Entre rue et jungle
19 mai 2025Entre rue et jungle
Introduction :
Maramani, une ville qui ne dort jamais, où les rues bourdonnent d'activités et où chaque coin cache une histoire. C’est dans ce tumulte que vivent Alex et Mirabelle, deux étudiants aux vies rythmées par les bruits et les lumières d’un monde urbain qui semble ne jamais s’arrêter. La ville leur offre la modernité, la technologie, et un confort auquel ils se sont habitués. Pourtant, derrière le béton et le bruit, il existe un autre monde, un monde qu’ils ne connaissent pas encore, un monde où le silence règne, où les lois de la nature dictent chaque mouvement.
Lorsqu'ils partent en camping dans la jungle pendant les vacances, ils espèrent juste une pause dans leur quotidien trépidant. Mais ce qui commence comme une simple escapade se transforme rapidement en une aventure inattendue. Le camping, loin d'être une simple distraction, se révèle être un défi de survie, où ils devront abandonner le confort de la ville et affronter les mystères de la nature sauvage.
Loin de leurs repères habituels, Alex et Mirabelle se retrouvent livrés à eux-mêmes, pris au piège d’une jungle qui semble les observer. Loin de tout, sans autre aide que la leur, ils rencontreront Lamine et Euphrasie, deux habitants de cet univers qui leur est étranger. Ces deux individus, en parfaite harmonie avec la nature, les guideront à travers les dangers de la forêt, mais aussi à travers la redécouverte de ce qui fait réellement d’eux des êtres humains.
Entre les rues de Maramani et les profondeurs de la jungle, Alex et Mirabelle devront apprendre à survivre, mais surtout à se redéfinir, à comprendre leurs racines et à s’accepter dans un monde en perpétuel changement.
Maramani, une ville en perpétuel mouvement, où les rues s'entrelacent comme un réseau d'arteres pulsant de vie. Le bruit des moteurs, les voix animées des commerçants et des passants, les odeurs des mets cuisinés dans les petites échoppes, tout contribue à cette énergie qui ne faiblit jamais. C'est là qu'Alex et Mirabelle, deux étudiants un peu perdus dans le flot incessant de la ville, passent leurs journées. Entre les cours, les révisions et les distractions de la vie citadine, ils se sont habitués à ce rythme effervescent. Pourtant, à l'approche des vacances, quelque chose dans l’air semble différent. Une étrange sensation de vide, de manque, un appel du dehors qu’ils ne comprennent pas encore.
Quand leurs parents leur proposent de partir camper dans la jungle, loin du brouhaha de Maramani, l’idée semble être un soulagement. Pas d’ordinateurs, pas de téléphones, juste la promesse d'un retour à la nature. La forêt est loin d’être un terrain familier. Alex et Mirabelle, habitués à la ville, ignorent tout des lois qui régissent ce monde sauvage. Ils ne savent pas encore que la jungle n’est pas un simple décor de vacances, mais un espace où l'on se confronte à soi-même, à ses peurs, à ses désirs les plus profonds.
Arrivés sur place, leurs parents les laissent vite à leur propre sort, dans une décision délibérée, pensant que l’expérience pourrait les forger autrement. "Apprenez à vous débrouiller, à vous comprendre, à comprendre la nature", disent-ils avant de s’éloigner. Et voilà, Alex et Mirabelle, seuls au cœur de la jungle, plongés dans un monde qu’ils n’ont jamais imaginé. Aucun signal de téléphone, aucune carte, juste eux et la vaste forêt.
Ils marchent sans but précis, explorant un monde silencieux, où chaque craquement sous leurs pieds semble resonner dans l’air épais de la forêt. Ils découvrent des plantes aux couleurs éclatantes, des oiseaux aux chants inconnus, et des insectes qu’ils n’ont jamais vus. Mais plus ils avancent, plus la sensation d’être épiés grandit, comme si la jungle elle-même les observait, attendait un faux pas.
C’est au détour d’un sentier, dans un clairière lumineuse où les rayons du soleil percent le feuillage dense, qu’ils rencontrent Lamine et Euphrasie. Deux figures énigmatiques, à l’aise dans cette jungle qu’ils semblent connaître sur le bout des doigts. Lamine, un homme au regard perçant, fort et calme, et Euphrasie, une femme au sourire mystérieux, pleine de sagesse, mais dont les yeux dissimulent des secrets anciens.
"Vous vous êtes perdus ?" demande Lamine d’un ton tranquille, mais percutant.
Euphrasie les regarde en silence, son regard profond comme l’océan, et un sourire discret apparaît sur ses lèvres. "La jungle n’est pas un endroit où l’on se perd, elle est un lieu où l’on se trouve", répond-elle, sa voix douce et captivante.
La rencontre est le début d’une aventure qui ne se déroule pas seulement dans les sous-bois humides de la forêt, mais dans l’esprit d’Alex et Mirabelle, entre les murs de Maramani et le silence d’une nature qui ne pardonne pas.
Ils n'ont encore aucune idée de ce qui les attend. Mais ce qu'ils découvriront dans cette jungle bouleversera tout ce qu'ils croyaient savoir sur le monde... et sur eux-mêmes.
Lamine et Euphrasie les guident à travers les sentiers sinueux, sans jamais vraiment se presser. La jungle semble avoir son propre rythme, un rythme que seuls ceux qui y vivent depuis toujours peuvent comprendre. Le sol est tapissé de feuilles humides et de racines qui serpentent comme des veines à travers la terre. Les oiseaux, invisibles mais omniprésents, chantent des mélodies complexes. Alex et Mirabelle, d'abord perturbés par l’inconnu, commencent à s’adapter à ce monde. Le temps semble différent ici, il s'étire, se dilate, chaque moment emportant les deux jeunes loin de la frénésie de Maramani.
"Restez proches", murmure Lamine en se faufilant à travers un épais buisson de lianes. "La jungle est un endroit de secrets, et il faut savoir les écouter avant de les dévoiler."
Mirabelle, qui marche derrière lui, scrute les alentours avec une curiosité grandissante. Elle remarque des empreintes dans la boue, des traces qui semblent anciennes, mais aussi récentes. "Des animaux ?"
"Pas seulement", répond Euphrasie, qui les suit en silence, son regard semblant toujours capturer plus qu'il n'en donne. "Ici, les humains laissent aussi des traces. Les habitants de la jungle, les voyageurs, les étrangers... Tout le monde a une empreinte à laisser, mais certaines sont plus anciennes que d'autres."
Alex, qui n’a jamais vraiment cru aux histoires de mystères et de légendes, se sent pourtant intrigué par le ton d'Euphrasie. Ce n’est pas un simple guide qu’il a en face de lui, mais quelqu’un qui connaît profondément cet endroit. Un peu comme un livre qu’on n’a pas encore ouvert, mais dont les pages sont imprégnées d’une histoire vieille comme le monde.
Ils marchent encore pendant plusieurs heures, les voix de la ville s’éloignant peu à peu, remplacées par le bruit des feuilles battues par le vent, des branches craquées sous les pas de Lamine. Mirabelle commence à ressentir une étrange forme de paix. Bien que ce ne soit pas une paix de confort, elle trouve un calme inattendu. Elle se sent, pour la première fois depuis longtemps, vraiment vivante.
"Quand je suis arrivée ici pour la première fois, je pensais que la jungle allait me détruire", confie Lamine en s'arrêtant soudainement, comme si un souvenir l’avait saisi. "Mais j’ai vite compris que c’était moi qui devais apprendre à m’effacer, à me fondre dans elle. C’est une danse subtile, un échange silencieux. Elle ne nous attend pas, mais elle nous accepte."
Euphrasie se tourne vers Alex et Mirabelle, un sourire sage aux lèvres. "Tout ce que vous croyez savoir... est en train de changer. Laissez la jungle vous transformer."
Avant qu’ils ne puissent répondre, un bruit soudain de feuilles froissées fait écho à travers la forêt. Lamine lève la main, signalant à tout le monde de s’arrêter. L’air semble se figer autour d’eux, et même les oiseaux cessent de chanter. Quelque chose dans l’air a changé.
"Restez discrets", chuchote-t-il.
Lamina et Euphrasie se glissent dans l'ombre des arbres, leurs mouvements rapides et silencieux. Alex et Mirabelle, pris dans l’urgence de la situation, suivent les deux figures sans poser de questions. Une nouvelle sensation de danger s’installe dans l’air, bien plus palpable que l'angoisse qu'ils ressentaient au début de leur voyage.
Quelque chose ou quelqu’un s’approche, et ce ne sont pas simplement des animaux.
Le silence est devenu lourd, presque oppressant. Chaque mouvement dans la forêt semble amplifié. Les pas d’Alex et Mirabelle se font aussi discrets que possible, leurs respirations retenues. Lamine et Euphrasie avancent sans un bruit, comme s’ils étaient invisibles aux yeux de tout ce qui les entoure. Alex essaie de suivre le rythme, mais la jungle semble elle-même vivante, réagissant à chaque geste, à chaque souffle. Mirabelle, quant à elle, se tient près de lui, son cœur battant plus vite à mesure que le mystère se fait plus pressant.
Après quelques minutes de marche, Lamine fait signe d'arrêter. Il s'accroupit derrière un buisson dense, tendant le doigt vers la zone ouverte devant eux. Euphrasie, aussi calme que toujours, se place légèrement en retrait, observant le paysage avec des yeux perçants.
"Regardez", murmure Lamine, d’une voix basse.
À l’horizon, à travers les arbres, Alex aperçoit une silhouette. C’est un homme, grand, vêtu de vêtements simples mais usés, ses cheveux longs flottant dans la brise légère. Il marche seul, mais sa démarche est assurée, comme s’il connaissait chaque recoin de la forêt. Il s’arrête soudainement, regardant autour de lui. Ses yeux, sombres et profonds, semblent fouiller l’air, comme s’il cherchait quelque chose.
"Qui est-ce ?" demande Alex, sa voix presque inaudible, mais l’inquiétude palpable.
Euphrasie se penche légèrement en avant, son regard perçant braqué sur la silhouette. "C’est un homme de la jungle", dit-elle avec une calme inquiétude. "Il vit là, mais il n'est pas de notre groupe."
Lamine hoche la tête. "Il connaît la forêt mieux que quiconque. Mais ce n'est pas un allié. Ce genre de personnage... il ne vient jamais seul."
L'homme finit par se détourner brusquement, disparaissant dans l’épaisse végétation. Ils attendent un moment, mais il ne revient pas. La tension est encore palpable.
"Allons-nous en", dit finalement Lamine, se levant et prenant la tête du groupe. "Il vaut mieux éviter de croiser son chemin. Ce n'est pas une bonne idée de rester ici plus longtemps."
Ils continuent leur marche à travers la jungle, plus vigilants que jamais. Le paysage change subtilement autour d’eux. Les arbres s’espacent, laissant place à une clairière où la lumière du soleil pénètre plus intensément. L’air semble plus lourd ici, plus dense, comme si la forêt elle-même abritait quelque chose de précieux, de sacré.
Arrivés au centre de la clairière, Lamine fait une pause. "Nous sommes maintenant dans un territoire plus ancien", dit-il. "Ici, l'histoire de la jungle est écrite dans chaque racine, chaque arbre. Ce lieu est un centre d’énergie. Il ne faut pas le déranger."
Mirabelle regarde autour d’elle, fascinée. Le silence ici est presque irréel, comme si tout avait cessé de bouger. Elle se penche en avant pour toucher l'écorce d'un arbre majestueux, mais dès que ses doigts effleurent la surface rugueuse, un frisson la parcourt. Il y a quelque chose dans cet endroit, quelque chose de palpable, d'invisible, qui la pousse à se reculer.
"Quelque chose ne va pas", murmure-t-elle. "On dirait que la forêt elle-même nous observe."
Euphrasie sourit doucement, mais son regard reste sérieux. "Tu le sens, n’est-ce pas ? La jungle se souvient des âmes qui y sont passées. Elle n’oublie jamais."
Avant qu’Alex et Mirabelle n’aient le temps de réagir, un cri perçant déchire le silence. C’est un cri humain, lointain mais terrifiant. Il semble provenir du fond de la forêt, là où les ombres sont plus épaisses, où les arbres se tordent et se chevauchent de manière presque surnaturelle.
Lamine fronce les sourcils. "C’est lui. Il a attiré l’attention. Nous devons partir maintenant."
Sans un mot de plus, ils se précipitent en direction opposée, plongeant dans la jungle plus profonde, plus noire. Le cri continue de résonner, mais il s’estompe progressivement, comme un écho qui se perd dans l’immensité. Pourtant, l'angoisse grandit.
La forêt est vivante, et ce qui s'y cache pourrait être plus dangereux que tout ce qu’ils auraient pu imaginer.
Ils avancent à vive allure, leur souffle court et régulier. Les bruits de leurs pas s’ajoutent à ceux de la jungle qui semble se refermer sur eux. Les arbres, compacts et touffus, laissent à peine passer la lumière. Lamine, leur guide silencieux, mène le groupe d'une main experte, sans se retourner. Euphrasie, toujours calme, garde son regard scrutateur, en alerte. Alex et Mirabelle suivent, leurs sens en alerte, le cœur battant au rythme de la peur qui s'est insidieusement installée.
Plusieurs minutes s'écoulent, et bien que la jungle paraisse de plus en plus dense, ils finissent par arriver près d'une petite rivière. L'eau coule paisiblement, son murmure apaisant contrastant avec l'agitation qui les a secoués. Lamine fait une pause, jetant un dernier regard en arrière.
"Nous avons perdu notre poursuivant", dit-il finalement, mais il semble toujours méfiant. "Cela ne signifie pas que nous sommes en sécurité. Il sait maintenant que nous sommes là. Il reviendra."
Mirabelle se laisse tomber sur un rocher près de la rivière, épuisée, son esprit bouillonnant d’incertitudes. "Qui est cet homme, Lamine ?" demande-t-elle enfin, sa voix un peu tremblante.
Lamine s'assoit lentement à côté d'elle, les yeux fixés sur l’eau qui serpente entre les pierres. "C’est un homme du passé", dit-il d’une voix grave. "Il est un vestige de ce que la jungle a engendré. Ce n’est pas un simple voyageur. Il appartient à un groupe, un groupe que peu de gens connaissent, un groupe qui cherche à contrôler ce que la jungle cache."
Alex, les yeux écarquillés, s'assoit aussi, absorbant chaque mot. "Contrôler la jungle ?" répète-t-il. "Mais… pourquoi ?"
Euphrasie se joint à eux, sa présence toujours apaisante, mais un éclat mystérieux dans ses yeux. "La jungle possède bien plus que ce que vous voyez. Elle n’est pas seulement un lieu de vie, c’est un lieu de pouvoir. Ceux qui connaissent ses secrets cherchent à en tirer profit. Mais le prix à payer pour ce pouvoir est lourd. Ceux qui cherchent à l'exploiter finissent souvent par se perdre dans ses profondeurs, engloutis par ce qu’ils ont tenté de contrôler."
Alex frissonne. L’idée que la jungle cache un pouvoir plus grand que tout ce qu’ils avaient imaginé le déstabilise. "Qu’est-ce qu’il y a ici, dans cette jungle ? Qu’est-ce qu’elle cache exactement ?"
Lamine se lève soudainement, sa silhouette se découpant sur le ciel crépusculaire. "Il est temps de le découvrir", dit-il simplement.
Il désigne un sentier étroit qui s’enfonce dans l’obscurité à l’autre côté de la rivière. "Nous devons traverser. C’est là que le véritable voyage commence."
Mirabelle hésite, ses yeux scrutant l’horizon. "Et ce cri… Ce cri humain, vous ne pensez pas qu’il pourrait être… un piège ?"
Euphrasie pose une main rassurante sur son épaule. "La jungle appelle ceux qui la respectent, mais elle attire aussi ceux qui en veulent le contrôle. Le cri était une alerte, mais aussi un avertissement. La véritable question n’est pas de savoir ce qu’il signifie, mais ce que nous allons faire de ce que nous allons découvrir."
Ils se lèvent tous, un sentiment d’urgence se mêlant à l’appréhension. Lamine prend les devants, guidant le groupe à travers le sentier obscur. Les arbres se resserrent autour d’eux, formant presque une voûte, et l’obscurité se fait plus dense à chaque pas. L'air devient plus lourd, plus épais, comme si le poids de l’histoire et des secrets de la jungle pesait sur eux.
Leurs pas résonnent faiblement, et bien que le cri se soit éteint, une nouvelle sensation de malaise s’installe, comme si un danger invisible les suivait de près. Ils avancent, chacun plongé dans ses pensées, dans l’incertitude de ce qui les attend.
Tout à coup, le bruit de l’eau se fait plus proche. Ils arrivent à un petit pont de bois qui surplombe un ravin. De l’autre côté, une étrange lumière bleutée s’échappe des profondeurs de la jungle, éclairant l’obscurité d’une lueur surnaturelle. C’est comme si la forêt, d’un coup, révélait une autre facette d’elle-même, une face cachée, magique et inquiétante.
Lamine se fige, son regard perçant se fixant sur la lumière. "C’est ici", dit-il d’une voix basse. "Nous avons trouvé ce que nous cherchions."
Euphrasie se rapproche de lui, son expression grave. "Le prix à payer est toujours plus élevé ici. Mais nous n’avons pas le choix."
Alex, son cœur battant la chamade, se tourne vers Mirabelle. Ils échangent un regard, une compréhension silencieuse entre eux. Ils sont loin d’être prêts pour ce qui les attend de l’autre côté, mais la jungle ne leur laisse aucun autre choix. Ils devront affronter ce qui s’y cache, car il semble que la jungle, à sa manière, les a déjà choisis.
Ils franchissent le petit pont de bois avec précaution, l’un après l’autre, les planches craquant sous leurs pas. La lumière bleutée qui émane de l’autre côté les guide comme un phare dans la nuit, mais une inquiétude croissante s’installe dans l’air. Lamine, toujours en tête, avance sans hésitation, suivi de près par Euphrasie, qui ne cesse de scruter les alentours. Alex et Mirabelle, plus hésitants, se tiennent côte à côte, leurs regards se croisant de temps en temps, échangeant des pensées sans mot.
À mesure qu'ils s'enfoncent dans la zone illuminée, la jungle semble changer. Les arbres, qui paraissaient si oppressants et imposants, s’écartent maintenant pour laisser place à une étrange végétation luminescente. Des fleurs aux couleurs impossibles, des lianes translucides qui captent la lumière comme des guirlandes, des plantes aux formes inconnues qui semblent respirer d’une manière presque humaine. C’est comme si l’univers tout entier de la jungle s’était métamorphosé en un lieu parallèle, un monde secret où les lois naturelles ne s’appliquent plus.
"Regardez ça", murmure Mirabelle, ses yeux écarquillés par la beauté étrange et surnaturelle qui les entoure. "C’est… c’est incroyable."
Mais Lamine ne ralentit pas. Il continue de marcher, ses yeux fixés droit devant lui, comme s’il attendait quelque chose. Euphrasie, elle, ne semble pas surprise. Elle s’avance avec calme, son visage impassible, mais ses yeux trahissent une concentration intense.
Soudain, Lamine s’arrête net. Le sol devant lui s'ouvre légèrement, révélant une sorte de trappe dissimulée sous les feuilles et les racines. Il se penche, lève la trappe avec une facilité étonnante et fait signe à tout le monde de se préparer.
"Nous y sommes", dit-il simplement.
La trappe mène à un passage souterrain, un tunnel étroit qui semble s'enfoncer profondément dans la terre. La lumière bleutée devient plus vive, plus intense à mesure qu'ils s’approchent de l'entrée. L’air, à cet endroit, semble plus frais, presque froid, et une brume légère se soulève du sol.
"Qu'est-ce que c'est ?" demande Alex, son cœur battant à toute vitesse.
Euphrasie se tourne vers lui, un léger sourire énigmatique sur les lèvres. "C'est le cœur de la jungle, là où résident les véritables secrets. Vous pensiez que la jungle n’avait que des mystères en surface ? Non, ce sont les profondeurs qui en cachent les plus sombres."
Lamine descend le premier dans le tunnel, suivi de près par Euphrasie. Alex et Mirabelle échangent un regard, mais une pression invisible les pousse à les suivre. Ils n’ont plus le choix, la jungle les a choisis, et maintenant ils doivent découvrir ce qui s’y cache.
Le tunnel est humide, et les murs sont recouverts de mousse et de racines tordues. La lumière bleue semble provenir de nulle part, éclairant les lieux d’une lueur fantomatique. Chaque pas qu’ils font résonne dans le silence. L’odeur de la terre humide et du végétal se mêle à une odeur métallique, presque chimique.
Au bout de quelques minutes, le tunnel s’élargit et ils débouchent dans une immense caverne souterraine. Le spectacle qui s’étend devant eux est à la fois fascinant et terrifiant. Des stalactites et des stalagmites gigantesques pendent du plafond, formant des sculptures naturelles imposantes. Et au centre de la caverne, une grande étendue d'eau, d'une couleur iridescente, brille comme un miroir parfait. Des plantes aquatiques aux formes étranges flottent à sa surface, ondulant lentement comme des créatures vivantes.
