Double K (tome 2)
24 déc. 2025Nangbèdjè respirait le calme.
Loin du bruit de la ville et des tensions de la fac, Krys, Karl et Ayo profitaient enfin de leur congé. Assis à l’ombre d’un grand manguier, ils savouraient ce moment de repos comme s’il était rare.
Krys rompit le silence.
— Bro, il nous reste encore une semaine avant de reprendre les cours.
Karl haussa les épaules.
— Oui. On peut même ne pas y aller. C’est la fac. Tu viens au cours quand tu veux.
Krys secoua légèrement la tête.
— Oui, mais il faut qu’on se comporte comme des responsables. Prenons nos études au sérieux.
Ayo, assis un peu à l’écart, acquiesça.
— Moi aussi, je ne veux pas manquer les cours comme ça. Quand il y a cours et que rien ne me retient, j’irai.
Krys regarda Karl droit dans les yeux.
— Karl, je sais que ce n’est pas facile, mais on ne doit pas se comporter comme des délinquants.
Karl, occupé à manger une banane, répondit la bouche à moitié pleine :
— Ok… d’accord.
Ayo fronça les sourcils en le voyant continuer à manger sans se soucier de personne.
— Hé, Karl. Les bananes ne sont pas pour toi seul.
Karl leva les yeux, agacé.
— Tu peux me laisser en paix ?
Ayo tenta alors de lui arracher le reste des bananes. Mais Karl esquiva d’un coup rapide, sautant sur le côté avec agilité.
— Arrêtez ! cria Krys.
Il se leva et les regarda tour à tour.
— Ayo, il y en a pleine ici. Ne vous battez pas pour ça. Pensons plutôt à nous préparer pour la reprise des cours.
Le calme revint peu à peu.
Mais derrière cette scène presque banale, quelque chose flottait dans l’air…
Comme si ce repos n’était qu’une pause avant autre chose.
Une semaine plus tard, le calme de Nangbèdjè semblait toujours intact. Pourtant, dans les regards de Krys, Karl et Ayo, la détente avait laissé place à une vigilance silencieuse.
Krys prit la parole, le visage sérieux.
— Nous allons bientôt reprendre les cours. Depuis qu’on a quitté le centre unitaire, plus rien ne se passe à Kandji.
Mais ça ne veut pas dire que quelque chose ne se prépare pas ailleurs. Les assaillants sont toujours prêts à tout réduire en cendres.
Karl acquiesça lentement.
— Oui. Il y a même des bandits à la fac.
Ayo hésita un instant, puis sortit son téléphone.
— Une de mes camarades m’a écrit. Elle dit que certains types sont venus sur le campus pour nous chercher.
Krys fronça les sourcils.
— Des gens derrière nous ?
Ayo baissa légèrement la voix.
— On dirait que c’est à cause de nous que la ville de Kandji n’a pas la paix.
Karl secoua la tête.
— C’est à cause de Double K.
Ayo, toi tu n’es pas impliqué directement.
Krys inspira profondément avant d’annoncer ce qu’il venait d’apprendre.
— J’ai eu une information sûre. Une autre attaque se prépare. Leur objectif est clair : faire tomber le commissaire.
Un franc-tireur a été engagé.
Le silence tomba.
— Comme vous le savez, continua Krys, les snipers ratent rarement leur cible, sauf si la cible bouge de manière imprévue.
Karl se redressa.
— Karl et moi, on retourne à Kandji. On doit trouver ce tireur d’élite.
Krys hocha la tête.
— Il a reçu un ordre précis. L’exécution doit avoir lieu dans les 96 heures à venir.
Ayo, tu restes ici à Nangbèdjè. Nous, on ira directement à Kandji, d’abord au centre unitaire, puis au commissariat.
Ayo fixa ses deux amis, partagé entre l’inquiétude et le respect.
— D’accord… bon vent.
Krys et Karl échangèrent un regard.
Le repos était terminé.
La chasse venait de commencer.
Kandji les accueillit avec une atmosphère lourde.
Dès leur arrivée, Krys et Karl se rendirent directement au centre unitaire. L’endroit était en alerte, les agents allaient et venaient, conscients que quelque chose de grave se préparait.
Karl ne perdit pas de temps.
Il rassembla tous les agents disponibles dans la salle principale. La directrice du centre unitaire se tenait à ses côtés, droite et concentrée.
Krys prit la parole.
— Nous avons bien reçu les informations que vous nous avez envoyées.
Savez-vous exactement où se trouve ce franc-tireur ?
La directrice croisa les bras avant de répondre.
— Il s’appelle Gregg Salarex.
C’est l’un des plus puissants franc-tireurs connus. Nous avons réussi à obtenir toutes ses coordonnées grâce à l’un de nos agents infiltrés.
Krys hocha la tête.
— Envoyez-nous les coordonnées et toutes les autres informations liées à cette affaire.
Karl et moi irons ensuite au commissariat.
La directrice sortit sa tablette, tapa rapidement quelques commandes.
— C’est fait. Tout vient d’être envoyé.
Karl regarda les agents réunis.
— Bon. Les gars, à tout à l’heure.
Sans perdre une minute, Krys et Karl quittèrent la salle.
Un nom venait d’être lâché.
Et avec lui, une menace bien réelle.
La route vers le commissariat était presque déserte.
À l’intérieur du véhicule, Krys et Karl restaient silencieux, chacun plongé dans ses pensées. La tension montait à mesure qu’ils s’approchaient de Kandji.
Karl finit par briser le silence.
— Bro… avant, c’était le maire. Maintenant, c’est le commissaire.
Krys garda les yeux fixés sur la route.
— Pour l’instant, il ne sait pas qu’un plan est déjà en place pour le faire descendre.
Quand il l’apprendra, le choc sera brutal.
Karl serra les dents.
— C’est justement pour ça qu’on agit maintenant.
Si on voulait, on pourrait laisser faire. Mais si on laisse faire, ce ne serait pas bien pour la ville.
Il marqua une pause, puis ajouta :
— Ce serait comme dire que Kandji n’est plus en sécurité.
Krys hocha lentement la tête.
— Et tant que nous sommes là, ça n’arrivera pas.
Le véhicule continua sa route.
Au loin, le commissariat se dessinait déjà.
Et avec lui, une course contre le temps venait officiellement de commencer.
Le commissariat de Kandji était en état d’alerte discret.
Dans le bureau principal, Krys et Karl faisaient face au commissaire et à l’inspecteur. L’atmosphère était lourde, presque étouffante.
Krys prit la parole sans détour.
— Monsieur le Commissaire, quelque chose de grave se prépare contre vous.
Vos officiers ne pourront pas vous protéger efficacement contre cette menace.
Le commissaire se redressa.
— Quel est ce plan ?
Karl répondit, d’une voix ferme.
— Un franc-tireur a été engagé pour vous faire descendre.
Krys enchaîna immédiatement.
— Il s’appelle Gregg Salarex.
À l’instant où ce nom fut prononcé, l’inspecteur sursauta.
— Gregg Salarex ?
C’est… c’est un ami à moi. Depuis trois ans, je n’ai plus aucune nouvelle de lui. Il s’est volatilisé, totalement.
S’il a été engagé pour cette opération, alors je sais où le trouver, ici même à Kandji.
Un silence pesant suivit cette déclaration.
Krys hocha la tête.
— C’est pour ça que nous avons dû revenir rapidement à Kandji, avant même la reprise des cours à la fac.
Il fallait régler cette affaire au plus vite.
Le commissaire réfléchit quelques secondes, puis trancha.
— Très bien. Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour ramener ce Gregg Salarex.
Sans perdre une seconde, Krys et Karl quittèrent le bureau.
