Tous pour un... Un pour tous...
30 juil. 2025Personnages principaux:
Zel – Le cerveau du groupe, discret, souvent en retrait. C’est lui qu’on accuse à tort.
Macky – Le leader impulsif, un peu bagarreur, mais loyal jusqu’à la mort.
Ray – L’artiste du groupe, fan de rap et de poésie, sensible mais courageux.
Dodo – Le stratège, toujours en train de réfléchir à un plan, adore l'informatique.
Terry – Le plus sage du groupe, posé, calme, avec un grand sens moral. Il joue souvent les médiateurs
Chapitre 1 – Frères d’instinct
Le soleil cognait fort sur les pavés chauffés de Batida, capitale nerveuse où tout semblait aller trop vite.
Devant une petite vendeuse de fruits installée sous un parasol rafistolé, cinq jeunes garçons riaient, plaisantaient et négociaient des oranges juteuses comme s’ils avaient le temps — comme si le monde ne pouvait rien contre eux.
— Maman, baisse un peu le prix. On n’a pas volé l’argent, lança Macky, les bras croisés, un sourire en coin.
— Je baisse rien du tout ! répliqua la vendeuse, faussement vexée. Vous êtes des beaux parleurs, mais moi je vends, hein !
Ray s’agenouilla devant la bassine et caressa un gros fruit comme une pierre précieuse.
— Celui-là, c’est pour moi. Il est doux, comme la go d’hier soir...
Les autres éclatèrent de rire. Même Zel, pourtant discret d’habitude, laissa échapper un sourire.
Mais cette parenthèse joyeuse fut brisée net par des voix rauques derrière eux.
— Alors c’est vous les stars du quartier ? Toujours en bande comme des moutons ?
Trois types s’approchaient. Des gars du coin, mal rasés, l’air mauvais, connus pour chercher les ennuis. Karo, le chef, avançait avec arrogance. Il mâchait un cure-dents et tenait une lame rouillée à la ceinture.
Terry recula d’un pas.
— On ne cherche pas de problème aujourd’hui...
— Trop tard, c’est nous qui vous avons trouvés, ricana Karo.
Dodo jeta un œil rapide à ses frères. Il savait ce que cela signifiait. Ils avaient vécu assez de galères pour comprendre : on ne discute pas avec les vautours, on se défend.
— Macky, souffla-t-il.
— Je sais.
Et sans prévenir, Karo leva le bras pour frapper. Mais Macky esquiva et riposta aussitôt, un coup sec dans les côtes. La bagarre éclata.
Ray balança un coup de genou dans l’estomac d’un des types. Terry attrapa une bouteille vide et la brandit. Zel, calme mais précis, immobilisa un bras, retourna un poignet, comme il avait appris avec son oncle gendarme.
En quelques minutes, les cinq garçons avaient mis les trois bandits à terre.
Essoufflés mais debout, leurs regards brûlaient d’adrénaline.
— Vous croyez qu’on est faibles parce qu’on rit ? cracha Macky.
Les bandits se relevèrent en boitant, crachant leur humiliation dans la poussière de Batida.
La vendeuse, silencieuse jusque-là, leur tendit une orange.
— Prenez, c’est offert. Parce que vous êtes restés unis.
Les cinq se regardèrent, puis éclatèrent de rire, une fois de plus. Mais cette fois, il y avait un soupçon d’orage dans l’air.
Quelque chose avait changé.
Chapitre 2 – Piège dans la rue
Le soleil s’était couché sur Batida, mais la ville, elle, ne dormait jamais.
Les klaxons criaient, les vendeurs criaillaient encore, et au loin, la musique d’un bar mal famé battait comme un cœur enragé.
Macky marchait seul, capuche sur la tête, les mains dans les poches. Il revenait d’un appel chez sa tante malade à Tassa. Son esprit vagabondait. Il pensait à leur prochaine réunion, à Ray qui voulait enregistrer un son, à Dodo et ses plans bizarres sur internet. Il souriait.
Jusqu’à ce qu’une voix glaciale le coupe net :
— Ah… cette fois-ci, tu es seul.
Macky s’arrêta, releva lentement les yeux.
Karo.
Pas seul. Il était entouré de six hommes, tous plus épais que les autres. Mains pleines de machettes, gourdins, chaînes.
— On va faire la fête avec toi, ricana Karo, son cure-dent toujours entre les dents.
Macky fit un pas en arrière, juste un. Il regarda autour. La rue était vide. Pas de témoin. Pas de lumière. Piège.
— Vous avez besoin d’autant pour moi ? lança-t-il, essayant de garder sa voix ferme.
— Non, répondit Karo, mais toi t’as besoin de tes petits frères pour oser respirer à Batida. Aujourd’hui, ils ne sont pas là. Tu vas danser tout seul.
Un des hommes bondit sur lui, arme levée. Macky esquiva, frappa dans les jambes, fit tomber un autre, se déplaça vite.
Mais ils étaient trop nombreux.
Un coup de barre métallique le toucha à l’épaule. Il tomba sur un genou. Karo avança avec un sourire cruel.
— Tu crois encore à votre phrase de gamins ? "Tous pour un" ? Personne ne viendra.
Mais au moment où Karo leva le bras pour frapper...
— Lâche-le tout de suite.
La voix venait de l’ombre.
Zel.
Derrière lui, Ray et Dodo apparurent, silhouettes fermes, yeux brûlants.
Macky releva lentement la tête. Un sourire naquit sur ses lèvres fendues.
— Tu vois, Karo... dit-il, essoufflé. Je suis jamais seul.
La bagarre éclata comme une explosion.
Ray fonça avec un cri de guerre, frappant avec tout son cœur. Dodo utilisa un bâton de rue et frappa stratégiquement. Zel, silencieux, précis, désarma deux hommes comme un danseur d’arts martiaux.
Karo, surpris, battit en retraite. Il n’avait pas prévu la force de cette fraternité.
Les coups pleuvaient, les cris remplissaient la rue. Et bientôt, les assaillants se dispersèrent dans la nuit, battus, humiliés.
Essoufflés, les quatre garçons restèrent debout au milieu du chaos.
Macky releva la tête, regarda ses frères.
— Merci...
Zel posa une main sur son épaule.
— Tous pour un...
Ray et Dodo, en chœur :
— Un pour tous.
Chapitre 3 – Le piège du spaghetti
Le soir tombait doucement sur Batida. Le vent tiède portait des parfums d'épices, de fumée, de goudron chaud.
Au cœur de la ville, non loin du carrefour Songo, un petit restaurant de rue, tranquille, modeste, mais réputé pour ses spaghettis bien garnis.
Assis dans un coin, en retrait, Terry dégustait son plat avec appétit. T-shirt noir, écouteurs dans les oreilles, il mâchait lentement, savourant la sauce tomate maison comme un vrai moment de paix.
Mais cette paix allait être brisée brutalement.
La porte du restaurant s’ouvrit avec fracas.
Une quinzaine de garçons, armés de barres, chaînes, battes de baseball, envahirent le lieu. Les clients hurlèrent et s’enfuirent. Le personnel plongea sous les tables.
Seul Terry ne bougea pas. Il avait déjà enlevé ses écouteurs.
Un homme s’avança. Grand, maigre, barbe en pointe, regard venimeux : Grégoire, le chef du gang des "Crocs de fer".
Il se posta juste devant lui, croisa les bras, puis lança d’une voix forte :
— Donc c’est toi Terry… Le cinquième des soi-disant héros de la ville ?
Terry leva calmement les yeux.
— Et toi, t’as fait exprès de venir pendant que je mange ? répondit-il, posant sa fourchette.
Grégoire éclata d’un rire moqueur.
— Est-ce qu’on ne t’a jamais dit que les héros finissent toujours mal ?
Il pencha la tête, regard mauvais :
— Tu connais Bruce Lee ? Le plus fort... Mais tu as vu comment il a fini ?
Un silence tendu. Terry se redressa, sans peur.
— Tu comptes m’éliminer avec des comparaisons ?
Grégoire sourit, froid :
— Non. Je vais finir avec toi... Maintenant.
Et il claqua des doigts.
La bagarre éclata.
Terry bondit derrière la table pour esquiver le premier coup. Deux ennemis foncèrent, il frappa l’un avec une chaise, glissa au sol, balaya les jambes de l’autre.
Il se battait comme un fauve. Rapide, précis, furieux. Il évita les lames, repoussa les bâtons, asséna des coups secs.
Mais ils étaient trop nombreux. Et la fatigue commença à le rattraper.
Un coup à la cuisse. Une barre sur l’épaule. Son souffle devenait court. Son regard se floutait.
Grégoire s’approcha, prêt à achever.
— Tu vois ? Même Bruce Lee avait ses limites…
Soudain, une voix jaillit de la porte :
— Et toi, tu connais les vrais frères ?
