Rock & Mess 2
Avant-propos

Le premier volume de Rock et Mess nous a plongés dans l’univers d’une amitié inattendue, née d’un choc, d’une bagarre, d’un regard. Deux jeunes hommes que tout semblait opposer — Rock, discret et réfléchi, et Mess, imprévisible et intense — se sont rencontrés dans le tumulte d’une ville universitaire où chacun cherche sa voie, sa place, son sens.

Ce premier tome a vu naître leur complicité, forgée dans l’épreuve, renforcée par les défis, les rivalités, et les secrets de leur passé. Ils ont appris à compter l’un sur l’autre, à affronter les tempêtes d’un monde qui ne fait pas de cadeaux, tout en découvrant les limites de leurs propres convictions.

Mais ce n’était que le début.

Ce second volume reprend l’histoire là où le précédent nous a laissés, mais les enjeux ont changé. Les liens se resserrent, les blessures se creusent, et de nouvelles figures font leur entrée. L’univers autour d’eux devient plus vaste, plus dangereux, plus réel. Rock et Mess devront affronter non seulement le monde extérieur, mais aussi leurs propres démons.

Ce roman est une histoire d’amitié, de luttes, de choix difficiles. Une histoire de jeunesse, de fierté, d’amour, et de survie.

Bienvenue dans Rock et Mess – Volume 2.
Que l’histoire continue.


 

Chapitre 1

Le soleil perçait doucement à travers les feuilles du jardin universitaire. Les bancs en pierre encore humides de rosée brillaient sous la lumière du matin. Assis à l’ombre d’un vieux manguier, Rock grignotait un morceau de pain sec, les yeux posés sur le ciel, pendant que Mess jouait nerveusement avec une brindille.

— Tu te souviens de ce type au marché ? Celui avec les bracelets rouges ?
— Celui qui t’a presque écrasé le pied avec sa moto ? répondit Rock sans détourner les yeux.
— Ouais, lui. Je parie qu’il bossait pour ce réseau dont on a entendu parler la dernière fois. Y’a trop de trucs louches dans cette ville.

Rock ne répondit pas tout de suite. Il avait ce regard, celui qu’il avait quand son cerveau connectait les points sans parler. Mess le connaissait bien. Il s’apprêta à enchaîner quand une voix rapide et essoufflée les coupa :

— Les gars, y’a un souci !

C’était Sylvia. Elle arriva en courant, son sac en bandoulière rebondissant sur sa hanche, le souffle court, les yeux agrandis par l’inquiétude.

— Sylvia ? Qu’est-ce qui se passe ? demanda Rock en se levant.

Elle prit quelques secondes pour respirer, puis lâcha :

— La fille du maire… elle a été enlevée.

Le silence tomba d’un coup. Même Mess, d’habitude sarcastique, se redressa d’un coup.

— Attends, quoi ? Par qui ? demanda-t-il.

— Des rebelles. Un groupe organisé. Et d’après ce que j’ai entendu… leur chef, c’est un ancien allié du maire. Un type à qui il devait un gros service. Le maire ne l’a jamais remboursé. Il a saisi l’occasion, maintenant il a sa fille.

Rock échangea un regard avec Mess. Le même regard qu’ils avaient toujours quand les ennuis les appelaient. Un mélange d’agacement, de tension… et d’excitation.

— On bouge, dit Mess en se levant.

Rock hocha la tête.
Le calme du jardin venait de s’effondrer.
Ils quittèrent le jardin sans un mot de plus, Sylvia trottinant derrière eux pour leur donner les derniers détails. Dans un couloir à l’écart de l’agitation des cours, elle reprit la parole :

— Il y a des rumeurs sur l’endroit où ils pourraient la retenir. Une maison abandonnée près de la vieille voie ferrée, à la sortie est de la ville. Mais personne ne veut y aller. On dit que les rebelles sont armés et que leur chef est… dérangé.

— Comment tu sais tout ça ? demanda Mess, méfiant.

— J’ai mes sources, répondit-elle simplement, les bras croisés.

Rock s’arrêta net.

— Attends. Ce chef… on connaît son nom ?

Sylvia hésita.

— Oui. Il s’appelle Mansa. Et il aurait autrefois sauvé la vie du maire, dans une situation grave. Mais depuis, le maire l’a complètement ignoré. Il aurait pu l’aider à s’en sortir, mais il l’a laissé tomber. Mansa a juré de se venger.

Mess siffla entre ses dents.

— Les dettes non payées font des ennemis éternels. Ce maire, il s’est creusé sa propre tombe.

— Ou celle de sa fille, ajouta Rock d’une voix sombre.

Ils se regardèrent encore. Ce lien silencieux qui parlait mieux que les mots. Ils savaient qu’ils allaient se lancer dans quelque chose de plus grand, de plus dangereux. Pas pour le maire. Mais parce qu’ils ne pouvaient pas regarder ailleurs.

Sylvia posa la main sur l’épaule de Rock.

— Tu sais que tu n’es pas obligé de…

— Si, je le suis, coupa-t-il. Et Mess aussi.

Mess haussa les épaules avec un sourire tordu.

— De toute façon, j’avais rien de mieux à faire aujourd’hui.

Sylvia sourit malgré elle. Elle les connaissait bien. Ils n’avaient pas choisi cette vie. Mais cette vie les avait choisis.

Et quelque part, à l’est de la ville, la fille du maire attendait dans l’ombre, gardée par des hommes armés et un chef aux comptes à régler.

La route venait de s’ouvrir. Et Rock et Mess étaient déjà en marche.


 

Chapitre 2

Les pas de Rock et Mess résonnaient dans le couloir désert de la résidence universitaire. Ils marchaient sans dire un mot, le regard droit, l’esprit chargé. Sylvia avait pris un autre chemin, leur promettant de rester disponible au cas où ils auraient besoin d’elle.

Arrivés à la chambre de Rock, ils y entrèrent et refermèrent la porte derrière eux. L’atmosphère semblait plus lourde que d’habitude.

— Tu crois que ce Mansa est vraiment capable de faire du mal à la fille du maire ? demanda Mess en s’asseyant sur le lit.

Rock réfléchit un instant.

— Ce genre d’homme ne menace pas pour rien. Il veut que le maire ressente ce qu’il a ressenti. L’oubli. Le rejet. La trahison.

Mess tourna la tête vers lui, plus sérieux que jamais.

— Et nous, on fait quoi ? On appelle la police ? Ou on agit à notre manière ?

— À notre manière, répondit Rock. Mais cette fois, on ne fonce pas tête baissée. On rassemble d’abord les infos.

Mess sourit. Le plan, c’était toujours la partie de Rock.

Ils sortirent à nouveau, traversant les rues avec prudence, leurs sens en alerte. La vieille voie ferrée, d’après Sylvia, était à une bonne heure de marche. Trop risqué de s’y rendre de jour. Alors ils allaient se préparer pour la nuit.

Dans une petite ruelle proche du centre-ville, ils entrèrent dans une boutique discrète, au rideau de fer à moitié baissé. À l’intérieur, un vieil homme au regard vif leva la tête. Il les reconnut aussitôt.

— Mess. Rock. Vous avez encore flairé des problèmes ?

— Plutôt les problèmes qui nous flairent, répondit Mess.

Le vieil homme, qu’on appelait Tonton Vié, gérait discrètement un réseau de renseignements. Il connaissait chaque coin de la ville, chaque rumeur, chaque secret.

— Parle-moi de Mansa, demanda Rock sans détour.

Tonton Vié s’appuya sur son comptoir, l’air pensif.

— Mansa… Un ancien soldat. Formé, discipliné, mais blessé dans l’âme. Quand le maire l’a laissé tomber, il s’est enterré dans le silence. Depuis quelque temps, on le dit revenu… mais changé.

— Et il est où ? insista Mess.

Tonton Vié se gratta la tête.

— J’ai entendu parler d’un campement près de la voie ferrée, ouais. Mais s’il est là, il ne doit pas être seul. Il s’est entouré de types loyaux, tous ceux qui en veulent à la ville.

Il leur tendit une vieille carte froissée.

— Vous aurez besoin de ça. Et soyez prudents. Ce n’est pas une aventure de plus. C’est une guerre personnelle à laquelle vous entrez.

Ils prirent la carte. Rock la glissa dans sa poche sans un mot.

La nuit allait tomber. Et dans les ombres, la tension montait déjà.

La nuit enveloppait la ville comme un drap sombre. Les lampadaires grésillaient, jetant une lumière jaune fatiguée sur les rues désertes. Rock et Mess avaient attendu l’heure idéale avant de se rendre vers la vieille voie ferrée, la carte en main, les sens aiguisés.

Ils approchèrent sans bruit, rampant à travers les hautes herbes qui bordaient la bâtisse abandonnée. Le bâtiment était en ruine, mais on voyait une lumière vacillante à l’intérieur. Des voix. Des mouvements. Des gardes.

— On y est, murmura Mess.

— On n’est pas seuls, souffla Rock.

Deux silhouettes surgirent de l’obscurité, armées, mais prêtes à aider. L’un, grand, regard vif, parlait d’une voix calme. L’autre, agile, déterminée, portait un regard dur mais bienveillant.

— On vous a suivis depuis la sortie du quartier universitaire, dit le garçon. Je m’appelle Cédric, et elle, c’est Gwladys. On a entendu parler de cette histoire. Et on veut aider.

Rock et Mess échangèrent un bref regard. Pas le temps de discuter. Ils acceptèrent.

— Tu sais te battre ? demanda Mess à Cédric.

— Suffisamment pour distraire un garde.

Gwladys montra un petit boîtier métallique dans sa main.

— Et moi je sais neutraliser la lumière sans qu’ils comprennent pourquoi.

En quelques gestes rapides, Gwladys désactiva l’éclairage extérieur du bâtiment. L’obscurité couvrit le camp. Cédric se glissa silencieusement vers l’un des gardes, l’assomma proprement. Rock et Mess foncèrent dans le bâtiment.

À l’intérieur, trois autres hommes. L’un d’eux tenait la fille du maire, bâillonnée, les mains attachées. Elle pleurait en silence.

— Lâche-la, lança Rock d’une voix glaciale.

Le chef rebelle, Mansa, se retourna lentement, les yeux flamboyants.

— Vous ne savez pas dans quoi vous mettez les pieds…

Mess dégaina un petit couteau qu’il avait dissimulé dans sa manche.

— On n’a pas le temps pour les discours de vilain.

Le combat fut rapide. Précis. Cédric s’élança pour frapper un des rebelles par derrière. Gwladys, elle, jeta une capsule fumigène artisanale qui désorienta les deux autres. Rock bondit vers la fille du maire, la détacha, la prit dans ses bras et la protégea pendant que Mess neutralisait le dernier homme debout.

Mansa tenta de s’échapper, mais Cédric le plaqua au sol avec une technique nette. Il resta au sol, gémissant, incapable de se relever.

Quand tout fut terminé, la fille du maire tremblait, mais elle était en sécurité. Rock lui tendit une veste.

— C’est fini. Tu es en sécurité maintenant.

Elle hocha la tête, les larmes aux yeux.

Rock, Mess, Cédric et Gwladys sortirent du bâtiment ensemble, le silence de la nuit reprenant ses droits.

Devant eux, un nouveau lien s’était formé. Celui que tissent ceux qui ont affronté le danger côte à côte.

Gwladys brisa le silence.

— J’ai l’impression que ce n’est que le début…

Rock regarda Mess, qui haussa les épaules avec un demi-sourire.

— Ça l’est toujours.

Chapitre 3

Le soleil filtrait à travers les rideaux fatigués de la chambre universitaire. L’air du matin portait encore les traces d’adrénaline de la nuit précédente.

Rock s’étira en silence, assis sur le bord de son lit. Mess, toujours habillé, dormait dans le fauteuil, les bras croisés sur la poitrine. Dans un coin, Sylvia avait préparé du café, les yeux encore bouffis mais vigilants.

On frappa doucement à la porte. C’était Antoine, suivi de Sidonie, Mireille, et une Sylvia qui ouvrit sans surprise.

— Alors ? fit Antoine en entrant. C’est vrai ? Vous avez retrouvé la fille du maire ?

— Ouais, confirma Rock. Mais on n’était pas seuls. Il faut que vous rencontriez deux personnes.

Cédric et Gwladys entrèrent à leur tour. Leur présence imposa aussitôt le respect. Pas par la force, mais par leur calme, leur façon d’observer sans parler trop vite.

Rock fit les présentations.

— Voici Cédric. Et Gwladys. Sans eux, cette mission aurait été un échec. Ils ont pris des risques, et ils se sont battus à nos côtés. On leur doit beaucoup.

Les regards se croisèrent, l’échange silencieux d’un langage que seuls les survivants comprennent.