Ils montèrent dans leur voiture, l’inspecteur avec eux.
Le moteur démarra.
La piste venait enfin d’être ouverte.
Les véhicules avançaient lentement sur une route poussiéreuse, à l’écart du centre-ville.
Devant eux, la voiture de l’inspecteur ouvrait la voie. À l’intérieur de la leur, Krys et Karl discutaient à voix basse.
Krys regardait la route.
— Karl, tu sais que la vie nous réserve parfois de sacrées surprises.
Karl esquissa un léger sourire.
— Oui. C’est pour ça que je reste souvent sur le qui-vive. J’essaie toujours d’anticiper certaines choses.
Krys hocha la tête.
— Si la nature décide que ça doit arriver, tu ne pourras rien y faire.
Karl répondit sans hésiter :
— Ça ne m’empêchera jamais de rester attentif.
Je suis une personnalité publique dans cette ville. Et toi aussi.
La voiture devant eux ralentit brusquement, puis s’arrêta.
L’inspecteur sortit et leur fit signe.
— Les gars… on y est.
Ils se garèrent à leur tour et descendirent.
Devant eux se trouvait une maison isolée, discrète, presque invisible dans le paysage.
L’inspecteur observa les alentours.
— Il doit sûrement être là.
Il klaxonna.
Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrit.
Un homme apparut. Son regard était dur, son calme troublant.
— Thomas ! s’exclama-t-il.
L’inspecteur hocha la tête.
— Oui. C’est bien moi.
Gregg fixa ensuite les deux hommes derrière lui.
— Qu’est-ce qui t’amène chez moi aujourd’hui ?
Et qui sont ces deux mecs derrière toi ?
L’inspecteur répondit sans détour :
— Ce sont Krys et Karl, connus sous le nom de Double K.
On a appris que tu as été engagé pour une affaire. On aimerait savoir pourquoi.
Gregg baissa légèrement la tête, puis soupira.
— Oui, mon ami… j’ai été engagé pour faire descendre le commissaire.
Mais cette mission ne m’a pas plu du tout.
Il releva les yeux, visiblement marqué.
— Celui qui m’a donné l’ordre me fait chanter depuis des années.
Il m’a dit que si je refuse, il dira à toute la communauté que j’ai violé sa fille il y a dix ans.
Un silence lourd s’installa.
Gregg ouvrit la porte en grand.
— Entrons à l’intérieur. On parlera de tout ça plus calmement.
Krys, Karl et l’inspecteur échangèrent un regard.
L’affaire prenait une tournure bien plus sombre que prévu.
À l’intérieur de la maison, l’atmosphère était lourde.
Gregg s’assit lentement, le regard perdu. Puis il prit une profonde inspiration.
— Si je vous dis que ça m’a plu de faire descendre le commissaire contre soixante-dix millions, alors je vous aurais menti.
Je ne veux pas faire ça. Aidez-moi à me libérer de ce chantage.
L’inspecteur s’approcha.
— Dis-nous son nom.
Comment s’appelle celui qui t’a demandé de faire ça ?
Gregg releva la tête.
— Armando Martinez.
Krys réagit immédiatement.
— Je le connais très bien.
Karl se tourna vers lui, surpris.
— Comment ça ?
Krys sortit son téléphone.
— Je viens de recevoir un message de la directrice du centre unitaire.
Martinez a déjà envoyé deux gardes dans cette zone. Leur mission est simple : surveiller tous ceux qui viennent souvent chez Gregg.
Il leva les yeux vers les autres.
— Il sait que nous sommes ici.
Et je suis presque sûr que quelque chose va se passer dès que nous sortirons d’ici.
À peine eut-il fini sa phrase que le téléphone de Gregg se mit à sonner.
Gregg pâlit en voyant le nom s’afficher.
Il décrocha.
— Martinez… qu’est-ce que tu me veux encore ?
La voix de Martinez résonna dans la pièce.
— Je sais très bien que l’inspecteur de police et Double K sont avec toi.
S’ils ne quittent pas cette affaire immédiatement, ils remplaceront le commissaire.
Il marqua une pause, puis continua, froidement :
— Et toi aussi, je t’éliminerai. J’arrête le chantage.
Tu leur as déjà tout raconté. Je le sais.
Gregg serra le téléphone contre son oreille.
— J’ai placé des micros dans ton salon quand je suis venu chez toi pour l’affaire.
Gregg, tu es bloqué.
Soit ils se retirent et tu exécutes la mission, soit tu meurs avec eux tous.
Krys s’avança brusquement et prit le téléphone.
— Martinez, on n’a pas peur de toi.
Je sais que tes hommes sont déjà dehors et qu’ils nous attendent.
Mais sache une chose : tout ce que tu planifies est surveillé. Tu ne peux pas le savoir… mais nous, oui.
Un léger rire se fit entendre au bout du fil.
— C’est ce qu’on verra dans quelques minutes.
La communication coupa.
Un silence pesant envahit la pièce.
Dehors, quelque chose se préparait.
À peine la communication coupée, un silence étrange s’installa autour de la maison de Gregg.
Puis soudain… des tirs éclatèrent.
Les hommes de Martinez venaient de lancer l’attaque. Les balles frappaient les murs, brisaient les vitres. La maison tremblait sous la violence des coups de feu.
— Ils sont là ! cria l’inspecteur.
Au même moment, des véhicules arrivèrent à grande vitesse.
Des agents du centre unitaire sortirent, armes en main, et ripostèrent aussitôt.
La zone se transforma en champ de bataille.
Les coups de feu retentissaient de partout. Kandji replongeait dans le chaos.
Malgré les tirs, Krys, Karl, l’inspecteur et Gregg sortirent de la maison, profitant de la couverture des agents.
Krys se positionna rapidement, visa de loin et tira.
Un des hommes de Martinez s’effondra au sol.
Mais la riposte fut immédiate.
Karl poussa un cri : une balle venait de lui traverser le bras.
Presque au même moment, Gregg reçut aussi une balle dans le bras. La douleur était vive, mais ils tinrent bon.
— Ne lâchez rien ! cria Karl en serrant les dents.
Malgré leurs blessures, ils continuèrent à se battre.
Plusieurs assaillants tombèrent. D’autres, paniqués, commencèrent à fuir en désordre.
Peu à peu, le bruit des tirs diminua.
La fumée flottait encore dans l’air.
Krys balaya les environs du regard, l’arme toujours levée.
— Kandji est encore sous tension, dit-il d’une voix grave.
Le calme revenait lentement…
mais tous savaient que ce n’était pas la fin.
Le commissaire était en route pour se rendre dans un restaurant, accompagné de son chauffeur.
La circulation était fluide quand, soudain, une voiture surgit et lui barra la route.
Le commissaire ordonna l’arrêt.
Il descendit calmement.
En face, la portière de l’autre véhicule s’ouvrit.
Martinez en sortit, le regard froid.
— Monsieur le Commissaire, dit-il, maintenant vous allez devoir m’affronter.
Il sortit lentement un couteau.
Le commissaire ne recula pas.
— Ton couteau ne me fait pas peur.
Martinez esquissa un sourire.
— Voyons ça.
Il attaqua brutalement.
Le commissaire esquiva de justesse. Les deux hommes se retrouvèrent à se battre en pleine rue.
À cet instant, Krys et Karl arrivèrent en urgence.
Krys entra directement dans le combat.
D’un mouvement rapide, il désarma Martinez et le projeta violemment contre un mur.
Mais Martinez n’était pas seul.
Des hommes armés surgirent de partout.
Le combat devint général.
Karl et l’inspecteur se jetèrent sur les hommes de Martinez, frappant sans relâche.