Zel.
Derrière lui, Macky, Ray et Dodo apparurent, le regard noir, les poings serrés.
Grégoire se retourna, surpris.
— Encore eux ?! gronda-t-il.
— Encore nous, lança Macky. Et cette fois, vous allez goûter à notre patience.
La bagarre reprit, explosive.
Zel frappa avec grâce et stratégie, Macky cogna avec rage, Ray dansait avec ses coups, Dodo fonça droit au cœur de la mêlée.
Terry, malgré la douleur, se remit debout, reprenant force avec ses frères à ses côtés.
En quelques minutes, le restaurant fut transformé en champ de ruines, mais les "Crocs de fer" furent mis en déroute, dispersés dans les ruelles de Batida.
Les cinq garçons restèrent debout, haletants, blessés, mais unis et invaincus.
Terry regarda son plat renversé au sol, puis ses frères.
— J’avais faim, les gars…
Ray, riant malgré tout :
— On t’offre le dessert, frère. Dehors.
Ils sortirent ensemble, fiers, blessés, mais plus forts que jamais.
Chapitre 4 – Même l’ennemi a droit à la vie
Un entrepôt abandonné à l’arrière de Banderazy, à la limite de la ville, entre vieilles carcasses de voitures et bidons rouillés.
Sous une lumière blafarde, Karo, appuyé contre une colonne, tenait un petit sac en plastique. Face à lui, Grégoire, les bras croisés, entouré de cinq de ses hommes.
— Tu m’as promis deux kilos purs, grogna Grégoire.
— Et je t’ai apporté deux kilos purs, répondit Karo calmement. Mais ce n’est pas gratuit. La dernière fois, tu m’as roulé sur la livraison de Kandira.
— Parce que c’était de la merde ! s’énerva Grégoire. Tu veux rejouer au chimiste, hein ? Tu crois que je suis né d’hier ?
L’ambiance monta d’un cran.
Zeka et Loris, les deux hommes de Karo, se mirent sur la défensive.
Grégoire jeta le sac à terre.
— Tu veux jouer au dur, Karo ? Tu ne sers plus à rien dans cette ville. Les flics te cherchent, les autres clans veulent ta peau… Moi je vais devancer tout le monde.
Et soudain, il sortit un couteau.
Karo sourit, moqueur.
— Tu veux me planter ici comme un poisson ? Vas-y, essaye.
La bagarre éclata.
Poings, coups de pieds, cris, métal contre béton. Karo se battait férocement, mais en infériorité numérique, il peinait. Zeka reçut un coup de chaîne à la tête. Loris tomba après un coup au ventre.
Grégoire s’élança vers Karo avec sa lame.
Et là — BOUM ! — la porte de l’entrepôt vola en éclats.
Zel, Terry, Macky, Ray, et Dodo surgirent, comme un seul corps, tous enragés, prêts.
Grégoire recula, surpris.
— Quoi ? Encore eux ?!
Zel avança, ses yeux clairs perçant l’ombre :
— On ne veut pas la mort de l’ennemi.
Les cinq se jetèrent dans la mêlée.
Terry s’interposa entre Karo et Grégoire, le bloquant avec un genou dans le torse.
Dodo s’occupait de deux hommes à la fois, fluide et brutal.
Macky envoyait les adversaires voler contre les murs.
Ray dansait dans les ombres, rapide et précis.
Zel, au centre, gardait toujours un œil sur Karo, pour s’assurer qu’il ne meure pas.
Quelques minutes plus tard, Grégoire et ses hommes prirent la fuite, blessés, humiliés.
Un silence lourd s’installa.
Karo, à genoux, essoufflé, regarda les cinq garçons devant lui. Il cracha un peu de sang, secoua la tête, puis sourit faiblement :
— Les ennemis viennent me sauver ?
Zel le regarda, droit dans les yeux :
— On ne veut pas la mort de l’ennemi. On veut que tout le monde sache ce qu’il vaut vraiment. Et toi… tu vaux encore mieux que ça.
Karo le fixa, troublé.
Pas de pardon. Pas d’amitié. Mais un respect étrange venait de naître.
Karo se releva lentement. Il regarda Zeka et Loris, puis les cinq.
— C’est une dette que je ne peux pas ignorer. Une dette de sang…
Macky répondit calmement :
— On n’en veut pas. Mais retiens-la.
Les garçons tournèrent le dos et quittèrent l’entrepôt, unis, solides.
Et dans l’ombre, Karo restait figé, silencieux. Peut-être que pour la première fois depuis longtemps, il doutait de ses choix.
Chapitre 5 – Héros derrière les barreaux
Batida, 23h14.
Une ruelle sombre près du marché central. Les néons clignotants de vieux bars jetaient une lumière verte sur les flaques d’eau sale.
Zel, Terry, Dodo, Macky et Ray faisaient face à une quinzaine de bandits, tous armés de battes, chaînes, couteaux.
Leurs visages étaient couverts de foulards, mais leur arrogance était visible à des kilomètres.
— C’est vous les justiciers de Batida ? lança l’un d’eux. On va vous enterrer ici même.
Zel jeta un regard rapide à ses frères.
— On se serre. Pas de dispersion.
La bagarre éclata.
Poings contre os. Genoux dans les torses.
Macky enchaînait les coups comme un bulldozer.
Ray évitait les attaques avec une précision chirurgicale.
Dodo était rapide, félin.
Terry, malgré ses blessures du restaurant, se battait comme si sa vie en dépendait.
Et Zel, au centre, frappait avec calme, comme un leader sûr de lui.
Mais alors que les derniers bandits tombaient, les gyrophares illuminèrent la ruelle.
Des voitures de police arrivèrent en force.
— Les mains en l’air ! Tout de suite !
— Vous êtes tous en état d’arrestation pour violences graves, troubles à l’ordre public, et tentative de meurtre !
Zel tenta de s’expliquer, mais l’inspecteur Miga coupa court :
— On vous connaît. Vous vous croyez justiciers, mais vous êtes des hors-la-loi. On en a marre de vos méthodes.
Menottés. Jetés dans le fourgon.
Et transportés au commissariat central de Batida.
Commissariat de Batida – Cellule 4
Les cinq étaient assis sur un banc en métal.
Ray tenait sa lèvre fendue.
Macky regardait le mur, furieux.
Terry soupirait.
— On défend la ville, et on finit comme des criminels, murmura Dodo.
Zel, calme, répondit :
— Ce n’est pas nouveau. Quand la vérité dérange, on l’enferme.
Une heure plus tard...
Des pas lourds approchèrent. Un murmure entre les policiers. Et la voix d’un homme familier :
— Ouvrez la cellule. Ils sortent.
Les cinq se levèrent, surpris.
Karo, en jean noir et chemise ouverte, se tenait devant eux. À côté de lui, l’inspecteur Miga et le gardien, visiblement gênés.
— Qu’est-ce que tu fous là ? demanda Macky.
Karo sourit légèrement :
— Ce soir, c’est moi qui vous rends la monnaie. On ne veut pas la mort de l’ennemi… n’est-ce pas ?
Terry, méfiant :
— Tu nous as sortis ? Comment ?
Karo jeta un regard rapide au gardien.
— Je connais les bonnes poches à remplir. Et j’ai dit à Miga que vous valiez plus dehors que dedans.
L’inspecteur grogna, mais ne dit rien.
Zel, silencieux, observa Karo.
— Tu n’avais rien à gagner en faisant ça.
— Je n’ai rien à perdre non plus, répondit Karo. Et puis… ça me fait bizarre que la ville puisse tomber sans vous.
Ils sortirent tous les cinq, dans la nuit fraîche.
Une nouvelle dette venait de naître. Mais cette fois, elle liait deux mondes opposés.
Chapitre 6 – Des héros devenus hors-la-loi ?
Maison de Karo – Quartier Hauteur Rouge, Batida – 10h17
La grande villa de Karo tranchait avec l’image qu’on avait de lui : des murs peints à la chaux, un jardin entretenu, une terrasse ombragée où trônait une grande télé plasma.
À l’intérieur, les cinq garçons étaient rassemblés dans le salon, assis sur des canapés moelleux, un verre de jus ou une assiette de fruits à la main.
Karo, torse nu, marchait pieds nus, détendu.
— Faites comme chez vous. C’est aussi votre maison, les justiciers...
Terry, allongé, souffla :
— Jamais j’aurais cru me reposer chez toi un jour.
— Moi-même je me surprends encore, répondit Karo, un sourire en coin. La vie, c’est des virages brusques, frère.
Zel, toujours concentré, fixait l’écran de télé.
Dodo zappait les chaînes, puis tomba soudain sur la chaîne de presse locale, BTV.
FLASH INFO – Titre en bas d’écran :
“Les cinq démons de Batida : Héros ou criminels ?”