Mais ce qui capte leur attention, plus que tout le reste, c’est ce qui se trouve au centre de l'eau : un artefact étrange, une pierre lumineuse, flottant au-dessus de la surface de l’eau. Elle brille d’une lueur argentée, et en son cœur, des symboles anciens et inconnus pulsent lentement, comme s’ils étaient vivants.
Lamine s’avance lentement, ses yeux fixés sur la pierre. "C’est elle", dit-il, presque dans un murmure. "C’est ce que tout le monde cherche."
Alex, bien que captivé par la beauté de l’artefact, sent une montée d'adrénaline. "C’est quoi, exactement ?"
Euphrasie les rejoint, son regard scrutateur posé sur la pierre. "C'est le cœur de la jungle, la source du pouvoir. Celui qui parvient à en prendre le contrôle peut façonner la réalité elle-même."
Les paroles d’Euphrasie flottent dans l’air, lourdes de sens et de menace. Alex et Mirabelle échangent un regard, une peur sourde naissant dans leurs cœurs. Mais avant qu’ils n’aient le temps de dire quoi que ce soit, un bruit sourd retentit derrière eux. Quelque chose approche, et ce quelque chose ne semble pas avoir de bonnes intentions.
Le bruit derrière eux se fait plus fort, des pas lourds s’approchant rapidement. Lamine et Euphrasie échangent un regard, une tension palpable dans l’air. Lamine s’avance alors, son visage devenu soudainement grave. "C'est lui", murmure-t-il. "Il est là."
Les bruits se rapprochent, et ils ne tardent pas à apercevoir une silhouette massive qui émerge de l’ombre. Un homme imposant, vêtu de noir, une arme pendue à son côté, se tient dans l’entrée de la caverne. Il les observe, les yeux brillants d'une lueur froide. C'est l'homme qu’ils ont entendu hurler plus tôt, celui dont ils ont réussi à semer plus tôt dans la jungle.
"Vous avez trouvé ce que vous cherchiez, je vois", dit l’homme, sa voix grave résonnant dans la caverne. "Mais c’est trop tard pour vous."
Mirabelle serre la main d’Alex, son cœur battant la chamade. "Qui est-il ?" souffle-t-elle, la peur déformant sa voix.
Lamine prend une grande inspiration, puis se tourne vers le groupe. "Cet homme fait partie de ceux qui cherchent à s'emparer de ce que cache la jungle. Il est l’un d’eux. Il a juré de contrôler la pierre et ce qu’elle renferme. Nous devons partir. Maintenant."
Euphrasie s’avance, posant une main calme sur l’épaule d’Alex. "Il ne faut pas se laisser prendre par la peur. La jungle ne nous laissera pas partir facilement, mais nous avons un plan."
"Suivez-moi", ordonne Lamine d’une voix ferme, avant de se diriger vers un autre passage étroit qui s’ouvre à l’autre côté de la caverne. "Il y a une sortie secrète. Ce n’est pas la plus rapide, mais elle nous emmènera hors de cette jungle."
Euphrasie ferme la marche, ses yeux toujours fixés sur l'homme qui les menace. "Ne le laissez pas vous rattraper", dit-elle d'une voix basse. "Il ne recule devant rien."
Les quatre jeunes avancent précipitamment, se faufilant dans un étroit sentier de pierre. Lamine les guide avec assurance, mais la peur est palpable chez Alex et Mirabelle. Ils n’ont jamais cru qu’ils seraient un jour confrontés à une situation aussi extrême. La jungle, si magnifique et pleine de mystères, s’est soudainement transformée en un piège qu’ils doivent fuir avant qu’il ne soit trop tard.
Alors qu’ils traversent les passages étroits, la lumière bleutée de la caverne se fait de plus en plus lointaine, laissant place à une obscurité totale. La chaleur étouffante de la jungle les enveloppe de plus en plus alors qu’ils avancent à travers le tunnel qui semble se rétrécir à chaque pas. Les bruits de la jungle, tout juste audibles au loin, sont désormais étouffés. Seuls leurs pas résonnent contre les parois humides.
Après ce qui semble être une éternité, Lamine s’arrête enfin, levant la main pour signaler à tout le monde de s'arrêter. "Nous sommes proches de la sortie", dit-il, haletant mais résolu. "Un dernier effort."
Ils continuent à avancer, mais soudain, un cri perçant déchire l’air. Un cri humain, lointain mais distinct. Mirabelle frissonne, se serrant contre Alex. Lamine et Euphrasie échangent un regard, inquiets mais déterminés.
"Ce n’est pas notre affaire", dit Lamine d’un ton autoritaire. "Nous devons sortir avant que ce… cet homme ne nous rattrape."
Alex et Mirabelle acquiescent, sachant que chaque seconde compte. Ils accélèrent le pas, pressant leurs pieds contre le sol boueux, évitant les racines et les pierres qui entravent leur chemin. Enfin, après ce qui semble être un dernier effort insurmontable, Lamine pousse une dernière paroi de lianes et ils arrivent dans une petite clairière, baignée par la lumière du jour.
"Nous y sommes", dit Euphrasie avec un soupir de soulagement. "Nous avons traversé la jungle. Maintenant, il nous faut retrouver la ville."
La clairière semble paisible, mais l’atmosphère est toujours lourde, comme si la jungle, même à la lisière, n’avait pas tout à fait abandonné ses mystères. Lamine regarde autour de lui, puis hoche la tête. "Prenez un moment pour vous reposer. Mais ne vous attardez pas. Nous devons retourner à Maramani avant qu’il ne soit trop tard."
Ils s’assoient quelques instants pour reprendre leur souffle, les arbres de la jungle recouvrant lentement la lumière du soleil alors qu’ils se remettent de leur course effrénée. La liberté semble proche, mais la menace qui les a poursuivis reste présente dans l’air. Quelque chose de plus grand que la jungle les attend dans la ville. La question est : qui en sortira vivant ?
Lamine et Euphrasie, après avoir pris un moment pour se reposer et reprendre leurs forces, se lèvent lentement et s’éloignent un peu du groupe. Ils marchent côte à côte, leurs pas écrasant doucement les feuilles sous leurs pieds. La jungle, bien qu’étrange et mystérieuse, semble offrir un peu de répit, l’air plus frais et moins oppressant que dans les profondeurs souterraines.
Euphrasie, tout en écoutant les bruits subtils de la forêt, jette un regard furtif à Lamine. "La ville", dit-elle, sa voix à la fois rêveuse et remplie de curiosité. "Maramani... C'est un endroit fascinant, n'est-ce pas ?"
Lamine hoche la tête, un léger sourire au coin des lèvres. "Oui, fascinant, mais pas de la façon dont tu penses. Maramani est un mélange de contradictions. C'est l’endroit où les rêves et les cauchemars se croisent. Une ville pleine de merveilles, c'est sûr, mais aussi de dangers insoupçonnés."
"Je sais," répond Euphrasie, son regard se perdant dans l’épaisseur de la jungle. "C’est là où tout change. Où tout est possible, où l’on peut laisser derrière soi ce que l’on a été. Mais il y a aussi la tentation de se perdre là-bas, de tout oublier. Pour moi, la ville n’est qu’un rêve, un mirage."
"Tu n’es pas la seule à le penser", répond Lamine. "Tout le monde qui arrive à Maramani pense pouvoir tout recommencer, tout réinventer. Mais la ville n’offre que des opportunités, pas des solutions. On y cherche des réponses à nos questions, mais on finit souvent par se retrouver avec encore plus de mystères."
Euphrasie sourit doucement. "Tu n’as pas envie de goûter un peu à ce mystère, toi ?"
Lamine réfléchit un instant, ses yeux fixés sur la végétation dense qui les entoure. "J’ai vécu dans cette jungle toute ma vie, Euphrasie. La ville... elle m’attire, mais d’une manière différente. Je suis curieux de voir comment elle réagit face à la jungle. Comment les gens là-bas réagiraient si ils comprenaient ce que nous avons ici. Les merveilles de cette jungle ne sont pas comme celles de la ville. Elles ne se vendent pas dans des vitrines, et elles n’appartiennent à personne."
Euphrasie secoue légèrement la tête, son sourire toujours présent. "Tu sais, j’ai toujours pensé qu’un jour, je quitterais cette jungle pour découvrir Maramani. Mais quelque chose me dit que la jungle ne me laissera jamais partir complètement. Elle m’appelle, elle me retient."
Lamine lève les yeux vers le ciel, où les rares rayons du soleil percent à travers les arbres. "C’est ce que la jungle fait. Elle tient les gens captifs, même quand ils essaient de partir. Mais... peut-être que pour toi, pour nous, la ville pourrait être un moyen d’apprendre à vivre autrement. Nous avons vu ce que la jungle a à offrir, mais Maramani... c’est là que la vraie question commence."
Euphrasie le regarde un moment, son regard perceptif et profond. "Tu crois vraiment que la ville va nous apporter des réponses ?"
Lamine hausse les épaules. "Je n'en sais rien. Mais je pense que nous devons y aller. Si nous voulons rencontrer Alex et Mirabelle, si nous voulons comprendre ce que cette rencontre signifie, alors Maramani est le prochain pas. Et peut-être, juste peut-être, que là-bas, nous aurons enfin les réponses que nous cherchons."
Un silence lourd s’installe entre eux alors qu’ils marchent plus loin dans la jungle, le bruit de leurs pas s’estompant dans la végétation dense. La ville les appelle, mais ils savent que leur arrivée dans cet endroit mythique ne sera pas aussi simple que ce qu’ils imaginent.
"Allons-y", dit finalement Euphrasie, une étincelle d’excitation dans ses yeux. "Allons à Maramani. Voir si la ville est vraiment aussi puissante qu’on le dit."
Lamine acquiesce, un sourire déterminé sur ses lèvres. "Oui, allons-y. Et quand nous y serons, tout sera différent."
Alors qu’ils se dirigent vers la sortie de la jungle, une pensée leur traverse l’esprit : Maramani peut offrir un nouvel espoir, mais ce qui les attend là-bas pourrait être encore plus grand que ce qu’ils ont imaginé.
***
Le matin était calme à Maramani, la ville bourdonnait de vie. Axel et Mirabelle se retrouvaient, entourés de leurs parents et de quelques amis de la famille, autour de la table du petit déjeuner. La ville semblait si différente de la jungle. Le bruit de la circulation, les voix des vendeurs ambulants, l'odeur du pain fraîchement cuit dans les boulangeries environnantes, tout semblait si ordonné, si humain. Mais les images de la jungle restaient ancrées dans leur esprit.
Leurs parents, assis autour de la table, écoutaient attentivement alors qu'Axel et Mirabelle discutaient des événements récents. L’air était frais, et la lumière du soleil filtrait à travers les fenêtres ouvertes de la maison, remplissant l’espace de chaleur.
"Vous avez vraiment l’intention de retourner là-bas ?" demanda la mère d’Axel, son regard inquiet. "La jungle, ce n’est pas un endroit pour des enfants comme vous. C’est dangereux."
Mirabelle, serrant les mains sur la table, répondit calmement. "Je sais, maman, mais... c'est différent là-bas. C’est une autre réalité. La jungle nous a changés, m’a changée. C’est un endroit où l'on apprend la vraie vie."
Axel hocha la tête en signe d’accord. "C’est vrai. La jungle ne ment pas. Elle te fait comprendre des choses que Maramani ne peut pas t'enseigner. C’est comme une épreuve, une sorte de... purification, je suppose."
Le père de Mirabelle, un homme plus pragmatique, grimaça en entendant ces mots. "Vous n'êtes pas en train de nous dire que vous voulez y retourner, juste pour cette... aventure, n’est-ce pas ? Vous êtes bien à Maramani maintenant, ici vous êtes en sécurité, vous n’avez pas besoin de tout ça."
Mirabelle le regarda droit dans les yeux, un léger sourire aux lèvres. "Papa, ce n’est pas juste une aventure. C’est une quête, un appel. La jungle... elle ne te laisse pas partir, même quand tu penses avoir tout compris. C’est comme si quelque chose nous attendait là-bas."
Axel ajouta : "Oui, et ce n'est pas juste pour nous. Nous avons rencontré des gens là-bas, des gens qui vivent là, qui connaissent ce que la ville ignore. Lamine et Euphrasie... ce sont des personnes incroyables. Ils connaissent la jungle comme personne. Ils nous ont aidés à comprendre ce que nous ne pouvions pas comprendre avant."
"Des gens de la jungle ?" s’étonna le père d’Axel, ne cachant pas sa surprise. "Vous avez parlé à des inconnus dans un endroit aussi isolé et dangereux ?"
"Oui, papa", répondit Axel, son regard déterminé. "Ils ne sont pas des étrangers pour nous. C’est difficile à expliquer, mais la jungle a une façon de faire connaître les gens, de les rapprocher."
Mirabelle poursuivit, ses yeux s'illuminant d'une lueur intense. "Ce n’est pas simplement un lieu sauvage. Il y a des mystères là-bas que nous ne pouvons pas ignorer. Lamine et Euphrasie... ils croient en quelque chose de plus grand, quelque chose que même la ville n’a pas. Et je pense que nous devons en savoir plus."
La mère de Mirabelle, un peu plus calme, se leva et se dirigea vers la fenêtre. Elle observa les rues animées de Maramani. "La ville a ses propres mystères", dit-elle d’une voix douce. "Elle vous offre des possibilités. Pourquoi vouloir chercher ailleurs, dans un endroit qui pourrait vous engloutir ?"
"Parce qu'on se sent vivants là-bas", murmura Mirabelle, presque à elle-même. "Parce que la ville, aussi belle soit-elle, semble trop facile. La jungle, elle, nous met à l’épreuve. Là-bas, tout est réel. Chaque jour, on se bat pour exister. Ici, tout semble acquis."
Axel, toujours pensif, ajouta : "Mais on doit aussi comprendre que la jungle et la ville ne sont pas opposées. Elles coexistent. La ville a ses promesses et ses pièges. La jungle, elle, a ses règles. Et c’est là que nous devons trouver un équilibre."
Les parents se regardèrent en silence. La conversation prenait une tournure plus profonde qu’ils ne l’avaient imaginé. Mirabelle et Axel étaient déterminés, et bien qu’ils fussent inquiets, il était clair que la jungle exerçait sur eux une fascination indéniable.
"Alors, vous voulez repartir ?" demanda le père de Mirabelle, en secouant la tête mais sans vraiment réprimander. "Qu’allez-vous faire une fois là-bas ?"
Mirabelle baissa les yeux un instant, puis leva son regard vers lui avec une certaine résolution. "On va rencontrer des gens là-bas. Lamine et Euphrasie. Peut-être que c'est la réponse qu'on cherche. On doit y aller, comprendre tout ça... comprendre pourquoi la jungle semble avoir une telle emprise sur nous."
Le silence s’installa de nouveau autour de la table. Les parents d’Axel et Mirabelle se comprenaient bien, mais leur inquiétude persistait. Ils savaient que la jeunesse de leurs enfants, leurs rêves et leurs désirs, étaient parfois plus puissants que la sécurité d’une ville.
Finalement, la mère de Mirabelle soupira. "Je suppose que vous avez déjà pris votre décision." Elle se tourna vers Axel, puis vers Mirabelle. "Mais rappelez-vous que la jungle, aussi magique soit-elle, peut aussi détruire. Prenez soin de vous."
Axel et Mirabelle échangèrent un regard, leur silence était plein de sens. Ils savaient que leurs parents avaient raison. La jungle pouvait tout aussi bien les sauver que les engloutir. Mais ils étaient prêts. La ville leur offrait tout ce qu’ils avaient toujours voulu, mais c’était la jungle qui avait réveillé quelque chose de plus profond en eux.
"Merci", dit Axel avec un sourire. "On reviendra, c’est promis."
***
Lamine et Euphrasie étaient dans un taxi, les fenêtres légèrement ouvertes pour laisser entrer un peu de fraîcheur, mais aussi pour se défaire de la chaleur étouffante qui commençait à envahir la ville. Le taxi roulait lentement, serpentant à travers les rues bondées de Maramani, les klaxons des voitures, les rires des enfants jouant dans les ruelles et les cris des vendeurs ambulants créant une atmosphère vivante, presque oppressante.
Euphrasie, les yeux fixés à l’extérieur, observait la ville avec une curiosité palpable. "C’est tellement différent de la jungle", dit-elle, son regard passant d'un coin à l'autre de la rue. "Tout est organisé ici, chaque coin a son propre rôle. C’est comme si tout le monde avait sa place."
Lamine hocha la tête en silence, observant lui aussi les bâtiments en béton, les enseignes lumineuses des magasins et les grandes avenues. "Oui", répondit-il, sa voix empreinte d'une certaine réflexion. "Mais ce n’est pas tout. Ce que tu vois ici est façonné par des gens qui cherchent à s’adapter. On dirait que la ville essaie de faire oublier l’imprévu, la liberté de la jungle. Mais quelque part, tout ça semble un peu... figé."
Euphrasie sourit légèrement, trouvant dans ses paroles une certaine sagesse. "Tu parles comme quelqu’un qui a vécu ici toute sa vie. Pourtant, tu sais aussi que la ville n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air."
Lamine tourna son regard vers elle. "C’est peut-être ça, Euphrasie. La ville cache ses faiblesses sous une façade. Mais elle cache aussi des opportunités qu’on ne trouve pas dans la jungle. Là-bas, on doit tout faire soi-même. Ici, on peut choisir où se placer, qui on veut être."
Euphrasie secoua la tête. "Mais dans la jungle, tu sais qui tu es. Pas besoin de chercher ton identité, elle est donnée par l’environnement. Ici, on peut se perdre dans la foule, devenir invisible."
Le taxi ralentit, bifurquant dans une petite rue étroite qui menait vers un quartier moins fréquenté de Maramani. Les rues étaient bordées de petites boutiques, de maisons en briques et de quelques bâtiments plus hauts, de plus en plus loin de l’agitation du centre-ville.
"On va devoir trouver un endroit pour passer la nuit", dit Lamine, jetant un coup d'œil au chauffeur. "Quelque chose de discret, pour ne pas attirer trop d’attention."
Euphrasie acquiesça. "C’est mieux. On doit rester sous le radar jusqu’à ce qu’on ait tout compris ici."
Le taxi s’arrêta devant une petite ruelle sombre, à l’écart de la route principale. Lamine paya le chauffeur, et ils sortirent du véhicule. L’air ici était plus calme, moins bruyant que dans les artères principales. Ils prenaient un instant pour observer l
’endroit. La ruelle était bordée de petites maisons et d’appartements modestes. Il n’y avait pas de lumières vives, ni de bruits incessants. Juste le murmure lointain de la ville, adouci par la distance.
"Regarde là-bas", dit Euphrasie en montrant une porte discrète au fond de la ruelle. "C’est un genre d’auberge, non ?"
Lamine examina la bâtisse. Elle semblait vieille, ses murs légèrement fissurés, mais c’était un endroit où ils pouvaient se fondre dans le décor. "Probablement. Ça pourrait être notre meilleur pari pour ce soir."
Ils s’approchèrent de l’entrée, où une vieille femme se tenait derrière une petite fenêtre en bois. Lamine, avec son air calme, s’avança et posa la question.
"Bonsoir. Nous cherchons un endroit où dormir pour quelques nuits, c’est possible ?"
La vieille femme les regarda un instant avant de répondre, scrutant leurs visages comme pour juger de leur sincérité. "Ici, c’est tranquille", dit-elle d’un ton sec, mais pas hostile. "Pas de questions, pas de bruits. Juste de l’espace. Mais, vous payez d’avance."
Euphrasie et Lamine échangèrent un regard. C’était un endroit à leur image : discret, simple et sans prétention. Après quelques secondes, Lamine sortit l’argent et le donna à la vieille femme.
"Merci", dit-elle simplement avant de leur indiquer une porte en bois qui menait à un petit escalier étroit.
Ils montèrent, leur bruit de pas résonnant dans le silence du lieu. La chambre qu’on leur attribua était modeste, avec un lit simple, une table en bois, et une fenêtre qui donnait sur la ruelle. C’était un endroit sans luxe, mais c’était tout ce dont ils avaient besoin pour la nuit.
"On devrait rester ici quelques jours", suggéra Euphrasie, jetant son sac sur la table. "Le temps de comprendre comment les choses fonctionnent vraiment ici."
Lamine s'assit sur le lit, pensif. "Oui. Maramani n’est pas une ville qu’on comprend en un jour. Mais chaque moment ici pourrait nous rapprocher de ce que nous cherchons."
Ils s’assirent en silence, chacun perdu dans ses pensées, alors que les bruits lointains de la ville continuait de vibrer au-delà de la chambre. Ce n’était qu’un début, et pourtant, ils savaient qu’ils avaient fait le bon choix en venant ici.
Le matin était clair à Maramani, les rayons du soleil perçaient doucement à travers les rideaux de la petite chambre où Lamine et Euphrasie s'étaient endormis. L'air était frais, et la ville semblait tout juste s’éveiller, la lumière douce des premiers instants du jour illuminant lentement les rues.
Euphrasie se réveilla la première. Elle s'étira et fixa un instant le plafond, comme si elle absorbait encore l’atmosphère de la ville. Lamine, allongé à côté d’elle, semblait plongé dans ses pensées. Il avait toujours cette lueur de réflexion dans les yeux, même lorsqu'il semblait être en silence.
"Alors, ça commence à te plaire, la ville ?" demanda Euphrasie en se levant, s’étirant comme une panthère en pleine liberté.