— Enchantée, dit Mireille en tendant la main à Gwladys.

Cette dernière la serra avec un sourire simple.

— Pareil. Rock et Mess nous ont parlé de vous.

Antoine, qui gardait toujours une réserve naturelle, observait Cédric de haut en bas.

— Vous êtes des étudiants aussi ?

— Pas vraiment, répondit Cédric. On navigue… à notre manière. Mais on est là pour les bonnes raisons.

— Et quelles sont-elles ? demanda Sidonie, les bras croisés.

Mess intervint, pour briser la tension :

— Protéger ceux qui ne peuvent pas se défendre. Rendre coup pour coup quand l’injustice frappe. C’est pas plus compliqué que ça.

Un silence. Puis Antoine hocha lentement la tête.

— Alors vous êtes des nôtres.

La pièce retrouva un souffle d’unité. Une sorte d’harmonie brute, forgée dans l’urgence. Ils étaient désormais huit. Et s’ils avaient déjà traversé des tempêtes… d’autres s’annonçaient à l’horizon.


 

Chapitre 4

La grande place de Sinayara bourdonnait de vie. Des marchands criaient leurs prix, des enfants couraient entre les étals colorés, et les musiciens de rue faisaient résonner des mélodies joyeuses au coin des ruelles.

Rock et Mess marchaient côte à côte, suivis de près par tout le groupe. Antoine portait une paire de lunettes de soleil, l’air détendu. Sidonie mâchait un chewing-gum comme si elle maîtrisait le monde. Mireille tenait un carnet de croquis à la main. Sylvia riait doucement aux blagues de Gwladys, tandis que Cédric gardait un œil discret sur tout ce qui bougeait autour d’eux.

— Ça fait du bien, dit Rock, presque étonné.

— On dirait que tout est calme… pour une fois, ajouta Mess.

Mais ce calme ne dura pas.

Une explosion sonore retentit soudain dans un coin de la place. Les gens crièrent, courant dans tous les sens. Une fourgonnette noire venait de s’arrêter en plein milieu du marché. Quatre hommes encagoulés en descendirent, armés de battes et de couteaux.

— Restez pas là ! hurla un vendeur.

— Ce sont des bandits ! cria quelqu’un.

Rock bondit en avant sans réfléchir.

— À couvert tout le monde !

Mais l’équipe, au lieu de fuir, se positionna naturellement autour de lui. Comme un réflexe. Comme une meute.

— Sidonie, protège les enfants là-bas ! cria Sylvia.

— Cédric, Gwladys, par la droite ! ordonna Mess.

Antoine et Mireille se placèrent derrière les stands, prêtes à intervenir à distance. Une attaque coordonnée, rapide, chirurgicale.

Le premier bandit tenta de frapper Rock, mais il esquiva, lui saisit le bras et le fit basculer au sol avec une clé de bras bien placée.

Mess bondit sur le second, le désarma d’un coup de pied bien ajusté.

Gwladys frappa le troisième derrière les genoux, le faisant tomber net avant de lui arracher son arme.

Cédric, lui, neutralisa le dernier avec une projection sèche, qu’il maîtrisa sans violence excessive.

En moins de deux minutes, la menace était éteinte.

La foule avait reculé, les gens regardaient bouche bée. Des sirènes se firent entendre au loin. La police arriva, armes en main… mais baissa vite les bras en voyant les agresseurs maîtrisés au sol, immobilisés.

— Qui a fait ça ? demanda l’un des officiers, visiblement surpris.

Rock se tourna vers lui, les mains levées pour montrer qu’ils ne cherchaient pas de problème.

— Nous. On était juste là au bon moment.

Le commissaire adjoint, un homme sec et au visage marqué, s’avança. Il observa chaque membre du groupe avec attention.

— Vous avez empêché un bain de sang. Ces types sont recherchés depuis des semaines. Merci… sincèrement.

Mess sourit.

— On ne fait que ce qui est juste.

Le policier hocha la tête, impressionné.

— Si un jour vous cherchez du travail… vous n’aurez qu’à frapper à la porte.

Ils se regardèrent tous. Un rire discret s’échappa de Gwladys.

— C’est qu’on commence à devenir célèbres, on dirait…

Rock tourna le regard vers la foule qui reprenait vie. Les enfants riaient à nouveau. Les marchands remettaient en ordre leurs stands. La musique revenait lentement.

Mais il savait que la paix était fragile.

Et que les vrais ennemis ne frappaient pas toujours bruyamment.


 

Chapitre 5

Le salon de Cédric était simple mais chaleureux. De grandes fenêtres laissaient entrer la lumière de l’après-midi. Un parfum de thé flottait dans l’air, et des tasses à moitié pleines trônaient sur la table basse encombrée de dossiers, de stylos et de miettes de biscuits.

Tous les huit étaient là. Assis, accoudés, concentrés. L’écran du laptop posé au centre de la pièce affichait le visage sérieux du maire de Sinayara, en visioconférence.

— Merci de nous accorder ce moment, dit Rock.

— Je vous le devais, répondit le maire, l’air fatigué. Vous avez sauvé ma fille. Et je sais que je peux vous faire confiance.

Un silence s’installa. Puis le maire reprit, sa voix plus grave :

— Ce dont je vais vous parler est plus grave que tout ce que vous avez affronté jusqu’ici. Il s’agit d’un homme. Un fantôme. Un tueur qu’on appelle Karakekos.

Mireille fronça les sourcils.

— Karakekos ? C’est quoi ce nom bizarre ?

— Un surnom, répondit le maire. Donné par les gens. Il apparaît, tue… et disparaît sans laisser de trace. Pas d’empreinte. Pas de témoins. Pas de logique.

— Et la police ? demanda Cédric.

— Dépassée. Les autorités sont paralysées. Ce type ne suit aucune règle. Il tue pour des raisons inconnues. Parfois trois jours de suite. Parfois il reste des mois sans bouger. On ne sait jamais où ni quand il frappera.

Sidonie échangea un regard inquiet avec Antoine.

— Vous pensez qu’il est encore à Sinayara ?

Le maire soupira.

— On a retrouvé un corps ce matin. Un homme de 35 ans. Mêmes signes. Aucune caméra ne l’a capté. C’est lui.

Mess se redressa lentement.

— C’est quoi votre but, monsieur le maire ? Que voulez-vous qu’on fasse ?

— L’observer. Le traquer. Le comprendre. J’ai confiance en vos capacités. Et… si vous acceptez, je vous enverrai toutes les données qu’on a sur lui. Même si elles sont minces.

Un silence. Puis Sylvia prit la parole.

— On n’est pas des policiers. Mais on ne peut pas laisser un malade tuer des innocents.

— Je suis d’accord, dit Rock. Mais il faudra être prudents. Cet homme n’est pas un rebelle armé. C’est un tueur invisible.

Le maire acquiesça.

— Faites attention à vous. Et s’il vous contacte… prévenez-moi immédiatement.

L’appel se termina.

L’écran devint noir.

Dans la pièce, une tension invisible avait remplacé la lumière paisible du début. Chacun semblait réfléchir.

Gwladys brisa le silence.

— On traque un fantôme, maintenant ?

Antoine sourit, amer.

— Et on vient à peine de souffler.

Mess tapota l’épaule de Rock.

— T’es prêt, bro ?

Rock hocha lentement la tête.

— Ce Karakekos va finir par laisser une trace. Il le faut. Et on sera là pour la trouver.


 

Chapitre 6

La nuit était tombée sur Sinayara comme un rideau sombre. Une pluie fine s’abattait sur la ville, ajoutant une tension glaciale à l’atmosphère. Dans une ruelle étroite du quartier Est, des policiers se tenaient en position. À leurs côtés, Rock, Mess et le reste du groupe attendaient, silencieux, les regards fixés vers le fond du passage.

— Il est là, souffla Cédric en regardant l’écran thermique qu’il tenait. Seul. En train d’observer une maison.

— Il attend que sa cible sorte, murmura Mireille.

— On attend le signal ? demanda Gwladys.

Mais Rock ne répondit pas. Il s’était déjà glissé à quelques mètres devant, son regard tranchant perçant l’ombre.

Un cri se fit soudain entendre : une femme sortait précipitamment de la maison, un parapluie à la main. L’homme dissimulé dans les ténèbres s’avança, calme, déterminé.

C’est là que tout bascula.

— MAINTENANT ! hurla Mess.

Des coups de feu éclatèrent.

Les policiers surgirent des deux côtés de la ruelle. Karakekos, rapide comme un serpent, tira deux balles dans leur direction, sans toucher personne, puis tenta de fuir.

Mais c’était sans compter sur Sylvia, qui lui coupa la route avec une roulade digne d’un film d’action. Elle tira deux fois, l’obligeant à reculer.

— Pose ton arme ! cria Antoine.

Karakekos grogna, tira encore, frôlant l’épaule de Sidonie qui riposta aussitôt, le clouant derrière un mur.

Rock fonça sur lui, profitant d’une brève accalmie, et désarma le tueur d’un coup de pied bien placé. Karakekos tenta de s’enfuir, mais Mess surgit de l’autre côté et le plaqua violemment au sol.

— C’est terminé, mon gars, grogna-t-il en l’immobilisant.

Les policiers vinrent immédiatement menotter Karakekos. Il ne se débattit plus. Il regardait Rock droit dans les yeux, un sourire étrange au coin des lèvres.

— Vous pensez que c’est fini ? souffla-t-il.

— Pour toi, ouais, répondit Rock, froid.

Les sirènes tournèrent une dernière fois. La pluie s’intensifia. Des passants commençaient à sortir de leurs maisons, observant la scène avec des regards effrayés.

Gwladys rejoignit Rock, le visage trempé mais déterminé.

— Tu crois qu’il disait vrai ? Que ce n’est pas fini ?

Rock regarda les gyrophares rouges reflétés sur le visage du tueur.

— J’en suis sûr. C’est peut-être lui… mais c’est pas le seul monstre qui rôde.

Et dans le regard figé de Karakekos… une ombre plus grande semblait déjà se dessiner.

Chapitre 7

Le vent soufflait doucement à travers les branches de l’arbre sous lequel Rock et Mess s’étaient réfugiés. La ville semblait calme pour une fois. Trop calme, même.

Assis sur un vieux banc, Rock observait les lampadaires vaciller au loin, tandis que Mess tapotait nerveusement son genou.

— Tu sais, bro… j’ai l’impression que tout ça, Karakekos, le maire, les rebelles… c’était juste le début.

Rock tourna la tête vers lui, les yeux mi-clos.

— Moi aussi. C’est comme si quelque chose nous échappait. Quelque chose de plus grand.

Un bruit de talons interrompit leur silence. Une femme s’approchait lentement d’eux. Elle portait une robe noire et un sourire à glacer le sang.

— Bonsoir, dit-elle d’une voix douce.

Mess se leva aussitôt, méfiant.

— Vous êtes qui ?

Elle ne répondit pas. Elle sortit un téléphone, appuya sur lecture. Une voix, synthétique, glaçante, en sortit :

« Salut Rock et Mess. J’espère que vous allez bien.
Vous pensez que tout est fini ? Vous n’avez encore rien vu.
Dans quelques secondes… vous aurez de la compagnie.
Je dis bien dans quelques secondes. »

Puis elle tourna les talons, et disparut dans la ruelle comme une ombre.

Mess blêmit.

— Qu’est-ce que c’était que ça ?

Rock ne répondit pas. Son regard s’était figé sur les phares qui venaient d’apparaître au bout de la rue.

Une voiture. Puis une deuxième.

— À couvert ! cria-t-il.

Les portières claquèrent. Cinq hommes en sortirent, armés jusqu’aux dents. Sans un mot, ils ouvrirent le feu.

Rock roula sur le côté, sortit son arme, et tira deux coups précis : le premier bandit s’écroula. Mess se releva derrière un muret, neutralisant un deuxième d’un tir au torse.

— Ils sont rapides ! cria Mess.

— Pas plus que nous.

Ils se déplacèrent avec agilité, utilisant les voitures comme couvertures. Un troisième homme tomba, frappé au visage par Rock qui s’était glissé derrière lui comme une ombre.

Mess mit au sol le quatrième avec un coup de genou au ventre suivi d’un crochet du droit.

Le cinquième hésita… trop tard. Rock l’assomma avec la crosse de son arme.

— C’est bon ! cria Rock. On bouge, maintenant !

Les deux amis prirent la fuite à toute vitesse, disparaissant dans une ruelle menant vers le centre-ville. Loin derrière eux, les voitures calcinées et les corps assommés fumaient encore.

Essoufflé, Mess s’arrêta un instant.

— Tu l’as entendu, hein ? Ce message… c’est pas juste un avertissement.

Rock acquiesça.