Le présentateur, costumé, prit un ton grave :
— Hier soir, cinq jeunes hommes connus dans les quartiers populaires comme "les protecteurs de la rue" ont été arrêtés par la police, en pleine bagarre avec un gang armé.
Une vidéo amateur s'afficha : on y voyait Terry plaquant un bandit au sol, Zel brisant un bâton avec ses bras, Dodo frappant deux adversaires à la fois.
Puis la caméra montra les policiers les menottant, violemment.
— Selon nos informations, ils auraient agi sans mandat, comme des miliciens. Le commissaire Miga déclare qu’ils représentent une menace à l’équilibre sécuritaire de Batida.
Macky se leva, furieux :
— Ils osent ?! On se bat pour cette ville, et ils nous traitent de démons ?
— Calme-toi, dit Ray. Ce n’est pas nouveau. Quand t’es du côté du peuple, le système t’écrase.
Karo prit la télécommande et coupa le son.
Il regarda les cinq, sérieusement cette fois :
— Maintenant, vous comprenez ? Vous êtes devenus un symbole. Mais les symboles, ça dérange. Et le système déteste ce qu’il ne contrôle pas.
Un silence pesant.
— Alors on fait quoi ? demanda Dodo. On se cache ?
Zel prit la parole, lentement :
— Non. On ne se cache pas. On va montrer à cette ville que les vrais criminels sont ailleurs. Et que les héros ne portent pas d’uniforme.
Terry se redressa :
— Il est temps qu’on sorte de la rue et qu’on entre dans l’histoire.
Karo hocha la tête :
— Vous aurez besoin de renforts. Des gens qui croient encore en vous. Et j’en connais quelques-uns...
Le combat ne faisait que commencer.
Mais cette fois, les cinq n’étaient plus seuls.
Chapitre 7 – L’ombre de l’accusation
Siège de la Brigade Centrale – Kandira – 08h40
Dans son vaste bureau aux murs tapissés de médailles et de photos officielles, Borlo, le tout nouveau commissaire régional de Kandira, tournait lentement une cuillère dans son café.
Son regard était froid, aiguisé, calculateur. Derrière lui, une immense carte de la région. À sa droite, un dossier posé sur la table, marqué d’un nom : Zel G..
Il décrocha son téléphone :
— Mettez la presse en alerte. Je veux que l’annonce passe à midi, pile. Un héros est tombé... et la vérité doit éclater, selon nos propres termes.
À Batida – Maison de Karo – 09h25
Les cinq prenaient le petit-déjeuner tranquillement quand une alerte info explosa sur leurs téléphones.
Un bandeau rouge clignotait :
"Zel G. accusé du meurtre d’un entrepreneur retrouvé mort à Kandira."
Terry écarquilla les yeux.
— Quoi ?!
Macky, le téléphone tremblant :
— Zel… tu connais ce nom-là ? L’homme assassiné ?
Zel fronça les sourcils.
— Jean-Pascal Toko ? C’est lui ? Mais... j’ai jamais mis les pieds à Kandira ces dernières semaines !
Karo, très calme, alluma sa tablette et trouva le communiqué de presse officiel signé par Borlo :
“Le citoyen Z.G., surnommé Zel, est suspecté d’avoir été vu quittant les lieux du crime la nuit dernière. Un témoin anonyme a identifié le suspect. Un mandat d’arrêt a été lancé.”
Ray, choqué :
— Ils veulent nous abattre un par un…
Dodo, poing serré :
— Cette histoire pue la manipulation !
Zel, lui, restait immobile, silencieux. Puis il dit lentement :
— Borlo. Ce nom… Il bossait avant pour une unité secrète à Mansa. Il a été suspendu pour trafic d’armes… Il a sûrement des comptes à régler avec notre groupe.
Karo hocha la tête :
— C’est lui qui tirait les ficelles dans les magouilles de Kandira. Il veut t’abattre pour faire peur aux autres. Et une fois que t’es éliminé, il aura la main sur Batida et tout le reste.
Terry, déterminé :
— Alors on ne doit pas fuir. On doit aller à Kandira, ensemble. Faire notre propre enquête. Montrer que tu es innocent.
Zel leva la tête. Son regard était de feu.
— Je suis prêt. Allons laver mon nom. Et détruire ce serpent corrompu.
Chapitre 8 – Emporté sans explication
Lieu : Maison de Karo – Batida | Heure : 11h50
La télé était allumée, mais aucun d’eux ne la regardait vraiment.
Karo, adossé au mur, regardait Zel en silence. Terry tapotait nerveusement la table.
Macky, Dodo et Ray étaient encore sous le choc.
— On dirait que tout est déjà ficelé, lança Macky. Ils ont leur plan. Ils veulent t’isoler, te salir.
Zel, bras croisés, le regard fixe :
— Ils peuvent m'accuser, mais ils ne pourront jamais nous diviser.
Soudain, trois coups forts à la porte.
Karo se leva, s’approcha avec méfiance. Lorsqu’il ouvrit, il se retrouva face à quatre policiers armés, accompagnés d’un homme en civil au regard froid.
— Police judiciaire de Kandira, annonça le civil. Nous sommes ici pour embarquer un suspect : Zel Gbati. Mandat signé par le commissaire Borlo.
Les cinq se figèrent.
— Quoi ? s’écria Terry. C’est une erreur ! Zel n’a rien fait !
Zel, debout, les poings serrés :
— Je suis là. Mais au nom de quoi vous venez m’arrêter sans même m’entendre ?
Le civil sortit un papier :
— Mandat d’amener. Motif : présomption de meurtre sur Jean-Pascal Toko. C’est tout ce que vous devez savoir. Le reste, à Kandira.
Dodo s’interposa :
— Attendez, il y a forcément une erreur ! Donnez-nous 24h pour prouver son innocence !
Le policier le repoussa.
— On n’a pas à négocier avec des civils. On fait notre travail. Dégagez.
Ray s’avança, prêt à exploser, mais Karo lui posa une main sur l’épaule :
— Ne fais pas ça. Ils attendent juste qu’on réagisse pour nous abattre tous.
Zel leva les mains, résigné mais digne.
— Je vous suis. Mais dites bien à votre commissaire que ce combat ne fait que commencer.
Il jeta un dernier regard à ses frères.
Un regard lourd de confiance.
— Préparez-vous. On se retrouvera à Kandira. Et on fera tomber Borlo… tous ensemble.
Les policiers l’embarquèrent sans ménagement.
La porte claqua.
Le silence revint.
Terry murmura :
— Il a été emporté… comme un criminel. Sans preuve. Sans défense.
Karo, les yeux rivés au sol :
— On ne va pas le laisser seul. Ce n’est pas fini. On va l’arracher des griffes de ce corrompu.
Macky ajouta :
— Tous pour un…
— Un pour tous, répondirent les quatre autres, en chœur.
Chapitre 9 – Face au monstre
Lieu : Commissariat central de Kandira – Cellule 3 | Heure : 23h12
L’ampoule nue au plafond projetait une lumière blafarde sur les murs humides.
Assis sur un banc de fer, Zel fixait le sol, mains entrelacées. Pas un bruit. Pas une plainte.
Mais soudain, des pas lourds résonnèrent.
Une clé tourna dans la serrure.
La porte grinça.
Borlo, costard bien repassé, lunettes sombres, entra dans la cellule, suivi de deux gardes. Il s’avança, un sourire froid sur les lèvres.
— Enfin jeune homme… dit-il d’une voix lente et méprisante. Je te tiens.
Zel releva lentement la tête, mais resta silencieux.
— Tu faisais le héros, hein ? continua Borlo. Avec tes copains de Batida. Vous croyez que vous êtes invincibles ? Que la ville vous applaudit ?
Il s’approcha jusqu’à presque toucher Zel du bout de la chaussure.
— Te voilà derrière les barreaux. Et il reste les quatre autres. Je les veux tous. Un par un. Et tu vas m’y aider, que tu le veuilles ou non.
Zel, toujours assis, haussa un sourcil :
— C’est donc ça ton pouvoir ? Accuser sans preuve, enfermer sans droit ? Tu peux m’enfermer, Borlo. Mais t’as oublié une chose.
— Laquelle ? lança l’autorité en ricannant.
— Un pour tous…
Borlo rit.
— Pathétique. Tes mots ne valent rien ici. Ici, je suis la loi. Tu vas craquer, gamin. Et tu parleras.
Il tourna le dos, puis s’arrêta juste à la porte :
— Demain, je reviens. Avec une autre méthode. Et crois-moi… tu ne vas pas aimer.
La porte claqua derrière lui.
Zel respira profondément. Puis, il posa son regard sur le plafond fissuré.
— Tenez bon les gars… je tiendrai aussi.
