La hache de Sangor ou les gangs des haches
11 août 2025📖 CHAPITRE 1 : Le Sang de Djassi
Rayo, quartier Djassi — 04h12 du matin.
La pluie tombait fine, sale, froide. Elle ruisselait sur les pavés craquelés de Djassi, noyant les flaques de sang comme si la ville voulait effacer ce qu’elle venait de voir.
Au centre du terrain vague, à moitié éclairé par les néons d’un lampadaire tremblotant, le corps de Sangor gisait, face contre terre. Sa main droite tendue vers le vide. Sa hache avait disparu.
Il avait été frappé dans le dos. Une entaille nette. Un coup maîtrisé. Pas une bagarre de rue. Pas un règlement de comptes bruyant. Une exécution.
Tanguy arriva le premier sur les lieux. Il ne cria pas. Il resta figé, les yeux grands ouverts, comme si son cœur refusait d’y croire. Puis il s’agenouilla près du cadavre, toucha les épaules froides de son frère d’armes.
— C’est pas vrai… C’est pas possible…
Quelques secondes plus tard, Nahum et Afi débarquèrent à moto, l’air tendu.
— C’est lui ? demanda Afi, déjà tremblante.
Nahum se baissa, observa la blessure, puis regarda autour.
— Où est sa hache ? murmura-t-il.
Silence.
Tanguy se releva, les poings serrés.
— C’est Drex… c’est obligé… Ce fils de chacal a osé le faire.
Afi essuya ses larmes d’un revers de main.
— Il ne nous a même pas laissé le corps entier… C’est un message.
Nahum prit une profonde inspiration.
— Alors on va répondre. Comme Sangor l’aurait voulu. Mais on le fera bien. Pas comme des chiens fous. Comme des loups.
Un éclair fendit le ciel. La guerre des haches venait de commencer.
đź“– CHAPITRE 2 : Le Plan des Trois Loups
Rayo, planque du San Gang — le soir même, 22h46.
Le silence dans la pièce était lourd. Pas celui de la paix. Non. Celui qui précède une tempête.
Tanguy fixait la table au centre de la pièce, les bras croisés. Afi était debout, adossée au mur, les yeux fermés. Nahum dessinait un schéma sur une feuille froissée avec un vieux crayon.
— On ne peut pas foncer comme des sauvages, déclara Nahum sans lever les yeux. Drex ne sera pas seul. Il sait qu’on va venir. Il s’y attend.
— Justement, répondit Tanguy. Il attend un carnage. Moi, je vais lui offrir une punition.
Afi ouvrit les yeux.
— Tu veux vraiment le tuer toi-même ?
— Pas envie. Besoin. Il a volé Sangor à la ville. À nous. Il a pris la hache. Il a ouvert la guerre.
Nahum leva enfin la tête.
— Alors on attaque, mais stratégiquement. On le frappe là où ça fait mal.
Il pointa du doigt le schéma sur la table. Un croquis des quartiers du Djadja Gang :
Garage Sayan – point de rendez-vous régulier.
Club Anaconda – leur quartier général camouflé en boîte de nuit.
Appart de Drex – protégé, toujours gardé.
— On ne peut pas encore viser Drex directement, dit Nahum. Trop risqué. Mais on peut lui retirer ses jambes avant de viser sa tête.
Afi sourit. Froidement.
— Tu parles de Blacko et Marius ?
— Exactement. Blacko est son chien de garde. Marius, son ombre. Si on les neutralise… Drex ne tiendra plus longtemps.
Tanguy tapa du poing sur la table.
— Ok. Je prends Blacko. Je vais lui faire regretter chaque seconde de sa loyauté.
Afi enchaîna sans hésiter :
— Moi, je veux Marius. Je le connais. Il me sous-estime. Ça sera sa dernière erreur.
Nahum acquiesça.
— Et moi, je vais faire parler les murs de Rayo. J’ai un plan pour retrouver où ils cachent la hache.
Un silence court s’installa. Puis Tanguy ajouta :
— Et Gaho ? Tu crois qu’il va nous gêner ?
Nahum répondit calmement :
— S’il cherche la vérité… il finira par tomber sur nous. Et peut-être qu’il verra qui sont les vrais justiciers dans cette ville pourrie.
Ils se regardèrent tous les trois. Le pacte était clair.
Rayo allait trembler.
đź“– CHAPITRE 3 : Les Haches Parlent
Centre-ville de Rayo — Quartier Rayo-Centre — 01h22 du matin.
Les rues étaient presque vides à cette heure. Juste quelques vendeurs endormis sous des bâches, des chiens errants, et l’écho lointain d’une moto qui traînait quelque part.
Tanguy marchait devant, les mains dans les poches, l’air calme, mais ses yeux balayaient chaque coin d’ombre. À ses côtés, Nahum tenait une petite hache dissimulée sous son manteau. Afi fermait la marche, silencieuse, une lame courbe attachée à sa cuisse.
— Trop calme, murmura Nahum.
— C’est parce qu’on est observés, répondit Tanguy. Ils sont là.
Il n’avait pas fini sa phrase que des silhouettes surgirent de derrière un kiosque, armées de haches brillantes sous la lumière des réverbères. Cinq hommes. Tous tatoués du sigle D.J.G — Djadja Gang.
— Tiens tiens… les chiens de Sangor se promènent sans leur maître, ricana l’un d’eux.
Tanguy avança de deux pas.
— Mauvaise nuit pour vous.
— On est cinq. Vous êtes trois. Faites vite vos prières, lança un autre.
Afi sourit.
— C’est justement ce qu’on espérait.
Et là… tout explosa.
Tanguy sortit sa hache dans un geste rapide et abattit le premier ennemi comme une bête. Le bruit sec de l’os qui se brise résonna.
Nahum tourna sur lui-même, évita un coup, planta sa hache dans la jambe de l’un des bandits, qui hurla en tombant.
Afi se battait vite, agile comme un serpent. Elle grimpa sur le dos d’un adversaire, lui entoura le cou avec sa jambe, et planta sa lame dans sa gorge, avant de retomber souplement sur ses pieds.
En moins d’une minute, trois des cinq ennemis étaient au sol, hurlant ou inconscients.