— C’est une déclaration de guerre.

Et au fond d’eux, ils savaient que quelque chose, ou quelqu’un, tirait les ficelles dans l’ombre… un nouvel ennemi venait d’entrer en scène.

Chapitre 8

Dans l’arrière-cour discrète d’un bâtiment abandonné, la lumière d’une ampoule suspendue oscillait doucement. C’était le lieu de rassemblement habituel de l’équipe. Un endroit caché, à l’abri des regards. Du moins, ils le pensaient.

Assis autour d’une grande table en bois, Rock, Mess, Cédric, Gwladys, Antoine, Sidonie, Sylvia, Mireille et les autres discutaient du message reçu la veille.

— Ce n’était pas une menace ordinaire, disait Cédric. Cette personne sait exactement où on est, ce qu’on fait… et peut frapper quand elle veut.

— Et elle a les moyens, ajouta Sidonie, les bras croisés. Des voitures, des hommes, des armes. On n’a jamais vu ce niveau d’organisation jusque-là.

Gwladys fronça les sourcils.

— Il faut qu’on bouge. On ne peut plus rester ici, c’est trop risqué.

— Pas encore, répondit Rock. On a encore besoin de comprendre à qui on a affaire. Fuir maintenant, c’est leur donner raison.

— Bro… je sais que t’as pas peur, mais cette fois, on joue contre plus fort que Karakekos, dit Mess.

À peine avait-il fini sa phrase qu’un bruit sourd retentit dehors. Puis un autre. Des pas. Des moteurs. Des voix.

— Ils sont là, souffla Mireille.

En une fraction de seconde, tout le monde se leva. Sylvia éteignit la lumière d’un geste vif. À travers les fentes du mur, on voyait les silhouettes de plusieurs hommes armés encercler la maison.

— Ils ont trouvé notre planque, murmura Antoine.

— Par où on sort ? demanda Gwladys.

— Par le tunnel derrière la réserve, dit Cédric. Vite !

Tous se dirigèrent en silence vers le fond de la pièce. Rock et Mess restèrent les derniers, couvrant l’arrière pendant que les autres s’enfonçaient dans le tunnel de secours.

Une explosion fit trembler les murs. La porte principale venait de voler en éclats.

— On bouge ! cria Rock.

Ils coururent à leur tour, refermant le passage secret derrière eux. Le tunnel était étroit, sombre, mais sûr. Après plusieurs minutes, ils débouchèrent dans un entrepôt désaffecté à plusieurs rues de là.

Haletants, couverts de poussière, ils se regardèrent.

— On n’a plus de base, dit Sidonie.

— Mais on est en vie, répliqua Mess. C’est ce qui compte.

Rock leva les yeux vers le plafond en béton.

— Ils sont prêts à tout pour nous éliminer. Ce n’est plus une guerre discrète. C’est frontal maintenant.

— Et on ne va pas fuir, ajouta Sylvia. Ils veulent la guerre ? Ils vont l’avoir.

Chapitre 9

Réunis dans une ruelle à l’écart, entre les murs fissurés d’un ancien quartier commerçant, toute l’équipe reprenait son souffle. Le ciel s’assombrissait au-dessus d’eux, annonçant la tombée de la nuit.

Autour d’un vieux téléphone posé sur une caisse, Rock composa un numéro. Le silence s’installa. Deux tonalités. Puis une voix familière résonna dans le combiné.

— Rock ?

— Oui, monsieur le maire. On vient de perdre notre planque. Ils nous traquent sans relâche.

— Je suis au courant, répondit calmement le maire. J’ai suivi vos déplacements grâce aux caméras de la ville. Écoutez-moi bien, vous devez m’amener ces rebelles. Mes hommes sont prêts. Si vous arrivez à les attirer jusqu’à moi, ensemble, on pourra les capturer une bonne fois pour toutes.

Rock jeta un regard vers Mess, Cédric et les autres. Tous hochèrent la tête.

— D’accord, on accepte. Mais il nous faut un bon plan.

— Voici ce que vous allez faire, dit le maire. Emmenez-les à la mairie. Faites croire que vous vous rendez. Mes hommes seront en embuscade. Ce sera notre seule chance de les prendre par surprise.

Le plan était risqué… mais c’était mieux que d’attendre une nouvelle attaque. Une heure plus tard, l’équipe se répartit dans deux voitures. Rock conduisait la première, avec Mess à ses côtés. Dans la seconde, Sylvia et Cédric observaient les alentours.

— Vous êtes prêts ? demanda Rock dans le talkie.

— Prêts, répondit Cédric. Que le piège se referme.

Les deux voitures roulèrent à allure lente en direction de la mairie. Comme prévu, des motos et une jeep noire commencèrent à les suivre discrètement. Les rebelles avaient mordu à l’hameçon.

— Ils sont là, dit Gwladys. Trois véhicules derrière nous.

— Tout se passe comme prévu, ajouta Antoine. Ne changez rien.

Arrivés sur l’avenue de la mairie, les deux voitures freinèrent brusquement devant l’entrée. Les portes s’ouvrirent en grand, simulant un abandon.

Les rebelles descendirent de leurs véhicules, armes à la main. Le chef marcha en tête, un sourire triomphant sur le visage.

— Enfin seuls… Rock, Mess, vous êtes finis.

Mais à ce moment précis, un sifflement perça l’air.

— Maintenant ! cria le maire depuis l’intérieur.

Des dizaines d’agents surgirent des toits, des arbres, des ruelles. C’était une embuscade parfaite. Les rebelles n’eurent même pas le temps de réagir.

Les tirs commencèrent. Des flashs, des cris, du bruit. Mais en quelques minutes, tout fut maîtrisé.

Le chef des rebelles, au sol, menotté, cracha au visage de Rock.

— Ce n’est pas fini…

Rock le fixa sans flancher.

— Mais toi, tu l’es.

Chapitre 10

Il était à peine minuit. Le calme de la ville avait quelque chose de trompeur. Tout le monde dormait ou presque. Rock et Mess, eux, prenaient un moment à deux, assis sur un banc près du vieux pont.

— Je crois qu’on a mérité un peu de paix, dit Rock en regardant les étoiles.

Mess sourit.

— Si les rebelles nous laissent respirer deux jours, j’ouvre un restaurant. “Chez Rock et Mess, entrée risquée, sortie assurée”.

Ils rient. Mais leur rire fut brutalement interrompu par un bruit sec. Des ombres surgirent de nulle part. Avant même qu’ils ne puissent se défendre, des bras puissants les plaquèrent au sol, leur passèrent des sacs sur la tête. Silencieux, organisés, rapides. Les rebelles.

Les minutes devinrent des heures. Ils furent embarqués, jetés dans un véhicule, puis transportés loin de la ville, à travers des routes cahoteuses et des forêts sombres.

Pendant ce temps, l’équipe découvrit la disparition.

— Leur trace s’arrête ici, dit Gwladys en montrant l’herbe foulée près du pont.

— Ils ont été pris, dit Sylvia d’une voix grave. On ne les laisse pas.

Cédric, Antoine, Sidonie, Mireille… tous se lancèrent dans une recherche effrénée, guidés par des indices laissés sur le chemin : une chaussure de Mess, un tissu arraché de la veste de Rock, un tronc d’arbre marqué d’un coup de lame.

Après des heures de traque, ils atteignirent une vieille bâtisse abandonnée, perdue au milieu d’une vallée brumeuse. À l’intérieur, Rock et Mess étaient ligotés, affaiblis, mais vivants.

La porte vola en éclats. Les rebelles n’eurent même pas le temps de lever leurs armes. L’équipe fondit sur eux comme une tempête.

— Rock ! cria Mireille.

— Mess ! ajouta Sidonie en libérant ses poignets.

Rock, encore sonné, regarda ses amis, ému.

— Je ne savais pas… je ne savais pas que vous viendriez nous sauver.

Antoine posa une main sur son épaule.

— Tant qu’on ne verra pas l’un parmi nous, on sera toujours à sa recherche. Et si on sent qu’il est en danger, on ira le sauver. C’est ça une équipe. On est ensemble pour s’entraider, pas pour se foutre l’un de l’autre.

Rock baissa la tête un instant, puis sourit.

— Merci, la famille.

Mess leva le poing.

— Prochaine fois, on pose des pièges autour du banc.

Ils éclatèrent de rire, unis plus que jamais.

Chapitre 11

De retour en ville, le soleil pointait à peine à l’horizon lorsque toute l’équipe, encore épuisée, se retrouva devant le commissariat central. Rock, les traits tirés, était le premier à entrer dans le bureau du commissaire.

Le maire de la ville s’y trouvait déjà, bras croisés, visiblement tendu.

— Messieurs, dames, dit le commissaire d’une voix grave. Nous avons suivi votre opération à distance. Merci pour le sauvetage… mais il reste un problème majeur.

Le maire intervint.

— Le chef des rebelles. Il s’est échappé encore une fois. Nous avons besoin de lui. Il détient trop de secrets. C’est un ordre : vous retournez là-bas, et cette fois, vous le ramenez.

Un silence pesa dans la pièce. Puis Rock hocha la tête.

— On va le chercher.

Quelques heures plus tard, le groupe s’était rééquipé. Gilets, talkies, véhicules prêts. L’énergie dans l’air était différente : pas de panique, juste de la détermination. Ils connaissaient désormais le terrain, les tactiques, et surtout : ils étaient ensemble.

Arrivés sur les lieux, ils constatèrent que la vieille bâtisse était en partie désertée. Mais des traces récentes montraient qu’un camp avait été déplacé plus haut, dans les montagnes.

— C’est là qu’il se cache, dit Cédric en consultant les repérages.

L’ascension fut lente. Armés de patience et d’adrénaline, ils avancèrent jusqu’à tomber sur une clairière cachée derrière une cascade. Au centre : un petit campement.

— On y va en silence, souffla Gwladys.

L’assaut fut rapide. Précis. Pas un bruit ne s’échappa du groupe jusqu’au moment où les bandits levèrent les yeux… trop tard.

Rock bondit sur le chef des rebelles qui tentait de fuir.

— Fin de la course, mon gars.

Le chef le regarda avec mépris.

— Vous croyez avoir tout gagné ? Ce n’est que le début…

Mais ses paroles furent noyées dans les cris des rebelles maîtrisés, menottés par les policiers arrivés en renfort.

Cédric lança en souriant :

— Objectif atteint.

Et Antoine conclut calmement :

— Une victoire de plus pour l’équipe.

Chapitre 12

La nuit était sombre et bruyante, remplie des échos de coups de feu et des cris de lutte. Rock et Mess s'étaient faufilés dans les ruelles étroites du ghetto, leurs corps tendus et prêts à frapper au moindre mouvement suspect. Le commissaire leur avait confié la mission : sauver un homme nommé Paul, captif des bandits qui régnaient en maîtres dans ce quartier.

Les deux amis s’étaient préparés au pire, mais jamais ils n'avaient imaginé que la bataille serait aussi intense. Les bandits étaient nombreux et bien armés, mais Rock et Mess étaient plus rapides, plus agiles, plus déterminés à atteindre leur objectif. Les premiers coups de poing volaient, les échanges étaient violents, mais chacun des deux combattants savait exactement où frapper, comment esquiver, et surtout, comment protéger l’autre.

Les bandits tombaient un à un, mais la résistance était farouche. À chaque étape, Rock et Mess pouvaient sentir leur énergie s’amenuiser. Mais la mission était claire. Paul devait être sauvé, peu importait le prix à payer.

Après une dernière mêlée acharnée, ils se retrouvèrent enfin devant un petit hangar délabré, à l'entrée duquel Paul était retenu. Il avait l'air épuisé, mais indemne.

"Ouf! Rock, t'as encore le souffle ?" demanda Mess, haletant, le visage couvert de sueur et de poussière.

"Oui, Mess, on a réussi. Paul, on est venu te sauver. Suis-nous en même temps." Rock s'accroupit un instant pour reprendre son souffle, avant de se relever et de se diriger vers Paul.

Paul, encore sous le choc, leva les yeux vers eux, reconnaissant. Il n’eut pas le temps de dire un mot que Rock et Mess s’étaient déjà tournés pour l’escorter à travers le dédale du ghetto, prêts à s’éclipser avant que d'autres bandits ne se regroupent pour une nouvelle offensive.

Chapitre 13

Le vent marin caressait doucement les visages, et le sable chaud coulait entre les orteils. Ce jour-là, la plage offrait un répit bien mérité. Après les secousses du ghetto, l’équipe entière avait décidé de souffler un peu. Pour une fois, il n’était plus question de bagarre ni de stratégie. Juste du soleil, de l’eau salée, et des moments suspendus.