Chapitre 10 – Le plan de la dernière chance
Lieu : Maison de Karo, quartier Obassou, Batida – Heure : 07h26
La tension était épaisse dans la pièce.
Sur la table en verre, une carte de la ville de Kandira, un vieux téléphone portable, et des feuilles remplies de notes gribouillées.
Karo faisait les cent pas, torse nu, le regard perdu.
— C’est pas une prison comme à Batida, grogna-t-il. Kandira, c’est autre chose. Là-bas, tu respires seulement si Borlo t’autorise.
Ray claqua le poing sur la table :
— On ne va pas laisser Zel là-bas. Pas lui. Il a déjà pris des coups pour nous tous.
Macky, les bras croisés, regardait le plan.
— On ne peut pas foncer tête baissée. Ce Borlo a tout le commissariat dans sa poche. Et sûrement plus encore.
Terry, pensif, murmura :
— Et si on infiltrait Kandira ? Chacun entre à sa façon. On se retrouve à l’intérieur.
Dodo hocha la tête.
— Je peux passer par les contacts du marché noir. J’ai un gars qui connaît un employé du dépôt d’armes de Kandira. Il pourra peut-être faire entrer deux d’entre nous par l’arrière.
Karo s’arrêta.
— Moi, j’ai un ancien informateur qui bosse maintenant comme livreur pour les cuisines du commissariat. Il peut glisser un message à Zel, si vous écrivez vite.
Ray prit un bout de papier et un stylo.
— On fait comme ça. Terry et moi, on passe par la ruelle Est. Macky et Dodo passent par les camions de livraison. Karo, tu coordonnes tout d’ici. Et dès que Zel est en sécurité, on disparaît. On ne revient pas à Batida tout de suite.
Karo les regarda un à un.
— Je n’arrive pas à croire que je dis ça… mais j’suis fier de vous. Vous êtes de vrais soldats.
Il s’approcha de la table et prit le papier que Ray venait de terminer.
Message pour Zel :
Tiens bon, frère. On arrive. Ne parle pas. Ne plie pas. Tous pour un…
Karo le plia soigneusement, puis appela son contact.
— À ce soir, les gars. Que Dieu soit avec vous.
Les quatre héros sortirent de la maison. Le soleil de Batida se levait à peine.
La mission de sauvetage était lancée.
Chapitre 11 – Le retour du commissaire
Lieu : Kandira – Bureau de l’ancien commissaire Yekini
Dans un coin poussiéreux de Kandira, loin des regards, un vieil homme aux cheveux gris feuilletait des dossiers épais comme des briques. Le commissaire à la retraite Yekini n’avait jamais supporté l’idée que Borlo, un homme qu’il avait jadis soupçonné, ait pris le contrôle du commissariat.
— Je savais que ce sale rat avait planqué ses traces, murmura-t-il. Mais aujourd’hui, je les tiens…
Dans ses mains : un dossier complet, prouvant les relations de Borlo avec plusieurs cartels, des vidéos, des échanges d’argent, des photos prises en cachette…
C’était plus qu’il n’en fallait.
Lieu : Commissariat de Kandira – Salle de commandement
Borlo jubilait. Il venait d’ordonner le transfert de Zel dans une cellule plus isolée.
— Je vais m’occuper de toi quand j’aurai le temps, lui lança-t-il. Mais d’abord, je vais frapper tes amis.
Mais alors qu’il sortait, une voix résonna :
— Borlo !
C’était Yekini, droit comme un chêne, avec deux agents de l’Inspection Générale.
— Tu croyais que ton règne allait durer ? Le théâtre est fini, clown. Voici ton dossier… et ta chute.
En moins d’une heure, Borlo fut suspendu, désarmé, menotté. Mais avant qu’on ne l’enferme, il ricana :
— Vous croyez m’avoir eu ? Je n’ai jamais eu besoin d’un uniforme. J’ai mes hommes… j’ai ma rue. Et je vais revenir plus fort !
Lieu : Quartier général secret – Kandira
Quelques jours plus tard, Borlo réapparaît dans l’ombre. Il recrute des anciens détenus, des exclus, des mercenaires. Il forme un club de gang, baptisé “Les Lames Noires”, jurant de faire tomber les cinq héros et de reprendre le contrôle de Kandira.
Pendant ce temps, au commissariat :
L’ancien commissaire Yekini avait déjà tout prévu. Il appela discrètement Karo.
— Dis à tes garçons qu’ils peuvent venir. La voie est libre. Zel les attend.
Quelques heures plus tard, Macky, Ray, Dodo et Terry, guidés par des agents de confiance, se faufilèrent dans le bâtiment.
Zel était là, assis, épuisé… mais vivant.
Lorsqu’il les vit, il murmura :
— Je savais que vous viendriez…
Ray sourit :
— Tous pour un, frère.
Ils sortirent du commissariat, sans bruit. Mais au loin, dans la nuit silencieuse de Kandira, un message circulait dans les ruelles sombres :
“Borlo est de retour. Et cette fois, ce sera la guerre.”
Chapitre 12 – Santé, vieux héros !
Lieu : Batida – Petite buvette de quartier, fin de journée
Le soleil tombait doucement sur Batida, colorant les toits de tôles en orange doré. Dans une ruelle animée, une petite buvette faisait entendre de la musique douce, entre les rires et les discussions animées.
Autour d’une table bancale, Karo, Zel, Macky, Ray, Terry et Dodo levaient leurs verres. Des bouteilles de jus, de sodabi, des brochettes fumantes et du riz chaud trônaient sur la table. Zel, fraîchement libéré, riait fort, entouré de ses frères.
Il y avait dans l’air un goût de victoire, de fraternité retrouvée.
Karo posa son verre, se redressa et regarda fixement Zel, un sourire ironique aux lèvres.
— Vieux héros… t’es content maintenant ?
Les autres se tournèrent vers lui.
— Tu fais moins le malin hein ? Te faire arrêter comme ça, t’humilier devant ce clown de Borlo... franchement, t’es sûr que ça te dit encore de jouer les justiciers ?
Zel, un peu gêné, grimaça… puis sourit.
— C’est vrai que c’était chaud… mais je referais pareil. On ne fuit pas l’injustice.
Ray hocha la tête :
— Et nous, on ne laisse jamais un frère tomber seul.
Karo leva son verre et lança :
— Alors buvons à la santé… du vieux héros têtu !
Tous éclatèrent de rire et trinquèrent, les verres s’entrechoquant joyeusement. La vendeuse derrière le comptoir les observait avec tendresse, fière de ces jeunes devenus les visages de courage dans toute la ville.
Mais dans un coin discret, une silhouette observait la scène. Un homme en noir, lunettes sombres et oreillettes…
Un espion des Lames Noires.
Il tapota discrètement un message :
“Les cinq sont à Batida. Détendus. Sans protection.”
Chapitre 13 – La terre tremble à Yenayara
Dans un restaurant animé au cœur de Yenayara, Karo et les cinq amis étaient réunis autour d’un bon plat local, riant, parlant de la vie, du travail, et des projets à venir. Pour une fois, le calme semblait les envelopper. La lumière chaude des lampes au plafond donnait une ambiance paisible à la soirée.
Mais cette paix fut brisée soudainement.
La porte du restaurant s’ouvrit avec fracas. Quatorze hommes armés, visages partiellement masqués, firent irruption. L’un d’eux cria :
— « Les mains en l’air ! Donnez tout ce que vous avez : argent, téléphones, bijoux… Tout ! »
Un autre, plus brutal, ajouta :
— « Les femmes, déshabillez-vous. Ce soir, on va vous goûter une à une ! »
— « Les hommes, à poil ! On va vous exploser les couilles ! »
Le silence tomba, gelé par la peur. Certains clients pleuraient, d'autres étaient figés. Mais pas Karo.
Sans même se lever, il glissa calmement sa main vers sa ceinture, sortit discrètement un petit couteau à lame affûtée, et dans un geste rapide comme l’éclair, lança l’arme qui vint se planter dans la gorge du chef des bandits. Il s’effondra en gargouillant, sous les cris paniqués des autres assaillants.
C'était le signal.
Terry bondit sur la table, envoyant un coup de pied dans la mâchoire d’un autre voyou. Zel et Dodo prirent chacun deux bandits à la fois. Macky brisa une chaise pour s’en servir comme arme. Ray, silencieux mais rapide, désarma un ennemi et retourna son propre pistolet contre lui.
La salle entière fut transformée en un champ de combat. Les clients s'étaient réfugiés sous les tables. En quelques minutes, les quatorze bandits étaient neutralisés, à terre, gémissant de douleur.
Le gérant du restaurant, un homme âgé, bouleversé mais reconnaissant, s’approcha d’eux :
— « Merci... Merci infiniment. Sans vous, ça aurait été un carnage. Tenez, ce n’est pas grand-chose, mais je veux que vous acceptiez ça… »
Il leur remit une enveloppe bien garnie.
