Les veines de la ville 3
20 nov. 2025Chapitre 1 : L’Ombre de Gbégamey
Minuit trente.
Gbégamey étouffait sous la chaleur, mais les ruelles du ghetto restaient pleines de vie. Ici, la loi ne dormait jamais. Les briques cassées, les tôles rouillées et les graffitis formaient un décor où les gangs régnaient en maîtres. On entendait des motos tourner au ralenti, des disputes dans l’ombre, des bouteilles brisées… un chaos habituel.
Ce soir-là, trois mini-gangs étaient rassemblés dans une cour abandonnée. Une lumière jaune pendait au-dessus d’eux, faiblissant par moments. Ils attendaient quelqu’un.
Un nom circulait depuis quelques jours dans toute la ville.
Un nom bizarre, inquiétant, sorti de nulle part : Kpingla.
Mais pour eux, ce n’était rien qu’une blague.
— « Donc un petit civil veut venir prendre Gbégamey ? » ricana l’un des chefs.
— « Il va comprendre qu’ici, personne ne nous dirige ! » ajouta un autre.
— « Il n’a qu’à essayer ! »
La lumière clignota.
Une fois.
Deux fois.
Puis le quartier entier plongea dans le noir.
Le silence tomba comme une pierre.
Même les motos s’arrêtèrent un instant.
Des pas résonnèrent dans la ruelle.
Une silhouette avança lentement, sortant de l’obscurité. Elle entra dans la cour, la tête légèrement inclinée, les mains derrière le dos.
Pas d’arme.
Pas de garde du corps visible.
Juste son regard calme.
Kpingla.
Il observa les gangs, un par un, comme s’il évaluait leur valeur.
— « Vous avez refusé de m’écouter, » dit-il d’une voix basse et froide.
Les chefs éclatèrent de rire :
— « Petit, retourne chez toi ! On ne travaille pas avec un civil ! »
— « Ton histoire de renverser le gouvernement, garde ça pour les fous ! »
— « Ici c’est Gbégamey ! »
Kpingla ne réagit pas. Il cligna simplement des yeux.
Puis il dit :
— « Un quartier sans discipline finit toujours sous la terre. »
Des mouvements se firent entendre sur les toits.
Avant même que les gangs ne comprennent, une dizaine d’hommes masqués descendirent silencieusement.
Aucun bruit. Aucun mot.
En quelques secondes, les chefs furent plaqués au sol, désarmés, maîtrisés.
Kpingla s’avança lentement.
Il se pencha vers le chef principal, sa voix calme mais tranchante :
— « Vous aviez un choix. Vous avez choisi l’insolence. Moi, je choisis l’ordre. »
Un simple geste de sa main.
Les membres masqués frappèrent. Brutalement.
Les cris se mélangèrent aux bruits de coups, résonnant dans tout Gbégamey.
Mais personne n’osa intervenir.
Personne ne cria “stop”.
Personne ne bougea.
Quand tout se calma, Kpingla regarda les gangs écrasés au sol.
— « Dites-le à toute la ville :
La Main Noire ne demande pas la permission. Elle s’impose. »
Puis il repartit comme il était venu, avalé par l’obscurité.
Cette nuit-là, à Gbégamey, tout le monde comprit une seule chose :
Un nouveau monstre venait de naître dans les veines de la ville.
Le commissariat central était plongé dans une tension inhabituelle. Les couloirs bourdonnaient de murmures, les téléphones sonnaient sans arrêt, et même les policiers les plus calmes avaient le visage fermé. Quelque chose de grave venait d’arriver.
Dans une salle de réunion sombre, Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle étaient assis autour d’une grande table métallique. Aucun d’eux ne parlait. Ils attendaient.
La porte s’ouvrit brusquement.
Le Commandant Kossi entra, le visage dur, une chemise pleine de sueur.
Il tenait un dossier rouge marqué : “Urgent – Gbégamey.”
Il ne s’assit pas.
Il resta debout, planta son regard dans celui de chacun.
— « On a un problème sérieux. Très sérieux. »
Il posa le dossier sur la table.
Des photos en glissèrent : des corps au sol, des traces de balles, du sang sur les murs.
Naïma retint son souffle.
Christelle ferma les yeux quelques secondes.
Gorlo serra les poings.
Djanou sentit une colère froide monter en lui.
Kossi parla d’une voix grave :
— « Un homme nommé Kpingla a abattu cinq personnes à Gbégamey… à bout portant. Avec un pistolet. »
Un silence lourd tomba dans la pièce.
— « Cinq ? » murmura Naïma.
— « Tous des chefs de petits gangs, » précisa le Commandant.
— « Il les connaît ? » demanda Djanou.
— « Non, » répondit Kossi. « C’est ce qui rend la chose inquiétante. Il les a exécutés calmement, sans se cacher. Comme si c’était normal. »
Il fit quelques pas dans la salle.
— « Et pire encore… il a laissé un message sur la scène de crime. »
Il sortit une photo.
Un mur, écrit en lettres noires :
LA MAIN NOIRE COMMENCE ICI.
Gorlo frappa la table du poing.
— « Ce malade cherche la guerre ou quoi ? »
Kossi hocha la tête.
— « Oui. Et pas n’importe laquelle. On pense qu’il veut renverser le gouvernement. »
Les héros échangèrent des regards choqués.
Christelle demanda :
— « Un criminel civil veut renverser tout un pays ? »
— « C’est exactement ce qu’il veut, » répondit Kossi. « Et l’attaque de Gbégamey n’est que le début. »
Il se pencha vers eux, les yeux brillants d’inquiétude.
— « Il ne s’agit plus de simples gangs.
Kpingla est en train de lancer un mouvement armé.
La ville entière risque de basculer. »
Djanou inspira profondément.
— « Commandant… que voulez-vous qu’on fasse ? »
Kossi referma lentement le dossier.
— « À partir de maintenant, votre mission est simple :
Trouvez ce Kpingla…
Et arrêtez-le avant qu’il ne transforme Cotonou en zone de guerre. »
Un silence glaça la pièce.
La chaleur de Gbégamey était pesante ce matin-là.
Les ruelles semblaient encore porter l’odeur de la violence de la veille.
Quand Djanou, Naïma, Gorlo, Christelle et le Commandant Kossi descendirent de leur véhicule, tous les regards du quartier se tournèrent vers eux.
On pouvait sentir la peur dans l’air.
Les gens parlaient bas.
Certaines portes étaient encore fermées.
Dans une petite cour détruite, trois gangs blessés attendaient.
Béquilles, bandages, blessures profondes… ils n’avaient clairement pas gagné la nuit précédente.
Djanou s’approcha.
— « C’est ici que ça s’est passé ? »
Le chef survivant hocha la tête, tremblant.
— « Oui… Kpingla est arrivé comme une ombre. Il n’a pas crié. Il n’a pas menacé. Il a juste… tiré. Sur cinq personnes. Sans hésiter. »
Naïma demanda :
— « Et ces hommes masqués ? »
— « Ils étaient silencieux… on n’a pas compris… On a cru que c’était des militaires. Ils ont encerclé la cour. Quand on a refusé sa proposition, Kpingla a juste dit : “La désobéissance ne construit rien.” Puis… il a commencé à tirer. »
Christelle soupira.
Gorlo regarda autour, méfiant.
Kossi prit des notes rapidement.
Soudain, un bruit sec résonna sur un toit.
Puis un autre.
Puis un autre.
Naïma releva la tête immédiatement.
— « Commandant… on n’est pas seuls. »
En quelques secondes, dix hommes masqués descendirent autour d’eux, formant un cercle parfait.
Leurs pas étaient coordonnés.
Le silence, total.
— « La Main Noire… » murmura Djanou.
Un des hommes masqués fit un geste brusque.
La bataille éclata.
Gorlo fut le premier à frapper, abattant un masque d’un énorme coup de coude.
Christelle esquiva une lame, attrapa le bras de son adversaire et le retourna au sol.
Naïma donna deux coups rapides, maîtrisant son attaquant en quelques secondes.
Le Commandant Kossi sortit son arme, mais un homme tenta de le désarmer—
Djanou surgit et le frappa dans le ventre avant de l’envoyer au sol.
Les hommes masqués étaient rapides… mais pas assez.
Les héros les dominèrent, un par un.
En moins de deux minutes, les dix étaient à terre, grognant de douleur.
Un silence lourd tomba.
Les gangs survivants regardaient la scène, impressionnés.
Djanou essuya un filet de sueur sur son front.
Il regarda l’un des masqués encore conscient.
Puis il déclara, la voix froide et pleine de souvenirs :
— « Je connais ce Kpingla. Nous étions des amis. »
Naïma, Christelle et Gorlo se tournèrent vers lui, choqués.
— « Depuis tout ce temps… il nous observait. Quand on a sauvé cette ville deux fois. Il a tout vu, tout compris. »
Il serra les poings.
— « Il sait très bien à quoi il joue. Mais je vais l’avoir… et je vais le mettre à sa place. »
Le Commandant Kossi le fixa longuement.
La guerre entre Djanou et Kpingla venait de commencer.
Le commissariat central était en agitation totale. Depuis l’affaire de Gbégamey, le téléphone n’arrêtait plus de sonner. Les policiers couraient dans tous les sens, les visages fermés, les mains tremblantes.