Les coups pleuvaient de tous côtés.
Krys réussit à atteindre Martinez et lui porta plusieurs coups, mais difficilement.
Martinez résista, puis envoya un violent coup de pied au visage de Krys, qui tomba au sol.
Martinez s’approcha de lui.
— Krys… je sais que tu es fort.
Mais tu oublies une chose : j’ai été ton chef.
Avant qu’il ne termine sa phrase, Gregg, malgré sa blessure au bras, surgit derrière lui et lui asséna un coup de pied dans le dos.
Krys se releva aussitôt et frappa Martinez de plusieurs coups de poing dans le ventre.
Mais Martinez encaissait encore.
Il répliqua violemment :
un coup de pied dans le ventre de Karl, qu’il projeta contre un poteau.
De l’autre côté, le commissaire, l’inspecteur et Karl, malgré la douleur, réussirent à mettre les autres hommes de Martinez à terre.
Krys, essoufflé, se releva encore une fois.
Gregg tenta une nouvelle attaque.
Martinez anticipa et le projeta violemment contre un mur.
Alors Krys entra de nouveau dans le combat.
Il enchaîna les coups de pied. Martinez tenta de le soulever, mais Krys s’agrippa et l’enroula contre un poteau.
À cet instant, le commissaire, Karl et l’inspecteur arrivèrent, leurs pistolets pointés sur Martinez.
— Tu bouges… et on tire, dit le commissaire d’une voix ferme.
Martinez se figea.
Il se redressa lentement et leva les mains en l’air.
Quelques secondes plus tard, les policiers arrivèrent et l’embarquèrent.
La menace venait enfin de tomber.
Mais Kandji portait encore les traces de la bataille.
Martinez fut conduit sous forte escorte et déposé en prison.
Les portes se refermèrent sur lui, mettant fin à une menace qui avait plongé Kandji dans la peur.
Un peu plus tard, Krys et Karl se retrouvèrent au centre unitaire.
La tension était retombée, mais la fatigue se lisait sur leurs visages. La nuit commençait à tomber.
Krys s’assit et prit son téléphone.
— Ayo m’a dit qu’elle viendra demain.
Karl soupira, pensif.
— Je me demande si on va dormir ici et aller au campus après…
ou bien retourner au campus et continuer les cours comme si plus rien ne s’était passé.
Krys resta silencieux quelques secondes, puis répondit calmement :
— On dort ici ce soir.
Quand Ayo viendra demain, on décidera du reste.
Karl hocha la tête.
— D’accord.
Le centre unitaire retrouvait peu à peu son rythme normal.
Pour Krys et Karl, la mission était terminée…
mais ils savaient que le calme, à Kandji, n’était jamais totalement garanti.
Le lendemain matin, Ayo arriva au centre unitaire.
L’atmosphère était plus calme que la veille. Autour d’une table, Krys, Karl, Ayo et la directrice du centre unitaire faisaient le point.
Krys prit la parole.
— Ayo, moi je vais repartir au campus ce soir pour me préparer. Il nous reste encore deux jours avant la reprise.
Ayo hocha la tête.
— D’accord. Moi aussi, je ferai pareil.
Karl sourit.
— Moi aussi.
Il se tourna ensuite vers Ayo.
— Ayo, au cas où tu serais libre, ou si tu te sens seule, tu pourrais venir nous préparer à manger.
Des fois, quand je prépare moi-même, je ne trouve plus le goût.
Krys acquiesça.
— Karl a raison, en partie.
Quand je prépare aussi, je ne trouve plus vraiment de goût. Et au restaurant, ils ne varient même plus les repas.
Ayo les regarda, amusée.
— Et si je n’avais pas décidé de venir à la fac ?
Karl répondit calmement :
— C’est le plan de Dieu.
Dieu sait très bien faire les choses.
Krys ajouta :
— Eh oui. C’est peut-être le plan de Dieu.
Ayo soupira.
— Les hommes de Dieu… d’accord, j’ai compris.
Karl éclata de rire.
— Toi, tu viens du diable ou quoi ?
Krys enchaîna, en plaisantant :
— C’est par la femme que le diable a tout bouleversé dans ce monde.
Ayo leva les yeux au ciel.
— Maintenant on est autour de la table pour que vous m’évangélisiez ?
Karl répondit en souriant :
— Il te faut l’évangile. Donne ta vie à Dieu.
Krys renchérit :
— Eh oui. Et ta vie sera belle et simple.
Ayo les fixa un instant, puis répliqua sèchement :
— Avec le nombre de personnes que vous avez tuées…
vous avez déjà donné vos vies à Dieu ?
Regardez-moi ceux qui veulent me parler de Dieu.
Elle se leva brusquement.
— Je vais me changer.
Alors qu’elle s’éloignait, Krys et Karl dirent en même temps, en riant :
— Reviens écouter le reste de l’évangile !
Le rire envahit la pièce.
Pour une fois, la guerre était loin…
et la vie reprenait doucement son cours.
Le campus retrouvait peu à peu son agitation habituelle.
Étudiants pressés, rires, discussions… Krys, Karl et Ayo marchaient ensemble, sacs au dos, comme si les événements récents n’avaient été qu’un mauvais rêve.
Karl brisa le silence.
— Krys, je suis fier de reprendre les cours.
Krys esquissa un sourire.
— Le flemmard tend à devenir laborieux.
Ayo éclata de rire.
— Eh oui, il comprend très vite maintenant.
Karl les regarda, faussement agacé.
— Ne m’énervez pas, bande de poulets !
Ayo s’arrêta devant son amphithéâtre.
— Bon, moi je rejoins mon amphi.
On se dit à tout moment.
Krys hocha la tête.
— Oui, au revoir.
Karl fit un signe de la main.
Ayo s’éloigna, laissant Krys et Karl poursuivre leur chemin sur le campus.
La ville de Kandji retrouvait son calme.
Les armes se taisaient.
Les cours reprenaient.
Mais quelque part, dans l’ombre, l’histoire de Double K n’était peut-être pas totalement terminée.
La salle de cours était presque pleine.
Krys et Karl étaient assis parmi les autres étudiants, attentifs. Le professeur de Géographie administrative écrivait au tableau avant de se tourner vers l’amphithéâtre.
— Certains étudiants ont choisi de suivre ce cours, commença-t-il,
mais quand on leur demande la capitale de certains pays, ils en sont incapables.
Il y en a parmi vous.
Un murmure parcourut la salle.
Krys leva calmement la main.
— Oui, Monsieur, que voulez-vous dire ? demanda le professeur.
Krys se leva légèrement.
— Il y en a peut-être parmi nous, mais je n’en fais pas partie.
À part les États de certains pays, il n’y a aucun pays dont je ne connaisse pas encore la capitale.
La salle réagit, partagée entre étonnement et sourires.
Le professeur le fixa quelques secondes, puis lança :
— Très bien.
Quelle est la capitale du Brunei ?
Krys répondit sans hésiter :
— Bandar Seri Begawan.
Le professeur hocha lentement la tête.
— D’accord.
Tu veux jouer au connaisseur… je t’aurai un jour.
La cloche retentit.
— Le cours est terminé.
Les examens approchent. Travaillez sérieusement.
Les étudiants commencèrent à quitter la salle.
Pour Krys et Karl, une nouvelle bataille commençait désormais :
celle des études.
Le jardin du campus était calme.
Sous les arbres, Krys et Karl étaient assis, profitant d’un moment de fraîcheur après les cours.
Karl rompit le silence.
— Les examens sont pour bientôt.
Krys acquiesça.
— Oui. Moi, j’irai réviser à la bibliothèque.
Karl sourit légèrement.
