tu n’as plus le temps pour le papier.

Karl sourit, provocateur.

— Si je retourne à la fac, ce sera pour m’amuser avec les meufs…
— et me battre contre les étudiants.

Krys répondit calmement :

— Moi, je vais étudier sérieusement.
— Les études me manquent.

Karl se leva en riant.

— Bon vent !!!

Il tendit la main à Krys.

— Allons prendre quelques bières.

Ayo sourit en les regardant s’éloigner.

Pour une fois, il n’y avait ni sirènes, ni tirs, ni menaces.
Juste un moment de paix.

Mais quelque part, la ville savait que
Double K n’était jamais vraiment loin.

 

Chapitre 31 — Retour sur les bancs

Le soleil se levait doucement sur la ville.
Kandji retrouvait peu à peu son rythme normal.

Krys regardait l’horizon, pensif.

— Comme la ville est tranquille pour le moment, je vais en profiter pour reprendre les études à la fac.

Karl tourna la tête vers lui.

— Moi aussi.
— On choisit la même filière, comme ça on ne se manquera pas.

Krys sourit légèrement.

— On ne choisit pas une filière par suivisme de camarade.

Karl haussa les épaules.

— Moi, je veux juste surveiller tes arrières.

Krys soupira.

— Ok… fais ce que tu veux.

Karl éclata de rire.

— Mais pendant les compositions, tu me files les réponses.

Krys s’arrêta net.

— Si c’est ça, reste à l’écart de moi.

Karl leva les mains en signe de paix.

— Bro, je plaisante.
— Je ne suis pas un flemmard.

Ils échangèrent un sourire complice.

Entre les combats, les sirènes et les nuits sans sommeil,
une nouvelle étape commençait pour Double K.

Les armes allaient se faire discrètes.
Les cahiers, eux, allaient reprendre leur place.

Mais au fond,
ils savaient que la paix…
n’était jamais éternelle.

 

Chapitre 32 — La fac reprend ses droits

Le campus universitaire était déjà animé.
Étudiants pressés, rires, discussions bruyantes.

Krys et Karl franchirent le portail.
Ils étaient déjà inscrits. Pas de détour, pas d’hésitation.

Ils entrèrent dans un amphithéâtre bondé.
Le cours se déroula calmement.
Pour une fois, pas de tension, pas de danger.
Juste des stylos, des cahiers et la voix du professeur.

Après le cours, la faim se fit sentir.

— On va manger un truc, proposa Karl.

Ils se dirigèrent vers un petit restaurant proche de la fac.
À peine assis, une silhouette familière attira leur attention.

Ayo.

Karl esquissa un sourire moqueur.

— Donc toi aussi tu es venue à la fac pour étudier ?

Krys enchaîna aussitôt.

— Ou bien tu es venue trouver de nouveaux copains pour leur vider les poches ?

Ayo leva les yeux au ciel.

— Enfoirés !
— Je suis aussi venue étudier.

Karl fit semblant d’être surpris.

— Et tu ne nous as rien dit ?
— Et le centre unitaire, tu l’as laissé à qui ?

Ayo posa calmement sa cuillère.

— Je ne suis pas la seule responsable, et vous le savez très bien.

Krys regarda l’heure.

— Karl, tu sais qu’on a plus de dix exercices à faire.
— Il est temps de rentrer vite à la résidence pour s’y mettre.

Karl secoua la tête.

— Non.
— On ira à la bibliothèque.

Ayo se leva.

— Moi, après le repas, je retourne au dortoir pour me reposer.
— On n’a plus cours aujourd’hui.

Ils se regardèrent un instant.

La fac venait de les réunir à nouveau.
Mais chacun avançait déjà sur son propre chemin.

Chapitre 33 — Le campus n’est jamais neutre

La bibliothèque était silencieuse.
Krys et Karl étaient assis côte à côte, concentrés sur leurs cahiers.

Des exercices partout.
Des calculs, des notes, des ratures.

Les heures passèrent sans qu’ils ne s’en rendent compte.

Quand ils sortirent enfin, la nuit commençait à tomber sur le campus.
L’air était frais. Le calme trompeur.

À quelques mètres de la sortie, une scène attira leur attention.

Un groupe de bandits encerclait une étudiante.
Elle reculait, visiblement paniquée.

L’un d’eux lança d’un ton menaçant :

— Tu essaies de te défendre, on te kidnappe.

Krys et Karl s’arrêtèrent net.

Karl esquissa un sourire sombre.

— Krys… j’attendais ce moment pour chauffer mon sang.

Krys répondit sans hésiter :

— Allons libérer la meuf.

Ils s’approchèrent.

Karl avança d’un pas assuré.

— Elle vous doit quelque chose ?

Un des types se retourna, agacé.

— De quoi vous vous mêlez ?

Krys intervint calmement mais fermement.

— Si elle vous doit quelque chose, réglez ça à l’amiable.

Un autre ricana.

— Vous deux, vous voulez jouer aux héros ?