Les deux derniers hésitèrent.
— On… on n’avait pas prévu ça, bégaya l’un.
Tanguy s’approcha lentement de lui.
— Tu vas dire à Drex… que le sang a commencé à couler. Et que les haches sont toujours entre les mains du San Gang.
Le type hocha la tête en tremblant, traîna son camarade blessé et disparut en courant dans la nuit.
Nahum s’essuya le front.
— Ça va faire du bruit.
— Parfait, dit Tanguy. On veut que ça fasse du bruit.
Afi regarda les corps au sol, les haches abandonnées, les traces de sang.
— Ce n’était qu’un avant-goût… La vraie guerre commence.
Chapitre 4: Le message de sang
Dans son repaire situé dans le quartier sombre de Djadja-Bas, Drex était en pleine réunion avec quelques-uns de ses lieutenants. L’ambiance était tendue, le silence presque sacré, brisé seulement par le cliquetis des lames qu’on affûtait.
Soudain, un jeune messager haletant surgit à l’entrée. Il tenait un petit sac en toile taché de sang. Les yeux de Drex se plissèrent.
— Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il, froidement.
Le messager s’agenouilla et posa le sac à ses pieds sans un mot. Drex l’ouvrit lentement, puis recula légèrement en découvrant le contenu : une main droite tranchée, les doigts crispés, encore couverts de sang séché.
— Non… murmura Drex.
Un petit morceau de papier roulé était attaché au poignet avec un fil noir. Il le défit et lut :
« Voici ce qu’il en coûte d’oser nous croiser. San Gang. »
Le chef du Djadja Gang resta figé un instant, la rage montant dans sa poitrine. Ses yeux flamboyèrent de haine.
— Qui ? demanda-t-il d’une voix grave.
— Trois de nos gars, chef... Ils ont été trouvés morts, au centre-ville. Les témoins disent qu’ils ont été attaqués à la hache. C’était… brutal, répondit un des lieutenants.
Drex se redressa lentement, puis saisit sa propre hache à deux mains. Elle brillait sous la lumière crue.
— Très bien. Si c’est la guerre qu’ils veulent… ils l’auront. Et cette fois, je vais trancher bien plus qu’une main.
Chapitre 5 : Le grondement du chaos
Le silence de la nuit fut brisé par le bruit sec d’un poing frappant une table en fer. Drex, furieux, tournait en rond dans son repaire. La main tranchée de son homme gisait encore sur le sol, enveloppée dans un vieux tissu imbibé de sang. Autour de lui, ses lieutenants retenaient leur souffle. Drex leva les yeux, ses pupilles brûlant d’une rage froide.
— Qu’ils veulent la guerre ? Ils vont l’avoir, grogna-t-il.
Il sortit son talkie-walkie et lança un ordre bref :
— Rassemblez tous les groupes. Opération Brouillard de Haches.
En moins d'une heure, la ville de Rayo vit surgir des silhouettes menaçantes à chaque coin de rue. Des hommes masqués, armés de haches courtes et de machettes, se mirent à rôder dans les quartiers de Silavo, Zedona, Mourta, et même près de la gare de Torvi. Des feux de bidons furent allumés. Des passants furent fouillés. Des cris résonnèrent. Des messages codés furent tagués sur les murs :
"La hache est partout. Le sang aussi."
Drex n’avait plus qu’un seul objectif : faire de Rayo une ville où même l’ombre aurait peur de se déplacer.
Il voulait que San Gang comprenne une chose : ils avaient déclenché un ouragan... et il comptait bien être son épicentre.
Chapitre 6 : Interrogations en pleine fumée
Les rues de Rayo sentaient la poudre et la peur. Les marchands pliaient tôt, les enfants disparaissaient des ruelles, et les rideaux se refermaient avant le coucher du soleil. Des rumeurs parlaient de descentes, de disparitions, de visages masqués. La ville n’était plus la même.
Dans une ruelle de Zedona, Tanguy, Nahum et Afi avançaient prudemment, capuches sur la tête. Ils scrutaient chaque coin de rue.
Tanguy grogna :
— C’est comme si Drex avait ouvert une cage remplie de démons.
— Il cherche à semer la terreur, répondit Nahum. C’est sa réponse à la mort de ses hommes.
— Sangor a été clair. On ne recule pas, ajouta Afi en serrant les poings.
Soudain, une voix s’éleva derrière eux :
— Hé vous trois !
Ils se retournèrent, sur la défensive… jusqu’à ce qu’ils reconnaissent Gaho, un ancien chef de gang retiré, respecté par tous pour sa sagesse. Il était en tenue simple, avec son éternelle canne sculptée, et son regard perçant.
— Expliquez-moi ce qui se passe ici. Depuis trois jours, la ville est un champ de tension. Vous êtes au cœur de tout ça, je me trompe ?
Tanguy baissa les yeux. Gaho continua :
— Vous croyez que foutre le feu à une poudrière sans prévenir personne est intelligent ? Je sens que cette histoire dépasse un simple règlement de comptes.
Nahum prit la parole :
— C’est Drex qui a ouvert les hostilités. Sangor n’a fait que répondre. Mais maintenant, on dirait que le diable en personne dirige ses troupes.
Gaho s’approcha lentement :
— Et vous pensez que ce conflit s’arrêtera sans bain de sang ? Si vous tenez vraiment à votre cause, alors préparez-vous à payer le prix.
Un long silence tomba. Le vent souffla entre les murs de la ruelle.
— La ville est en train de brûler, mes fils, dit Gaho avant de s’éloigner. La question est : qui va rester debout dans les cendres ?
Chapitre 7 – L’appel de guerre
La tension était à son comble dans les rues de Rayo. Des motos tournaient dans tous les quartiers. Les hommes de Drex étaient sortis en masse, postés à chaque coin stratégique, armés jusqu’aux dents. Le silence des civils contrastait avec l’agitation brutale des gangs.
C’est alors qu’en plein centre-ville, Drex, entouré de ses lieutenants, lança un appel vidéo en direct à San Gang. L’image s’afficha sur l’écran d’un vieux téléphone que tenait Tanguy. Il activa le haut-parleur, et les autres – Nahum et Afi – se rapprochèrent.