Peu après, la police de Yenayara arriva sur les lieux, alertée par les clients. En voyant les bandits déjà maîtrisés, menottés par les ceintures de leurs propres pantalons, les agents n’eurent qu’à les embarquer.
Alors que les cinq amis et Karo sortaient du restaurant, toute la clientèle les applaudit debout, certains en larmes, d'autres criant :
— « Merci ! Merci les héros ! »
Karo, les bras croisés, se tourna vers ses amis et lança avec un sourire en coin :
— « Je crois qu’on commence à devenir célèbres… »
Chapitre 14 – Soleil et sourires à Banderazy
Les rayons dorés du soleil couvraient la rivière paisible qui traversait Banderazy, cette ville discrète, entourée de végétation luxuriante. Zel, Terry, Dodo, Ray, Macky, et Karo étaient assis à l’ombre d’un grand fromager, leurs pieds presque dans l’eau.
Autour d’eux, quelques habitants de Banderazy pêchaient, lavaient des habits, ou simplement profitaient de l’air pur. Des enfants riaient en lançant des galets dans la rivière. L’ambiance était simple, douce, presque hors du temps.
La discussion tournait autour de la ville, de son calme presque irréel malgré tout ce qu’ils avaient vécu récemment. Karo, toujours le plus bavard du groupe, se redressa légèrement et brisa le silence, regardant l’eau d’un air pensif :
— « Yenayara… c’est une ville de paix on dirait. Mais ici à Banderazy, c’est encore plus doux. »
Il pointa du menton une jeune fille qui passait non loin, portant une calebasse sur la tête, sa silhouette gracieuse se dessinant sous le soleil.
— « Eh Zel… tu peux m’appeler cette coccinelle-là ? J’apprécie la rotondité de ses seins. Elle est encore fraîche. Comme le disent les Allemands : ‘Sie ist noch scharf!’ »
Zel leva les yeux au ciel, mi-amusé, mi-exaspéré, avant de répondre avec un large sourire :
— « Ok Monsieur le Scharf toi-même, vas-y ! »
Les autres éclatèrent de rire.
Dodo manqua de tomber à la renverse, Macky s’étouffa avec l’eau qu’il buvait, et Ray, comme à son habitude, resta plus discret mais riait aussi, les épaules secouées.
— « Ce Karo ne changera jamais ! », lança Terry.
— « Non, il faut bien un peu de poésie dans ce monde dur ! », répondit Karo en se caressant le menton. « La poésie… et les formes généreuses ! »
La fin d’après-midi les enveloppait de chaleur, et pour la première fois depuis longtemps, ils se sentaient juste vivants, loin de l’action, proches de l’essentiel. Le murmure de l’eau et les chants d’oiseaux donnaient à cette scène une paix rare.
Chapitre 15 – L’horreur de Tassa
Le soleil déclinait doucement sur Tassa, ce village paisible entouré de palmiers et de champs de maïs. La tranquillité apparente masquait pourtant une ombre terrible. En longeant un sentier isolé à la lisière du village, Zel, Karo, Terry, Ray, Macky et Dodo entendaient depuis quelques instants des cris étouffés et des bruits suspects derrière un vieux bâtiment abandonné.
Mais Zel, légèrement en avance sur le groupe, fut le premier à voir la scène : trois jeunes filles, en pleurs, retenues de force par un groupe de cinq hommes armés, visiblement des bandits. L’un d’eux, grand, musclé, avec un tatouage de serpent sur l’épaule, s’approchait d’une fille recroquevillée au sol.
— « Tu seras bien délicieuse à ce que je vois… », dit-il avec un sourire répugnant, tout en ouvrant sa braguette.
— « Donc écarte-toi pour que je te pénètre, chérie… »
Zel sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Il n’attendit pas. Son sang bouillonnait. Il s’avança seul, à découvert, et lança d’une voix forte et glaciale :
— « Lâchez les filles ! Qu’est-ce que ça vous coûte de les laisser tranquilles ? Vous avez perdu toute forme d’honneur ? »
Les bandits se retournèrent, surpris. L’un d’eux éclata de rire :
— « Un héros solitaire ? Tu vas finir comme elles, petit monsieur. Tu veux qu’on t’écarte aussi ? »
Mais Zel ne broncha pas. Il dégaina calmement un petit couteau de sa ceinture, puis lança froidement :
— « Dernier avertissement. Touchez-les encore, et vous ne toucherez plus rien du tout. »
À cet instant, les quatre autres, alertés par la voix de Zel, surgissent en courant, Karo en tête, suivi de Ray, Terry, Macky et Dodo. Une bagarre violente, brève et sans pitié éclate. Les cris se mêlent aux coups de poing, aux os qui craquent, aux gémissements des agresseurs.
En quelques minutes, les cinq amis maîtrisent tous les bandits, les laissant ligotés et inconscients. Les jeunes filles, tremblantes, sont réconfortées et protégées.
Karo pose une main sur l’épaule de Zel :
— « Tu n’avais qu’à nous attendre, vieux frère. Mais comme d’hab’, t’as joué le brave. »
Zel, les yeux encore pleins de rage, murmure :
— « Je ne supporte pas ça. Je ne supporte pas la souffrance des innocents. »
Les filles pleurent, mais cette fois, c’est de soulagement. Elles sont en vie. Sauvées.
Chapitre 16 – L’Enlèvement
Le soleil commençait à se coucher sur Tassa, projetant ses dernières lueurs sur les terres rouges du village. Le groupe des six amis — Zel, Ray, Macky, Dodo, Terry et Karo — s’était arrêté ici pour souffler un peu après les récents affrontements. Chacun vaquait à ses occupations : certains discutaient avec des villageois, d’autres prenaient des photos ou flânaient autour des cases traditionnelles.
Zel, lui, s’était éloigné légèrement, attiré par le calme d’un petit sentier menant à la rivière. Il contemplait l’eau qui s’écoulait doucement lorsqu’une voix rauque surgit derrière lui.
— On dirait que les héros aiment se balader seuls…
Zel se retourna brusquement. Borlo se tenait là, entouré d’au moins six hommes lourdement armés, tous vêtus de noir. Sans avoir le temps de réagir, Zel fut maîtrisé. Il tenta de se débattre, lançant des coups, esquivant, criant pour alerter ses amis. Mais l'embuscade était bien orchestrée. Les hommes de Borlo le ligotèrent et le jetèrent dans un 4x4 noir garé non loin.
À quelques mètres de là, Ray, en entendant des cris, alerta immédiatement Macky, Dodo, Terry et Karo.
— C’était la voix de Zel ! cria Ray.
Ils se ruèrent dans la direction des hurlements… mais trop tard.
Le 4x4 démarra à toute vitesse, soulevant un nuage de poussière. Ray tenta de courir derrière, Karo lança une pierre dans la carrosserie, mais le véhicule disparut déjà à l’horizon.
— MERDE !! hurla Macky, frappant le sol de colère.
— On aurait dû être avec lui ! pesta Terry, le regard rempli de rage.
Karo, silencieux quelques secondes, finit par murmurer :
— Borlo vient de déclarer la guerre.
Ils se regardèrent tous les cinq. Plus qu’un frère capturé, c’est toute leur unité qui venait d’être défiée. Ils savaient que Zel n’allait pas se laisser faire. Mais ils savaient aussi que le temps jouait contre eux.
Chapitre 17 – Le visage du mal
La nuit était tombée sur Batida, mais dans un entrepôt abandonné à la périphérie de la ville, une lumière crue perçait à travers une vieille ampoule suspendue au plafond. Zel était ligoté à une chaise, les poignets brûlés par la corde trop serrée, le visage tuméfié, mais le regard toujours fier.
Face à lui, Borlo, vêtu d’un long manteau noir, le regard froid, savourait le silence.
Il fit quelques pas lents autour de Zel, avant de s’arrêter juste devant lui. Un sourire narquois déforma son visage.
— Petit... je t’ai eu à nouveau.
Zel releva la tête, peinant à garder les yeux ouverts.
— Tu crois que c’est une victoire ? Tu es juste un lâche… incapable d’affronter les hommes à la loyale.
Borlo éclata d’un rire sec, presque moqueur.
— Toujours aussi insolent, hein ? Tu n’as rien appris après ton passage derrière les barreaux. J’ai été patient, moi. Pendant que tu t’amusais à jouer au héros, je me préparais à revenir plus fort. Et cette fois, je ne ferai pas l’erreur de te laisser en vie.
Zel serra les dents. Malgré la douleur, il ne voulait pas lui donner la satisfaction de voir sa peur.
— Tu peux me battre, Borlo… mais tu ne battras jamais nous six.