Sans prévenir, l’un d’eux tenta un coup de poing sur Karl.

Erreur.

Karl bloqua le bras, pivota et projeta l’agresseur contre le mur d’un bâtiment voisin.
Le choc résonna.

Krys entra aussitôt en action.
Coups rapides. Précis.
Les autres tombèrent les uns après les autres.

Le groupe se dispersa dans la panique.

Le silence revint.

L’étudiante, encore tremblante, s’approcha.

— Merci… merci beaucoup.

Krys hocha la tête.

Karl sourit légèrement.

Le campus venait de leur rappeler une chose :
Même à la fac, Double K restait Double K.

 

Chapitre 34 — L’amazone du campus

Le jardin du campus était calme.
Des étudiants discutaient en petits groupes, d’autres étaient assis sous les arbres.

Ayo marchait tranquillement, le regard posé sur son téléphone.

Trois hommes s’approchèrent d’elle.

L’un d’eux sourit d’un air lourd.

— Miss… tu es belle.

Ayo leva les yeux, calme.

— Merci.

Ils continuèrent d’avancer, trop près.

L’un tenta un geste déplacé et voulut poser la main sur sa poitrine.

En une fraction de seconde, Ayo réagit.

Elle frappa violemment sa main, puis enchaîna avec un coup sec qui le fit reculer.

— Hé !

Les deux autres se jetèrent sur elle.

Mauvais calcul.

Ayo se déplaça avec précision.
Un coup, puis un autre.
Elle attrapa le premier, le projeta contre un siège en ciment.
Le second tenta de la saisir : elle le frappa et l’envoya au sol, juste à côté de son ami.

Les trois hommes gisaient à terre, sonnés.

Un silence suivit… puis des applaudissements éclatèrent autour.

Des étudiants s’étaient arrêtés pour regarder la scène.

De loin, une voix lança :

— Quelle amazone !

Ayo se redressa, ajusta calmement ses vêtements et reprit sa marche, comme si de rien n’était.

Sur ce campus, une chose devenait claire :
les ennuis avaient trouvé une adversaire à leur taille.

 

Chapitre 35 — Hors du campus

Ils étaient assis hors du campus, non loin d’un petit espace calme, à l’abri du bruit des étudiants.
Krys, Karl et Ayo discutaient tranquillement.

Karl croqua dans une pomme, puis regarda Ayo avec un sourire moqueur.

— Donc madame l’amazone, on tabasse les gens maintenant à la fac ?

Ayo leva les yeux vers lui.

— Ils ont cherché. Je n’ai fait que me défendre.

Krys sourit légèrement.

— Le campus n’est pas aussi calme qu’on le pensait.

Karl hocha la tête.

— Ouais… même loin de la rue, les problèmes nous suivent.

Ayo croisa les bras.

— C’est pour ça que je vous ai dit de rester vigilants. La ville est peut-être tranquille, mais les mentalités ne changent pas en un jour.

Krys regarda la route devant lui, pensif.

— On est venus ici pour étudier, pas pour refaire la guerre.

Karl répondit aussitôt :

— Mais si quelqu’un cherche les ennuis, il les trouvera.

Ayo sourit légèrement.

— Tant que vous êtes à la fac, vous devez apprendre à doser.
Pas toujours les poings… parfois la tête.

Karl rit.

— D’accord grande sœur.

Un silence s’installa.
Un silence calme, presque reposant.

Krys le brisa.

— On dirait que cette nouvelle vie commence vraiment.

Ayo acquiesça.

— Oui… mais gardez en tête une chose : même loin du terrain, Double K reste Double K.

Ils se levèrent lentement, prêts à rentrer, sans savoir que le calme n’était peut-être qu’une pause.
 

Chapitre 36 — Nangbèdjè

Après avoir pris congé à la faculté,
Krys, Karl et Ayo quittèrent la ville.

La route menait à Nangbèdjè, loin du bruit, loin des sirènes, loin des combats.
Ici, l’air était plus pur, le temps plus lent.

Ils étaient assis sous de grands arbres, face à l’horizon.
Aucun uniforme.
Aucune arme.
Seulement le silence et le repos.

Karl s’étira.

— Ça fait longtemps que je n’ai pas senti ce genre de calme.

Krys hocha la tête.

— Oui… ici, personne ne connaît Double K.

Ayo sourit doucement.

— Et c’est tant mieux. Vous avez assez donné.

Le vent faisait bouger les feuilles.
Un instant simple, sans menace.

Krys regarda ses deux compagnons.

— On a survécu à la ville, aux gangs, à Craig…
Maintenant, c’est le moment de vivre autrement.

Karl esquissa un sourire.

— Juste pour un moment.

Ayo se leva lentement.

— Le repos n’efface pas ce que vous êtes.
Mais il vous rappelle pourquoi vous vous battez.

Ils restèrent là, sans parler, savourant ce rare instant de paix.

À Nangbèdjè,
le temps s’arrêta.

 

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