La voix moqueuse de Drex retentit :
— Allô les chatons de San Gang… dit-il en souriant d’un air méprisant. C’est à cause de la hache de votre maître que vous voulez m’affronter… ou c’est à cause de sa mort ?
Tanguy fronça les sourcils, serra sa hache dans sa main et répondit aussitôt :
— Les deux, vieux pangolin ! Tu l’as volée, tu l’as tué, tout en sachant qu’il reviendrait la récupérer s’il vivait. Mais comme t’as préféré l’éliminer… cette fois, c’est ta tête qu’on va couper !
Drex éclata de rire.
— On dirait que les petits hérissons sont devenus fous… Très bien, on se retrouve ce soir. Mais je vous préviens, cette ville n’est plus à vous. Elle est à mes haches.
La communication se coupa.
Un silence lourd régna. Puis Nahum lança :
— On le terminera. Et cette ville redeviendra libre.
Afi hocha la tête. Le combat venait de franchir un nouveau niveau.
Chapitre 8 : Le Coup de Grâce Manqué
La nuit avait étendu son voile sombre sur le quartier de Silavo, territoire contrôlé par le Djadja Gang. Sous la lumière vacillante des réverbères, les ombres dansaient et s’étiraient, annonçant un danger imminent.
Tanguy, Nahum et Afi, camouflés dans l’obscurité, avaient préparé leur attaque surprise. Le San Gang voulait frapper fort, et ce quartier était la clé.
Au signal, ils surgirent comme des fantômes, haches levées, criant des noms et des menaces qui résonnaient dans les ruelles étroites.
Le choc fut brutal. Les hommes de Drex se défendirent avec férocité, des éclats de métal se mêlant aux cris et au fracas des corps qui s’entrechoquaient.
Tanguy avançait avec rage, balayant les ennemis d’un coup précis, faisant place nette devant lui.
Puis, au détour d’une ruelle, il aperçut enfin Drex.
Leurs regards se croisèrent, lourds de haine et de défi.
Sans hésiter, Tanguy s’élança vers lui, hache brandie.
Mais Drex, rapide comme l’éclair, esquiva habilement, évitant le coup fatal.
Profitant de l’élan, Drex lança une seconde hache, tranchante et mortelle, droit sur Tanguy.
Ce dernier, avec une agilité instinctive, plongea sur le côté, évitant la lame de justesse.
Drex profita de l’ouverture pour disparaître dans l’obscurité, laissant derrière lui une atmosphère lourde de tension et de promesses de vengeance.
Nahum et Afi rejoignirent Tanguy, essoufflés mais déterminés.
— Il est toujours là, murmura Afi.
— Et il sait qu’on ne lâchera rien, répondit Tanguy, serrant son poing autour du manche de sa hache.
La guerre continuait.
Chapitre 9 : La colère sanglante
Dans un restaurant sombre du quartier Torvi, Drex s’était réfugié, tentant de reprendre son souffle. La hache dans sa main droite brillait sous la lumière tamisée, reflet de sa rage brûlante.
Autour de lui, les clients tentaient de garder le calme, mais l’atmosphère était lourde, chargée de tension.
Drex serrait la hache si fort que ses jointures blanchissaient. Ses yeux lançaient des éclairs.
Un client, malchanceux, croisa son regard. Peut-être un regard trop long, un geste mal interprété.
Sans prévenir, Drex leva son arme et, dans un cri sauvage, frappa violemment le cou de l’homme.
Un bruit sourd, un hurlement, puis le chaos.
Les autres clients paniquèrent, se ruant vers la sortie. Certains criaient, d’autres tentaient d’intervenir, mais la peur paralysait.
Drex, haletant, regarda le corps tomber, un ruisseau de sang s’étalant sur le carrelage.
Il n’était plus seulement un chef de gang. Il était devenu un monstre, prêt à tout pour écraser ses ennemis.
Chapitre 10 : Sur les traces du carnage
L'appel à la police avait été immédiat. Un meurtre sanglant en plein restaurant de Torvi… La ville entière commençait à perdre le contrôle.
Le lieutenant Gaho, déjà sur les nerfs à cause des récentes tensions entre les gangs, arriva sur les lieux accompagné de deux agents en civil.
La scène était chaotique.
Le corps du client gisant au sol, gorge presque tranchée, baignait dans une mare de sang noircie par le carrelage. Les témoins, choqués, étaient regroupés dans un coin, certains pleurant, d'autres encore sous le choc, incapables de parler.
— "C’est lui… C’est Drex… Il l’a tué comme ça, pour rien…", murmura une femme, les mains tremblantes.
Gaho serra les dents. Drex était devenu incontrôlable.
— « Appelez tous les commissariats de soutien, ordonna-t-il. On met une alerte maximale sur ce type. Je veux des patrouilles dans les zones rouges. »
Mais Gaho savait que Drex n’allait pas se cacher. Il allait frapper encore.
Et le sang risquait de couler bien plus qu’il ne l’imaginait.
Chapitre 11 : Le dilemme
Le soleil venait à peine de se lever sur Rayo, mais l’atmosphère était déjà lourde. Le lieutenant Gaho avait convoqué ce qui restait du San Gang dans un bâtiment discret prêté par un ancien militaire de confiance.
Autour de la table, Tanguy, Nahum et Afi étaient réunis. Tous avaient été secoués par le carnage commis par Drex. L’heure n’était plus aux hésitations.
Gaho entra, l’air grave. Il jeta un dossier sur la table. Des photos. Le restaurant ravagé. Le sang. La hache. La terreur sur les visages.
— « Écoutez-moi bien. Il faut qu’on arrête Drex. Et qu’on le fasse intelligemment. Il est dangereux, instable, mais... on ne va pas le tuer. »
Un silence pesant s’installa.
Tanguy se leva lentement, les poings fermés, les mâchoires crispées.
— « Non. Moi je vais couper sa tête. »
— « Tanguy... » souffla Gaho.
Mais Tanguy poursuivit, déterminé :
— « On ne peut pas le garder vivant. La prison perpétuelle ne suffit pas. Par le passé, il a brisé des vies... des rêves en cours de réalisation. Moi je vais le tuer. Je m’en fous de vos décisions. »
Nahum resta silencieux, observant les tensions.