Le nom Kpingla circulait comme un mauvais sort.
Dans la même salle de réunion que la veille, Djanou, Naïma, Gorlo, Christelle et le Commandant Kossi étaient réunis autour de la grande table. L’atmosphère était lourde. On sentait la fatigue et la tension sur le visage de chacun.
Kossi ouvrit la réunion :
— « On doit comprendre le plan de cet homme. Gbégamey, ce n’était que le début. »
Gorlo répliqua :
— « Ce type cherche juste à terroriser la ville. C’est un monstre. »
Christelle secoua la tête :
— « Non… il est trop organisé. Trop calme. Ce qu’il fait ressemble à une stratégie. »
Djanou resta silencieux, les yeux perdus dans le vide.
Il pensait à son passé avec Kpingla.
À ce qu’il aurait pu devenir…
À ce qu’il est devenu.
Tout à coup, la porte s’ouvrit brutalement.
Un sergent entra, essoufflé, le visage pâle.
— « Commandant ! Une urgence ! Encore lui ! »
Kossi se leva d’un bond :
— « Qu’est-ce qu’il a fait ?! »
Le sergent avala difficilement sa salive.
— « Kpingla… Kpingla a tiré sur des jeunes à Cadjèhoun. En pleine circulation. »
Le silence explosa dans la pièce.
Naïma écarquilla les yeux :
— « Quoi ?! Devant tout le monde ? »
— « Oui, madame. Il était à moto, apparemment. Il roulait à vive allure et il… tirait sur n’importe qui. Des jeunes qui marchaient. Des motos. Même un taxi-moto. »
Christelle mit la main sur sa bouche.
Gorlo se leva brusquement.
— « Il est devenu fou ou quoi ?! »
Le sergent continua, la voix tremblante :
— « Trois morts confirmés. Deux blessés graves. Les témoins disent qu’il riait. Qu’il n’avait aucune peur. »
Kossi frappa la table du poing.
— « Il veut créer le chaos. Il veut que la ville s’effondre par la peur ! »
Il se tourna vers l’équipe :
— « On ne parle plus d’un criminel. On parle d’un terroriste qui se sent intouchable. »
Naïma demanda :
— « Il a laissé un message ? Un signe ? Quelque chose ? »
Le sergent hocha la tête.
— « Oui. Sur une voiture touchée par balle… il a écrit au marqueur :
LA MAIN NOIRE REGARDE. »
Tous sentirent un frisson leur traverser la colonne vertébrale.
Djanou se leva lentement, ses poings serrés, le regard sombre.
— « Il veut attirer notre attention. Il veut que je vienne. Il veut… me provoquer. »
Gorlo répondit :
— « Et maintenant ? On fait quoi ? »
Djanou inspira profondément.
Puis il dit, d’une voix froide :
— « On va à Cadjèhoun. On va voir ce qu’il a laissé derrière lui. Et cette fois… on va le traquer jusqu’au dernier souffle. »
Le Commandant Kossi hocha la tête.
La chasse venait réellement de commencer.
Chapitre 5: L’Affrontement de Cadjèhoun
Les gyrophares des pick-up de police illuminaient Cadjèhoun. À peine descendus du véhicule, Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle sentirent que quelque chose clochait. Le quartier était beaucoup trop silencieux.
— Restez vigilants, murmura Djanou.
Ils n’eurent même pas le temps d’avancer de dix mètres que quinze hommes sortirent de l’ombre, armés de machettes, barres de fer et pistolets artisanaux. Un cercle parfait se forma autour d’eux.
— Encore eux…, grogna Gorlo.
— On n’a pas le choix. On doit passer, dit Naïma en serrant son arme.
Le combat éclata d’un seul coup, violent et rapide.
Christelle esquiva une machette et tira deux fois. Djanou renversa un homme d’un coup de pied, puis un second d’un crochet au visage.
Gorlo malgré la pression avançait comme un bulldozer, repoussant trois adversaires d’affilée.
Naïma, précise et froide, neutralisa ceux qui tentaient de les prendre dans le dos.
En quelques minutes, les quinze hommes gisaient au sol.
Djanou reprenait son souffle quand un clic métallique retentit derrière eux.
Un tir partit.
— Aaaah ! cria Gorlo en tombant brusquement. Une balle venait de traverser sa jambe.
Les quatre se retournèrent.
Kpingla se tenait debout à quelques mètres, un sourire mauvais accroché au visage, arme levée.
— Vous êtes sûrs de pouvoir arrêter la Main Noire ? lança-t-il avec un rire froid.
— Djanou… Toi surtout… Mets-toi à l’écart de cette affaire. Tu n’es pas prêt.
Djanou serra les dents.
— Kpingla… Si tu n’arrêtes pas ce que tu fais, je vais moi-même te tuer.
Kpingla leva légèrement la tête, amusé.
— On verra ça.
Avant qu’ils ne puissent riposter, il sortit une petite bouteille de gaz, l’alluma et la lança au sol.
BOUF ! Une forte fumée jaillit, couvrant tout le périmètre.
Quand elle se dissipa, Kpingla avait déjà disparu dans les ruelles de Cadjèhoun.
Djanou serra les poings. Ce n’était plus une simple mission.
C’était personnel.
Chapitre 6: La Blessure de Gorlo
Le centre de santé de Cadjèhoun était calme, éclairé seulement par quelques néons fatigués.
Gorlo, allongé sur un lit, serrait les dents pendant que l’infirmier recousait sa jambe. Naïma, Christelle et Djanou étaient restés près de lui, silencieux.
Quand l’infirmier sortit, Gorlo tourna lentement la tête vers Djanou. Ses yeux brûlaient de colère.
— Djanou… on doit tuer cet assassin. Avec ce qu’il m’a fait, on ne peut plus parler d’arrestation. On ne peut plus l’enfermer comme un criminel normal.
Il posa sa main sur le drap, crispée.
— Une fois qu’on l’aura retrouvé… on va le terroriser. Je te le dis. Si vous refusez… moi, je vais le faire.
Naïma le fixa, choquée, mais ne dit rien. Christelle détourna le regard, partagée.
Djanou avança d’un pas, calme mais ferme.
— Gorlo, pense à ton état actuel. Tu viens de prendre une balle. On a failli te perdre.
Il posa une main sur son épaule.
— Je comprends ta colère… Moi aussi je veux mettre fin à ce monstre. Et je te promets une chose : je sais où le frapper. Kpingla ne s’en sortira pas. Pas cette fois.
Gorlo inspira profondément. Son regard restait dur, mais il se calma légèrement.
— Alors ne traîne pas… Djanou. Ce type doit payer.
Djanou acquiesça.
La guerre contre la Main Noire venait de changer de niveau.
Chapitre 7 – Traque dans la Ville
Djanou, Naïma et Christelle sortirent du centre de santé sans perdre une seconde.
La nuit était tombée, et Cotonou semblait encore plus lourde qu’avant. L’air vibrait d’une tension étrange, comme si la ville elle-même savait que Kpingla, la Main Noire, rôdait quelque part.
— On commence par le secteur de Cadjèhoun-Est, proposa Naïma. Il aurait pu se cacher là-bas après l’explosion.
— D’accord, mais restons vigilants, ajouta Christelle. Cet homme anticipe tout.
Ils s’enfoncèrent dans les ruelles sombres. À peine avaient-ils parcouru quelques mètres qu’un mouvement brusque attira l’attention de Djanou.
— Stop.
Trois silhouettes sortirent d’une maison abandonnée. Puis cinq autres. Puis encore quatre.
Des hommes armés jusqu’aux dents… fusils, pistolets, machettes accrochées aux hanches.
— On dirait que Kpingla a laissé un petit comité d’accueil, murmura Christelle.
Le premier tireur leva son arme.
— Abattez-les !
Les balles sifflèrent, mais Djanou, Naïma et Christelle plongèrent derrière une barrière métallique. Djanou sortit son pistolet, Naïma dégaina ses deux couteaux, Christelle arma son flingue compact.
— On les élimine rapidement, ordonna Djanou.
Ils se dispersèrent en triangle, formant un piège parfait.
Naïma se faufila par le côté et planta son couteau dans le premier tireur. Christelle abattit deux hommes qui tentaient de contourner la barrière. Djanou, lui, fonça droit devant et tira avec une précision glaciale.
— On ne s’arrête pas ! cria-t-il.
Les hommes de Kpingla tombaient un à un. Certains tentaient de fuir, mais Naïma les rattrapait sans effort. En moins de quatre minutes, le sol était couvert de corps.
Djanou essuya sa joue, marquée par une éclaboussure de sang.
— Si Kpingla nous envoie tout ça, c’est qu’il n’est plus très loin, dit-il.
Naïma rangea ses couteaux, essoufflée.
— Alors continuons. On doit le trouver avant qu’il frappe encore.
Christelle hocha la tête.
Ils reprirent leur marche, déterminés, avançant au cœur de la nuit.
La chasse à la Main Noire ne faisait que commencer.
Chapitre 8 – La Cruauté de Kpingla
Dans une maison abandonnée de Cadjèhoun, une femme était plaquée au sol, attachée aux poignets.
Son souffle tremblait, mais elle continuait de résister malgré la peur.
Kpingla s’accroupit près d’elle avec un sourire glacé.
— Waouh… ton clitoris est délicieux, murmura-t-il.