Lamine soupira et se leva également, jetant un coup d'œil à la fenêtre, où la lumière du matin baignait les rues. "C’est un autre monde, Euphrasie. Un monde où tout est fait pour être maîtrisé. L’ordre, les règles... La jungle n'a pas de place pour ça. Mais ici, il faut suivre le rythme ou disparaître. Tu sens cette différence ?"
Euphrasie hocha la tête. "Je le ressens. Mais c'est fascinant aussi. C’est un monde qui a une sorte de beauté dans son chaos. Mais le plus étrange, c’est de voir combien les gens s'y habituent."
"Oui", répondit Lamine, en se dirigeant vers la table. "La ville est un piège subtil. Mais ce n'est pas pour nous. On a un but ici."
Euphrasie le regarda, un sourire se dessinant sur ses lèvres. "On sait ce qu’on veut, même si ce n’est pas encore très clair, non ?"
"Exactement. Et ce qu'on veut, ce sont Axel et Mirabelle. Il faut qu’on les trouve."
"Tu n’as pas leur adresse, hein ?" dit-elle en prenant un peu d’eau pour se rafraîchir.
Lamine acquiesça, un léger sourire aux lèvres. "Non, on n’a pas leur adresse. Mais on les retrouvera. C’est une ville, pas un labyrinthe. Il suffit de suivre les bonnes pistes."
"Tu as raison", dit Euphrasie, se redressant. "On les trouvera sûrement au quartier des jeunes. Ils ne peuvent pas être loin de là."
Lamine se tourna vers elle, son regard se durcissant. "C’est là qu’on commencera. Ce quartier a tout pour attirer des gens comme eux : des jeunes, des étudiants, des gens qui cherchent à s’intégrer à la ville sans oublier d’où ils viennent. On n'a qu'à suivre les signes."
Ils se préparèrent en silence, prenant soin de ne pas trop faire de bruit. Lamine saisit son sac, vérifiant une dernière fois qu’il avait tout ce qu’il lui fallait. Euphrasie, plus sereine, ajusta ses vêtements et se tourna vers lui.
"Prêt ?"
"Prêt."
Ils sortirent de la chambre, fermant la porte derrière eux, et descendirent les escaliers. La ruelle était toujours calme, presque déserte, mais ils savaient que la ville allait bientôt s’éveiller pour de bon. Le bruit des moteurs, les conversations animées dans les ruelles, les éclats de voix des passants se mêleraient bientôt au chant des oiseaux.
Ils traversèrent les petites rues de Maramani, marchant côte à côte, cherchant les indices qui pourraient les mener à Axel et Mirabelle. Le quartier des jeunes n’était pas loin, mais la ville avait l’habitude de cacher ses secrets dans des recoins insoupçonnés.
"Tu crois qu’ils sont déjà allés à l’université ?" demanda Euphrasie après un silence.
"Probablement", répondit Lamine. "La plupart des jeunes qui arrivent ici se dirigent là-bas pour se faire une place. Mais, ce n’est pas forcément là qu’on les trouvera. Peut-être qu’ils ont choisi une autre voie, un autre chemin. On va explorer."
Ils continuèrent de marcher, leurs pas se mêlant aux bruits de la ville. En traversant un marché animé, Lamine s’arrêta un instant, scrutant les étals. "La ville semble avoir une énergie différente de la jungle. Là-bas, tout est direct. Ici, tout est façonné, filtré à travers des réseaux, des petites rues, des sous-entendus."
Euphrasie le regarda un instant, puis se remit en mouvement. "Peu importe, tant qu’on trouve Axel et Mirabelle. Je suis certaine qu’on les croisera bientôt."
Lamine sourit. "Oui, tôt ou tard. La ville est grande, mais pas infinie."
Ils continuèrent à déambuler dans les rues de Maramani, tous deux en quête de réponses, guidés par un but précis : retrouver les deux jeunes, dont la rencontre dans la jungle les avait liés d’une manière qu’ils n’arrivaient pas encore à comprendre pleinement. Mais une chose était certaine : la ville n’était qu’un obstacle temporaire. Leur lien avec la jungle les guidait, et, à travers elle, ils trouveraient leur chemin.
Les rues de Maramani étaient pleines de vie, mais une tension palpable flottait dans l’air. Lamine et Euphrasie avançaient prudemment, leurs sens en alerte, lorsque tout à coup, des hommes surgirent de l'ombre, bloquant leur chemin. Des regards perçants, des visages sombres, des armes à la main. Ils étaient là, les rebelles, et ils n'étaient pas là pour discuter.
Lamine fit un mouvement rapide, attrapant le bras d’Euphrasie pour la tirer derrière lui. Mais ils n’avaient pas le temps de réfléchir. En un éclair, les rebelles se jetèrent sur eux, armés de machettes, de couteaux et de bâtons.
"On dirait que la ville n'est pas aussi sûre qu’on le croyait", murmura Euphrasie, son ton calme, mais sa posture prête à l’action.
Lamine ne répondit pas. Il était déjà en mouvement. D’un coup sec, il balaya un rebelle qui s’approchait trop près, le jetant au sol. Euphrasie se battait à ses côtés, ses mouvements aussi fluides qu’implacables, évitant les coups et ripostant avec une rapidité impressionnante. Un autre rebelle tenta de la saisir par derrière, mais elle se retourna brusquement, son pied s’écrasant contre son ventre, le forçant à reculer.
"Ce sont des amateurs", dit Lamine en esquivant un coup de machette, son regard concentré. "Mais ils sont nombreux."
"Je les aime pas", répliqua Euphrasie en frappant un autre rebelle au visage. "Ils se croient invincibles ici, dans les rues. Ils oublient qu’on vient de la jungle."
Un autre rebelle surgit sur le côté, armé d’un fusil. Avant qu’il n'ait le temps de viser, Lamine se jeta en avant et lui fit perdre son équilibre. Euphrasie se précipita à son tour, lui infligeant un coup rapide au menton, le mettant hors d'état de combattre.
Mais alors que la bataille semblait prendre fin, le bruit de pas précipités fit tourner leurs têtes. Ils étaient encore entourés, mais cette fois-ci, ce n’était pas les rebelles qui faisaient irruption. Deux figures familières se frayèrent un chemin à travers la foule, les visages déterminés.
"Attendez !" cria Axel, sa voix familière perçant le chaos de la rue. "Lamine ?? Euphrasie ?? Que cherchez-vous ici à Maramani ?"
Les deux jeunes surent qu'ils ne pouvaient plus se permettre de rester dans l'ombre. Axel et Mirabelle se jetèrent dans la mêlée, apportant leur soutien avec une efficacité redoutable. Axel, avec ses mouvements aiguisés, et Mirabelle, aussi agile qu'une panthère, balayaient les rebelles un par un. Ils se coordonnaient avec Lamine et Euphrasie, se couvrant mutuellement, ne laissant aucune chance à leurs ennemis.
"On vous aide, mais vous devrez tout expliquer après !" lança Mirabelle en frappant un rebelle qui s’approchait trop près d’Euphrasie.
Lamine se tourna brièvement vers Axel, un regard d'étonnement passant dans ses yeux. "Je ne pensais pas vous voir ici."
"On avait bien compris que la jungle ne vous suffirait pas", répondit Axel avec un sourire en coin. "Maramani est plus compliqué que vous ne le croyez. Vous êtes bien loin de chez vous."
Mais il n’eut pas le temps d’ajouter quoi que ce soit d’autre. Un autre rebelle tenta de s’attaquer à lui, mais Mirabelle l'arrêta net. "Derrière toi !"
Axel pivota, d’un coup sec, envoyant un coup de pied dans l’estomac du rebelle avant de lui désarmer sa machette. "On a pas de temps à perdre. Lamine, Euphrasie, vous êtes venus ici pour quoi exactement ?"
Lamine n’eut pas le temps de répondre que l’un des rebelles lança un cri de ralliement, signifiant que l’attaque allait redoubler.
"On vous expliquera tout", répondit Lamine, frappant à son tour un rebelle qui avait été trop imprudent. "Mais d'abord, on doit sortir de cette rue vivants."
Axel et Mirabelle se regardèrent un instant, puis ils se lancèrent dans l'attaque avec plus d’énergie. Ensemble, ils formaient une équipe redoutable, chaque mouvement parfaitement synchronisé. Les rebelles commencèrent à se replier, sentant que la situation leur échappait.
"Il faut qu’on les suive !" cria Mirabelle. "Ils sont encore trop nombreux pour les laisser s’échapper."
Lamine, avec un regard plein de détermination, hocha la tête. "On les arrête, une bonne fois pour toutes."
Leurs ennemis étaient nombreux, mais ils n’avaient jamais été plus motivés à se battre. Grâce à l’aide d’Axel et Mirabelle, ils semblaient désormais avoir une chance de percer à travers le chaos de Maramani, mais une chose était sûre : ils avaient d’autres défis à relever avant de pouvoir comprendre ce qu'ils cherchaient vraiment dans cette ville.
Après la bataille, la tension retomba enfin. Les quatre voyageurs s'étaient réfugiés dans un bar discret, un lieu à l’atmosphère feutrée, loin des rues agitées de Maramani. Le bruit des conversations, le cliquetis des verres et l’odeur de l'alcool emplissaient l’air. Lamine, Euphrasie, Axel et Mirabelle s’installèrent autour d’une table, chacun avec sa boisson.
Axel prit une gorgée de sa bière et observa Lamine, son regard un peu plus intense que d’habitude. Il posa son verre sur la table et, brisant le silence, lança la question qui le brûlait depuis qu’ils s’étaient retrouvés au milieu de l’affrontement.
"Dis, Lamine, que cherchez-vous à Maramani ?"
Lamine se frotta le menton en réfléchissant un instant. Il était fatigué, ses vêtements étaient encore trempés de sueur et de poussière, mais il restait calme, comme toujours. Ses yeux se posèrent sur Axel avant qu’il ne réponde, avec une honnêteté simple.
"Nous sommes venus vous rencontrer", dit-il. "Et nous avons l’intention de nous installer ici, juste pour quelques jours."
Mirabelle leva les sourcils, visiblement surprise par la simplicité de la réponse. "Quelques jours ?" répéta-t-elle. "Après tout ce qui s’est passé, vous vous attendez à rester si longtemps ?"
Lamine haussait les épaules. "Oui, juste pour quelques jours. On a des choses à voir ici, des gens à rencontrer. Mais Maramani est un monde à part. On veut juste comprendre comment ça fonctionne, avant de repartir."
Euphrasie, toujours aussi calme, sourit légèrement en écoutant Lamine. "La ville est… différente", ajouta-t-elle. "Elle a sa propre logique. Peut-être qu'on trouvera ce qu'on cherche ici, ou peut-être qu’on repartira plus tôt que prévu."
Axel prit un autre gorgée de sa bière et réfléchit un moment. "Vous êtes venus à Maramani pour nous rencontrer, mais vous ne me dites pas pourquoi. Vous savez qu’il y a des dangers dans cette ville, non ? Et ce ne sont pas seulement les rebelles."
"On le sait", répondit Lamine, son ton sérieux. "Mais parfois, il faut s’aventurer là où les risques sont grands pour trouver ce qu’on cherche. On n’est pas des étrangers à la lutte."
Mirabelle les observa tous les deux, puis jeta un coup d'œil à Axel. "D'accord, mais à ce rythme, il va falloir plus que quelques jours. La ville cache bien des secrets, et on n'a même pas encore vu la moitié de ce qui pourrait nous attendre."
"Tout à fait", dit Lamine, tout en levant son verre. "Mais pour l'instant, on se contentera d'une simple pause. Après tout, on est loin de la jungle, et tout cela reste encore à explorer."
Euphrasie leva elle aussi son verre. "La jungle et la ville ont chacune leurs mystères. Mais c’est là que nous devons être, pour le moment."
Axel sourit légèrement en hochant la tête. "Bien. Si vous êtes là pour quelques jours, il y a des choses que vous devez savoir. Mais vous devrez me suivre. C’est un terrain plus délicat que vous ne le pensez."
Mirabelle posa sa main sur l’épaule d’Axel, l’air plus calme que son compagnon. "Ne t’inquiète pas, on va les aider. On s’en sortira ensemble, comme toujours."
Leurs regards se croisèrent, un instant de compréhension passant entre eux. Lamine et Euphrasie, eux, étaient déjà plongés dans leurs pensées, observant la ville autour d’eux, sentant que chaque rue, chaque coin avait son histoire à raconter. Ils savaient qu’ils étaient sur le point d'entrer dans un nouveau chapitre de leur aventure, un chapitre où la ville et la jungle se croiseraient inévitablement.
L’odeur du bar, les voix qui s’élevaient autour d’eux, tout semblait si différent de la forêt dense et silencieuse qu’ils avaient quittée. Mais quelque chose de mystérieux flottait encore dans l’air, une promesse que leur voyage à Maramani ne faisait que commencer.
Le soir tomba sur Maramani, et la ville s’illumina de ses néons vibrants et de ses rues animées. Après la discussion au bar, Axel et Mirabelle avaient proposé un toit pour Lamine et Euphrasie. L’idée d’être à l’extérieur et de chercher un endroit où dormir dans une ville aussi dense ne leur plaisait pas, et Axel savait que la situation risquait de devenir encore plus compliquée pour eux.
"Vous allez rester ici pour ce soir", déclara Axel en marchant vers la porte de l'immeuble. "C'est tout près de chez nous. Vous serez à l'aise et en sécurité."
Lamine et Euphrasie échangèrent un regard, puis suivirent Axel et Mirabelle dans le petit bâtiment en pierre. Les deux jeunes semblaient détendus, mais l’on pouvait voir dans leurs yeux une lueur d'incertitude, comme si la ville, bien que pleine de vie, cachait encore trop de mystères.
Axel ouvrit la porte d'un appartement modeste mais confortable. Le salon était décoré simplement, avec quelques meubles en bois et une table basse où traînaient des livres et des magazines. Une odeur de repas fraîchement préparé flottait dans l’air, et l’éclairage tamisé donnait une ambiance chaleureuse.
"Voici l'endroit où vous allez dormir ce soir", dit Axel en souriant. "C'est un peu petit, mais il y a assez de place pour vous deux."
Mirabelle, qui avait suivi derrière, leur montra les chambres. "Vous pourrez vous reposer ici, reprendre des forces. Demain, on verra ce qu'on fait. Peut-être qu’on pourra vous faire visiter un peu plus la ville."
Lamine posa son sac à côté du canapé et s’étira. "C’est mieux que ce à quoi je m’attendais", admit-il, observant les lieux. "Merci de nous accueillir. On n’avait pas prévu de débarquer ici comme ça."
Euphrasie se laissa tomber sur le canapé, ses jambes fatiguées, mais son regard toujours attentif. "Ce n’est pas ce que je pensais non plus. Mais Maramani a quelque chose d’intrigant, n’est-ce pas ?"
Mirabelle sourit doucement, s’appuyant contre le cadre de la porte. "Oui, Maramani peut être fascinante, mais elle peut aussi être dangereuse. Vous ne devez pas oublier que la ville cache bien des secrets, et tous ne sont pas faciles à découvrir."
Axel s’approcha du réfrigérateur, attrapant une bouteille d’eau. "Nous avons vu ce que les rebelles peuvent faire. Mais c’est aussi une ville pleine de possibilités. Ce qui compte, c’est comment vous choisissez de vous y prendre."
Lamine observa Axel et Mirabelle, puis se tourna vers Euphrasie. "On a tout le temps de découvrir cela. Pour ce soir, on se repose. Mais demain, je crois que Maramani n’a pas encore tout montré."
Euphrasie hocha la tête. "Demain, on verra bien. Mais tout ce qui compte, c’est qu’on soit prêts à tout."
Axel sourit. "C’est pour ça qu’on vous aide. Maramani peut être un endroit merveilleux, mais c’est aussi un endroit où il faut se tenir prêt à tout."
Les deux jeunes restèrent silencieux un moment, chacun réfléchissant à ce qui les attendait dans cette ville qui ne semblait jamais endormie. La lumière tamisée de la pièce et la chaleur du lieu les apaisèrent un peu, mais l’inquiétude, bien que discrète, persistait dans l’air.
Mirabelle, se levant pour aller préparer quelque chose à manger, lança par-dessus son épaule : "Installez-vous. Ce soir, on va vous offrir un peu de confort. Demain, la réalité de Maramani reviendra à nous."
Lamine, qui regardait par la fenêtre, retourna son regard vers elle. "Merci, vraiment."
Ils s’assirent tous autour de la petite table, échangeant des regards fatigués mais pleins de détermination. Ce n’était que le début de ce qui s’annonçait comme une aventure plus grande qu’ils ne l’avaient imaginé. Maramani les avait accueillis, mais la ville n’avait pas encore révélé tout ce qu’elle cachait.
Le soleil baignait Maramani d’une lumière dorée ce matin-là. L’air était doux, presque léger, comme une promesse d’un jour paisible. Axel et Mirabelle, fidèles à leur parole, avaient prévu de présenter Lamine et Euphrasie à leurs parents.
Dans le salon spacieux de la maison familiale des deux citadins, les discussions allaient bon train. Les parents d’Axel et de Mirabelle, des gens ouverts et curieux, observaient avec intérêt les deux jeunes venus de la jungle. Un petit déjeuner copieux avait été préparé pour l’occasion, et l’ambiance était détendue.
"Alors, vous venez de loin, hein ?" demanda le père d’Axel, un homme aux yeux perçants et à la voix grave mais accueillante.
"Oui monsieur," répondit Lamine avec respect. "De très loin. La jungle, c’est un autre monde, mais on voulait découvrir Maramani... et surtout, on voulait revoir Axel et Mirabelle."
"Vous êtes les bienvenus ici," ajouta la mère de Mirabelle avec un sourire sincère. "La ville est grande, parfois brutale, mais elle offre toujours quelque chose à ceux qui cherchent."
Euphrasie hocha doucement la tête. "On espère justement y trouver quelque chose de nouveau. Une autre façon de vivre. Peut-être même... une nouvelle aventure."
Pendant que les conversations se poursuivaient, Lamine sentit une vibration dans la poche de son pantalon. Il sortit discrètement le téléphone qu’Axel lui avait offert la veille.
Un nouveau message venait d’arriver.
"Salut Lamine, c’est moi Yves, ton oncle."
Lamine cligna des yeux, fixant l’écran comme s’il n’était pas sûr de ce qu’il voyait. Son cœur se mit à battre un peu plus vite. Il n’avait pas entendu parler de son oncle Yves depuis des années. Comment avait-il eu son numéro ? Et surtout... pourquoi maintenant ?
Axel, remarquant l’air troublé de son ami, s’approcha discrètement.
"Tout va bien ?" murmura-t-il.
Lamine hésita une seconde avant de lui tendre le téléphone. "Regarde... ce message. Je... je ne sais pas quoi en penser."
Axel lut rapidement, puis releva les yeux, intrigué. "Yves... C’est ton oncle, tu dis ? Tu veux lui répondre ?"
Lamine haussa les épaules, encore incertain. "Je pense que oui... Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi ici, à Maramani ?"
Euphrasie, qui écoutait la conversation à moitié, s’approcha. "Tu crois que ça a un lien avec notre venue ici ?"
"Peut-être," répondit Lamine, le regard un peu perdu. "Peut-être que cette ville n’est pas seulement une destination. Peut-être qu’elle m’attendait aussi, quelque part."
Axel posa une main rassurante sur son épaule. "Quoi qu’il arrive, tu n’es pas seul ici. On est avec vous."
Lamine fixa à nouveau l’écran du téléphone. Puis, lentement, il commença à taper une réponse.
Lamine s’était isolé sur le petit balcon de l’appartement qu’Axel leur avait prêté. La ville s’étalait devant lui comme un monde en mouvement constant, loin du calme de la jungle. Il fixait l’écran de son téléphone. Le message de son oncle Yves tournait en boucle dans son esprit.
Il inspira profondément, puis se décida à répondre.
Lamine : Salut oncle Yves. C’est bien moi, Lamine. J’ai été surpris de recevoir ton message. Ça fait longtemps. Comment tu as eu mon numéro ?
La réponse ne se fit pas attendre.
Yves : Je suis content que tu aies répondu. J’ai entendu dire que tu étais à Maramani. C’est un vieil ami à moi, un certain Seko, qui t’a vu dans un quartier de la ville. Il m’a parlé de toi, de la façon dont tu t’es battu dans la rue contre des rebelles. Tu n’as pas changé, toujours aussi téméraire.
Lamine resta silencieux un moment. Ce nom – Seko – il ne le connaissait pas. Mais que son oncle ait appris aussi vite leur présence à Maramani le troublait.
Lamine : Oui, je suis à Maramani. Avec Euphrasie. On a quitté la jungle il y a quelques jours. C’était une décision soudaine... Mais je ne m’attendais pas à entendre parler de toi ici.
Yves : Je suis en ville aussi. Je vis ici depuis plusieurs années maintenant. J’aurais dû te retrouver plus tôt, mais les choses ne sont pas simples. Je travaille dans quelque chose de délicat. J’aimerais te voir, te parler. Il y a des choses que tu dois savoir.
Lamine : Quel genre de choses ? Tu parles comme si c’était grave.