Afi, elle, fronça les sourcils, déjà prête à intervenir.
La tension dans la pièce était à son comble.
Rayo allait bientôt trembler.
Chapitre 12 — La Furie de Drex
La nuit recouvrait Rayo d’un voile épais. Le vent, chargé de poussière, sifflait entre les bâtiments silencieux. Mais cette paix n’était qu’un leurre.
Une heure après minuit, Drex revint dans la ville. Il n’était pas seul. Une dizaine de ses hommes l’entouraient, tous armés de haches. Ils marchaient sans bruit, disciplinés, déterminés.
Ils arrivèrent à l’entrée du quartier militaire Est, où une patrouille de soldats était en faction.
— Aucune pitié, murmura Drex.
Le carnage débuta. Les soldats, surpris, n’eurent pas le temps de réagir. Le premier fut décapité d’un coup sec. Le second reçut une hache dans le dos en tentant de fuir. Les cris furent étouffés dans la nuit. Drex, les yeux injectés de rage, avançait comme un démon, frappant sans relâche.
Une hache s’enfonça dans la poitrine d’un sergent. Une autre trancha net le bras d’un capitaine. En moins de cinq minutes, le sol était jonché de corps ensanglantés. Le sang glissait lentement dans les rigoles.
Drex se tenait debout au milieu des cadavres. Il leva sa hache vers le ciel.
— Ceci est un avertissement. La ville de Rayo tombera à mes pieds.
Il cracha sur le sol, jeta un dernier regard aux morts, puis tourna le dos et s’enfonça dans l’ombre avec ses hommes. Leur mission venait à peine de commencer.
Après avoir appris que Drex venait encore de frapper en plein centre-ville de Rayo, tuant plusieurs militaires de façon sauvage, la tension au sein de San Gang monta d’un cran.
Réunis à l’abri, dans leur cachette à la périphérie de la ville, les quatre membres survivants étaient à bout.
Tanguy, le regard sombre, serra la lame de sa machette :
— « Ce type nous provoque encore... Il n’a rien compris. »
Nahum, plus calme, regarda Gaho :
— « On ne peut plus rester assis à réagir. Il faut frapper. Chez lui. »
Gaho, acquiesçant, leur montra une carte de la ville.
— « D’après mes sources, Drex n’est pas revenu directement dans son ancien quartier. Il se terre dans un ancien entrepôt transformé en repaire, à l’est de Rayo. Si on veut toucher son orgueil, on frappe là, maintenant. »
Afi, déjà prête au combat, rangea silencieusement ses couteaux.
Ils partirent à la tombée de la nuit. Discrets mais déterminés. Lorsqu’ils arrivèrent sur place, le repaire était gardé par une dizaine d’hommes lourdement armés. Le symbole de la hache ensanglantée peinte sur les murs confirmèrent qu’ils étaient au bon endroit.
La bataille fut brutale. San Gang fonça sans hésiter. Tanguy ouvrait la marche comme une furie, tranchant à travers les lignes ennemies. Nahum et Afi couvraient les flancs, précis et efficaces. Gaho, malgré son calme apparent, frappait avec puissance.
Un cri s’éleva du camp ennemi :
— « Ce sont eux ! Le San Gang ! Repliez-vous ! »
Mais il était trop tard. Un par un, les hommes de Drex tombèrent. Certains tentèrent de fuir, mais Tanguy n’en laissa passer aucun.
Au milieu des corps, Gaho se pencha pour examiner des documents.
— « Ce n’est qu’un repaire secondaire. Drex n’était pas ici… mais on se rapproche. »
Tanguy, haletant, jura entre ses dents :
— « La prochaine fois, je le coupe en deux. »
Chapitre 13 : Le Prix de la Riposte
L'entrepôt sentait encore le fer et la poudre. San Gang, essoufflé mais debout, analysait le moindre bruit. La tension ne retombait pas.
Mais soudain, le silence fut brisé par un fracas brutal. Dix hommes, silhouettes sombres et haches brillantes en main, surgirent de l’arrière de l’entrepôt. Des cris s’élevèrent aussitôt.
Sans hésiter, Tanguy fut le premier à charger. Sa hache tournoya dans l’air comme un éclair. Le premier assaillant tomba, la gorge tranchée. Les autres suivirent dans un enchaînement brutal et sauvage. Les haches s’entrechoquaient. Des éclats de bois, de sang, et de rage jaillissaient de tous côtés.
Gaho luttait vaillamment, repoussant deux hommes à lui seul. Mais l’un d’eux réussit à glisser sa lame dans la cuisse droite du chef. Gaho hurla de douleur, un genou au sol, prêt à recevoir le coup fatal.
Mais Nahum surgit, son regard plein de feu. Il bloqua la deuxième attaque de justesse avec sa propre hache, le choc résonna. Dans un cri féroce, il frappa l’assaillant avec toute la force qu’il avait. La hache s’enfonça profondément dans le torse de l’homme, qui s’écroula sans un mot.
Terry, Afi et Tanguy achevèrent les derniers. Chacun des dix corps jonchait maintenant le sol de l’entrepôt, les haches silencieuses, mais encore rouges.
Gaho, malgré sa blessure, se releva lentement, soutenu par Nahum.
— Ce n’est que le début, murmura-t-il entre ses dents serrées. Drex va payer... il va tous les perdre un par un.
Chapitre 14 : Le serment du Djadja Gang
Dans une pièce sombre, éclairée par une seule ampoule vacillante, Drex était entouré de ses bras droits. L’air lourd de fumée et de tension, la pièce semblait vibrer de colère et de soif de vengeance.
Drex, les yeux flamboyants, claqua des mains pour attirer l’attention.
— Ici, c’est le Djadja Gang.
Il s’arrêta, fixant chacun de ses hommes.
— On doit leur montrer que nous, on fait les choses… dja dja dja.
Il fit claquer ses doigts trois fois, avec force.
— Pas de temps à perdre.
Un des bras droits hocha la tête.
— On va frapper fort, chef. On va leur faire comprendre qui dirige dans Rayo.
Drex sourit, froid et cruel.
— On va refaire couler du sang.
— Cette fois, ils sauront qu’on ne recule jamais.