Borlo se pencha doucement vers lui, si près que Zel sentit son souffle froid sur son visage.
— On verra combien de temps ils tiendront sans leur capitaine.
Puis il se redressa, claqua des doigts. Deux hommes armés s’approchèrent.
— Enfermez-le. Et pas d’erreurs cette fois. S’il tente quoi que ce soit… coupez-lui une main.
Alors qu’on traînait Zel dans une pièce obscure, son regard restait tourné vers la porte. Il savait qu’ils viendraient. Il savait que ses frères n’allaient pas le laisser là.
Chapitre 18 – Le plan du feu
Yenayara, quartier Sud. Dans une maison discrète appartenant à un ancien contact de Karo, les cinq amis étaient rassemblés autour d’une vieille table couverte de plans, de cartes, et de photos satellite de Batida.
Le silence était lourd.
Zel avait été enlevé depuis 36 heures. Chaque minute comptait.
Ray, le plus calme du groupe, fixait une carte du regard, les poings serrés.
— C’est forcément cet entrepôt, dit-il. Borlo ne peut pas opérer en pleine ville sans couverture. Il a besoin d’un endroit discret, à l’abri des regards.
Macky hocha la tête.
— On a eu confirmation qu’un camion noir a quitté Tassa la nuit du rapt, direction Batida. On est sur la bonne piste.
Dodo se leva, nerveux, marchant en rond.
— Ça me rend fou ! Zel est sûrement torturé là-bas. Faut y aller ce soir, on n’a pas le temps d’attendre la police.
Terry, lui, fixait Karo.
— Et toi, le stratège… Tu dis rien ? Tu nous fais un plan ou on fonce tête baissée ?
Karo croisa les bras. Son regard glissa lentement sur chacun d’eux, puis il souffla :
— On est six. Mais aujourd’hui, on est cinq. Et ces cinq vont frapper fort.
Voilà ce qu’on va faire…
Il se pencha sur la carte et posa ses doigts sur les trois entrées principales de l’entrepôt ciblé.
— Macky et Ray, vous entrez par le côté Est, là où les containers sont empilés. Dodo et moi, on passe par le Nord, par les égouts abandonnés. Terry, tu prends de la hauteur. Il y a une vieille grue à quelques mètres. Tu seras nos yeux. Si tu vois du mouvement, tu nous alertes.
Il s’arrêta. Puis ajouta d’un ton froid :
— Et si quelqu’un tente de tuer Zel… tu tires sans réfléchir.
Un silence s’installa.
Puis Ray, doucement, dit :
— On va le ramener. Mort ou vif, Borlo paiera.
Chacun acquiesça. Le regard était grave, mais déterminé.
Karo conclut :
— Ce soir, on entre dans l’antre du diable. Et on en ressort avec notre frère.
Chapitre 19 – Le feu des liens
Batida. Entrepôt désaffecté. Minuit passé.
Zel, ligoté à une chaise en fer, le visage marqué de coups, fixe Borlo droit dans les yeux. Le chef de gang ricane en faisant lentement les cent pas devant lui.
— Tu vois, petit, je t’ai eu à nouveau.
Tu peux courir, te cacher, jouer les héros... mais à la fin, tu reviens toujours à moi.
C’est le destin des rêveurs comme toi.
Zel respire fort, les yeux fatigués mais toujours pleins de feu.
— Le destin des tyrans, c’est la chute. La tienne approche.
Borlo éclate de rire, sort un couteau et l’approche de la gorge de Zel.
— Il ne viendra personne pour toi cette fois. Tes amis… sont trop occupés à fuir leur propre peur.
BOOOOM !!!
Une explosion déchire le silence de la nuit. Un pan du mur arrière s’effondre dans un fracas. Une pluie de poussière, de briques et de feu envahit la pièce.
— Qu’est-ce que— ?!
Ray, le premier à entrer dans la fumée, tire deux coups vers le plafond pour disperser les hommes de Borlo.
Dodo fonce au corps-à-corps, envoyant deux gardes valser contre les murs.
Karo bondit par la droite, roule au sol et dégaine deux couteaux qu’il lance avec une précision mortelle.
Terry surgit en hauteur, saute d’une poutre et plaque un bandit au sol.
Macky se glisse vers Zel, coupe ses liens avec rage.
— Debout vieux frère. Fin de la sieste.
Zel se redresse, titube, prend l’arme qu’on lui tend. Un regard échangé. La famille est réunie.
Le combat devient sauvage. Poings, pieds, lames, cris, feu… les six amis se battent comme un seul homme. Un ballet de violence juste et chirurgicale.
Borlo, bousculé par l’explosion, récupère un pistolet et tente un tir, mais Karo le désarme d’un coup de bâton.
— C’est pour Kandira, enfoiré !
Borlo recule, jette une grenade aveuglante, et disparaît dans la fumée.
— Il fuit ! hurle Macky.
Mais c’est trop tard. Borlo est déjà loin.
La pièce est silencieuse à nouveau, remplie de corps assommés et de poussière.
Le groupe sort lentement, couvert de sueur, de sang, d’éclats de plâtre… mais ensemble.
Dans la ruelle, Zel se tourne vers eux.
— Vous êtes venus… Je le savais.
Karo, sourire en coin, lui tape l’épaule.
— T’es des nôtres, frère. On abandonne pas les nôtres.
Chapitre 20 – Le prix de l’attachement
Ville de Kandira – Quartier périphérique. 22h47
Le vent souffle fort dans la nuit. Une fine poussière s’élève dans les ruelles de terre battue. Quelques chiens errants hurlent au loin. Dans une modeste maison éclairée à la lampe solaire, la mère de Zel s’affaire dans la cuisine. Son petit frère, Jude, fait ses devoirs à même le sol, concentré.
Soudain… un bruit sourd retentit. Trois voitures noires surgissent au coin de la rue. Des hommes en cagoule en descendent, armés jusqu’aux dents. En tête de file : Borlo, le visage sombre, un bandage sur l’épaule gauche.
— Kandira… Le cœur de ce petit prétentieux. On va voir ce que ça fait de me défier, murmure-t-il.
Ils s’approchent discrètement de la maison. Un coup de pied dans la porte. BOUM.
— À terre ! hurle un des bandits.
La mère de Zel pousse un cri. Jude se jette sous la table. Borlo entre, l’air glacé.
— Où est ton fils, madame ? Celui qui joue au justicier ? Je t’écoute.
— Je ne sais pas… Je n’ai pas de nouvelles de lui depuis… des jours… Je vous en prie…
Borlo s’approche, soulève le petit Jude par le col.
— Peut-être que le gamin sait, lui.
— NE LE TOUCHEZ PAS ! supplie la mère, en larmes.
— C’est ça, pleure. Et dis à ton héros de fils que chaque fois qu’il se dressera… c’est VOUS que je frapperai.
Il balance Jude violemment contre un meuble. Le garçon hurle de douleur. Un des hommes sort un bidon d’essence.
— On crame la baraque ?
— Pas tout de suite. On laisse un petit souvenir.
Borlo sort un couteau, entaille la porte en bois avec une phrase :
"TU AS CHOISI LA GUERRE – B"
Puis, ils repartent, laissant derrière eux des cris, la panique et une maison saccagée.
Quelques heures plus tard, Zel et les autres reçoivent un appel depuis Kandira. La voix de sa mère, brisée :
— Ils sont venus, Zel… Ils ont attaqué la maison… Jude a été blessé… Ils t’en veulent, mon fils…
Zel tombe à genoux, poings serrés.
— BORLO…
Chapitre 21 – L’appel de l’ombre
De retour dans leur refuge à Yenayara, le groupe était encore sous le choc des événements récents. Les blessures de Jude, la destruction de la maison, tout pesait lourdement sur leurs épaules.
Zel, assis dans un coin sombre, fixait son téléphone. Il venait de recevoir un appel d’un numéro masqué.
Sans hésiter, il décrocha.
— « Allô ? »
Une voix froide, cinglante, résonna à l’autre bout du fil.
— « Alors, héros… comment se porte ta petite famille ?
Tu vois, je ne suis jamais bien loin. Chaque fois que tu fais un pas, je fais deux. Tu crois que tu peux m’échapper ?
Tu as fait une erreur en pensant que ce n’était qu’une guerre entre toi et moi. C’est une guerre contre tout ce qui t’est cher.
Je te conseille de réfléchir à deux fois avant de faire un autre mouvement. Sinon… les conséquences seront... dévastatrices. »
Le téléphone émit un bruit sourd, puis la communication fut coupée.
Zel serra le poing, ses yeux lançant des éclairs.
— « Il joue avec nos vies… Mais on ne le laissera pas gagner. »
Autour de lui, les regards des cinq autres amis s’étaient posés sur lui, pleins de détermination.