Yves : Ça l’est, Lamine. Ce n’est pas un hasard si tu es ici maintenant. La ville est en ébullition, tu as dû le sentir. Il y a des mouvements, des réseaux, des conflits qu’on ne voit pas au premier regard. Et notre famille... elle est liée à tout ça, d’une manière que tu ignores.
Lamine fronça les sourcils. Euphrasie entra sur le balcon et le regarda, intriguée par son air sérieux.
"Tout va bien ?" demanda-t-elle doucement.
Lamine hocha la tête, mais répondit sans la regarder : "Je parle avec mon oncle. Il dit... que notre famille est liée à des choses dans cette ville. Des choses qu’on ne voit pas."
Euphrasie s’approcha. "Tu crois qu’il dit vrai ?"
"Je ne sais pas encore… mais je dois en avoir le cœur net."
Il reprit le téléphone.
Lamine : Je veux comprendre. Mais tu dois être clair avec moi. Si tu sais des choses, dis-les-moi. Ne tourne pas autour du pot.
Yves : Alors écoute-moi attentivement. Ton père, mon frère, n’est pas mort dans un simple accident. Ce qu’on vous a raconté n’est pas la vérité. Il était impliqué dans des affaires ici à Maramani. Des affaires dangereuses. Il a été trahi. Éliminé. Je n’ai jamais pu en parler à personne… mais aujourd’hui, toi, tu es là. Et il est temps que tu saches d’où tu viens, et ce que tu portes en toi.
Lamine sentit un frisson remonter le long de sa colonne. Euphrasie posait un regard inquiet sur lui. Il ne répondit pas tout de suite. Ses pensées s’entrechoquaient, tout devenait plus flou encore. Son passé, ses origines, le vrai visage de son père…
Lamine : Je veux te voir. En face. J’ai trop de questions. Dis-moi où et quand.
Yves : Demain soir. 19h. Dans l’ancien quartier industriel, au café "Zimako". Je t’attendrai là-bas. Viens seul.
Lamine fixa l’écran pendant de longues secondes. Puis il verrouilla le téléphone, le glissa dans sa poche, et regarda Euphrasie dans les yeux.
"Oncle Yves veut me voir demain soir. Il dit que mon père a été tué. Que c’était pas un accident. Et que tout est lié à Maramani."
Euphrasie resta muette un instant, puis dit calmement :
"Alors on ira. Même si tu dois y aller seul… je serai pas loin."
Lamine acquiesça. Il n’était plus seulement venu à Maramani pour découvrir la ville. Il était tombé au cœur d’un passé qu’il croyait enterré. Et la ville, avec ses secrets, venait de lui ouvrir une autre porte.
***
Le lendemain soir, Maramani vibrait doucement sous les lumières de ses néons, les klaxons au loin et les voix dispersées dans les rues animées. Lamine et Euphrasie marchaient côte à côte, silencieux, le pas ferme, en direction du quartier industriel abandonné. Les bâtiments délabrés dessinaient des ombres étranges sous les lampadaires fatigués.
"Tu es sûr qu’on ne devrait pas prévenir Axel ?" demanda Euphrasie, la voix basse.
"Non. Pas pour l’instant. C’est quelque chose que je dois affronter moi-même. Mais je suis content que tu sois là."
Elle hocha la tête, resserrant sa veste autour d’elle. Le café Zimako apparut enfin, niché entre deux entrepôts. Une enseigne clignotante, un peu en travers. L’endroit semblait désert à première vue, mais de la lumière filtrait à travers les volets entrouverts.
Lamine poussa la porte. Une clochette grinça. Le bar était presque vide, à l’exception d’un homme assis dans un coin, seul, une casquette vissée sur la tête. Il leva les yeux. Son regard croisa celui de Lamine.
"Tu as grandi," dit l’homme en se levant. Il ôta sa casquette, révélant un visage buriné, marqué par les années, mais les traits étaient là. Lamine reconnut son oncle sans hésitation.
"Oncle Yves."
Yves s’approcha, tendit la main, mais Lamine l’enlaça plutôt. Le moment était lourd, mêlé d’émotion et de mystère.
"Euphrasie," dit-il ensuite en se tournant vers elle. "Merci d’être là."
Ils s’assirent tous les trois autour d’une table au fond du café. Le serveur, silencieux, apporta des verres d’eau. Yves commença :
"Ce que je vais vous dire ne doit sortir d’ici. Ce n’est pas une histoire qu’on raconte à voix haute dans les rues de Maramani."
Lamine acquiesça. Euphrasie observait chaque geste, attentive.
"Ton père, mon frère, travaillait dans une organisation ici, à Maramani. Officiellement, c’était un syndicat, mais derrière… c’était autre chose. Du renseignement, de la lutte contre certains réseaux souterrains. Il était infiltré."
"Et il est mort à cause de ça ?" murmura Lamine.
Yves hocha lentement la tête. "Oui. Il a découvert des choses qu’il n’aurait jamais dû voir. Il voulait tout arrêter, repartir vivre dans la jungle, mais il était déjà trop tard. Ils l’ont fait passer pour un accident."
"Qui sont ‘ils’ ?" demanda Euphrasie.
Yves regarda autour de lui, baissa la voix. "Un groupe qu’on appelle ici Le Cercle. Puissant, invisible. Ils contrôlent des pans entiers de la ville : politique, commerce, même la police. Ton père en savait trop. Et toi… tu portes son nom. Son sang. Tu seras bientôt dans leur ligne de mire."
Un silence s’installa. Lamine se redressa légèrement, tendu.
"Pourquoi me dire ça maintenant ? Pourquoi ne pas m’avoir contacté plus tôt ?"
"Parce qu’ils savent que tu es ici. Et parce que je crois qu’il est temps que tu fasses un choix : vivre caché… ou affronter cette vérité et prendre le relais."
Euphrasie prit la main de Lamine. "Tu n’es pas seul."
Yves les regarda tous les deux. "Je ne peux pas tout faire. Mais je peux vous montrer ce que je sais. Vous guider. Et surtout… vous protéger, si vous décidez d’aller plus loin."
Lamine inspira profondément. Les pièces du puzzle de sa vie se connectaient enfin, mais ce qu’elles révélaient n’était pas un beau tableau. C’était une guerre souterraine, un héritage brûlant.
Il regarda Yves droit dans les yeux.
"Montre-moi tout."
***
Le soleil était au zénith au-dessus du grand terrain de sport de Maramani. Les cris de jeunes joueurs, le bruit du cuir contre les crampons, les éclats de rires et d’encouragements fusaient dans l’air.
Axel venait de marquer un magnifique but. Il leva les bras au ciel, le sourire jusqu’aux oreilles, avant de se diriger vers la touche, essoufflé mais fier.
Mirabelle, assise sur un banc à quelques mètres, lui tendit une bouteille d’eau.
"Beau tir, champion," lança-t-elle.
Axel s’assit à côté d’elle, sortit son téléphone de sa poche et, après quelques secondes de réflexion, écrivit à Lamine :
Axel : Salut bro, ça te dirait de venir jouer avec nous au terrain ? Il fait beau, et ça détend !
Quelques minutes plus tard, le téléphone vibra.
Lamine : Non pas aujourd’hui mais peut-être une autre fois. J’ai une affaire qui me tient le cou ici.
Axel arqua un sourcil. Il montra le message à Mirabelle.
"Il dit qu’il a une affaire qui lui tient le cou. Tu crois que c’est grave ?"
Mirabelle haussa les épaules. "Tu sais, depuis qu’il a reçu ce message de son oncle, il est un peu ailleurs. On dirait qu’il cherche quelque chose."
Axel tapota rapidement une réponse :
Axel : C’est quoi cette affaire, Lamine ? Tu vas bien ? On peut t’aider ?
Lamine ne mit pas longtemps à répondre.
Lamine : C’est une vieille histoire. Quelque chose en rapport avec mon père. Un passé qui revient. Je pensais avoir laissé tout ça dans la jungle… mais visiblement, ça m’a suivi ici.
Axel : Attends… Ton père ? Tu m’as jamais vraiment parlé de lui. Tu veux m’en dire plus ?
Lamine : Il était impliqué dans une organisation secrète ici à Maramani. Quelque chose de très gros. Mon oncle vient de m’en parler. Ça concerne même des gens puissants… Ce qu’il a découvert, il en est mort. Et maintenant, c’est comme si on attendait que je prenne le relais.
Axel resta silencieux un moment. Il sentait le poids des mots de son ami. Ce n’était pas juste une “affaire”, c’était une bombe.
Axel : Tu n’es pas obligé de faire ça seul, bro. On est là. Moi, Mirabelle, même ma famille. Tu veux qu’on en parle autour d’un café ce soir ?
Lamine : Je te remercie, vraiment. Mais pour l’instant, je dois comprendre certaines choses par moi-même. Ce que je découvre ici pourrait… changer beaucoup de choses. Je vous expliquerai quand ce sera plus clair.
Axel montra les messages à Mirabelle.
"Il est sur une piste sérieuse," dit-il. "Et ça concerne sa famille."
Mirabelle acquiesça. "Alors il faudra qu’on soit prêts, au cas où. Parce que si Lamine se retrouve au milieu de quelque chose de dangereux… on ne restera pas les bras croisés."
***
Lumineuses, mais chargées de poussière, les vieilles ampoules suspendues au plafond du petit appartement de fortune où logeait Yves vacillaient légèrement. Une atmosphère dense planait dans la pièce. Sur une table en bois brute, Yves venait d’étaler une série de dossiers, de vieux carnets et des coupures de journaux. Lamine et Euphrasie se tenaient debout, les yeux rivés sur ces fragments du passé.
"Tout ce que je vais vous montrer, c’est ce que j’ai réussi à conserver… en risquant beaucoup," dit Yves en retirant un document du dessus de la pile. "Ton père, Lamine, était un homme brave. Trop brave pour ce qu’il avait découvert."
Il leur tendit une photo. On y voyait un homme souriant, posant devant une vieille bâtisse en pierre. À côté de lui, Yves plus jeune, et une femme inconnue.
"Ça, c’était nous. En 2001. Ce bâtiment derrière nous, c’est là que tout a commencé : le quartier général secret du groupe dans lequel travaillait ton père. Officiellement, c’était un syndicat. Officieusement… un réseau de surveillance parallèle qui voulait démanteler un cartel opérant à Maramani depuis les années 80."
Euphrasie pencha la tête. "Et ce cartel existe toujours ?"
Yves hocha la tête lentement. "Oui. Et il est plus puissant que jamais. On l’appelle Le Cercle. Politiciens, chefs d’entreprises, militaires, tout le monde a un pied dedans ou ferme les yeux. Et ce qui les rend intouchables, c’est qu’ils ne laissent jamais de trace."
Il sortit un petit carnet relié de cuir noir.
"Ton père avait commencé à noter des noms. Des dates. Des lieux de réunion. Il disait avoir trouvé quelque chose… ou plutôt, quelqu’un, capable de tout faire tomber. Mais avant qu’il n’envoie quoi que ce soit, il a disparu. Officiellement mort dans un incendie. Officieusement... éliminé."
Lamine feuilletait les pages avec prudence. Certains mots étaient raturés, d'autres entourés : “Gavi”, “Carrefour Indigo”, “J3-Maranza”. Il y avait même une liste de noms, dont certains entourés de rouge.
"Qu’est-ce que c’est que ce symbole ?" demanda Lamine en montrant un cercle noir tracé à côté d’un des noms.
"Quand un nom était marqué d’un cercle, c’était un membre actif du réseau," répondit Yves. "Et Maranza… c’est le nom de code d’une opération de grande ampleur. Ton père pensait qu’un trafic d’armes et de données transitait par les ports discrets de Maramani. Il avait découvert un entrepôt."
Euphrasie fronça les sourcils. "Et si on retrouvait cet entrepôt ?"
Yves eut un petit rire. "Ce serait comme allumer une torche dans une caverne remplie d’essence. Mais… ce carnet est la clé. Et Lamine, tu es celui qu’ils ne connaissent pas encore bien. Tu peux marcher là où ton père n’a pas pu aller."
Lamine referma le carnet avec précaution. Son regard était grave.
"Je veux retrouver la vérité. Pas pour la vengeance, mais pour lui rendre justice. Pour comprendre ce qu’il a voulu protéger. Et pour empêcher Le Cercle de continuer à détruire des vies."
Yves posa une main ferme sur l’épaule de son neveu. "Alors tu ne seras pas seul. Je suis avec toi. Et maintenant que tu es ici, les dés sont déjà jetés."
La nuit était tombée sur Maramani. La ville brillait de mille lumières, mais dans le petit appartement de fortune où se trouvaient Lamine, Euphrasie et Yves, l’ambiance était tendue et concentrée. Autour de la table, une carte de la ville, des stylos, des post-it et le carnet du père de Lamine étaient étalés comme les pièces d’un puzzle complexe.
Yves se leva, s’empara d’un marqueur rouge et traça un cercle autour d’un quartier à l’est de la ville.
"Voici Zangbo. Un quartier peu surveillé, mais stratégique. D’après ce carnet, c’est là que se trouve le dépôt nommé Maranza."
Euphrasie pencha la tête, concentrée. "Tu es sûr ?"
"Certain. J’y suis passé hier. Un vieil entrepôt en tôle, presque abandonné en apparence. Mais j’ai vu deux camions entrer à l’aube et ne jamais ressortir. Et pas un seul ouvrier à l’entrée. Pas normal."
Lamine, les bras croisés, fixait la carte.
"On ne peut pas se pointer là-bas les mains vides. On doit observer. Prendre des notes. Peut-être poser un micro, une caméra. Juste assez pour confirmer ce qu’on soupçonne."
Euphrasie ajouta : "Et il faut une couverture. Si on nous repère, on devient des cibles. Le Cercle n’hésite pas à effacer les curieux."
Yves acquiesça. "J’ai encore deux badges d’une ancienne société de sécurité. On pourrait se faire passer pour des techniciens. Le bâtiment à côté du dépôt est un ancien centre de stockage d’archives, encore partiellement utilisé. On dira qu’on vérifie les câbles ou l’antenne satellite sur le toit."
Lamine hocha la tête. "On y va demain à la première heure. Euphrasie et moi, on entre. Toi, Yves, tu restes dans la voiture avec les jumelles et l’émetteur radio. Si quelque chose cloche, tu nous rappelles."
"Et si on découvre quelque chose de concret ?" demanda Euphrasie.
"On prend les preuves. On les sécurise. Et on avise Axel. Lui et sa famille peuvent nous aider à sortir ça de là sans se faire tuer."
Yves s’adossa contre le mur, les bras croisés.
"Vous savez que vous jouez avec le feu, hein ?"
Lamine sourit, un éclat de défi dans le regard. "On vient de la jungle, Yves. On sait survivre au feu. Maintenant, on apprend à l’utiliser."
***
Le lendemain matin, un voile de brume flottait encore sur les rues de Maramani. L’ambiance était calme, presque paisible, comme si la ville voulait dissimuler le tumulte de ce qui se préparait.
Devant un vieux véhicule garé à deux pâtés de maisons du quartier Zangbo, Yves vérifiait la fréquence radio tandis que Lamine et Euphrasie, habillés en techniciens, ajustaient leur tenue.
"Le badge est bien visible ? Pas trop douteux ?" demanda Euphrasie en regardant son reflet dans la vitre.
"Parfait. T’as même l’air de bosser pour le ministère de l’Électricité," lança Lamine avec un petit sourire.
Ils s’apprêtaient à s’éloigner quand le téléphone d’Euphrasie vibra dans sa poche. Elle jeta un coup d'œil à l’écran.
— Mirabelle calling…
Elle échangea un regard rapide avec Lamine puis décrocha.
"Allô, Mirabelle ?"
La voix de Mirabelle, inquiète mais douce, résonna à l’autre bout du fil.
— "Salut Euphrasie… euh, tout va bien ? Vous êtes où exactement ? Je viens de rêver que vous étiez en danger… j’ai l’esprit un peu agité depuis ce matin."
Euphrasie jeta un regard furtif à l’entrepôt au loin, ses sens à l'affût.
"Ne t’en fais pas, on est juste partis faire une course dans un autre quartier. On revient bientôt, promis. Rien de grave."
— "Vous êtes sûrs ? Je sais que Lamine est très discret, mais... vous pouvez me dire si quelque chose se passe."
Euphrasie hésita un instant, puis sourit.
"On t’expliquera tout ce soir. Mais là, on est juste sur une mission discrète. Rien de risqué. Et... merci de t’inquiéter."
— "Ok… fais attention à toi, d’accord ? Et à Lamine aussi."
"Promis."
Elle raccrocha, rangea le téléphone et regarda Lamine.
"C’était Mirabelle. Elle a eu un mauvais pressentiment. Elle voulait savoir où on était."
Lamine soupira, mais gardait les yeux sur leur cible.
"Mirabelle a l’instinct aiguisé. C’est bon signe. Mais on doit y aller avant que le dépôt s’agite. On n’a qu’une fenêtre d’une heure."
Ils quittèrent la voiture, marchant avec assurance vers le bâtiment voisin de l’entrepôt. Yves, assis dans la voiture, les observait à travers ses jumelles, le talkie-walkie calé à l’oreille.
"Opération Jungle dans la ville, en marche," murmura-t-il avec un sourire nerveux.
À l’intérieur du vieux centre de stockage, l’ambiance était pesante. Lamine et Euphrasie avançaient à pas feutrés dans les couloirs poussiéreux, leurs regards balayant chaque recoin. Le bâtiment semblait vide, mais le silence avait quelque chose de trop… calculé.
"Tu sens ça ?" murmura Euphrasie.
"Oui. Ça pue le piège," répondit Lamine en sortant discrètement un petit taser dissimulé dans sa veste.
Ils arrivèrent enfin à la pièce adjacente à l'entrepôt Maranza. De la fenêtre sale, on pouvait apercevoir les allées et venues de quelques silhouettes en uniforme noir. Des armes. Des sacs. Des documents. Des caisses pleines de matériel inconnu.
"On tient quelque chose," souffla Euphrasie.
Mais à peine avaient-ils commencé à filmer avec un mini drone que deux hommes surgissaient de derrière une porte métallique. Des gardes. L’un d’eux lança sèchement :
"Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous foutez ici ?"
Lamine n’attendit pas de réponse. Il frappa le premier d’un coup sec au menton, le faisant chanceler. Euphrasie plaqua l’autre contre le mur avec un coup de pied bien placé.
Mais deux autres hommes arrivèrent par derrière. Le combat se corsait.
Ils se battaient avec adresse, chacun bloquant et ripostant, mais à quatre contre deux, la tension montait. Lamine commençait à perdre du terrain, et Euphrasie, bien qu’agile, commençait à montrer des signes de fatigue.
Soudain, un bruit de course se fit entendre dans le couloir. Une silhouette surgit, puis une deuxième. Axel et Mirabelle.
Axel n’hésita pas une seconde : il attrapa une barre métallique traînant dans un coin et frappa l’un des gardes par surprise. Mirabelle, de son côté, balança un coup de genou au dernier homme debout.
Lamine, haletant, écarquilla les yeux.
— "Axel ?? Mirabelle ?? Que… que faites-vous ici ?"
Axel, essoufflé, répondit :
— "C’est moi qui devrais poser la question ! Qu’est-ce que vous cherchez ici à Maramani ? Il faut qu’on vous aide, sinon vous finirez mal."
Euphrasie se redressa, essuyant une trace de sang sur sa joue.
— "Merci... vous nous avez sauvé la mise. Mais il faut qu’on parte d’ici, maintenant. Ils vont sûrement appeler du renfort."
Axel regarda autour, inquiet.
— "Suivez-nous. On a une voiture pas loin."
En quelques secondes, les quatre prenaient la fuite, filant dans les ruelles adjacentes, loin de l'entrepôt… mais emportant avec eux un secret explosif.
La nuit était tombée sur Maramani. Dans l’appartement chaleureux d’Axel et Mirabelle, l’ambiance contrastait fortement avec les événements de la journée. Les quatre amis étaient réunis autour de la table basse du salon, une lumière douce tamisant la pièce. Euphrasie tenait une compresse contre sa joue, tandis que Lamine posait sur la table les images et vidéos récupérées via le mini drone.
Axel brisa le silence :
— "Vous allez bien ? Franchement, ce que vous avez fait là, c’était suicidaire."
Euphrasie esquissa un sourire fatigué.
— "On n’avait pas vraiment le choix. Ce dépôt contient quelque chose de louche. On a vu des caisses avec des armes, des documents codés… et ce n’est pas de la marchandise légale."
Mirabelle s’approcha, regardant les images.
— "On dirait un réseau. Peut-être des rebelles ?"
Lamine hocha la tête.
— "Ou une milice. On ne sait pas encore. Ce qu’on sait, c’est qu’ils préparent quelque chose. Et ça concerne peut-être plus que cette ville."
Axel, toujours en retrait, réfléchissait. Il regarda Lamine droit dans les yeux.
— "Pourquoi vous ne nous avez pas parlé de ça dès le début ?"
Lamine soupira.
— "Parce que je ne voulais pas vous impliquer… Mais maintenant que vous avez vu ce qu’on a vu, on est tous dedans, de toute façon."
Mirabelle, toujours les bras croisés, ajouta :
— "Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On ne peut pas juste aller à la police. S’ils sont infiltrés…"
Euphrasie prit une grande inspiration.