Rock s’était installé sous un parasol avec Mireille. Ils avaient trouvé un petit coin d’ombre à l’écart, un endroit tranquille pour discuter loin du bruit des vagues.

— Tu sais, Mireille… j’ai jamais trop eu l’occasion de me poser comme ça, avoua Rock, les yeux perdus vers l’horizon.

— Ça te va bien, le calme, répondit-elle en souriant doucement. Tu devrais essayer plus souvent.

Il rit doucement. Elle avait raison, mais il n’allait jamais l’admettre à voix haute.

Non loin de là, Mess et Sidonie marchaient pieds nus au bord de l’eau, les chevilles frôlées par les vagues timides.

— Alors, t’as pas eu trop peur pendant la mission ? demanda-t-elle, les yeux dans les siens.

— Honnêtement ? J’ai flippé grave. Mais j’pouvais pas montrer ça devant Rock.

— Tu pourrais me le montrer, moi je garde les secrets, murmura-t-elle en le taquinant.

Mess haussa les épaules, puis sourit, l’air un peu gamin. Ce genre de moments, il les appréciait sans trop savoir comment les gérer.

Plus loin, Antoine et Sylvia étaient assis sur une serviette colorée. Antoine jouait distraitement avec le sable.

— Tu crois qu’on aura un jour la paix ? demanda Sylvia, en regardant les autres au loin.

— Je crois… que la paix, c’est des moments comme celui-ci. Courts, fragiles, mais intenses. Et c’est déjà pas mal.

Sylvia hocha la tête, sans rien dire. Le vent jouait avec ses cheveux.

À l’autre bout de la plage, Josiane et Konaté partageaient une noix de coco fraîche, assis dos aux autres.

— Tu sais, j’te pensais pas romantique, dit-elle, moqueuse.

— J’le suis pas, répondit Konaté, le regard planté dans le sien. Mais toi, tu m’ramènes un peu d’sentiments.

Josiane roula des yeux, mais son sourire la trahissait.

Un peu plus loin encore, Tina était étendue avec Lucas. Ils se parlaient à voix basse, le ton doux, parfois entrecoupé de rires complices.

Le soleil descendait lentement. L’air devenait plus doux, plus tendre. Sur cette plage, chacun semblait avoir trouvé une parenthèse. Un moment rien qu’à eux.


 

Chapitre 14

Les premières lueurs du matin baignaient la ville d’une lumière orangée. Les rues, encore calmes, semblaient respirer lentement. Les boutiques étaient fermées, les vendeurs installaient leurs étals, les voitures rares. C’était l’heure parfaite pour courir.

Rock et Mess trottinaient à un rythme régulier, leurs baskets frappant doucement le bitume. Pas un mot au début. Juste le souffle, les pas synchronisés, le frottement léger de leurs vêtements.

Puis Mess rompit le silence :

— Tu te rends compte de tout ce qu’on a vécu en si peu de temps ?

Rock fit un petit rire, sans ralentir.

— Franchement, parfois j’ai l’impression qu’on est dans un film. Mais c’est bien réel. Trop réel.

— La mission du ghetto… j’ai cru qu’on allait y rester. Les gars étaient chauds. Et puis ce Paul, il était mal en point. On a eu chaud, Rock.

— Ouais. Mais t’as assuré. Franchement, sans toi j’aurais pas tenu. Et puis cette équipe… j’pensais pas qu’on allait former un truc aussi solide.

Ils tournèrent dans une grande avenue, passant devant un bâtiment administratif encore endormi.

— Tu te rappelles de notre première baston, le tout premier jour à l’univ ? dit Mess avec un sourire en coin.

— Comment oublier ? T’étais là à foncer sur trois types en même temps comme un dingue. Je t’ai pris pour un taré.

— Et toi, t’étais prêt à me laisser me faire démonter au début, hein ?

Rock rit franchement.

— Peut-être… mais regarde-nous maintenant.

Ils continuèrent de courir un moment, croisant quelques joggeurs matinaux.

— Tu penses à l’avenir, parfois ? demanda Mess, plus calme.

— Tout le temps. J’me demande si un jour on pourra poser les armes. Si on pourra vivre sans penser à la prochaine mission. À la prochaine bagarre.

— Moi j’me vois bien ouvrir une salle d’entraînement. Apprendre aux jeunes à se défendre. Leur filer les bonnes bases.

— T’aurais été un bon coach. Tu parles trop, mais t’es carré.

— Merci du compliment, frérot, répondit Mess, faussement vexé.

Ils prirent une ruelle tranquille. Le silence revint, apaisant.

— Et Mireille ? reprit Mess.

Rock haussa les épaules, son regard un peu lointain.

— Elle me fait du bien. Elle me calme. Mais j’ai peur. Peur que ce qu’on vit mette tout ça en danger.

— Frérot… faut vivre quand c’est le moment. On sait jamais de quoi demain est fait. T’as vu tout ce qu’on a traversé ? Alors kiffe pendant que c’est possible.

— Et Sidonie ? T’en es où ?

Mess sourit doucement.

— Elle me comprend. C’est rare. Et j’crois qu’elle me pousse à être meilleur. Pas juste un bastonneur. Un vrai homme.

Ils atteignirent un parc en bordure de ville. Rock ralentit, s’arrêtant un instant pour reprendre son souffle. Mess le rejoignit.

— Tu crois qu’on va encore vivre pire que ce qu’on a déjà connu ? demanda Rock.

— Probablement. Mais on sera prêts. On l’a toujours été.

Ils se tapèrent dans la main, comme un vieux rituel.

Le soleil montait lentement dans le ciel. Et même si l’avenir restait flou, une chose était sûre : tant que Rock et Mess seraient ensemble, rien ne les briserait.

Chapitre 15

De retour à la maison de groupe, Rock et Mess venaient à peine de finir leur douche après le footing. L’air était plus lourd que d’habitude, comme si quelque chose planait. Toute l’équipe s’était réunie autour du petit salon. Antoine pianotait sur son téléphone, Konaté nettoyait son arme en silence, Sylvia gribouillait dans son carnet, et Sidonie et Mireille préparaient du jus dans la cuisine.

— On dirait le calme avant une tempête, lança Mess, adossé au mur, une serviette sur les épaules.

— Justement… intervint Tina. J’ai reçu un message bizarre ce matin.

Tout le monde se tourna vers elle.

— De qui ? demanda Rock, aussitôt attentif.

— Numéro inconnu. Mais le message disait juste : « Ce n’est pas fini. Protégez Paul. »

Un silence lourd s’installa. Josiane se leva, inquiète.

— Tu crois que c’est une menace ?

— Ou un avertissement, murmura Lucas. Dans tous les cas, Paul est en danger.

— Il est où, d’ailleurs ? demanda Mireille en jetant un œil à la porte.

— Dans la chambre d’Antoine, répondit ce dernier. Il dort encore. Il n’a pas dit un mot depuis qu’on l’a ramené.

Rock s’avança au milieu de la pièce.

— Faut pas paniquer. Mais faut s’organiser. On ne sait pas qui a envoyé ce message ni d’où ça vient, mais on va le prendre au sérieux. On ne sauve pas un gars pour qu’il se fasse descendre le lendemain.

— Tu veux faire quoi ? demanda Konaté.

— On garde Paul sous surveillance. Deux par deux. Et en parallèle, on enquête. Si quelqu’un veut sa peau, on doit savoir pourquoi. Ce gars-là a forcément vu ou fait quelque chose de gros.

— Moi je prends le premier tour, dit Mess sans hésiter.

— Je reste avec toi, ajouta Sidonie.

— Et moi je vais essayer de retracer l’origine du message, dit Antoine en se levant. J’ai quelques contacts.

L’atmosphère de détente s’était évaporée. La plage, le footing, les rires… tout semblait déjà loin. Ils étaient de retour dans la réalité. Celle où chaque instant de répit pouvait basculer en combat.

Rock jeta un regard vers la porte de la chambre où dormait Paul.

Quel secret caches-tu, mec ?

Chapitre 16

Paul se réveilla en sursaut, le front en sueur, le souffle court. Il lui fallut quelques secondes pour se rappeler où il était. La chambre était silencieuse, une légère lumière filtrait par les rideaux. Il s’assit lentement, la douleur lui traversant les côtes.

Mess, installé sur une chaise près de la porte, leva les yeux.

— T’es enfin réveillé.

Paul hocha la tête, visiblement encore groggy.

— On t’a sauvé du ghetto, t’as rien à craindre ici. Mais va falloir que tu parles, mec.

— Mess… je… j’étais pas censé survivre.

Sidonie entra avec un verre d’eau, qu’elle tendit à Paul.

— Bois, et parle. On est là pour t’aider, mais on peut pas le faire à l’aveugle.

Paul but une gorgée, puis posa le verre, les mains tremblantes.

— Je bossais pour eux. Les types du ghetto. Pas comme bandit… comme comptable. Je gérais leur argent, leurs transferts. Jusqu’au jour où j’ai vu trop de choses. Des chiffres qui menaient à des gens puissants. Des politiciens. Des chefs de sécurité. Des juges.

Rock, alerté, entra dans la pièce avec Antoine et Josiane.

— Tu veux dire que t’as la preuve de tout ça ? demanda Rock.

— J’ai tout. Sur une clé USB. Cryptée. Et planquée.

— Où ? lança Antoine.

Paul fixa Rock, le regard lourd.

— Dans un vieil entrepôt, au port. Cachée dans une boîte de conserve. Rayon 4, derrière les sacs de riz.

Antoine se passa une main sur le visage.

— C’est pas possible… Le port est surveillé. S’ils savent que tu l’as planquée là, ils vont y aller avant nous.

Rock se tourna vers le groupe.

— On y va ce soir. Faut être rapides. Efficaces.

— Et prudents, ajouta Konaté.

Soudain, un bruit sourd se fit entendre à l’extérieur. Puis un autre. Des bruits de pas précipités. Quelqu’un tapa contre la porte d’entrée.

— À couvert ! cria Rock.

Tout le monde se mit en mouvement. Josiane éteignit les lumières, Antoine tira Paul vers la salle de bain. Mess et Lucas prirent position près des fenêtres, tandis que Rock observait à travers les stores.

— Ils sont trois… non, quatre. Armés.

— Ils veulent Paul, dit Mess. C’est sûr.

Rock sortit son arme, le regard dur.

— Ils vont découvrir que cette maison, c’est pas le ghetto. Et on va leur montrer pourquoi on est toujours debout.

Chapitre 17

Le soleil brillait haut dans le ciel, tapant sur le terrain en béton du grand complexe sportif de Sinayara. Les lignes de handball et de basket se croisaient, les bancs ombragés sur le côté accueillaient quelques spectateurs curieux. L’équipe, toute entière, était présente. Pas en tenue de combat cette fois, mais en survêtements légers.

Le maire, un homme à la voix grave et au regard perçant, marchait lentement le long du terrain, accompagné du commissaire.

— Vous avez fait du bon travail, dit le maire, ses mains croisées dans le dos. Grâce à vous, Paul est en sécurité et on avance dans nos enquêtes.

— Mais ça ne s’arrête pas là, ajouta le commissaire. Ce que Paul a révélé… c’est un nid de vipères. Et ces vipères commencent à bouger.

Rock s’avança d’un pas.

— Vous parlez de quels types exactement ?

Le commissaire sortit une tablette et montra une carte de la région.

— Un groupe rebelle du nord. Moins visibles que ceux du ghetto, mais beaucoup plus organisés. Ils s’arment en douce, s’entraînent dans la brousse, et leur prochain objectif, c’est ici : Sinayara.

Gwladys siffla entre ses dents.

— Ils veulent frapper la ville directement ? En pleine capitale régionale ?

— Pas la ville elle-même, répondit le maire, mais ses points stratégiques. Les réserves. Les centrales. Les bâtiments administratifs.

Mess, assis sur un ballon, lança :

— Et nous, on fait quoi ? On attend de les voir débarquer, ou on les devance ?

Le commissaire le fixa.

— On veut vous intégrer dans l’opération. Officiellement. En tant qu’unité spéciale rattachée à la police. Vous serez nos yeux et nos bras sur le terrain.

Antoine haussa un sourcil.

— Et les moyens ? Légalement ? Techniquement ? On bosse comment ?

— Vous aurez notre soutien. Équipements, infos, couverture. Mais pas de salaire, pas de statut officiel. Si vous vous faites attraper ou tuer, ça sera en silence.

Un silence se posa sur l’équipe. Konaté resserra les lacets de ses chaussures sans rien dire. Josiane jouait avec ses bracelets.

Rock prit une profonde inspiration.

— On a jamais fait ça pour l’argent. On veut juste protéger les gens. Alors si c’est ça qu’il faut faire… on est partants.