— Moi aussi.
Ils restèrent quelques instants sans parler, conscients que, pour une fois, leur combat ne se ferait ni avec des armes ni dans les rues de Kandji, mais avec des livres et des cahiers.
La bibliothèque du campus était silencieuse, seulement troublée par le froissement des pages et quelques murmures d’étudiants concentrés.
Krys et Karl étaient installés à une table, cahiers et livres ouverts devant eux.
Karl brisa le silence.
— Moi, je suis déjà prêt pour les examens.
Krys hocha la tête.
— Ainsi que moi.
Mais je vais quand même jeter des coups d’œil dans mes cahiers pour m’assurer de n’avoir oublié aucun passage important.
Karl sourit.
— C’est une très bonne idée.
Il pointa alors une partie dans son livre.
— Il y a un passage ici que je ne comprends pas. Tu peux m’expliquer ?
Krys s’inclina sur le livre, attentif.
— Ici, il s’agit d’expliquer pourquoi Hegel a dit que « L’Afrique n’a pas d’histoire ».
Hegel voulait dire que, selon lui, l’Afrique ne s’inscrivait pas dans le processus historique européen.
Mais cela ne reflète pas la réalité. L’Afrique a une histoire riche, complexe et pleine de civilisations. Hegel parlait seulement de son point de vue limité.
Karl écouta attentivement, hocha la tête.
— Ok, merci.
Ça me paraît beaucoup plus clair maintenant.
Ils reprirent la lecture, concentrés.
Pour la première fois depuis longtemps, leurs combats n’étaient plus dans les rues, mais dans la connaissance et la réflexion.
Quelques jours plus tard, le campus était en effervescence.
C’était le dernier jour des compositions, et les étudiants semblaient nerveux mais déterminés.
Krys et Karl quittèrent la salle de classe, visiblement soulagés.
Karl sourit et dit :
— J’ai assuré.
Krys secoua la tête, un sourire en coin.
— Attends le jour des résultats.
C’est le jour où tu sauras vraiment si tu as assuré.
Karl haussa les épaules, confiant.
— Bro, je suis sûr de moi.
Krys répondit avec le même aplomb :
— Moi aussi je suis sûr de moi.
Bon, maintenant… deux semaines de congés. On ira au centre unitaire pour voir nos collègues.
Karl hocha la tête.
— Ok.
Ayo est déjà là-bas.
Krys fronça légèrement les sourcils.
— Elle ne nous a rien dit avant de partir.
Karl sortit son téléphone.
— Elle vient de me le dire par texto.
Krys sourit et hocha la tête.
— OK.
On ira au dortoir pour se reposer, puis on passera à l’espace divertissement pour se détendre un peu.
Pour la première fois depuis des semaines, le stress s’éloignait.
Les examens étaient terminés, et la vie reprenait son cours normal pour Double K.
L’après-midi, le soleil commençait à baisser, mais sur le campus, l’espace divertissement était animé.
Krys et Karl décidèrent d’y passer quelques heures pour souffler après les examens, sachant qu’Ayo était déjà partie au centre unitaire.
Karl s’installa devant un jeu vidéo et lança :
— Bon, maintenant, on va s’amuser un peu. Les examens sont derrière nous !
Krys sourit et s’assit à côté de lui.
— Oui, un peu de détente ne fera pas de mal.
Mais ne me bats pas trop, je suis encore concentré.
Ils passèrent quelques heures à rire, jouer et discuter, oubliant un instant les tensions récentes de Kandji.
Quand la nuit tomba, ils quittèrent l’espace divertissement.
Le campus était désormais silencieux, éclairé seulement par les lampadaires.
— Bon, dit Krys, il est temps de rentrer au dortoir pour se préparer.
Ensuite, nous irons au centre unitaire rejoindre Ayo et nos collègues.
Karl hocha la tête.
— Exact. Après ces moments de détente, il faut maintenant régler nos affaires importantes.
Ils arrivèrent au dortoir, déposèrent leurs sacs et se changèrent rapidement.
Chacun prit quelques minutes pour se préparer, vérifiant leurs affaires avant de partir pour la mission de la soirée.
Une fois prêts, ils quittèrent le dortoir, confiants et déterminés.
La nuit de Kandji les attendait, mais Double K était prêt à affronter ce qui viendrait.
La nuit était calme à Kandji, mais au centre unitaire, l’activité ne manquait pas.
Krys et Karl arrivèrent, accueillis par les collègues et les agents présents. L’ambiance était détendue après les récents événements, et la fatigue laissait place à des discussions plus légères.
Krys prit la parole en s’adressant à Karl et aux autres :
— On vient de finir le premier semestre.
Maintenant, il ne nous reste plus qu’à attendre les résultats.
Karl hocha la tête avec sérieux.
— Je ferai tout mon possible pour ne pas aller au rattrapage.
Krys sourit et ajouta :
— Ainsi que moi.
Ayo, déjà sur place, rejoignit le groupe avec un sourire confiant.
— Moi, je sais que je n’irai pas au rattrapage.
Je vais valider toutes les matières avant de passer en année supérieure.
Un silence complice s’installa quelques secondes.
Chacun se sentait motivé et déterminé, conscient que leurs efforts seraient bientôt récompensés.
Pour Double K, même après les combats et les tensions de Kandji, la vie étudiante reprenait ses droits.
Les études, les défis et l’amitié restaient leurs priorités, au moins pour cette nouvelle phase de leur vie.
Le centre unitaire résonnait du bruit des corps en mouvement et des coups échangés.
Krys et Karl avaient décidé de profiter de leur séjour pour s’entraîner avec les agents.
Karl se retrouva face à plusieurs agents.
D’un enchaînement précis et rapide, il esquiva, bloqua et contra attaqua, mettant tous les agents à terre les uns après les autres. Son visage affichait concentration et détermination.
Pendant ce temps, Krys faisait face à un autre agent, plus expérimenté.
Le combat fut intense, chaque coup comptait.
Après quelques minutes d’échange, Krys réussit à mettre son adversaire à terre, impressionnant les autres autour.
Alors qu’ils s’apprêtaient à continuer l’entraînement, Ayo arriva au centre, visiblement fière mais ferme.
— Stop ! Tous ! Allez vous reposer !
Krys leva les mains en signe d’acceptation.
— Ok, ok, Madame. Compris.
Karl hocha la tête, reprenant son souffle.
Les deux garçons quittèrent la salle d’entraînement, satisfaits mais conscients qu’ils avaient encore beaucoup à apprendre.
Leur retour au calme marquait une pause méritée avant la suite de leurs aventures, entre études, missions et vie au centre unitaire.
Après l’entraînement, Krys, Karl et Ayo s’installèrent dans une salle du centre unitaire, chacun reprenant son souffle.
La fatigue se lisait sur leurs visages, mais l’atmosphère était détendue.
Karl s’étira et dit en souriant :
— Cet entraînement m’a vraiment vidé. Mais c’est bien, je me sens plus fort.
Krys hocha la tête.
— Oui, ça fait du bien de garder nos réflexes affûtés. Mais il faudra aussi penser à rester stratégiques, pas seulement forts.
Ayo les observa avec un sourire amusé.
— Vous deux… toujours en compétition, même après les combats et les examens.
Vous oubliez de vous reposer correctement.
Krys et Karl éclatèrent de rire.
— Oui, d’accord, Madame, répondit Krys. On va se calmer un peu.
— Mais seulement un peu, ajouta Karl, en plaisantant.
Ayo secoua la tête, amusée par leur énergie inépuisable.
— Bon, profitez de ce moment pour parler et vous détendre.
Demain, nous reprendrons les briefings et préparerons les prochaines missions.