L’atmosphère était électrique. La guerre était loin d’être terminée.
Chapitre 15 : L’ombre qui s’abat
Les jours suivants, dans les ruelles sombres et oubliées de Rayo, les membres du Djadja Gang s’activaient. Des armes étaient affûtées, des haches aiguisées, et des stratégies murmurées dans l’ombre.
Drex, toujours au centre du chaos, rassemblait ses lieutenants dans un ancien entrepôt.
— Ce soir, on va leur montrer ce que ça coûte de défier le Djadja Gang.
Il passa en revue les plans, les points faibles de San Gang, les passages secrets, les repères.
— On frappera vite, fort, et sans pitié. Pas question de laisser le moindre survivant.
Les hommes acquiescèrent, prêts à verser le sang pour leur chef.
La ville, déjà tendue, ne se doutait pas que la prochaine tempête allait tout emporter sur son passage.
Chapitre 16 : L’assaut des haches
La nuit enveloppait Rayo d’un manteau d’obscurité, propice aux ombres et aux secrets. Dans les rues désertes, un groupe d’hommes armés de haches se glissait silencieusement, guidé par Drex et ses lieutenants.
Leur cible était claire : le repaire du San Gang, caché dans un ancien entrepôt délabré à la périphérie de la ville.
Sans prévenir, les assaillants firent irruption, hurlant leur guerre et brandissant leurs armes dans un ballet sanglant.
San Gang, surpris mais aguerri, riposta avec la rage du désespoir. Le choc des haches résonna dans la nuit, mêlé aux cris de colère et de douleur.
Tanguy, Nahum, Afi, et Gaho tenaient bon, chaque coup porté était une promesse de ne jamais céder.
Mais Drex, toujours aussi imprévisible, s’avança au cœur du combat, son regard brûlant de haine.
La bataille faisait rage. Le sang coulait à flot. Rayo n’avait jamais connu une nuit aussi violente.
Chapitre 17 : La nuit de la victoire
La bataille faisait rage dans l’entrepôt délabré, chaque coup de hache frappant avec une précision froide. Le San Gang était prêt, vigilant, et plus déterminé que jamais. Les hommes du Djadja Gang, malgré leur nombre, ne purent résister à la riposte impitoyable.
Un par un, les assaillants tombèrent, fauchés sans pitié, jusqu’à ce que plus aucun ne reste debout. Étonnamment, aucun membre du San Gang ne fut tué.
Essoufflé mais victorieux, Tanguy se redressa, observant les corps inertes de leurs ennemis.
— Ils ont fait une erreur.
Il fixa ses compagnons.
— Ils ont oublié que nous sommes désormais toujours sur nos gardes.
Il serra le manche de sa hache.
— Demain, on ira à la recherche de Drex.
Il baissa la voix, comme pour sceller un pacte :
— Si on rencontre l’un de ses membres, on le tuera à coup de hache… Mais seulement s’il nous provoque.
Puis, avec une détermination froide :
— On doit ramener la hache du chef Sangor.
Il posa son regard sur Nahum et Afi.
— Et on doit tuer Drex.
Une lourde promesse planait dans l’air. La guerre n’était pas finie, loin de là.
Chapitre 18 : Visite à l’hôpital
Les murs blancs et froids de l’hôpital de Rayo résonnaient des pas lourds et des murmures des patients. Dans une chambre isolée, le lieutenant Gaho reposait, la cuisse droite soigneusement bandée. La douleur était encore vive, mais son regard restait ferme, déterminé.
La porte s’ouvrit doucement. C’était Tanguy, son vieux compagnon d’armes. Il entra sans un bruit, un sac léger à la main.
— Je suis venu prendre de tes nouvelles, dit-il en s’approchant du lit.
Gaho esquissa un sourire fatigué.
— Je tiendrai, répondit-il. Mais cette blessure… ça me rappelle qu’on n’est jamais invincibles.
Tanguy posa le sac sur une petite table.
— On a besoin de toi, dit-il franchement. La guerre contre Drex est loin d’être finie.
Gaho hocha la tête.
— Je sais.
— Mais prends le temps de guérir. On va frapper fort quand tu seras sur pied.
— D’accord.
— Reste prêt.
Un silence complice s’installa. Deux guerriers, fatigués mais pas vaincus.
Chapitre 19 : Le plan macabre
Dans un repaire caché, éclairé par la lumière vacillante d’une lampe à huile, Drex tenait la fameuse hache de Sangor entre ses mains. Autour de lui, ses hommes, silencieux, observaient chaque geste de leur chef avec une attention mêlée de crainte et de respect.
Drex fixa la lame tranchante, un sourire cruel étirant ses lèvres.
— Je ne vais pas utiliser cette hache pour combattre… dit-il lentement, sa voix lourde de menace.
— Je vais la cacher quelque part. Là où Tanguy et moi, on devra s’affronter.
Il fit une pause, balayant la pièce du regard.
— Et à la dernière minute, je prendrai cette hache pour le tuer.
— Je veux tuer un élève avec la hache de son maître.
Un silence glacial suivit ses mots. Les bandits savaient que ce plan était dangereux, mais ils savaient aussi que Drex n’était jamais imprudent.
Chapitre 20 : La révélation
La nuit enveloppait Rayo d'un voile lourd et silencieux lorsque le téléphone de Tanguy vibra doucement sur la table. Il décrocha, surpris de voir un numéro inconnu s'afficher.
Une voix basse et précipitée se fit entendre à l'autre bout du fil :
— « Tanguy… c’est un gars du gang adverse. J’ai des infos… sur la hache de ton chef Sangor. »
Tanguy serra les poings, le cœur battant.
— « Parle. Où est-elle ? »
— « Dans un vieux hangar, près du marché abandonné, à l’est de la ville. Drex la cache là-bas. Mais fais attention… c’est piégé. »
— « Merci. » dit Tanguy en raccrochant, déjà prêt à bouger.
Le temps pressait. La guerre entre San Gang et Djadja Gang venait de prendre une nouvelle tournure.
Chapitre 21 : La soif de vengeance de Gaho
L’aube peinait à percer à travers les persiennes poussiéreuses du bureau où Gaho s’était installé depuis sa sortie de l’hôpital. Sa cuisse, encore douloureuse, était bandée, mais son regard était loin d’être affaibli. Au contraire, une flamme nouvelle brillait dans ses yeux.