— "On garde les preuves, on rassemble plus d’infos, on observe. Mais on agit dans l’ombre. Pas question de se faire repérer à nouveau."
Axel regarda tout le monde un par un, puis déclara calmement :
— "D’accord. On est avec vous. Rue ou jungle, on reste ensemble."
Ils hochèrent tous la tête.
Dans cette pièce, au cœur de Maramani, quelque chose venait de naître. Une alliance. Une mission. Et peut-être… une révolution silencieuse.
Le matin suivant, les rayons du soleil traversaient les rideaux de la chambre d’Axel. Encore à moitié endormi, il aperçut une enveloppe glissée sous la porte. Intrigué, il se leva, s’en saisit et l’ouvrit.
"Monsieur Axel,
La brigade spéciale de Maramani a été informée d’un projet d’attaque visant certaines familles de la jungle réfugiées en ville.
Votre profil nous a été recommandé pour intervenir en urgence et aider à la protection de ces personnes.
Veuillez vous rendre au poste principal de la rue Eryan avant 10h ce matin.
Ceci est une mission confidentielle.
Signé : Inspecteur Djako."
Axel relut la lettre deux fois, son cœur battant plus vite à chaque ligne. Il attrapa son téléphone et écrivit directement à Lamine :
Axel : Bro, je viens de recevoir une lettre de la police. Ils veulent que j’intervienne pour empêcher une attaque contre des familles de la jungle. C’est urgent.
Axel : Je crois qu’on a été repérés… ou alors ils savent qui on est. Rejoins-moi vite chez moi.
Quelques minutes plus tard, alors qu’Axel se préparait, une frappe rapide résonna à la porte. Il ouvrit : Lamine, l’air alerte, entra aussitôt.
— "T’as reçu quoi ?" demanda-t-il sans détour.
Axel lui tendit la lettre. Lamine la parcourut en silence, fronçant les sourcils.
— "C’est bizarre. Pourquoi toi ? Pourquoi pas nous tous ?"
— "Peut-être parce qu’ils veulent tester ma loyauté. Ou peut-être qu’ils savent que j’étais avec toi hier."
Lamine s’assit sur le bord du canapé.
— "On y va ensemble. C’est hors de question que t’y ailles seul."
Axel hocha la tête, reconnaissant.
— "Tu sais que ça peut être un piège ?"
— "Ouais… mais si c’est pas un piège, des gens innocents sont en danger. Et on ne va pas les laisser tomber."
Ils se regardèrent un instant, complices. La mission venait de changer de dimension : elle n’était plus seulement clandestine. Elle était maintenant officielle… et risquée.
Quelques instants plus tard, Axel et Lamine marchaient côte à côte dans les rues encore calmes de Maramani. L’air était frais, la ville ne s’était pas encore totalement éveillée. Arrivés devant le grand bâtiment gris du poste central, ils échangèrent un regard silencieux.
— "T’es prêt ?" demanda Axel.
— "Toujours."
Ils poussèrent la porte. À l’intérieur, un agent en uniforme leur indiqua un escalier discret. Une fois à l’étage, une porte s’ouvrit sur un bureau sobre, presque vide, où un homme les attendait. Il portait une chemise bleue foncée, les manches retroussées. Son regard était froid mais calculateur.
— "Axel… et Lamine, je présume ?" lança-t-il.
Les deux jeunes hommes restèrent debout, silencieux.
— "Je suis l’inspecteur Djako. Je vais être direct. On sait que vous avez déjà croisé le chemin des rebelles. Et vous avez des compétences que la police n’a pas toujours le luxe d’utiliser."
Lamine croisa les bras.
— "Et qu’est-ce que vous attendez de nous ?"
Djako se leva, fit quelques pas et sortit une carte de la ville. Il montra un quartier en périphérie.
— "Demain soir. Une attaque est prévue dans ce secteur. C’est là que plusieurs familles de la jungle ont trouvé refuge. Des hommes armés vont débarquer pour effacer toute trace de leur passage en ville."
Il les fixa.
— "On veut que vous soyez là-bas avant eux. En éclaireurs. Discrets. Et si vous pouvez les empêcher d’atteindre leur but… on ne vous dira pas non."
Axel fronça les sourcils.
— "Et si on refuse ?"
Djako eut un sourire énigmatique.
— "Alors vous resterez juste deux types courageux, que les rebelles finiront peut-être par retrouver. Mais si vous acceptez, vous pourriez sauver des vies. Et gagner un allié."
Silence. Lamine regarda Axel. Puis se tourna vers Djako.
— "On accepte. Mais à nos conditions."
— "Lesquelles ?"
— "On décide comment intervenir. Et vous nous laissez libre d’agir sans interférer."
Djako acquiesça lentement.
— "Marché conclu."
Le soir tomba rapidement sur Maramani, enveloppant la ville d’un voile orangé. Dans l’appartement discret qu’ils utilisaient comme base, Axel et Lamine rassemblaient du matériel. Cartes, lampes torches, couteaux de survie, talkies-walkies… Rien n’était laissé au hasard.
Axel vérifiait la batterie d’un talkie pendant que Lamine attachait solidement une ceinture autour de sa taille, y glissant des outils pratiques. Une tension silencieuse régnait, chargée d’adrénaline.
— "On part dans une heure," dit Axel. "Tu penses qu’on aura assez de visibilité dans la ruelle ouest ?"
— "Avec les lunettes nocturnes, ça devrait aller. Mais faut éviter les bruits inutiles. Eux, ils ne viendront pas pour discuter."
Soudain, on frappa à la porte. Axel et Lamine échangèrent un regard rapide, inquiets. Ils s’approchèrent prudemment, Lamine glissa la main vers son couteau.
— "C’est moi, Mirabelle ! Et Euphrasie est là aussi !" entendirent-ils à travers la porte.
Axel ouvrit aussitôt. Les deux filles se tenaient là, essoufflées, visiblement inquiètes.
— "Mais vous êtes fous ou quoi ?" lança Mirabelle. "On vous cherche depuis ce matin ! Vous disparaissez sans prévenir ?"
— "On devait agir vite," répondit Axel en refermant la porte. "On ne voulait pas vous mettre en danger."
— "En danger de quoi ?" demanda Euphrasie, les yeux plissés.
Lamine soupira.
— "Une mission. Officielle cette fois. On doit empêcher une attaque contre des familles de la jungle réfugiées ici. Ça peut être risqué."
Mirabelle s’approcha, déterminée.
— "Et vous comptiez faire ça sans nous ?"
— "Vous n’avez pas été formées pour ça," dit Axel doucement.
— "On sait se défendre. Et on sait ce qui est juste," répondit Euphrasie.
Lamine croisa les bras, hésitant. Puis, il regarda Axel.
— "On partait à deux. Mais peut-être qu’on aura besoin de quatre."
Axel hocha lentement la tête.
— "Mais si vous venez, vous suivez nos règles. Pas de mouvements inutiles. Et au premier signe de danger, vous sortez du périmètre. Compris ?"
Mirabelle et Euphrasie échangèrent un regard. Puis, ensemble :
— "Compris."
La mission venait de prendre une nouvelle tournure. L’équipe était au complet.
L’atmosphère dans la pièce était devenue plus concentrée. Maintenant au complet, les quatre jeunes organisaient minutieusement leur intervention. Une grande carte de Maramani était étalée sur la table. Des cercles rouges et des flèches noires y traçaient un plan précis.
Axel, debout, pointait du doigt un passage entre deux bâtiments.
— "Ici, c’est notre point d’entrée. Peu de lumière, pas de caméras. On s’y rend discrètement par l’est. Une fois en place, on attend les premiers signes des rebelles."
Lamine ajouta en vérifiant son sac :
— "Euphrasie, tu restes avec moi pour couvrir l’arrière. Si ça se corse, on tient jusqu’à ce qu’Axel et Mirabelle sécurisent une sortie."
— "Compris," répondit Euphrasie en vérifiant la fermeture de son manteau. Elle glissa un petit couteau dans sa botte, le regard déterminé.
Mirabelle s’avança.
— "Et moi ?"
Axel lui tendit un talkie-walkie.
— "Toi, tu restes en liaison avec moi. Si on se sépare, on garde le contact. Tu es agile, rapide, et tu connais bien le quartier."
Mirabelle esquissa un sourire.
— "T’avais pas besoin d’ajouter tout ça. Tu sais que je suis la meilleure."
Tout le monde sourit un instant, relâchant brièvement la tension.
Lamine prit une dernière inspiration, regardant chacun à tour de rôle.
— "Ce soir, on ne joue pas. Ce qu’on fait, c’est pour protéger ceux qui n’ont personne. Ce n’est pas la jungle ou la rue qui compte maintenant. C’est nous. Ensemble."
Un court silence suivit ses mots. Puis Axel ferma la carte d’un geste ferme.
— "C’est l’heure."
Ils éteignirent les lumières. La nuit les attendait, pleine de risques… et de vérités à révéler.
La nuit avait enveloppé la jungle d’un voile mystérieux. Des cris d’animaux retentissaient au loin, le vent soufflait légèrement dans les feuillages denses, et les feu-follets dansaient entre les troncs comme des esprits silencieux.
Axel et Lamine avançaient à travers la végétation, accroupis, attentifs au moindre craquement. Chacun portait un sac léger, rempli de matériel : lampes torches, cordes, couteaux, et une vieille carte froissée de la zone.
— "Tu crois qu’ils sont déjà là ?" demanda Axel à voix basse.
Lamine hocha la tête, les yeux rivés sur les branches devant eux.
— "Oui. Yves m’a dit que les rebelles sont venus s’installer dans la clairière de Zima. C’est là qu’ils comptent capturer certains villageois. On ne les laissera pas faire."
Ils progressèrent dans l’ombre des arbres, s’arrêtant parfois pour écouter, s’assurer de ne pas être suivis. Après une heure de marche silencieuse, ils arrivèrent en surplomb d’une large clairière. En bas, des tentes rudimentaires. Des hommes armés faisaient des rondes autour d’un feu. Au centre, deux jeunes du village ligotés, visiblement effrayés.
Axel sortit une paire de jumelles.
— "On est bien tombés. Ils sont là."
— "On doit agir vite. S’ils entendent un bruit trop fort, ils les exécuteront."
Lamine sortit une fronde artisanale et un petit caillou lisse. Il visa l’une des lampes torches suspendues à un poteau. Clac. L’ampoule explosa, plongeant un côté du camp dans l’obscurité.
Les rebelles, alertés, commencèrent à se déplacer.
Axel lança une pierre dans la direction opposée. Deux d’entre eux s’éloignèrent du feu pour vérifier. Lamine profita du moment pour descendre discrètement, rampant dans les herbes hautes.
Axel le couvrait, prêt à intervenir. Il en neutralisa un en l’étranglant avec une corde souple avant de le traîner dans l’ombre.
Lamine atteignit les prisonniers et, d’un couteau discret, coupa leurs liens. Il chuchota :
— "Vous êtes libres. Pas un mot. Suivez-moi."
Mais un cri éclata dans la nuit.
— "Ils sont là !!"
Les balles commencèrent à fuser. Axel surgit de derrière un tronc, couvrant la fuite avec précision. Lamine et les deux otages couraient à travers les broussailles, les feuilles leur fouettant le visage.
Un des rebelles poursuivait. Axel le stoppa avec une pierre bien placée. Les autres, affolés par les mouvements désorganisés, se replièrent.
Une fois à bonne distance, dans une zone plus sûre, Lamine s’effondra, haletant.
— "Mission accomplie... Et la jungle sait maintenant qu’on n’est pas seuls."
Axel, assis contre un arbre, sourit :
— "Rue ou brousse… la solidarité ne connaît pas de frontière."
Ils levèrent les yeux vers les étoiles. Une nuit de plus où la justice avait parlé.
Le taxi les déposa à l’entrée de Maramani alors que le soleil déclinait lentement à l’horizon. Axel descendit le premier, tendant la main à Lamine pour l’aider à sortir du véhicule. Le bruit de la ville les frappa immédiatement : klaxons, rires d’enfants, conversations animées… un contraste brutal après la quiétude étouffante de la jungle.
— "On est de retour," dit Axel en regardant les bâtiments familiers.
— "Et vivants surtout," répondit Lamine avec un sourire fatigué.
Ils se séparèrent pour rentrer se reposer, mais dès le lendemain matin, ils se retrouvèrent dans le quartier administratif de Maramani, habillés sobrement. Axel avait vu une annonce collée sur un poteau : Recrutement – Service de logistique & distribution. Besoin d'hommes fiables et débrouillards.
Ils arrivèrent devant un entrepôt à la façade grise. À l’intérieur, des palettes, des caisses empilées et deux hommes discutaient en consultant un registre. Le plus âgé se retourna :
— "Vous êtes les deux gars de la jungle ?"
— "Exact," dit Axel. "On cherche du boulot. On est motivés et surtout… discrets."
L’homme sourit.
— "Moi c’est Salomon. Lui c’est Kévin. On gère cette plateforme. Vous tombez bien. On manque de bras et d’esprits éveillés."
Kévin, plus jeune, un peu sarcastique, les dévisagea avec curiosité.
— "Vous savez manier plus que des machettes j’espère."
— "On sait aussi manier le silence et la loyauté," répondit Lamine calmement.
Salomon tapota le dos de Kévin.
— "C’est bon, ils feront l’affaire. Vous commencez demain. 6 heures tapantes. Tenue légère, esprit concentré."
Axel et Lamine échangèrent un regard complice. Ce boulot, ce n’était peut-être pas un rêve, mais c’était une nouvelle porte. Et peut-être, à travers elle, d’autres secrets, d’autres chemins.
En quittant l’entrepôt, Lamine murmura :
— "Tu penses qu’ils sont vraiment ce qu’ils prétendent être ?"
Axel haussa les épaules.
— "On verra bien. On vient à peine de changer de décor… mais la jungle, parfois, elle te suit jusqu’en ville."
Le lendemain matin, à 5h45, Axel et Lamine étaient déjà devant l'entrepôt, sacs sur le dos, prêts à commencer. La ville s’éveillait lentement, mais dans ce coin de Maramani, l’activité était déjà intense. Des camions manœuvraient, des livreurs couraient, et la tension était presque palpable.
Salomon les accueillit avec un café noir en main.
— "Ponctuels. C’est bon signe. Entrez, je vais vous briefer."
À l’intérieur, l’ambiance était studieuse. Des employés remplissaient des documents, scannaient des caisses, vérifiaient des étiquettes. Kévin, adossé à une pile de cartons, fit un petit signe de tête.
— "Vous allez bosser avec moi aujourd’hui. Y’a une livraison importante à trier, et vous deux, vous m’aiderez à sécuriser les colis sensibles."
Axel leva un sourcil.
— "Sensibles comment ?"
— "Disons… pas des légumes", répondit Kévin avec un sourire en coin.
Pendant les heures qui suivirent, ils chargèrent des caisses, vérifièrent des colis marqués d’un sceau discret, manipulèrent des équipements dont ils préféraient ne pas trop poser de questions. Mais ils restaient concentrés, efficaces.
Vers midi, alors qu’ils faisaient une pause dans la cour, Salomon les rejoignit.
— "Vous bossez bien. On aime les gars discrets comme vous."
Il jeta un œil autour avant d’ajouter :
— "Ici, ce n’est pas seulement de la logistique. On aide parfois... d’autres causes. Des gens dans le besoin. Des opérations un peu sensibles. Vous avez déjà aidé des innocents dans la jungle. Peut-être que ça pourrait continuer ici, à Maramani."
Axel et Lamine échangèrent un regard silencieux. Ils comprenaient ce que Salomon insinuait : ce job n’était qu’une façade.
— "On est là," répondit simplement Lamine.
— "Faites comme si de rien n’était. Pour l’instant, c’est des colis. Mais un jour, ça pourrait être autre chose. On verra si vous êtes prêts."
Ils reprirent le boulot l’après-midi, mais avec un poids nouveau sur les épaules. Ou peut-être une opportunité.
En rentrant le soir, Lamine dit à Axel :
— "Tu sens ce que je sens ?"
— "Oui. Ce n’est pas qu’un entrepôt."
Lamine sourit légèrement.
— "Bienvenue dans la vraie jungle de Maramani."
Le soleil s'était couché, et l’air de la ville devenait plus frais, portant l’écho des bruits de la rue. Axel et Lamine étaient épuisés après une journée de travail dans l’entrepôt, leurs muscles fatigués par les tâches répétitives et le poids des caisses. Mais malgré cela, ils se dirigèrent vers l’appartement de Mirabelle et Euphrasie pour une soirée calme.
Ils toquèrent à la porte, et celle-ci s’ouvrit rapidement. Mirabelle, avec un grand sourire, les invita à entrer.
— "Vous êtes bien en retard, mais bon… On sait que vous avez eu une journée de dingue !"
Lamine se laissa tomber dans le canapé, massant ses épaules.
— "Dingue, c’est le mot… On aurait cru qu’on avait bossé toute la jungle, pas juste un entrepôt."
Euphrasie arriva avec un plateau de fruits frais et des boissons. Elle posa le tout sur la table et s’assit près d’eux, un regard interrogateur sur le visage.
— "Vous êtes pas mal pâles. Le boulot est si difficile ?"
Axel s’étira, un léger sourire sur les lèvres.
— "C’est pas seulement le boulot… C’est l’ambiance. C’est… pas ce qu’on pensait. Salomon et Kévin ne sont pas que des gestionnaires d’entrepôt."
Mirabelle se pencha un peu plus en avant, curieuse.
— "Ils vous ont dit quoi, exactement ?"
Lamine haussait les épaules.
— "Pas grand-chose. Mais on sent que c’est pas qu’une simple boîte de logistique. Ce Salomon… il a un air de gars qui cache toujours quelque chose. Et Kévin… il est un peu trop sarcastique pour être juste un simple livreur."
Euphrasie croisa les bras.
— "Des affaires louches, hein ? Vous allez vous retrouver dans un autre merdier, c’est sûr."
Axel secoua la tête.
— "On ne sait pas encore. Mais ça m’intrigue. Salomon m’a dit que… parfois, on aide d’autres causes ici. Des opérations plus… sensibles. C’est là que je me demande où ça va nous mener."
Mirabelle les regarda intensément, comme si elle pesait ses mots.
— "C’est peut-être l’occasion de faire des choses bien, vous savez. Les situations sont compliquées ici, à Maramani. Mais vous ne pouvez pas faire le ménage tout seuls. Il va falloir savoir choisir où vous mettez les pieds."
Lamine soupira en se prenant la tête dans les mains.
— "On aurait dû rester dans la jungle. Tout était plus simple là-bas. Mais ici, c’est comme… un autre type de terrain de guerre. Les gens se battent, mais pour des raisons qu’on ne comprend pas toujours."
Euphrasie fixa les deux jeunes hommes avec sérieux.
— "Vous avez une chance. Ce n’est pas donné à tout le monde de se retrouver à un carrefour comme celui-là. Vous avez des alliés ici. Ne perdez pas de vue ce que vous voulez vraiment."
Axel sourit faiblement en levant son verre.
— "On ne perdra pas de vue notre objectif. Mais faut avouer, la jungle avait ses avantages."
Mirabelle éclata de rire.
— "Je vous laisse une semaine pour vous habituer à la ville, et après, vous me direz si vous voulez vraiment retourner dans la jungle."
Le ton se radoucit, et tous se détendirent un peu. La soirée se poursuivit dans une ambiance plus légère, des rires et des anecdotes circulant entre les amis.
Alors que la nuit avançait, Lamine se leva enfin, s’étirant une dernière fois.
— "On va devoir y aller. Demain, on doit être en forme pour le boulot."
Mirabelle les accompagna jusqu’à la porte.
— "On vous garde un peu d'énergie pour la prochaine aventure, les garçons. On sait que ça ne va pas être simple, mais au moins, vous avez trouvé votre place ici."
Axel et Lamine échangèrent un regard.
— "On verra bien. Maramani n’a pas encore tout montré."
La soirée s’était poursuivie tranquillement, mais une tension persistait dans l’air, comme si quelque chose de sombre était sur le point de se produire. Axel et Lamine étaient de retour dans l’appartement, préparant une soirée calme pour se détendre, mais leurs pensées restaient préoccupées par l’énigmatique travail chez Salomon et Kévin. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’était l’événement qui allait bouleverser leur quotidien.
À 22 heures, le téléphone d’Axel vibra soudainement sur la table, brisant le silence.
C’était un appel vidéo. Il reconnaissait immédiatement le numéro de Salomon.
— "Salut Axel, tu es là ?" dit Salomon d’un ton grave, apparaissant à l’écran, l’air préoccupé.
— "Ouais, je t’écoute, Salomon. Qu’est-ce qu’il y a ?"
L'image derrière Salomon tremblait légèrement, la connexion vidéo était un peu instable. Kévin apparut à côté de lui, avec un air tout aussi sérieux.
— "Écoute bien", commença Kévin, "On vient de voir une voiture garée devant votre maison. Il n’y a rien d’anormal à ça, mais… deux groupes de rebelles se sont approchés, et ils ont emmené un homme avec eux. Son visage est couvert, on n’arrive pas à voir qui c’est. Mais… il a des airs de…"
Salomon coupa Kévin, visiblement plus alarmé.