— Moi, je veux juste… goûter le weeeh dit-il en caressant la lame qu’il tenait.
— Maintenant, écarte-toi bien pour que je puisse bien éjaculer en toi...
La femme ferma les yeux, terrifiée.
Au moment où Kpingla pénétrait cette femme à nouveau pour atteindre son but....
BOUM !
La porte fut défoncée.
Djanou surgit, les yeux remplis de rage.
Deux gardes se jetèrent sur lui, mais Djanou les frappa avec une violence animale :
un coup de poing qui éclata la joue du premier
un coup de genou qui plia le second en deux
puis il les projeta contre le mur
— Kpingla ! rugit Djanou.
Kpingla recula d’un pas, amusé.
— Toujours à temps pour jouer les héros, hein…
Djanou fonça vers lui, prêt à lui briser le cou.
Mais deux autres hommes surgissant de derrière un rideau l’attrapèrent par les bras et le bloquèrent.
— Lâchez-moi ! hurla Djanou en se débattant.
Kpingla éclata de rire.
— Quand tu comprendras que tu ne peux pas protéger tout le monde… il sera déjà trop tard.
Sans hésiter, il sortit par une trappe dans le mur et s’enfuit.
Djanou finit par envoyer un coup de tête violent au premier colosse, puis un coup de pied au second pour se libérer.
Il accourut vers la femme, coupa ses liens et la releva.
— Vous êtes en sécurité maintenant, madame.
Il serra les poings.
— Et je te jure que ce monstre… je vais le traquer jusqu’au bout.
Chapitre 9 – Le Conseil de la Main Noire
Dans un ancien entrepôt abandonné, les derniers hommes de Kpingla étaient réunis autour d’une table poussiéreuse.
Les lampes faiblardes éclairaient leurs visages marqués par la fatigue, la peur… et la loyauté aveugle à leur chef.
Kpingla entra lentement.
Tout le monde se tut immédiatement.
Il posa les mains sur la table, son regard froid circulant sur chacun de ses hommes.
— Maintenant… on passe au chapitre 3, dit-il d’une voix sombre.
Un murmure parcourut la salle.
— Cotonou s’agite trop. Les flics deviennent nerveux. Djanou me colle aux talons… et je n’aime pas ça.
Il sourit, un sourire tordu qui fit frissonner ses lieutenants.
— On va changer de terrain. On ira à Ouidah.
Il marqua une pause.
— Plus précisément… à Djègbadji.
Un de ses hommes osa demander :
— Chef… pourquoi là-bas ?
Kpingla tapota la table du bout des doigts.
— Parce que là-bas, on est loin du regard des policiers de Cotonou. La lagune est vaste… silencieuse… parfaite pour préparer une attaque qu’ils ne verront pas venir.
Il leva les yeux.
— Nous allons laisser Cotonou respirer un tout petit peu.
Il ricana.
— Juste assez pour qu’ils pensent que tout se calme… avant qu’on revienne leur arracher l’air.
Les hommes acquiescèrent, certains souriant, d’autres crispés.
Mais aucun ne contesta.
Kpingla conclut :
— Préparez les armes. Trouvez des bateaux.
Demain soir… la Main Noire s’installe à Djègbadji.
Il tourna le dos et quitta la salle, laissant derrière lui une présence glaciale.
Chapitre 10 – L’Appel de l’Ombre
Djanou marchait seul dans la cour du commissariat, l’esprit encore troublé par les récents événements. Le ciel était lourd, comme si la ville elle-même retenait son souffle.
Soudain, son téléphone vibra.
Numéro masqué.
Il fronça les sourcils et décrocha lentement.
— Allô ?
Une voix froide, reconnaissable entre mille, résonna aussitôt.
— Djanou mon petit…
C’était Kpingla.
Djanou serra la mâchoire.
— Pour le moment, murmura Kpingla, c’est le match aller.
— Le match va encore coûter des vies, Djanou. Des vies… qui ne sont même pas encore conscientes de leur sort.
Un rire étouffé suivit.
— On reviendra. On reviendra pour réduire tout en cendres.
Djanou répondit avec un calme glacé :
— Et tu penses qu’on pourra te laisser comme ça, vieux perroquet ?
— Mieux vaut pour toi de rester où tu es actuellement.
Il serra le poing.
— Parce que si tu fais l’erreur de revenir, Kpingla… tu es mort.
Un silence bref. Puis Kpingla reprit :
— Et ton enfoiré de Gorlo ?
— Comment va sa jambe ?
Il ricana.
— Je voulais l’éliminer, mais j’ai préféré… animer la galerie.
Djanou sentit son cœur bondir de rage.
— Sache une chose : Gorlo s’apprête à te tuer.
— Il n’attend qu’une seule chance pour te finir.
Kpingla répondit avec un ton amusé, arrogant :
— Me tuer ?
— Ton petit là rêve grand… et même trop gros.
Un souffle, puis :
— Bon… à la prochaine, Djanou.
Il raccrocha.
Djanou resta immobile, le téléphone à la main, le regard plongé dans le vide.
Ce n’était plus un conflit.
Ce n’était plus une mission.
C’était une guerre personnelle.
Chapitre 11 – Le Conseil des Protecteurs
La salle de réunion du commissariat était silencieuse.
Autour de la table, les héros étaient réunis : Djanou, Naïma, Gorlo, Christelle, et le commandant Kossi.
La tension était palpable, comme si l’air lui-même pesait sur leurs épaules.
Djanou se leva lentement, les mains posées sur la table.
Son visage était fermé, grave, marqué par la colère et la détermination.
— Ce que Kpingla prépare est très lourd, commença-t-il.
— La ville est calme… mais seulement pour quelques secondes.
Il regarda chacun dans les yeux.
— Il reviendra. Et quand il reviendra, il reviendra pour tout détruire.
Personne ne parla.
Le silence était plus fort que n’importe quel cri.
Djanou sortit un papier de sa poche et le posa sur la table.
— J’ai réussi à tracer l’appel qu’il m’a passé.
Il inspira profondément.
— Il est à Ouidah.
Gorlo serra sa jambe blessée, le regard fiévreux.
Djanou poursuivit :
— Gorlo et moi, on ira à Ouidah.
— Pas pour le pourchasser… mais pour le surveiller, voir ce qu’il prépare, connaître son terrain, ses hommes, sa stratégie.
Gorlo acquiesça, la colère brûlant encore dans ses yeux.
— Naïma, Christelle…
Il se tourna vers elles.
— Rassemblez les autres officiers de la ville.
— Faites-les veiller sur les habitants. Préparez-les à évacuer si nécessaire. Cotonou doit rester debout quoi qu’il arrive.
Naïma hocha la tête.
— On s’en occupe.
Christelle ajouta :
— On va préparer toute la ville. Il ne détruira rien ici sans se heurter à nous.
Le commandant Kossi frappa la table doucement.
— Alors c’est décidé.
— La guerre contre Kpingla passe à un autre niveau.
Djanou ferma les yeux une seconde.
Puis il murmura :
— Que chacun se tienne prêt. Le chaos arrive.
La route vers Ouidah était presque déserte. L’air du soir entrait par la vitre, chargé d’humidité et de tension. Depuis qu’ils avaient quitté Cotonou, Djanou et Gorlo roulaient en silence, chacun perdu dans ses pensées. Seul le bruit du moteur remplissait l’habitacle.
Soudain, Gorlo brisa le silence :
— Bro… je pense que Kpingla veut attaquer les habitants de Ouidah juste pour nous provoquer. Il regarda Djanou du coin de l’œil. — Ce gars-là ne recule devant rien.
Djanou hocha la tête sans lâcher la route du regard.
— Je sais.
Un court silence.
— Mais ne t’inquiète pas. Je vais appeler le commissaire de là-bas pour veiller sur la ville. On ne va pas le laisser toucher un seul habitant. Pas cette fois.
Il sortit son téléphone, inspira profondément, puis continua :
— Kpingla croit qu’on va courir derrière lui. Mais là, on va le surveiller, comprendre ses plans et le coincer proprement. Cette fois, c’est lui qui tombe.
Gorlo esquissa un léger sourire.
— Espérons seulement qu’il ne nous prépare pas un piège.
Djanou répondit calmement :
— Bro… avec Kpingla, il faut s’attendre à tout. Mais on est prêts.
La voiture continua de filer vers Ouidah, comme si la nuit elle-même retenait son souffle.
À Djègbadji, la brise de la lagune balayait les herbes hautes. Kpingla et ses hommes étaient rassemblés autour d’un feu improvisé, discutant calmement de leur prochaine attaque. Ils ne se doutaient de rien.
Soudain, des ombres apparurent dans tous les coins.
Des torches, des fusils, des silhouettes armées.
— Police et armée de Ouidah ! Que personne ne bouge sinon je tire ! cria un policier en avançant.
Le silence dura à peine une seconde.
Puis des coups de feu éclatèrent partout.
Les hommes de Kpingla paniquèrent. Certains tentèrent de fuir vers les petites maisons du village, mais les militaires les rattrapèrent rapidement. Les balles fendaient l’air. Plusieurs bandits tombèrent avant même d’atteindre l’eau.
Kpingla, lui, réagit avec une vitesse impressionnante. Profitant du chaos, il renversa une caisse, attrapa une grenade artisanale et la fit rouler vers une patrouille. L’explosion souleva un nuage de sable, créant un passage.