— « On passe à l’attaque. Cette fois, c’est lui ou nous. »
Chapitre 22 – L’heure de la riposte
Dans une pièce étroite mais bien éclairée d’un bâtiment discret à Yenayara, les six amis — Zel, Ray, Macky, Dodo, Terry et Karo — se tenaient autour d’une grande table couverte de cartes, de photos et de notes griffonnées à la hâte.
Zel, la mâchoire serrée, prit la parole :
— Borlo nous teste. Il frappe au cœur, mais il ne sait pas à qui il a affaire.
Ray hocha la tête et indiqua un plan de la ville de Kandira :
— Voici ses dernières cibles. Il utilise la peur pour nous déstabiliser. Mais il a un point faible : ses alliés ne sont pas aussi solides que lui.
Macky, en regardant les photos, ajouta :
— On a repéré plusieurs caches d’armes qu’ils utilisent autour de Kandira. Si on les détruit, on fragilisera son réseau.
Dodo et Terry parlèrent de repérer les déplacements de Borlo pour éviter les pièges.
Karo, calme et stratégique, conclut :
— La clé, c’est la coordination. On doit frapper vite et fort, sans laisser d’échappatoire.
Zel fixa chacun d’eux :
— Cette fois, c’est nous qui fixons les règles. On va faire tomber Borlo, une bonne fois pour toutes.
Chapitre 23 – La bataille pour Kandira
La nuit était tombée sur Kandira lorsque Zel, Ray, Macky, Dodo, Terry et Karo arrivèrent en force dans le quartier où vivait la famille de Zel. Les rues étaient étrangement silencieuses, comme si la ville retenait son souffle.
Le groupe se sépara rapidement, fouillant maison par maison, cherchant des indices sur la présence de Borlo et ses hommes. Le but était clair : protéger la famille de Zel et capturer Borlo une bonne fois pour toutes.
Au bout de quelques minutes, un cri déchira le silence. La mère de Zel, entourée de quelques villageois, était retranchée dans une maison en feu, tentant d’éteindre les flammes. Jude, le petit frère, avait été emmené par des bandits.
Sans perdre une seconde, les cinq se lancèrent à la poursuite.
Le combat fut féroce. Les hommes de Borlo étaient bien armés, mais le groupe restait uni, mêlant force brute et tactique.
Borlo surgit soudain, tirant dans leur direction. Une balle effleura Macky, qui riposta aussitôt.
Mais dans la confusion, Borlo profita d’un moment d’inattention et s’enfuit par une ruelle dérobée.
— Borlo s’échappe ! cria Terry, essoufflé.
Zel fulminait, mais il n’y avait rien à faire. Borlo avait encore filé entre leurs doigts.
La priorité restait la famille.
— On doit retrouver Jude et sécuriser la maison, ordonna Karo.
Alors que les flammes léchaient les murs, le groupe se lança dans une course contre la montre pour sauver ce qui pouvait l’être.
Chapitre 24 – Le sauvetage
Dans la pénombre d’une ruelle sombre, Jude était retenu prisonnier par deux hommes cagoulés. Ses mains liées, il tremblait, mais ses yeux brillaient d’une force étonnante pour un garçon si jeune.
Alors que les seconds semblaient discuter du sort de l’enfant, un bruit soudain les fit sursauter.
Zel, Ray, Macky, Dodo, Terry et Karo surgirent, armes en main, prêts à intervenir.
— Lâchez-le ! hurla Zel.
Pris par surprise, les deux ravisseurs tentèrent de riposter, mais ils furent rapidement maîtrisés par l’unité coordonnée des six amis.
Jude, libre, se jeta dans les bras de son frère.
— Je savais que vous viendriez.
Mais la tension restait palpable. Ils savaient que Borlo n’allait pas rester inactif.
— Ce n’est pas fini, murmura Karo.
— Il reviendra, et plus fort.
Ils ramenaient Jude en sécurité, conscients que la guerre ne faisait que commencer.
Chapitre 25 – L’assaut à Yenayara
La nuit enveloppait Yenayara d’un voile épais. Dans les ruelles étroites, une agitation inhabituelle troubla le calme apparent. Borlo était là, à la tête d’une bande de ses hommes, en train de frapper violemment plusieurs commerces et d’intimider les habitants.
Mais ce qu’il ignorait, c’est que les six amis — Zel, Ray, Macky, Dodo, Terry et Karo — avaient été prévenus. Cachés dans l’ombre, ils observaient, prêts à agir.
Soudain, à l’instant où Borlo levait la main pour frapper un marchand, Ray donna le signal.
Ils surgirent tous en même temps, surprenant les hommes de Borlo.
Le combat éclata, brutal et sans merci. Poings, coups de pied, coups de couteau, cris et grincements de dents. Chacun des six combattants faisait preuve d’une précision et d’une force hors du commun.
Borlo, au milieu de la mêlée, encaissait les coups mais ripostait avec férocité. Il semblait posséder une énergie inépuisable, comme animé par une rage destructrice.
Mais alors que les amis prenaient l’avantage, la fumée, le chaos et les cris offraient une opportunité.
Profitant d’un moment d’inattention, Borlo lança une grenade fumigène. La zone se remplit rapidement d’un épais nuage gris.
Quand la fumée se dissipa, Borlo avait disparu.
Un silence lourd tomba.
— Il s’est encore échappé… grogna Macky, serrant les poings.
— Ce n’est que partie remise, dit Zel, le regard brûlant.
Les six se redressèrent, prêts à continuer le combat. Leur détermination était plus forte que jamais.
Chapitre 26 – Le piège de Batida
La chaleur de la journée pesait encore sur Batida lorsque Ray sortit d’une petite boutique, un sac de provisions à la main. Il marchait tranquillement dans la rue principale, le regard attentif, conscient que la ville n’était jamais aussi paisible qu’elle en avait l’air.
Soudain, un frisson d’alerte lui parcourut l’échine.
Face à lui, surgit Borlo, un sourire cruel aux lèvres, accompagné de deux hommes armés.
— Alors, Ray… tu te balades seul, c’est ça ? Trop facile.
Ray recula d’un pas, prêt à se défendre. Mais Borlo et ses hommes l’encerclèrent rapidement.
Le combat s’engagea. Ray esquiva plusieurs coups, riposta avec force, mais il était en infériorité numérique.
Malgré son courage, Borlo le saisit d’une clé de bras, le neutralisant avec brutalité.
— Tu vas rester tranquille un moment, mon ami.
Ray, haletant, tenta de crier, espérant que ses frères entendent.
Mais à ce moment précis, Macky, Terry, Dodo, Karo et Zel arrivèrent en courant, armes dégainées.
— Ray ! cria Macky.
Ils se précipitèrent vers lui, mais la scène changea trop vite.
Borlo, comprenant qu’il était encerclé, attrapa une grenade dans sa ceinture.
— Désolé les gars.
Il lança la grenade au sol avant de disparaître dans la foule dense.
L’explosion retentit, projetant des débris partout.
Quand la fumée se dissipa, Borlo avait encore filé.
Les cinq amis aidèrent Ray à se relever, le visage marqué, mais vivant.
— Il ne nous aura pas si facilement, jure Zel.
Chapitre 27 – La promesse de la vengeance
Dans le refuge discret de Yenayara, Zel, Macky, Dodo, Terry, et Karo étaient rassemblés autour d’une table, l’atmosphère lourde de tension.
Zel, le regard dur et la voix ferme, prit la parole :
— L’autre fois, c’était moi qui ai été capturé. Cette fois, c’est Ray.
On ne peut pas laisser Borlo s’en sortir.
Macky acquiesça, balayant la carte étalée devant eux.
— On connaît enfin son repaire. Cette fois, on frappera vite, fort, et sans laisser d’échappatoire.
Dodo et Terry échangèrent des informations sur les dernières surveillances tandis que Karo analysait les entrées possibles.
— Il est temps de terminer cette guerre, conclut Karo calmement.
Tous se regardèrent, unis dans cette même détermination.
— Ray doit revenir avec nous. À tout prix.
Autour de la table, sous la faible lumière d’une lampe, les cartes de Batida et de ses environs étaient étalées, agrémentées de notes griffonnées et de photos prises lors des surveillances.
Karo désigna les différentes entrées de l’entrepôt où Borlo se cachait :
— Voici les points d’accès principaux. On peut entrer par ici, par les égouts, mais c’est étroit et risqué. La porte principale est lourdement gardée, il faudra une diversion.
Macky, les bras croisés, réfléchissait :
— On pourrait utiliser une explosion contrôlée sur le côté Est pour attirer leurs gardes, pendant que Zel et moi entrons par le Nord.
Dodo hocha la tête :
— Terry, tu pourras prendre de la hauteur, surveiller et nous guider avec les jumelles. Il faudra rester en contact permanent.