— "Ils ont emmené cet homme dans une direction qui nous paraît suspecte. Ils ont pris la route vers la jungle. Très loin de la ville, bien plus loin que la zone habituelle des rebelles."
Axel se redressa brusquement, une peur étrange envahissant son esprit.
— "Mon père…" murmura-t-il presque sans y croire.
Lamine, qui écoutait silencieusement, comprit immédiatement l’inquiétude d’Axel. Son regard se posa sur lui, inquiet.
— "Tu crois qu’ils ont pris ton père, Axel ?" demanda-t-il, la voix tendue.
Axel posa son téléphone et se leva précipitamment.
— "C'est forcément lui, je le sens. Qui d’autre ça pourrait être ?"
Salomon et Kévin avaient l’air préoccupés.
— "Il faut que vous vous dépêchiez", dit Salomon, "On ne sait pas pourquoi ils l'ont pris, mais c’est clairement lié à quelque chose de gros. Restez discrets, et surtout, faites attention. On vous a localisé, mais vous n'êtes pas seuls dans la jungle. Faites très attention."
Axel et Lamine échangèrent un regard intense, leur cœur battant à tout rompre.
— "On va partir tout de suite", répondit Axel, son ton froid et déterminé. "Merci de nous avoir prévenus."
L’appel se termina abruptement, et les deux hommes se préparèrent en hâte.
— "On part maintenant, Lamine. On va le retrouver, coûte que coûte." Axel semblait plus déterminé que jamais, sa voix trahissant la colère et la peur mêlées.
Lamine acquiesça d’un hochement de tête, son expression grave.
— "Je vais être avec toi. On ne laisse pas ça comme ça."
Les deux amis se précipitèrent vers la porte, prêts à s’engouffrer dans la nuit noire de Maramani et à s’aventurer dans la jungle, là où les rebelles, et possiblement le père d’Axel, les attendaient.
La forêt s’étendait devant eux, sombre et menaçante, comme un labyrinthe d’incertitudes et de dangers. Axel savait que ce qui les attendait là-bas n’était pas simplement une mission de sauvetage. Il sentait au fond de lui que cette nuit marquerait un tournant décisif dans leur histoire.
Alors qu’Axel et Lamine se préparaient à quitter la ville et s’aventurer dans la jungle pour retrouver le père d’Axel, le téléphone d’Axel vibra une nouvelle fois, les interrompant dans leur précipitation.
C'était Salomon.
— "Axel, Lamine, vous m’entendez ?" dit la voix de Salomon à travers le haut-parleur, l’angoisse perceptible.
— "Oui, on vous écoute. Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce qu’il y a du nouveau ?" répondit Axel, tentant de cacher son anxiété.
— "On n’a pas eu beaucoup de temps pour expliquer plus tôt, mais écoutez bien", commença Salomon d’un ton plus urgent. "On va venir vous rejoindre. Kévin et moi avons pris la décision de ne pas vous laisser seuls dans cette mission. Vous allez en avoir besoin. Nous avons trouvé un moyen de nous joindre à vous. On sera là dans une heure, en chemin pour la forêt."
Kévin, dans le fond, ajouta d’un ton calme mais grave.
— "La jungle est dangereuse, mais on a des ressources. Ne partez pas sans nous. On vous retrouvera."
Axel et Lamine échangèrent un regard. Lamine hocha la tête, soulagé par l'idée d’avoir des alliés supplémentaires.
— "C’est rassurant. On ne va pas vous attendre toute la nuit, mais on se retrouvera sur le chemin. On vous fait confiance."
Salomon soupira, comme pour souligner la gravité de la situation.
— "Faites attention. Vous avez une chance de retrouver votre père, mais ça pourrait être plus compliqué que prévu. On reste en contact."
L’appel se termina brusquement, et Axel mit son téléphone dans sa poche.
— "On ne peut pas perdre de temps. On va se rendre là-bas, mais avoir Salomon et Kévin avec nous est une bonne nouvelle." dit Axel en prenant une grande inspiration. "Ils savent gérer les situations comme ça."
Lamine, lui, réfléchissait déjà aux prochains mouvements.
— "Ils ont de la ressource. Ce sera peut-être ce qui nous aidera à traverser la jungle plus vite et à atteindre leur campement sans se faire repérer."
Les deux amis se mirent en marche dans la direction de la forêt, la nuit s’assombrissant autour d’eux. La lumière des réverbères de la ville s’éteignait à mesure qu’ils s’éloignaient de Maramani, et la forêt les engloutissait dans son silence menaçant. L’adrénaline commençait à courir dans leurs veines alors qu’ils savaient qu'ils n'étaient qu'à quelques pas du danger.
Au bout d’une heure de marche rapide, une silhouette apparut au loin, se détachant des ombres de la nuit. C’était Salomon et Kévin, qui arrivaient enfin, équipés de sacs et de matériel.
— "On vous a retrouvés", dit Kévin, son ton assurant un petit réconfort dans ce chaos.
— "On ne va pas vous laisser tout faire", ajouta Salomon en souriant légèrement. "On va faire équipe. Il est temps de sauver ce père."
Axel se tourna vers eux, son regard empreint de gratitude.
— "Merci, les gars. On ne pouvait pas le faire sans vous."
Ensemble, ils reprirent leur route vers la jungle, une équipe désormais soudée et prête à tout pour accomplir leur mission. La forêt semblait de plus en plus menaçante, chaque bruit, chaque craquement des feuilles résonnant comme un avertissement. Mais l’espoir de retrouver le père d’Axel et de le sauver leur donnait une force nouvelle.
La nuit s’épaississait au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient dans les profondeurs de la jungle, leur mission devenant plus urgente avec chaque pas.
Ils avancèrent prudemment dans la jungle, la lueur de leurs lampes torches éclairant à peine le sentier semé d’embûches devant eux. Leurs pas étaient rapides, mais silencieux, chacun d’eux vigilant, écoutant le moindre bruit dans la nuit. L’air était lourd, oppressant, et l’odeur humide de la forêt les enveloppait.
Soudain, un craquement se fit entendre, suivi de murmures étouffés venant de l’obscurité. Axel s’arrêta net, levant la main pour signaler à ses compagnons de ralentir.
— "Attendez, on n'est pas seuls", chuchota Axel.
Les autres s'immobilisèrent instantanément, leurs yeux scrutant l'obscurité.
À peine quelques secondes plus tard, des silhouettes apparurent devant eux, une vingtaine de rebelles armés, se tenant de manière menaçante sur le sentier. Ils étaient à peine visibles dans l’ombre, mais leur présence était indéniable.
— "On dirait qu’on a trouvé de nouveaux visiteurs", dit l'un des rebelles d'un ton moqueur, en les fixant de son regard perçant.
Lamine serra les poings, et Salomon, le visage tendu, se positionna en avant, prêt à agir.
— "Pas question de les laisser nous arrêter", murmura Kévin en sortant une barre métallique de son sac.
Axel échangea un regard avec Lamine, un échange de pensées silencieux. Ils étaient en infériorité numérique, mais ce n’était pas la première fois qu’ils se retrouvaient dans ce genre de situation. Ils savaient ce qu’ils avaient à faire.
— "Préparez-vous", dit Axel en baissant sa tête.
En un éclair, Lamine et Axel se jetèrent en avant. Lamine sauta sur l’un des rebelles, le mettant à terre en lui assénant un coup rapide à la tête, pendant qu'Axel, avec une précision mortelle, désarma un autre homme, le frappant à l’épaule pour le faire tomber. Salomon et Kévin, n’hésitant pas une seconde, frappèrent également, leurs mouvements précis et coordonnés.
Les rebelles tentèrent de réagir, mais ils étaient pris de court. En quelques instants, quatre d'entre eux étaient à terre, incapables de riposter, tandis que les autres se désorganisaient sous les attaques rapides et impitoyables des quatre hommes.
Le combat ne dura que quelques secondes, mais chaque seconde semblait une éternité. Leurs adversaires se relevèrent tant bien que mal, mais ce fut trop tard : les quatre compagnons s'étaient déjà débarrassés des plus menaçants.
Un des rebelles tenta de fuir en courant, mais Kévin l’attrapa par le bras et le fit tomber au sol avec une prise d'acier. Il se tourna ensuite vers Axel, les yeux remplis de défi.
— "Ce n’est pas encore fini. Ils reviendront. Vous ne pouvez pas passer sans eux." dit le rebelle, haletant, avant de se taire sous la pression de la prise.
Axel le regarda un moment, puis se tourna vers Lamine, Salomon et Kévin.
— "On continue, pas le temps de les interroger. Si on traîne ici, d’autres arriveront."
Ils n’avaient pas le luxe du temps. L’adrénaline était toujours aussi présente, mais la réalité était là : leur mission devait continuer.
Les quatre hommes, sans perdre un instant, continuèrent leur chemin à travers la jungle dense, en silence, leurs visages marqués par la tension, mais aussi par la détermination de sauver le père d’Axel. La route serait longue, semée d’embûches, mais rien ne les arrêterait.
Après avoir neutralisé les rebelles, les quatre amis poursuivirent leur route à travers la jungle, leurs sens aiguisés, chacun se tenant prêt à toute éventualité. La nuit était presque totale, la seule lumière provenant de leurs torches qui s’agitaient dans l’obscurité dense.
Mais plus ils s’enfonçaient dans la forêt, plus l’atmosphère devenait oppressante. Le silence était lourd, brisé seulement par le bruit lointain des animaux nocturnes. La végétation était de plus en plus dense, les branches des arbres se tordant dans toutes les directions, et les buissons épais ralentissaient leur progression.
C’est alors qu’un bruit sourd se fit entendre. Un craquement de branches. Axel leva la main pour signaler un arrêt immédiat.
— "C’est quoi ça ?" murmura-t-il, scrutant les ténèbres.
Lamine s’avança doucement, scrutant chaque mouvement autour de lui. Un autre bruit. Plus près. Une branche se brisa sous un poids.
— "On n’est pas seuls. On dirait que quelque chose nous suit", dit Lamine, tendu.
Il s'arrêta soudainement et scruta un buisson épais devant lui. Un étrange frisson parcourut son échine. Une silhouette massive se dégagea du sous-bois, avançant d’un pas lourd et menaçant.
Un tigre de la jungle apparut dans la lueur des torches. Ses yeux brillèrent d'une lumière sauvage et perçante. Il s'approchait lentement, les muscles tendus, prêt à bondir.
— "Un tigre ?" s’exclama Salomon, sa voix tremblante.
Kévin dégaina une machette, ses mains serrées sur la poignée, ses yeux fixant l’animal avec détermination.
— "Faites attention, c’est une bête sauvage. On ne doit pas paniquer", dit-il, la respiration calme.
Axel évalua la situation. Un tigre, dans cette jungle, pouvait être plus qu’un simple obstacle : c’était un prédateur mortel. Ils ne pouvaient pas se permettre de fuir, car cela pourrait provoquer une attaque immédiate. Leur meilleure option était de tenter de le neutraliser sans l’attaquer directement.
— "Restez ensemble", ordonna Axel d’une voix ferme. "Ne bougez pas trop. Essayez de rester calmes et de vous tenir droits. L’important c’est de ne pas lui montrer de faiblesse."
Lamine, Salomon, et Kévin suivirent ses instructions. Le tigre les observait, ses yeux ne quittant pas leurs mouvements. Il se rapprochait lentement, comme une ombre dans la nuit, chaque pas mesuré.
Axel jeta un coup d’œil autour de lui. Il aperçut une grande branche d’arbre tombée non loin d’eux. Une idée traversa son esprit.
— "Lamine, Kévin, prenez la branche. Quand il se rapproche, on doit l’effrayer ensemble", ordonna Axel.
Lamine, sans poser de question, se précipita vers la branche et la saisit fermement. Kévin fit de même. Ils se positionnèrent de chaque côté, prêts à agir.
Le tigre, plus proche que jamais, se coucha soudainement au sol, les oreilles en arrière, comme s’il observait leurs intentions. Il était sur le point de se jeter sur eux quand Axel fit un geste brusque, lançant la branche dans la direction opposée à leur position. Le bruit de la branche frappant les arbres fit réagir le tigre. Il se détourna un instant, distrait, fixant la zone du bruit.
Profitant de cette diversion, Axel, Lamine, Salomon et Kévin se déplacèrent d’un coup sec, prenant tous un chemin différent pour semer le prédateur. L’animal, confus, tenta de les suivre, mais la lumière des torches et leur mouvement rapide l’avaient déstabilisé.
Le groupe s’éloigna rapidement, se dirigeant vers une zone dégagée où le tigre ne pourrait pas les atteindre. Essoufflés, mais vivants, ils se retrouvèrent au sommet d'une colline surplombant la jungle, les yeux toujours fixés sur l'animal qui, après un dernier regard, disparut dans l’obscurité.
— "C’était trop près", dit Kévin en reprenant son souffle.
— "On a eu de la chance", répondit Salomon, encore sous le choc.
Axel se tourna vers ses amis, un léger sourire sur le visage malgré la tension de la situation.
— "On ne peut pas se permettre de traîner. Notre mission est plus importante que jamais. On avance."
Lamine hocha la tête, l’esprit déjà tourné vers la suite de l’aventure. Ils n’étaient pas à l’abri des dangers de la jungle, mais chaque obstacle les renforçait dans leur détermination à sauver le père d’Axel.
Ils reprirent leur chemin, plus conscients que jamais de la précieuse vie humaine qu’ils cherchaient à sauver… et des dangers qui les guettaient à chaque coin d’arbre.
Le groupe venait à peine de reprendre son souffle après l'attaque du tigre, lorsqu'un appel interrompit le calme relatif qui régnait. Axel attrapa son téléphone, jetant un regard rapide à Lamine, qui haussait déjà les épaules, semblant comprendre de quoi il s'agissait.
— "Salut Axel, c’est Mirabelle. Où êtes-vous maintenant ?" demanda Mirabelle, son ton inquiet trahissant sa préoccupation.
Axel prit un instant pour répondre, son regard parcourant les arbres autour d’eux. Il savait qu'ils étaient encore loin de leur destination finale et ne voulait pas prendre de risques inutiles.
— "Mirabelle, on est dans la jungle. C’est trop dangereux pour que tu nous rejoignes. Reste où tu es, je t'en prie. On gère ça. Ce n’est pas un endroit pour vous", répondit-il d’une voix ferme.
Lamine observa Axel, se sentant partagé. Il savait qu'Axel avait raison, mais il ne pouvait pas nier que l'idée d'avoir des alliés supplémentaires les soulagerait un peu.
— "Je suis d'accord avec Axel. Restez à l'écart, il y a des choses ici qui sont bien plus graves que ce que vous pouvez imaginer", ajouta Lamine, espérant convaincre Mirabelle d'attendre.
De l'autre côté de l'appel, Mirabelle sembla hésiter un moment. Puis elle répondit d'une voix résolue :
— "Je comprends, mais on ne vous laissera pas seuls là-bas. On vient vous rejoindre. Ne vous inquiétez pas pour nous. Si vous êtes en danger, nous serons là."
Axel serra les dents, frustré. Il savait que Mirabelle était têtue, mais il ne voulait pas qu’elle mette sa vie en danger inutilement.
— "Mirabelle, ce n’est pas une discussion. Reste où tu es", insista-t-il, presque autoritaire.
Avant que la conversation ne puisse continuer, le téléphone se coupa brusquement. Axel et Lamine échangèrent un regard inquiet.
— "Je ne veux pas qu’ils viennent. C’est trop risqué. Mais elle ne nous écoutera pas", dit Axel, frustré.
— "Tu sais comment elle est. Elle va faire ce qu’elle veut", répondit Lamine, en soupirant.
Mais quelques minutes plus tard, alors qu’ils se remettaient en marche, un bruit de moteur se fit entendre dans la jungle, brisant le silence qui les entourait. Axel tourna brusquement la tête, surpris.
— "Non, ce n’est pas possible..." murmura-t-il.
Un véhicule tout terrain, trop bruyant pour être discret, apparut dans la clairière devant eux. Mirabelle et Euphrasie en sortirent, le regard déterminé.
— "Tu crois vraiment qu'on allait rester là-bas à vous regarder partir sans nous ?" lança Mirabelle avec un sourire espiègle. "On est là. Et on ne partira pas sans vous."
Euphrasie, les bras croisés, ajouta :
— "On ne vous laisse pas affronter tout ça seuls. C’est nous la famille, après tout."
Axel et Lamine, bien que surpris, ne purent s'empêcher de sourire. Même si c'était imprudent, leur arrivée avait quelque chose de réconfortant.
— "Mirabelle... Euphrasie... Ce n’est pas le moment. Vous ne comprenez pas à quel point c’est dangereux ici", répondit Axel, un brin agacé mais aussi soulagé qu’elles soient là.
— "On comprend très bien. Et on est prêtes à tout", répondit Euphrasie avec une détermination qui fit fondre l’anxiété d’Axel, même s’il savait qu'ils risquaient encore gros.
Mirabelle, voyant qu’Axel et Lamine étaient partagés entre la frustration et la gratitude, sourit.
— "On est venus vous aider. Il est temps de montrer ce dont on est capables ensemble."
Axel soupira, mais un léger sourire se dessina sur son visage. Il savait que, même s’il n’était pas d'accord avec leur arrivée, ils formaient désormais un groupe soudé, prêt à affronter ce qui les attendait.
— "D’accord. Mais restez derrière. Et si vous êtes en danger, vous partez. Compris ?"
Les deux filles acquiescèrent, comprenant la gravité de la situation. Lamine, bien qu'initialement réticent, comprenait que l'aide de Mirabelle et Euphrasie pourrait être précieuse, même si cela compliquait les choses.
— "On ne vous laissera pas derrière", dit Lamine en hochant la tête, se tournant vers les filles. "Mais il n'y a pas de retour en arrière. Si on continue, on va jusqu'au bout."
Tous s’étaient désormais unis dans cette mission, même si l’inquiétude était palpable. Leurs objectifs étaient clairs : retrouver et sauver le père d’Axel, mais dans la jungle, chaque moment était incertain.
Le père d'Axel était attaché à un vieux tronc d'arbre, ses mains ligotées derrière lui. Il avait les yeux rouges de fatigue, mais son esprit restait lucide. Le chef des rebelles se tenait devant lui, un sourire sinistre sur les lèvres.
— "Alors, monsieur le riche marchand, vous pensiez que vous pouviez simplement marcher dans la jungle et échapper à notre attention ?" dit le chef des rebelles, son accent brutal perçant l'air lourd et humide de la forêt. "Il est temps de répondre à nos questions, et je doute que vous appréciiez la réponse."
Le père d'Axel garda le silence, ses lèvres serrées. Il n'allait pas céder si facilement, même s’il savait que chaque seconde le rapprochait de la torture.
Le chef des rebelles, irrité par son silence, fit un signe de tête à un de ses hommes. L’un d’eux s’approcha et brandit un couteau, prêt à faire pression sur le père d’Axel pour obtenir des informations. Mais avant qu'il ne puisse agir, un bruit sourd, celui de moteurs qui grondent au loin, se fit entendre.
Les rebelles se figèrent, l'alerte dans leurs yeux. Le chef des rebelles tourna brusquement la tête, essayant de distinguer la source du bruit. Il savait que quelque chose se préparait.
Quelques secondes plus tard, des coups de feu éclatèrent, brisant le silence de la jungle.
Axel, Lamine, Mirabelle, et Euphrasie avaient enfin trouvé leur chemin vers la cachette des rebelles. Ils étaient armés et prêts à tout. La guerre était inévitable. Des balles sifflèrent dans l'air alors qu'ils se précipitaient vers la position des rebelles, avançant dans les ombres des arbres. Les rebelles ripostèrent, mais l’équipe était déterminée.
Axel, armé d'un fusil, se faufila à travers la végétation, observant les positions ennemies. Il jeta un regard rapide vers Lamine, qui était à ses côtés, silencieux, mais résolu.
— "C'est notre chance. On ne peut pas laisser le chef des rebelles s’échapper cette fois", dit Axel entre ses dents serrées.
Ils avancèrent à pas de loup, évitant les tirs ennemis, jusqu'à atteindre la zone où son père était retenu. Le chef des rebelles n'était plus qu'à quelques mètres de lui.
Mais alors que le combat faisait rage, des bruits de pas lourds résonnèrent dans la forêt. Ce n'étaient pas des rebelles. Des véhicules blindés arrivèrent à grande vitesse, traversant la jungle avec une puissance qui fit trembler le sol. La police et les militaires étaient arrivés en renfort.
— "La police ! Les renforts arrivent !" s'écria un des rebelles, paniqué.
Les policiers et les militaires déployèrent des stratégies de combat efficaces, encerclant les rebelles et neutralisant plusieurs d'entre eux en un éclair. Mais le chef des rebelles, bien que désorienté, n'était pas du genre à se laisser capturer si facilement. Il donna un dernier ordre avant de disparaître dans la jungle, en toute vitesse, emportant avec lui ses derniers hommes encore en vie.
Le père d'Axel, libéré par les policiers, tomba dans les bras de son fils. Axel le soutint, un mélange de soulagement et de rage dans ses yeux.
— "Papa ! Tu vas bien ?" demanda Axel, la voix brisée.
— "Je vais bien, mon fils, merci... Mais il faut les arrêter. Ce n'est pas fini. Ils reviendront", répondit son père, encore sous le choc, mais déterminé.