— Reculez ! cria un soldat.
Kpingla s’élança dans le nuage laissé par l’explosion et disparut entre les arbres. Les militaires tentèrent de le viser, mais il était déjà trop loin.
Quelques minutes plus tard, le calme revint.
Le sol était couvert de douilles et de corps.
Un militaire, essoufflé, jeta son casque au sol.
— Putain ! Ce lâche nous a encore échappé !
Le policier chef serra sa radio avec colère.
— Ce n’est pas possible… Comment il fait pour disparaître comme ça ?!
La traque recommençait.
Et cette fois, Kpingla était plus dangereux que jamais.
À leur arrivée à Ouidah, Djanou et Gorlo se dirigèrent directement vers le commissariat. L’ambiance était calme, presque trop calme. Les agents présents saluèrent rapidement les deux hommes avant de les conduire dans le bureau du commissaire.
Le commissaire, un homme robuste à la barbe courte, se leva pour les accueillir.
— Messieurs, bienvenue à Ouidah. Qu’est-ce qui vous amène si tard ?
Djanou ne perdit pas de temps. Il avança d’un pas, les yeux sérieux.
— Monsieur le commissaire, la semaine passée, un criminel nommé Kpingla a commis plusieurs crimes et meurtres à Cotonou.
Il marqua une pause.
— Aujourd’hui, il a trouvé refuge ici, à Ouidah. Il veut prendre un nouvel élan avant de revenir tout détruire.
Le commissaire fronça les sourcils.
— Vous êtes sûr qu’il est ici ?
— Oui. répondit Djanou d’une voix ferme. — Et il veut recommencer par votre ville. Kpingla ne fait pas de pitié. C’est un homme dangereux. Alors, monsieur le commissaire… allez à sa recherche. Mettez toute votre équipe en alerte.
Gorlo ajouta calmement :
— Il prépare quelque chose au niveau de Djègbadji, près de la lagune. Si vous vous dépêchez, vous pourrez peut-être le surprendre avant qu'il ne passe à l’action.
Le commissaire se redressa, visiblement secoué par la gravité de leurs paroles.
— D’accord. Je vais mobiliser mes hommes immédiatement. On ne laissera pas ce criminel semer la terreur ici.
Djanou et Gorlo échangèrent un rapide regard. Le piège se refermait doucement sur Kpingla.
Djanou et Gorlo étaient toujours à Ouidah, marchant près du commissariat après leur réunion. Gorlo avançait lentement à cause de sa jambe blessée, mais il gardait la tête haute.
Le téléphone de Djanou vibra brusquement.
Un appel du commissaire de Ouidah.
— Allô, monsieur le commissaire ?
La voix de l’autre côté était essoufflée, agitée.
— Djanou… on les a retrouvés. Les forces de Ouidah ont encerclé Kpingla et ses hommes à Djègbadji. Il y a eu un échange de tirs. On a neutralisé plusieurs de ses gars… mais…
Djanou fronça les sourcils.
— Mais quoi ?
Quelques secondes de silence.
Puis la phrase tomba comme une pierre.
— Kpingla s’est échappé. Encore.
Gorlo, qui écoutait à côté, tapa du poing contre un mur.
— Ce chien-là a encore fui ?!
Djanou raccrocha et regarda Gorlo droit dans les yeux.
— Oui. Il a encore disparu dans la nature.
Gorlo serra les dents.
— Djanou… ce gars joue avec nous. Il veut nous énerver. Il veut qu’on commette des erreurs.
Djanou prit une profonde inspiration.
— Je sais. Mais on ne va pas reculer. Cette fois, on va le traquer jusqu’au bout.
Gorlo posa la main sur l’épaule de son ami.
— Alors c’est quoi la suite ?
Djanou répondit avec calme :
— On rentre à Cotonou. S’il veut provoquer la ville, il finira par revenir. Et quand il reviendra… on sera prêts.
Les deux hommes se tournèrent vers la route.
La guerre contre Kpingla était loin d’être terminée.
La nuit venait de tomber sur Cotonou. Les rues étaient calmes, presque trop calmes. Au bord de la voie pavée, un taxi-moto s’arrêta pour déposer un passager enveloppé dans un grand manteau noir, le visage entièrement couvert par un masque sombre.
Le chauffeur sourit, content d’avoir trouvé une bonne course.
— Chef, c’est ici ? demanda-t-il.
L’homme masqué ne répondit pas.
Il descendit lentement du zem et regarda autour de lui, comme s’il évaluait le quartier.
Le chauffeur insista :
— Hé chef, mon argent d’abord…
L’homme masqué se tourna finalement vers lui.
— Merci pour le trajet, dit-il d’une voix froide.
Avant même que le zemidjan ne comprenne, un coup sec partit. Le chauffeur tomba sur le côté. Le masque noir le regarda une seconde… puis reprit sa route.
Quelques minutes plus tard, Cotonou plongea dans la panique.
Dans les rues de Godomey, puis vers Missitékpo, des coups de feu retentirent. Des habitants couraient dans tous les sens. Des voitures s’arrêtaient brutalement. Des commerces fermaient leurs portes en catastrophe.
L’homme masqué avançait sans se presser, tirant sur tout ce qui bougeait. Il ne parlait pas. Il ne criait pas. Il ne riait pas.
Il tuait en silence.
Une femme hurla :
— C’est lui ! C’est Kpingla ! Il est revenu !
Aussitôt, l’homme leva la tête comme pour confirmer l’information… puis disparut dans une ruelle sombre.
En quelques minutes, toute la zone fut plongée dans la peur totale.
Cotonou venait de comprendre une chose : la main noire était de retour.
Dans le bureau du commissariat de Cotonou, Djanou et Gorlo venaient à peine d’arriver de Ouidah. Ils n’avaient même pas eu le temps de poser leurs sacs qu’un officier surgit, paniqué.
— Chef ! C’est… c’est horrible ! Kpingla est revenu ! Il a tué un chauffeur à Godomey et plusieurs habitants sur son passage !
Gorlo se leva brutalement, manquant de tomber à cause de sa jambe blessée.
— Hein ?! Ce salaud n’a donc aucune limite !
Djanou ferma les yeux une seconde, puis demanda calmement :
— Où est-il maintenant ?
— On ne sait pas encore, chef… Il a disparu après Missitékpo.
Gorlo frappa la table.
— On doit le trouver aujourd’hui ! Pas demain, PAS après-demain, AUJOURD’HUI !
Djanou posa sa main sur son épaule.
— On va le faire, Gorlo. Mais avec méthode.
De l’autre côté de la ville, Naïma et Christelle étaient déjà sur place, dans le chaos total. Sirènes, cris, fumée, familles terrifiées.
Christelle se pencha près d’un blessé.
— Respirez doucement, monsieur… On vous emmène !
Naïma, revolver en main, observait les ruelles sombres.
— Kpingla ne tire pas pour fuir… Il tire pour provoquer.
Un policier affolé accourut :
— Lieut’nant Naïma ! On a retrouvé d’autres victimes dans un bar plus loin !
Elle serra son arme.
— Christelle, reste avec l’équipe de secours. Je vais avancer.
Christelle hocha la tête.
— Fais attention, Naïma…
Naïma répondit sans se retourner :
— Je n’ai pas peur de lui.
Soudain, dans toute la ville, les radios locales furent interrompues.
Les téléphones vibrèrent.
Les écrans de télévision se figèrent.
Une vidéo venait d’apparaître sur toutes les chaînes.
Kpingla, masqué, assis devant un fond noir.
Voix lente. Ton glacial.
— Cotonou… ceci n’est que le match retour. J’ai prévenu vos héros : je reviendrai tout brûler. Et ce n’est que le début.
Il approcha le masque de la caméra.
— Djanou. Gorlo. Naïma. Christelle. Vos noms ne me font pas peur. Préparez vos tombes. Moi, la main noire, je vais tout réduire en cendres.
La vidéo se termina brusquement.
Silence.
Tension extrême dans toute la ville.
Djanou, après avoir vu la vidéo, murmura :
— Kpingla… tu viens de signer ta fin.
La nuit venait juste de tomber sur Gbégamey quand le chaos éclata.
Des cris, des courses, des vitres brisées.
Les habitants couraient dans tous les sens.
Un groupe d’hommes armés, envoyés par Kpingla, déboula dans les ruelles du quartier.
Certains tiraient en l’air pour semer la panique.
D’autres s’attaquaient aux passants sans aucune pitié.
— Tuez tout ce qui bouge ! Le chef veut voir le quartier en sang ! hurla l’un d’eux.
Mais ils n’étaient pas prêts pour ce qui allait suivre.
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle arrivèrent sur les lieux en même temps qu’une unité de policiers. Dès qu’ils descendirent du véhicule, les balles sifflèrent autour d’eux.
Gorlo, énervé, rechargea son arme malgré sa jambe encore douloureuse.
— Il faut nettoyer ce quartier ! dit-il.
— On avance en formation ! ordonna Djanou.
Les hommes de Kpingla surgirent de plusieurs côtés à la fois.
Une pluie de tirs commença.
Djanou tira le premier, abattant deux assaillants qui tentaient d’encercler Naïma.
— Merci chef ! lança-t-elle en se jetant derrière un mur.