Terry acquiesça, le regard concentré :
— Je serai votre œil. Si un piège se déclenche, vous serez les premiers avertis.
Après avoir détaillé chaque étape, les cinq amis se levèrent, fatigués mais prêts.
Ils s’assirent ensuite autour d’un petit feu improvisé, le silence leur offrant un rare moment de répit.
Zel brisa le silence, la voix douce :
— Vous savez… ça fait longtemps qu’on est ensemble. Plus que des frères, une vraie famille.
Karo sourit :
— On a tous nos faiblesses, nos peurs… Mais ici, avec vous, je me sens invincible.
Macky regarda chacun dans les yeux :
— Quoi qu’il arrive demain, on le fait ensemble. Pas de faux pas.
Dodo ajouta, un peu hésitant :
— J’ai peur… Mais je veux pas que Borlo gagne. Pas après tout ça.
Un silence complice les enveloppa.
Terry conclut :
— Peu importe ce qui nous attend, on ne lâchera rien.
Ils levèrent leurs mains, les joignant au centre.
— Pour Ray. Pour Zel. Pour nous tous.
Chapitre 28 – L’assaut décisif
La nuit enveloppait Batida d’un voile épais alors que Zel, Macky, Dodo, Terry, et Karo approchaient discrètement de l’entrepôt isolé où Borlo tenait Ray prisonnier. Leurs cœurs battaient à l’unisson, déterminés à mettre fin à ce cauchemar.
Une explosion contrôlée retentit à l’Est, déclenchant une diversion parfaite. Les gardes, alertés, se précipitèrent vers le bruit.
Profitant de la confusion, Zel et Macky s’introduisirent par l’entrée Nord tandis que Dodo, Terry et Karo prenaient position en hauteur pour surveiller les environs.
À l’intérieur, Ray était ligoté, mais conscient. Ses yeux s’illuminèrent lorsqu’il aperçut ses amis.
— Enfin ! Ils sont là !
Rapidement, Zel déchira ses liens.
Mais au même moment, Borlo surgit dans la pièce, armé et furieux.
— Vous croyez que ça va être aussi simple ?
Un combat acharné éclata. Les cinq amis affrontèrent Borlo et ses hommes avec une intensité sans faille. Chaque coup porté, chaque esquive témoignait de leur volonté de victoire.
Cependant, au milieu de la mêlée, Borlo lança une grenade fumigène.
Quand la fumée se dissipa, il avait disparu une fois de plus, laissant derrière lui un silence pesant.
Ray, libre, retrouva ses compagnons, mais la menace de Borlo restait bien présente.
— Cette fois, on ne le laissera plus filer, promit Zel, le regard braqué vers l’horizon.
Chapitre 29 – L’ombre du piège
Alors que le groupe célébrait la libération de Ray, une tension invisible flottait dans l’air. L’ombre de Borlo planait toujours.
Quelques jours plus tard, à Batida, alors que Karo s’éloignait seul pour vérifier des informations auprès d’un contact, une silhouette surgit brusquement de l’ombre.
Avant qu’il ne puisse réagir, Borlo l’attrapa violemment, un sourire cruel aux lèvres.
— Tu pensais vraiment pouvoir m’échapper, Karo ?
Cette fois, c’est toi que j’emporte.
Karo tenta de se défendre, mais Borlo était rapide et impitoyable. En un instant, il ligota Karo et l’entraîna dans les ruelles sombres.
Au loin, le silence pesant de Batida semblait annoncer une nouvelle bataille, plus personnelle, plus dangereuse.
Chapitre 30 – L’appel du défi
Les jours suivants, le groupe sentait une absence pesante. Karo ne donnait plus signe de vie, et ses contacts ne répondaient pas.
Zel fronça les sourcils, inquiet.
— Karo ne répond plus. Quelque chose cloche.
Macky, Dodo, Terry et Ray partagèrent ses doutes, scrutant chaque recoin de Batida à sa recherche.
Soudain, le téléphone de Zel sonna. Un numéro masqué s’afficha.
Hésitant, il décrocha.
— « Alors, les amis... Le gars vous est cher, n’est-ce pas ? » La voix glaciale de Borlo résonna.
« Venez le récupérer. Mais sachez que c’est un piège. Si vous échouez, c’est vous que j’aurai. »
Un silence lourd suivit.
Zel serra le poing.
— « On ne le laissera pas tomber. Karo, on arrive. »
Les cinq amis échangèrent un regard de feu. La bataille venait de prendre une nouvelle dimension.
Chapitre 31 – Le plan de sauvetage
Dans une pièce sombre, éclairée uniquement par la faible lumière d’une lampe suspendue, Zel, Macky, Dodo, Terry, et Ray étaient réunis autour d’une table. Une carte de Batida était étalée devant eux, marquée de plusieurs annotations et points rouges.
Zel prit la parole, la voix grave :
— Borlo veut jouer avec nous en prenant Karo. Mais on va lui montrer que ce n’est pas nous qui avons peur.
Macky désigna un bâtiment isolé dans la périphérie de la ville :
— C’est là qu’on pense que Borlo le tient. L’endroit est bien gardé, mais il y a une faille dans la sécurité.
Dodo expliqua :
— Le côté Est est moins surveillé, on pourrait y faire une entrée discrète pendant que Terry et Ray créent une diversion.
Terry acquiesça, confiant :
— Je me chargerai de la diversion avec Ray. On fera du bruit, mais pas trop pour ne pas mettre Karo en danger.
Zel termina :
— Nous, avec Macky, on entrera par l’Est, on trouve Karo, et on le ramène.
Un silence complice s’installa.
— Cette fois, on ne peut pas échouer, dit Zel.
Les cinq amis échangèrent un regard plein de détermination.
— Pour Karo, on ira jusqu’au bout.
Chapitre 32 – La fin d’un cycle
L’entrepôt isolé dans la périphérie de Batida résonnait des bruits sourds de l’assaut. Zel, Macky, Dodo, Terry, et Ray s’étaient faufilés par l’entrée Est, tandis que Terry et Ray créaient une diversion au Nord.
À l’intérieur, Karo était attaché, mais vif, prêt à saisir la moindre opportunité.
Zel coupa ses liens rapidement.
— On est là, vieux frère.
Les cinq amis firent face à Borlo et ses hommes, qui tentaient désespérément de se défendre.
Mais au moment où la tension montait, les sirènes retentirent.
La police, alertée et en force, arriva en trombe, encerclant l’entrepôt.
Borlo, voyant ses chances fondre, lança un regard noir à Zel.
— Vieux con, c’est toi qui veut maintenant finir derrière les barreaux.
Zel, le regard froid, répondit :
— Disons à jamais.
Les policiers arrêtèrent Borlo et ses complices, les menottant avec fermeté.
Le groupe se rassembla, soulagé et plus uni que jamais.
La guerre était peut-être finie.
Chapitre 33 – L’heure de la joie
Sous le soleil éclatant de Batida, les six amis étaient réunis dans une petite cour, riant et partageant des moments de légèreté après la tempête.
Les visages étaient fatigués, mais les sourires illuminaient l’atmosphère.
Après un long silence, Karo se leva, levant son verre.
— Tous pour un…
Il chercha une réponse dans les yeux de ses frères, mais le silence s’installa.
Un sourire taquin se dessina alors sur son visage :
— Mais personne ne me répond ? Vous êtes si égocentriques que ça ?
Un instant plus tard, Zel, les bras croisés, lança en riant :
— Un pour ta gueule…
Les éclats de rire fusèrent, brisant toute tension.
Leur lien indestructible venait de s’exprimer une nouvelle fois, dans la simplicité et l’humour.
Chapitre 34 – Solidaires à jamais
Le soir tombait doucement sur Kandira, enveloppant les rues de lueur orangée. Ray, souriant, marchait en direction du restaurant où l’attendait Cassy, une de ses copines. Il portait une chemise bien repassée, mais surtout… il n’était pas seul.
Derrière lui, en rang désordonné, avançaient Zel, Macky, Dodo, Terry et Karo. Tous avaient ce petit air complice, celui des frères inséparables.
À l’entrée du restaurant, Cassy, élégante et surprise, leva un sourcil.
— Ray ? Je t’ai invité toi seul… Pourquoi cette bande derrière toi ?
Ray sourit et se tourna légèrement :
— Tous pour un…
Sans attendre, les cinq autres répondirent en chœur :
— Un pour tous !
Ray ajouta, fier et sincère :
— Voilà. Nous sommes solides, et soudés à jamais.
Cassy éclata de rire, touchée, tandis que les six amis prenaient place à la table. Les souvenirs, les épreuves, les douleurs et les victoires… tout les avait liés pour toujours.
Et dans ce simple dîner, un chapitre se fermait… mais leur amitié, elle, ne faisait que commencer une nouvelle page.
FIN
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