À ce moment précis, un homme plus âgé, le visage marqué par les années et l’expérience, s'approcha d’Axel. C’était oncle Yves, que Lamine avait reconnu grâce à l'appel plus tôt.
— "Yves ! Tu… tu es là ?" demanda Lamine, presque incrédule. "Mais comment tu as..."
— "Ne me demandez pas. Tout est lié. Je vous l'avais dit, il fallait s’attendre à ce genre de situation", répondit Yves, l'air grave. "Mais nous avons réussi. Nous avons sécurisé le secteur. Le chef des rebelles a pris la fuite pour l'instant, mais il reviendra, c’est certain."
Axel se tourna vers son oncle avec un regard déterminé.
— "On l'arrêtera, Yves. On ne les laissera pas faire. Pas après tout ce qu'ils ont causé."
Yves hocha la tête et se tourna vers les autres membres de l’équipe.
— "Merci à tous pour votre aide. Vous êtes des alliés précieux. Mais le chemin est encore long. On ne peut pas relâcher la pression."
Les policiers et les militaires s’étaient regroupés autour du terrain de combat, surveillant les rebelles en fuite. Mais le plus grand combat était encore à venir : celui pour protéger la ville, la jungle, et les personnes qu'ils aimaient.
Le groupe s'était retrouvé dans une clairière reculée de la jungle, loin des tirs, loin de l'agitation. Le feu crépitait doucement, éclairant les visages fatigués des membres de l’équipe. Axel, Lamine, Mirabelle, Euphrasie, et les autres habitants du village se réunissaient autour de cette lueur chaleureuse. Les derniers éclats de lumière du soleil s’éteignaient derrière les arbres massifs, tandis que la nuit tombait progressivement sur la jungle.
Axel s'était assis à côté de son père, un regard pensif. Il observait les flammes dansantes, essayant de chasser de son esprit la tension de la journée. À côté de lui, son père soupira lourdement.
— "Tu m'as fait peur, Axel. Je ne pensais pas que ce serait aussi grave." Le ton de son père était empreint de gratitude mais aussi de préoccupation.
— "Je sais, papa. Mais je ne pouvais pas rester les bras croisés", répondit Axel, jetant un coup d'œil à Lamine, qui était en train de discuter à voix basse avec Euphrasie. Ils avaient tous traversé une épreuve.
Lamine, de son côté, semblait perdu dans ses pensées. L'inquiétude qu'il portait sur la suite des événements pesait sur lui. Les rebelles étaient plus organisés qu'ils ne l'avaient imaginé. Bien qu'ils aient réussi à sauver le père d'Axel, leur victoire semblait temporaire. Il tourna la tête vers Axel.
— "Tu crois que c’est vraiment fini ? Que les rebelles ne reviendront pas ?" demanda-t-il, son regard scrutant les ombres de la jungle autour d’eux.
— "Je l'espère", répondit Axel, en posant une main réconfortante sur son épaule. "Mais je pense qu’on va devoir continuer à les surveiller. Ce n’est pas encore terminé."
Mirabelle et Euphrasie étaient assises un peu plus loin, discutant à voix basse de la situation. Mirabelle fixa les flammes, son esprit probablement aussi tourmenté que le reste du groupe.
— "C’est étrange, non ?" dit-elle en regardant Euphrasie. "La jungle semblait tellement paisible au début. Maintenant, chaque bruit, chaque mouvement semble menaçant."
Euphrasie acquiesça silencieusement, observant les arbres autour d’elles. Les bruits de la jungle nocturne semblaient plus intenses maintenant, presque comme si la forêt elle-même réagissait aux événements.
Les autres habitants du village étaient regroupés autour du feu, certains d'entre eux murmurant des prières et des mots de réconfort, d'autres observant les flammes, épuisés. L'odeur de la terre humide, du bois brûlé et des plantes tropicales emplit l'air, créant une atmosphère à la fois apaisante et angoissante.
Lamine brisa le silence en se levant lentement. Il se dirigea vers Axel et son père.
— "On a bien mérité un peu de repos. Mais demain, il faudra repartir", dit-il, son regard déterminé. "La ville nous attend, et nous devons nous préparer pour la suite."
Axel hocha la tête en signe d'accord.
— "Oui. Demain, on rentre à Maramani. Mais avant ça, on doit se reposer. La journée a été trop intense." Il jeta un coup d'œil à son père. "On peut enfin souffler un peu."
Le groupe se prépara à dormir sous les étoiles, leurs corps fatigués mais leurs esprits encore alertes. La jungle semblait calme, comme si elle attendait leur départ. Chacun s’allongea sur un matelas de feuillage et de branches, les yeux tournés vers le ciel étoilé.
L’atmosphère était étrange. La jungle, avec ses mystères et ses dangers, semblait avoir un tout autre visage maintenant. La menace des rebelles n'était pas loin, et chacun savait qu’ils ne seraient jamais totalement en sécurité tant qu’ils n’avaient pas mis un terme à cette menace.
Le vent soufflait doucement à travers les arbres, et, malgré la fatigue, ils restaient vigilants. Ils savaient que la route vers la ville ne serait pas sans obstacles, mais ils étaient prêts à faire face à ce qui viendrait. Ensemble, ils affrontaient la jungle, les rebelles et tout ce qui se dresserait sur leur chemin.
Le matin s'était levé sur la jungle, avec la lumière douce et orangée du soleil filtrant à travers les feuillages denses. Le silence de la nuit avait cédé la place aux bruits de la forêt qui s’éveillait lentement. Les oiseaux, les insectes et le vent dans les arbres étaient les seuls sons qui résonnaient autour du campement.
Axel se réveilla en premier, ses muscles encore tendus de fatigue après la journée précédente. Il étira ses bras, sentant le besoin de se lever malgré la lourdeur de ses paupières. Il regarda autour de lui, constatant que la tranquillité de la jungle était toujours aussi imposante. Le groupe s’était installé en cercle autour du feu éteint, les corps endormis dans un état de fatigue visible.
Mirabelle se leva à son tour, la poussière et les brindilles tombant de ses vêtements. Elle regarda autour d’elle, puis vers Lamine et Euphrasie qui étaient déjà en train de se préparer. Ils n’avaient pas parlé depuis un moment, chacun étant perdu dans ses pensées, mais l’heure du départ était enfin arrivée.
— "Tout le monde est prêt ? On doit partir avant que la chaleur du jour ne devienne insupportable", dit Axel en se levant. Il s'étira une dernière fois, attrapa son sac et vérifia une dernière fois qu’ils n'avaient rien oublié.
Lamine hocha la tête.
— "Oui, on doit rester sur nos gardes. Il ne faut pas oublier qu’on a un objectif : rejoindre la ville et mettre fin à cette menace des rebelles. Ce n’est pas encore terminé."
Mirabelle, en ajustant son sac, lança un regard à Euphrasie, un peu plus distante ce matin-là. Elle n’avait pas envie de quitter la jungle, mais la réalité de leur mission les appelait.
— "La ville nous attend", murmura-t-elle, son ton sérieux. "J’espère qu’on aura l’opportunité de respirer un peu là-bas."
Les autres se mirent en marche, les uns après les autres, laissant derrière eux le campement où ils avaient trouvé un peu de réconfort pendant leur courte pause. La jungle semblait les observer alors qu’ils prenaient la direction du village.
Les pas étaient lents et mesurés, chacun d’eux se concentrant sur la marche difficile à travers la végétation dense. Les lianes s’accrochaient à leurs jambes, les racines des arbres les faisaient trébucher, et la chaleur devenait oppressante à mesure qu’ils s'enfonçaient plus profondément dans la forêt. Mais malgré tout, une certaine détermination se lisait dans leurs gestes. Ils avaient un but à atteindre.
Lamine tourna la tête vers Axel, un sourire fatigué aux lèvres.
— "C’est maintenant ou jamais. Une fois qu’on sera à Maramani, on pourra respirer un peu."
Axel lui lança un regard décidé.
— "Oui, on va réussir. Mais une fois arrivés en ville, il faudra se préparer à ce qui va suivre. Les rebelles ne vont pas nous laisser tranquilles."
Le groupe continua sa marche, les ombres des arbres leur offrant une protection bien que la chaleur accablante n'eût aucune pitié. Après quelques heures de marche difficile, ils commencèrent à apercevoir les premiers signes de la sortie de la jungle, les feuillages se clairsemant lentement.
À l'horizon, la silhouette de la ville de Maramani se dessina. Ils savaient que la route ne serait pas facile, mais le vent de la ville portait une promesse de répit. Ils avaient parcouru un long chemin, et la ville marquait la fin d’une étape, mais aussi le début de la lutte contre une menace bien plus grande.
Le groupe se prépare donc à quitter la jungle pour retourner à la ville, où de nouvelles épreuves et aventures les attendent. La transition entre l’intensité de la jungle et le retour à la ville est marquée par une légère tension, car bien qu’ils soient plus proches de la sécurité, la menace des rebelles plane toujours.
Alors qu'ils étaient en route pour la ville de Maramani, à travers les sentiers poussiéreux bordant la jungle, un appel interrompit soudainement le calme relatif du trajet. Lamine, qui marchait en tête avec Axel, s'arrêta un instant lorsqu'il entendit son téléphone vibrer dans sa poche. C’était un message de son oncle Yves.
Lamine attrapa son téléphone, regarda brièvement l’écran, puis leva un sourcil en voyant l'identifiant de l'appelant. C'était le commissaire de la ville. Intrigué, il décrocha immédiatement et porta le téléphone à son oreille.
— "Yves ?" dit Lamine d'une voix un peu curieuse, ses pas ralentissant.
Au bout du fil, la voix de son oncle, plus tendue qu’à l’accoutumée, lui répondit rapidement.
— "Lamine, écoute-moi bien. J’ai reçu un appel du commissaire de Maramani. Il y a eu un meurtre dans un quartier de la ville. Un policier a été tué. Ça s’est passé à l’aube ce matin, et la situation est déjà chaotique là-bas. Je t'en parle parce que je sais que tu rentres en ville, et il se pourrait que ce soit lié à nos enquêtes."
Lamine frissonna légèrement. La jungle, qui semblait calme et apaisante, contrastait brutalement avec la gravité de la situation qu'on venait de lui annoncer. Il se tourna vers Axel et les autres qui l’avaient suivi, tout en continuant à écouter son oncle.
— "Tu crois que ce meurtre a un rapport avec les rebelles ?" demanda Lamine.
Yves hésita un instant, puis répondit d’une voix plus grave.
— "C’est probable. Mais je ne veux pas tirer de conclusions trop hâtives. Le commissaire n’a pas encore tous les détails, mais il m’a dit que l’atmosphère dans la ville est tendue. La violence semble se propager, et cela pourrait être une tentative de semer la panique, ou un avertissement. Je vais t’envoyer un message plus détaillé bientôt."
Lamine, qui sentait l’inquiétude se resserrer autour de son cœur, prit une profonde inspiration.
— "On y va tout de suite. On va rejoindre la ville dès que possible. Merci, Yves."
Il raccrocha et, après une brève pause, se tourna vers Axel. Il était évident que l'annonce du meurtre du policier avait ravivé l’adrénaline en lui.
— "Un flic a été tué à Maramani. Les rebelles sont peut-être déjà dans la ville. On doit se dépêcher."
Axel, qui avait entendu une partie de la conversation, hocha la tête. Son visage, habituellement déterminé, se ferma sur un air sérieux.
— "On va s’en sortir. Mais faut qu’on soit prêts à tout."
Lamine acquiesça et jeta un coup d'œil autour de lui, observant le groupe qui était déjà en marche. Ils n’avaient plus le temps de se reposer ou de tergiverser. Ils devaient rentrer rapidement à Maramani.
— "Allez, on se dépêche. La ville ne va pas nous attendre."
Ils pressèrent donc le pas, leurs visages marqués par la fatigue, mais déterminés. La jungle semblait soudainement plus menaçante, et la vision de Maramani, encore lointaine à l’horizon, semblait s'assombrir à l'idée des événements qui les attendaient. Ils savaient que le retour à la ville allait marquer le début d’une nouvelle phase de leur aventure, bien plus dangereuse que tout ce qu'ils avaient traversé jusqu'ici.
Le groupe, fatigué mais résolu, arriva enfin aux portes de Maramani. La jungle s’éloigna derrière eux, mais le poids de l'inquiétude et de l'incertitude les suivait, accablant l'atmosphère. La ville, qui d'ordinaire aurait eu l'air vivante et animée, semblait aujourd'hui plus calme, presque silencieuse, comme si elle attendait quelque chose.
Lamine jeta un dernier coup d'œil à ses compagnons avant de se tourner vers Axel, qui lui fit un signe de tête.
— "On se sépare ici. Chacun chez soi pour se préparer. On attend de savoir ce qu’il se passe avec ce meurtre, et peut-être que le commissaire nous contactera bientôt."
Axel et Lamine s'échangèrent un regard sérieux, conscients que même si la ville était leur terrain de jeu habituel, les choses avaient changé. Chaque coin, chaque ruelle semblait désormais porteur de danger.
Mirabelle, qui marchait à côté d’Euphrasie, s’arrêta un instant et leur fit un signe d'au revoir, les yeux pleins d’appréhension.
— "Soyez prudents. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous savez où nous trouver."
Euphrasie sourit, mais sa tranquillité apparente cachait une tension palpable. Le meurtre du policier pesait lourdement sur eux tous, et elle savait que la situation était loin d'être résolue.
— "On ne sait jamais ce qui peut se passer dans cette ville. On reste en contact," répondit-elle d’une voix calme, mais ferme.
Le groupe se sépara donc, chacun prenant une direction différente. Lamine et Axel se dirigèrent vers leurs quartiers respectifs, tout en se donnant quelques mots de soutien avant de se séparer.
— "On se retrouve bientôt," murmura Lamine en serrant la main d’Axel. "Restez sur vos gardes."
Axel acquiesça et se dirigea vers sa maison, l’esprit occupé par ce qu’il venait d’apprendre. Le meurtre était loin d’être un simple incident. Les rebelles étaient peut-être déjà infiltrés dans la ville, et il se demandait qui d'autre pourrait être impliqué. La tension se resserrait autour de lui comme un étau, et l'envie de comprendre ce qui se passait grandissait.
De son côté, Lamine rentra chez lui, le cœur lourd. Il savait que le combat n'était pas encore gagné, que ce qu’ils avaient traversé ne représentait qu’une infime partie de la tempête qui les attendait. Mais il n’avait pas le choix. Le devoir appelait.
Les deux hommes arrivèrent à leurs domiciles respectifs, un sentiment d'urgence flottant dans l'air. Le téléphone de Lamine vibrèrent soudainement. Un message. C'était du commissaire.
"Restez en alerte, le coupable du meurtre est toujours en fuite. La situation devient plus tendue à Maramani. Préparez-vous."
Lamine, en lisant ces mots, sentit un frisson le parcourir. Les rebelles n’étaient pas simplement des criminels à combattre. Ils étaient désormais une menace directe pour la sécurité de tous, et la situation dans la ville risquait de devenir bien pire. Il se leva immédiatement et se dirigea vers la porte, prêt à affronter ce qui se préparait.
Le soleil s’était levé timidement sur Maramani, baignant la ville d’une lumière pâle. Dans une ruelle à l’écart du tumulte, Axel et Lamine marchaient d’un pas rapide, déterminés. Le message du commissaire ne leur avait pas laissé le choix. Ils n’allaient pas attendre les ordres, pas cette fois.
— « On ne va pas rester les bras croisés pendant que ce type rôde encore en ville, » lança Axel, serrant les poings.
— « Tu sais qu’on prend un risque. S’il est armé, ou pire, s’il a déjà d’autres complices dans le coin… » murmura Lamine en jetant un regard autour de lui.
— « Justement. On doit savoir qui c’est. Et on doit l’arrêter. »
Leur enquête les mena jusqu’à un petit bar discret dans le quartier ouest, un de ces endroits où les habitués gardaient la bouche fermée et les regards fuyants. À travers la vitrine poussiéreuse, Axel aperçut un homme seul au fond, capuchon rabattu, regard nerveux. Il avait la main dans sa poche, un geste suspect.
— « C’est lui, j’en suis sûr, » chuchota Axel. Lamine hocha la tête.
Ils entrèrent. Le bar sembla se figer un instant, comme si l’atmosphère s’était alourdie. Axel et Lamine s’avancèrent lentement, mais l’homme les vit venir. Ses yeux s’agrandirent. Il se leva brusquement, renversa son verre, puis fonça vers la sortie arrière.
— « Il s’enfuit ! » cria Lamine.
Ils se lancèrent à sa poursuite, sortant du bar par la porte de service. Dans une ruelle étroite, l’homme s’arrêta soudainement. Deux gardes surgissaient de l’ombre, armés de matraques. Le piège était tendu.
— « Merde… » souffla Axel.
Le combat éclata. Axel esquiva le premier coup, riposta, mais un des gardes le frappa durement au flanc. Lamine tenta de désarmer l’autre, mais se prit un coup de coude au visage. L’agresseur principal, profitant du chaos, frappa Axel en plein ventre puis renversa Lamine d’un puissant coup de pied. Les deux amis tombèrent au sol, groggy, battus.
Le meurtrier les regarda de haut, un sourire moqueur aux lèvres.
— « Ne vous mêlez pas de ce qui vous dépasse… »
Puis il disparut dans les ombres de la ruelle avec ses gardes, laissant Axel et Lamine à terre, blessés et frustrés.
Allongé, Axel toussa avant de se redresser lentement.
— « Il faut prévenir le commissaire… et les autres. Ce gars est plus dangereux qu’on le pensait. »
Lamine, le visage ensanglanté, hocha la tête avec difficulté. Ils venaient de se heurter à un ennemi plus organisé… et plus brutal.
Quelques heures plus tard, dans un poste de secours discret de Maramani, Axel et Lamine se faisaient soigner. Les blessures étaient légères, mais l’humiliation était cuisante. Ils n’avaient pas vu venir le coup. Pire encore, le meurtrier était toujours en liberté.
Assis sur une chaise en fer, Axel tenait un sachet de glace contre son arcade sourcilière gonflée. Lamine, un pansement sur le front, consultait nerveusement son téléphone.
— « J’ai envoyé un message à oncle Yves. Il m’a dit de ne rien tenter seul la prochaine fois. La police est sur le coup maintenant. »
— « On n’a pas le temps d’attendre la police… » grogna Axel. « Ce type se planque peut-être pour repartir dans la jungle ou frapper encore. »
Lamine soupira.
— « Frère, on a failli se faire tuer. Il faut réfléchir cette fois. »
À cet instant, le téléphone de Lamine vibra. Un message de Mirabelle s’afficha :
« On a appris ce qui s’est passé. On arrive. »
Axel se redressa.
— « Non. Pas elles. Pas cette fois. »
Mais déjà, la porte s’ouvrit. Mirabelle et Euphrasie débarquèrent, inquiètes et déterminées.
— « Vous êtes fous ! » lança Mirabelle. « Vous auriez pu mourir. »
— « On avait pas le choix, » répondit Axel, gêné.
Euphrasie s’approcha de Lamine.
— « On ne vous laissera plus partir seuls. On est tous dans cette histoire maintenant. »
Le silence tomba. Les regards s’échangèrent. Cette fois, l’équipe serait au complet. La traque allait recommencer, plus prudente, plus stratégique. Le meurtrier n’était plus seul… et il allait le découvrir.
Assis sur le toit de l’immeuble où logeait Axel, les deux amis regardaient les lumières de Maramani scintiller dans le silence du soir. La ville semblait paisible, mais ils savaient tous deux que quelque chose d’inquiétant rôdait encore dans l’ombre.
Axel, les bras croisés, lâcha d’un ton grave :
— « Cet homme est bien organisé. Il savait exactement quand et comment frapper. »
Lamine hocha la tête.
— « Et il avait des gardes. Deux gars entraînés, pas des amateurs. Il doit avoir un réseau. »
— « C’est pour ça qu’on doit pas seulement le retrouver, mais l’isoler. L’affaiblir. Lui couper tout appui. »
— « Tu penses à un plan ? » demanda Lamine, intrigué.
— « Ouais. D’abord, on retourne au bar. Pas pour l’affronter, mais pour poser des questions. Ensuite, on cherche ses complices. Il n’a pas pu disparaître tout seul après ce qu’il a fait. »
Lamine sourit doucement.
— « Discret et efficace. Ça me va. »
Axel sortit un carnet de sa poche, griffonna quelques lieux, noms, heures possibles.
— « On fait ça à deux. Pas un mot aux filles. Pas pour l’instant. »
Lamine marqua une pause, hésitant.
— « Tu crois pas qu’elles méritent de savoir ? »
— « Si. Mais pas avant qu’on ait une piste solide. »
Ils se levèrent, les regards déterminés.
La chasse reprenait. Mais cette fois, c’était eux les chasseurs.
Axel et Lamine entrèrent prudemment dans le bar, leurs yeux scrutant chaque visage, chaque recoin. L’ambiance était tendue, comme si tout le monde savait qu’ils étaient là pour autre chose qu’un simple verre. Après plusieurs minutes d’observation, Lamine secoua la tête.
— « Rien. Il n’est pas là. »
— « Il a dû filer. Trop malin pour rester dans le coin », répondit Axel en tapotant nerveusement son téléphone.