Les trois amis restèrent assis, discutant de tout et de rien.
Entre rires, stratégies et souvenirs des combats récents, ils retrouvaient un peu de normalité.
Pour Double K, la vie au centre unitaire n’était jamais vraiment tranquille, mais ces instants de calme étaient précieux pour recharger leurs forces.
Le centre unitaire était calme lorsque Krys et Karl reçurent un appel urgent du commissaire.
Au téléphone, la voix grave du commissaire résonna :
— Double K, j’aurai besoin de vous.
Martinez, que nous avons arrêté et mis en prison, vient de s’évader.
Il s’est jeté sur un gardien et l’a tué. Personne n’a pu l’arrêter.
Il m’a envoyé un message disant qu’il reviendra frapper sur Kandji.
Il peut être partout.
Krys, concentré, répondit immédiatement :
— Ok, Monsieur le commissaire. Bien reçu.
Karl, inquiet mais prêt, murmura à son ami :
— Encore une nouvelle aventure…
Ce Martinez serait en train de préparer quelque chose pour faire trembler Kandji.
Krys acquiesça, sérieux :
— Oui… et nous devons être prêts à tout.
Cette fois, il ne faudra pas se laisser surprendre.
Les deux hommes échangèrent un regard entendu.
Le calme récent du centre unitaire venait de se briser.
Double K était de nouveau appelé à protéger la ville, et la nuit à venir promettait d’être périlleuse.
Après l’appel du commissaire, Krys et Karl se retirèrent dans une salle du centre unitaire pour planifier.
Le silence était seulement troublé par le froissement des cartes et des documents qu’ils consultaient.
Karl brisa le silence, l’air concentré :
— On doit anticiper tous ses mouvements.
Martinez ne laissera aucun indice, mais il doit avoir un endroit où il se cache.
Krys hocha la tête et répondit avec sérieux :
— Oui. Nous devons d’abord sécuriser les points stratégiques de Kandji.
Ensuite, on se divise pour fouiller les zones qu’il pourrait viser.
Chaque rue, chaque quartier, tout doit être couvert.
Karl observa les cartes du centre unitaire, pointant plusieurs zones sur la carte.
— Si nous bloquons ces routes principales et plaçons des agents en surveillance, il aura moins de marge pour frapper.
Krys ajouta :
— Et nous devons garder des réserves. Si Martinez attaque un lieu stratégique, nous devons réagir immédiatement.
Un silence pesant s’installa un instant, chacun mesurant l’ampleur de la menace.
— Je vais aussi prévenir Ayo, dit Karl.
Elle pourra coordonner certaines équipes pendant que nous cherchons Martinez.
— Parfait, répondit Krys.
Cette fois, nous ne pouvons pas laisser passer la moindre erreur. Kandji compte sur nous.
Ils se lancèrent alors dans les préparatifs, déterminés à traquer Martinez et à protéger la ville.
Pour Double K, chaque seconde comptait, et la vigilance serait leur seule arme contre la tempête à venir.
Ayo était seule dans un supermarché de Kandji.
Elle termina ses achats calmement, sans se douter de ce qui l’attendait dehors.
À sa sortie, la nuit commençait à tomber.
À peine eut-elle fait quelques pas qu’une vingtaine d’hommes masqués surgirent de tous côtés et l’encerclèrent.
L’un d’eux s’avança.
— C’est toi l’amazone du centre unitaire ?
Ayo resta calme et répondit froidement :
— Je ne suis pas la seule.
L’homme ricana.
— Même si ce n’est pas le cas, nous allons finir avec toi aujourd’hui.
Nous allons te tuer sans vergogne.
Double K n’est pas ici pour venir te sauver. Ils ne viendront pas.
Avant qu’il ne termine sa phrase, une voix retentit derrière eux :
— Double K ne viendra peut-être pas… mais moi, je suis là pour elle.
Les hommes se retournèrent brusquement.
— Gregg ?! dit le chef, surpris.
Toi aussi tu veux t’associer à elle et mourir avec elle ?
Alors ça tombe bien.
La bagarre éclata.
Ayo entra en action sans hésiter.
Elle enchaîna des coups de pied rapides et puissants, mettant plusieurs hommes à terre.
Gregg, de son côté, frappait avec précision et brutalité, neutralisant ses adversaires un à un.
Les hommes masqués tombèrent, incapables de résister longtemps à la combinaison de leurs attaques.
Il ne resta plus que le chef.
Gregg s’avança et déclara :
— Maintenant, tu es seul.
Le chef sourit nerveusement.
— C’est maintenant toi qu’on va tuer sans vergogne.
Il attaqua Gregg avec violence, mais Gregg bloqua ses coups, puis lui asséna un puissant coup de pied dans le ventre.
L’homme vola en arrière et tomba juste devant Ayo.
Ayo le saisit aussitôt et lui donna plusieurs coups de poing dans le ventre.
Gregg arriva par derrière et lui frappa violemment le cou.
L’homme s’effondra au sol… sans vie.
Le silence revint autour d’eux.
Gregg se redressa et dit calmement :
— Gregg Salarex.
Ayo répondit :
— Ayo, du centre unitaire.
Je sais déjà qui vous êtes.
Gregg hocha la tête.
— Moi aussi, je sais qui vous êtes.
Allons informer Krys et Karl de ce qui vient de se passer.
Martinez nous suit partout.
Ayo fronça les sourcils.
— Qui est Martinez ?
— Celui qui m’a demandé de faire descendre le commissaire, répondit Gregg.
Ayo acquiesça.
— D’accord.
Krys et Karl sont au centre unitaire.
Suivez-moi.
Ils quittèrent rapidement les lieux, conscients qu’une menace bien plus grande planait désormais sur Kandji.
Au centre unitaire, la nuit était calme.
Krys et Karl discutaient lorsqu’Ayo et Gregg arrivèrent.
En voyant Gregg, Karl se redressa immédiatement.
— Gregg ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
Ayo prit la parole sans perdre de temps.
— On doit vous parler.
Quelque chose de grave vient de se passer.
Ils s’assirent autour d’une table.
La directrice du centre unitaire resta debout, attentive.
Gregg commença :
— J’ai suivi Ayo jusqu’au supermarché.
Je sentais que quelque chose n’allait pas.
Ayo poursuivit :
— À la sortie, une vingtaine d’hommes masqués m’ont encerclée.
Ils savaient qui j’étais.
Ils ont dit que Double K ne viendrait pas me sauver.
Krys serra les poings.
— Des hommes de Martinez ?
Gregg hocha la tête.
— Oui.
Le chef du groupe travaillait pour lui.
Ils voulaient me faire payer mon refus et atteindre le centre unitaire à travers Ayo.
Karl demanda :
— Et comment vous vous en êtes sortis ?
Ayo répondit calmement :
— On s’est battus.
Ils sont tous tombés.
Le chef est mort.
Un silence lourd s’installa dans la pièce.
Krys finit par dire :
— Donc Martinez a déjà lancé son offensive.
Gregg ajouta :
— Il ne se cache plus.
Il est prêt à frapper n’importe qui, n’importe où.
Kandji n’est plus en sécurité.
La directrice du centre unitaire prit enfin la parole :
— Cela confirme nos informations.
Martinez a décidé de semer la peur pour reprendre le contrôle.
Karl se leva.
— Alors il a déclaré la guerre.
Krys fixa Ayo et Gregg.
— Désormais, personne ne sort seul.
Martinez pense nous affaiblir…
Mais il vient de faire une erreur.
Ayo croisa les bras.
— Il a touché la mauvaise cible.
Gregg conclut d’une voix grave :
— Et cette fois, il ne s’échappera pas.