— Mais cette fois, dit Mireille en regardant le commissaire dans les yeux, vous ne nous laissez pas seuls. On veut un lien direct avec vous. On ne répétera pas les erreurs passées.

Le maire hocha la tête.

— C’est noté. Vous partez demain. Mission d’observation d’abord. Puis action, si nécessaire.

Les rebelles du nord... un nouveau nom venait de s’ajouter à leur liste d’ennemis. Et l’équipe savait que cette mission allait être d’un tout autre niveau.


 

Chapitre 18

La nuit tombait lentement sur Sinayara. Dans la cour arrière de la maison, les sacs étaient prêts, les armes vérifiées, les gilets pare-balles empilés dans un coin. Une dernière réunion avant le départ.

— Trois jours de mission d'observation. Pas plus, lança Rock, le regard posé sur la carte projetée sur le mur.

Antoine pointa une zone entourée en rouge.

— D'après le contact du commissaire, ils campent quelque part ici, à la lisière de la forêt de Danin. C’est reculé, peu surveillé. Mais dangereux.

— On y va en deux groupes, ajouta Josiane. Un de couverture, un d’infiltration.

— Et si jamais on est repérés ? demanda Tina, les bras croisés.

— On s’adapte, répondit Mess. Comme d’habitude.

Les regards se croisèrent. C’était devenu une routine : partir, risquer leur peau, revenir si possible. Mais cette fois, quelque chose semblait différent. Plus sérieux. Plus lourd.

Sylvia s'approcha de Rock à part.

— Tu sens ça aussi, pas vrai ? Ce n’est pas une mission comme les autres.

— Ouais… comme si on allait déclencher quelque chose de plus grand.

Gwladys, Konaté et Lucas arrivaient avec les derniers sacs. Sidonie distribuait les oreillettes.

— Fréquence sécurisée. Communication réduite au minimum. Si on se fait couper, on se retrouve ici, dit-elle en désignant un point sur la carte.

Le silence plana quelques secondes. Puis Rock prit la parole :

— C’est peut-être notre mission la plus difficile. On est une équipe, on se couvre mutuellement. On rentre tous. Ensemble. C’est clair ?

Tous acquiescèrent d’un même geste. Une énergie silencieuse, mais puissante, les liait.

Tôt le matin, deux véhicules discrets quittèrent la ville. Le soleil à peine levé baignait la route d’une lueur dorée.

Dans le véhicule de tête, Mess fixait l’horizon, casque en main.

— Tu crois qu’on est prêts ? demanda-t-il à Rock.

— Pas sûr… mais on n’a plus le choix.

Et au fond de lui, Rock savait : cette mission allait tout changer.


 

Chapitre 19

Le convoi roulait en silence sur la route cahoteuse, bordée de grands arbres. Deux 4x4 gris foncé fendillaient la brume matinale, leurs phares perçant l’aube encore timide. À l’intérieur du premier véhicule, Rock, Mess, le commissaire, Josiane et un policier nommé Yao étaient concentrés.

— C’est fou comme tout est calme, souffla Mess en regardant par la vitre. La forêt a toujours cet air de dormir, mais elle cache des choses…

— Ce silence, il faut s’en méfier, répondit le commissaire. Là où vous allez, le silence est souvent un piège.

Josiane fixait la carte numérique affichée sur la tablette entre ses mains.

— Vous avez dit qu’ils étaient organisés. Jusqu’où ?

— Très, dit Yao, le policier à la mâchoire carrée. Ces gars-là ne sont pas de simples rebelles. C’est une milice. Une armée cachée. Ils communiquent avec des codes radios, ils ont des éclaireurs et même des systèmes de détection rudimentaires.

— On n’a pas affaire à des brutes désorganisées, résuma Rock.

Le commissaire acquiesça.

— Non. Et cette fois, vous ne serez pas les seuls sur le terrain. Il y a d’autres unités, dans d’autres zones. Mais vous, vous êtes l’équipe de confiance. On a besoin de vous pour infiltrer et comprendre leur logique, leurs mouvements, leurs points faibles.

Dans le second véhicule, Lucas, Tina, Konaté, Gwladys, Sidonie et le second policier, nommé Bako, discutaient eux aussi.

— Vous avez déjà vu ce genre de groupe à l’œuvre ? demanda Konaté.

— Ouais, une fois, répondit Bako. Ils attaquent sans prévenir, puis disparaissent. Une opération-éclair. Ils frappent comme des pros, mais sans aucune pitié.

— Et on est censés entrer dans leur terrain ? souffla Tina. Charmant.

Gwladys, elle, restait focalisée sur les images satellites de la zone, qu’elle faisait défiler sur sa tablette.

— Regardez. Ces trois points-là, ce sont probablement des postes d’observation. Si on veut s’approcher, faudra éviter ces lignes.

Sidonie tourna la tête vers Lucas.

— Tu sens ça ? Cette mission… elle va laisser des marques.

Lucas hocha la tête sans répondre. Dans ses yeux, un mélange de détermination et d'inquiétude.

Au talkie, la voix du commissaire résonna :

— On arrive. Dans cinq minutes, on quitte la route principale. Préparez-vous. À partir de là, on entre dans leur territoire.

Rock regarda Mess. Pas besoin de mots.

Ils savaient tous les deux que ce qui les attendait allait changer la donne.


 

Chapitre 20

Les coups de feu retentissaient violemment dans la forêt. L’air sentait la poudre et l’adrénaline. L’équipe progressait lentement mais sûrement, couverte par les arbres et les rochers.

— À gauche ! cria Sidonie, en visant un rebelle qui surgissait d’un buisson.

Antoine l’abattit d’un tir net, avant de reculer pour recharger.

— C’est plus structuré que prévu, murmura Rock entre ses dents. Ces types savent ce qu’ils font.

— On va quand même les déloger, ajouta Mess. Reste concentré.

Plus loin, Sylvia et Konaté faisaient feu à tour de rôle, pendant que Mireille et Gwladys tentaient une percée par le flanc. Bako, l’un des policiers, lançait des grenades fumigènes pour couvrir l’avancée.

— On les tient, lança Gwladys dans son talkie. Encore un effort !

Mais soudain, un cri coupa l’intensité du moment.

— Le commissaire est touché ! hurla Yao.

Rock accourut aussitôt. Le commissaire gisait au sol, le flanc en sang, mais conscient.

— Tenez bon… allez au bout… je vous couvre… dit-il d’une voix faible.

— On vous ramène avec nous, promit Mess.

Pendant que l’équipe continuait le combat, Rock et Yao le soulevèrent avec précaution. Les rebelles, surpris par la résistance de l’équipe, commencèrent à reculer. Un dernier assaut mené par Antoine et Konaté fit tomber leurs lignes de défense.

— Ils fuient ! annonça Mireille. C’est terminé !

— On embarque le commissaire, vite ! ordonna Sidonie.

Ils regagnèrent les véhicules. Sylvia stabilisait la blessure du commissaire à l’arrière pendant que Rock conduisait à vive allure. Le silence dans le 4x4 n’était rompu que par la respiration saccadée du blessé et les instructions rapides échangées par radio.

Dès l’entrée en ville, les sirènes de l’hôpital se faisaient entendre. Une équipe médicale attendait déjà à l’entrée.

— Il perd du sang, mais il est stable, dit Gwladys. Faut qu’ils le prennent en charge maintenant.

Les infirmiers l’emmenèrent en urgence.

Dans la salle d’attente, Rock et Mess restèrent debout, les yeux rivés vers la porte des urgences.

— Tu penses qu’il va s’en sortir ? demanda Mess.

— Il le faut, répondit Rock. Pas après ce qu’on vient de traverser.

Ils échangèrent un regard. Une bataille venait de se terminer, mais la guerre, elle, était loin d’être finie.


 

Chapitre 21

Le couloir de l’hôpital était baigné d’un calme étrange. Les murs blancs, les néons froids, et ce silence coupé seulement par des bruits de pas et les cliquetis de chariots roulants. Toute l’équipe était là, assise ou debout, éparpillée sur les sièges de la salle d’attente.

Sylvia apportait des gobelets de café. Mireille essayait de calmer les nerfs de Sidonie, qui faisait les cent pas. Konaté, les bras croisés, ne disait rien depuis qu’ils étaient arrivés.

— Ça fait trois heures… soupira Gwladys en regardant sa montre.

Mess, lui, était assis près de Rock. Les deux regardaient le sol, pensifs.

— Tu sais, dit Rock, ce gars-là… il nous a fait confiance dès le début. Il aurait pu nous laisser de côté comme des amateurs. Mais il a cru en nous.

— Et il a pris cette balle pour nous, répondit Mess. Il a risqué sa peau pour notre équipe. J’espère juste qu’il s’en sortira sans séquelles.

Soudain, une infirmière sortit du bloc. Tous se levèrent d’un bond.

— Il est hors de danger, annonça-t-elle. La balle n’a pas touché d’organes vitaux. Il aura besoin de repos, mais il va s’en sortir.

Un souffle de soulagement traversa le groupe. Antoine esquissa un sourire discret. Même Konaté hocha doucement la tête, soulagé.

Quelques jours plus tard, l’équipe fut invitée chez le commissaire, dans sa maison. Il était encore faible, assis sur un fauteuil, un bandage discret sous sa chemise. Sa femme les accueillit avec un sourire chaleureux, visiblement touchée.

— Vous êtes les anges gardiens de mon mari, dit-elle en versant du jus de bissap dans les verres. Il n’arrête pas de parler de vous.

— Ce n’est rien, madame. On fait juste notre devoir, répondit Antoine avec pudeur.

Les discussions se firent plus légères. On parlait de l’intervention, des fous rires involontaires de Mess pendant le trajet retour, de la tête de Konaté en voyant Bako trébucher sur une souche.

— Mais vous savez, dit le commissaire en souriant, assis entre Rock et Mess, ce n’est pas fini. Ce qu’on a vu là-bas, ce n’était qu’un avant-goût. Ils préparent quelque chose de plus grand.

— On est prêts, répondit Rock sans hésiter.

Mess leva son verre.

— À l’unité. À la vie. À la mission.

Tous trinquèrent. La famille du commissaire les regardait, impressionnée. Ils n’étaient pas juste une équipe. Ils étaient une force. Une famille choisie dans la tourmente.


 

Chapitre 22

Le bar était enfumé, les lumières tamisées créant une ambiance presque irréelle. Rock et Mess étaient installés à une table dans le fond, une bière à la main, observant la foule. De la musique forte vibrait dans l’air, et les discussions étaient animées, mais tout cela n’empêchait pas les deux amis de rester sur leurs gardes.

— T’as vu la tête de ce type, là-bas ? demanda Mess en désignant un homme grand et musclé, assis près du comptoir. Il m’a l’air d’un vrai problème.

— C’est sûr. Mais on n’est pas ici pour chercher les ennuis, répondit Rock, observant la scène sans s'attarder.

Pourtant, l’atmosphère dans le bar commençait à se tendre. Quelques regards échangés. Puis, un éclat de voix.

— Hé ! T’as un problème, mec ? lança un homme à Mess, qui ne l’avait même pas regardé.

— Pas du tout, répondit Mess en haussant les épaules. Juste en train de boire un verre.

Mais l’homme, visiblement trop énervé, se leva soudainement et posa une main sur la table de Mess.

— Tu te fous de ma gueule ? C’est ma ville ici. Tu crois que tu peux venir te poser tranquillement ?

Le ton monta immédiatement, et avant que Mess puisse répondre, un autre type s’approcha, épaulé par d'autres hommes du coin. Le regard menaçant, chacun d’eux entourait peu à peu la table.

— On va régler ça, t’inquiète pas, dit l’un d’eux, un sourire sournois sur les lèvres.

Rock échangea un regard rapide avec Mess. Aucun mot n’était nécessaire. Leur instinct prenait le dessus.

Le premier coup arriva. Un poing se dirigea droit vers le visage de Mess, mais il esquiva, saisissant le bras de l’assaillant pour le retourner. Il fit tomber l’homme au sol d’un coup rapide. Rock, en parallèle, lança un coup de pied dans le ventre d’un autre, l’envoyant valser contre le comptoir. Les autres se jetèrent sur eux avec une violence brutale, mais Rock et Mess étaient prêts.

Un autre type se rua sur Rock, qui l’esquiva d’un mouvement fluide et lui envoya un coup de coude dans l’estomac. Puis un coup de genou dans la mâchoire. L'homme tomba, inconscient.

Mess était déjà à l'ouvrage. Il se battait comme une machine bien huilée, frappant, esquivant et frappant à nouveau. Un autre gars tenta de l'attraper par derrière, mais il se tourna brusquement, saisissant son poignet et le brisant d’un geste sec. L’homme hurla de douleur avant de s’effondrer.