Comme s’il avait entendu ses pensées, l’écran s’alluma. Un message venait d’arriver.
Salomon :
Yo Axel, Kévin et moi on a du nouveau.
Le gars que vous cherchez a été repéré dans une forêt à la sortie sud de Maramani. Il était avec deux autres types. On est presque sûrs que c’est lui. Faites vite.
Axel leva les yeux vers Lamine.
— « Il est dans une forêt, à la sortie sud. Salomon et Kévin l’ont vu. »
Lamine fronça les sourcils.
— « Encore une forêt ? Ils aiment trop les forêts dans cette histoire… »
— « C’est toujours là-bas que les pires choses se passent. »
Ils sortirent sans dire un mot de plus, l’air plus déterminé que jamais.
Une nouvelle traque venait de commencer.
La nuit tombait lentement, enveloppant la forêt d’un voile sombre et humide. Axel et Lamine, armés chacun d’un bâton et d’un courage inébranlable, progressaient silencieusement entre les arbres. Leurs pas étaient prudents, mais leur détermination ne laissait place à aucune hésitation.
Des bruits de pas rapides résonnèrent dans les feuillages. Lamine leva la main. Ils se baissèrent tous les deux, observant en silence.
— « C’est lui », murmura Axel en pointant du doigt une silhouette qui avançait prudemment, regardant souvent derrière elle.
Ils le prirent en filature. Un moment d’inattention suffit. Axel bondit le premier, attrapant le bras du meurtrier. Ce dernier riposta aussitôt avec une force inattendue. Lamine sauta sur lui, mais deux coups secs le projetèrent au sol. Axel se fit frapper à son tour, mais réussit à se relever.
— « Lamine, à gauche ! »
Ils combinèrent leurs efforts, esquivant, frappant, tombant, se relevant encore. Le combat fut rude, le meurtrier était entraîné, rapide et sans pitié.
Mais la volonté d’Axel et Lamine était plus forte. Ensemble, ils finirent par le plaquer au sol. Essoufflés, couverts de sueur et de poussière, ils l’immobilisèrent avec des cordes qu’ils avaient prévues.
— « Tu ne fuiras plus maintenant », souffla Lamine, haletant.
— « On a enfin mis la main sur toi », ajouta Axel, les yeux rivés sur l’homme au regard froid.
Ils le tirèrent hors des bois, décidés à ramener la paix à Maramani.
Le jour se leva sur la ville de Maramani, baignée d’une lumière dorée. Axel et Lamine, encore épuisés, arrivèrent au poste de police avec le meurtrier ligoté. Des policiers sortirent immédiatement pour les accueillir. Le commissaire, surpris de les voir aussi tôt, s’approcha d’eux.
— « Vous l’avez eu ? » demanda-t-il, incrédule.
— « Oui, dans la forêt », répondit Axel. « Il s’était réfugié là, pensant qu’on ne le chercherait pas si loin. »
Le commissaire hocha la tête, impressionné. Il fit signe aux agents de prendre le prisonnier.
— « Bravo, les gars. Vous avez fait ce que personne n’avait réussi à faire. »
Quelques heures plus tard, toute l’équipe — Axel, Lamine, Mirabelle, Euphrasie, Salomon, Kévin et oncle Yves — se retrouva dans le bureau du commissaire. L’ambiance était solennelle, mais remplie de fierté.
— « Grâce à vous, on a évité un nouveau drame », dit le commissaire. « Ce criminel était recherché depuis longtemps. »
Un silence s’installa, puis Mirabelle prit la parole :
— « Ce n’est pas fini. Il reste sûrement d’autres ennemis tapis dans l’ombre. »
Oncle Yves acquiesça doucement :
— « Alors on restera tous prêts. »
Ils se regardèrent les uns les autres, conscients qu’une page venait d’être tournée… mais que le livre de leur aventure n’était pas encore refermé.
La nuit était tombée sur Maramani, et Euphrasie avait décidé de sortir seule pour prendre l’air, se ressourcer après les événements intenses de ces derniers jours. Elle marchait dans une ruelle un peu isolée, près du vieux parc, lorsqu’un homme, caché dans l’ombre, surgit et la plaqua violemment contre un mur.
— « T’as pas à te balader seule comme ça, beauté... » murmura-t-il d’une voix crasse.
Euphrasie essaya de crier, mais il posa une main sur sa bouche.
Soudain, un bruit de pas précipités résonna dans la ruelle. Une silhouette apparut dans l’obscurité.
— « Hé ! Lâche-la tout de suite ! » cria Lamine d’une voix ferme, le regard noir de rage.
L’agresseur se retourna, surpris. Lamine ne lui laissa pas le temps de réagir : un coup de poing en pleine mâchoire, suivi d’un coup de genou dans le ventre, le fit s’effondrer au sol.
— « Tu vas apprendre à respecter les femmes, espèce de lâche ! » grogna Lamine en le maintenant au sol.
Euphrasie, choquée, tremblante, se réfugia dans ses bras. Lamine la serra fort contre lui.
— « Tu n’as rien, hein ? Dis-moi que tu n’as rien... »
Elle secoua la tête, les larmes aux yeux.
— « Merci Lamine... Tu es arrivé juste à temps. »
Il la regarda avec douceur.
— « Je serai toujours là. Pour toi. »
Le lendemain matin, alors que la ville de Maramani reprenait lentement son souffle après les récents événements, un appel paniqué parvint sur le téléphone d’Axel. C’était une voix inconnue, grave et menaçante.
— « Si tu veux revoir ta précieuse Mirabelle vivante, dis à ton père de me rendre mon argent. Il sait très bien de quoi je parle… Il a jusqu’à ce soir. Sinon, je la fais disparaître. »
Le message coupa le souffle à Axel. Lamine, présent à ses côtés, vit le changement brutal sur son visage.
— « Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda-t-il, inquiet.
Axel lui tendit le téléphone, la mâchoire serrée. Lamine écouta le message, puis releva la tête, déterminé.
— « On ne va pas laisser passer ça. On va la retrouver. »
Ils appelèrent aussitôt Salomon et Kévin, qui les rejoignirent dans un vieux garage à la sortie de la ville, leur point de rencontre habituel.
— « On a un problème. Mirabelle a été enlevée. Il faut bouger maintenant, » lança Axel.
— « T’as une idée d’où ils l’ont emmenée ? » demanda Salomon.
— « Non. Mais si ce mec connaît mon père, alors c’est sûrement lié à ses anciennes dettes. On commence par chercher dans les coins que mon père fréquentait avant. »
Kévin sortit une carte et la posa sur la table de fortune.
— « Voilà les trois endroits probables selon ses anciennes transactions. On se divise en deux groupes. On garde les talkies pour rester en contact. »
— « On la ramène ce soir. Coûte que coûte, » affirma Lamine.
Le groupe se dispersa, armé de courage, d’instinct et d’une volonté féroce.
La nuit était tombée quand Axel, Lamine, Salomon et Kévin localisèrent une maison abandonnée en périphérie de Maramani, à la lisière de la forêt. C’est là, selon les dernières infos recueillies, que Mirabelle était retenue captive. La bâtisse, mal éclairée, semblait gardée par deux hommes armés.
— « On entre par-derrière, silencieusement, » souffla Lamine.
— « Salomon et Kévin, vous restez en couverture. Si ça dégénère, on aura besoin de vous. »
Sans perdre une seconde, Axel et Lamine se glissèrent dans l’ombre, contournant le bâtiment. Ils évitèrent de justesse un garde en patrouille, puis trouvèrent une petite ouverture derrière. Lamine força discrètement la fenêtre. Ils entrèrent.
À l’intérieur, le silence pesait. Une ampoule clignotante éclairait faiblement un couloir délabré. Des voix provenaient d’une pièce au fond.
— « Elle est là… » murmura Axel.
Ils avancèrent. Dans la pièce, Mirabelle, ligotée, était assise au sol, l'air épuisé. Devant elle, un homme d'âge mûr parlait au téléphone. C’était le kidnappeur. Dès qu’il raccrocha, Axel et Lamine surgirent.
— « Lâche-la, tout de suite ! » cria Axel.
Surpris, l’homme tenta de fuir, mais Lamine bondit sur lui, le plaquant au sol. Dans la confusion, un garde entra en courant, mais Salomon surgit de l’ombre et l’envoya au tapis d’un coup de poing précis.
— « Tout va bien, Mirabelle, on est là, » murmura Axel en la libérant.
Tremblante, elle le regarda avec reconnaissance.
— « Il disait qu’il tuerait mon père si l’argent ne revenait pas… »
— « On s’en occupe. L’important c’est que tu sois saine et sauve, » dit Lamine.
Kévin, resté dehors, fit un signe de tête : la voie était libre.
Ils quittèrent la maison précipitamment, Mirabelle entre eux, protégée. Une fois à l’abri, ils appelèrent le commissaire pour signaler le ravisseur capturé.
La nuit était tombée quand Axel, Lamine, Salomon et Kévin localisèrent une maison abandonnée en périphérie de Maramani, à la lisière de la forêt. C’est là, selon les dernières infos recueillies, que Mirabelle était retenue captive. La bâtisse, mal éclairée, semblait gardée par deux hommes armés.
— « On entre par-derrière, silencieusement, » souffla Lamine.
— « Salomon et Kévin, vous restez en couverture. Si ça dégénère, on aura besoin de vous. »
Sans perdre une seconde, Axel et Lamine se glissèrent dans l’ombre, contournant le bâtiment. Ils évitèrent de justesse un garde en patrouille, puis trouvèrent une petite ouverture derrière. Lamine força discrètement la fenêtre. Ils entrèrent.
À l’intérieur, le silence pesait. Une ampoule clignotante éclairait faiblement un couloir délabré. Des voix provenaient d’une pièce au fond.
— « Elle est là… » murmura Axel.
Ils avancèrent. Dans la pièce, Mirabelle, ligotée, était assise au sol, l'air épuisé. Devant elle, un homme d'âge mûr parlait au téléphone. C’était le kidnappeur. Dès qu’il raccrocha, Axel et Lamine surgirent.
— « Lâche-la, tout de suite ! » cria Axel.
Surpris, l’homme tenta de fuir, mais Lamine bondit sur lui, le plaquant au sol. Dans la confusion, un garde entra en courant, mais Salomon surgit de l’ombre et l’envoya au tapis d’un coup de poing précis.
— « Tout va bien, Mirabelle, on est là, » murmura Axel en la libérant.
Tremblante, elle le regarda avec reconnaissance.
— « Il disait qu’il tuerait mon père si l’argent ne revenait pas… »
— « On s’en occupe. L’important c’est que tu sois saine et sauve, » dit Lamine.
Kévin, resté dehors, fit un signe de tête : la voie était libre.
Ils quittèrent la maison précipitamment, Mirabelle entre eux, protégée. Une fois à l’abri, ils appelèrent le commissaire pour signaler le ravisseur capturé.
Souhaites-tu qu’on poursuive avec l’interrogatoire
Le soleil commençait à se lever doucement sur Maramani lorsque le groupe arriva devant la maison de Mirabelle. Euphrasie ouvrit la porte d’un coup sec et, en voyant Mirabelle, ses yeux s’embuèrent de larmes.
— « Mirabelle ! » cria-t-elle en courant vers elle.
Les deux amies s’enlacèrent longuement sans dire un mot. Axel, Lamine, Kévin et Salomon les regardaient, les traits tirés mais soulagés. Tout le monde entra dans la maison.
Une fois à l’intérieur, l’ambiance fut plus légère malgré la fatigue. Euphrasie prépara rapidement du thé pendant que Salomon et Kévin se laissaient tomber dans le canapé.
— « Je suis fière de vous tous, » dit Euphrasie, posant les tasses sur la table.
— « On a eu peur, vraiment… mais vous avez assuré. »
— « C’est ensemble qu’on a réussi, » dit Lamine en levant sa tasse.
Mirabelle, assise à côté d’Axel, le regarda longuement.
— « Tu es venu me chercher… Tu as mis ta vie en danger. Merci. »
Axel haussa les épaules en souriant.
— « Tu aurais fait pareil pour moi. »
Ils rirent tous un peu, épuisés mais heureux. Pour la première fois depuis plusieurs jours, ils respiraient enfin.
Le téléphone de Kévin vibra. Il jeta un œil à l’écran, sourit, puis déclara :
— « Le commissaire dit que le ravisseur a tout avoué. Il a reconnu sa dette envers ton père, Axel. Il sera jugé. »
Axel soupira de soulagement. Euphrasie, elle, regardait le groupe, silencieuse, puis déclara :
— « On a traversé beaucoup de choses ensemble. Je pense que plus rien ne pourra nous séparer. »
Le groupe entier approuva. Ils restèrent là, un long moment, autour de cette table, à discuter, à rire, à repenser à tout ce qu’ils avaient vécu. Le jour était levé, la ville s’éveillait… et eux, ils savaient qu’ensemble, ils pouvaient faire face à tout.
Le groupe se promenait joyeusement dans les rues animées de Maramani, un sentiment de liberté dans l'air. Après toutes les batailles, les kidnappings, et les moments de tension, il était agréable de respirer enfin l'air de la ville, loin des dangers de la forêt et des menaces des rebelles.
Axel, Lamine, Mirabelle, Euphrasie, Salomon et Kévin déambulaient tous ensemble, riant, échangeant des blagues et des anecdotes sur leurs aventures récentes. Le soleil brillait haut dans le ciel, illuminant leurs visages, et les rues bourdonnaient de vie.
— « C’est fou tout ce qu’on a traversé… » dit Kévin, observant les passants autour d’eux.
— « Et pourtant, on est encore là, » répondit Salomon, un sourire en coin.
— « L’histoire aurait pu être bien différente, mais on a tout surmonté ensemble, » ajouta Lamine, les yeux brillant de fierté.
Ils se dirigèrent vers un café en plein centre-ville. Une fois assis, l’ambiance se fit encore plus détendue. Le serveur arriva avec une série de boissons et de petites pâtisseries. Chacun prit une gorgée de son verre et se laissa aller à la discussion.
— « Alors, des projets pour la suite ? » demanda Mirabelle, souriant à l’idée de la tranquillité retrouvée.
— « Bah, d’abord, un peu de repos ! » répondit Axel, en se détendant dans sa chaise.
— « Ouais, mais après, je pensais qu’on pourrait organiser un événement pour fêter la fin de tout ça, » suggéra Euphrasie.
— « Une soirée pour nous retrouver tous ensemble… histoire de célébrer notre victoire et de remercier ceux qui nous ont soutenus, » proposa Salomon.
Le groupe hocha la tête en signe d'approbation. Ils étaient tous d'accord. La ville de Maramani était désormais un lieu de paix, et ils avaient mérité ce moment de joie après tout ce qu'ils avaient enduré.
— « Et après ? » demanda Lamine, curieux.
— « Après ? On recommence à vivre comme avant, mais avec un regard neuf sur ce que l’on peut accomplir ensemble, » répondit Mirabelle.
Ils rirent tous ensemble. Les souvenirs des combats et des adversités semblaient s’éloigner peu à peu, remplacés par un avenir plein de possibilités et de nouvelles aventures.
Le reste de la journée passa dans cette même atmosphère détendue. Ils parcoururent la ville, explorant des endroits qu'ils n'avaient jamais pris le temps de découvrir. Ils savaient que, quoi qu’il arrive, leur amitié et leur détermination à se soutenir les uniraient toujours, peu importe les défis à venir.
Le matin était calme à Maramani, mais l'excitation de la prochaine aventure se ressentait déjà dans l'air. Axel et Lamine étaient dans le salon, en train de préparer leurs affaires pour leur voyage dans la jungle, cet endroit où tout avait commencé. Mirabelle et Euphrasie, de leur côté, étaient dans la chambre voisine, préparant elles aussi leurs sacs avec les essentiels pour quelques jours dans la forêt.
— « On n’a jamais vraiment eu le temps de savourer la jungle, tu sais, » dit Axel en fermant son sac à dos.
— « C’est vrai, » répondit Lamine en jetant un regard vers la porte. « Mais maintenant, on peut y aller avec un autre état d’esprit, tranquille. »
— « Et cette fois, on est tous ensemble, pas de menaces, juste… la nature. »
Ils échangèrent un sourire complice avant de s’orienter vers la porte. Mirabelle et Euphrasie les rejoignirent bientôt, les bras chargés de sacs et de provisions.
— « Alors, prêts à retourner dans la jungle ? » lança Mirabelle, un sourire malicieux sur le visage.
— « Pas question de se laisser effrayer cette fois, » répondit Euphrasie en rigolant. « On a survécu à tout, même aux rebelles. La jungle n’a qu’à bien se tenir ! »
Ils rirent tous ensemble avant de se mettre en route. Le trajet jusqu’à la jungle ne prit pas longtemps. Arrivés à l'orée de la forêt, le groupe s'arrêta un moment, admirant le paysage qui s'étendait devant eux.
— « Ça m’étonne qu’on n’ait jamais pris le temps de vraiment apprécier ce lieu, » dit Axel en respirant profondément l’air frais de la forêt.
— « Il y a toujours eu quelque chose qui nous attendait, » répondit Lamine. « Mais cette fois, on est là pour en profiter. »
Le groupe s’engagea dans la jungle, se frayant un chemin à travers la végétation dense. Le bruit des oiseaux et le souffle du vent dans les arbres étaient les seuls sons qui les entouraient. Ils avancèrent lentement, appréciant la beauté et la tranquillité du lieu.
— « C’est fou de revenir ici, » murmura Mirabelle, les yeux écarquillés. « On dirait qu’on entre dans un autre monde. »
— « Et si c’était le cas ? » dit Euphrasie, en plaisantant. « La jungle a toujours ses mystères. »
Ils continuèrent leur exploration, s’arrêtant de temps à autre pour admirer des fleurs colorées ou pour prendre des photos. Ils établirent un campement rudimentaire à l'endroit où ils s'étaient autrefois retrouvés. Le feu crépitait doucement, et ils se réunirent autour, heureux d’être là, ensemble, loin du tumulte de la ville et des dangers passés.
— « Ce moment… » dit Axel, son regard perdu dans les flammes, « c’est comme une nouvelle page de notre histoire. »
— « Une page qu’on écrit ensemble, » répondit Lamine, souriant.
— « Oui, » ajouta Mirabelle, « mais cette fois, sans aucune ombre sur notre chemin. »
Ils s’assirent tous autour du feu, écoutant les bruits de la jungle et se préparant à profiter pleinement de ces quelques jours de paix.
De retour en ville, après quelques jours de calme et d'aventures dans la jungle, Axel et Lamine se rendirent directement au boulot, comme prévu. Salomon et Kévin les attendaient, visiblement heureux de les retrouver après quelques semaines d'absence.
— « Eh bien, on dirait que vous êtes de retour parmi nous, les aventuriers ! » lança Salomon en les saluant avec un grand sourire.
— « Toujours là pour aider, quoi qu’il arrive, » répondit Lamine avec un clin d’œil. « Et toi, Salomon, comment ça se passe de ton côté ? »
— « Pas trop mal, on avance bien ici, » dit Kévin. « Mais franchement, on se demandait quand vous alliez revenir. On avait presque oublié que vous faisiez partie de la ville ! »
— « Ce n’est pas qu'on a voulu disparaître, » rigola Axel. « Mais parfois, il faut prendre un peu de recul. »
Les quatre hommes échangèrent quelques mots sur les derniers événements et les nouveaux projets à venir. Salomon et Kévin avaient leurs propres missions en ville, et Axel et Lamine étaient heureux de voir que tout allait bien de leur côté aussi.
Pendant ce temps, à la maison, Mirabelle et Euphrasie étaient dans la cuisine, préparant un repas pour tout le groupe. Le bruit de la vaisselle et des ustensiles résonnait dans la pièce, tandis que les deux femmes discutaient tranquillement, profitant du calme retrouvé.
— « C’est étrange, non ? » dit Mirabelle en coupant des légumes. « Après tout ce qui s’est passé, c’est presque comme si la ville était redevenue paisible. »
— « Oui, mais je pense qu’on est prêts à tout ce qui pourrait venir, » répondit Euphrasie en souriant. « Ensemble, on a traversé des tempêtes, maintenant c’est notre temps de répit. »
— « C’est vrai, » acquiesça Mirabelle. « Mais on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. »
— « Peu importe, » dit Euphrasie, un air déterminé dans les yeux. « On a notre groupe. Tant que l’on reste unis, on peut tout affronter. »
Leurs rires et leurs voix se mêlaient à l’ambiance paisible de la maison. Axel et Lamine, ayant terminé leur réunion de travail, revinrent dans la cuisine, retrouvant leurs amis.
— « On a du pain sur la planche, mais on dirait que tout est en ordre ici, » dit Axel.
— « Comme toujours, » répondit Mirabelle avec un sourire. « Tout est prêt pour une nouvelle journée, et une nouvelle aventure, si elle doit arriver. »
Le groupe se réunit autour de la table, partageant un repas fait maison et profitant de ces instants simples. Dans la chaleur de la maison, entourés des gens qu'ils appréciaient, ils se sentaient prêts à affronter ce qui pourrait venir, unis comme jamais.
Les aventures et les défis semblaient loin derrière eux, mais l’avenir restait un mystère. Un mystère qu'ils étaient prêts à résoudre ensemble.
FIN
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