La tension monta d’un cran au centre unitaire.
La traque de Martinez venait officiellement de commencer.
La nuit venait à peine de tomber à Yassin.
Les rues étaient encore animées. Des passagers attendaient des taxis, d’autres discutaient devant les boutiques.
Soudain, plusieurs véhicules surgirent à vive allure.
Ils s’arrêtèrent brutalement.
Des hommes armés descendirent en masse.
Leurs visages étaient durs, déterminés.
Martinez sortit à son tour du véhicule central.
Il observa les passagers, sans la moindre émotion.
— Personne ne bouge ! cria-t-il.
La panique s’installa immédiatement.
Avant même que quelqu’un ne réagisse, des coups de feu éclatèrent.
Des passagers tombèrent au sol.
Des cris retentirent de partout.
Martinez leva son arme et tira sans distinction.
— Je vais tuer bon nombre de personnes,
qu’elles soient innocentes ou coupables !
Ses hommes firent de même.
Ils tiraient sur ceux qui tentaient de fuir, sur ceux qui criaient, sur ceux qui suppliaient.
La rue se transforma en champ de bataille.
Du sang coulait sur le bitume.
Des corps gisaient à terre.
Martinez avançait lentement, regardant le chaos qu’il venait de créer.
— Kandji doit comprendre, dit-il froidement.
Quand je frappe, tout le monde paie.
Puis il remonta dans son véhicule.
Les bandits suivirent, laissant derrière eux des blessés, des morts et une ville traumatisée.
À Yassin, le message était clair :
Martinez venait de déclarer une guerre ouverte à toute la ville.
Au centre unitaire, Krys, Karl, Ayo et Gregg étaient réunis autour de la table tactique.
L’ambiance était lourde, chacun sentait que quelque chose allait arriver.
Soudain, une alerte sonore retentit.
Ayo consulta immédiatement l’écran.
— Attaque signalée à Yassin…
Plusieurs morts et blessés.
Un silence glacial s’installa.
Gregg baissa la tête.
— Il est passé à l’action.
Karl frappa la table du poing.
— C’est toujours pareil.
Yassin… toujours Yassin.
Chaque bandit avec qui on a eu affaire commence par ce quartier.
Krys resta calme, mais son regard était dur.
— Ce n’est pas un hasard.
Yassin est un point stratégique.
Beaucoup de passages, peu de contrôle.
Karl se tourna vers lui.
— Krys, on doit faire quelque chose.
Si on le laisse continuer, il va multiplier les attaques.
Krys prit quelques secondes, puis déclara :
— On va changer de stratégie.
Ayo demanda :
— Quel genre de stratégie ?
Krys répondit fermement :
— Martinez nous provoque pour qu’on le poursuive.
Il veut nous attirer là où il contrôle le terrain.
Gregg hocha la tête.
— Donc on ne fonce pas tête baissée.
— Exactement, continua Krys.
On ne va plus courir derrière lui.
C’est lui qui va venir à nous.
Karl esquissa un sourire.
— Un piège.
Krys conclut :
— Oui.
Un piège bien monté.
Et cette fois, Martinez ne s’en sortira pas.
Au centre unitaire, la chasse changeait de sens.
Le prédateur allait devenir la proie.
Martinez mordit à l’hameçon.
Après le carnage de Yassin, il quitta le quartier, convaincu que Double K viendrait le poursuivre.
Mais au lieu de cela, il prit la direction du centre unitaire.
Ce qu’il ignorait, c’est que tout avait été préparé.
À l’intérieur du centre unitaire se trouvaient déjà Krys, Karl, Ayo, le commissaire, Gregg et l’inspecteur, entourés des agents, appuyés par des policiers et des militaires.
Les véhicules de Martinez arrivèrent à grande vitesse.
Sans attendre, ses hommes ouvrirent le feu.
Les balles pleuvaient de partout.
Mais les agents du centre unitaire restèrent calmes et disciplinés.
Ils ripostèrent immédiatement.
Les policiers et les militaires prirent position.
Les tirs étaient précis.
Un à un, les hommes de Martinez tombèrent.
Le chaos dura quelques minutes… puis le silence revint.
Martinez regarda autour de lui.
Il était seul.
Des coups de feu continuaient de venir de directions qu’il ne voyait même pas.
Il comprit trop tard qu’il était encerclé.
Krys, Karl, Ayo, Gregg, le commissaire et l’inspecteur sortirent de leurs positions.
Krys s’avança.
— Martinez, tu es piégé.
Lâche ton arme.
Martinez hésita, regarda autour de lui, puis jeta son arme au sol.
À ce moment-là, Gregg leva son pistolet.
— Martinez, tu vas payer.
Karl réagit immédiatement.
— Gregg, non. Ne tire pas !
Mais il était déjà trop tard.
Gregg appuya sur la détente.
Le coup de feu retentit.
Martinez s’écroula au sol, sans vie.
Un silence pesant s’installa.
Le commissaire fixa Gregg.
— Gregg… je n’ai pas voulu qu’on l’élimine.
Gregg baissa son arme, le regard dur.
— Monsieur le commissaire, il méritait de mourir.
Regardez combien de vies il a brisées.
Il a tué des pères de famille.
Il a rendu beaucoup de personnes orphelines.
Personne ne répondit.
Chacun savait que Martinez ne frapperait plus jamais Kandji.
La guerre était terminée…
Mais le prix payé resterait gravé dans les mémoires.
Krys et Karl étaient de retour sur le campus.
Dans leur dortoir, l’ambiance était détendue, presque silencieuse.
Karl consultait son téléphone lorsqu’il s’arrêta net.
— Krys… les résultats sont déjà disponibles.
Krys leva la tête.
— Déjà ?
— Oui, le responsable d’amphi vient de les envoyer dans le groupe.
Krys prit son téléphone.
— Ok, je vais jeter un coup d’œil.
Quelques secondes passèrent.
Karl sourit largement.
— Krys, je t’avais dit.
J’ai validé toutes les matières.
Krys releva les yeux, satisfait.
— Ainsi que moi.
Ils échangèrent un regard complice.
Karl s’allongea sur son lit.
— Finalement, on a assuré.
Krys acquiesça.
— Oui.
Maintenant, on attend le second semestre.
Karl conclut calmement :
— On reprend les cours dans quatre jours.
Dans le dortoir, pour la première fois depuis longtemps,
la paix semblait être de retour.
Au restaurant du campus, Krys, Karl et Ayo étaient assis autour d’une table, leurs plateaux devant eux.
L’ambiance était détendue, presque joyeuse.
Karl mâchait tranquillement avant de regarder Ayo.
— Dis, Ayo…
Il te reste combien de matières à valider ?
Ayo sourit.
— Aucune.
Puis elle se tourna vers Karl.
— Et toi qui étais à la bouche ?
Karl éclata de rire.
— Aucune aussi.
Tu t’attendais au pire, n’est-ce pas la patate ?
Ayo fronça les sourcils.
— Ok…
Mais arrête de m’appeler patate.
Quand tu me vois, je ressemble à un tubercule ?
Krys leva la main.
— C’est bon, calmez-vous.
Ayo se tourna alors vers lui.
— Et toi, Krys ?
Tu as tout validé ?
Krys répondit calmement :
— Comme il le fallait.
Ils reprirent leur repas, souriants.
Pour une fois, ils profitaient simplement de la vie étudiante.
Dans l’amphi, le professeur expliquait son cours avec sérieux.
Krys et Karl étaient assis côte à côte.
Karl, distrait, balaya la salle du regard.
C’est alors qu’il aperçut une belle fille assise un peu plus loin.
Elle croisa son regard…
et lui fit un clin d’œil.