Christelle neutralisa un homme avec un tir précis dans l’épaule, puis un autre en plein mouvement.
— Gbégamey n’est pas pour vous ! cria-t-elle.
Gorlo, malgré sa jambe, se battait comme s’il n’avait jamais été blessé. Il attrapa un assaillant qui venait dans son dos et le projeta contre un mur.
— Je vais vous apprendre le respect !
Les assaillants de Kpingla commencèrent à reculer. Plusieurs gisaient déjà au sol, d’autres tentaient de fuir.
Naïma repéra un petit groupe armé qui se repliait vers une ruelle.
— Ils vont alerter les autres ! cria-t-elle.
Djanou hocha la tête.
— On les poursuit !
Ils s’élancèrent dans la ruelle étroite. Trois assaillants ouvrirent le feu sur eux, mais Naïma et Christelle ripostèrent si vite que les hommes tombèrent avant même de se cacher.
Quelques minutes plus tard, le quartier entier commençait à se calmer.
Les habitants sortaient timidement de leurs maisons, traumatisés mais vivants.
Un policier s’approcha, haletant.
— Chef Djanou… on a neutralisé la plupart des hommes de Kpingla dans la zone. Il en reste peut-être deux ou trois qui ont fui vers le sud.
Djanou rengaina son arme.
— On les retrouvera. Aujourd’hui, Gbégamey reste debout.
Gorlo ajouta, essoufflé mais fier :
— Kpingla peut envoyer toute sa troupe… On va les finir un par un.
La guerre contre la main noire continuait, mais ce soir-là, les héros avaient repris le contrôle.
Au commissariat central de Cotonou, la salle de réunion était pleine. Officiers, militaires, chefs de brigade… tous étaient rassemblés autour d’une grande table.
La tension était palpable.
Djanou prit la parole en premier.
— Kpingla veut transformer Cotonou en zone de guerre. Ce qu’il a fait à Gbégamey prouve qu’il a encore beaucoup d’hommes. On doit anticiper sa prochaine attaque.
Un colonel militaire acquiesça.
— Nous allons renforcer les quartiers sensibles : Cadjèhoun, Missitékpo, Vêdoko, Akpakpa. Kpingla ne doit plus circuler librement.
Naïma ajouta :
— Kpingla n’attaque pas par hasard. Il frappe fort, puis disparaît. Il veut nous épuiser. Il faut le pousser à faire une erreur.
Christelle montra une carte de la ville.
— D’après nos analyses, il va sûrement viser un lieu public. Une école, un marché, un carrefour important…
Gorlo tapa du poing sur la table.
— Peu importe où il se cache, cette fois on va le coincer. Je préfère mourir que de le laisser détruire encore plus de familles.
Le commandant Kossi entra à son tour.
— Très bien. Nous allons diviser la ville en zones. Chaque groupe surveille un secteur. Dès qu’un mouvement suspect apparaît… on attaque. Pas de discussion.
Tous hochèrent la tête.
La guerre contre Kpingla entrait dans une nouvelle phase.
À plusieurs kilomètres de là, dans une maison abandonnée à Akassato, Kpingla était assis sur un vieux fauteuil. Ses hommes, une vingtaine, formaient un cercle autour de lui.
Le ton était différent.
Plus sombre.
Plus dangereux.
Kpingla regardait chacun d’eux, un sourire glacé derrière son masque.
— Vous avez vu ce qu’ils ont fait à Gbégamey ? demanda-t-il calmement.
— Oui chef… ils ont écrasé nos gars, répondit un homme.
Kpingla se leva lentement.
— C’est parfait.
Tous le fixèrent, surpris.
— Parfait…? murmura un autre.
Kpingla continua :
— Plus ils croiront qu’ils nous contrôlent, plus ils baisseront leur garde. C’est là qu’on va frapper. Pas un petit coup. Une vraie tempête.
Il prit une carte et la posa sur la table.
— Cotonou va brûler devant eux. Je vais les faire courir de quartier en quartier jusqu’à ce que leurs jambes lâchent.
Il pointa un lieu du doigt.
— Notre prochaine cible… ce sera un endroit qu’ils ne pourront jamais défendre. Ils penseront à un marché, à un carrefour, à une école… mais non. Nous, on va viser le cœur.
Un de ses hommes demanda :
— Chef… c’est quoi le “cœur” ?
Kpingla retira lentement son masque.
Son regard était rempli d’une folie glacée.
— Le commissariat central. Leur fierté. Leur base. Leur maison. Si on détruit ça, ils n’auront plus rien.
Un silence lourd tomba dans la pièce.
Puis Kpingla conclut :
— Préparez-vous. La main noire n’a pas encore montré sa vraie force.
La nuit s’était installée sur Vodjè, ce quartier calme où les habitants avaient l’habitude de se reposer tôt. Tout semblait normal… jusqu’à ce que des silhouettes surgissent de l’obscurité.
Cinq hommes armés, visages couverts, avançaient lentement dans une ruelle.
Ce n’était pas des voleurs.
Ni des bandits ordinaires.
C’étaient les envoyés de Kpingla.
— Chef a dit : "Frappez vite et disparaissez." murmura l’un d’eux.
Sans perdre une seconde, ils se séparèrent en deux groupes et commencèrent leur mission.
Près d’une boutique encore ouverte, un commerçant rangeait ses articles.
Il n’eut même pas le temps de comprendre : un des hommes le frappa violemment avant de s’enfuir dans la nuit.
Plus loin, un jeune couple marchait vers leur domicile.
Deux assaillants surgissaient derrière eux, les agressant sans pitié, laissant les habitants paniqués crier au secours.
Dans une maison non loin de là, des enfants jouaient.
Leur mère ouvrit la porte pour voir ce qui se passait dehors lorsqu’un autre homme l’attrapa pour l’intimider.
— Ferme ta bouche ! lança-t-il avant de la repousser et de disparaître.
En quelques minutes seulement, Vodjè était en état de choc.
Les habitants couraient en criant, certains se réfugiant dans leurs maisons, d’autres appelant la police.
Un vieil homme, blessé au bras, murmura à un voisin :
— C’est eux… c’est les hommes de la main noire… Ils sont revenus…
Des motos démarrèrent en trombe.
Les assaillants se regroupèrent au carrefour principal.
— La mission est faite. On retourne à Akassato. dit l’un d’eux.
— Chef sera content. Vodjè va parler de nous jusque demain matin.
Ils montèrent sur leurs motos… et disparurent dans l’obscurité comme ils étaient venus.
Au même moment, à plusieurs kilomètres, un appel d’urgence arriva au commissariat :
— Allô ! Police ! Venez vite ! Vodjè est attaqué ! Ce sont les hommes de Kpingla !
La guerre venait de s’étendre à un nouveau quartier.
Cotonou n’était plus en sécurité nulle part.
Chapitre 21 : Nuit de feu à Vodjè
La nouvelle tombe en pleine réunion :
Des hommes de Kpingla viennent de frapper Vodjè. Des blessés. Des morts. Le chaos total.
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle n’hésitent pas une seconde. Ils quittent la salle en courant, montent sur leurs motos, et foncent vers Vodjè. Le quartier est déjà plongé dans une atmosphère lourde : fumée, cris, maisons saccagées.
En arrivant, ils voient des habitants courir dans tous les sens.
— Gorlo, à gauche ! crie Christelle en dégainant.
— Djanou, couvre Naïma !
Les premiers assaillants surgissent. Djanou les affronte avec une détermination rare : coups rapides, tirs précis. Naïma neutralise deux hommes d’un mouvement fluide, presque instinctif. Gorlo, fidèle à lui-même, fonce au cœur du groupe adverse comme un bulldozer. Christelle récupère les blessés tout en tirant depuis les ruelles.
Pendant qu’ils luttent, à plusieurs kilomètres, Kpingla prépare quelque chose d’encore plus grand. Il réunit ses hommes autour d’une carte de Vodjè illuminée par une simple lampe torche.
— Cette attaque-là n’est qu’un début. Cette nuit, ils vont comprendre qui commande vraiment cette ville.
Ses hommes acquiescent, prêts pour la suite.
À Vodjè, la nuit tombe. Et avec l’obscurité, les ruelles deviennent des labyrinthes dangereux.
Des bruits de pas. Des silhouettes armées.
— Ils reviennent ! prévient Naïma.
La confrontation directe nocturne commence.
Les ruelles étroites obligent Djanou et Gorlo à combattre presque au corps à corps. Les tirs ricochent contre les murs. La poussière se mêle à la fumée. Christelle glisse entre deux maisons pour surprendre un tireur caché. Naïma escalade un petit mur et prend de la hauteur pour couvrir l’équipe.
C’est une bataille sauvage, tendue, où chaque mètre gagné se paye cher.
Vodjè devient un champ de guerre où seule la vitesse, l’instinct et la force mentale permettent de survivre jusqu’au lever du jour.
Mais une chose est sûre : Kpingla ne compte pas s’arrêter là…
Chapitre 22 : Le cercle de la mort
La nuit de Vodjè ne s’arrête pas.
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle avancent dans une ruelle sombre, encore essoufflés du précédent affrontement. Le quartier est silencieux, trop silencieux… jusqu’à ce que des bruits de pas lourds viennent briser ce calme étrange.
Soudain, vingt hommes de Kpingla surgissent des deux côtés.