Le bar s’était transformé en véritable champ de bataille. Chaque coup porté semblait faire écho à l’autre. Un autre gars tenta de frapper Rock par surprise avec une bouteille, mais il la bloqua d’un bras, et la brisa en deux sur la tête de l’agresseur.

— On doit partir, dit Mess en essuyant une goutte de sang au coin de sa lèvre.

Rock hocha la tête. Il balaya la pièce du regard, voyant que les huit hommes étaient soit à terre, soit incapables de continuer le combat.

Ils n'avaient plus de temps à perdre. Rock et Mess foncèrent vers la sortie, se frayant un chemin à travers les corps étendus sur le sol et les regards choqués des autres clients.

Dès qu’ils eurent franchi la porte du bar, ils se mirent à courir. La rue était déserte, la nuit tombée. Ils n’avaient qu’une seule option : disparaître avant que la situation ne prenne une tournure plus sérieuse.

— C’est bon, on a eu ce qu’on voulait, dit Mess en soufflant.

— Ouais, mais il va falloir être plus discret la prochaine fois, répondit Rock. On a créé une sacrée tempête ce soir.

Les deux amis se perdirent dans les rues sombres de la ville, laissant derrière eux le chaos du bar et les traces de leur passage.

Chapitre 23

Le calme de la rue laissait place à une tension palpable alors que Rock et Mess se faufilaient dans les ruelles sombres. Leur course effrénée les mena finalement jusqu’à un vieux bâtiment abandonné, où ils s’arrêtèrent pour reprendre leur souffle.

— On devrait être tranquilles ici un moment, dit Rock en posant une main sur le mur de briques.

Mess hochait la tête, essuyant la sueur qui perle sur son front.

— Mais tu te rends compte, ce qu’on a fait ? Toute la ville pourrait nous chercher. Ils vont vouloir nous retrouver.

— T’as raison. Mais t’inquiète, ça va se calmer, rétorqua Rock en se redressant. C’est juste une question de temps.

Ils restèrent là quelques minutes, réfléchissant à la suite. Les sirènes de police étaient encore lointaines, mais elles se rapprochaient à chaque seconde.

— On devrait peut-être contacter les autres, dit Mess. Ça pourrait devenir plus chaud que prévu.

— Non, pas encore, répondit Rock. On doit garder une longueur d’avance.

Alors qu’ils se préparaient à repartir, leur téléphone vibra. Rock décrocha d’un mouvement rapide.

— Oui ?

— C’est le commissaire, répondit la voix familière. Écoutez bien, j’ai eu des nouvelles. Ces types ne sont pas juste des voyous. Il y a de plus gros poissons derrière eux. Vous avez mis le pied dans un nid de vipères.

Le silence envahit les deux amis.

— On le savait, répondit Mess, son regard se faisant plus grave. Mais il fallait faire face.

— Vous avez joué un rôle important, dit le commissaire, mais ne vous reposez pas trop sur vos lauriers. Ces types vont revenir plus organisés. Préparez-vous à une autre confrontation.

Rock et Mess échangèrent un regard lourd de signification.

— Compris, répondit Rock. Merci pour l’info, commissaire. On sera prêts.

— Faites attention à vous, ajouta le commissaire avant de raccrocher.

La menace venait de prendre une nouvelle dimension. Rock et Mess étaient sur le point de se lancer dans quelque chose de bien plus dangereux que ce à quoi ils s’attendaient.

— On doit se préparer à tout, dit Mess en serrant les poings. C’est pas terminé.

— Non, et ça ne fait que commencer, répondit Rock, ses yeux déterminés.

Ils quittèrent le bâtiment abandonné et se dirigèrent vers la maison de l’équipe, où les autres les attendaient. L’atmosphère était tendue. Ils avaient tous entendu parler de la bagarre au bar, et ils savaient que ce n’était que la partie émergée de l’iceberg.

Ils entrèrent dans la pièce principale où Sidonie, Antoine, Mireille et les autres les attendaient. Les regards étaient lourds, les sourires absents.

— Alors, racontez-nous, dit Sidonie, son regard scrutateur.

Rock et Mess se posèrent sur le canapé. Leurs gestes étaient lents, comme si la gravité de ce qu’ils venaient de vivre s’était enfin imposée à eux.

— C’était un avertissement, expliqua Rock, tout en lançant un regard à Mess. Ce n’est pas fini. Il y a des gens derrière tout ça. Des gens dangereux. On a juste ouvert une porte qu’on n’aurait pas dû ouvrir.

Sidonie croisa les bras, réfléchissant un moment.

— Alors, on est prêts à aller plus loin, dit-elle enfin. Si ça doit chauffer, on s’adapte.

— On n’a pas le choix, répondit Mess. Mais on va devoir être plus malins. Ces types sont plus organisés qu’on ne le pensait.

Un silence s’installa dans la pièce. Chaque membre de l’équipe savait que la route à venir serait semée d’embûches. Mais il n’y avait pas de retour en arrière.

Ils s’étaient engagés dans cette mission, et ils allaient jusqu’au bout.

Chapitre 24

La nuit était tombée sur la ville, mais la tension ne laissait pas place au sommeil. L’équipe s’était regroupée dans la pièce principale, autour d’une vieille table en bois, où des cartes de la ville et des dossiers étaient étalés. Chacun savait que la suite des événements allait être décisive. Les rebelles n’étaient plus qu’un groupe de voyous : ils étaient maintenant une organisation structurée, et la bataille qu’ils allaient mener ne serait pas aussi simple.

— On doit savoir à qui on a affaire, dit Antoine en tapotant un dossier. Ces types ne se contentent pas de semer la terreur. Ils ont des ressources. Et des alliés.

— Ils ont aussi des informations, ajouta Mireille. Ils savent qui on est. Et ce qu’on peut faire.

— Et nous, on fait quoi maintenant ? demanda Sidonie, son ton grave. On va juste les attendre ?

Rock, qui avait été silencieux jusque-là, prit la parole.

— Non. On les chasse. On les attaque là où ça fait mal.

Mess hocha la tête.

— Mais il va falloir être plus intelligents. On sait qu’ils nous cherchent. Ils vont revenir. C’est juste une question de temps.

Les regards se croisèrent autour de la table. Le défi était grand, mais personne n’avait l’intention de reculer. Ils s’étaient déjà battus ensemble et avaient prouvé qu’ils pouvaient vaincre. Mais cette fois, ce serait différent.

— On va les frapper là où ils ne s’y attendent pas, continua Rock, en scrutant les cartes étalées devant lui. On commence par cette zone-là, près du port. Ils sont cachés là-bas.

— Ça, c’est un terrain qu’on connaît, fit remarquer Antoine. Si on arrive à pénétrer ce secteur, on peut les surprendre.

Sidonie réfléchit un moment avant de se lever.

— Mais il faut y aller sans bruit. On ne peut pas se permettre de nous faire repérer. Si l’un de nous est capturé, ce sera la fin.

— On les contourne, dit Mess. On ne les affronte pas de front. Mais on leur fait sentir notre présence. Une alerte.

Tout le monde acquiesça. Ils avaient compris la stratégie. Une attaque furtive et rapide. Pas de confrontation directe pour le moment. L’objectif était de perturber leurs plans, de semer le doute dans leurs rangs, et de leur montrer qu’ils ne pouvaient pas agir sans conséquences.

Un bruit de moteur se fit entendre à l’extérieur de la maison. Les membres de l’équipe se tendirent. Était-ce eux ? Ou simplement des voisins ?

— On verra bien, murmura Rock. Si c’est eux, ce sera maintenant. Si ce n’est pas eux, on prépare la suite.

Il se leva et se dirigea vers la fenêtre, scrutant la rue sombre. Aucun signe. Ce n’était pas encore le moment.

— Tout le monde en place. Préparez-vous à partir dans une heure, ordonna-t-il.

L’équipe se leva à son tour. Chacun se dirigea vers sa propre station de préparation. Sidonie et Antoine vérifièrent leurs équipements, Mireille affûta ses couteaux, tandis que Mess et Rock se concentrèrent sur la mission à venir. La tension montait, mais il n’y avait plus de place pour les hésitations.

La guerre qu’ils allaient mener ne faisait que commencer. Leurs ennemis étaient partout, et la route serait semée d’embûches. Mais ils n’étaient pas seuls. L’unité de l’équipe était leur force. Tant qu’ils restaient soudés, ils avaient une chance de gagner.


 

Chapitre 25

Le temps semblait s’être suspendu. L’équipe se tenait prête, vêtue de noir, les visages concentrés. Rock jetait un dernier regard à la carte étalée sur la table, ses yeux fixant la zone stratégique près du port. Ils avaient prévu chaque mouvement, chaque détour. Maintenant, il ne restait plus qu’à exécuter le plan.

— On se divise en deux groupes, dit Rock, brisant le silence. Sidonie, Antoine, vous serez avec moi. Mess, Mireille, vous couvrez l’arrière. On se rejoint à l’entrée du port dans une heure.

Chacun acquiesça sans dire un mot, tout en ajustant son équipement. Ils savaient que chaque seconde comptait. Ils n’avaient pas le luxe de se laisser distraire par des hésitations. Le but était simple : frapper fort, frapper vite.

— Si tout va bien, on les surprend. Mais si ça tourne mal, on se replie immédiatement, ordonna Mess.

Les visages étaient fermés. Il n’y avait plus de place pour les sourires ou les blagues. Ce qui se passait ce soir allait changer la donne. Ils allaient frapper au cœur de l’organisation des rebelles, semer le chaos et perturber leur contrôle sur la ville.

Ils quittèrent la maison en silence, se dispersant dans l’obscurité de la nuit. La ville était calme, presque trop calme. Aucun bruit ne venait troubler l’atmosphère pesante qui s’était installée autour d’eux. Les rues étaient désertes, mais ils savaient que, quelque part, les hommes de l’organisation des rebelles les surveillaient.

Le port n’était pas loin. Ils devaient atteindre la zone en toute discrétion, mais une fois sur place, ils ne pouvaient plus se permettre d’hésiter. Leur chance de surprendre l’ennemi était mince, et ils devaient agir rapidement.

— On se retrouve là-bas, murmura Rock à Sidonie et Antoine alors qu’ils se faufilaient dans les ruelles sombres. Gardez un œil sur les alentours.

Sidonie et Antoine s’éloignèrent, leurs silhouettes disparaissant dans la nuit. Rock attendit un instant, puis se dirigea vers la sortie, où Mess et Mireille l’attendaient déjà. Le duo se joignit à lui et ils continuèrent leur chemin.

Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent au bout du port. L’air était lourd, presque suffocant. La mer, calme et noire comme de l’encre, se mélait à l’obscurité environnante. Quelques lampadaires éclairaient faiblement les entrepôts, mais le reste était plongé dans une obscurité totale.

— Par ici, dit Mess, montrant une petite porte discrète au bas d’un des entrepôts.

Ils s’engouffrèrent à l’intérieur, et le silence les enveloppa. Tout était figé. Aucun bruit ne provenait des autres bâtiments. Ils étaient arrivés avant que l’ennemi ne puisse réagir. Mais pour combien de temps ?

Ils avancèrent prudemment, chacun dans sa position, scrutant chaque recoin à la recherche du moindre mouvement. Soudain, un bruit. Une porte qui claque au loin. Les membres de l’équipe s’arrêtèrent instantanément, tendus.

— C’est maintenant, murmura Rock. Préparez-vous.

Ils s’élancèrent dans la zone, se faufilant à travers les ombres. La tension était à son comble, chaque geste réfléchi. Ils arrivaient sur leur objectif, mais il y avait une lourde pression dans l’air. Quelque chose n’allait pas.

Un cri déchira la nuit, suivi de plusieurs bruits de pas précipités. Les rebelles étaient là. Ils les avaient repérés.

— On n’a plus le choix, ordonna Rock, attaquons !

L’attaque éclata dans un fracas. Les rebelles, nombreux, étaient armés et prêts à en découdre. Mais l’équipe de Rock, Mess, Sidonie, Antoine et Mireille étaient tout aussi déterminés. Les premières balles fusèrent, et le combat s’intensifia.

Les rebelles, surpris au départ, commencèrent à réagir, tirant dans toutes les directions. Mais l’équipe, bien entraînée, savait exactement quoi faire. Rock, Sidonie et Antoine étaient en tête, éliminant les cibles avec rapidité et efficacité. Derrière eux, Mess et Mireille bloquaient les possibles échappatoires, assurant qu’aucun rebelle ne s’enfuit.

Les minutes passèrent comme des heures, chaque seconde étant un combat de survie. Finalement, après une dernière salve de tirs, un silence lourd s’abattit sur le terrain. Les rebelles étaient soit à terre, soit en fuite. Le port était maintenant sous contrôle.