Karl esquissa un sourire.
Soudain, un morceau de papier vola et tomba sur sa table.
Il le déplia discrètement.
Le message disait :
« Mais si tu oses toucher la meuf, tu auras affaire avec moi. »
Karl fronça les sourcils et montra le papier à Krys.
Krys jeta un rapide coup d’œil, puis répondit calmement :
— Karl, je suis ici pour suivre les cours aux heures de cours.
Oublie ce mec et suivons le professeur.
Karl soupira, puis rangea le papier.
— D’accord.
Il leva les yeux vers le tableau pendant que le professeur continuait son explication.
Dans l’amphi, la vie reprenait son cours normal.
Mais quelque part, une nouvelle histoire venait peut-être de commencer.
Le cours se poursuivait normalement.
Le professeur écrivait au tableau pendant que les étudiants prenaient des notes.
Karl essayait de se concentrer, mais son esprit revenait sans cesse au message.
Il se pencha légèrement vers Krys.
— Tu penses que c’est une menace sérieuse ?
Krys répondit sans détour :
— Sur un campus, rien n’est jamais à prendre à la légère.
Mais ne te laisse pas distraire.
Les problèmes viennent souvent quand on répond à la provocation.
À la fin du cours, les étudiants commencèrent à sortir de l’amphi.
La jeune fille passa près de Karl.
— Désolée pour tout à l’heure, dit-elle à voix basse.
Il est un peu… possessif.
Karl esquissa un sourire.
— Aucun souci.
Elle s’éloigna rapidement.
Krys observa la scène.
— Voilà.
Tu vois ?
Ce genre de choses attire toujours des ennuis.
Karl répondit calmement :
— Cette fois, je n’ai rien fait.
Au fond de l’amphi, un étudiant les observait fixement.
C’était le même qui avait lancé le papier.
Son regard était froid.
La tension montait lentement, presque imperceptiblement.
Sur le campus, une nouvelle histoire venait de s’installer…
et elle n’avait rien d’innocent.
Sur le campus, Ayo marchait seule entre deux bâtiments lorsque plusieurs hommes surgirent devant elle.
Ils étaient nombreux, le regard agressif.
L’un d’eux s’avança.
— Ce n’est pas toi qui nous avais frappés l’autre jour ?
Cette fois, on est plus nombreux.
Les autres ricanèrent en se rapprochant.
— Personne ne viendra t’aider ici, continua-t-il.
On va te faire payer ce que tu as fait.
Ayo se mit en position, prête à se défendre.
C’est à ce moment-là que deux voix retentirent derrière eux.
— Personne ne viendra ?
Mais nous, on est là.
Les bandits se retournèrent.
Krys et Karl venaient d’arriver.
Karl sourit froidement.
— Bande de lâches.
Approchez.
Prenez chacun votre part.
Sans attendre, la bagarre éclata.
Krys frappa avec précision.
Karl enchaîna les coups.
Ayo se joignit au combat, rapide et déterminée.
En quelques instants, plusieurs bandits tombèrent au sol.
D’autres, blessés et paniqués, prirent la fuite.
Le calme revint progressivement sur le campus.
Karl épousseta ses mains.
— Bon…
On continue notre chemin.
Krys regarda autour de lui.
— Le campus n’est plus aussi tranquille qu’avant.
Ayo acquiesça.
— Et ce n’est sûrement pas fini.
Ils reprirent leur route, conscients qu’une nouvelle menace venait de naître… même dans un lieu censé être sûr.
Le campus était animé comme d’habitude lorsque tout bascula.
Des coups de feu retentirent soudainement.
Les étudiants se mirent à crier et à courir dans tous les sens.
La panique envahit les lieux.
Krys se retourna instinctivement.
— Des tirs…
Sans hésiter, il sortit son arme.
Karl fit de même.
Ayo aussi.
Karl les regarda brièvement, surpris, puis esquissa un sourire tendu.
— Donc vous aussi, vous avez appris à garder vos armes…
au cas où quelque chose tournerait mal.
Krys répondit sèchement :
— Ce campus n’est plus une zone neutre.
Ayo ajouta :
— On ne peut pas laisser ces gens faire un carnage.
Karl rechargea.
— Bon…
On y va.
Des assaillants armés avançaient entre les bâtiments, tirant sans distinction.
L’équipe se mit en mouvement.
Krys prit position derrière un mur et ouvrit le feu avec précision.
Karl couvrait l’autre flanc.
Ayo avançait avec méthode, ciblant les assaillants qui tentaient d’approcher.
Plusieurs hommes tombèrent.
D’autres reculèrent, surpris par la riposte.
Les coups de feu résonnaient encore dans l’air, mais une chose était claire :
les assaillants ne s’attendaient pas à tomber sur Double K et Ayo.
Le campus venait de devenir un champ de bataille.
Et ce combat n’était pas encore terminé.
Les sirènes résonnaient au loin alors que les policiers, les militaires et les agents du centre unitaire arrivaient en renfort.
Ils ouvrirent le feu avec précision et éliminèrent plusieurs assaillants.
Au milieu du chaos, Krys se retrouva face à un adversaire puissant, robuste et rapide.
Un duel s’engagea immédiatement.
Krys esquivait et bloquait les coups de son adversaire avec agilité, cherchant la faille.
Puis, d’un mouvement rapide, il porta un premier coup de poing sur l’œil droit de l’homme, suivi d’un second, plus violent.
Profitant de l’ouverture, il le projeta contre un mur avec force.
De son côté, Karl affrontait un homme robuste, difficile à vaincre.
Un coup de poing atteignit sa poitrine, mais il résista et riposta avec des coups de pied précis et létaux.
Finalement, l’homme s’effondra, vaincu.
Les derniers assaillants prirent la fuite, sentant que la bataille était perdue.
Lorsque le calme revint, Krys, Karl et Ayo se retrouvèrent au milieu du campus, respirant profondément.
Karl observa les alentours et dit :
— Quelque chose se prépare à Kandji.
Krys hocha la tête, son regard sombre et déterminé.
— Oui… et nous devons être prêts.
Ayo ajouta :
— Peu importe ce que c’est, nous ferons face ensemble.
Le campus, à présent silencieux, portait encore les traces de la violence, mais Double K et leurs alliés savaient que le véritable danger n’avait fait que commencer.
Quelques mois après les cours et les examens du second semestre, Krys et Karl étaient au centre unitaire, accompagnés d’Ayo.
Krys prit la parole, satisfait :
— Bon ! On a fini avec cette année. On attend juste les résultats. En tout cas, je n’ai pas de rattrapage.
Karl sourit :
— Ainsi que moi.
Ayo acquiesça :
— Moi aussi. Je n’irai pas au rattrapage.
Avec ce qui s’est passé sur le campus l’autre fois, je ne pense pas que ce soit une attaque sans raison. Il y a quelqu’un derrière tout ça.
Krys posa son regard déterminé sur elle :
— On trouvera la personne.
Karl se leva, détendu :
— Bon ! Moi, je vais au bord du lac pour pêcher des poissons.
Krys sourit :
— On ira ensemble.
Ayo secoua la tête :
— Moi, je n’y vais pas.
Karl taquina :
— Tu as peur de l’eau… tu souffres d’aquaphobie.
Ayo éclata de rire, puis le frappa légèrement :
— Andouille ! Je t’encule !
Krys éclata de rire également :
— C’est bon !
Karl se tourna vers Krys :
— On y va ?
Krys acquiesça :
— Oui, allons-y.
Karl ajouta avec un clin d’œil :
— On reviendra avec beaucoup de poissons.
Ils quittèrent le centre unitaire, profitant de ce moment de répit, mais chacun savait que Kandji ne resterait pas tranquille éternellement.