Ce jour-là, il avait demandé à voir Tanguy.
Quand le chef de San Gang entra, il trouva Gaho debout près de la fenêtre, les bras croisés, regardant la ville de Rayo s’éveiller dans un silence lourd, presque sinistre.
— Je t’attendais, dit Gaho d’une voix ferme.
Tanguy s’approcha, un mélange de respect et de curiosité dans le regard.
— « Comment tu te sens ? » demanda-t-il.
— Mieux, répondit Gaho, en grimaçant légèrement en bougeant sa cuisse.
— Mais plus important… Ce coup de hache, Tanguy… ce n’est pas qu’une blessure physique. C’est un feu qui brûle en moi. Une soif que je ne peux plus ignorer.
Il se tourna, les poings serrés.
— Ce Drex, on va le tuer.
— Pas seulement pour nous, mais pour toutes les vies qu’il a brisées, pour toutes les familles détruites.
Tanguy hocha la tête lentement.
— « Oui, on le fera tomber. »
— « Mais ce que tu dis… ça vient du cœur. »
Gaho s’approcha de la table, posa la main dessus avec force.
— Je veux que tu saches une chose : cette guerre n’est pas juste une bataille entre gangs.
— C’est une question d’honneur, de justice.
Il se redressa, prêt à faire face à l’adversité.
— Drex mérite de tomber. Il mérite la fin la plus amère.
— Et je serai là, à tes côtés, pour que ça arrive.
Tanguy sentit la force dans la voix de Gaho, une énergie qu’il n’avait pas vue depuis longtemps chez cet homme qui avait toujours été le pilier de leur lutte.
— « Ensemble, on est plus forts. »
— « Ensemble, on va récupérer ce qui nous appartient. La hache de Sangor. Et la paix pour Rayo. »
Le silence retomba un instant, lourd de promesses et de plans à venir.
— Prépare-toi. dit Gaho.
— La guerre entre San Gang et Djadja Gang va atteindre son apogée.
Tanguy regarda par la fenêtre, vers l’horizon où le soleil commençait enfin à illuminer la ville.
— « On est prêts. »
Chapitre 22 : Le pacte de fin
L’air était lourd ce soir-là. Le ciel semblait aussi tendu que les visages des membres de San Gang et de Gaho, réunis dans un bâtiment abandonné, à la périphérie de Lokodji. La pièce était silencieuse, remplie de regards échangés, de respirations fortes et d’un seul objectif : en finir une bonne fois pour toutes.
Tanguy, debout, balaya la salle du regard. À ses côtés, Nahum, Afi et le discret Sangaré, un nouveau venu qui s’était récemment illustré lors de l’embuscade contre les hommes de Drex. Gaho, assis, la jambe encore bandée, soutenait leur regard avec fermeté.
— Frères, lança Tanguy, il est temps de tourner cette page sanglante. Mais pas sans justice. Drex détient toujours la hache du chef Sangor. Il a osé salir son héritage. Il doit tomber.
Gaho acquiesça, serrant les dents.
— Ce Drex m’a brisé le muscle de la jambe, mais il a réveillé quelque chose en moi, dit-il d’une voix grave. Je veux le voir tomber. Je veux lui rendre ce coup. Même si je dois boiter, je marcherai vers cette bataille.
— Tu n’iras pas seul, dit Nahum. Nous sommes ensemble.
Afi hocha la tête. — Et on ne parle pas de vengeance… on parle de justice. De paix.
Ils firent circuler un plan. Une carte de la ville, des repères précis. Le gang infiltré qui travaillait secrètement contre Drex avait déjà fourni les informations clés : lieux de cachettes, itinéraires, armes, mouvements.
— Dans deux jours, annonça Tanguy. On attaque la base principale de Drex. On prend tout. On récupère la hache. Et s’il se présente… on le laisse à Gaho.
Un sourire cruel étira les lèvres de ce dernier.
— Je le tuerai avec mes bras, même si l’un d’eux est faible. Ce n’est pas une promesse, c’est un serment.
La tension dans la salle se dissipa légèrement. Le pacte était scellé. La fin approchait. Et elle serait brutale.
Chapitre 23 – Le sang sur les voies
La nuit était tombée sur Lokodji. Les lampadaires vacillaient, témoins silencieux de la guerre qui allait secouer la rue. Le San Gang s'était réuni dans l'ombre, chacun le cœur lourd, l'esprit tendu, mais déterminé à en finir avec Drex et son règne de traîtrise.
Tanguy, la hache bien en main, marchait en tête, suivi de Nahum, Afi et Gaho – malgré sa cuisse encore bandée. Gaho s’était entêté à venir. Il avait promis : « Ce Drex, on va le tuer. Ce coup de hache que j’ai reçu m’a donné l’envie de le finir moi-même. »
Les membres du Djadja Gang les attendaient au carrefour de Zinkpota. Un silence pesant précéda l’affrontement. Puis, tout éclata.
Le choc des haches, les cris de rage, les balles sifflant dans la nuit, les corps tombant les uns après les autres... La rue devint un véritable champ de bataille.
Tanguy se battait comme possédé. Sa hache virevoltait dans les airs, tranchant, frappant, dominant. Il était devenu l’héritier vivant de Sangor. Chaque coup était précis, mortel, puissant. Afi, dans une rage féroce, fendait les ennemis, ses yeux ne connaissant ni peur ni hésitation. Nahum, silencieux mais implacable, avançait sans reculer, son arme rouge de sang.
Gaho, accroupi derrière un muret, tirait avec précision. Malgré la douleur, il enchaînait les tirs, abattant un à un les membres ennemis, comme s’il se nourrissait de sa propre souffrance pour tenir debout.
Le sol se teintait de rouge, les corps s’amoncelaient. Une véritable marée sanglante recouvrait les voies.
Soudain, Drex apparut.
Son regard croisa celui de Tanguy. Il sortit deux petites haches de ses manches et les lança avec violence. Mais Tanguy, vif et calculateur, les bloqua d’un double mouvement de bras, utilisant sa hache pour dévier l’attaque avec une agilité stupéfiante.