— C’est fait, dit Mess, essoufflé mais satisfait.

Mais Rock ne répondit pas immédiatement. Il scrutait les environs, incertain.

— Attendez, quelque chose cloche, dit-il en scrutant les ruelles avoisinantes. Ce n’était pas juste un groupe de rebelles. Ils ont préparé un piège.

Mess haussait un sourcil.

— Un piège ? Alors, on n’a pas encore gagné.

Rock hocha la tête, grave.

— Non. Mais on va devoir rester sur nos gardes.

L’équipe se rassembla, prête à se préparer à la prochaine étape.

Chapitre 26

Le silence qui suivit la bataille était lourd de sens. L’équipe se tenait au centre du port, les armes prêtes mais leur vigilance à son maximum. Malgré leur victoire apparente, Rock savait que ce n'était pas encore terminé. Chaque mouvement, chaque bruit semblait amplifier l’incertitude qui pesait sur eux.

— On ne les a pas tous éliminés, dit Sidonie, en scrutant les alentours. Regardez, quelques-uns ont disparu avant qu’on n’arrive.

— Ils ont dû avoir des renforts, répondit Mess, les poings serrés. Ce n’était pas un simple groupe. On vient de déranger quelque chose de plus gros.

Rock se tourna vers le bâtiment en ruines au fond du port, où la bataille avait éclaté. L’endroit était maintenant plongé dans l’obscurité, mais il savait que des informations cruciales pourraient s’y trouver.

— On doit fouiller cet entrepôt, dit-il. Peut-être qu’on trouvera quelque chose qui nous éclaire sur leurs prochaines actions.

Sidonie et Antoine se portèrent volontaires pour sécuriser la zone tandis que Rock, Mess, Mireille et les autres s’avançaient dans l’entrepôt. L’odeur de l’humidité et de la rouille régnait dans l’air, un contraste saisissant avec l’adrénaline qui circulait encore dans leurs veines.

Ils fouillèrent l’endroit méthodiquement. Tout semblait abandonné, mais quelque chose attira l’attention de Mireille. Un petit coffre métallique, dissimulé sous une pile de caisses poussiéreuses.

— Rock, viens voir ça, dit-elle en désignant le coffre.

Rock s’approcha, un brin de méfiance dans son regard. Après avoir rapidement vérifié les alentours, il se baissa pour examiner le coffre. Il n’était pas très grand, mais semblait assez lourd. Il l’ouvrit lentement, dévoilant une série de documents et un petit appareil électronique, un genre de téléphone crypté.

— C’est quoi ça ? demanda Mess en jetant un coup d'œil curieux.

— Des coordonnées… et des noms, répondit Rock, les sourcils froncés. Ils ont des contacts dans plusieurs endroits. Ce n’est pas juste ici qu’ils opèrent. Et ce téléphone… ça pourrait être la clé pour les retrouver.

Mireille prit l’appareil, l’observant sous tous ses angles.

— Il semble verrouillé. Mais ce genre de téléphone, ça ne doit pas être impossible à décrypter. On devrait pouvoir le faire.

— D'accord, mais on doit être rapides, ajouta Rock. Si ce qu’on pense est vrai, d’autres groupes de rebelles sont en chemin. Et on doit savoir où ils vont frapper ensuite.

Ils sortirent de l’entrepôt et se regroupèrent à l’extérieur. La tension était palpable, mais il n’y avait pas de temps à perdre. Le commissaire leur avait dit que cette organisation était plus vaste que ce qu’ils imaginaient, et ces nouvelles informations semblaient confirmer ses propos.

— On n’a pas le luxe d’attendre, dit Sidonie. Il faut agir maintenant.

— Je vais m’occuper de déchiffrer ce téléphone, dit Mireille. Mais ça prendra du temps. Vous devez sécuriser la ville.

— On va envoyer des équipes aux points stratégiques, suggéra Antoine. Si on trouve un autre repère, on le nettoie immédiatement.

— D’accord, mais soyez sur vos gardes, avertit Rock. On ne sait pas combien d’autres ils sont.

L’équipe se sépara une fois de plus, chacun se dirigeant vers un point stratégique de la ville, la tâche étant désormais claire : protéger les zones clés et empêcher toute attaque surprise. Mais même s’ils avaient pris de l’avance, le poids du doute restait sur leurs épaules. Les rebelles étaient toujours dans la ville, prêts à frapper à tout moment.

Rock et Mess, eux, avaient une mission supplémentaire : rester proches de Mireille et l’aider à décrypter le téléphone. Ils savaient que la clé pour démanteler cette organisation se trouvait là, dans ces informations cryptées. Mais chaque minute passée à attendre les résultats semblait une éternité.

Pendant ce temps, Sidonie, Antoine et les autres s’armaient pour la prochaine bataille. La ville était loin d’être un havre de paix. Et la guerre contre les rebelles ne faisait que commencer.

Chapitre 27

Les rues étaient plus calmes maintenant, mais l’air était toujours lourd de tension. L’équipe avait suivi chaque piste, chaque information qu’ils avaient pu obtenir grâce au téléphone crypté de l’entrepôt. Les coordonnées les avaient menés à un quartier excentré de la ville, un ancien complexe industriel abandonné. L’endroit était parfait pour un repaire de rebelles : isolé, difficile d'accès et caché de la vue publique.

— C’est ici, dit Rock, en scrutant l’immense complexe. Le quartier semble désert, mais on sait qu’ils sont là.

Sidonie, Antoine et Mess prirent leurs positions autour du périmètre. Ils s’étaient parfaitement entraînés à opérer dans des environnements comme celui-ci, et ils étaient prêts à attaquer. La moindre erreur pouvait coûter cher, mais cette fois, l’équipe était prête.

— On y va doucement, murmura Mess. Pas de bruit, pas de précipitation.

Ils s’infiltrèrent dans l’ombre, avançant furtivement à travers les ruelles. L’objectif était clair : atteindre le centre du complexe, neutraliser les gardes et mettre hors d’état de nuire les chefs des rebelles.

Une fois à l’intérieur, ils se séparèrent en deux groupes : Rock et Sidonie pour l’attaque principale, Antoine et Mess pour couvrir les flancs et sécuriser les sorties. Leurs mouvements étaient parfaitement coordonnés. Les minutes s’égrenaient, chaque seconde comptant. L’adrénaline montait à mesure qu’ils approchaient de la salle principale.

Le bruit des voix, puis des pas. Rock leva la main, signalant à l’équipe de s'arrêter. Ils étaient proches.

— C’est là, chuchota Sidonie, désignant une porte blindée. On dirait que c’est ici qu’ils se rassemblent.

— Mess et Antoine couvrent l’arrière, ordonna Rock. Sidonie, tu prends le côté droit, moi le gauche. Dès qu’on entre, on frappe vite et fort.

Sidonie hocha la tête. Ils s’élancèrent alors en synchronisation parfaite. Ils dégainèrent leurs armes, brisant la porte avec un coup rapide. Les rebelles, pris au dépourvu, n’eurent pas le temps de réagir. Un combat brutal s’engagea.

Les échanges de coups de feu étaient intenses. Les rebelles étaient nombreux, mais l’entraînement de l’équipe était plus que suffisant pour tenir leur ligne. Rock se faufila derrière un groupe de rebelles, abattant deux d'entre eux d’un coup précis. Sidonie, quant à elle, maîtrisait les affrontements rapprochés, utilisant sa rapidité pour désarmer et neutraliser plusieurs assaillants.

— Ils sont presque tous là, lança Sidonie, essoufflée mais déterminée. Mais il y a un autre groupe à l’arrière !

— On les élimine, répliqua Rock sans hésiter. Mess, Antoine, occupez-vous des autres. On termine ici !

La bataille s’intensifia encore, mais grâce à leur tactique bien rodée et à leur travail d’équipe, l’avantage était du côté de Rock et Mess. Les rebelles, bien armés et puissants, ne s’attendaient pas à une résistance aussi organisée et déterminée.

Finalement, après ce qui sembla être une éternité, les derniers assaillants tombèrent au sol. Le silence retomba sur le complexe, lourd et solennel. Les membres de l’équipe se regroupèrent au centre, essoufflés, mais victorieux.

— C’est fait, dit Rock, en balayant la pièce du regard. Ils sont tous hors d’état de nuire.

Sidonie se laissa tomber contre un mur, épuisée mais soulagée. Ils avaient réussi. Les chefs des rebelles étaient désormais capturés, et la ville était enfin à l’abri, du moins pour l’instant.

Mess, un sourire en coin, se tourna vers Rock.

— On l’a fait, hein ? C’était plus difficile que prévu, mais on l’a fait.

— Oui, répondit Rock, mais ce n’est pas fini. Ils ont encore des contacts, des alliés. Tant qu’on n’a pas démantelé toute l’organisation, on doit rester vigilants.

— On s’en occupera, dit Antoine en essuyant la sueur de son front. Mais ce soir, on peut au moins dire qu’on a bien progressé.

L’équipe se regarda, une lueur de satisfaction dans les yeux. Ils avaient réussi. Mais la bataille était loin d’être terminée. Les rebelles étaient sur le point de perdre un de leurs repaires majeurs, mais il en restait d’autres, dissimulés à travers la ville, attendant leur chance pour frapper.

Pour l’instant, l’équipe avait gagné une victoire décisive. Mais les vraies questions demeuraient : jusqu’où iraient-ils pour arrêter cette menace ? Et combien d’autres dangers se cachaient encore dans l’ombre ?


 

Chapitre 28

La mission semblait plus personnelle cette fois. Cédric, habituellement calme et posé, avait cette fois une lueur de détermination dans les yeux. La sœur de Cédric, Amélie, avait été capturée par un groupe de rebelles particulièrement féroces. Ils la gardaient captive dans un ancien centre de formation militaire désaffecté, situé à l’extérieur de la ville. Ce lieu était connu pour être un terrain de jeu idéal pour les criminels : abandonné, isolé, et entouré de forêts denses.

— On arrive bientôt, dit Cédric en fixant l'horizon. Il faut être rapides. Je ne sais pas combien de temps ils vont la garder. Ils ont probablement l’intention de l’utiliser pour nous faire chanter.

— On est là pour ça, répondit Mess, en ajustant son sac à dos. On va la récupérer, peu importe ce qu’il faut faire.

— Fais attention, dit Gwladys à Cédric, un peu plus nerveuse que d’habitude. Si ça dégénère, on se retire. On a plus de chances en restant unis.

Cédric hocha la tête, le visage dur. Rock et Mess savaient que, même s'il faisait preuve de calme, la situation n’était pas aussi simple pour lui. Sa sœur était tout pour lui, et ce n’était pas le genre de personne à reculer. Ils étaient tous en mission, mais pour Cédric, c’était plus qu’une simple opération de sauvetage. C'était personnel.

Ils arrivèrent enfin à proximité de l'ancien centre. L’endroit était sinistre, un bâtiment abandonné au milieu de la forêt, avec des murs recouverts de graffitis et des fenêtres brisées. Le vent soufflait à travers les arbres, créant une atmosphère pesante.

— C’est ici, dit Rock en murmurant. Mess, Cédric, vous partez devant. Gwladys et moi couvrirons vos arrières.

Le plan était simple : s’infiltrer rapidement, localiser Amélie, et l’exfiltrer sans attirer l’attention des sentinelles. Mais dès qu’ils franchirent les portes du centre, la situation se compliqua.

Deux gardes étaient postés à l'entrée. Cédric se précipita sur l’un d’eux, son poing frappant avec une rapidité fulgurante. Le garde s’effondra avant même de pouvoir réagir. Mais l’autre se jeta immédiatement sur Mess, qui esquiva de justesse, répondant par un coup de pied sec dans les côtes. La tension monta d'un cran alors que des bruits de pas se faisaient entendre au loin. Ils n’étaient pas seuls.

— On doit aller plus vite, dit Gwladys, haletante. Ils savent qu’on est là maintenant !

Ils s’élancèrent plus profondément dans le bâtiment, se frayant un chemin à travers les couloirs sombres et les pièces en ruines. Mais ils n’étaient pas au bout de leurs peines. À chaque coin, ils tombaient sur de nouveaux gardes, certains armés, d'autres non, mais tous prêts à défendre leur territoire. Ce n'était plus un simple jeu de cache-cache.

Le premier affrontement se produisit dans une grande salle d’entraînement. Un groupe de rebelles, vêtus de combinaisons noires, se tenait là, comme s’ils s’étaient préparés à un combat. L’un d’eux se tourna vers eux, un sourire mauvais sur le visage.

— Vous n’allez pas passer aussi facilement, dit-il en s’avançant. Vous allez devoir nous battre d'abord.

Rock et Mess échangèrent un regard. Ils étaient prêts à en découdre.