Krys et Karl revenaient du lac, leurs paniers remplis de poissons.
Krys sourit en regardant leur butin :
— Bro, on va manger beaucoup de poissons ce soir.
Karl hocha la tête avec enthousiasme :
— Ah oui ! Nous allons partager les petits aux agents et nous, on va manger le gros poisson qu’on a pêché.
Krys observa le poisson le plus gros, presque aussi large que ses cuisses.
— Ce poisson pèse plus que nos cuisses… Ce soir, c’est la fête !
Karl éclata de rire :
— Exactement ! Après tous ces combats et ces missions, on mérite bien un peu de détente.
Ils continuèrent leur chemin vers le centre unitaire, heureux et fiers de leur journée, prêts à partager ce repas avec leurs collègues.
De retour au centre unitaire, Krys et Karl s’installèrent autour de la table.
Bientôt, quelqu’un leur balança les résultats.
Krys prit le document et annonça avec un grand sourire :
— Bro, les résultats sont déjà disponibles !
Je passe en 2ème année sans rattrapage.
Karl le regarda, ravi :
— Moi aussi ! Je n’ai pas de rattrapage.
Ayo sourit et ajouta :
— Moi aussi, je n’irai pas au rattrapage.
Krys leva les bras, satisfait :
— Bon… alors on est officiellement en vacances !
Karl éclata de rire :
— Enfin ! Après tout ce qu’on a traversé cette année, on mérite ce repos.
Ayo acquiesça :
— Oui… mais souvenez-vous, même en vacances, Kandji ne dormira jamais vraiment.
Tous trois échangèrent un regard complice, conscients que de nouvelles aventures les attendaient, mais pour l’instant, ils allaient profiter de leur répit bien mérité.
À Yassin, Krys et Karl marchaient tranquillement, sans Ayo.
Ils observaient les environs tout en discutant.
Krys ralentit le pas.
— Mec… je sens que quelque chose se passe dans cette zone.
Karl fixa un bâtiment un peu plus loin.
— Oui.
On dirait qu’il se passe quelque chose dans ce bâtiment.
Sans hésiter, ils s’en approchèrent et entrèrent discrètement.
À l’intérieur, ils découvrirent plusieurs hommes masqués armés, entourant des civils terrorisés.
Un homme bien habillé tremblait devant eux.
L’un des assaillants parla d’un ton sec :
— Monsieur le PDG, conduisez-nous vers votre coffret.
Krys avança de quelques pas.
— Vous conduire vers le coffret ?
Et c’est pour quoi faire ?
Le chef des bandits se tourna vers eux, surpris mais calme.
— Double K…
Mettez-vous en dehors de cette affaire.
Karl sourit froidement.
— Pas du tout.
On n’est peut-être que deux, mais tes hommes ne nous font pas peur.
Le chef fit un signe de la main.
— Attaquez-les.
Instantanément, Krys sortit son arme et ouvrit le feu avec précision.
Deux hommes tombèrent. Les autres se dispersèrent dans la panique.
Profitant du chaos, le chef tenta d’emmener le PDG vers une sortie secondaire.
Mais Karl avait anticipé.
D’un geste rapide, il lança un couteau par derrière.
La lame atteignit le chef au cou.
L’homme s’effondra immédiatement.
Le silence retomba dans le bâtiment.
Krys s’approcha du PDG.
— C’est fini.
Vous êtes en sécurité.
Karl regarda autour de lui.
— Yassin attire encore trop de vautours.
Krys hocha la tête.
— Oui…
Et tant que ce quartier sera une cible, on devra rester vigilants.
Ils quittèrent le bâtiment, conscients que Yassin n’avait pas encore livré tous ses secrets.
Après avoir neutralisé les bandits, Krys et Karl se retrouvèrent dans un jardin non loin du bâtiment.
L’endroit semblait calme, presque trompeur.
Ils marchaient lentement entre les arbres.
Krys rompit le silence :
— Karl, j’ai 28 grenades dans mon sac.
Au cas où quelque chose se passe, je me défendrai avec ça.
Tu te rappelles qu’on a déjà été attaqués ici.
Karl acquiesça.
— Oui.
Moi aussi, j’ai gardé 48 grenades.
Ils continuaient de discuter quand le bruit de moteurs attira leur attention.
Cinq véhicules se garèrent brutalement devant l’entrée du jardin.
Krys se figea.
— Karl… on se casse d’ici.
On prend par là.
Sans perdre une seconde, ils quittèrent le jardin par un passage discret à l’arrière.
Quelques instants plus tard, des hommes armés envahirent l’endroit.
L’un d’eux parla dans son talkie :
— Chef, Krys et Karl ont disparu.
Une voix répondit au téléphone, froide et autoritaire :
— Ils sont peut-être de l’autre côté.
— Ok, boss.
L’assaillant se tourna vers les autres.
— Allons les chercher de l’autre côté.
Les moteurs redémarrèrent aussitôt.
Pendant ce temps, Double K avançait déjà dans l’ombre, une longueur d’avance sur leurs ennemis.
Krys et Karl se trouvaient dans un coin reculé de la ville, loin de l’agitation et des mouvements habituels.
Un endroit discret, idéal pour un affrontement.
Krys observa les alentours puis déclara calmement :
— Je sais qu’ils viendront ici.
Avec tout ce qu’on a, on pourra les affronter à deux.
Karl hocha la tête.
— Oui.
Au loin, le bruit des moteurs se rapprochait.
Les assaillants arrivèrent avec leurs véhicules.
Avant même qu’ils ne descendent, Karl sortit plusieurs grenades et les lança vers trois véhicules.
Les explosions retentirent presque en même temps.
Les trois véhicules partirent en flammes.
Krys esquissa un sourire.
— C’est la première mi-temps.
— Pas de pause, répondit Karl.
Il faut qu’on en finisse avec eux maintenant.
— Ce sera trop facile, répliqua Krys.
Moi, je veux les affronter.
Les assaillants sortirent des deux véhicules restants et commencèrent à tirer.
Krys ouvrit le feu.
Karl fit de même.
Les balles fauchaient les ennemis qui tentaient d’avancer.
Krys sortit ensuite des grenades de son sac.
— Karl, je lance ces grenades et on passe par derrière.
Il lança les grenades.
De violentes explosions retentirent derrière les assaillants.
Profitant de la confusion, Krys et Karl coururent, contournant la zone.
Mais plus loin, ils tombèrent sur d’autres bandits armés d’épées.
Sans hésiter, le combat s’engagea.
Coups de poing, esquives, projections.
Krys et Karl frappaient avec précision et coordination.
En quelques minutes, les hommes armés s’écroulèrent au sol.
Le silence revint.
Krys souffla puis déclara :
— Tant que toi et moi on est unis, Double K sera imbattable.
Après cela, ils se rendirent au centre unitaire pour tout raconter à Ayo.
Plus tard dans la soirée, Krys et Karl se retrouvèrent dans un bar, assis face à face, chacun avec une bière.
Karl brisa le silence :
— Bro, c’est parce que toi et moi on est unis qu’on n’arrive pas à nous atteindre.
Ensemble, on anticipe les mouvements de nos ennemis.
Krys acquiesça.
— Oui.
On doit rester ainsi.
Demain, on ira à Nangbèdjè.
Karl appela la servante :
— Je veux encore douze bières.
Krys le regarda et sourit légèrement.
— Bro, tu veux t’énivrer avant qu’on ne rentre ?
Servante, plus de bière sur la table.
Je paye la facture de ce qu’on vient de boire… et on quitte ici.
Ils se levèrent, calmes, soudés, prêts pour la suite.
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