En quelques secondes, l’équipe se retrouve encerclée.
— On est cernés… murmure Christelle.
— Alors on brise le cercle, répond Djanou, resserrant sa prise sur son arme.
Les hommes de Kpingla attaquent tous en même temps.
Le combat est violent, chaotique, étouffant.
Gorlo brise l’élan du premier assaillant avec un coup de poing brutal. Naïma esquive une machette de justesse, glisse derrière son adversaire et le met au sol. Christelle désarme un homme et utilise son arme contre le groupe. Djanou frappe vite et fort, maîtrisant deux attaquants d’un mouvement maîtrisé.
Mais ils sont nombreux.
Les quatre héros reculent, reprennent l’avantage, repartent à l’assaut. C’est un combat qui dure, où chaque respiration compte.
L’un des hommes crie :
— Ils sont fatigués ! Finissez-les !
Mais c’est faux.
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle puisent dans leur dernière énergie.
Ils frappent encore, encore, encore… jusqu’à faire tomber le dernier homme de Kpingla au sol.
Un silence lourd s’installe. On n’entend plus que leurs souffles bruyants.
Gorlo, les mains sur les genoux, respire profondément et lâche :
— Ouf ! On peut encore respirer une fois de bon.
Les autres sourient malgré la fatigue. Ils viennent de survivre à l’un des combats les plus intenses de toute la guerre.
Chapitre 23 : Fidjrossè brûle dans la nuit
Les sirènes résonnent encore quand Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle arrivent à Fidjrossè.
Cette fois, ils ne sont plus seuls : toutes les forces de l’ordre de la ville sont là. Policiers, militaires, agents spéciaux… tous prêts à affronter la vague d’hommes de Kpingla.
La rue principale explose soudain sous une pluie de balles.
Les hommes de Kinba — un groupe fidèle à Kpingla — surgissent de partout, armés de fusils, machettes et armes artisanales.
Le chaos commence.
— Contact ! crie un capitaine.
Des tirs éclatent aussitôt.
Djanou et Gorlo se placent côte à côte derrière une voiture retournée.
Ils tirent sans hésiter, couvrant les policiers qui avancent en ligne.
— Recharge ! crie Gorlo en claquant son chargeur vide.
Djanou lui couvre le dos et abat deux hommes de Kinba qui tentaient de contourner leur position.
Plus loin, Naïma dirige une équipe de militaires.
Elle avance en première ligne, esquivant un tir, neutralisant un assaillant, puis couvrant Christelle qui progresse à l’arrière.
Une grenade artisanale explose à quelques mètres.
Le sol tremble. La fumée envahit tout le quartier.
Des corps tombent. Du sang coule.
Les pavés et le goudron de Fidjrossè deviennent rouges.
On entend des cris, des ordres, des pleurs… et les tirs qui n’arrêtent jamais.
Gorlo crie :
— Djanou ! Sur la gauche !
Djanou pivote juste à temps et tire, stoppant un homme qui fonçait vers eux avec une machette levée.
— Ils sont trop nombreux ! hurle un policier.
— Tenez la ligne ! répond Naïma d’une voix ferme, malgré la peur qui lui serre la poitrine.
Christelle saute derrière une barrière en métal, tire deux coups précis, puis rejoint les autres.
— Ils veulent nous écraser ici !
Mais l’équipe ne recule pas.
Ils avancent petit à petit, poussant les hommes de Kinba à se replier plus loin dans le quartier.
La bataille est longue, sauvage, fatiguante.
Fidjrossè devient un champ de guerre.
Et dans la fumée, une seule chose est claire :
la guerre contre Kpingla vient d’atteindre un nouveau niveau.
Chapitre 24 : Pris au piège
Après plusieurs heures de combats à Fidjrossè, Djanou et Gorlo s’éloignent pour contourner un groupe ennemi.
Ils avancent prudemment dans une ruelle sombre quand des pas rapides résonnent derrière eux.
— Gorlo… murmure Djanou.
Trop tard.
Dix-huit hommes de Kinba surgissent d’un coup, armés uniquement de couteaux, leurs lames brillants dans la pénombre.
— Attrapez-les ! crie l’un d’eux.
Un des hommes bondit sur Djanou.
Le couteau transperce sa jambe gauche, juste au-dessus du genou.
— Aaaah !
Djanou tombe au sol, la douleur fulgurante lui coupant le souffle.
— Djanou ! hurle Gorlo en tirant deux coups de semonce, assez pour créer un peu d’espace.
Les hommes de Kinba avancent comme une meute.
— On se replie ! ordonne Gorlo.
Il attrape Djanou par le bras.
Boitant, saignant abondamment, Djanou s’appuie sur lui. Les deux réussissent à briser un passage entre les ruelles et à s’enfuir sous la pluie de leurs poursuivants.
Ils courent comme ils peuvent, passent derrière un alignement de containers, puis atteignent un vieux entrepôt abandonné.
Gorlo pousse la porte rouillée et referme derrière eux.
Djanou tombe au sol, essoufflé, son pantalon trempé de sang.
— Putain… souffle-t-il. Je ne peux plus… je ne pourrai plus me tenir debout et bien me battre.
Gorlo déchire un morceau de tissu de sa propre chemise.
Il s’accroupit et bande rapidement la jambe de Djanou, serrant au maximum pour stopper l’hémorragie.
— Bro, ça va aller.
Sa voix est ferme, mais ses mains tremblent légèrement.
— Tiens bon. Je vais informer les autres tout de suite.
Il sort son téléphone, respirant fort, les yeux fixés sur la porte, prêt au moindre bruit.
Dans l’entrepôt silencieux, on entend seulement le souffle laborieux de Djanou…
…et au loin, les cris et les tirs qui continuent de ravager Fidjrossè.
Chapitre 25 : L’appel d’urgence
Dans l’entrepôt sombre, Djanou respire difficilement, appuyé contre un vieux mur poussiéreux.
La douleur dans sa jambe devient de plus en plus forte. Gorlo, toujours près de lui, serre les dents et compose un numéro.
Le téléphone sonne deux fois.
— Naïma, répond vite… murmure-t-il.
Enfin, la voix de Naïma éclate dans le combiné, haletante, couverte par des bruits de tirs en arrière-plan :
— Gorlo ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Gorlo inspire profondément.
— On a besoin de vous.
Sa voix est grave, presque cassée.
— Djanou est actuellement blessé. Une équipe de Kinba l’a poignardé à la jambe. On s’est réfugiés dans un entrepôt près de la vieille station de Fidjrossè. Venez vite.
Un silence court… lourd… puis Naïma répond avec détermination :
— On arrive tout de suite. Tiens bon.
Gorlo raccroche, puis regarde Djanou.
— Bro… elles arrivent. Tiens un peu.
Djanou esquisse un sourire faible.
— Je vais tenir… faut juste t’assurer qu’on les écrase avant que je retombe dans les pommes…
Gorlo souffle, à la fois inquiet et prêt à se battre jusqu’au bout.
Il se place près de la porte, arme en main, en attendant l’arrivée de Naïma et Christelle.
Au loin, les sirènes et les rafales résonnent encore… Fidjrossè est devenue une véritable zone de guerre.
Chapitre 26 – La décision de Djanou
Quelques minutes plus tard, la porte de l’entrepôt s’ouvre brusquement.
Naïma et Christelle entrent, essoufflées, couvertes de poussière et encore armées.
— Djanou ! s’exclame Christelle en le voyant au sol, la jambe bandée.
Naïma se précipite près de lui et pose une main sur son épaule.
— Tu vas tenir… On est là maintenant.
Gorlo, encore sur ses gardes près de l’entrée, ajoute :
— On doit trouver une solution. Ces gars de Kinba deviennent de plus en plus nombreux.
Un court silence tombe. Le souffle de Djanou est plus lourd. Il redresse légèrement son dos contre le mur.
— Écoutez-moi bien… dit-il d’une voix faible mais ferme.
— Amenez-moi hors de la ville. Un endroit calme. Je dois me reposer et me soigner correctement.
Naïma fronce les sourcils.
— Tu veux qu’on t’éloigne du champ de bataille ?
Djanou hoche la tête.
— Oui. Parce que là… je ne peux plus me tenir debout, ni me battre. Si je reste ici, je vais vous ralentir.
Il respire un coup.
— Emmenez-moi loin, je reprends mes forces… et je reviens. Je reviendrai plus fort.
Christelle échange un regard inquiet avec Gorlo.
— Et nous, qu’est-ce qu’on fait ? demande-t-elle.
Djanou répond sans hésiter :
— Vous continuez. Ne les laissez pas avancer. Tenez bon jusqu’à mon retour. Je vous fais confiance. La ville compte sur vous.
Gorlo pose une main sur son épaule.
— Bro… tu sais qu’on ne va pas te laisser tomber. On te trouve un endroit sûr, et on revient s’occuper de Kinba.
Naïma soupire, déterminée.
— D’accord. Préparons ton transport. On bouge dans cinq minutes.
Dans l’entrepôt sombre, un nouveau plan vient de naître.
La guerre continue… mais l’espoir aussi.
Chapitre 27 – Destination Porto-Novo
Le trajet fut long et silencieux.
La voiture filait sur la route menant à Porto-Novo, éclairée seulement par les lampadaires et les phares.