Un silence se fit, quelques secondes.
Drex gronda :
— Tu progresses... Mais je ne suis pas venu pour mourir ce soir.
Il lança alors une petite capsule métallique à ses pieds. Un épais nuage de gaz se répandit instantanément. Les membres de San Gang furent forcés de reculer, toussant, cherchant Drex du regard...
Mais il avait disparu.
— Il a fui !, cria Gaho.
Tanguy serra les dents.
— Il nous échappe encore… Mais la prochaine fois, je te jure… cette hache, je la planterai dans ta poitrine.
La guerre n’était pas finie. Mais San Gang venait de frapper fort. Et le sang sur les voies en était la preuve.
Chapitre 24 – Un bar, une guerre, une injure
Le bar "Le Raccourci", situé au croisement de la voie de Wéhou et du carrefour Xondji, était un lieu réputé pour ses bières fraîches, ses plats de viande épicée et ses soirées chaudes. Ce soir-là, l’ambiance était détendue. Tanguy, Gaho, Nahum et Afi étaient à une table, verres levés, parlant stratégie et rigolant comme de vieux frères d’armes.
Gaho, la jambe encore légèrement bandée, s’était déplacé avec une béquille, mais tenait toujours son pistolet à portée de main. Le goût de la vengeance et la douleur le maintenaient en éveil.
Tanguy buvait une bière brune et observait la salle du coin de l’œil. Afi dégustait des brochettes de poulet et Nahum, toujours souriant, partageait des anecdotes de guerre.
Tout semblait calme… jusqu’à ce que le chaos débute.
Un homme masqué fit irruption dans le bar. Avant même que quelqu’un ne réagisse, il abattit sa hache sur un client qui s’écroula sur place, criant de douleur. D’autres silhouettes armées suivirent, surgissant de nulle part, renversant tables et chaises.
— En position ! hurla Tanguy en bondissant.
Le bar se transforma en champ de bataille. Les clients fuyaient en hurlant, certains se jetaient au sol, d’autres sautaient par les fenêtres.
Tanguy, d’un geste rapide, dégagea sa hache. Il fonça sur un bandit, le frappa en plein torse, éclaboussant le mur de sang. Nahum attrapa un tabouret et le brisa sur la tête d’un autre adversaire avant de récupérer une machette tombée à terre.
Afi, elle, sauta derrière le comptoir, tua deux assaillants à coups de hache. Son regard était noir de rage.
Gaho, appuyé contre une table renversée, visa avec précision : bang ! bang ! bang ! Trois tirs nets, trois ennemis à terre.
Les bandits commençaient à reculer. Certains criaient :
— C’est eux ! C’est le San Gang !
Une silhouette masquée, debout sur le bar, parla d’une voix grave et amusée :
— Tanguy, tu t'es amélioré… Tes compagnons aussi. Le lieutenant Gaho qui vous accompagne m’étonne. Depuis quand un flic se mêle aux affaires des gangs des haches ?
Tout le bar se figea. Le silence s’installa, lourd et menaçant.
Gaho essuya le sang sur son front, regarda le masqué droit dans les yeux et lança d’une voix glaciale :
— Depuis que ta mère, l’ancienne pute, t’a accouché. T’es venu au monde à cause d’un préservatif éclaté.
Un rire choqué s’échappa d’un client caché derrière un frigo. Le masqué, sans répondre, lança une grenade fumigène au sol. Un épais nuage se répandit dans la pièce.
— Il s’enfuit ! cria Nahum.
Mais Tanguy n’avait pas bougé. Il scrutait la fumée, hache en main, prêt à bondir.
Le combat venait de changer de lieu, mais pas d’intensité. Drex avait osé les provoquer de nouveau… mais cette fois, la riposte serait brutale.
Chapitre 25 – Le Rassemblement des Ombres
— Blacko… Marius… approchez.
La voix de Drex résonna dans le silence du vieux garage. C’était leur repaire, caché derrière une station-service abandonnée. L’ampoule suspendue au plafond clignotait, jetant des ombres nerveuses sur les murs sales.
Blacko fut le premier à s’avancer. Silencieux, imposant, il portait toujours sa longue veste sombre et ses lunettes noires, même en pleine nuit. Il ne parlait que lorsque c’était nécessaire.
Marius entra ensuite. Plus nerveux, plus imprévisible. Toujours ce petit sourire en coin, mais des yeux qui trahissaient une violence dormante.
Drex croisa les bras.
— San Gang et Gaho se donnent la main. Ils veulent que les choses changent… qu’on vive en paix.
Il s’approcha lentement, les regardant tous les deux dans les yeux.
— Moi je veux que la rue se souvienne de qui nous sommes. Je veux que Lokodji retienne mon nom. Et vous deux… vous êtes mes bras.
Blacko hocha lentement la tête.
— Dis-nous qui on frappe en premier.
Marius, plus excité, sourit.
— On commence par frapper là où ça fait mal. Le cœur de l’alliance.
Drex sourit à son tour, glacé.
— Allez-y. Faites savoir que Drex est de retour… et que l’ombre ne négocie jamais.
Chapitre 26 – L’aube sanglante à Rayo
La nuit enveloppait Rayo d’un voile épais. Le camp de San Gang, habituellement vivant et animé, était plongé dans une atmosphère lourde et calme… avant la tempête.
Soudain, un groupe de silhouettes sombres émergea des ruelles. Blacko et Marius, bras droits de Drex, menaient l’assaut. Armés jusqu’aux dents, ils fondirent sur le camp avec une violence brutale.
Les coups de feu claquaient, les hurlements retentissaient. Les membres de San Gang, surpris, tentaient de riposter mais beaucoup tombèrent. Du sang ruisselait sur les murs et le sol.
L’alerte fut rapidement donnée. Tanguy, Gaho, Nahum et Afi surgirent sur place, armés, prêts à en découdre.
Tanguy, les yeux rouges de rage, aperçut Blacko au milieu du chaos et se précipita vers lui.
— Blacko ! hurla-t-il.
— Enfin, Tanguy… répondit Blacko avec un sourire cruel. Prépare-toi à mourir.