— C’est ce qu’on voulait entendre, répondit Mess, en enlevant sa veste.

Le combat fut brutal. Cédric se retrouva face à un rebelle qui semblait avoir une maîtrise impressionnante du karaté. Les coups fusaient dans tous les sens, Cédric encaissant quelques-uns, mais répondant avec une précision mortelle. Mess, de son côté, affrontait un combattant encore plus agile, esquivant les attaques avant de riposter avec une série de coups de poing rapides. La pièce résonnait des bruits des impacts et des cris, mais l’équipe restait concentrée sur leur objectif : sauver Amélie.

Rock se retrouva face à un autre combattant, plus musclé, qui maîtrisait l'art du combat au corps à corps. Les deux hommes se livrèrent à une lutte acharnée. Chaque coup porté était suivi d’un bruit sourd, chaque esquive devenant de plus en plus difficile. Mais Rock était déterminé. Il réussit à saisir son adversaire par le col, le projetant violemment au sol. Sans perdre une seconde, il enchaîna avec une série de coups qui mirent fin au combat.

— Cédric, il faut qu’on continue ! cria Gwladys, alors que la salle se vidait peu à peu de ses attaquants.

Cédric, haletant, se tourna vers Rock et Mess, un air de soulagement sur le visage.

— Amélie est juste là, dans la pièce suivante. On y est presque.

Ils franchirent la porte de la pièce adjacente et virent enfin la silhouette d’Amélie, attachée à une chaise. Elle leva les yeux, reconnaissant immédiatement son frère.

— Cédric ! cria-t-elle, les larmes aux yeux. Vous êtes là !

— Oui, on va te sortir de là, répondit Cédric, en se précipitant pour défaire les liens qui la retenaient.

Mais à cet instant, un groupe de rebelles surgit dans la pièce, armés cette fois. La situation allait de mal en pis. Cédric se précipita vers Amélie pour la protéger, mais les rebelles étaient trop nombreux.

— Pas de chance, messieurs, dit l'un d’eux, un sourire sinistre aux lèvres. Vous pensiez que ça allait être facile ?

Un autre combat s’ensuivit, encore plus intense. Les coups de poing, les prises de karaté, les mouvements fluides du combat au corps à corps se succédaient dans un enchevêtrement de violence. Mais avec l’aide de Rock, Mess, Gwladys et Cédric, ils réussirent à neutraliser les derniers adversaires.

— C’est fini, dit Mess, haletant, tout en se dirigeant vers Amélie. Tu es en sécurité maintenant.

Amélie, les larmes aux yeux, se jeta dans les bras de son frère.

— Merci… Merci pour tout.

Le groupe se regrouppa, et avec une dernière vérification du périmètre, ils quittèrent le centre en toute hâte. Leur mission était un succès, mais la tension n’était pas prête de se dissiper. Ils avaient sauvé Amélie, mais l'ombre des rebelles continuait de planer sur la ville.

Chapitre 29

La fête battait son plein. Les éclats de rire résonnaient, la musique dansait dans les airs et les lumières créaient une atmosphère chaleureuse et festive. Cédric avait organisé cet événement pour célébrer la fin d'une mission difficile. La tension des derniers jours se dissipait lentement alors que les membres de l’équipe se mêlaient à l'ambiance, échangeant des histoires et profitant d'un peu de répit.

Autour de la grande table où s’étalaient des mets délicieux – des brochettes de viande grillée, des salades fraîches, des fruits exotiques et des plats traditionnels – l’équipe semblait presque déconnectée de la réalité de leur mission. Ils riaient, se taquinaient, et se perdaient dans la conversation. Mais en dépit de l’ambiance décontractée, les esprits restaient aiguisés.

Sidonie, un verre à la main, discutait avec Gwladys et Antoine, tandis que Mireille et Sylvia échangeaient des anecdotes. Les rires fusaient, mais un regard furtif échangé entre Rock et Mess montrait que leur esprit n’était pas tout à fait dans cette fête. Ils avaient besoin de parler à part, loin des regards curieux.

— Je crois qu’on devrait sortir, murmura Mess à Rock, en jetant un œil vers le groupe autour de la table. On a encore des choses à discuter.

— Tu as raison, répondit Rock, sa voix calme mais déterminée. Allons dehors. On sera plus tranquilles.

Ils se levèrent discrètement, quittant la chaleur de la salle. L’air frais de la nuit les accueillit avec un souffle apaisant. Ils se dirigèrent vers un petit coin isolé dans le jardin de la maison, loin des éclats de rire et de la musique qui s’échappaient de l’intérieur. La lueur des lampes extérieures projetait des ombres douces sur le sol.

— Alors… où en sommes-nous, Rock ? demanda Mess, en se penchant légèrement contre une rambarde. Depuis que l’on a commencé cette mission, je n’arrête pas de penser à ce qui nous attend. On a déjà sauvé des vies, mis à mal un bon nombre de leurs plans, mais je ne peux m’empêcher de me demander si on ne se dirige pas droit vers un piège.

Rock hocha la tête, son regard loin dans l’horizon. Il semblait pensive, mesurant chaque mot qu'il allait dire.

— Je pense la même chose. On a fait de grandes avancées, c’est sûr. Mais ça ne me semble pas terminé. Ces rebelles… ils sont partout, comme des ombres. Chaque victoire qu’on remporte, il y a toujours quelque chose qui nous échappe. Et si on se repose sur nos lauriers, on pourrait bien les voir revenir, plus forts que jamais.

Mess baissa les yeux, prenant une profonde inspiration.

— Tu crois qu’on pourra vraiment stopper tout ça ? Quand je vois à quel point ils s’adaptent à nos mouvements, j’ai l’impression qu’on joue à un jeu qu’on ne peut pas gagner.

Rock tourna son regard vers Mess, ses yeux montrant une détermination qu'il n’avait pas encore montrée ce soir-là.

— On gagnera, Mess. Je ne vais pas mentir, c’est difficile. Mais c’est pour ça qu’on est ici. Parce qu'on peut le faire. Parce qu’on est l’équipe la plus solide qui soit. Ces types, ces rebelles, ils ne savent pas à qui ils ont affaire. Mais si on baisse les bras, c’est eux qui gagneront.

Mess le regarda, ses doutes s'atténuant sous les paroles de son ami. Il savait que Rock avait raison. Ils étaient dans cette guerre ensemble, et peu importe combien la route serait longue ou périlleuse, ils devaient avancer. Pour eux, pour ceux qu’ils protégeaient, et pour l’avenir.

— Tu as raison, Rock. Mais parfois, j’ai cette impression qu’on joue à un jeu d’échec… on avance un coup, mais ils en préparent déjà un autre.

— Chaque pièce a son rôle, répondit Rock, avec un léger sourire. Et chaque échec est une leçon. Tant que l’on est ensemble, rien ne pourra nous arrêter. On finira par leur imposer notre rythme. Et cette fois, on leur mettra un terme.

Mess réfléchit un instant avant de hocher la tête, souriant enfin.

— On va leur montrer de quoi on est capables. Plus vite, plus fort. Et on leur fera payer tout ce qu’ils ont fait.

Le silence tomba un instant, mais cette fois, il n’était pas pesant. C’était un silence lourd de promesses et de résolutions. Rock et Mess étaient sur le point de reprendre la fête, mais ce moment à part leur avait permis de réaffirmer leur engagement. La bataille n’était pas encore terminée. Et chaque victoire, chaque bataille gagnée les rapprochait un peu plus de leur objectif final.

En retournant vers la fête, leurs visages étaient plus sereins, mais un feu intérieur brûlait toujours. Rien n'était encore gagné, mais leur esprit était plus unifié que jamais.

Chapitre 30 – La fin du voyage

Le soleil déclinait lentement sur le village de Rock, baignant les terres dans une lumière dorée et paisible. Après des mois de missions, de combats et de tensions, ce moment de calme était précieux. Rock et Mess étaient assis près de la petite rivière qui serpentait à travers le village. Ils avaient quitté la ville quelques jours plus tôt, cherchant à respirer loin de l'agitation. Le bruit de l’eau se mêlait à leurs rires alors qu’ils échangeaient des souvenirs d’enfance et des plaisanteries sur leurs premières escapades dans ce même village.

— C’est fou de se dire qu’on a parcouru tout ça, hein ? Dit Mess en souriant, en regardant l’horizon. On n’aurait jamais cru que ça finirait ici.

Rock hocha la tête, un sourire nostalgique sur les lèvres.

— C’est ce qui rend tout ça si spécial. On a fait tellement de choses ensemble. Et au final, on est toujours là. Toujours unis.

Ils s’échangèrent un regard complice, un regard qui disait tout sans avoir besoin de mots. Leurs mains se rejoignirent brièvement, un geste silencieux mais chargé de sens. Leurs aventures les avaient changés, mais elles les avaient aussi rapprochés.

Alors qu'ils profitaient de cet instant de tranquillité, le téléphone de Rock vibra dans sa poche. Il sortit le téléphone et, en voyant le nom de Cédric s'afficher à l’écran, il sourit.

— Ça doit être l’équipe, dit-il à Mess, avant d’accepter l’appel.

Le visage de Cédric apparut à l’écran, entouré des autres membres de l’équipe. Ils étaient tous là, souriants et enthousiastes comme à leur habitude.

— Salut, Rock ! Salut, Mess ! Vous vous êtes éloignés de la ville pour changer d’air, non ? demanda Cédric, visiblement heureux de les voir.

— Oui, on avait besoin d’un peu de calme après tout ce qui s’est passé, répondit Rock en souriant. On profite du moment. Et vous ? Comment ça va de votre côté ?

Sidonie prit la parole en riant derrière Cédric.

— Ne nous parlez pas de calme, on a tous les deux pieds dans les affaires de la ville, mais on se porte bien. Il y a eu quelques petits rebondissements ici et là, mais rien qu'on ne puisse gérer, ajouta-t-elle, en jetant un coup d'œil à Gwladys, qui hocha la tête en signe d’accord.

— Oui, on est bien occupés, confia Gwladys. Mais on voulait juste prendre un moment pour vous dire à quel point on est fiers de vous deux. Vous avez fait un travail incroyable, et ce n’est pas fini. Vous avez pris beaucoup de risques pour tout le monde.

Mess sourit, visiblement touché.

— Merci, Gwladys. Mais ce n’est pas fini pour nous, même si on prend une pause. On n’a pas tout réglé, n’est-ce pas Rock ?

Rock sourit et regarda Mess avant de répondre.

— Non, ça n’est pas fini. Mais on sait que tant que l’équipe est là, on peut affronter n’importe quoi. Ces derniers mois ont été intenses, mais je crois qu’on a réussi à accomplir quelque chose de grand ensemble.

Antoine, qui était resté silencieux jusqu’à présent, se pencha en avant pour parler.

— Vous avez eu de la chance de pouvoir vous éloigner un peu. On est tous un peu épuisés, mais vous avez marqué l’histoire avec ce que vous avez fait. Vous et tout le groupe, vous avez accompli quelque chose que beaucoup pensaient impossible.

Sylvia, qui se tenait derrière Antoine, ajouta :

— Ce n’est pas la fin, mes amis. C’est juste une pause. Le monde change, et vous avez prouvé que rien ne peut nous arrêter si nous restons unis.

Mess et Rock échangèrent un regard plein de complicité. Ils savaient que ce n’était pas vraiment la fin de l’histoire. Leur voyage, aussi intense qu'il ait été, marquait simplement un nouveau chapitre de leur vie.

— Vous avez raison, dit Mess. C’est juste un nouveau départ. Il y a encore beaucoup à faire, et ce n’est pas nous qui allons reculer. Nous avons tous choisi de continuer, quoi qu’il arrive.

Ils étaient tous silencieux un instant, partageant le poids de ces paroles. Ce qui avait commencé comme une mission pour sauver des vies était devenu bien plus. Ce n'était pas seulement une victoire contre les rebelles, mais une victoire pour l’équipe, pour les liens qui les unissaient.

— Nous savons tous ce que ça signifie, conclut Rock, sa voix calme mais pleine de conviction. Et quoi qu’il se passe à l’avenir, on sera là les uns pour les autres.

— Toujours, ajouta Mess avec un sourire. Ce n’est pas juste une mission. C’est notre famille maintenant.

L’appel vidéo se termina dans une vague d’éclats de rire, chacun se promettant de se retrouver pour de nouvelles aventures, peu importe où la vie les mènerait.

Ils restèrent là, dans le calme de la nature, unis par une amitié et un respect mutuel indéfectibles. Leurs aventures les avaient changés, mais elles avaient aussi renforcé ce qui les rendait plus forts que tout : leur solidarité, leur loyauté et leur volonté d’aller jusqu’au bout, ensemble.

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