Naïma conduisait, concentrée.
Christelle surveillait l’arrière.
Gorlo restait assis près de Djanou, gardant un œil sur sa blessure bandée.
Enfin, ils arrivèrent dans un petit quartier calme de Porto-Novo, à l’écart du bruit, de la foule et du chaos.
Une maison sûre, gardée par des officiers de confiance.
Ils aidèrent Djanou à descendre du véhicule.
Il boitait, mais ses yeux restaient remplis de détermination.
— Merci… vraiment, dit-il en s’appuyant sur Gorlo et en regardant les trois autres.
— Vous avez fait ce qu’il fallait.
Naïma lui répondit doucement :
— Repose-toi bien ici. Tu dois récupérer.
Christelle ajusta le bandage sur son bras avant de parler :
— On reviendra te chercher dès que tu seras prêt.
Djanou inspira profondément, puis leva les yeux vers eux, sérieux :
— Maintenant… retournez à la capitale économique.
Sa voix devint plus forte.
— Défendez la ville contre la Main Noire. Ne le laissez pas gagner du terrain. Je compte sur vous.
Gorlo posa une main sur son épaule.
— On va tenir bon, bro. Reviens-nous vite.
Ils le laissèrent entrer dans la maison sécurisée.
Avant de refermer la porte, Djanou lança un dernier regard :
— Bonne chance à vous. Et dites à Kpingla… que son règne s’arrête bientôt.
La porte se referma doucement.
Naïma, Gorlo et Christelle remontèrent dans la voiture, prêts à retourner à Cotonou pour reprendre la guerre.
Chapitre 28 – Le retour annoncé
Au commissariat central de Cotonou, l’ambiance était lourde.
Gorlo, Naïma, Christelle, le commandant Kossi et une dizaine d’officiers étaient réunis autour de la grande table. Sur le mur, une carte de la ville montrait les zones déjà touchées par la Main Noire.
Kossi prit la parole :
— Il faut trouver une stratégie pour coincer Kpingla. Il devient trop dangereux.
Naïma ajouta :
— Il bouge vite. Et ses hommes sont partout. On doit anticiper ses prochains coups.
Christelle hocha la tête, les bras croisés.
— Il a sûrement un point de chute en ville. Ony doit fouiller chaque zone.
Soudain, Gorlo releva la tête. Son téléphone venait de vibrer.
— Attendez.
Il regarde l’écran, puis annonce :
— Djanou vient de m’écrire.
Tout le monde lève les yeux vers lui.
— Qu’est-ce qu’il dit ? demande Kossi.
Gorlo lit le message, surpris :
— Il dit qu’il sera avec nous dans quelques minutes.
Christelle ouvre grand les yeux.
— Comment ça ? Mais il est blessé !
Naïma soupire, presque amusée mais inquiète :
— Ce gars-là n’écoute jamais son corps. Il aime se battre malgré tout. Il croit sûrement qu’il peut se tenir debout.
Le commandant Kossi secoue la tête.
— S’il revient trop tôt, il risque d’aggraver sa blessure.
Avant que quelqu’un ne puisse ajouter un mot, le téléphone de Gorlo sonne.
C’est Djanou.
Gorlo décroche aussitôt :
— Allô, bro ?
La voix de Djanou résonne, fatiguée mais déterminée :
— Les gars… je viens dans quelques minutes.
Un souffle.
— Gorlo, prépare les armes. On termine ça ce soir.
Gorlo reste silencieux une seconde… puis sourit.
— Compris. On t’attend.
La salle se fige.
Le commandant Kossi murmure :
— Alors… la vraie bataille commence.
Chapitre 29 – Le retour du héros
Les minutes semblaient durer une éternité.
Gorlo, Naïma et Christelle étaient sur le qui-vive, armes prêtes, yeux rivés sur l’entrée du commissariat. Le silence n’était rompu que par le murmure des officiers et le tic-tac d’une horloge lointaine.
Soudain, des bruits de pas rapides retentirent dans le couloir.
— Il arrive… murmura Gorlo en posant sa main sur l’arme.
La porte s’ouvrit brusquement.
Djanou entra, boitant légèrement, la jambe encore bandée.
Son regard était ferme, chargé de détermination malgré la douleur.
— Bro ! cria Gorlo en se précipitant vers lui.
— T’as tenu ? demanda Christelle, soulagée.
— Oui… mais j’ai encore un peu mal. répondit Djanou, la voix rauque.
Naïma secoua la tête, un sourire inquiet aux lèvres :
— Tu ne changeras jamais. Toujours à vouloir te battre malgré tout.
Djanou esquissa un sourire rapide.
— Je sais… mais je ne peux pas rester à l’écart. On finit ça ce soir.
Kossi s’avança, regard sévère mais admiratif :
— Bien, Djanou. Tu es de retour. Maintenant, on coordonne la bataille. On sait où il est. On sait ce qu’il prépare. Ce soir… la Main Noire paie.
Gorlo posa sa main sur l’épaule de Djanou.
— Parfait, bro. On est tous ensemble. Et cette fois, on ne les laisse pas fuir.
Le groupe se mit immédiatement en cercle autour de la carte de Cotonou.
Tous les yeux étaient tournés vers Djanou. Tous savaient que le véritable affrontement allait commencer.
Et dans cette salle, une seule pensée régnait : Kpingla allait enfin comprendre qu’il ne jouerait plus avec eux.
Chapitre 30 : Le dernier duel
Gbégamey. Le quartier où tout avait commencé.
Les rues étaient désertes, les habitants réfugiés, sachant que ce soir, la guerre allait se terminer.
Djanou, Gorlo, Naïma et Christelle avancèrent avec les forces de police et militaires. Les derniers hommes de la Main Noire se dispersaient, certains encore armés mais paniqués.
Le combat fut rapide. Les tirs résonnaient, des cris s’élevaient… puis, un à un, les assaillants tombèrent.
Au centre de Gbégamey, Djanou aperçut Kpingla.
Le visage marqué par la rage, le regard froid.
C’était le moment du duel.
— Kpingla… cette fois tu ne fuiras pas ! cria Djanou.
— Djanou… toujours le héros… mais tu ne m’arrêteras pas ! hurla Kpingla.
Ils se précipitèrent l’un vers l’autre.
Coups, esquives, brutalité. Le duel était intense. Chaque mouvement comptait. Les deux hommes étaient presque égaux, mais la détermination de Djanou surpassait tout.
Enfin, Djanou réussit à désarmer Kpingla et à le mettre à terre, haletant, épuisé mais victorieux.
— C’est fini… murmura Djanou, regardant son ennemi au sol.
Mais au même instant, Gorlo surgit derrière Kpingla avec son arme prête.
Un tir retentit.
Djanou se retourne, horrifié :
— Gorlo ! Je ne veux pas qu’on le tue !
Gorlo baisse légèrement son arme, la voix tremblante mais ferme :
— Il mérite la mort… pour tout ce qu’il a fait.
Djanou secoue la tête, la rage et la fatigue mêlées.
Mais il sait que la guerre est enfin finie.
Gbégamey retrouve peu à peu le silence.
La Main Noire est détruite, son règne de terreur terminé.
— C’est fini… dit Djanou, respirant profondément, les yeux fixés sur l’horizon.
— La ville peut enfin respirer.
Naïma, Christelle et Gorlo se rapprochent, silencieux, partagés entre soulagement et douleur.
Une page sombre de Cotonou venait de se tourner.
La guerre était terminée.
Chapitre 31 : Reconstruire la ville
Les jours suivants furent consacrés à la reconstruction de Cotonou.
Gbégamey, Fidjrossè, Vodjè et d’autres quartiers touchés par la guerre redevenaient peu à peu vivables.
Les habitants sortaient timidement de leurs maisons, inspectant les dégâts.
Les commerces détruits étaient remis en état, les maisons rebâties, les rues nettoyées.
Djanou, malgré sa blessure encore présente, participait aux efforts.
Avec Gorlo, Naïma et Christelle, il visitait chaque quartier pour encourager les habitants et vérifier la sécurité.
— Il faudra du temps… dit Naïma en regardant un mur effondré.
— Mais la ville renaîtra. ajouta Christelle avec un sourire.
Gorlo posa sa main sur l’épaule de Djanou :
— Bro… regarde tout ça. On a tenu, on a gagné… et maintenant, on reconstruit.
Djanou hocha la tête, le regard tourné vers l’horizon :
— Oui… c’est ici que notre victoire prend tout son sens.
— La ville respire enfin. Et nous aussi.
Peu à peu, les habitants retrouvaient leur vie quotidienne, mais la mémoire de la guerre restait gravée.
La reconstruction n’était pas seulement matérielle : c’était un symbole d’espoir, de courage et de résilience pour tous.
Cotonou, blessée mais debout, renaissait de ses cendres.
Chapitre 32 : Rires après la tempête
La ville était reconstruite, propre et animée.
Les habitants retrouvaient leur quotidien, les rues étaient calmes, et le souvenir de la guerre restait dans les mémoires mais n’empêchait pas la vie de continuer.
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle avaient trouvé un moment de repos bien mérité.
Ils étaient assis dans un jardin tranquille, non loin de la place Amazone. Les oiseaux chantaient, les enfants jouaient au loin, et un léger vent faisait danser les feuilles.