Le combat entre les deux hommes fut acharné. Haches, coups de poing, esquives, les lames s’entrechoquaient. Blacko blessa Tanguy à l’épaule, mais la détermination du chef de San Gang était plus forte. Finalement, Tanguy planta sa hache dans le cou de Blacko. Ce dernier s’effondra, laissant échapper un dernier souffle.
De son côté, Nahum faisait face à Marius. Le combat fut tout aussi féroce, entre rapidité et force. Nahum, galvanisé par la colère, prit finalement le dessus et asséna un coup fatal.
Le camp de San Gang était sauvé, mais au prix de nombreuses pertes.
Tanguy, à bout de souffle, s’adressa à ses frères d’armes.
— Drex croit qu’il peut nous briser. Mais c’est lui qui perd ses guerriers ce soir. On ne le laissera plus jamais reprendre Rayo.
Chapitre 27 – Le prix du sang
L’aube pointait à peine sur Rayo, mais la ville semblait déjà blessée, haletante sous le poids de la guerre. Le camp de San Gang pansait ses plaies, mais les regards restaient sombres, lourds de rancune et de colère.
Dans une pièce sombre, Drex reçu la nouvelle. Son visage dur se plissa, ses poings se serrèrent jusqu’à blanchir ses jointures. Deux de ses bras droits, Blacko et Marius, étaient morts.
— Ils ont osé ? murmura-t-il entre ses dents serrées.
— Tanguy… Il me défie.
Ses yeux s’embrasèrent de haine.
— Alors, ce n’est plus un jeu.
Il frappa violemment contre le mur, faisant trembler les briques.
— Rassemblez les troupes. On va leur montrer ce que ça coûte de s’en prendre à Drex. Cette guerre, ils vont la payer au prix fort.
La tension monta encore d’un cran. Les rues de Rayo allaient de nouveau s’embraser.
Chapitre 28 – Le règne de la terreur
La nuit avait enveloppé la ville de Rayo d’un manteau d’obscurité et de peur. Dans une rue étroite et déserte, Drex avançait d’un pas lent, la hache en main, le regard sombre et froid.
Un jeune passager, surpris par cette silhouette menaçante, tenta de s’éloigner. Mais Drex, sans prévenir, leva son arme et trancha net la tête du jeune homme.
Le corps s’effondra sur le sol, le sang coulant en un filet écarlate.
Drex fixa la scène, un sourire cruel aux lèvres.
— « Je vais créer du dommage aux forces de l’ordre… Et ils ne pourront rien faire pour m’arrêter. »
Sa voix résonna dans la ruelle, froide et déterminée.
La guerre était loin d’être terminée.
Chapitre 29 – La riposte de San Gang
Au quartier général de San Gang, l’atmosphère était électrique. Autour d’une grande table en bois usée, Tanguy, Gaho, Nahum et Afi étaient réunis, concentrés sur la carte de Rayo étalée devant eux.
Les récents actes de Drex avaient fait monter la tension à son comble. L’assassinat brutal du jeune passager avait profondément choqué le groupe.
— Il faut qu’on arrête ça, déclara Tanguy, la voix ferme.
— On ne peut plus laisser Drex semer la terreur dans nos rues, renchérit Gaho.
Ils passèrent en revue chaque point sensible de la ville, chaque repère de Drex et de ses hommes.
— On attaque là où il s’y attend le moins, proposa Nahum.
— Une offensive surprise, précise Afi.
Tous acquiescèrent. La guerre n’était pas terminée, mais cette fois, ils allaient reprendre l’initiative.
— Préparez vos armes, conclut Tanguy.
— Demain, Drex va apprendre ce que ça veut dire de défier San Gang.
Chapitre 30 – Le dernier affrontement
Le soleil déclinait à l’horizon sur Rayo, baignant la ville d’une lumière rougeâtre, comme un présage sanglant. San Gang avançait en silence vers la base du Djadja Gang, déterminé à en finir une bonne fois pour toutes.
Les murs de l’entrepôt où Drex avait son quartier général semblaient prêts à vibrer sous la tension.
Tanguy serra sa hache, le regard fixé sur l’entrée.
— Cette fois, c’est fini, Drex.
Les premières échauffourées éclatèrent, mais bientôt, ce fut un combat féroce qui éclata au cœur du camp ennemi.
Drex, féroce et désespéré, se jeta sur Tanguy. Les deux hommes s’affrontèrent en un duel sauvage. Haches contre haches, coups violents et esquives précises. Chaque frappe était un cri de rage et de défi.
Le sang coula, éclaboussant le sol et les murs.
Malgré la force et la rage de Drex, Tanguy puisa dans sa colère et sa détermination. D’un coup habile, il trancha la tête de Drex.
Gaho arriva à ses côtés, le souffle court, brandissant une hache ensanglantée.
— On l’a eu, dit Tanguy, haletant.
— Je vais emporter la hache du chef Sangor, continua-t-il, les yeux brillant, et l’enterrer à côté de sa tombe.
— On l’a haché ensemble, répondit Gaho.
— San Gang… Vous rejoignez la police.
Un vent léger passa sur Rayo, emportant avec lui l’écho d’une guerre terminée.
Épilogue – Le souffle de la paix
Quelques semaines après la chute de Drex, la ville de Rayo respirait enfin la paix. Les rues, autrefois théâtre de combats sanglants, retrouvaient peu à peu leur vie.
Les habitants sortaient de chez eux sans crainte, les enfants jouaient librement dans les parcs, et les marchés reprenaient leur animation joyeuse.
San Gang, désormais légalisé, avait rejoint les forces de l’ordre. Tanguy, Gaho, Nahum et Afi travaillaient côte à côte avec la police, apportant leur connaissance du terrain pour protéger la ville qu’ils avaient sauvée.
Sur la tombe de Sangor, une cérémonie simple mais émouvante rassemblait tous ceux qui avaient perdu des frères dans cette guerre. La hache du chef, déposée avec respect, symbolisait la fin d’une époque de violence.
Tanguy, regardant l’horizon, murmura :
— C’est le début d’un nouveau chapitre. Pour Rayo. Pour nous. Pour la paix.
Le vent léger emporta ses mots, tandis que la ville s’illuminait des couleurs de l’espoir.
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