Après un moment de silence, Gorlo brisa la tranquillité :
— Djanou… je vois maintenant que tu as commencé par avoir peur des couteaux.
Il éclata de rire.
— Tu regardais le petit qui tenait un couteau, et tu t’es reculé !
Djanou se leva brusquement, frappant légèrement l’épaule de Gorlo avec un rire mêlé de colère :
— Enfoiré ! cria-t-il, mais un sourire s’échappa malgré tout.
Christelle et Naïma éclatèrent de rire, profitant de ce moment rare où ils pouvaient oublier la guerre et leurs combats.
— Franchement… dit Naïma en souriant, c’est bien de vous voir rire après tout ce que vous avez traversé.
Djanou s’assit à nouveau, respirant profondément, le sourire aux lèvres :
— Oui… C’est ça le vrai prix de notre victoire. La paix, le rire, et des amis fidèles.
Gorlo hocha la tête :
— Et sache, bro… on est toujours prêts à défendre cette ville. Mais pour l’instant, profitons.
Le soleil commençait à descendre, baignant le jardin d’une lumière douce et chaude.
Pour la première fois depuis longtemps, tout semblait parfait.
Et là, au milieu des rires et des discussions, les quatre héros se rendirent compte que malgré les combats, les blessures et les pertes… ils étaient toujours ensemble, plus forts et plus unis que jamais.
La ville respirait. Et eux aussi.
Chapitre 33 : Un festin bien mérité
Quelques jours après la reconstruction officielle, le commandant Kossi invita tout le groupe dans un grand restaurant de Cotonou.
Une table immense avait été réservée, remplie de plats de toutes sortes : riz joloff, akassa, poissons grillés, viande braisée, frites, salades… un vrai banquet.
Djanou, Naïma, Christelle et Gorlo prirent place aux côtés du commandant et de quelques officiers.
L’ambiance était détendue, presque familiale.
À peine les plats déposés, Gorlo se mit à manger avec une vitesse incroyable, comme si le repas allait s’enfuir.
Djanou, étonné, le regarda un moment puis lança :
— Bro, pourquoi tu manges beaucoup et si vite comme ça ??
Il fit un geste de la main vers les assiettes.
— Ce n’est pas parce qu’on trouve beaucoup de nourriture sur la table qu’il faut s’empiffrer. On dirait c’est ta première fois de manger !
Quelques rires éclatèrent autour.
Gorlo, la bouche encore pleine, leva un couteau et répondit :
— N’oublie pas que j’ai un couteau en main. Tu veux encore recevoir un coup de couteau sur ta jambe gauche ??
Tout le monde éclata de rire, sauf Djanou qui fit semblant d’avoir peur.
— Regardez-moi ce glouton ! répondit-il en secouant la tête.
— Mange doucement, bro… la nourriture ne va pas disparaître de la table.
Christelle ajouta en rigolant :
— Gorlo, laisse un peu pour les autres au moins !
Gorlo haussa les épaules :
— Après la guerre qu’on vient de vivre… mon ventre mérite sa victoire aussi.
Naïma sourit doucement :
— Et tu es en train de mener une bataille que tu ne peux pas gagner : celle contre ton propre appétit.
Gorlo leva son verre :
— Alors, à nos victoires ! Et à la nourriture !
Le commandant Kossi leva aussi son verre, fier d’eux :
— À vous tous. Vous avez sauvé cette ville. Ce repas, vous l’avez plus que mérité.
Ils trinquèrent, riant et savourant l’instant.
Un moment de paix, de joie et d’amitié… parfaitement mérité après tant de combats.
Chapitre 34 : Un samedi au bord de la mer
Le samedi suivant, le groupe décida de se retrouver à la plage de Fidjrossè pour souffler un peu.
La brise légère, le bruit des vagues, les parasols colorés… tout annonçait enfin un vrai moment de repos.
Djanou, Naïma, Gorlo et Christelle étaient assis sur le sable, pieds nus, regardant l’horizon.
L’ambiance était étrangement calme, presque trop calme.
Après quelques minutes de silence, Christelle plissa les yeux, observa Djanou et Gorlo, puis lança :
— On dirait que Djanou et Gorlo ont enceinté. Pourquoi vous êtes calmes comme ça ??
Naïma éclata de rire.
Djanou leva la tête, surpris.
Gorlo haussa un sourcil.
Sans réfléchir, Gorlo répondit d’une voix provocante :
— Christelle, tu as oublié que tu es enceinte de moi ??
Christelle ouvrit grand les yeux.
— Heiiiin ??! Toi tu es malade ?!
Elle lui donna une petite tape sur l’épaule.
— Andouille !!!
Le groupe parti dans un fou rire général.
Même Djanou, encore un peu fatigué de sa blessure, ne put s’empêcher de rire aux éclats.
Naïma secoua la tête :
— Vous deux, vraiment… même après une guerre, vous trouvez encore le moyen de vous chamailler.
Gorlo posa sa main derrière sa tête, faussement fier :
— C’est l’énergie de la victoire, ma chère.
Djanou sourit calmement :
— Ou bien c’est la fatigue qui vous fait dire n’importe quoi.
Christelle leva les yeux au ciel :
— Fatigue ou pas, ce que je sais… c’est que vous deux, vous êtes plus silencieux qu’un bébé qui dort. Ça me fait peur.
Ils rirent encore, laissant les vagues emporter la dernière tension qu’il restait dans leurs cœurs.
Un samedi simple.
Un samedi tranquille.
Un samedi où, pour la première fois depuis longtemps…
ils pouvaient juste être eux-mêmes, sans armes, sans violence, juste des amis.
Chapitre 35 : Quand la ville respire enfin
En fin d’après-midi, non loin d’un terrain sablonneux derrière le stade de l’Amitié,
Djanou et Gorlo avaient décidé de taper un petit ballon pour se détendre.
Rien de sérieux : juste du passe-passe, en rigolant, en se taquinant.
Gorlo fit une passe un peu trop forte.
Djanou rattrapa le ballon de justesse :
— Tu veux encore blesser ma jambe gauche ou quoi ?
Gorlo éclata de rire :
— Bro, si je voulais te blesser, tu serais déjà couché par terre depuis !
Ils continuèrent à jouer tranquillement, sous le vent doux de la soirée.
Les bruits habituels de klaxons, de motos et de vendeurs ambulants résonnaient,
mais ce jour-là… quelque chose était différent.
Il n’y avait pas de tirs.
Pas de cris.
Pas de guerre.
Juste la ville qui respirait enfin.
Entre deux passes, Gorlo leva la tête et dit :
— Bro… tu ne trouves pas beau quand la ville est calme comme ça ? Ambiance sans tir de fusil.
Djanou arrêta le ballon sous son pied, observa la rue et répondit calmement :
— Oui. Et on est là pour amener cette paix dans la ville.
Il inspira profondément.
— Mais on ne va jamais cesser d’être attentifs. Il y aura toujours certaines têtes de la ville qui vont chercher à tout réduire en cendre.
Gorlo hocha la tête.
— C’est vrai. Mais tant qu’on est là… personne ne va détruire notre maison.
Ils reprirent le jeu, souriant, parlant de tout et de rien, appréciant simplement la vie.
Pour la première fois depuis longtemps, Cotonou leur semblait paisible.
Et même si l’avenir restait incertain, ils savaient une chose :
Ils seraient toujours prêts à la défendre.
Chapitre 36 : Changer d’air
En soirée, le groupe s’était retrouvé dans une grande salle de billard à Ganhi.
Les lumières étaient tamisées, la musique douce, et l’air était enfin léger,
comme si la ville elle-même avait décidé de souffler un peu.
Djanou, Gorlo, Naïma et Christelle jouaient une partie amicale.
Les boules claquaient doucement sur la table verte tandis que Gorlo essayait, comme toujours,
de frimer avec des tirs compliqués… qu’il ratait la plupart du temps.
— Gorlo, tu tires comme si tu voulais abattre quelqu’un, pas jouer au billard, lança Christelle en riant.
— Ne me provoque pas oh ! répondit Gorlo.
— Si je m’énerve, même la table va rentrer chez elle.
Naïma leva les yeux au ciel :
— Toujours le même clown…
Puis vint le tour de Djanou. Il se pencha, frappa la boule, réussit son tir,
mais au lieu de se vanter, il resta silencieux un moment, comme perdu dans ses pensées.
— Hé bro, tu penses à quoi ? demanda Gorlo.
Djanou redressa la tête, posa doucement la queue de billard sur la table
et répondit d’une voix calme :
— Demain, je vais à Lokossa.
Les autres se regardèrent.
— Juste… changer d’air. Me reposer un peu. Ça fait trop longtemps qu’on respire le danger.
Un léger silence tomba.
Christelle sourit doucement :
— Tu mérites un vrai repos, Djanou.
Naïma ajouta :
— Ne t’inquiète pas. Ici, on veille sur la ville.
Gorlo posa sa main sur l’épaule de son frère d’arme :
— Va te reposer bro. Quand tu reviendras, la ville sera toujours debout.
Djanou hocha la tête.
La partie reprit, tranquille, amicale, sans stress.
Pour la première fois depuis longtemps,
ils avaient l’impression que la guerre était vraiment derrière eux.
Et pendant qu’ils riaient autour de la table de billard,
Cotonou, elle aussi, retrouvait enfin une paix méritée.
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